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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 11:43

le navire-est-voile-3 (Petit)                                                                                  

Bienvenue sur ce blog, où je propose à votre curiosité plusieurs rubriques, dont celles des CINEMAS FRANCAIS, AMERICAIN, EUROPEEN et ASIATIQUE.

 

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Vous trouverez également une rubrique dédiée aux   ACTEURS DU 7e ART  qui ont contribué, par leur talent, à confirmer le succès d'un film et à le rendre plus présent dans nos mémoires.

  

Une autre à mes BILANS CINEMATOGRAPHIQUES et aux articles panoramiques qui font état de l'impact d'un pays dans le monde du 7e Art.


  

Sans oublier celle des  REALISATEURS,  afin de vous entretenir de leur travail, de leur singularité, de leur apport au cinéma international et de leur rayonnement. 

 

 

DERNIERS ARTICLES PUBLIES ( cliquer sur leurs titres pour en prendre connaissance ) :



 

UN DIMANCHE A LA CAMPAGNE de BERTRAND TAVERNIER ( sort en dvd )

 

 

LA BETE HUMAINE de JEAN RENOIR

 

 

KEIRA KNIGHTLEY - PORTRAIT
 

 
 
 

 

       Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr

  

Aventurier Films  Les Acacias  Action Cinémas / Théâtre du Temple  Films sans Frontières

 

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LISTE DE MES BILANS CINEMATOGRAPHIQUES   

 

 

 

 

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J'espère que cette diversité vous plaira. Chacun peut ainsi se promener à sa guise, selon sa curiosité et ses goûts. Bonne visite ! Et faites-moi part de vos commentaires. Ils seront les bienvenus.

 

Egalement mes articles sur mon nouveau blog  :   INTERLIGNE   

 et ma collaboration avec   :

 

Agoravox      CINESPAGNE      ESPRITS LIBRES           

IDEOZ       SensCritique 

 

 130-331 01 Catherine Deneuve-jeune- romyschneider rouge-clown-Giulietta Masina--strada-grand


  Jean-Louis Trintignant Henry Fonda 6635_130564850760.jpg ce.jpgMichel-20Serrault.jpg 

 

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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 11:39

  Pyramide Distribution  Bertrand Tavernier. Little Bear     


Cinéphile éclairé et talentueux, Bertrand Tavernier a, en une dizaine d'années, pris place parmi les meilleurs cinéastes contemporains et compte au moins deux chefs-d'oeuvre à son actif. Pour moi, le plus évident est sans nul doute Un dimanche à la campagne, qui renoue avec une tradition oubliée du cinéma français, celle que compose la méditation toute en nuance et en délicatesse sur le temps qui passe de ce film où les passions ne sont exprimées qu'à mots couverts et où l'essentiel reste comme calfeutré dans un univers proche de sa fin. Inattendu de la part de l'auteur du Coup de torchon, ce film a été une surprise et le reste, sorte de lueur automnale dans une filmographie habituellement plus provocante et éclatante de santé. Mais là, il apparaît que le cinéaste a été pris d'une émotion subite pour un monde qui vit ses derniers jours et auquel il a voulu dédier cette oeuvre  poignante de douceur.

 

Né à Lyon en 1941, ce fils de l'écrivain René Tavernier tient de son père son goût passionné pour la littérature. Mais le cinéma l'attire également et bientôt prend le pas sur des tentatives inabouties dans le domaine des lettres. Melville, l'ayant choisi comme assistant pour Léon Morin, prêtre - l'amateur contemplatif devient actif et participe peu de temps après à la réalisation de deux films à sketches : Les baisers  ( 1963 ) et La chance et l'amour ( 1964 ), expérience peut-être prématurée pour déboucher sur des lendemains immédiats. Tavernier ne revient au cinéma qu'en 1973, grâce à Philippe Noiret, et adapte alors un roman de Georges Siménon  : L'horloger de Saint-Paul. Le succès sera au rendez-vous et le film remportera le prix convoité Louis Delluc.

 

Tavernier, d'emblée, prend ses distances avec la Nouvelle Vague et fait appel à Aurenche et Bost pour le scénario, ce qui est une revanche, certes tardive, mais néanmoins délectable pour ceux qui avaient été tellement moqués par les lions de la N.V. Pour sa seconde réalisation Que la fête commence, le cinéaste choisit un sujet historique, avec costumes et musique d'époque, aux antipodes de ceux habituellement traités par des Godard et Truffaut, ce qui prouve que l'art est le lieu privilégié des éternels retours. Mais quelques maladresses de construction et une mise en scène un peu hésitante feront que le film sera moins apprécié que le précédent. Heureusement Le juge et l'assassin, avec Noiret et Galabru,  atteste que Tavernier a tous les moyens de surprendre, voire même d'éblouir, et l'étape suivante sera décisive pour l'avenir de sa carrière.

 

Coup sur coup, il va produire deux films totalement différents mais qui font date et où il affirme sa formidable présence dans le cinéma français. Loin, Du coup de Torchon, d'une sève acide et d'une écriture truculente, Un dimanche à la campagne développe une tonalité unie, sans fausse note, et révèle une finesse, une subtilité, dont beaucoup ne croyaient pas le cinéaste capable. C'est le mérite des gens de talent de surprendre au moment où l'on s'y attend le moins.

 

Un dimanche de l'été 1912, Monsieur Ladmiral est seul dans sa vaste demeure de campagne. Seul avec sa vieille servante Mercédès, ses souvenirs et ses regrets. Entre autre regret, celui de ne pas avoir su ou pu saisir l'opportunité du mouvement impressionniste et d'être resté ainsi un peintre mineur. Mais en cette journée estivale, il s'apprête à recevoir son fils, sa belle-fille et ses trois petits-enfants et il s'en réjouit. Réunion de famille ordinaire sans doute, mais qui met un peu de diversion dans son existence monotone. Tout se passerait comme à l'accoutumée, si sa fille Irène ne survenait à l'improviste et ne bouleversait par sa fantaisie, sa modernité, son dynamisme, sa gaieté, une assemblée trop confite et compasssée dans ses habitudes. Admirablement interprété par Sabine Azéma et Louis Ducreux, ce long métrage est centré sur ces deux personnages, tête à tête tendu et émouvant d'un père et de sa fille aussi dissemblables que possible, mais comme auréolés d'une tendresse déchirante. Deux mondes se font face dans leur solitude sans s'affronter, ni se blesser, comme saisis de vertige devant l'ampleur du fossé qui les sépare. C'est un adieu en forme de poème, le poème des regards qui se cherchent, se donnent, puis se voilent et sont à l'origine de ravissants moments de comédie. Sabine Azéma atteint parfois des accents sublimes lors de ces dialogues pétris d'affection et de nostalgie. Mais un coup de téléphone va rompre le charme : l'amour l'appelle loin de ce père qui ne peut plus participer à sa vie de jeune  femme active. Elle repart et Monsieur Ladmiral se sent ce soir-là encore un peu plus seul, un peu plus âgé. Il retourne à ses tableaux et probablement à ce qui sera sa dernière composition.  Avec ce film, qui n'exprime guère que les mouvements du coeur, Tavernier se détache et fait cavalier seul, confirmant que, bien inspiré, il peut écrire l'une des pages les plus émouvantes et les plus personnelles de notre cinéma.

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

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UN DIMANCHE A LA CAMPAGNE de BERTRAND TAVERNIER

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 10:32
LA BETE HUMAINE de JEAN RENOIR

Jacques Lantier est victime de pulsions meurtrières et en souffre secrètement. Il ne se trouve bien qu’en compagnie de son chauffeur Pecqueux ( Carette ) sur La Lison, la locomotive à vapeur avec laquelle ils font la ligne Paris-Le Havre. Pour son malheur, Lantier ( Jean Gabin ) rencontre Séverine  ( Simone Simon)  alors que son mari Roubaud ( Fernand Ledoux ), sous-chef de gare du Havre, pauvre type jaloux et veule, vient d’assassiner Grandmorin, le parrain de son épouse dont il apprend qu’il l’avait forcée à céder à ses avances au temps où elle était domestique dans son château. Lantier  tombe amoureux de cette jeune femme ravissante et paumée qui a assisté au meurtre avec complaisance dans le train qui la ramenait avec son mari de Paris au Havre et en reste marquée au point de se refuser à toute forme d’amour désormais. Lantier finit par la convaincre de partir avec lui et de quitter un mari qui s’est mis à jouer, à voler, mais, au moment de tuer Roubaud, la jeune femme se dérobe … La fin est aussi tragique que le climat qui règne dans ce clair-obscur admirablement rendu par une caméra feutrée qui évolue en des images d’une puissante beauté et une atmosphère pluvieuse et fondamentalement désespérée.

 

« La bête humaine » est la seconde adaptation de Zola par Jean Renoir. On a dit que le cinéaste appréciait modérément le roman de celui qui avait été l’ami de son père. Même s’il rend explicitement hommage à l’auteur de la saga des Rougon-Macquart, Renoir prend très vite ses distances avec l’œuvre initiale. C’est ainsi que l’époque a été modifiée, le Second-Empire  étant remplacé par le Front Populaire et l’esprit des années d’avant-guerre. Sorti quelques mois après « La Marseillaise », » La bête humaine » est bercé par un certain idéal. Le travail y apparaît salvateur, un travail mené collectivement, l’esprit de camaraderie se prolongeant dans le quotidien. Le mécanicien Pecqueux est davantage qu’un pote et un confident pour Lantier. C’est le régulateur de ses émotions et le symbole de la fraternité ouvrière. À la coopérative ouvrière succède ici la vénérable « Société nationale des chemins de fer français », qui se veut un symbole de progrès et d’unité. Ainsi le film rend-t-il compte du climat qui règne dans cet univers du rail parfaitement évoqué et où évoluent des hommes qui l’ont placé comme un idéal à atteindre en permanence.  

 

Le film souffre cependant d’une certaine théâtralité, même Gabin n’habite pas vraiment son rôle, pas davantage la ravissante Simone Simon qui surjoue le sien et ne parvient pas à nous émouvoir. Seuls Carette, formidable de naturel et de gouaillerie, et Fernand Ledoux sont crédibles et donnent une épaisseur à leurs personnages. Et puis il y a les images sublimes, l’atmosphère morbide, la pluie et les lumières vacillantes de la nuit, les locomotives qui traversent le temps et l’amitié virile de ces hommes en manque de repères affectifs.

 

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LA BETE HUMAINE de JEAN RENOIRLA BETE HUMAINE de JEAN RENOIRLA BETE HUMAINE de JEAN RENOIR

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 12:02
KEIRA KNIGHTLEY - PORTRAIT

Née le 26 mars 1985, Keira Knightley n’a pas tardé à se faire un nom dans l’univers cinématographique qui était déjà celui de ses parents, son père l’acteur anglais Will Knightley et sa mère une scénariste écossaise. Si bien que la petite fille apparaît dès l’âge de 10 ans dans une série télévisée « The  Bill » (1995), puis dans plusieurs autres avant d’être choisie pour tenir le rôle de Sabé dans la superproduction « Star Wars », épisode «  La menace fantôme »  en 1999.

 

Son premier rôle important devant une caméra de cinéma sera celui de Juliette dans « Joue-la comme Beckham » qui sera un succès commercial au Royaume-Uni en août 2002. C’est à la suite de ce succès qu’on propose à cette jeune actrice au visage mutin et à l’expression volontiers têtue, un rôle dans une grande production « Pirates des Caraïbes », épisode «  La malédiction du Black Pearl », au côté de John Deep. Le film sera un succès au box-office, faisant connaître le nom de Keira mondialement. Elle sera d’ailleurs élue la star adolescente la plus prometteuse par le journal "Hello". Aussi continue-t-elle à jouer dans l’épisode suivant des Pirates, soit dans « Le secret du coffre maudit » en 2006.

 

Actrice de théâtre, Keira interprétera plusieurs grands rôles à Londres dans « The Children’s Hour », puis participera au « Red Nose Day 2011 », avec Ruper Grint, Tom Felton et Paul McCartney.

 

Mais ce sera dans « Orgueil et préjugés » de Joe Wright qu’elle s’impose vraiment dans le personnage d'Elisabeth Bennet, puis dans « Reviens-moi », toujours de Joe Wright, d’après le roman éponyme de Ian McEwan où elle travaille de nouveau avec Brenda Blethyn. Son interprétation lui méritera une nomination aux Bafta et aux Golden Globes 2011.

 

En 2011 toujours, elle est choisie pour un nouveau grand rôle ; celui de la psychanalyste  russe Sabina Spielrein dans « A dangerous method » réalisé par David Cronenberg, film qui sera présenté au Festival de Venise et verra les critiques se partager sur son interprétation. En 2012, Keira est choisie pour une version magnifique  d’Anna Karénine  d’après Tolstoï par le metteur en scène Joe Wright et y laissera un souvenir prenant. (Voir ma critique en cliquant ICI ), tandis que 2014 sera une année riche pour cette jeune actrice  avec « New-York melody » de John Carney et « The imitation game »  de Alain Turing qui obtiendra le prix du Public et une ovation des critiques au Festival de Toronto. Par ailleurs, la beauté délicate de Keira a fait d’elle l’égérie des parfums Chanel.

 

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KEIRA KNIGHTLEY - PORTRAIT
KEIRA KNIGHTLEY - PORTRAIT

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 10:47
LE PATIENT ANGLAIS de ANTHONY MINGHELLA

1944, en pleine Seconde Guerre Mondiale, un avion vole au-dessus du désert du Sahara, piloté par un homme et transportant une femme morte. Des artilleurs allemands abattent l'avion, qui s'écrase, extrayant de la carlingue le pilote dont le visage et le cors ont été atrocement brûlés. Des bédouins le recueillent, commencent à le soigner, puis le confient aux troupes Alliées en partance pour l'Italie.

 

Octobre 1944, les troupes Alliées se trouvent en Toscane. On progresse vers le Nord en déminant les routes et en recueillant les blessés. L'infirmière canadienne Hana (Juliette Binoche) s'occupe de ces blessés, notamment de l'étrange « homme flambé », déclaré apatride mais fortement supposé anglais (le Patient anglais). Hana, épuisée et désespérée par une guerre qui lui a pris « tous ceux qu'elle aime », décide de s'installer seule, avec le Patient anglais, dans un petit monastère toscan. Désormais va débuter un étrange face à face entre le malade et son infirmière où l'un et l'autre vont tenter de soigner leurs blessures respectives.

 

Hana fait alors la lecture du livre que transportait le patient, un livre d'Hérodote. Cet ouvrage contient bien d'autres documents personnels et va être le support de soudaines et nombreuses réminiscences dans l'esprit du blessé. Le film ouvre alors un flash-back sur la vie de cet homme, juste avant le début de la guerre, aux alentours du Caire...

 

"Le patient anglais" est un film flamboyant de Anthony Minghella inspiré du roman de Michael Ondaatje, d’une beauté cinématographique et d’une qualité narrative remarquables avec des séquences entre passé et présent qui s’emboîtent les unes aux autres sans nous faire perdre le fil de cette aventure à double visage. Finalement nous assistons à des vies superposées mais toujours contrariées par le destin et par cette guerre qui rend chaque personnage…différent, comme étranger à lui-même, brûlé intérieurement par les feux de la guerre, de l’amour impossible, par le déplacement, en quelque sorte le dérangement affectif et moral.

 

Tournées dans des paysages le plus souvent dénudés, ceux du désert du nord de l'Afrique ou de l’Italie du sud livrée à la guerre, les scènes sont d’un réalisme poignant et d’un grand romantisme, car rien n’arrive comme pourraient l’espérer les protagonistes, il y a en permanence une contradiction qui nous fait douter de ce qu’ils sont, quel rôle ils jouent, quelle espérance les guide ou les anime, d’où ils viennent, d’où ils sont. Il semble qu’aucune patrie n’est en mesure de les recevoir, seule Katharine parle de sa maison d’enfance en Angleterre qui ouvrait sur la mer. Mais tout cela est vague, ils semblent tous étrangers dans leur propre vie.

 

Enfin il y a l’histoire d’amour chaotique et tragique qui est celle de cette femme belle et âpre comme le désert et de cet homme Almasy, écrivain et cultivé, qui se cherche à travers elle et dont l’amour va le transformer en torche vive et  brûler son cœur et son corps à tout jamais. Ce film, c’est un "Roméo et Juliette" adulte, revisité et immergé dans une époque en pleine ébullition, en plein remise en cause de ses frontières, où l’ami devient l’ennemi involontaire, le déplacé, le soupçonné, l’incompris et où l’amour n’a plus le temps de s’épanouir que dans le désert de son propre coeur.

 

Film magnifique où les lumières tour à tour s’intensifient et se déclinent, "Le passant anglais" est un chef-d’œuvre réalisé avec une caméra ultra- sensible, une imagerie grandiose et une interprétation de tout premier ordre. Les acteurs se sont investis dans leurs rôles avec une tension qui ne se dément pas d’un bout à l’autre, donnant à cette histoire une dimension humaine bouleversante. On comprend les raisons qui lui a permis d’obtenir 9 Oscars dont celui du Meilleur film, de la Meilleure actrice dans un second rôle pour Juliette Binoche, parfaite dans son personnage d’infirmière tendre et effacée qui tente de soigner ses propres blessures en soignant les autres, et aidera son malade à s’endormir enfin en paix avec lui-même. Quant à Ralph Fiennes, il est parfait dans celui difficile de cet homme carbonisé au réel et au figuré qui ne parvient pas à trouver sa place dans la société et dans le cœur de celle qu’il aime, tandis que Kristin Scott Thomas n’a jamais été plus belle que dans le personnage de Katharine, femme libre et intelligente qui essaie d’assumer ses propres contradictions.

 

Un film à voir et à revoir tant il est une vision troublante de nos propres contradictions et de nos propres brûlures intérieures.

 

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LE PATIENT ANGLAIS de ANTHONY MINGHELLA
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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 11:11
THE THEORY OF EVERYTHING de JAMES MARSH

1963, en Angleterre, Stephen, brillant étudiant en Cosmologie à l’Université de Cambridge, entend bien donner une réponse simple et efficace au mystère de la création de l’univers. De nouveaux horizons s’ouvrent quand il tombe amoureux d’une étudiante en art, Jane Wilde. Mais le jeune homme, alors dans la fleur de l’âge, fait une chute brutale et ne peut se relever, se heurtant à un diagnostic implacable : une dystrophie neuromusculaire plus connue sous le nom de maladie de Charcot.  Son espérance de vie est alors de deux ans durant lesquels ses fonctions essentielles – le mouvement, le langage, la respiration – vont peu à peu disparaître.


Grâce à l’amour indéfectible, le courage et la résolution de Jane, qu’il épouse contre toute attente, ils entament ensemble un nouveau combat afin de repousser l’inéluctable. Jane l’encourage à terminer son doctorat et, alors qu’ils débutent leur vie familiale, Stephen, doctorat en poche, s’attaque aux recherches sur ce qu’il a de plus précieux : le temps. Tandis que son corps ne cesse de se dégrader, son cerveau fait reculer les frontières les plus éloignées de la physique. Soudés l’un à l’autre, Jane et Stephen vont révolutionner le monde de la médecine et de la science  pour aller au-delà de ce qu’ils auraient pu imaginer : le vingt et unième siècle.

 

L’accident, en réalité, n’a pas eu lieu dans les allées de l’université mais lors d’une séance de patinage sur le lac de Saint-Albans. Pour le reste, inspiré de la biographie écrite par l’épouse du scientifique « La brève histoire de ma vie », le biopic colle admirablement à la réalité et s’accompagne d’une beauté visuelle incontestable. Il est à noter que le titre français « Une merveilleuse histoire du temps »  traduit plus justement l’esprit du film que ne le fait le titre original «  The theory of everything », car cette biographie filmée parle davantage de la façon dont deux personnes décident de s’aimer que de science à proprement parler, cette inaccessible théorie du tout que le physicien ( admirablement campé par l’acteur Eddie Redmayne ), en quête d’une «  équation fondamentale », s’était donné comme but.

 

Le film nous conte les vingt années décisives de la vie du physicien qui vont du début du doctorat et les singularités de l’espace-temps à la notoriété planétaire acquise tant par ses travaux sur les trous noirs que sur sa lutte constante contre la maladie qui lui a permis d’offrir à la science des avancées considérables.

 

Ainsi découvrons-nous son mariage avec Jane (délicieusement interprétée par Felicity Jones) dont naîtront trois enfants, l’obtention du doctorat, la nécessité de se déplacer dorénavant dans un fauteuil d’abord roulant, puis électrique, les premières conférences, l’idée que l’univers a débuté par une singularité spatio-temporelle, le mécanisme d’évaporation des trous noirs, enfin l’obtention de la chaire de professeur à l’université de Cambridge qui fut celle de Newton, puis de l’installation d’un logiciel muni d’un synthétiseur vocal de plus en plus perfectionné qui permet à Stephen Hawking de communiquer avec l’extérieur.

 

Mais tout cela serait-il possible sans l’accompagnement constant de sa femme, de son infirmière, de ses amis et des progrès de la technologie, non bien sûr ! - ce qui prouve que personne n’avance seul, même le plus grand génie et que nous sommes tous tributaires les uns des autres pour le meilleur et pour le pire.  La science et le génie ne sont pas seulement d’ordre cérébral et on ne peut pas être un simple scientifique, ni même un génie, en solitaire. Tout n’est pas dans la tête, tout n’est pas non plus une construction sociale. Il y faut d’autres ingrédients et principalement l’amour, la constance, l’énergie, le courage, le dévouement. Voilà la grande leçon que nous donne ce couple où le génie côtoie l’abnégation, la foi en soi et en les autres, cette formidable  solidarité qui parvient à se jouer du temps. Magnifique.

 

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THE THEORY OF EVERYTHING de JAMES MARSH
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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 11:43
LE QUAI DES BRUMES de MARCEL CARNE

Jean (Jean Gabin) déserteur de la Coloniale arrive en camion dans la ville portuaire du Havre. Désabusé et hanté par ses souvenirs de guerre, il cherche à fuir la France. En quête d’un bateau, il fait la rencontre de personnages attachants, de petites frappes et surtout de la belle Nelly (Michèle Morgan) dont il tombe amoureux...

 

Dans ses mémoires, Marcel Carné déclare : « A l'époque les écrans regorgeaient de comédies, musicales ou non, brillantes, ensoleillées et grouillantes de figuration. Et voilà que j’arrivais avec ma boîte de nuit vide, ma brume, ma grisaille, mon pavé mouillé et mon réverbère. »

 

Aujourd’hui on a du mal à imaginer comment ce jeune réalisateur de 29 ans, qui n’a alors que deux films à son actif, a pu trouver le financement pour produire un projet si sombre… La genèse du "Quai des brumes" a été maintes fois racontée, mais il est bon d’en rappeler quelques détails : 1937, Jean Gabin, en balade dans Paris, s’engouffre dans un cinéma pour voir un film dont sa femme ne cesse de lui parler : « Drôle de drame ». Il assiste alors à une représentation sifflée et conspuée par le public. Mais le comédien n’en a cure ; ébloui par le style de Carné et les textes de Prévert, il contacte son agent afin de rencontrer le réalisateur. L’entretien a lieu quelques jours plus tard et Gabin lui demande s’il a un sujet à lui proposer. A l’époque, il est une immense star et le jeune Carné un illustre inconnu. Cependant, Jean Gabin ne se démonte pas et propose l’adaptation du roman de Mac Orlan : Le Quai des brumes. Alors sous contrat avec l’UFA (compagnie de production allemande), l'acteur pousse les studios germaniques à accepter le scénario. Les producteurs ne prennent pas la peine de lire l’adaptation rédigée par Prévert. Trop contents de faire tourner la star, ils acceptent le projet et les premiers essais ont lieu à Neubabelsberg. Mais l’ambiance des studios d’Outre-Rhin est pesante et Marcel Carné  renâcle à entreprendre ses premières scènes. Quelques jours plus tard, il reçoit une communication de l’UFA lui indiquant que le tournage est annulé. La censure a lu le synopsis et l’a jugé amoral : parmi ce comité, un certain docteur Goebbels qui entend imposer des idées, prémisses de ce qui suivra...

 

Finalement le projet aboutit entre les mains françaises du producteur Gregor Rabinovitch, enchanté de produire le prochain Gabin ! Carné peut enfin tourner l’adaptation du roman de Mac Orlan dont l’action, initialement prévue à Montmartre, est transposée au Havre. Rabinovitch et son complice Shiffrin réalisent avec retard la puissance et la noirceur du drame conçu par Prévert. Ils essaient par tous les moyens de freiner Carné dans sa création mais rien n’y fera. Gabin soutient Carné et porte le film jusqu’à cette avant-première organisée sur les Grands Boulevards où le film connaîtra ses premières salves d’applaudissements.
 

Pendant les années soixante, les critiques de la Nouvelle Vague ont lapidé Carné qu’ils considéraient comme l’antonyme de la modernité. Son cinéma en noir et blanc aux dialogues ciselés, ses plans d’une grande rigidité et son approche poétique étaient qualifiés de désuets. Mais il suffit de quelques images pour ouvrir les yeux des cinéphiles contemporains. A travers "Le Quai des brumes", puis "Le jour se lève" ou  "Les enfants du Paradis", le réalisateur français impose un style dont les héritiers sont aujourd’hui Tim Burton ou dans une autre mesure Lars Von Trier.

En utilisant à merveille les décors d’Alexandre Trauner, Marcel Carné  inscrit son drame dans des lieux ordinaires et comme dénués de vie : la boîte de nuit, inondée de lumière, est peuplée d’hommes et de femmes sombrant dans l’ennui, la cabane au bord de l’eau est le refuge d’un artiste suicidaire et d’un guitariste sans illusions, et enfin, le magasin de bibelots, où aucun client ne s’aventure, est tenu par un homme qui ne comprend pas pourquoi les gens s’aiment… D'autre part, les décors et les personnages désabusés créent une ambiance étonnement poétique. Le style Carné commence à s'imposer.

 

Et puis il y a cet amour impossible entre Jean et Nelly : inscrite dans un monde trop sombre, leur histoire est sans issue. Pour exprimer ce décalage entre leur passion et la réalité, Carné oblige ses héros à se cacher : c’est derrière les planches d’une bicoque que Gabin déclame devant Michèle Morgan cette tirade inoubliable : « T'as d'beaux yeux, tu sais. » Et c’est encore dans l'ombre qu’ils prononceront le mot «Amour». A l’opposé des comédies musicales hollywoodiennes, alors très en vogue, au cours desquelles les héros livrent leurs sentiments à la ville entière, la passion de Jean et Nelly ne doit pas s'aventurer dans la rue sous peine d’être à jamais détruite. En mettant en scène ces héros reclus, on ne peut s’empêcher de voir dans l'univers de Marcel Carné l’augure d’une période sombre où les hommes vivront terrés pour affronter le monstre nazi. L’ironie veut que "Le Quai des brumes" fût interdit pendant la guerre : les autorités d'alors accusèrent Carné d’être à l’origine de la défaite de 1940. Ce à quoi le cinéaste riposta  en déclarant : « On ne rend pas le baromètre responsable de l’orage et la fonction de l’artiste est de se faire le baromètre du temps qu’il fait. »

 

N'oublions pas qu'en 1938, cette oeuvre est fondatrice de ce style "réaliste-poétique"qui est la marque du réalisateur et influence encore aujourd'hui un cinéaste comme Lars Von Trier. La rencontre du déserteur et de la jeune fille orpheline permet au style de se mettre en place. On le retrouvera plus tard dans "Le jour se lève" avec un semblable éclat.

Pour conclure sur cette oeuvre mythique, soulignons chez Carné son goût des archétypes, son intérêt pour les marginaux et son souci de créer une ambiance qui donne à ses films un charme incomparable. Aussi serait-il injuste de l'enfermer dans le musée poussiéreux du cinéma français. Cet opus, aux multiples facettes, connut un succès incroyable dans les salles françaises. Le public, désabusé comme le Jean de Marcel Carné, était en quête de poésie et d’amour. Aujourd’hui "Quai des brumes" doit être vu comme la pierre angulaire d’un cinéma réaliste et poétique qui valut à son auteur d'être classé comme "l'alchimiste du réalisme poétique". Et c'est bien vrai. "Quai des brumes" reste de nos jours l'une des  oeuvres marquante et incontournable du cinéma français.

 

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LE QUAI DES BRUMES de MARCEL CARNE
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Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA FRANCAIS
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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 11:58
MATCH POINT de WOODY ALLEN

Jeune professeur de tennis issu d'un milieu modeste, Chris Wilton ( Jonathan Rhys Meyers) se fait embaucher dans un club huppé des beaux quartiers de Londres. Il ne tarde pas à sympathiser avec Tom Hewett (Matthew Goode), un jeune homme de la haute société avec qui il partage sa passion pour l'opéra. Très vite, Chris fréquente régulièrement les Hewett et séduit Chloé (Emily Mortimer), la sœur de Tom. Il fait aussi la connaissance de la ravissante fiancée de Tom, Nola Rice (Scarlett Johansson), une jeune Américaine venue tenter sa chance comme comédienne en Angleterre. Très attiré par elle, Chris cherche aussitôt à la séduire. Dans un moment de faiblesse, Nola lui cède mais elle décide ensuite de repousser ses avances pour préserver sa relation avec Tom, qu'elle souhaite épouser.

 

De son côté, Chris continue de fréquenter Chloé et voit sa situation professionnelle et sociale se métamorphoser grâce au père fortuné de celle-ci. Il l'épouse au bout de quelques mois. Parallèlement, Tom quitte Nola, car il veut se marier avec une femme du même milieu social. Nola décide alors de repartir pour l'Amérique afin de mettre ses idées en ordre, étant donné son échec anglais personnel et professionnel. Mais un jour, lors d'une exposition, Chris Wilton rencontre Nola, revenue en Angleterre tenter sa chance, et reprend sa liaison avec elle.

 

Chris vit désormais en permanence dans le mensonge avec Chloé quand, soudain, Nola tombe enceinte. Chris est alors tiraillé entre son amour pour Chloé et sa passion charnelle pour Nola. Il ne parvient pas à être sincère avec sa femme et à lui avouer qu'il désire la quitter pour sa maîtresse. Des sentiments tumultueux se heurtent dans sa tête et perturbent son équilibre et sa raison…

 

Ce film, qui compte parmi les grandes réussites de Woody Allen, allie les contraires et passe sans transition de la comédie au mélodrame, du policier au thriller dans une démonstration parfaitement maîtrisée de la virtuosité propre au cinéaste new-yorkais.  Celui-ci, mieux que quiconque, sait traiter de l’ambiguïté des sentiments et de la morale  sans oublier d’instiller, dans les moments les plus sombres de son opus, au cœur  même des abimes sentimentaux et sexuels de ses personnages, une bonne dose d’humour et d’ironie mordante. Car quelle est la part qui revient à l’amour et quelle autre à l’arrivisme, quelle part à la sincérité et laquelle à l'ambition ? Nous sommes en pleine confusion des sentiments, dans un match de tous les instants entre les divers protagonistes, mais également à l’intérieur d’eux-mêmes, dans leur âme et conscience ; ainsi  les voit-on  lober, smasher avec une apparente élégance et une fausseté, une tricherie évidente qui jouent avec les nerfs.

 

Comme à son habitude, Woody Allen sait diriger ses acteurs de façon à ce qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes et c’est le cas ici où chacun tient son rôle avec infiniment de nuances et de conviction. Nous  accordons néanmoins une mention spéciale à Jonathan Rhys Meyers dont c’est probablement le plus beau rôle à l'écran et à Scarlett Johansson, que je n’ai jamais trouvé belle mais qui distille la sensualité propre à son personnage avec autant de finesse que de volupté. Un grand moment.

 

 

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 11:28
LES SOUVENIRS de JEAN-PAUL ROUVE

 

Le film commence alors que l'on enterre le mari de Madeleine, la grand-mère du jeune Romain ( Mathieu Spinosi ) et la mère de Michel ( Michel Blanc ). La famille est en pleine crise générationnelle  : le petit-fils cherche un premier emploi, le fils va vivre la crise de la retraite et la grand-mère Madeleine ( Annie Cordy ) va devoir affronter la solitude. Un jour, celle-ci fait une chute et ses trois fils jugent plus prudent de la faire entrer dans une maison de retraite, mais cela n'est pas du tout du goût de la vieille dame. Aussi va-t-elle prendre la poudre d'escampette et partir à la recherche de ce qui, désormais, compte le plus pour elle : son passé. Celui de sa petite enfance s'est déroulé à Etretat où, élève à l'école primaire, la guerre l'a obligée à s'engager sur les routes de l'exode avec ses parents.A l'annonce de sa disparition, la famille est aux cent coups et se culpabilise à fond, mais la malicieuse vieille dame a pris soin d'envoyer une carte postale à son petit-fils qui s'empresse de la rejoindre et de partager avec elle les derniers bons moments d'une vie à bout de souffle...

LES SOUVENIRS de JEAN-PAUL ROUVE

 

Voilà un film qui a le mérite de tabler sur les bons sentiments et les liens familiaux, sur la relation tendre d'un petit-fils et de son aïeule et qui, à défaut d'une vraie profondeur, nous dispense une fraîcheur appréciable. Certes le scénario, inspiré d'un roman de David Foenkinos, est mince, certes les dialogues restent d'une regrettable banalité, mais le ton est juste, le film sait pointer du doigt nos faiblesses, nos égoïsmes, nos maladresses, nos culpabilités et également nos élans et nos repentirs. Michel Blanc domine avec aisance la distribution dans son rôle de retraité morose et atrabilaire qui traverse une crise identitaire et enquiquine son entourage avec ses états d'âme auprès de sa femme, l'exquise Chantal Lauby, et de son fils, le jeune Mathieu Spinosi. Si le jeune acteur ne crève pas l'écran et ne jouit pas d'un charisme d'enfer, il a su trouver la note exacte auprès d'une Annie Cordy en grand-mère fugueuse dont le jeu m'est apparu trop crispé. Nous sommes loin de l'adorable vieille dame de "La tête en friche"  interprétée par l'irrésistible Gisèle Casadesus.

LES SOUVENIRS de JEAN-PAUL ROUVE

 

En faisant appel à des sentiments qui nous réconcilient avec nous-même et ne cèdent en rien au pathos, le film, malgré ses faiblesse et ses longueurs, nous fait passer un moment agréable et ce n'est déjà pas si mal en un temps où la violence est partout présente.  Aussi saluons avec sympathie ce troisième opus de Jean-Paul Rouve.

 

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 11:15
LETTRE D'UNE INCONNUE de MAX OPHULS

 

 

Un pianiste séduisant et débauché, qui a sacrifié sa carrière à ses conquêtes, reçoit un jour une lettre d’une femme inconnue, Lisa Berndle. Celle-ci lui retrace l’amour qu’elle a éprouvé secrètement pour lui depuis son adolescence. Elle évoque les rares étreintes que ce volage amant a partagées avec elle et dont un enfant est né, un petit garçon mort du typhus au cours d’un voyage. Cette femme belle et délicate  a épousé un diplomate qui lui a offert l’aisance et la sécurité. Mais un soir, au théâtre, elle revoie l’homme qui n’a jamais cessé de la hanter et rompt avec son époux afin d’aller le retrouver. Malheureusement celui-ci ne la reconnait pas et la jeune femme comprend qu’elle a été abusée. Malade et désespérée, elle est recueillie par des religieuses et rédige sur son lit d’hôpital une lettre que les religieuses se feront un devoir d’expédier à son destinataire. Le pianiste comprend alors pourquoi un diplomate viennois l’a provoqué en duel la veille...

 

 "Lettre d’une inconnue" inspirée d’une nouvelle de Stefan Zweig marque l’apogée de la carrière américaine de Max Ophuls, avant son retour en France. D’un esthétisme raffiné, le cinéaste impose, dès les premières images, son style et son univers qui imprégneront tout le récit. C’est d’abord un tournage en studio qui reconstitue admirablement un pan de l’atmosphère de la capitale impériale, la Vienne des années 1900, sans que le cinéaste nous laisse dupe sur les artifices de la transposition (la scène du voyage imaginaire au Prater). C’est aussi une œuvre sur le mouvement, celui des véhicules mais aussi des hommes, filmé le plus souvent en de savants travellings chargés de symboliser les déambulations de Lisa dans la ville, en quête de son amant, auxquelles répondent, en écho, les déplacements du concertiste entre Vienne et Milan et ceux du jeune fils qui fera un voyage sans retour ; ces mouvements  traduisant l’instabilité des personnages et la force irréversible du destin. On connait, par ailleurs, le goût de Ophuls pour les films à costumes avec décors raffinés qui  loin de figer ses œuvres leur offre une dimension intemporelle. Les rues embrumées ou enneigées, le caractère nostalgique d'un monde évanoui donnent au récit une tendresse infinie, d'autant plus que la caméra ne cesse de filmer avec grâce une femme délicieuse en proie à un amour impossible.

 

L’héroïne de « Lettre d’une inconnue »pourrait être ainsi une jeune femme moderne imprégnée de tragédie antique, assumant sa passion jusqu’à perdre sa respectabilité, bravant les bonnes moeurs (comme Lola Montès) et trouvant dans la mort sa rédemption, à l’instar de Phèdre ou de  Madame de. Joan Fontaine incarne à merveille cette amoureuse frémissante et masochiste, agissant comme une adolescente et sacrifiant sa vie  pour un homme qui ne la reconnait même pas à chacune de leurs retrouvailles : là encore, un parallèle peut s’établir avec ce mélange de futilité et de gravité qui rendent le personnage si émouvant, comme le seront par la suite les héroïnes de "Madame de" et de "Lola Montès". Face à elle, Louis Jourdan, French lover ayant connu une honorable carrière internationale, interprète là son rôle le plus emblématique avec une hauteur détachée. Ophuls, amoureux des auteurs, donne ainsi une dimension nouvelle à un matériau littéraire de première grandeur, comme il le fera en France avec ceux de Arthur Schnitzler (La ronde) et de Guy de Maupassant (Le plaisir). La question n’est pas tant de savoir si Ophuls a été fidèle ou non à Zweig mais de se demander si le passage des mots aux images en a altéré la portée. Ma réponse est non, bien entendu. Au contraire, cette transcription est une pure merveille car traitée dans un style qui correspond absolument à celui de l’écrivain et le magnifie  de façon magistrale et poétique.

 

Pour consulter l'article consacré à Max Ophuls, cliquer sur son titre :

 

MAX OPHULS & LE CINEMA BAROQUE

 

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LETTRE D'UNE INCONNUE de MAX OPHULS
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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