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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 09:00

le navire-est-voile-3 (Petit)                                                                                  

                         

Bienvenue sur ce blog, où je propose à votre curiosité plusieurs rubriques, dont celles des CINEMAS FRANCAIS, AMERICAIN, EUROPEEN et ASIATIQUE.

 

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Vous trouverez également une rubrique dédiée aux   ACTEURS DU 7e ART  qui ont contribué, par leur talent, à confirmer le succès d'un film et à le rendre plus présent dans nos mémoires.

  

Une autre à mes BILANS CINEMATOGRAPHIQUES et aux articles panoramiques qui font état de l'impact d'un pays dans le monde du 7e Art.


  

Sans oublier celle des  REALISATEURS,  afin de vous entretenir de leur travail, de leur singularité, de leur apport au cinéma international et de leur rayonnement. 

 

 

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PIER PAOLO PASOLINI OU UN CINEMA METAPHORIQUE
 

 

ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT
 

 

 

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J'espère que cette diversité vous plaira. Chacun peut ainsi se promener à sa guise, selon sa curiosité et ses goûts. Bonne visite ! Et faites-moi part de vos commentaires. Ils seront les bienvenus.

 

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   Henry Fonda 6635_130564850760.jpg ce.jpgMichel-20Serrault.jpg 

 

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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 08:57

La mort de Pasolini, dans des circonstances dramatiques, a conféré une touche tragique à l'auréole de poète maudit dont l'oeuvre, tout autant littéraire que cinématographique, portait déjà la trace. Cette auréole de martyr, on la trouve aussi bien dans les imprécations lyriques des Cendres de Gramsci ( 1957 ) que dans le chant homosexuel de Théorème ( 1968 ), dans ses traductions libres d'Eschyle ou de Plaute ou encore dans  Le Décaméron, les Contes de Canterbury et dans les Mille et une Nuits. Partout se fait entendre le même cri  : " Je suis ... comme un serpent réduit en bouillie de sang ... comme un chat qui ne veut pas crever " - un cri dont l'écho s'identifie avec la souffrance du Christ, liée à celle complémentaire de Judas l'Iscariote, telle que le cinéaste l'a décrite dans sa version très personnelle de  L'Evangile selon Matthieu (1964). Son itinéraire de poète et de metteur en scène a toujours eu quelque chose de désespéré et de suicidaire marqué par un constant besoin de transgression, ainsi a-t-il donné naissance à une suite d'ouvrages disparates emplie de béances fascinantes et irrécupérables.

 

Pasolini est venu relativement tard au 7e Art, alors que sa notoriété, en temps que poète, était déjà bien assise. Il débuta en force avec Accattone ( 1961 ), une fable néo-réaliste cumulant les influences de De Sica et de Visconti, suivie d'un mélodrame freudien Mamma Roma ( 1962 ) aux accents plutôt bunuéliens. Le cinéma devient très vite pour lui, et selon ses propres termes, " la langue écrite de la réalité qui permet de traquer les vestiges des grands mythes universels, au travers de mes fantasmes personnels, le tout syncrétisé dans la gangue du lieu commun"

 

Tous ses films seront à double face : à la fois simples et complexes, dérisoires et sublimes, ouverts à l'abstraction mais souvent dépourvus de cohésion externe. L'inspiration est à chaque fois résolument composite, alternant le profane et le sacré, mélange de temps et d'espace, récits entrecroisés, ainsi dans des films comme Porcherie, Oedipe roi et Médée. Après avoir dédié son Evangile à la mémoire de Jean XXIII, il scandalise une fraction de l'opinion catholique avec Théorème et en enthousiasme une autre au point de se voir décerner au Festival de Venise le prix de l'Office catholique. La représentation des grands textes classiques ne l'empêchera nullement de les accompagner d'érotisme, de scatologie et de pornographie, ni de faire appel à Maria Callas pour un rôle quasi muet...

 

Dans un recueil de textes théoriques, il exaltera " la nature profondément artistique du cinéma, sa force expressive, son pouvoir de donner corps au rêve, c'est-à-dire son caractère essentiellement métaphorique ". Son exégète, Marc Gervais, décrit le projet pasonilien comme "déchiré, contradictoire, marqué par une sorte d'hystérie apocalyptique mais qui, par les moyens de l'art, cherche sans cesse le lieu et l'instant de la réconciliation ". Pour Pasolini, cette vision épico-religieuse du monde a valeur d'exorcisme. La diversité de ses dons explique sans doute son éclectisme et les exercices de funambule auxquels il aime à se livrer. Le tout ne va pas sans maladresses, rançon d'une combinaison singulière de témérité, d'élégance, de maniérisme et d'amateurisme, ce que l'on ne manquera pas de lui reprocher. Ainsi les terrains vagues à l'infini, les accoutrements baroques, les trognes patibulaires de nombre de figurants, les chairs féminines lourdement étalées ne convaincront pas toujours le public qui déplorera un manque d'harmonie et de cohésion. 

 

Pasolini reste et restera un météore du 7 e Art dont la leçon est indéfiniment méditée. Comme l'écrit Dominique Noguez - il y a désormais un mot qui dit bien ce mélange de réalisme et de mythologie imaginaire, de sculpture moderne et de fausse préhistoire, toute cette féerie sous-prolétarienne, ce bric-à-brac de Tiers-Monde, cet exotisme hétéroclite et superlatif, ce style d'Eisenstein marocain ou de Fellini de banlieue ouvrière. Ce mot n'existait pas avant Pasolini. Il existe désormais : pasolinien.

 

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PIER PAOLO PASOLINI OU UN CINEMA METAPHORIQUE
PIER PAOLO PASOLINI OU UN CINEMA METAPHORIQUE
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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 08:41
ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT

                      FR3 Cinéma 

                                                                    
                                                          

                   

Romy Schneider, passante inoubliable, a traversé le cinéma comme un météore, y laissant une empreinte indélébile. Plus de trente ans que s'est éteint ce regard où la gaieté finissait toujours par s'embuer de mélancolie. Comme Audrey Hepburn, avant même d'être belle, Romy était le charme, la féminité et la grâce. C'est pourquoi elle nous a tant touchés, tant émus. Elle réunissait ce que la femme symbolise le mieux : la ferveur et la fragilité, l'opiniâtreté et la douceur, la tendresse et  la docilité, la simplicité et la coquetterie, le courage et l'abandon. Elle était la femme parce qu'elle savait être toutes les femmes.



Rosemarie Magdalena Albach était née le 23 septembre 1938 à Vienne d'un père et d'une mère acteurs qui, absorbés par leur carrière respective, n'eurent guère de temps à lui consacrer. Ce sont de ses années les plus tendres que date son syndrome de l'abandon qui la poursuivra sa vie entière : Romy adulée, admirée, enviée, restera toujours cette petite fille sans enfance qui craignait qu'on ne l'aimât point, une sorte de crainte irrépressible que personne ne saura apaiser. La chance va cependant lui sourire de bonne heure. Alors qu'elle n'a que quatorze ans, elle fait de courtes apparitions dans des films, chaperonnée par sa mère Magda. Son minois ravissant, qui sait accrocher la lumière, plait au public, si bien qu'elle sera choisie quelques années plus tard pour interpréter le rôle de l'impératrice d'Autriche Elisabeth, dite Sissi, dans une trilogie qui connaîtra un incroyable succès international. Projetée dans un tourbillon frénétique de bals, d'interviews, de séances de photos, elle se laisse porter un moment par cette vie dorée qui lui apparaît bientôt futile et risque, à la longue, de l'enfermer dans un carcan dont elle subodore les conséquences désastreuses. Il lui faut, sans tarder, prendre son destin en main et faire en sorte de s'évader d'un cinéma qui ne la satisfait plus. Le salut viendra avec "Christine",  une romance à crinoline qui lui donne pour partenaire Alain Delon.Sur cette jeune fille pétrie de convenances, le jeune chien fou aura une incontestable influence et l'aidera à s'extraire d'un milieu étroit et d'un cinéma dépassé et vieillot. C'est grâce à Delon qu'elle rencontre l'homme qui sera son Pygmalion : le cinéaste Luchino Visconti. Derrière la jeune fille de bonne famille, le maestro devine un vrai tempérament. Il décide alors de la mettre en scène dans "Dommage qu'elle soit une putain".Terrifiée, elle relève le défi, prend des cours de diction et de français et finit par triompher et s'imposer comme une véritable comédienne. Romy Schneider est née.     

 

                  

La suite sera sa rupture avec Delon et sa rencontre avec le metteur en scène Harry Meyer qui va la subjuguer par sa culture et son intelligence. Ensemble, ils auront un fils David qui sera le point d'ancrage de cette jeune femme fragile. Car le couple bat de l'aile, Meyer s'étant révélé un géant aux pieds d'argile, un être rongé par une névrose d'échec. Heureusement pour Romy, une opportunité se présente : Delon l'appelle pour devenir sa partenaire dans le prochain film de Jacque Deray "La piscine".  Ce film  va révéler au public une actrice de trente ans au sommet de sa beauté et de son talent. La maternité a fait d'elle une femme épanouie, resplendissante et apparemment sûre d'elle. C'est grâce à ce long métrage que Claude Sautet découvre la vedette qu'il cherche et qu'il saura utiliser comme personne dans plusieurs de ses réalisations : "Les choses de la vie""Max et les ferrailleurs", "César et Rosalie"installant Romy au panthéon des actrices françaises et l'imposant comme l'égérie radieuse des années 70. C'est lui qui élaborera son personnage définitif : une femme libre ou qui s'efforce de l'être et en qui se reflète l'évolution des moeurs. Et puis il y avait de la part de l'actrice, qui n'était pas exempte de rouerie, une authenticité qui faisait tout passer. Le moment fort de leur collaboration sera  "Une histoire simple",  qui est, par ailleurs, l'oeuvre la plus retorse de ce metteur en scène. C'est un récit sans intrigue réelle où la jeune femme sert de référence à des couples pris dans des tourments affectifs, aggravés de problèmes de statut social. L'actrice trouve là un rôle à sa mesure qui correspond à l'image que le public avait d'elle : non point celle d'une figure mythique comme Marilyn Monroe mais d'une femme qui évoquait à la fois la beauté de la maturité et une certaine liberté d'allure et de comportement qui leur semblait familière et proche.

 



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C'est probablement avec "L'important, c'est d'aimer" qu'elle ira le plus loin dans un univers crépusculaire qu'elle portait en elle et où elle incarne, sous la direction de Zulawski, une actrice sans envergure et exprime remarquablement sa solitude face à un monde déboussolé et sinistre. Puis elle tournera avec Chabrol  "Les innocents aux mains sales",  mais le courant ne passera pas entre eux et avec Robert Enrico  "Le Vieux Fusil" où, face à un Philippe Noiret remarquable, elle fait une composition d'une grâce bouleversante, avant d'être "La Banquière" de Francis Girod, un film à costumes qui retrace la montée puis la chute d'une femme d'affaires et où Romy se montre séduisante et déterminée. Elle retrouvera aussi le personnage de Sissi dans "Le Crépuscule des dieux", sous la direction de Visconti qui, plus soucieux de la réalité historique, transformera la suave Sissi en une grande dame volontaire et douloureuse.



Malheureusement, sa vie privée n'est pas au diapason de sa réussite professionnelle. Son mariage s'est peu à peu transformé en un conflit permanent où l'alcool joue un rôle maléfique. Aussi demande-t-elle le divorce et va-t-elle prendre plaisir à jouir d'une liberté qui la voit avide d'aventures. D'autant que le succès lui apporte sans cesse de nouveaux rôles qu'elle interprète avec cette flamme dont elle est habitée et qui semble jaillir du plus profond d'elle-même. Un César de la meilleure actrice, puis un second viendront récompenser le travail acharné et le professionnalisme d'une comédienne toujours inquiète de n'être pas à la hauteur de ce que son metteur en scène attend d'elle.

 


Après des années d'errance amoureuse, elle croit avoir trouvé le bonheur auprès de Daniel Biasini, qu'elle avait engagé comme secrétaire et qui deviendra son mari et le père de sa petite Sarah. Mais comme elle l'avoue elle-même : elle ne sait pas garder l'enfant en même temps que le père. Daniel et elle se sépareront peu après la naissance de l'enfant. C'est alors que le suicide du père de David rompt son fragile équilibre. Assaillie de culpabilité, l'actrice renoue avec ses vieux démons et les barbituriques dont on sait qu'ils ne font pas bon ménage avec l'alcool. Et de l'alcool, elle est tentée d'abuser...  Puis survient la mort accidentelle de David qui se perfore l'artère fémorale en escaladant la grille du jardin de ses grands-parents à Saint-Germain-en-Laye. C'est le coup fatal. A cela s'ajoute l'ablation de son rein droit atteint d'une tumeur. Elle tourne encore "La passante du Sans-Souci" avant de tirer sa révérence à l'âge de 43 ans. Moins d'un an après la mort de David... Les épreuves, les barbituriques, l'alcool auront eu raison de sa santé. Mais il nous reste ses films, une soixantaine, le souvenir de sa silhouette, de son pas vif, de son sourire des yeux, de ses larmes, de la grâce de ses gestes, de son rire délicieux et de cette mélancolie toujours présente comme un adieu éternel à la vie.

 

 

Pour prendre connaissance des critiques de films où apparaît Romy, dont "César et Rosalie", "Une histoire simple", "La piscine", "Ludwig ou le crépuscule des dieux" et "Le vieux fusil", cliquer sur les liens ci-dessous : 

 

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                                      Dean Film 

 

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ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT
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Published by Armelle BARGUILLET - dans ACTEURS DU 7e ART
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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 10:31
La liste de Schindler de Steven Spielberg

« La liste de Shindler »  est l’histoire authentique d’Oskar Schindler, homme d’affaire autrichien, qui profita, dans un premier temps, de la guerre et de la main-d’œuvre juive à bon marché pour en tirer profit. Mais prenant conscience du génocide qui se prépare et de la barbarie nazie, il va changer son fusil d’épaule et mettre tout en œuvre pour sauver le maximum de personnes ( plus de mille ) condamnées à l’extermination dans le camp de Treblinka.

 

A partir de cette bouleversante histoire, Steven Spielberg  bâtit un film inoubliable, le plus beau sans doute sur la shoah, son chef-d’œuvre, film qui ne reçut pas moins de 12 nominations aux Oscars dont celui du Meilleur film et du Meilleur réalisateur et qui nous pétrifie d’émotion tellement il touche juste et profond... Conscient de réaliser le film de sa vie, Spielberg oublie l’insouciance de son cinéma habituel (Jurassic Park par exemple) pour livrer un constat implacable sur l’une des périodes les plus noires de l’humanité. A travers le destin d’Oskar Schindler, Spielberg filme le travail souterrain d’un homme touché par la bienfaisance au milieu de la cruauté et de la brutalité absolues de l’Allemagne nazie, en évitant judicieusement les pièges du pathos. Servi par un noir et blanc brumeux, presque fantomatique, tout en contraste, qui convient particulièrement à la dramaturgie du sujet, le réalisateur a opté pour un narratif quasi documentaire qui sait  doser une violence à la fois latente et insoutenable. Oui,  Spielberg cesse d’improviser avec sa caméra, comme il se plaît si souvent à le faire, et ne retient, en l’occurrence, que la grammaire cinématographique qu’il maîtrise à la perfection. A cette (rare) occasion, il laisse les événements  parler d’eux-mêmes, se contentant d’une rigoureuse mise en images, cela avec une austérité  dont on ne peut que le féliciter. Il en résulte un témoignage d’un réalisme poignant, servi par une musique belle et des acteurs remarquables de vérité et de tempérance. Saluons au passage la performance de Liam Neeson en tout point admirable. Un film à voir et revoir car il est une leçon d’humanité face à une barbarie sans précédent. Une palpitante lumière au plus profond des ténèbres.

 

 

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 11:35
The Lady in the Van de Nicholas Hytner

A l'heure où l'autofiction fait florès dans le roman français, un auteur anglais Alan Bennett se posait la question de dissocier l’auteur de son double. L'expérience qu'il a vécue est si originale qu'elle serait la matière idéale d'un livre. L'écrivain en fera une pièce de théâtre dans laquelle a joué Maggie Smith en 1999 et la même actrice est sollicitée par Nicolas Hytner pour interpréter à l'écran  cette Miss Shepherd, une femme clochardisée acariâtre et sale. L’histoire est bien réelle, comique et touchante, celle de la relation qui va progressivement s’établir entre l’écrivain solitaire et cette femme, qui a élu domicile à la suite d’une mystérieuse tragédie dans une camionnette, qu’elle gare définitivement aux abords du domicile de l’écrivain et dramaturge qui va devenir, par la force  des choses, son protecteur et son confident. Ainsi, ils vont vivre ensemble une amitié paradoxale et cocasse, non dénuée de pittoresque et d’humour. Car, entre le dramaturge égocentrique interprété par  Alex Jennings et la vielle dame irascible, excentrique et un brin follette, admirablement campée par Maggie Smith, les échanges relèvent parfois de  la commedia dell'arte.

 

 

Je suis allée voir le film pour elle bien sûr, cette actrice de 60 ans de scène et d’écran qui est sans doute ce que l’on fait de mieux en Grande-Bretagne, une comédienne rouée et incontournable dont on se souvient à quel niveau elle a hissé son rôle de comtesse douairière de Grantham dans l’excellente série « Dowton Abbey », parvenant au niveau ultime de la célébrité tant elle y est irrésistible… Oui, pour rien au monde je ne voulais rater cette nouvelle prestation. Maggie est évidemment parfaite et porte sur ses épaules le film qui manque souvent de souffle et de conviction et qu’elle sur-joue parfois pour lui donner plus de relief et de crédibilité. Oui, sa verve évite au récit l’écueil de la morosité que l’écrivain homosexuel dépressif a trop tendance à côtoyer et qui  prive l’opus du dynamisme auquel je m’attendais. Entre le dramaturge et cette vieille dame isolée, qui se ferait arracher le cœur plutôt que de céder au sentimentalisme, la relation en dents de scie a tout de même une touchante résonance. Mais on aurait aimé plus d’inventivité, plus de finesse, plus de saveur. 

 

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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 10:06
Coup de foudre à Notting Hill de Roger Michell

"Coup de foudre à Notting Hill" se présente comme un habile brassage de style entre "Quatre mariages et un enterrement" et "Pretty Woman". Du premier, il reprend le producteur, le scénariste, le directeur de la photographie, l'acteur principal Hugh Grant, l'humour très british pratiquant l'autodérision et le fait de mettre en avant toute une série de personnages secondaires dont on nous présente les traits de caractère les plus marqués. Du second, il s’approprie l'actrice principale, Julia Roberts, et la trame de l'histoire, sorte de conte de fée pour grandes personnes où un couple improbable se forme, constitué de deux personnes situées à l'opposé l'une de l'autre sur l'axe de l'échelle sociale. Mélangeant rires et émotions, ce film à l’eau de rose n’a d’autre ambition que d’être  un divertissement léger et sans prétention, susceptible de satisfaire la plupart de ceux qui avaient apprécié les deux films précédents et, en effet, le succès n’a pas manqué d’être au rendez-vous, attirant autant de spectateurs en France qu'un James Bond de la haute époque.



L’un des éléments de ce succès est d'avoir été tourné au sein même d'un des quartiers les plus pittoresques de Londres, le réalisateur Roger Michell restituant parfaitement l'atmosphère si particulière de la capitale britannique et plus précisément le quartier de Notting Hill. Cela ressort d'autant plus que dans le monde d'aujourd'hui la plupart des villes d'Europe se fondent dans un moule de plus en plus stéréotypé concernant leur ambiance, leurs boutiques et les spectacles qu'elles proposent. Le film se cristallise, par ailleurs, sur l’évolution irrésistible des amours de William Thacker ( Hugh Grant ) et d’Anna Scott ( Julia Roberts ), contrariée par la célébrité de l'actrice, célébrité qui l’expose en permanence à être la cible des paparazzi. Le scénario est à la fois une satire de la presse à scandale et une charmante bluette où l'on se demande, sans vraiment s'inquiéter pour eux, comment les deux tourtereaux vont parvenir à vaincre les forces qui les éloignent continûment l'un de l'autre. La peinture aigre-douce et la mise en avant de nombreux personnages secondaires est typique du style du scénariste Richard Curtis. Chaque figure a ses côtés attachants et irritants, à l'image de Spike (Rhys Ifans), le colocataire de William, doté d'un humour plus que douteux. La sœur de William, Honey (Emma Chambers) est une godiche empruntée à souhait, tandis que la personne la plus sensée de l’entourage, Bella (Gina McKee) est clouée dans un fauteuil roulant, mais sait faire preuve d'une vraie joie de vivre. Si l'on ajoute à l'entourage de William, Martin, son employé à la librairie (James Dreyfus), et Bernie, un agent de change gaffeur (Hugh Bonneville), on obtient une joyeuse bande de citoyens ordinaires avec leur vie de tous les jours, leurs travers, leurs émotions et leurs rêves. Tous souhaitent le bonheur de William et ont immédiatement adopté Anna qui force la sympathie par son charme et sa simplicité.


 

Mais le mérite principal de l’opus revient indiscutablement à la présence de deux acteurs qui rivalisent de charme : la délicieuse Julia Roberts qui est alors au faîte de sa grâce et à Hugh Grant, véritablement irrésistible en Roméo de quartier. Devenue culte, cette comédie romantique, aussi convenue qu’elle soit, leur doit l’essentiel de sa séduction.

 

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Coup de foudre à Notting Hill de Roger Michell
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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 09:56
Pas de printemps pour Marnie de Alfred Hitchcock

Mark Rutland, un riche homme d’affaires, s’aperçoit que sa secrétaire-comptable lui dérobe de l’argent. Intrigué par son comportement et attiré par sa fascinante beauté, il  découvre peu à peu son trouble passé et lui donne le choix entre le mariage ou la dénonciation à la police.

 

 

En ce début des années 60, Alfred Hitchcock, passionné pour le roman de Winston Graham Marnieengage trois scénaristes successifs pour arriver à l’adapter au cinéma et va proposer le rôle- titre à la princesse de Monaco qui accepte dans un premier temps. Lorsque Grace Kelly finit par y renoncer pour de multiples raisons, Hitchcock offre le rôle à Tippi Hedren qu’il a déjà fait tourner dans « Les Oiseaux ». Et, contre toute attente, il choisit de lui donner pour partenaire Sean Connery, alors connu pour son interprétation de  « L’agent secret 007 ». Malgré l’aspect improbable du duo, le couple fonctionne particulièrement bien et propose une interprétation bien plus moderne que prévu initialement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hitchcock reprend ici la formule expérimentée  dans « Psychose »: il débute son film comme une classique histoire de vol afin de captiver le spectateur, avant de faire glisser son œuvre vers tout autre chose un véritable drame psychologique où l’on assiste à la renaissance d’une femme détruite par un traumatisme vécu durant sa petite enfance, plongeant son opus dans un répertoire proprement freudien. D’une grande modernité par l’audace des thèmes abordés (la frigidité, le viol et la puissance destructrice de la libido et du refoulé), ce long métrage bénéficie d’un jeu d’acteurs impeccable, d’une musique percutante de Bernard Herrmann et d’une réalisation subtile et convaincante. Non dépourvu de fulgurances et de lyrisme (les séquences de l’orage ou encore la chute de cheval), ce chant d’amour entre un homme ordinaire et une femme blessée fut néanmoins un échec commercial à l’époque à cause de son caractère inattendu. Aujourd’hui,  « Pas de printemps pour Marnie » compte parmi les films importants de Hitchcock qui, le premier, osait aborder un thème nouveau dans le 7e Art, celui de la psychanalyse. Un bijou du suspense et une intrigue haletante, parfaitement maîtrisée, servie par des acteurs totalement engagés dans leurs rôles respectifs.

 

 

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Pas de printemps pour Marnie de Alfred Hitchcock
Pas de printemps pour Marnie de Alfred Hitchcock
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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 10:37
La Veuve de Saint-Pierre de Patrice Leconte

 

Le réalisateur de « Ridicule » filme une histoire d'amour fou et dénonce la peine de mort, le tout dans les glaces de Saint-Pierre-et-Miquelon au milieu du XIXe siècle. 

 


Dans l'embrasure de la fenêtre,  une femme en robe noire a l'oeil perdu dans le vide. C'est Juliette Binoche. Une veuve qui donne toute son incandescence à cet opus. Après « Une fille sur le pont »,  où Daniel Auteuil, lanceur de couteaux, avait  le coup de foudre pour Vanessa Paradis, Patrice Leconte continue dans la veine d'un romantisme en costume, au risque de faire ricaner un peu plus cette partie de la critique qu'imprudemment il avait accusée de tous les maux... Mais en confirmant son éclectisme, lui qui, parti de la grosse comédie « Les vécés étaient fermés de l'intérieur » a tout aussi bien mis en scène « Les Bronzés » qu'une adaptation dépouillée  de Simenon « Monsieur Hire » et un éblouissant film à costumes sur l'hypocrisie de la cour versaillaise  « Ridicule », assume son goût de la diversité avec « La veuve de saint-Pierre », une histoire captivante sur fond de meurtre, de guillotine et de lutte contre une société sclérosée qui ne vit que pour les apparences. Juliette Binoche prouve une fois de plus l’étendue de son jeu à la fois subtil et fiévreux.

 

Cette passion nous est contée avec le recul nécessaire grâce aux interprètes et aux images et le souci d’une mise en scène dépouillée qui nous introduit de plein pied dans un univers  austère et clos.  En flash-back, voici l'histoire tragique d'une femme amoureuse et emplie de bons sentiment qui est  persuadée que chacun peut avoir une deuxième chance et qui, pour mettre sa vie en harmonie avec ses convictions, précipitera l'homme qu'elle aime vers le déshonneur et la mort...


Juliette Binoche est  l’épouse très amoureuse du capitaine chef militaire de « l'île à morue »  ( Saint-Pierre et Miquelon ), interprété par Daniel Auteuil. Nous sommes en 1850, la petite société des notables  se révèle conservatrice, rigide et cancanière, aussi  regarde-t-elle  avec méfiance ce jeune couple qui, souvent, chevauche sur la lande un étalon noir. Mais un soir de brume épaisse, un marin, pris de boisson, poignarde un habitant. Condamné à mort, il doit être guillotiné. L'île ne possédant ni bourreau, ni guillotine (aussi appelée « la Veuve »), il faut attendre d’en faire venir une. L'assassin, qui a une bonne tête, est confié  alors à la garde du capitaine, dont la femme, que les îliens nomme madame La, entreprend de réhabiliter. Persuadée qu'aucun homme n'est fondamentalement méchant, elle l'utilise pour ses menus travaux, notamment de jardinage, le sort de son cachot, lui fait traverser l'île afin qu’il l’aide dans ses oeuvres de bienfaisance et commence même à lui apprendre à lire. L'homme, doux et gentil, devient très populaire. Quand arrivent sur l'île une « veuve » trouvée en Martinique et un bourreau débutant, le capitaine est au pied du mur : écoutera-t-il son devoir ou sa femme ?

 

Cette histoire est inspirée d'un fait divers réel. Belle preuve d'amour que celle donnée par l'officier à l'oeil sombre qui reste, en toutes occasions, droit dans ses bottes. Belles images aussi  que celles tournées sur place dans un froid polaire, un décor de glace. Belle idée, que celle de ce combat d'avant-garde contre la peine de mort. Binoche, à qui le deuil sied, nous séduit par son jeu très intériorisé et sa grande élégance morale et Daniel Auteuil dans son rôle d’homme amoureux qui cédera aux idéaux de son épouse, au mépris de son propre statut. Convaincant également  Emir Kusturica  qui prête sa silhouette de géant massif et son sourire tendre au personnage de Neel, marin meurtrier et condamné, que la protection de Madame La ne parviendra pas à sauver...

 

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La Veuve de Saint-Pierre de Patrice Leconte
La Veuve de Saint-Pierre de Patrice Leconte
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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 11:26
Les couples immortels du 7e Art

La vie privée des stars enflamme l’imagination du public, surtout si l’écran propose un écrin privilégié à leurs amours, réelles ou supposées.

 

Ce n’est qu’une image ! Celle d’un homme et d’une femme dansant à l’unisson. La minute d’avant, la discussion n’aboutissait pas et là, soudain, alors que la musique s’élève et qu’il attrape sa main, la magie opère. L’amour, le partage, la joyeuse harmonie de la vie à deux éclaboussent l’écran. Fred Astaire et Ginger Rogers, partenaires de dix comédies musicales ont, mieux que quiconque, personnifié cette perfection amoureuse. Il suffit de voir « Carioca », « La grande farandole » ou « Le danseur du dessus » pour se convaincre de la subtilité de leur entente. Leur romance à l’écran – toujours discrète, faite d’effleurements et de baisers sur la main – ne se poursuivait pas au dehors, ne se déclinait pas dans la vie courante et pourtant ! Ginger et Fred sont, dans l’esprit des spectateurs du monde entier, l’image du couple par excellence.

 

Sources : Laurent Delmas

Les couples immortels du 7e Art

Entre Spencer Tracy et Katharine Hepburn, réunis dans « La femme de l’année » en 1942, le coup de foudre est immédiat. Elle était anguleuse, excentrique, aventureuse et rousse. Lorsqu’ils se croisèrent, Katharine vit aussitôt le regard désapprobateur de Spencer sur ses éternels pantalons d’homme. Elle lança aussitôt du haut de ses semelles compensées : « Monsieur Tracy, vous êtes plutôt petit ! » Joseph Mankiewicz, le producteur du film, qui assistait à la scène, répliqua : « N’ayez crainte, il vous mettra à sa taille ! » Ils avaient en commun un bon mètre quatre-vingt. Suivirent vingt-sept années d’une vie à deux et huit autres films. L’alchimie entre eux culmine dans « Madame porte la culotte » en 1949. Leur histoire ne fut jamais la proie des feuilles à scandales – il avait sept ans de plus qu’elle et était marié. Comme si la très puritaine Amérique ne pouvait s’offusquer devant tant d’amour vécu avec la force de l’évidence.

Les couples immortels du 7e Art

 

Lorsque Clark Gable épouse Carole Lombard en 1939, ils n’avaient tourné qu’un film ensemble « Un mauvais garçon » en 1932. Il était en train de s’immortaliser en Rhett Butler dans « Autant en emporte le vent », elle était la blonde la plus sophistiquée et la plus drôle de Hollywood. Leur couple fut idolâtré par les foules pendant les trois années de leur union. Elle mourut dans le crash d’un avion alors qu’elle participait à l’effort de guerre, le 16 janvier 1942. Leur vie ressemblait à une comédie romantique, la tragédie authentique acheva de lui donner son lustre glamour.

Les couples immortels du 7e Art
Les couples immortels du 7e Art

 

La rencontre du dernier couple mythique de Hollywood a lieu en 1945. Elle avait vingt ans et lui vingt-cinq … de plus. Dès que Humphrey Bogart enserre la taille de Lauren Bacall dans « Le port de l’angoisse », c’est le grand frisson. Suivront un mariage, dès la fin du tournage, et douze années de vie commune stoppées par la mort de Bogart en 1957. L’amour qui flotte entre eux dans chaque plan des quatre films, qu’ils tournèrent ensemble, est palpable. Il arrive que l’art et la vie soient indissociables.

 

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Les couples immortels du 7e Art
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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 10:56
Boulevard du crépuscule de Billy Wilder
Boulevard du crépuscule de Billy Wilder

Billy Wilder nous convie à visiter les coulisses du vieil Hollywood et nous livre, par la même occasion, un chef d’œuvre savamment équilibré et d’une grande liberté de ton pour l’époque. A cela s’ajoute une interprétation de tout premier ordre. L’histoire est celle de Norma Desmond, grande actrice du muet, qui vit recluse dans sa luxueuse villa de Beverly Hills en compagnie de Max von Meyerling, son majordome, qui fut aussi son metteur en scène et mari. Joe Gillis, un scénariste sans le sou, pénètre par hasard dans la propriété et Norma lui propose de travailler au scénario du film qui marquera son retour à l’écran. Joe accepte, s’installe chez elle, à la fois fasciné et effrayé par ses extravagances et son délire, et devient bientôt son amant...

 


Fidèles compères depuis leurs débuts vers 1942, les scénaristes Charles Brackett et Billy Wilder ont collaboré de façon complémentaire durant les années 40 (le premier intervient comme producteur tandis que le second réalise), signant bon nombre de chefs d’œuvre comme « Assurance sur la mort » (1944) ou « La scandaleuse de Berlin » (1948). Leur  dernière création  constitue l’apogée de leur style, faisant de « Sunset Boulevard », en 1950, l’œuvre la plus marquante sur un Hollywood déclinant et sans aucun doute l’un des meilleurs films de Billy Wilder.

 



Cet opus crépusculaire conte avec  subtilité et réalisme la disparition progressive d’un monde balayé par la modernité. Dès les premiers plans, le cinéaste impose son style grâce à des décors gothiques qui semblent d’un autre âge et l’intrusion de la voix off d’un personnage déjà mort. Cette voix d’outre-tombe nous accompagnera tout au long de ce voyage au pays des figures de cire d’un cinéma muet à jamais enseveli. Ainsi entrons-nous dans le monde des  vieilles gloires hollywoodiennes  oubliées du grand public qui se murent dans le silence comme dans un caveau. Pour donner vie à ce monde pétrifié, Billy Wilder a eu le coup de génie de demander la participation de vraies stars déchues du cinéma muet. En premier lieu, la volcanique Gloria Swanson qui n’avait tourné qu’un seul film entre 1934 et 1950 et  pouvait ainsi retranscrire à merveille les crises morales de cette vedette oubliée. Non seulement l’actrice n’hésite pas à s’enlaidir et à accentuer les stigmates de la vieillesse, mais elle ose aussi se moquer d’elle-même et  de son propre jeu maniéré et daté. Cet exercice de style, qui tient à la fois de la confession intime et de l’autodérision, touche le spectateur par son incontestable authenticité. Les cinéphiles sont également comblés lorsqu’ils entendent  Erich von Stroheim évoquer son passé de cinéaste et ses heures de gloire anciennes.
 



En mettant à nu le tragique désarroi de ces anciennes stars,  Billy Wilder s’en prend à la fois à la vanité d’un monde entièrement basé sur les apparences et règle ses comptes avec un système cruel qui broie les individus au nom de la sacro-sainte rentabilité. Sans jamais faire appel à l’artillerie lourde, sa mise en scène est  exemplaire par son extraordinaire fluidité et ses plans-séquences très élaborés servis par un narratif précis et fort bien construit. On ne peut être qu’admiratif devant ce bijou intemporel, sublime par son évidente efficacité, universel par la profondeur de sa réflexion  et l’empreinte que laisse chaque individu malgré l’inexorable passage du temps.

 

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Boulevard du crépuscule de Billy Wilder
Boulevard du crépuscule de Billy Wilder
Boulevard du crépuscule de Billy Wilder
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  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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