20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 08:51

le navire-est-voile-3 (Petit)                                                                                  

Bienvenue sur ce blog, où je propose à votre curiosité plusieurs rubriques, dont celles des CINEMAS FRANCAIS, AMERICAIN, EUROPEEN et ASIATIQUE.

 

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Vous trouverez également une rubrique dédiée aux   ACTEURS DU 7e ART  qui ont contribué, par leur talent, à confirmer le succès d'un film et à le rendre plus présent dans nos mémoires.

  

Une autre à mes BILANS CINEMATOGRAPHIQUES et aux articles panoramiques qui font état de l'impact d'un pays dans le monde du 7e Art.


  

Sans oublier celle des  REALISATEURS,  afin de vous entretenir de leur travail, de leur singularité, de leur apport au cinéma international et de leur rayonnement. 

 

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LE TEMPS DE L'INNOCENCE de MARTIN SCORSESE

 

LA DELICATESSE de STEPHANE & DAVID FOENKINOS

 

 

 

       Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr

  

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J'espère que cette diversité vous plaira. Chacun peut ainsi se promener à sa guise, selon sa curiosité et ses goûts. Bonne visite ! Et faites-moi part de vos commentaires. Ils seront les bienvenus.

 

Egalement mes articles sur mon nouveau blog  :   INTERLIGNE   

 et ma collaboration avec   :

 

Agoravox      JEPOEME      CINESPAGNE      ESPRITS LIBRES           

IDEOZ       SensCritique 

 

 130-331 01 Catherine Deneuve-jeune- romyschneider rouge-clown-Giulietta Masina--strada-grand


  Jean-Louis Trintignant Henry Fonda 6635_130564850760.jpg ce.jpgMichel-20Serrault.jpg 

 

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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 08:46

 Universal Pictures New Line Cinema    

 

 Dans la lignée des très grands films dont  Martin Scorsese  reconnaît devoir des éléments d'inspiration et de réflexion, tels que Le Guépard, Senso ou Le portrait de Dorian Gray, Le Temps de l'innocence s'inspire d'une oeuvre littéraire, celle d'Edith Wharton, prix Pulitzer 1921 - dont le cinéaste va adopter fidèlement les thèmes, tout en proposant les siens propres, sans qu'il y ait une quelconque incompatibilité. On pouvait, à priori, être étonné de voir ce cinéaste s'égarer dans un film " à costumes ", dont on sait qu'ils ont en général mauvaise presse, mais Scorsese ne tombera dans aucun des pièges qui le guettaient : jeu théâtral des comédiens, ambiance convenue, dialogues emphatiques ; il empoigne ces clichés pour n'en retenir aucun. Bien qu'il n'ait pas été facile d'adapter à l'écran ce roman-culte, le cinéaste d'origine italienne l'osera avec succès, franchissant les obstacles et signant là l'une de ses plus belles réalisations.

 

     

 

Comme dans Les Affranchis et Casino, et à la manière d'un documentaire, il accompagne le déroulement de la pellicule d'une voix off ( Joanne Woodward ), qui donne au film un ton particulier et permet d'entrer plus aisément dans l'intimité des personnages. Le Temps de l'innocence ( 1993 ) est une fresque sensible sur une société en apparence paisible, mais qui s'avère être, derrière sa façade trompeuse, aussi perfide et cruelle que celle des mafieux que Scorcese nous présentait dans plusieurs de ses films précédents. Dans cette société américaine oubliée des années 1870, assez proche du monde proustien de La Recherche, les émotions, les sentiments se doivent d'être cachés, voire refoulés, comme le sont les amours insatisfaites et les désirs inavoués des deux héros du film. Ne nous y trompons pas ; sous ses dehors policés, Le Temps de l'innocence est une histoire violente, où quelques êtres isolés et en rupture s'opposent à la puissance d'une riche famille, selon  "un rituel tribal ", d'après les propres mots du cinéaste. " Si les victimes ne sont pas abattues d'un coup de pistolet, elles sont en revanche éliminées. La pire chose n'est pas la mort, mais l'éradication."Cette seule phrase explique le film et lui donne sens.  En effet, moins volontaire que les héros habituels de Scorcese, Newland Archer ( Daniel Day-Lewis )sera vaincu par la force des traditions et des conventions qui est l'apanage de cette société new-yorkaise des dernières décennies du XIXe siècle. Il n'aura pas le courage de tout sacrifier à son amour pour la comtesse Ellen Olenska et l'homme vieilli, que nous voyons lors de la dernière scène, ne sera même pas assez résolu  pour rencontrer une dernière fois la femme qu'il a tant aimée...Curieusement, dans ce monde régi par les hommes, ce sont les femmes Ellen et May - la jeune fille que Newland finit par épouser - qui se révèlent être les véritables moteurs de l'intrigue, Newland subissant les événements davantage qu'il ne les provoque. S'il conteste les règles établies dans le privé, il n'ose s'insurger en public, par peur de se faire expulser.

 

 

L'histoire se déroule à New-York dans les années 1870. L'avocat Newland Archer doit épouser May, la fille d'une puissante famille, les Mingott, alors que de retour d'Europe, la belle comtesse Olenska, cousine de May, éveille chez lui une subite passion. La comtesse semble mener une vie assez libre, loin de son mari retenu en France, jusqu'à ce que celui-ci, craignant que son épouse ne finisse par demander le divorce, ne la rappelle à Paris. Redoutant le scandale, elle accepte, mais Newland vient chez elle pour lui avouer son amour et la supplier de rester. Parce qu'elle se refuse à blesser sa cousine fraîchement fiancée, Ellen décide de partir afin que le mariage ait lieu.
Dix-huit mois plus tard, toujours obsédé par son souvenir, Archer apprend qu'elle se trouve en résidence à Boston. Il s'y rend et finalement lui et Ellen deviennent amants. Mais apprenant que May attend un heureux événement, Ellen va repartir en Europe rejoindre son mari.Des années plus tard, après la mort de May, Archer, âgé de cinquante-sept ans, accompagne son fils Ted en voyage d'affaires à Paris. Arrivé au bas de l'immeuble d'Ellen, et alors que plus rien ne s'oppose à leur rencontre, il prend la fuite, incapable de se retrouver confronté à une passion qu'il n'a ni su, ni pu assumer... 

 

Martin Scorsese a choisi de pousser à la perfection la reconstitution de la vie de l'époque et mis une attention pointilleuse à soigner les décors, les costumes, les objets, l'étiquette, en s'inspirant de la façon dont son maître Visconti avait usé avant lui. Michelle Pfeiffer déclara à ce propos : " J'ai appris que je ne pouvais pas toucher mon verre de vin blanc parce qu'il était frappé, mais, qu'en revanche, je pouvais caresser mon verre de vin rouge parce qu'il était chambré." 
Alors que le superviseur artistique Dante Ferretti cherche, tel un peintre, à donner une dominante aux décors et s'inspire des toiles de James Tissot, Scorsese veille à ne pas succomber sous le poids de l'exactitude historique et prend ses distances à bon escient. Ce, et en partie, grâce au montage audacieux de Thelma Schoonmaker qui saura apporter au  film une étincelante modernité, se refusant à des ralentis inopportuns et à toute complaisance esthétique.


Daniel Day-Lewis, en dandy brimé, se livre, quant à lui, à une époustouflante performance dans le rôle de l'avocat Newland Archer. D'une sensibilité à fleur de peau, il interprète l'un des personnages les plus complexes du cinéma de ces dernières années. A ses côtés, la délicieuse Michelle Pfeiffer - dont les toilettes s'accordent si bien à sa finesse et à sa grâce, qu'elle semble être née pour les porter - lui donne la réplique avec intelligence et sensibilité. C'est sûrement le rôle le plus intéressant qui lui ait été confié dans son encore jeune carrière. Rarement roman ne fut à l'origine d'un si beau film qui, comme Le Guépard,  ne se contente pas d'être une adaptation réussie, mais se veut une oeuvre à part entière. Et quelle oeuvre !

 

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MARTIN SCORSESE - PORTRAIT            MICHELLE PFEIFFER - PORTRAIT

 

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 10:49

Nathalie a perdu son mari il y a trois ans. Hantée par le souvenir, elle se réfugie dans le travail et semble avoir mis un terme à sa vie sentimentale. Elle rejette tous les hommes, y compris son séduisant patron. Son entourage s'inquiète. Pourtant, un jour, sur un coup de tête, elle embrasse Markus, un collègue de travail, qui n'est même pas beau garçon. L'événement aurait pu être sans lendemain. Mais de fil en aiguille, Markus s'attache à la fragile Nathalie, tandis que cette dernière s'adoucit au contact de cet être un peu gauche. Markus et Nathalie suscitent rapidement les interrogations de leurs collègues, puis leur franche désapprobation...

Mais peu importe ! Lorsque Nathalie invite Markus chez sa grand-mère, la demeure de son enfance, Markus et elle  cèdent enfin à leur attirance réciproque, Markus entrant enfin dans le monde secret et émouvant de celle qu’il chérit avec délicatesse depuis leur premier baiser impromptu.

 

Cette histoire  touchante n’est pas sans évoquer Un homme et une femme, sans le charme des personnages, Audrey Tautou et François Damiens n’ayant pas le charisme des héros de Claude Lelouch et le film restant dans le registre gentillet sans avoir le rythme, le  magnétisme, la musique envoûtante du précédent. Mais on peut toutefois apprécier cet amour empreint de retenu, cette fidélité tenace, cette discrétion et cette approche pleines de pudeur à une époque où de tels sentiments ne sont guère fréquents sur grand écran. David Foenkinos illustre, avec son frère Stéphane, de façon certes plaisante, mais sans éclat et avec quelques fadeurs qu’il aurait pu éviter, le roman éponyme qu’il avait publié précédemment. Pas de quoi bouleverser le public, bien que cet opus se laisse voir sans déplaisir. Quelques scènes charmantes relèvent l’ensemble auquel on peut reprocher une absence  de séduction, un narratif trop plat et peu inventif.

 

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LA DELICATESSE de STEPHANE & DAVID FOENKINOS
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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 09:37

 

 

 

L'actrice américaine aurait été terrassée par "un accident cardio-vasculaire", selon le site dédié à la vie des célébrités TMZ, qui avait initialement donné l'information sur son décès. L'hebdomadaire Variety précise qu'elle est décédée dans son domicile de l'immeuble Dakota à New York.

 

Une voix et des yeux. Lauren Bacall a envoûté le cinéma hollywoodien par sa voix grave, sa longue silhouette et son regard bleu glacé pendant plus de 60 ans de carrière. Née le 16 septembre 1924 à New York, Betty Joan Perske de son vrai nom, est la fille unique d'immigrants juifs roumano-polonais, de la famille de l'ancien président israélien Shimon Peres.

 

Un couple mythique avec Bogart. Elle a été révélée au grand public dans "Le port de l'angoisse", de Howard Hawks, à l'âge de 19 ans, en 1944, aux côtés d'Humphrey Bogart, avec qui elle formera un couple mythique au cinéma et à la ville. Elle a été son épouse pendant 12 ans jusqu'au décès de l'acteur en 1957. C'est de nouveau à côté de Bogart qu'elle jouera dans un autre film culte, "Le grand sommeil", deux ans plus tard. On la verra également dans La femme aux chimères ( 1950) de Curtiz, Comment épouser un millionnaire (1953) de Negulesco, La femme modèle (1957) de Minnelli, Le crime de l'Orient-Express (1974)  de Lumet, Le dernier des géants (1976) de Siegel, Prêt-à-porter (1994) de Altman et Dogville (2004) de von Trier.

 

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LAUREN BACALL, LE PLUS BEAU REGARD D'HOLLYWOOD S'EST ETEINT
LAUREN BACALL, LE PLUS BEAU REGARD D'HOLLYWOOD S'EST ETEINTLAUREN BACALL, LE PLUS BEAU REGARD D'HOLLYWOOD S'EST ETEINT

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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 09:32

 

Roch Siffred ( Alain Delon ) et François Capella ( Jean-Paul Belmondo ), deux jeunes truands, décident d’avoir la mainmise sur Marseille. Leur but est de liquider les maîtres des lieux : Poli, le caïd, Rinaldi, l’avocat véreux, et Marello, le propriétaire des salles de jeux, polar classique réalisé par Jacques Deray en 1969 avec le concours des deux stars françaises les plus populaires.

 

Avec l’aide précieuse de Jean-Claude Carrière et de Claude Sautet, Deray donne aux deux acteurs fétiches du 7e Art français des rôles taillés sur mesure. Alain Delon, figure sévère et mutique, incarne un ange noir avec un charisme hors du commun, tandis que Jean-Paul Belmondo se complait dans l’outrance qui lui est familière depuis le milieu des années 60. Sautillant, drôle, léger et séducteur, Bébel sort le grand jeu, au risque d’en faire trop. 


Les autres comédiens, face à eux,  ont quelque difficulté à exister, mais Jacques Deray parvient toutefois à maintenir le subtil équilibre entre la description du Marseille des années 30 et les passages obligés du film de genre. Ainsi, les fusillades - dont la séquence de massacre dans la boucherie - sont-elles réalisées avec un réalisme qui n’est pas sans rappeler à bon escient les grands maîtres américains. Aucune fioriture ne vient nous détourner du but initial : raconter avec efficacité une histoire d’amitié entre deux gangsters. Au passage, les auteurs dressent un intéressant portrait de cette Troisième République minée par la corruption et les inégalités sociales. Les deux petites frappes sont effectivement issues d’un milieu populaire et cherchent à s’élever dans la hiérarchie sociale par des moyens illégaux. Pourtant, elles sont vite confrontées à la corruption des élites, autres truands se camouflant sous un masque de respectabilité et à entrer ainsi en compétition avec eux, non sans y laisser des plumes au passage. La musique de Claude Bolling ne fait qu’ajouter un plus évident à l’ensemble de cette réalisation parfaitement réussie et maîtrisée, à laquelle le public de l’époque réservera un accueil enthousiaste.

 

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BORSALINO de JACQUES DERAY
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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 10:47

 Nick Curran, inspecteur de police à San Francisco, enquête sur le meurtre d’une star du rock, tuée de trente et un coups de pic à glace par une inconnue en plein extase amoureuse. La victime fréquentait Catherine Tramell, auteur de romans à succès qui relate un fait assez semblable. En fouillant dans le passé de celle-ci et en lisant ses bouquins, Nick la soupçonne fortement d’être la meurtrière, mais il a bien du mal à résister à ses pulsions qui vont le précipiter dans ses bras.

 

 

Un thriller au parfum de scandale réalisé par le cinéaste hollandais Paul Verhoeven en 1992, qui n’était pas alors à son premier long métrage sulfureux, et révéla à un public international la puissance érotique de la sublime Sharon Stone. Sulfureux, certes, et d’une violence qui n’hésite pas à insister sur les détails les plus cruels, le film n’est pas pour autant graveleux. Les images sont belles, les acteurs magnifiques. Une grande part du succès est dû en effet à leur jeu impressionnant : Sharon Stone belle et glaciale et Michael Douglas sombre et cynique et tous les deux sexy en diable. Les répliques sont cinglantes et le suspense ne s’essouffle jamais jusqu’à la dernière seconde du film. Ne parlons pas ici de chef-d’œuvre mais d'un film qui tient ses promesses et a marqué les mémoires : efficace car impitoyable dans son narratif et leste à souhait dans son imagerie.

 

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BASIC INSTINCT de PAUL VERHOEVEN
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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 09:52

 

Sabrina, la fille du chauffeur d’une grande propriété tenue par les Larrabee, une riche famille d’industriels, est depuis toujours éperdument amoureuse du fils cadet, David, playboy invétéré. Aussi son père l’envoie-t-il en France étudier dans  une école de cuisine  afin de lui faire oublier cet amour impossible et parfaire son éducation. Elle en reviendra métamorphosée.

 

Sabrina est, sans nul doute,  l’un des films les plus raffinés de Billy Wilder. En guise d’introduction, Sabrina nous fait découvrir en voix off la demeure des Larrabee et leur vie de nouveaux riches partagée entre fêtes fastueuses et luxe provoquant, ainsi  le garage, tenu par le père de Sabrina, abritant les huit voitures que possède la famille. Ainsi deux mondes se côtoient-ils poliment sans se mélanger jamais. Tapie en haut d’un arbre, Sabrina suit avec envie et jalousie les va-et-vient de David, véritable Don Juan qui n’a pas son pareil pour emballer les filles.

 

A son retour de Paris, vêtue d’une robe blanche et fleurie, symbole de son épanouissement, Sabrina sera le centre d’attraction d’une soirée organisée par les Larrabee. Elle défie alors les règles approuvées aussi bien par la famille que par son père dont le credo se résume ainsi : « Il y a le siège avant et le siège arrière. Et une vitre au milieu. »

 

En tombant amoureuse du fils cadet et en le séduisant, elle met en pratique les conseils qu’un mystérieux baron parisien lui a dispensés lors de son séjour à Paris : savoir plaire et se faire plaisir. Elle brave ainsi l’interdit de classe. En succombant ensuite au frère aîné, elle double la mise, s’amourachant d’un homme bien plus âgé qu’elle. Sous des airs insouciants d’apprentie femme fatale, Sabrina campe une héroïne tour à tour naïve et frondeuse qui écoute son cœur sans oublier de recourir à ses pouvoirs de séductrice.

 

Si le scénario de Wilder et de ses deux collaborateurs, Ernest Lehman et Samuel Taylor, se déroule dans une atmosphère idyllique parmi des gens distingués, une implacable ironie  parsème les dialogues et quelques gags caustiques ponctuent  les  scènes et ne manquent pas d’égratigner au passage les Larrabee. D’ailleurs la plupart des situations dramatiques se jouent sur l'octave comique comme la tentative de suicide de Sabrina qui allume les moteurs des huit voitures pour être sûre de son coup.

 

S’ajoute à ce comique de situation une série d’événements dans lesquels les personnages ne cessent de se manipuler à tour de rôle, source de quiproquos et de conséquence inattendues et burlesques. Ils se séduisent, se suivent, se fuient, tour à tour maîtres ou victimes de leur jeu.

 

Les trois personnages vont donc subir une transformation radicale. La plus flagrante est celle de Sabrina incarnée par Audrey Hepburn. Elle était à l’époque, après le succès de « Vacances romaines », la nouvelle coqueluche de Hollywood, canon de beauté très différent des habituelles femmes fatales blondes et bien en chair. Frêle et fragile, elle va, au cours de cet opus, se transformer en une superbe femme, parangon de l’élégance et du style.  Mais malgré ses tenues raffinées sorties des mains talentueuses du couturier Givenchy, il lui faut encore du temps pour pleinement acquérir la maturité nécessaire à la découverte de l’amour dont elle a une vision trop romantique. Quant à Linus, ses sévères costumes couronnés de son Homburg noir ne parviennent pas à cacher totalement la sensibilité amoureuse que va éveiller en lui Sabrina. Fine mouche et devenue habile dans l’art de la coquetterie, elle réussit à toucher l’âme de cet homme d’affaires austère, sans être pour autant dénué d’humour et de charme. Quant à David, le personnage le plus superficiel de nos trois protagonistes – il  aura l’intelligence de se retirer de la compétition en faveur de son frère et reprendra en mains les fructueuses  affaires familiales.

 

Le film se solde par un happy end prévisible pour ce faux conte de fée dont les codes sont détournés par Wilder : le prince charmant n’est pas celui que l’on croit. On n’en attendait pas moins d’un réalisateur dont les personnages sont souvent le contraire de ce qu’ils paraissent être. Sabrina reste cependant son œuvre la plus épurée, servie par un noir et blanc satiné, une mise en scène élégante et une brochette d’acteurs dont le  panégyrique  n’est plus à faire.

 

Pour prendre connaissance de l'article conscré au réalisateur, cliquer sur le lien suivant :

 

BILLY WILDER, LE FAUX CYNIQUE

 

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SABRINA de BILLY WILDER
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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 10:48

A Orléans, Marithé s’investit à fond dans son centre de formation pour accompagner des salariés lors de leur reconversion. Elle rencontre Carole, gérante d’un des restaurants les plus cotés de la région, qui souhaite changer de métier pour échapper à l’emprise trop étouffante de son mari, chef étoilé et compagnon autoritaire. Marithé décide de tout faire pour l’aider à se remettre en selle. Mais est-ce par altruisme ou par intérêt ? Car Marithé a découvert que Carole avait un amant, et que le mari étoilé n’était pas si dépourvu de charme que sa femme le laissait entendre. Dans cette relation pleine d’ambiguïté,  on navigue à vue entre fausses confidences et manipulation habile.

 

Anne Le Ny nous a habitués à des films d’une introspection délicate qui, le plus souvent, s’ordonnent autour d’un problème familial. Ce fut le cas de "Ceux qui restent" ou "Les invités de mon père" qui ont, l’un et l’autre, reçus un accueil favorable du public. Son dernier opus ne manque pas de qualité mais semble moins inventif, moins percutant que les précédents, s’installant trop vite dans un narratif sans surprise et incitant les actrices à cabotiner trop selon moi. Surtout Karin Viard qui en fait des tonnes alors qu’elle est tellement plus convaincante dans la mesure, voire l’émotion. Face à elle, Emmanuelle Devos intériorise davantage et rend son personnage plus crédible. Néanmoins, le film se laisse regarder sans déplaisir. Les dialogues sont conformes à la mentalité des deux héroïnes et sonnent justes et puis l’histoire, qui aurait gagné à être narrée de façon plus audacieuse, reste amusante et Anne Le Ny prouve ainsi aux spectateurs qu’elle s’inscrit dans la durée.

 

Adolescente, la réalisatrice rêvait d’être écrivain. Mais séduite un soir par le jeu des acteurs, alors qu’elle se rendait au théâtre avec ses parents, elle choisit finalement l’option comédienne. Après le conservatoire, la jeune Anne fait ses classes sur des scènes de la périphérie parisienne avant d’obtenir son premier rôle au cinéma dans "Ma petite entreprise". Elle ne quitte plus l’affiche et impose sa pétillante personnalité dans « Le goût des autres » d’Agnès Jaoui et  « Se souvenir des belles choses » de Zabou Breitman. L’actrice se sent prête alors pour réaliser son premier rêve, l’écriture : elle signe le script d’un sitcom pour la télévision suisse, puis le scénario de « Didine » pour Vincent Dietschy. La cinéaste a définitivement pris le pas sur la comédienne. D’autant que ses films ont le privilège de plaire au public. Anne Le Ny a souhaité faire de la femme le thème central de son cinéma. Loin des clichés de douceur et de charme, elle entend révéler les tensions intérieures, les dilemmes auxquelles elles sont quotidiennement confrontées. Et cela ne semble pas trop mal lui réussir …

 

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ON A FAILLI ETRE AMIES de ANNE LE NY
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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 09:52

Clément, jeune professeur de philosophie parisien, est affecté à Arras pour un an. Loin de Paris et ses lumières, Clément ne sait pas à quoi occuper son temps libre. C’est alors qu’il rencontre Jennifer, jolie coiffeuse qui devient sa maîtresse. Si la vie de Clément est régie par Kant ou Proust, celle de Jennifer est rythmée par la lecture de romans populaires, de magazines "people" et de soirées karaoké avec ses copines. Cœurs et corps sont libres pour vivre le plus beau des amours mais cela suffira-t-il à renverser les barrières culturelles et sociales ?

 

 Après avoir filmé les fractures sociales dans ses précédents opus, le réalisateur belge Lucas Belvaux s’attarde sur les fossés culturels qui vont entraver l’existence de ces deux principaux personnages, dans  une adaptation fidèle de l’ouvrage de Philippe Vilain paru en 2011 chez Grasset. Il s’agit ici de la relation amoureuse et éphémère de deux êtres qui ne viennent pas du même milieu social, n’ont pas grandi dans le même environnement et n’ont pratiquement aucun goût en commun. Le film suit ainsi l’histoire d’amour entre Clément, parisien célibataire et Jennifer, pétillante coiffeuse provinciale, divorcée et maman d’un petit garçon de dix ans. Rien ne peut les empêcher de s’aimer, sauf leur origine sociale et leur formation culturelle qui a, certes, plus d’importante pour l’un que pour l’autre. Ces obstacles parviendront-t-ils à briser leur amour et le plaisir qu’ils trouvent l’un et l’autre dans cette relation décalée ? Suivant à la lettre le roman de Philippe Vilain, le réalisateur nous offre une version cinématographique d’une belle sobriété et d’une extrême délicatesse, illuminée par la présence de deux acteurs formidables, la radieuse Emilie Dequenne et le sobre et très intériorisé Loïc Corbery qui prête à son personnage ce qu’il faut de proustien et de complexe.  Les scènes donnent au fur et à mesure les clés de sa nature : celle d’un homme exigeant et   rigide qui craint de s’engager et accorde plus d’importance à la chose pensée qu’à la chose vécue. Entre l’intellectuel Clément et la vivante et pragmatique Jennifer qui cède volontiers à ses emballements et à ses coups de cœur, le fossé va inexorablement se creuser et c’est davantage à l’incompréhension qu’au désamour qu’ils devront l’échec de leur romance.

 

Professeur de philosophie et écrivain, Clément analyse trop, au point de constater qu’il a de graves handicaps dans ses rapports avec autrui. Chez lui, c’est l’intelligence qui est sans cesse sur le qui-vive, alors que Jennifer laisse le cœur conduire l’attelage. Avec une intuition profonde, elle saura partir avant qu’il ne soit trop tard, prouvant ainsi que le cœur est parfois plus clairvoyant que la raison, et les sentiments moins aveugles que l’intelligence.

 

Les efforts de Jennifer pour tenter de s’adapter au monde livresque de Clément sont absolument touchants et on s’aperçoit que si elle a quelque difficulté à l’aborder, elle le juge avec un bon sens jamais pris à défaut. Elle est souvent percutante dans ses jugements et d’une sincérité absolue, ne cherchant nullement à le gruger ou à se faire passer pour ce qu’elle n’est pas. Sa nature la pousse à s’abandonner corps et âme à cet amour naissant et elle est d’autant plus dans le don que Clément reste sur la réserve. On devine qu’il se demande ce qu’il lui arrive, on le surprend constamment en porte à faux avec lui-même, jouant en permanence sur deux registres sans bien appréhender lequel est le plus essentiel et déterminant, ni comment administrer au mieux cet apprentissage du cœur qui le voit à ce point désemparé. Car dans cette comédie sentimentale entre deux êtres aux antipodes l’un de l’autre, le plus à plaindre est sans nul doute Clément, prisonnier de sa cérébralité, de son égo, de l’image qu’il veut imposer de lui-même.

 

Alternant les scènes légères avec d’autres d’une surprenante profondeur, servi par des dialogues intelligents et une interprétation remarquable, ce film est un bijou qui nous rassure sur les possibilités d’un cinéma intimiste et littéraire et que l'on savoure avec bonheur.

 

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PAS SON GENRE de LUCAS BELVAUX
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Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA FRANCAIS
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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 09:32

Comme le cavalier de l’apocalypse de « Pale Rider », Clint Eastwood est toujours là où on l’attend le moins. Avec son dernier opus « Jersey Boys », le voici qui s’investit dans un registre encore inédit chez lui, la biographie des Four Seasons, film qui loin d’être un chef d’oœuvre fait figure d’agréable et surprenant renouvellement. S’en étonner serait oublier que Eastwood a toujours été passionné de musique et que sa carrière entière a été placée sous le signe de l’éclectisme et du contre-pied.  Lui-même n’a-t-il pas été compositeur à ses heures, ayant signé la partition de sept de ses films ? Sa musique est d’ailleurs à l’image de son jeu d’acteur : discrète, classique, économe en notes comme l’acteur avare en mots, suscitant l’émotion par la suggestion et non la démonstration.

 

Ce même refus de l’effet facile, on le retrouve dans son œuvre cinématographique. Parvenu à la notoriété comme comédien dans un emploi unique, celui du cow-boy mutique des trois films de Sergio Leone, Eastwood  a vite prouvé que, comme cinéaste, il n’en serait pas de même et que l’on aurait tort de l’enfermer dans un seul registre. Si bien qu’il a su produire non seulement quelques westerns comme « L’homme des hautes plaines » mais aussi des mélos, quelques polars, un thriller « Un frisson dans la nuit », mais surtout des films inclassables qui composent un univers très personnel. Au-delà de cette incontestable diversité, c’est néanmoins l’unité qui frappe le spectateur, toujours surprenante de la part d’un réalisateur qui n’écrit pas lui-même ses scénarios. Le cinéma d’Eastwood est celui d’un homme ou d’une femme qui tente de tracer sa route en toute liberté, de se frayer un chemin d’indépendance en évitant les pièges d’un passé douloureux, les ornières du conformisme et le poids de sa propre médiocrité.

 

Avec cet opus «  Jersey Boys », il nous livre à 84 ans sa première comédie musicale inspirée d’un succès de Broadway. Adaptant celle dédiée à Frankie Valli et ses potes du New jersey, le cinéaste en conserve néanmoins la même structure narrative ( un récit divisé en 4 saisons, du printemps de la formation du groupe à l’hiver de sa séparation ) et le même casting de non-stars flamboyantes que Eastwood a tenu à transférer tel quel des planches de Broadway au grand écran. Ainsi vivons-nous dans l’intimité et les aléas du métier de ce groupe composé de John Lloyd Young, Erich Bergen, Vincent Piazza, Michael Lomenda et Chistopher Walken durant les 2h14 un peu trop longues de cette épopée musicale. Oui, un peu longues car il faut avouer qu’il n’y a, de la part de Eastwood, trop peu d’implication personnelle, l’auteur se satisfaisant de rendre avec précision et une rigueur naïve le quotidien de personnalités assez fades qui ont trop tendance – n’étant pas acteurs - à surjouer leurs rôles et à caricaturer ainsi leurs personnages. Dommage, car il y a de beaux moments, des éclairs de fraîcheur ou de simple authenticité, une bande originale de qualité. Mais il manque quelque chose, ce qui est rare de la part d’Eastwood : la grâce.

 

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JERSEY BOYS de CLINT EASTWOOD
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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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