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18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 08:56

le navire-est-voile-3 (Petit)                                                                                  

                         

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bienvenue sur ce blog, où je propose à votre curiosité plusieurs rubriques, dont celles des CINEMAS FRANCAIS, AMERICAIN, EUROPEEN et ASIATIQUE.

 

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Sans oublier celle des  REALISATEURS,  afin de vous entretenir de leur travail, de leur singularité, de leur apport au cinéma international et de leur rayonnement. 

 

 

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LA RIVIERE ROUGE de HOWARD HAWKS  (Ce soir sur OCS Géants à 20h40)
 

 

 

L'ECOLE BUISSONNIERE de NICOLAS VANIER
 

 

 

LE SENS DE LA FETE de TOLEDANO ET NAKACHE
 

 

 

 

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18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 08:51
LA RIVIERE ROUGE de HOWARD HAWKS


La rivière rouge ( 1948 ) est le premier western tourné par Howard Hawks, le premier film où il dirige John Wayne ( avec lequel il travaillera à quatre reprises, entre autre pour Rio Bravo ) et la première apparition à l'écran de Montgomery Clift que le cinéaste avait découvert au théâtre dans " You touched me ", adapté de D. H. Lawrence. Trois premières pour un film qui, davantage que la classique histoire d'un convoi de bétail, devient tout ensemble un voyage initiatique et l'affrontement de divers personnages que tout oppose et que l'on voit mûrir et évoluer au cours de l'action.


Au commencement de l'histoire, Tom Dunson est en train de dire adieu à sa fiancée qui suit un convoi de pionniers. Mais ce convoi sera attaqué par des Indiens et Fen tuée lors de cette rixe. Pour tenter d'exorciser ce souvenir tragique, Tom va s'employer à construire un véritable empire et élever Matt, un enfant dont la mère a été tuée elle aussi au cours de cette attaque, comme le fils qu'il n'aura jamais de la femme aimée.

 


A l'origine, le roman de Borden Chase se terminait par la mort de Tom qui, blessé par Cherry Valance, demandait à mourir au Texas, face à la Rivière rouge. Cette fin ayant été modifiée par le cinéaste, Chase reprochera à Hawks d'avoir considérablement diminué l'importance du personnage de Cherry, qui se situe psychologiquement à mi-chemin de Tom et de Matt, ce père et ce fils adoptif qui ne cesseront de se combattre tout au long du film. Mais Hawks tenait à faire vivre les personnages selon ses propres émotions et n'a pas souhaité suivre à la lettre le roman de Chase, dont le film n'est jamais qu'une libre adaptation.

 

 

                           John Wayne et Montgomery Clift. Swashbuckler Films


 

Ce qui importait à ce dernier était de rendre compte des relations de plus en plus dramatiques entre Tom et Matt sans jamais vouloir que l'un tue l'autre. "Je ne me suis pas fait à l'idée qu'il soit nécessaire de tuer les gens et d'achever un film sur la mort " - avait-il expliqué à l'époque. Par ailleurs, il désirait offrir à son interprète féminine Joanne Dru un rôle d'une vigueur et d'une insolence rares dans un western, où les femmes ont le plus souvent des rôles effacés. Comme Angie Dickinson dans "Rio Bravo", Joanne Dru est ici capable de tenir tête aux hommes et surtout de les ramener à la raison. Bien que film d'hommes, "La rivière rouge" nous propose ainsi un beau portrait de femme brossé d'une caméra attentive et complice.

 

                         Montgomery Clift et Joanne Dru. Swashbuckler Films


Par la même occasion, Hawks allait trouver en John Wayne l'interprète idéal, l'homme puissant, le Goliath que le jeune Clift affrontera en David audacieux, ce qui lui vaudra d'emblée la sympathie du public. A l'écran, Wayne apparaît comme invulnérable, inébranlable, l'homme des plaines immenses, le héros que rien ne saurait décourager ou abattre. Aussi la mort de Wayne paraissait-elle incongrue à Hawks et préféra-t-il substituer à cette mort la réconciliation du père et du fils adoptif que Tess Millay sépare, revolver au poing.


La personnalité de Hawks marque profondément cette oeuvre qui ne cède pas aux impératifs habituels des westerns. Plus que les cavalcades, c'est l'évolution psychologique des personnages et la rivalité entre un père et un fils qu'il se plait à décrire et exprime par des gestes symboliques : par exemple celui où Groot lance à Tom un poignard pour lui éviter d'être tué par un Indien ; les cris repris par les différents cow-boys au moment du départ du troupeau, ou encore le passage d'un nuage lors de l'enterrement de Dan Latimer qui plonge le paysage dans une troublante obscurité. Le film s'enrichit de ces touches poétiques et du documentaire très précis qu'il nous offre de la vie dangereuse, quotidienne et monotone de ces gardiens de troupeaux dont le bétail s'élevait parfois à plus de 10.000 têtes. Malgré les innombrables difficultés rencontrées lors du tournage et les tracasseries occasionnées par un important dépassement budgétaire, La rivière rouge n'en est pas moins un film d'une parfaite cohésion, dont les images frappent par leur beauté et où la tension dramatique ne faiblit pas. Martin Scorsese le considérait comme son western préféré, ce qui est une référence, et John Wayne disait que si La chevauchée fantastique  ( 1939 ) avait fait de lui une star, La rivière rouge avait fait de lui un acteur. Ce n'est pas un mince compliment.

 

4-e-toiles

                                                               
 Pour lire les articles consacrés aux grands maîtres du western et à John Wayne, cliquer sur leurs titres :


LES GRANDS MAITRES DU WESTERN            JOHN WAYNE                                                


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LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 

 

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LA RIVIERE ROUGE de HOWARD HAWKS
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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 10:28
L'école buissonnière de Nicolas Vanier
L'école buissonnière de Nicolas Vanier

 

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Le jeune Paul (Jean Scandel) n’a  connu jusqu'à présent qu’un seul horizon : les hauts murs de son orphelinat parisien, mais le directeur veut lui trouver une famille d'accueil qui lui offrira des lendemains moins austères et moins douloureux. Confié à Célestine (Valérie Karsenti) pour le temps des vacances d’été, une femme qui demeure dans le même village que sa supposée mère, le petit citadin arrive en Sologne, région âpre et sauvage. L’immense forêt, les étangs embrumés et les landes, sont la propriété du comte de la Fresnaye (François Berléand), un veuf taciturne qui vit solitaire dans son château. S’il tolère les braconniers sur son domaine et parfois même les manouches, Borel, quant à lui, les traque sans relâche et s’acharne sur le plus rusé d’entre eux, Totoche (François Cluzet). Aux côtés de ce braconnier, grand amoureux de la nature, Paul va faire l’apprentissage de la vie mais aussi de la forêt et de ses secrets. A commencer par le sien trop teinté de mystère. Cela au cœur de la France rurale de l’entre-deux- guerres où l’homme vit encore, dans l’intimité des bêtes, au rythme des saisons.

 

L’enfant, habitué à la vie austère de l’orphelinat, a quelque difficulté à s’habituer à son nouvel environnement et à sa nouvelle famille. S’il se méfie de Borel (Eric Elmosnino), le garde-chasse peu amène et mari de Célestine, il se lie vite d’amitié avec Totoche, le braconnier bougon et rusé qui a tôt fait de l’initier aux choses de la nature, de lui faire goûter aux joies de la pêche, de la chasse et des promenades dans cette nature sauvage épargnée par le temps. A l’étonnement de tous, il parvient également à éveiller l’intérêt du taciturne comte de la Fresnaye (François Berléand) qui ne quitte jamais son immense château où il vit retiré depuis la mort de sa fille dont il n’avait pas accepté le mariage avec un cheminot. Par ailleurs son fils, peu sensible à la vie des champs et des bois, gaspille son existence en mondanités à la grande déception de ce père mieux en phase avec la vie rurale. François Berléand campe ce personnage déçu et amer de façon très juste. La qualité de l’interprétation, dans son ensemble, mérite d’être soulignée, que ce soit François Cluzet méconnaissable dans ce personnage pittoresque et marginal d’homme des bois, Valérie Karsenti en femme sensible mais visiblement tenue par un secret, Eric Elmosnino plus royaliste que le roi dans son souci de protéger du braconnage la forêt de son maître, enfin le jeune et ravissant Jean Scandel qui rend son personnage de jeune orphelin si sensible  dans sa naïveté et son souci de mieux comprendre les êtres et les animaux.

 

 

A cela s’ajoute le charme des paysages solognots de landes et de marais peuplés de cerfs, de sangliers, de renards, d’oiseaux surpris dans leur cadre, grâce aux talents conjugués de Nicolas Vanier, le metteur en scène, et de Laurent Charbonnier, le documentaliste, qui, tous deux, nous immiscent au cœur même de cette vie sauvage grâce à des images d’une incontestable beauté. Ce dépaysement et cette fresque animalière en séduiront beaucoup mais l’histoire trop lente, les descriptions de cette existence rurale trop appuyées peuvent en lasser certains, ce qui n’est pas mon cas. J’ai aimé au contraire cette lenteur si bien accordée à celle immuable de la nature, loin des bruits discordants du monde, de même  que ce retour plein d’émotion aux choses essentielles et aux valeurs perdues.

 

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L'école buissonnière de Nicolas Vanier
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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 10:51
Le sens de la fête de Toledano et Nakache

Max (Jean-Pierre Bacri) est traiteur depuis trente ans. Des fêtes, il en a organisé des centaines, il est même tenté de céder la place. Aujourd’hui, c’est un mariage dans un château du XVIIe siècle, commandé clé en main par le futur époux Pierre, qu’il s’agit de réaliser avec pour exigence suprême au cahier des charges : qu’il soit sobre, chic et élégant.  Comme d’habitude, Max a tout coordonné : il a recruté sa brigade de serveurs, cuisiniers, plongeurs, conseillé un photographe, réservé l’orchestre, arrangé la décoration florale, oui tous les ingrédients sont réunis pour que cette fête soit réussie... Mais la loi des séries va s’inviter dans ce planning et chambouler cette organisation programmée avec une précision d’horloger. Des préparatifs de cette fête aux derniers vibratos de l’orchestre, nous vivons les coulisses de cette soirée à travers le regard de ceux qui travaillent et devront compter sur leur unique qualité commune : le sens de la fête.

 

C’est en 2011 que le film « Intouchables » proposé par le duo de réalisateurs français formé par Olivier Nakache et Éric Toledano, était venu balayer la morosité ambiante et apporter des couleurs au paysage cinématographique d’alors, et il y a quelque chance que leur nouvel opus soit aussi bien accueilli par un public qui se désole que le cinéma français ne nous propose pas davantage de comédies réjouissantes en mesure d’égayer un peu cette morosité persistante. Il semble que « Le sens de la fête » soit bien parti pour satisfaire ce souhait car, hier après-midi, la salle où je me trouvais été comble et les applaudissements fournis alors que s’effaçait la dernière image.  

 

Le génie de ce long-métrage consiste à s’intéresser à l’envers du décor d’une fête mondaine et familiale, en suivant les personnes pour qui une journée si spéciale pour les uns est un jour de travail ordinaire pour les autres. Cela en déployant avec art une justesse d’observation et un sens du burlesque irrésistible qui font mouche à chaque image et à chaque réplique d’un dialogue particulièrement affûté. Si bien que le scénario admirablement rythmé accouche d’une comédie jubilatoire d’une justesse d’observation assez remarquable. Et le film séduit d’autant plus que Nakache et Toledano résistent à la tentation de la surenchère, qu’il n’y a pas dans les portraits qu’ils nous offrent de la société de méchanceté gratuite, mais une accumulation mécanique de catastrophes vraiment désopilantes qui mettent en valeur des personnages subtilement croqués. Au cœur d’une distribution brillante, Jean-Pierre Bacri, dans son habituel registre sarcastique, est éblouissant et distille avec une parfaite neutralité d’apparence des répliques plus savoureuses les unes que les autres, portant cet opus à une hauteur comique des plus réussie. Un cocktail hautement épicé. A ses côtés, tous les acteurs donnent le meilleur d’eux-mêmes avec un naturel bluffant, ainsi Gilles Lellouche épatant en animateur, Eye Haïdara en assistante irascible, Alban Ivanov en extra incompétent ou Jean-Paul Rouve en photographe tire-au-flanc. La musique composée par Avishai Cohen est la touche supplémentaire qui donne le rythme à cette brigade de serveurs évoluant en costumes d’époque entre les cuisines et les salons. Il faut aussi souligner combien est parfait le mixage des milieux entre les employés et les invités, évocation de ces mondes parallèles sans lourdeur et sans acrimonie. Une fête qui se joue sur plusieurs claviers avec finesse et doigté. Laissez vous tenter ...

 

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Le sens de la fête de Toledano et Nakache
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7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 08:59

Jean-Louis-Trintignant.jpg    

                                               

Jean-Louis Trintignant fait parti de notre paysage cinématographique depuis si longtemps qu'on a l'impression de le bien connaître, alors qu'il est un homme timide et pudique dont nous ne savons que peu de choses, sinon que ses prestations au théâtre, comme au cinéma, ont toujours été de qualité et qu'il a mené sa carrière avec une étonnante lucidité. Né le 11 décembre 1930 à Piolenc (Vaucluse) dans un milieu aisé d'industriels du Sud de la France, neveu du pilote de course Maurice Trintignant, le jeune Jean-Louis fut très tôt sensible aux beaux textes en découvrant la poésie d'Apollinaire, d'Aragon et de Prévert. A 19 ans, sans doute pour plaire à sa famille, il entre à la Faculté de droit d'Aix-en-Provence, mais n'y reste pas car, entre-temps, est intervenu un événement qui va l'orienter différemment : il assiste à la représentation de l'Avare de Molière dans une mise en scène de Charles Dullin. Ce choc est si déterminant que le jeune homme n'attend pas plus longtemps pour s'inscrire aux cours du célèbre acteur avec un second objectif, celui de vaincre sa terrible timidité. En 1951, la thérapie est si positive qu'il débute au théâtre dans la Compagnie Raymond Hermantier et la pièce A chacun selon sa faim. Ses débuts au cinéma seront moins heureux avec deux films Une journée bien remplie et Le maître-nageur qui seront deux échecs. Cela ne se reproduira plus.

 

En 1956, après quelques figurations, il fait ses vrais débuts à l'écran dans un film de Christian-Jaque "Si tous les gars du monde", ensuite dans le sulfureux long métrage de Roger Vadim  "Et Dieu..créa la femme". Celui-ci misait alors sur l'affolante plastique de sa femme Brigitte Bardot.  Ce film, assez médiocre, aura du moins le mérite d'assurer au jeune acteur la notoriété internationale et de lui valoir une idylle tapageuse avec la star, dont les conséquences seront de faire exploser le couple qu'elle formait très bourgeoisement avec le metteur en scène.

 

 Mais il lui faut faire son service militaire, d'abord en Allemagne, puis en Algérie durant trois longues années, ce qui le marquera à jamais et l'éloigne de la scène et de l'écran, alors même qu'il venait de réaliser des débuts prometteurs. A son retour, par chance on ne l'a pas totalement oublié et il retrouve la scène avec Hamlet de Shakespeare et l'écran avec ... Roger Vadim ( qui n'est guère rancunier ) et s'apprête à tourner un nouveau film, tout aussi sulfureux que le précédent, inspiré du roman de Pierre Choderlos de Laclos, "Les liaisons dangereuses", avec Gérard Philipe, Jeanne Moreau et sa nouvelle épouse Annette Vadim. En 1962, il est le partenaire de Vittorio Gassman dans "Le fanfaron" de Risi, une réussite éclatante. En 1966, ce sera la gloire internationale avec un film culte sur les amours romantiques de deux veufs : "Un homme et une femme" de Claude Lelouch qui obtiendra la Palme d'or à Cannes la même année et l'Oscar du meilleur film étranger aux Etats-Unis. On le voit également, toujours en cette année faste, dans un film politique, à l'opposé du précédent, "Z" de Costa-Gravas au côté d'Yves Montand, film qui aura un incontestable retentissement et lui méritera le Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes 1967.

 


Les Films 13 


Désormais, il mènera sa carrière en se partageant entre la scène et l'écran et, après avoir divorcé de Stéphane Audran, épousera l'actrice, scénariste et réalisatrice Nadine Marquand avec laquelle il tournera de nombreux films et aura trois enfants, un fils et deux filles, dont Pauline qui mourra subitement en 1966 et dont la disparition inspirera à sa mère le film "Ca n'arrive qu'aux autres" ( 1971 ), où Jean-Louis devait tenir son propre rôle auprès de Catherine Deneuve, mais il y renoncera et sera remplacé par Marcello Mastroïanni qui, lors de ce tournage, tombera amoureux de sa partenaire. Et puis, il y a Marie qui sera actrice comme lui et jouera très souvent avec son père, avant de trouver une mort tragique à la suite d'une dispute avec son compagnon. Jean-Louis sortira brisé de cette épreuve. Il disait :

 
Il ne peut y avoir que des moments de bonheur et certains peuvent être exceptionnels. Moi, je n'ai jamais été aussi heureux que quand j'étais avec Marie. Notre relation était unique.
Ma fille Marie, j'éprouve un tel bonheur quand je la vois. C'est ainsi depuis qu'elle est toute petite. Un cadeau du ciel. C'est un peu injuste, cette passion, mais l'amour vient de nous deux. Nous nous sommes connus au bon moment. Le moment où j'avais envie d'être père.

 

La filmographie de Jean-Louis Trintignant est impressionnante et prouve son discernement, car il y en a peu d'oeuvres médiocres. On le verra dans "Ma nuit chez Maud", le meilleur Eric Rohmer selon moi, dans "Le train"  de Granier-Deferre en 1973 auprès de Romy Schneider, dans "Les violons du bal" de Michel Drach en 1973, "La terrasse"  d'Ettore Scola en 1980 et dans "Passion d'amour"  toujours de Scola en 1981, dans "Vivement dimanche" de Truffaut en 1983, dans "L'été prochain" de Nadine Trintignant en 1985, dans "Merci la vie"  de Bertrand Blier en 1990 et on l'appréciera d'autre part sur scène, lors de ses récitals de poésie qui sont pour lui l'occasion de renouer avec ses amours de jeunesse.

 
Depuis 1996, il s'est retiré à Uzès et lancé dans une nouvelle aventure en achetant le domaine vinicole Rouge Garance ( un hommage à Arletty ). Il y produit 20.000 bouteilles de côtes du Rhône chaque année. Je passe mon temps dans les vignes, je veille aux assemblages - dit-il. Après une carrière exemplaire, conduite avec intelligence, et des épreuves très douloureuses, l'acteur a retrouvé la paix dans ce tête à tête avec la nature, le seul poème qui les surpasse tous. Néanmoins, il sort de cette réserve pour des récitals de poésie et pour le film "Amour" de Michael Haneke au côté d'Emmanuelle Riva qui obtint la Palme d'or du Festival de Cannes  2012. Bien qu'atteint d'un cancer et âgé de 86 ans, Jean-Louis vient encore de tourner avec Haneke "Happy End", peut-être le film de trop pensent certains critiques qui ne cessent de l'étriller, tout en reconnaissant que Trintignant parvient à tirer son épingle du jeu de cet opus affligeant.

 

Pour prendre connaissance de mes critiques sur certains films où apparaît Jean-Louis Trintignant, dont  MA NUIT CHEZ MAUD, UN HOMME ET UNE FEMME et Le FANFARON cliquer sur les liens ci-dessous :



LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS    et  

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

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                                         entre les deux  :  une carrière

 

 

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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 11:11
Otez-moi d'un doute de Carine Tardieu

Erwan, démineur de profession, perd soudain pied lorsqu’il apprend que son père n’est pas son père. Malgré la tendresse qu’il éprouve pour l’homme qui l’a élevé, Erwan enquête discrètement et retrouve son géniteur : Joseph, un vieil homme au passé coloré, pour qui il se prend d’affection. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, Erwan  (François Damiens) croise en chemin l’insaisissable Anna (Cécile de France), une jeune médecin qu’il entreprend de séduire. Mais un jour qu’il rend visite à Joseph, Erwan réalise qu’Anna n’est rien de moins que sa demi-sœur. Une bombe d’autant plus difficile à désamorcer que son père d’adoption soupçonne désormais Erwan de lui cacher quelque chose…

 

Carine Tardieu était déjà l’auteur de deux comédies décalées « La tête de ma mère » et « Du vent dans mes mollets »  qui n’ont pas laissé un souvenir impérissable. Le mérite de « Ôtez-moi d’un doute » est de peindre une galerie de personnages plutôt crédibles, sans lourdeur excessive dans leur ancrage sociologique, et qui sont interprétés avec tant de naturel et de conviction que l’on ne résiste pas à les croire. Ce film repose en définitive sur les épaules des acteurs, tous épatants et admirablement bien dirigés, ce qui est une caution pour l’avenir cinématographique de Carine Tardieu qui, je lui souhaite, sera riche et brillant.

 

Démineur réputé et respecté, Erwan n'entend pas en rester là dans la quête de ses origines et de son ascendance. De même qu'il tient à garantir un semblant de normalité sociale à sa fille (Alice de Lencquesaing) qui attend un heureux événement d’un père inconnu. Ainsi partagée entre deux hypothèses, la cinéaste tente de trouver un équilibre acceptable entre vie familiale conforme aux valeurs morales et rurales et un communautarisme d’actualité. Il y a, par ailleurs, dans cette recherche de paternité, une bonne humeur évidente, un côté bon enfant qui tranche avec la plupart des films actuels, des mots d’auteur attrapés au vol, des bandes sonores qui ne sont pas désagréables à se remettre en mémoire et le jeu attendrissant de deux acteurs que l’on ne voit plus guère à l’écran et auxquels le charme du film doit beaucoup : Guy Marchand et André Wilms, les deux pères qui confèrent à leurs rôles une tendre humanité. Dans la lignée des comédies de Philippe de Broca, celle-ci se laisse regarder sans déplaisir et augure d’un avenir prometteur à la jeune cinéaste qui gagnera, par la suite, à fouiller davantage les préoccupations intimes de ses personnages. Une mention spéciale pour les belles images de la rivière d’Etel en Bretagne, une région particulièrement photogénique, même sous la pluie. Et Dieu sait qu’il pleut dans ce film …

 

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Otez-moi d'un doute de Carine Tardieu
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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 09:03

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Jerry Lewis, de son vrai nom Joseph Levitch, est un humoriste, acteur, producteur et réalisateur de cinéma, né le 16 mars 1926 à Newark dans l'État du New Jersey, aux États-Unis. Considéré comme un pitre sans ambition, c'est en France qu'il va véritablement rencontrer un public. Plus qu'aux burlesques, c'est à un grand clown qu'il fait penser par la construction en scènes et épisodes successifs de ses scénarios. Ce rapprochement inclut également la dimension existentielle et tragique du personnage qu'il incarne et qui ne le réduit jamais à un faiseur de grimaces.

 

Issu d'une famille de comédiens de tradition juive, Joseph Levitch commence sa carrière dans les cabarets et forme bientôt avec Dean Martin un duo comique très populaire dans les années 50. L'intervention d'un cinéaste, du nom de Frank Tashlin, va susciter progressivement l'intérêt que Jerry  prend  pour la mise en scène. Le réalisateur, quant à lui, s'empresse de réunir sur la pellicule les deux inséparables Martin/Lewis, supputant la veine comique qu'il entend exploiter. Hélas, au fil du temps, la séparation va se révéler inéluctable, chacun  des deux acteurs aspirant à poursuivre sa carrière en solo, et Lewis ne rêvant plus que de devenir l'auteur complet de ses films.

 

"Le Dingue du palace" en 1960 impose son style de scénariste : une situation, un décor et une suite de saynètes qui tiennent du court métrage et qui, en s'alignant, modifient continuellement la situation et le personnage jusqu'au dénouement. En règle général, le héros souffre d'un complexe qu'il finira par surmonter, mais à quel prix !

 

Lewis a réalisé 13 films dont les meilleurs se situent au début des années 60. L'ensemble constitue un discours sur la beauté intérieure, bien supérieure à la beauté extérieure qui est faite pour disparaître, alors que l'autre a le pouvoir de résister au temps... Ce sera le cas dans "Dr Jerry et Mr Love", son oeuvre maîtresse où le héros finit par conquérir sa propre autonomie. La démarche est certes dangereuse puisque la progression du personnage vers la "normalité" s'accompagne immanquablement de la perte progressive du comique dont il était porteur. Parfois Jerry Lewis n'hésite pas à flirter avec le fantastique - la femme chauve-souris par exemple dans "Le tombeur de ces dames". Par son goût pour le décor féerique coloré et brillant, il n'hésite pas davantage à pointer du doigt une certaine esthétique américaine. Il se dégage de ces opus une sorte de jubilation, ainsi le jeu avec le gigantesque décor de l'hôtel, en coupe comme une maison de poupée, dans "Le tombeur de ces dames" (1961). Lewis a d'autre part tendance à remplacer les gags attendus par des instants de contemplation esthétique ( la danse du couple de laiderons dans "Jerry souffre-douleur" ) ou par des pastiches qui fonctionnent grâce à l'ingéniosité de la mise en scène ( les différents oncles dans "Les Tontons farceurs" et la parodie du film d'espionnage dans "Jerry la grande gueule" ).

 

Plus tard, en abordant la seconde guerre mondiale avec "Ya ya mon général"  en 1970 et avec l'inédit  "Le jour où le clown pleura", Lewis désirait s'engager dans l'héritage chaplinien, mais le public refusa de le suivre et sa carrière s'acheva ainsi sur une voie de garage, ce qui fait de lui définitivement le clown triste du "Jour où le clown pleura".


Il est mort le 20 août 2017 à Las Vegas à l'âge de 91 ans. Il aurait déshérité les six fils de son premier mariage au profit de sa seconde épouse SanDee Picnick, de 24 ans sa cadette, épousée en 1980 et de leur fille adoptive âgée aujourd'hui de 25 ans. Son plus jeune fils, mort d'une overdose en 2009 à l'âge de 45 ans, disait que vivre avec lui était un enfer. Cette dernière farce laisse un goût amer de cet acteur et metteur en scène qui fut l'amant passionné et éphémère de Marilyn Monroe et fit rire - souvent jaune - la planète entière.

 

Pour consulter la critique du film Docteur Jerry et Mister Love, cliquer   ICI

 

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JERRY LEWIS, LE DERNIER CLOWN
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1 septembre 2017 5 01 /09 /septembre /2017 09:37
Affiche du 43e Festival du film américain de Deauville ( 2017 )

Affiche du 43e Festival du film américain de Deauville ( 2017 )

DEAUVILLE ET L'AMERIQUE

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Deauville, comme Vénus, est née de la mer. Avant les années 1850, les lieux n'étaient qu'une étendue de sable et de marais où paissaient des moutons. C'est grâce à l'invitation du docteur Oliffe, en l'été 1858, que Charles Auguste Louis Joseph, duc de Morny, frère adultérin de l'empereur Napoléon III, fît la connaissance du port de Trouville et de ses environs. Découvrant lors de ses promenades, à la sortie du petit port, 160 hectares de terrains vierges et de plage de sable fin, ce visionnaire épris de luxe et de beauté, à une époque où les bains de mer commençaient à être à la mode, eut l'idée de faire sortir des marais, au bord du flot et des sables, à à peine 200 km de la capitale, cette station balnéaire qu'il voulait élégante et prestigieuse.



L'ensemble des plans fut établi par Berney, architecte parisien, amoureux de ce littoral. Il n'y manquait ni la gare, ni le casino, ni l'hippodrome, ni même le pont sur la Touques, trait d'union avec Trouville, cette aînée qui voyait grandir jour après jour une cadette déjà prête à rivaliser avec elle. L'affaire fut donc rondement menée et, dès 1866, le boulevard Cornuché voyait s'élever de luxueuses villas, alors que le Grand Hôtel s'apprêtait à recevoir une clientèle avide de distractions et de plaisirs. Malheureusement le duc de Morny n'eut guère le temps de profiter de la ville née à la fois de l'eau, des sables et de son imagination. Il mourut brutalement en 1865, laissant à ses successeurs le soin de poursuivre son oeuvre et de parer de séduction l'enfant chérie qui se préparait à devenir l'une des stars les plus convoitées de la côte. D'autant que Deauville ne se contentait pas d'offrir les loisirs habituels des stations balnéaires, son ambition était autre : elle désirait être le site des innovations que cette fin de XIXe ne cessait de promouvoir, préfigurant la modernité du siècle suivant, si bien que la ville devint, dès 1910, le lieu privilégié des courses automobiles, équestres et même d'aviation et d'hydravion. En août 1913, la course Paris-Deauville en hydro-aéroplane suivie, deux semaines plus tard, du concours des avions marins marqueront les mémoires. Ce dernier avait pour objectif la sélection d'appareils susceptibles de répondre aux besoins de la marine française. Quinze pilotes seront présents sur des monoplaces et des biplans et la meilleure vitesse sur base sera atteinte par Molla qui couvrait la distance de 555 km en 5h24m.

 


Les nombreux spectateurs et les badauds présents sur les lieux s'enthousiasmèrent autant des performances que du passage, sur les planches, de personnalités comme Mistinguet, Maurice Chevalier et Roland Garros. Régates nautiques, courses diverses, hôtels et boutiques de luxe, casino, golf, Deauville avait tout pour séduire. Il ne lui manquait qu'un festival ... elle l'aura, après que deux guerres, et surtout celle de 39/45, aient affligé la Normandie de dommages dont elle sera longue à se relever et donné à l'Amérique le redoutable privilège de jouer dans son histoire un rôle déterminant. En 1945, la province est exsangue, les villes ravagées, les populations meurtries, mais le débarquement a eu lieu et la France est libérée ou sur le point de l'être. Le littoral a vu mourir sur ses plages des milliers de jeunes soldats américains, canadiens, anglais et français bien entendu, au point que les cimetières ont remplacé les champs d'épeautre où fleurissaient les coquelicots.   

                    

Il est indispensable que le trait d'union entre la France et l'Amérique subsiste, mais de la façon la plus réconfortante, la plus artistique et innovante qui soit. Ce sera un festival du cinéma que vont patiemment envisager le groupe Barrière, le maire Michel d'Ornano et sa femme, Lionel Chouchan et André Halimi, pour rester fidèle à l'esprit novateur de la station. Ils le porteront sur les fonds baptismaux en septembre 1975, au cours d'une fête modeste, mais qui ne cessera plus, au fil des années, de recueillir les suffrages, d'attirer le public et d'apparaître comme l'un des événements incontournable du 7e Art. D'autant que Deauville met en avant la diversité cinématographique des Etats-Unis et n'a de cesse de faire découvrir au public français les nouveaux talents.


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                                     Affiche du Festival 2013

 

On se rend à Deauville comme à Cannes ou à Venise ; ce Festival est l'un des rendez-vous les plus courus par les professionnels et les amateurs. Ils savent qu'ils seront bien reçus, que la ville dispose d'un ensemble hôtelier et de salles de spectacle dignes d'une telle manifestation. Pas moins de 50.000 spectateurs et 200.000 visiteurs en 2007 ; il est vrai que les organisateurs s'en sont donnés les moyens. Chaque année, en septembre, la ville resplendit de fleurs, les drapeaux claquent au vent, les restaurants ont affiné leurs menus, le ciel voit revenir les lumières aquarellées d'un début d'arrière-saison généralement agréable en cette région. Après les hommages institués en 1977 pour honorer des personnalités remarquables du 7e Art, la compétition des avant-premières sera inaugurée en 1995. Avant cela, le Festival se contentait d'être une rampe de lancement pour les grosses productions d'Outre-Atlantique ; désormais, à travers ses divers Grands Prix, Deauville se plaît à récompenser des oeuvres indépendantes et de qualité. Et, récemment, une toute nouvelle innovation a donné satisfaction à la plupart des cinéphiles :  Les nuits américaines qui projettent dans les salles des cinémas de la station les classiques, mémoire d'un cinéma qui a largement contribué à l'aura dont bénéficie l'art cinématographique. Ne devons-nous pas à l'Amérique des films inoubliables que ce Festival nous propose de revoir avec plaisir ?  Ainsi, dans un décor de rêve, le long d'un littoral que les plus grands peintres se sont plus à évoquer, en cette fin d'été si propice aux lumières douces et à peine voilées, le Festival de Deauville attire les amoureux, non seulement du cinéma, mais peut-être aussi de la lumière particulière que l'art pose sur les choses. Les célèbres planches ne cessent plus de voir défiler, se promener, s'attarder ces gens dont on parle. Après l'Aga Khan, Churchill, le roi d'Espagne, André Citroën, Coco Chanel, ce sont George Clooney, Harrison Ford, Tom Cruise, Matt Damon, Sharon Stone, Julia Roberts, Angela Joly ou Meryl Streep. Les badauds se bousculent, rêvent un moment, sommes-nous en France, en Normandie, à Deauville ou simplement ailleurs...

 

autres articles concernant Deauville et ses Festivals  :

 

Francis Ford Coppola, à l'honneur à Deauville    

13e FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE 

14e FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE

15e FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE 

16e FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE

 

 

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DEAUVILLE ET L'AMERIQUE
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31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 14:21
My cousin Rachel de Roger Michell

 

Voici la seconde adaptation de ce roman de Daphné du Maurier après celle de Henry Koster en 1972 dont les acteurs principaux étaient alors Olivia de Havilland et Richard Burton, thème proche de celui de « Rebecca », lui aussi porté à l’écran, et où surgissent dans la trame littéraire les ambiguïtés des relations humaines et les mystères inhérents à leur nature.   


 

Dans l’Angleterre du XIXe siècle, le jeune Philip apprend qu’il est le seul héritier de l’immense fortune que lui lègue son cousin Ambroise qui l’a élevé comme son fils après le décès de sa mère. Bientôt majeur, le jeune homme ne parvient pourtant pas à se réjouir de cette nouvelle. Il se souvient des nombreuses lettres que lui écrivait, depuis l’Italie où il vivait désormais, Ambroise, et dans lesquelles ce dernier lui confiait avoir des doutes sur le comportement de son épouse Rachel. Ambroise a-t-il été assassiné par appât du gain ? Dans ce thriller psychologique, tout est affaire de personnages mais aussi de lieux qui ne sont pas sans ressembler à ceux des « Hauts de Hurlevent », la mer proche et les falaises abruptes, voire même la maison d’Ambroise confortable et cependant froide, sombre et inquiétante, véritable témoin des secrets qui se cachent entre ses murs. Rachel, veuve une seconde fois, accepte de venir vivre en Angleterre dans le manoir de son mari défunt auprès de Philip qui s’éprend d’elle, malgré les inquiétudes que cette femme, complexe et séduisante, ne cesse d’alimenter à son insu. L’actrice Rachel Weisz, par la grâce de ses mouvements et la maîtrise de ses émotions, rend magnifiquement bien l’attitude énigmatique de son personnage, ses élans et ses retenues, sa froideur soudaine et ses abandons subits. Rachel semble être l’exact opposé de Philip, jeune, fougueux, plein de vie, qui manque de sagesse et de discernement et se laisse submerger par ses émotions. Rachel, plus âgée, l’observe comme elle le ferait d’un être immature qui prend ses désirs pour des réalités, alors qu’elle entend contrôler chacun de ses gestes et de ses sentiments. Est-elle cette veuve noire prête à dévorer le mâle après l’accouplement, femme tueuse que seul l’argent intéresse puisqu’il assure la réussite sociale ? L’énigme est posée et le film, comme le roman, tisse sa toile autour de cette figure féminine troublante et impénétrable, tenant le spectateur en haleine jusqu’à la fin.

 

Grâce à une mise en scène soignée et d’une grande élégance, servie par des paysages grandioses, la dramaturgie et les personnages de l’histoire sont merveilleusement mis en valeur et Roger Michell nous offre un opus de grande qualité, fidèle au roman qu’il exalte par sa mise en scène subtile et son interprétation sobre. Une réussite.

 

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My cousin Rachel de Roger Michell
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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 09:31
JEANNE MOREAU

                          Jeanne Moreau aux César 2007. Mireille Ampilhac pour AlloCiné


                                                                                                              


Jeanne Moreau, plus de 60 ans de cinéma, un magnifique parcours qui a fait d'elle la  formidable interprète de quelques-uns des plus prestigieux metteurs en scène contemporains, nommons Louis Malle, François Truffaut, Bunuel, Antonioni, Fankenheimer, Losey, Peter Brook, sans oublier Orson Welles qui fit appel à elle à deux reprises pour Le Procès en 1962 et Falstaff en 1965 et disait, à son intention, qu'elle était "la meilleure actrice du monde". Sa carrière n'a été qu'une longue suite de succès, de coups de coeur, d'emballements et de travail, car il y a toujours, à la clé d'une telle réussite, un immense labeur et une grande exigence.

 

Fille d'une danseuse anglaise de music-hall et d'un père hôtelier français, elle est née à Paris le 23 janvier 1928. Après avoir vécu une partie de sa jeunesse à Vichy, elle poursuit des études secondaires à Paris et commence, sans en rien dire à ses parents, à suivre des cours de théâtre auprès de Denis d'Inès. Ses premiers pas sur les planches auront lieu au Festival d'Avignon en 1947 dans "La terrasse de midi". Six mois plus tard, elle intègre le Conservatoire, ce qui la conduira en 1960 à débuter à la Comédie Française dans " Les caves du Vatican " d'André Gide, mise en scène de Jean Meyer, où elle tient le rôle d'une prostituée. Elle y est déjà si remarquable qu'elle fait (elle, la débutante) la couverture de Paris-Match et reçoit les félicitations d'un écrivain, pourtant peu enclin aux louanges, Paul Léautaud, celui-ci ayant été frappé par son insolence et son indépendance d'esprit. Ainsi s'annonce une carrière qui fera d'elle l'une des muses de la Nouvelle Vague et l'égérie du monde des Lettres et des Arts. Car nul doute, cette amoureuse des livres et des beaux textes fut l'amie de nombreux écrivains. Parmi ceux-ci et celles-là, il y eut Tennessee Williams l'américain, Blaise Cendrars le poète, Paul Morand l'homme pressé, Nimier le jeune hussard et, enfin, deux femmes : Anaïs Nin et Marguerite Duras. Et n'oublions pas ses liens avec des personnalités comme Jean Vilar qu'elle suivra au TNP en quittant la Comédie-Française et sa rencontre avec Louis Malle qui lui ouvrira les portes de la renommée avec deux films où elle s'impose  comme l'une des grandes, dans le sillage d'une Simone Signoret : Ascenseur pour l'échafaud  (1957) et  Les Amants  (1958). Puis viendront Jules et Jim de Truffaut où elle chante une romance qui fera le tour du monde et quelques 130 films dont Le journal d'une femme de chambre de Bunuel et La Notte d'Antonioni qui, de toutes ses interprétations, sont celles que je préfère.

 

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Elle a également collectionné les récompenses les plus prestigieuses dont le Prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes en 1960, le British Academy Award de la meilleure actrice étrangère pour La vieille qui marchait dans la mer (1991) de Laurent Heynemann, enfin elle a été élue membre de l'Académie des Beaux-Arts le 29 mars 2000, première femme à être gratifiée de cet honneur. Son entrée dans cette estimable assemblée fut justement saluée par le discours de réception de l'un de ses proches : l'impérial Pierre Cardin. La seule chose que je regrette de la part d'une femme aussi intelligente : qu'elle ait participé au remake des Rois Maudits, événement télévisuel que je me suis empressée d'oublier... Malgré son âge, elle avait conservé une activité étonnante, puisque dans le cadre des Atelier d'Angers, qu'elle pilotait de main de maître, elle avait aidé sept jeunes réalisateurs à se lancer dans l'aventure du long métrage, ce qui prouve qu'elle n'avait rien perdu de son enthousiasme et de sa passion pour le 7e Art. D'ailleurs, n'avait-elle pas assuré à maintes reprises -  le cinéma, c'est à la vie, à la mort. Aussi comment  la mort pouvait-elle menacer une immortelle ?

 

Retirée progressivement de la vie publique par le grand âge, elle avouait avoir vécu dans ses rôles des passions extraordinaires : " On dit toujours qu'en vieillissant les gens deviennent plus renfermés sur eux-mêmes, plus durs. Moi, plus le temps passe, plus ma peau devient fine, fine ... Je ressent tout, je vois tout." L'âge ne l'avait pas privé de sa vigilance. Elle sortait peu mais suivait l'actualité. C'est son aide ménagère qui l'a trouvée endormie pour toujours en ce matin du 31 juillet 2017. Adieu Jeanne.

 

Pour consulter ma critique d'Ascenseur pour l'échafaud et Jules et Jim, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 

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JEANNE MOREAU
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La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
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