Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 09:38

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Bienvenue sur ce blog, où je propose à votre curiosité plusieurs rubriques, dont celles des CINEMAS FRANCAIS, AMERICAIN, EUROPEEN et ASIATIQUE.

Vous trouverez également une rubrique dédiée aux   ACTEURS DU 7e ART  qui ont contribué, par leur talent, à confirmer le succès d'un film et à le rendre plus présent dans nos mémoires.

Une autre à mes BILANS CINEMATOGRAPHIQUES et aux articles panoramiques qui font état de l'impact d'un pays dans le monde du 7e Art.
  

Sans oublier celle des  REALISATEURS,  afin de vous entretenir de leur travail, de leur singularité, de leur apport au cinéma international et de leur rayonnement. De même que les coups de coeur et les hommages de mon HUMEUR VAGABONDE.

 

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J'espère que cette diversité vous plaira. Chacun peut ainsi se promener à sa guise, selon sa curiosité et ses goûts. Bonne visite ! Et faites-moi part de vos commentaires. Ils seront les bienvenus.

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Par Armelle BARGUILLET - Publié dans : ACCUEIL - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 09:34

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Annie, Jean, Claude, Albert et Jeanne sont liés par une solide amitié depuis plus de 40 ans. Alors quand la mémoire flanche, quand le cœur s’emballe et que le spectre de la maison de retraite pointe son nez, ils se rebellent et décident de vivre ensemble. Le projet semble fou mais même si la promiscuité dérange et réveille de vieux souvenirs, une formidable aventure commence : celle de la communauté... à 75 ans !

 

Stéphane Robelin a porté ce projet pendant plusieurs années avant de pouvoir le réaliser grâce au coup de pouce de financiers allemands, d'où la présence dans l'opus d'un jeune auxiliaire de vie, un étudiant préparant une thèse d'ethnologie, interprété par Daniel Brühl. Mais comment Jane Fonda, Géraldine Chaplin, Claude Rich, Pierre Richard et Guy Bedos allaient-ils réagir et accepter d'être ainsi confrontés, quel que soit leur statut et leur notoriété, à leur propre rapport avec l'âge ? Eh bien  ils ont joué le jeu crânement dans la mesure, soulignait Rich, que le scénario comprenne assez d'humour et de gravité souriante pour que le thème ne soit pas plombé, si bien qu'ils forment à eux cinq le seul intérêt de Et si on vivait tous ensemble ?  Car en-dehors de leurs prestations, le film ne recèle aucune qualité particulière et se contente de mettre en valeur ces acteurs épatants et rafraîchissants, mai oui ! - véritables galopins à carte vermeil qui n'en font ni trop, ni pas assez, et nous emportent dans une sympathique histoire qui parvient à nous toucher et à nous faire sourire. Car le pathétique des situations est traité avec suffisamment de légèreté, sans tabous aucuns, pour que cette variation autour de la vieillesse reste une belle leçon de vie. Cette idée de vieux amis réunis dans un pavillon de banlieue pour échapper à la maison de retraite a quelque chose de requinquant et donne au film sa coloration tendre. D'autant que les acteurs entrent parfaitement dans la peau de leurs personnages qui n'est autre que la leur : Jane toujours séductrice et séduisante, Claude malicieux et élégant, Géraldine délicatement présente, bien qu'effacée, Guy dans le rôle du râleur professionnel et militant qu'il a toujours été, enfin Pierre Richard en distrait impénitent qui s'isole dans ses absences qu'accentuent les prémisses de la maladie d'Alzeimer. Mais, hélas ! la mise en images à laquelle a recours le cinéaste, et qui n'est jamais qu'une version pauvre de la mise en scène, enlève à ce film l'impact qu'il aurait pu avoir, et on ne peut que regretter que ce casting éblouissant ne soit pas servi par davantage d'audace et d'originalité cinématographique.

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

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Par Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - Publié dans : CINEMA EUROPEEN & MEDITERRANEEN - Communauté : LA DERNIERE SEANCE
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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 10:33

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Les écrivains Emmanuel Carrère ( La classe de neige ) et Philippe Grimbert ( Le secret ) ont vu tous deux leurs romans adaptés au cinéma par Claude Miller et racontent ici les souvenirs qu’ils gardent de ce cinéaste de l’intime récemment disparu et dont le dernier opus «  Thérèse Desqueyroux » sera projeté à Cannes pour la clôture de ce 65 ème Festival.

 

 

 

« Sa mort n’a pas été une surprise, puisque je suis allé le voir plusieurs fois à l’hôpital et, à chaque visite, je savais que cela pouvait être la dernière. Je suis triste, mais en même temps, il me donnait l’impression d’une vie accomplie, d’un homme en paix. Nos dernières conversations n’étaient pas glauques du tout, même si je sentais qu’il avait conscience de son état, sans jamais en parler. En plus, il vient de terminer Thérèse Desqueyroux, qui est l’un de ses meilleurs films. Il l’a réalisé dans un état de grande fatigue, mais Philippe Le Guay (qui s’était porté garant pour finir le film au cas où Claude n’aurait pas pu le faire) lui a rendu visite sur le tournage. Il m’a raconté à quel point il avait trouvé beaux le respect et l’affection dont il était entouré par l’équipe, grâce à son humanité, son attention aux gens, sur ce film dont tout le monde savait que ce serait son dernier.


Je ressens une profonde émotion, mais tempérée par le sentiment d’une vie d’homme et d’artiste menée à son terme. Nous n’étions pas intimes, mais entretenions un rapport d’amitié véritable. Nous avions dîné ensemble avant l’été 2011, alors qu’il s’apprêtait à tourner ce dernier film. Il parlait comme quelqu’un qui fait le bilan de sa vie, non pas avec autosatisfaction, mais en se disant : "J’ai fait ce que j’avais à faire". Il avait la réputation d’être un grand anxieux, d’être parfois colérique, et même si je ne l’ai jamais connu sous ce jour, il y a quelque chose qui, au fond, me touchait énormément chez lui : il était devenu, très tôt, un cinéaste important, reconnu, qui comptait, mais il n’est jamais devenu un notable du cinéma. Il est resté jusqu’au bout ce jeune homme inquiet, angoissé qu’il avait été. J’aimais cette coexistence entre l’inquiétude et l’harmonie finalement assez paisible qui s’était installée.

 

 

 

Nous avions travaillé deux fois ensemble. D’une part, sur un projet qui n’a pas abouti. D’autre part, sur l’adaptation de mon livre La Classe de neige : la collaboration a été idyllique. Claude savait très bien ce qu’il voulait en faire ; nous nous sommes installés trois jours ensemble à la campagne, et nous avons lu le roman à haute voix, en alternance, en faisant des remarques au fur et à mesure. Puis j’ai écrit un premier jet, qu’il a retravaillé, et ainsi de suite.


Ses dernières années ont été comme un précipité de sa carrière, avec le grand succès d’Un secret et, dernièrement, l’échec commercial de Voyez comme ils dansent. Dans toute sa filmographie, il y a cette alternance entre les déceptions et les films suivants qui "rattrapent le coup" de façon éclatante : c’est ainsi qu’il a réussi à passer 35 ans sans jamais cesser de travailler. Il avait gardé une humilité qui datait de ses débuts. Tout le monde avait encensé son premier film, La Meilleure Façon de marcher, qui avait été suivi par le four de Dites-lui que je l’aime, un film que j’adore. Ensuite, il a tourné Garde à vue, où il assumait très bien l’idée d’un cinéma artisanal, efficace, "à l’ancienne" : un triomphe. Par la suite, il a maintenu de façon singulière un équilibre entre le cinéma d’auteur très personnel et une place dans l’industrie du cinéma français de qualité. Il a su louvoyer dans cette profession avec beaucoup de souplesse et d’intelligence. Il a construit, au fil des ans, une très belle courbe de carrière : avec la distance, je pense que cela apparaîtra nettement, plus encore que de son vivant. »

 

Philippe Grimbert : « Je pleure ce frère retrouvé »

 

En 2007, Claude Miller adapte le roman de Philippe Grimbert, Un secret. Un livre à travers lequel le cinéaste évoquait l’histoire des siens, une famille juive pendant la Seconde Guerre mondiale. 

 

 

 

« J’ai eu la chance de le voir il y a encore trois jours, il avait gardé une grande lucidité et un humour incroyable. Même sur son lit d’hôpital, il partageait encore avec nous ce sourire qui était la marque d’un courage formidable. Je pleure ce frère retrouvé. Nous sommes restés amis jusqu’au dernier jour, ce qui n’est pas toujours le cas dans le monde du cinéma où les amitiés durent le plus souvent le temps d’un film. 
Claude n’avait jamais parlé de ses origines et j’ai été extrêmement heureux et bouleversé qu’il ait choisi mon livre pour raconter sa propre histoire. Par la suite, j'ai été très ému de la fraternité qui est née entre nous.
Il m’a dit une chose qui m’a beaucoup marqué : "Si mon scénario ne te plait pas, je ne fais pas le film." C’était la preuve de ses scrupules, de son respect immense envers les auteurs et de l’exigence qu’il avait vis-à-vis de lui-même lorsqu’il adaptait une œuvre. C’est toujours troublant de voir des gens que l’on a connus intimement interprétés par des gens connus médiatiquement. Une fois le film terminé, j’ai été totalement convaincu par l’incarnation à l’écran de mon père par Patrick Bruel et la conviction qu’il a mise dans son jeu. Il a été très actif car il souhaitait interpréter le rôle. Il avait lu le livre. Bien sûr, Claude lui a proposé le rôle mais il est allé au devant de lui. 


C’était la première fois que l’un de mes romans était adapté au cinéma mais avec Claude, très vite, la confiance s’est installée. Il m’a expressément demandé d’interpréter le passeur, je ne l’aurais jamais exigé ! C'était pour moi une façon symbolique d’apporter ma caution d’auteur au film et à l’adaptation de Claude.
Sa carrière était exceptionnelle. Exemplaire en matière de respect envers les acteurs, en matière de qualité. Je parlerais de touche française à son propos, pour ne pas dire french touch. Après avoir vu de près son travail de réalisateur, je comprends ce parcours de grand adaptateur qu’il a eu.  N’étant pas  du milieu du cinéma, j’ai ce regard naïf, et j’ai vu son grand respect des livres, qui transparait dans son œuvre. C’est une carrière absolument exemplaire dans le cinéma français. Au moment du tournage j’ai vu quelqu’un plein d’humilité, de respect pour mon œuvre, j’insiste là-dessus, et aussi de respect envers les acteurs. Il était très loin d’être un dictateur. »

 

 

 

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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 09:55

Les Acacias Pathé Distribution Mars Distribution


Alain Resnais, homme discret, voire secret, appartient à la génération de la Nouvelle Vague. Avec deux films aussi marquants que  Hiroshima mon amour et L'année dernière à Marienbad  il marquera le cinéma français de son empreinte, en proposant une confrontation du passé et du présent et en ébauchant une nouvelle structure du temps. Cette empreinte sera considérable. Breton de naissance ( 3 juin 1922 ), il est apparenté à Merlin l'enchanteur et sera, dès sa prime jeunesse, un lecteur éclairé d'une littérature où se côtoient Proust, la bande dessinée, les poètes en général et les classiques en particulier.


Corbis Sygma    

Bachelier en 1939, il s'inscrit au cours de René Simon et fera partie, lors de la création de l'IDHEC en 1943, de la première promotion. Son service militaire en Allemagne terminé, il travaille à Paris 1900 et réalise L'alcool tue avec Remo Forlani, courts métrages où il fait ses gammes et devient un des auteurs les plus originaux du genre. Son  Van Gogh tourné en 1948 est immédiatement remarqué comme une oeuvre riche de promesses. Primé à Venise, ce film obtient un Oscar à Hollywood. Gauguin en 1950 sera moins réussi, alors que Guernica, sur un texte de Paul Eluard, est un authentique chef-d'oeuvre et obtient le Prix du film d'Art au Festival de Punta del Este.


Conscient de maîtriser son écriture cinématographique, Resnais met en chantier plusieurs projets dont Moderato Cantabile d'après Duras, Pierrot mon ami d'après Queneau et Les mauvais coups d'après Roger Vailland. Avec Nuit et brouillard, il aspire à toucher un public plus large et recule les limites de ce que l'on croyait réalisable, en s'efforçant de trouver les formes adaptées à la transmission de l'intransmissible : les camps de la mort. Avec Jean Cayrol, le cinéaste a rencontré le partenaire inespéré, car rescapé de Mauthausen et soucieux lui-même " non de fuir, mais de trouver le lieu et la formule ". Nuit et brouillard  obtint le prix Vigo 1956 et son audience n'a pas cessé, depuis lors, de se renouveler.


  


Avec Hiroshima mon amour, qui confirme la modernité de son auteur par son lyrisme incantatoire, vient le temps des longs métrages qui permettront à Resnais, déjà très apprécié, de faire une entrée fracassante dans l'histoire du 7e Art. Cela, grâce à une conception personnelle du montage et du récit, où s'opposent et se complètent les moments-clés de deux vies hypothéquées par l'Histoire. Le scénario, signé Marguerite Duras, situe d'emblée le film dans une nouvelle problématique romanesque. Ce recours aux écrivains en quête de voies nouvelles valut au réalisateur la réputation ambiguë de cinéaste littéraire, alors même que ce recours remonte aux origines du cinéma. Nombreux furent les metteurs en scène qui se sont inspirés de textes de grands auteurs et les ont adaptés selon leur propre sensibilité avec plus ou moins de bonheur.


Mais la démarche de Resnais s'effectue en faisant appel à un autre processus qui vise à modifier le statut du texte écrit. Ce qu'on a englobé sous l'appellation " Nouveau roman" s'inscrit dans un engagement partagé par l'écrivain et le cinéaste de recourir à une narration objective. Ce n'est donc pas une simple transposition qui s'effectue entre eux mais une autre forme de lecture qui s'impose selon des lois qui lui sont propres et où s'ajoutent des éléments comme la musique, le son, les timbres de voix, créant un texte polymorphe. Aussi n'est-ce pas un hasard si Resnais apparaît dans l'Histoire du Cinéma comme quelqu'un qui remet en cause le romanesque traditionnel.


L'année dernière à Marienbad en 1961 se fera avec la complicité d'Alain Robbe-Grillet ( scénario et dialogues ) et remportera le Lion d'or à la Biennale de Venise, récompense méritée pour un film que je considère comme l'un des plus beaux du cinéma français. Une histoire simple qui se dérobe, fuit, glisse, échappe et se refuse à l'élucidation critique, où le temps lui-même se soucie très peu du calendrier et où les souvenirs, les rêves, les désirs, viennent à tous moments brouiller les cartes d'un jeu onirique et ouvrir la voie à un ressassement sans fin. Jean-Louis Leutrat écrira à ce propos que l'on retrouve dans ce film labyrinthe " une filiation avec la tradition poétique qui, du Moyen-Age à Julien Gracq, en passant par les romantiques allemands, a su exprimer la magie nocturne et les rencontres somnanbuliques ; la charge érotique des paysages insolites solitaires et fantomatiques ; silencieux et muets comme des après-midi éblouis de soleil ou des minuits ténébreux traversés d'astres froids ".

 Muriel ( 1963 ), sur un texte de Jean Cayrol, ne recueillera qu'un piètre succès et sera suivi de  La guerre est finie ( 1966 ), avec la collaboration de Jorge Semprun ( scénario et dialogues ) et interprétation d'Yves Montand, alors que Je t'aime, je t'aime ( 1968 ) sortira dans un contexte peu favorable. En effet, la dissection de l'imaginaire, de l'inconscient et des rêves coïncidait mal avec la confusion idéologique d'une période de crise.  


   


En 1980, Mon oncle d'Amérique obtient, quant à lui, le Prix spécial du Jury au Festival de Cannes et un succès inespéré auprès du public. Ce film, ainsi que Providence et La vie est un roman sont trois variations sur les rapports entre la théorie et la fantaisie, la réflexion et l'imagination, la comédie et le drame. En 1984, L'amour à mort sera à son tour présenté à Venise et s'articule autour de l'idée que mourir d'amour peut arriver à n'importe qui. " L'Amour jusqu'à la Mort, l'Amour est plus fort que la Mort ou l'Amour est si fort qu'il peut conduire à la Mort " - dira son auteur lors de la présentation à la Biennale de Venise. Ici les références au Dreyer de Ordet ou au Bergman des Communiants sont évidentes ; elles confrontent la vérité de la Parole ( ou du Verbe ) à celle de la chair, comme pour en mieux signifier le divorce ou le malentendu. Pour Resnais, l'agnostique, la conscience de la mort est la seule voie grâce à laquelle l'homme et la femme peuvent imaginer le bonheur et l'amour.

Mélo, en 1986, est construit selon un schéma assez proche de celui de L'année dernière à Marienbad, mais reste dans le registre du théâtre filmé et n'a nullement l'ampleur du précédent. Néanmoins, le film dépasse de loin le simple exercice de virtuosité et débouche, comme toujours chez Resnais, sur une réflexion intelligente à propos du langage parlé et de l'amour à l'épreuve du mal, qui permet de distinguer entre ce qui relève de l'aventure frivole et du véritable sentiment.


Sabine Azéma et Pierre Arditi. Collection Christophe L.


Parmi les dernières réalisations du cinéaste,  On connait la chanson, est une brillante variation sur la chanson populaire, où se mêlent un jeu de références et une comédie sur l'image de soi, alors que Smoking No Smoking met en scène celui des apparences et est adapté d'un cycle théâtral réputé injouable de l'anglais Alan Ayckbourn. Virtuose du montage, paradoxal et inclassable, Resnais a réalisé une filmographie qui frappe par son exigence, son originalité, sa force, sa poésie, son charme lancinant et s'organise autour de deux pôles l'amour et la mort, éminemment attractifs, qui ont pour vocation d'affirmer la prééminence de la vie, des émotions, des rêves et de s'octroyer le pouvoir de recourir au mythe constitutif de notre propre sensibilité culturelle : celui magique et envoûtant d'Orphée.


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Par Armelle BARGUILLET - Publié dans : LES REALISATEURS DU 7e ART - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 12:08

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VIDEO  &  VIDEO

 

La comédienne couronnée cette année du César de la meilleure actrice pour son rôle dans The Artist est la maîtresse de cérémonie du Festival de Cannes 2012. En dépit de ses succès, celle qui est aussi l'épouse de Michel Hazanavicius et la mère de deux enfants reste aussi charmante que fragile et modeste. Ces premiers pas sur scène ont prouvé qu'elle était une jeune femme émotive, ce qui a excité les moqueries de certains, tandis que cette vulnérabilité en a touché d'autres.

 

INTERVIEW

 

Question : Avez-vous le trac ?

 

C'est une énorme pression, parce que l'on est jugée en une minute. On vous regarde de haut en bas, votre coiffure, votre robe, le choix de la couleur, votre discours...J'ai l'impression de prendre un gros risque et de passer un énorme casting, mais je me raisonne : Même si je me trompe, j'ai décidé que j'en rigolerai.

 

Allez-vous jouer la carte de l'humour, du glamour, ou les deux ?

 

Je vais essayer de faire simple. Je vais parler de cinéma, sans doute faire allusion à The Artist, à la voix et au silence, en faisant attention de ne pas perdre ceux qui ne comprendront pas le français, à savoir la moitié de l'assistance. Je veux aussi rester à ma place. C'est un joli rôle maîtresse de cérémonie, mais je ne suis pas la vedette du Festival. Les vedettes, ce sont les films, les acteurs, les réalisateurs.

 

Quels seront vos modèles ?

 

L'année dernière, j'ai adoré la manière dont Jane Fonda a remis la Palme d'or. Elle était si drôle ! En même temps, il suffit que Jane Fonda apparaisse pour nous ravir... J'aime aussi l'audace de Ricky Gervais qui est très méchant et drôle, mais je ne pourrai pas leur ressembler. J'ai plutôt regardé du côté des actrices de mon âge, et j'ai découvert que Cécile de France, en 2005, avait trouvé le parfait mélange de solennité et de simplicité. Elle était à l'aise sur scène, elle a souri, elle était bien. Je ne vais pas non plus me lancer dans la revendication, parler des élections ou de la Syrie, ce n'est pas le lieu...

 

Allez-vous faire appel à des auteurs pour vos textes ?

 

Ce sont les auteurs de Bref, le programme court de Canal +, qui vont m'aider. Je suis ravie parce qu'ils sont drôles, gentils, très fins, très humains, et que j'aime beaucoup leur plume. Je suis heureuse qu'ils soient jeunes et connus depuis relativement peu de temps, c'est rafaîchissant pour ce vénérable festival. Surtout nous nous reconnaissons tous dans Bref. Chacun devrait pouvoir s'identifier.

 

Qui avez-vous le plus envie de rencontrer ?

 

Wes Anderson. J'adore son univers. Je pense d'ailleurs qu'il a des points communs avec Michel Hazanavicius. Je me souviens de La vie aquatique que j'avais découverte à New-York. Je n'avais pas du tout envie de voir ce film et j'avais été soufflée. C'est tellement barge et génial. J'ai adoré A bord du Darjeeling Limited aussi...

 

Quels sont les films que vous avez le plus envie de voir dans la sélection ?

 

Outre Moonrise Kingdom de Wes Anderson donc, j'ai évidemment envie de découvrir Sur la route de Walter Salles, le Cronenberg et le Audiard. Je suis curieuse de voir ce qu'il a fait de ce thème : une femme qui se fait manger les jambes par un orque... Et puis cela fait longtemps que l'on n'a pas vu Marion Cotillard porter un film fort. Elle a été superbe dans des films américains, mais ses rôles n'étaient pas forcément centraux. Je suis donc doublement curieuse.

 

Viendrez-vous en famille ?

 

Je ne suis pas comme ces actrices américaines qui se promènent partout avec leurs enfants et jouent à la maman modèle. Le côté bébé accesssoire de mode ne m'attire pas. Je ne trouve pas que ce soit bien de les emmener. Ils sont trop petits. Je vais essayer de vivre pleinement Cannes. Je resterai une semaine. Je repartirai pour voir mes enfants, et je reviendrai vers la fin.

 

Et pour vous quel avenir ?

 

Je vais prêter ma voix à Rebelle, la nouvelle production de Disney. J'avais très envie depuis longtemps de faire la voix d'un dessin animé. Pour une fois, je peux devenir totalement autre. C'est grisant ! Merida est une héroïne parfaite pour moi. Elle n'en fait qu'à sa tête, se rebelle contre sa mère, son père, la société. Elle n'a pas envie de se marier ni de rencontrer le prince charmant, elle préfère tirer à l'arc, monter son superbe cheval noir et vivre sa vie. Je trouve que c'est un message formidable pour les enfants ! Et j'aime sa chevelure rousse en cascade...

 

Que ferez-vous le lendemain de Cannes ?

 

J'arrête tout ! J'éteins mon portable et je lis. Je lis tout le temps. Je viens de finir la biographie de Joan Crawford, une femme vraiment extrordinaire et je suis maintenant plongée dans le dernier livre qu'a écrit Stefan Zweig avant de se suicider. Il parle de Montaigne et de la quête qui a obsédé ce philosophe toute sa vie, celle de la liberté intérieure. Zweig écrit sur un homme qui a su rester libre, qui a réussi à ne pas se laisser atteindre par les violences, notamment religieuses, qui l'entouraient. Zweig admire Montaigne, cherche à l'imiter, mais n'y arrive pas...c'est très émouvant et cela m'a donné envie de lire Les Essais. C'est parfait pour le Festival, non ?

 

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LISTE DES ARTICLES - acteurs du 7e Art

 

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Par Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - Publié dans : ACTEURS DU 7e ART - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
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Profil

  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • LA PLUME ET L'IMAGE
  • acteurs réalisateurs 7e art festival du film asiatique de Deauville
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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