Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 12:24

le navire-est-voile-3 (Petit)                                                                                  

Bienvenue sur ce blog, où je propose à votre curiosité plusieurs rubriques, dont celles des CINEMAS FRANCAIS, AMERICAIN, EUROPEEN et ASIATIQUE.

 

_4016234704 - Petit-.jpg

Vous trouverez également une rubrique dédiée aux   ACTEURS DU 7e ART  qui ont contribué, par leur talent, à confirmer le succès d'un film et à le rendre plus présent dans nos mémoires.

  

Une autre à mes BILANS CINEMATOGRAPHIQUES et aux articles panoramiques qui font état de l'impact d'un pays dans le monde du 7e Art.


  

Sans oublier celle des  REALISATEURS,  afin de vous entretenir de leur travail, de leur singularité, de leur apport au cinéma international et de leur rayonnement. 

 

 

DERNIERS ARTICLES PUBLIES ( cliquer sur leurs titres pour en prendre connaissance ) :
 


 

LE DISCOURS D'UN ROI de TOM HOOPER  ( ce soir sur CINE EMOTION à 20h45 )
 
 
 

 

 

UNE BELLE FIN de UBERTO PASOLINI

 

 

       Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr

  

Aventurier Films  Les Acacias  Action Cinémas / Théâtre du Temple  Films sans Frontières

 

Pour obtenir la liste complète des articles de chaque rubrique, cliquer sur les liens ci-dessous :  

 

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS 

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN 

    

LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN  

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE  

 
LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS DU 7e ART

   

LISTE DES ARTICLES - ACTEURS DU 7e ART  

  

LISTE DE MES BILANS CINEMATOGRAPHIQUES   

 

 

 

 

Truffaut.jpg   Charlie-Chaplin.jpg   Visconti.jpg   Won-kar-Wai.jpg  

 

J'espère que cette diversité vous plaira. Chacun peut ainsi se promener à sa guise, selon sa curiosité et ses goûts. Bonne visite ! Et faites-moi part de vos commentaires. Ils seront les bienvenus.

 

Egalement mes articles sur mon nouveau blog  :   INTERLIGNE   

 et ma collaboration avec   :

 

Agoravox      CINESPAGNE      ESPRITS LIBRES           

IDEOZ       SensCritique      SITE FACEBOOK

 

 130-331 01 Catherine Deneuve-jeune-  rouge-clown-Giulietta Masina--strada-grand 


   Henry Fonda 6635_130564850760.jpg ce.jpgMichel-20Serrault.jpg 

 

Partager cet article

Published by Armelle BARGUILLET - dans ACCUEIL
commenter cet article
24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 12:21

Wild Bunch Distribution       VIDEO

 


Grande-Bretagne, Londres, les années 30, l'entre deux-guerres. Albert, alias Bertie, coule des jours heureux dans sa modeste demeure de Picadilly entre sa femme Elisabeth, princesse écossaise, et ses deux filles Elisabeth et Margaret. Fils du populaire Georges V, frère du charismatique Édouard VIII, timide et bègue, l'homme ne semble pas taillé pour le pouvoir. Mais l'histoire en décide autrement. Contraint et forcé de prendre la couronne des mains d'un aîné préférant l'amour d'une aventurière américaine, le jeune roi se heurte à la tendance du moment bien difficile à assumer pour un bègue : la radiophonie. A l'heure des discours de dictateurs galvanisant les foules, façon Hitler, poser et imposer une voix au rayonnement mondial, fait plus que loi, nécessité. Prêt à tout pour surmonter son handicap, Bertie entame un traitement orthophoniste, proche de la thérapie, avec un certain Lionel Logue, praticien aux méthodes originales et parfois même, peu orthodoxes, sans diplôme et sans référence honorifique. Le défi de ce dernier, qui n'est pas des moindres : redonner force et intransigeance à la voix de l'Angleterre....

Sujet difficile s'il en est, le réalisateur Tom Hooper, peu connu de nos concitoyens, s'y est attaqué avec un réalisme, une justesse de ton, une simplicité tellement éloquente, que les deux heures de projection procurent une émotion dont j'étais loin de me douter, avant d'en être pleinement victime... Oui, ce film est tout simplement, et avant tout, bouleversant. Il montre, ou plutôt démontre, comment un homme ordinaire, pas particulièrement doué, peut arriver, par sa volonté et son courage, à surmonter ses appréhensions et à accepter d'endosser et d'assumer un destin extraordinaire. Ce destin est celui du prince Bertie que l'abdication de son aîné va obliger à prendre la lourde succession de son père, le très aimé roi Georges V, en des temps plus que difficiles, dramatiques, ceux de la guerre de 39/45 et comment, par la suite, lui et son épouse seront aux côtés de leur peuple à tous moments, accompagnés de l'homme providentiel que sera le premier ministre Winston Churchill. 


Colin Firth & Helena Bonham Carter. Wild Bunch Distribution


 

Film événement de par la qualité de sa mise en scène,  l'évocation d'un épisode historique méconnu, ce long métrage est d'ores et déjà nominé douze fois pour les Oscars et Colin Firth vient de recevoir, pour son rôle du roi Georges VI,  un Golden Globe, ce qui laisse supposer que la suite va encore réserver quelques bonnes surprises. Car le public est là. Hier après-midi, à Deauville, il n'y avait pas un strapontin de libre, ce qui est rare à cette heure de la journée. Et le public est resté longtemps assis après que la lumière soit revenue, aux prises avec une indiscutable émotion, celle que suscite cette formidable démonstration où nous assistons à l'accouchement douloureux d'un homme qui accepte, malgré ses craintes et ce qu'il croit être une indignité physique, la charge écrasante de roi. D'autant que l'époque, et les progrès de la technique, obligent désormais les chefs d'état à être, non seulement les garants du pouvoir, mais des orateurs.D'où la toujours grande actualité du sujet.


Colin Firth. Wild Bunch Distribution


 

Aux dialogues irrésistibles, à la construction théâtrale parfaitement maîtrisée, aux symboles attachés à la figure du monarque, aux saynètes intimes et charmantes où l'on entre dans la vie familiale du prince puis du roi, aux paysages de la campagne anglaise baignés de brume, il faut s'émerveiller du choix des acteurs tous époustouflants dans leurs rôles et tellement convaincants, que l'on voit s'ouvrir, devant nos yeux, un pan de l'histoire contemporaine de la Grande-Bretagne, dont on ne sait que trop qu'elle a traversé les situations les plus graves et rebondi avec dignité. Après avoir tourné dans Bridget Jones, l'acteur Colin Firth entre pleinement dans la peau de Georges VI et, grâce aux conseils de David Seidler, le scénariste, bègue lui aussi,  nous convainc sans peine, tant il met d'intelligence et de sensibilité, de certitude et de doute, dans son personnage. Il avoue lui-même que ce ne fut pas facile et qu'il a surtout cherché à jouer l'angoisse que peut générer une telle difficulté à s'exprimer, ce blocage qui survenait, chez le monarque, dès qu'il  était tenu à prendre la parole. Face à lui, magistral, nous trouvons un autre acteur Geoffrey Rush, lui aussi peu familier du public français, qui endosse avec force et humour, insolence et humanisme, un acteur raté, australien d'origine, devenu orthophoniste à la suite des difficultés d'élocution d'hommes et de femmes qu'il a croisés dans son existence et dont le nom est resté longtemps secret : Lionel Logue. Soigner un membre de la famille royale ne l'impressionne nullement et, dès le premier contact, il va imposer ses exigences et la discipline qu'il entend faire respecter par son client. L'amitié qui s'installe entre ces deux hommes ne faiblira jamais et ne subira aucune  éclipse. Leur face à face est un grand moment de cinéma et une réussite rare, un vrai régal pour les spectateurs. N'oublions pas les autres rôles admirablement assumés : celui de l'épouse de Georges VI, la délicieuse reine Elisabeth, joué avec charme et sobriété par Helena Bonham et celui d' Edouard VIII, au règne si bref, par le sémillant  Guy Pearce. Une seule erreur de casting dans cet opus brillantissime : un Churchill trop caricatural, grimé en cabot à la lèvre pendante et au clins d'oeil ironiques vraiment trop forcés.

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 


Geoffrey Rush. Wild Bunch Distribution Helena Bonham Carter. Wild Bunch Distribution

Guy Pearce. Wild Bunch Distribution Timothy Spall. Wild Bunch Distribution


 

Partager cet article

Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA EUROPEEN & MEDITERRANEEN
commenter cet article
20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 09:32
INGRID BERGMAN, ICONE DU FESTIVAL de CANNES 2015

                 

                                                                                                                             

                                                         1915 - 1982

 

 

                                                   VIDEO - HOMMAGE

 

Ingrid Bergman est peut-être l'actrice qui me touche le plus, non seulement par son incandescente féminité mais par la qualité de son jeu, cette façon de rendre l'émotion palpable, de vibrer, au point qu'elle me fait penser à un stradivarius. Oui, elle est à mes yeux l'une des comédiennes les plus accomplies et je ne connais pas un seul de ses films où elle ne contribue à conférer à ses personnages une dimension inoubliable. Pensons à ses interprétations dans Sonate d'automne, Elena et les hommes, Jeanne au bûcher, Hantisede George Cukor. A chacun de ses rôles, elle a prêté sa sensibilité et sa détermination, sa tendresse et sa passion, elle a irradié l'écran, non seulement de sa beauté et de son élégance, mais d'une ferveur qui lui était personnelle.

 

Orpheline à l'âge de deux ans, Ingrid Bergman, née à Stockholm le 29 août 1915, étudie l'art dramatique dès son adolescence et obtient très vite un petit rôle dans Munkbrogreven, grâce à son aisance et à son naturel. Après une dizaine de films tournés en Suède, David O. Selznick la remarque et l'engage pour jouer un remake d'Intermezzo qui aura un énorme succès et va  définitivement orienter la carrière de la jeune comédienne. Elle s'installe à Hollywood, qu'elle ne va pas tarder à conquérir, en étant l'héroïne du film Casablanca ( 1942 ) de Michael Curtiz au côté de Humphrey Bogart, puis de  Pour qui sonne le glas ( 1943 ) de Sam Wood auprès de Gary Cooper, où elle se montre si convaincante qu'elle sera nominée pour l'Oscar de la meilleure actrice, Oscar qu'elle ne recevra que l'année suivante avec le film  Hantise ( 1944 ) de George Cukor et honneur qui lui méritera d'être propulsée dans l'olympe des stars hollywoodiennes.

                          


Elle devient alors la vedette fétiche d'Alfred Hitchcock, qui ne lui pardonnera jamais de lui avoir préféré Rossellini, et tourne avec lui  La maison du docteur EdwardesLes Enchaînés ( Notorious ) et Les Amants du Capricorne ( 1949 ), trois longs métrages où elle s'impose comme une grande comédienne et fait preuve d'une formidable présence.                               


C'est en 1949 que la jeune femme, bouleversée par la projection de Rome ville ouverte, écrit au metteur en scène pour lui proposer de jouer dans l'un de ses films et, qu'à la suite de son invitation, elle se rend à Rome. La passion que le réalisateur et l'actrice vont éprouver l'un pour l'autre sera telle qu'Ingrid quitte mari et enfant et, devant le scandale provoqué par cet abandon familial, se voit obligée de s'éloigner momentanément des Etas-Unis pour s'installer dans la ville éternelle. Elle et Rossellini vivront sept années d'un amour tumultueux, auront trois enfants dont l'actrice mannequin Isabella Rossellini et tourneront six films dont Stromboli ( 1950 ), Le voyage en Italie ( 1953 ), La Peur ( 1954 ) et Jeanne au bûcher. Ils divorcent en 1957. 

 

                        Collection Christophe L.

 

Revenue à Hollywood, qui lui a pardonné son escapade italienne, elle gagne d'emblée un second Oscar dans le rôle d'Anastasia produit par Anatole Litvak, tourne une douzaine d'autres films dont Aimez-vous Brahms où elle est merveilleuse de charme et de séduction auprès d'Yves Montand et d'Anthony Perkins, puis Le crime de l'Orient-Express( 1974 ) de Sidney Lumet, avant de rencontrer son homonyme et concitoyen  Ingmar Bergman, rencontre qui  marque une date importante dans sa carrière. Elle joue sous sa direction Sonate d'automne ( 1978 ), huit-clos d'une force sidérante baigné par les couleurs flamboyantes de l'automne suédois, face à Liv Ullmann. Elle y est une mère qui a négligé sa fille au profit de sa vie de concertiste. Ses retrouvailles avec elle l'obligeront à revisiter un passé mal cicatrisé et à faire amende honorable d'une existence trop entièrement consacrée à sa propre satisfaction de musicienne et d'interprète. Dans ce rôle difficile, intériorisé, d'une gravité contenue, Ingrid Bergman donne  la mesure de son talent, ce qui sera confirmé par sa dernière apparition sur un écran de télévision dans celui de Golda Meir, femme politique israélienne, qui fut le premier ministre de son pays de 1969 à 1974, et dont elle parviendra à faire une composition saisissante. Elle meurt d'un cancer le 13 août 1982. Une partie de ses cendres seront dispersées dans la mer, l'autre inhumées à Stockholm, sa ville natale.


Pour prendre connaissance des critiques de films où apparaît Ingrid Bergman dont  Casablanca, Les enchaînés, Voyage en Italie et Sonate d'automne, cliquer sur les liens ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN        

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

                                  

 Ingrid-Bergman92.jpg

 

INGRID BERGMAN, ICONE DU FESTIVAL de CANNES 2015
INGRID BERGMAN, ICONE DU FESTIVAL de CANNES 2015

Partager cet article

Published by Armelle BARGUILLET - dans ACTEURS DU 7e ART
commenter cet article
16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 09:48
TAXI TEHERAN de JAFAR PANAHI

Installé au volant de son taxi, Jafar Panahi sillonne les rues animées de Téhéran mais endeuillées par ces femmes en noir et voilées que l’on croise à chaque instant. Au gré des passagers qui se succèdent et se confient à lui, le réalisateur nous offre un témoignage de l’état de la société iranienne d’aujourd’hui, saisie sur le vif et dans un contexte lucide et sans détours.


Depuis qu’il lui a été interdit d’exercer son métier de cinéaste en 2010 – et ce, après un emprisonnement lié à sa participation à une manifestation contre la réélection controversée du président Mahmoud Ahmadinejad –, Jafar Panahi n’a cessé de réaliser des films. Dont deux tournés dans son appartement : « Ceci n’est pas un film » (2011) et « Closed Curtain » (Ours d’argent à Berlin en 2013). Empêché de sortir d’Iran pendant vingt ans, il n’a pu répondre à l’invitation d’être juré au Festival de Cannes. 


« Taxi Téhéran », ( Ours d’argent en 2015 ), c’est d’abord un vieux véhicule et une caméra cachée qui déambulent, dès les premières heures du jour, dans un Téhéran grouillant de vie. Premier arrêt : un homme monte près du chauffeur et raconte une anecdote évoquant un vol de roues de voiture et appelant à en pendre les auteurs. La femme, qui est déjà assise à l’arrière, intervient pour exprimer son désaccord. L’homme loue alors les lois de la charia, la femme lui rétorque que la seule conséquence de son application est de placer l’Iran au second rang, après la Chine, des pays qui ont le plus recours à la peine capitale. L’homme, exaspéré par les idées progressistes de cette enseignante, sort du taxi en clamant qu’il est un voleur à la tire… Monte alors une femme éplorée, qui accompagne son mari blessé à l’hôpital, mais semble surtout préoccupée qu’il lui laisse un testament qui la mette à l’abri du besoin et de l’âpreté de ses beaux-frères, ce qu’il accepte de faire sur le portable du chauffeur. Ce sera ensuite un homme qui vend des DVD et CD car, en Iran, tout ce qui a trait à la culture, sensée émanciper la population, se joue sous le manteau, bien entendu.


Mais le moment le plus intéressant est celui où le taximan va chercher sa nièce à l’école. Cette petite fille, pleine de verve, nous délivre une vraie leçon de cinéma selon les codes transmis par son institutrice, car elle est chargée, par cette dernière, de faire un court métrage transmissible, c’est-à-dire en mesure d’éduquer les Iraniens selon les exigences du Coran, ce qui oblige la fillette à proposer un travail en phase avec les consignes officielles.


Embarquent enfin un ancien voisin du réalisateur qui lui confie avoir été victime d’une agression, et une amie avocate, Nasrin Sotoumek, qui sort de trois années d’emprisonnement pour avoir défendu une jeune femme, elle-même sous les verrous, à la suite d'un match de volley-ball masculin auquel elle avait assisté. Depuis, Nasrin Sotoumek s’est vu signifier l’interdiction d’exercer son métier et de sortir du pays pendant vingt ans. Ainsi, le cinéaste nous propose-t-il un échantillonnage éloquent des interdits qui s’appliquent dans un pays placé sous le joug tout puissant des mollahs.


De ces péripéties diverses, nous retiendrons le voyage, à défaut de la destination, tant celle-ci reste du domaine du rêve et de l’utopie, dans le quotidien du peuple iranien. Un voyage réalisé avec une simple caméra orientable, une voiture pour décor unique, quelques personnages qui discutent, un film réalisé avec rien d’autre que des témoignages, des instants d’existence plus bancals et cocasses les uns que les autres. Une prouesse dont le principal mérite est d’avoir, à travers ces rencontres, ces arrêts, ces courses, dressé un portrait à la fois drôle, tendre, terrifiant et lucide de la société iranienne. Et ceci, avec beaucoup de sensibilité et de compassion, sans omettre une pincée d’humour.


Passager de sa propre aventure, Jafar Panahi nous délivre un manifeste aussi bien politique que cinématographique. C’est assurément un hymne à la liberté que de filmer en bravant les interdits dans une société qui n’est faite que de cela. On sort de la projection de « Taxi Téhéran »  comme si nous venions d’être les témoins d’un moment de vie dans une capitale cadenassée.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA EUROPEEN & MEDITERRANEEN, cliquer  ICI

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

TAXI TEHERAN de JAFAR PANAHI
TAXI TEHERAN de JAFAR PANAHI
TAXI TEHERAN de JAFAR PANAHI
TAXI TEHERAN de JAFAR PANAHI

Partager cet article

Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA EUROPEEN & MEDITERRANEEN
commenter cet article
6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 10:06
UNE BELLE FIN DE UBERTO PASOLINI

John May est un homme solitaire, un brin maniaque, qui accomplit son travail consciencieusement. Trop d'ailleurs, d'après son patron qui le juge lent. Licencié pour raison économique, John May doit néanmoins remplir sa dernière mission : trouver des personnes qui assisteront à l'enterrement d'un certain William Stoke. En regardant dans ses affaires, John May a découvert un album de photos qui laisse supposer qu’il aurait eu une famille et une enfant. Car c'est cela son travail, et en quelque sorte sa vocation, faire en sorte que le défunt ne parte pas seul, qu’il ait auprès de lui, à ses obsèques, un parent, un ami, un voisin. Au cours de son enquête, il croise la douce Mary, la fille de William Stoke ( charmante Joanne Froggatt ) qu’il a, après bien des fausses pistes, fini par retrouver. Alors se pose à lui l’ultime question : quelle est la place qu’il occupe sur cette terre...

 

 

Avec son pull gris, sa cravate impeccablement nouée, son costume triste, John May a tout du rond-de-cuir, version britannique, effacé et méticuleux. Un employé entièrement dévoué à sa mission : accompagner les défunts sans famille connue jusqu'à leur dernière demeure — quitte à écrire lui-même l'éloge funèbre — et tenter de retrouver leurs proches. Sa vie bascule quand il apprend que son poste est supprimé après vingt-deux ans de bons et loyaux services. Il lui reste une dernière tâche : se mettre en quête des descendants de Billy Stoke, un ancien soldat de la guerre des Malouines, mort dans la solitude juste en face de chez lui, alcoolique et violent de surcroît.

 

 

Sur ce mince scénario d’une indéniable originalité et d’une tendre humanité, Uberto Pasolini a composé un film linéaire sans surprise mais non sans émotion, une sorte de cantate modeste et attachante sur ces hommes et femmes qui disparaissent dans la solitude, que personne n’accompagnera à leur dernière demeure, ces oubliés  de la société dont on ne gardera pas même le souvenir. Belle idée que celle de cet oratorio à leur mémoire, et combien touchant le dévouement de l’employé, tout aussi seul qu’eux, qui s’acquitte de sa tâche avec une consciente délicate et une méticulosité de collectionneur. Ne va-t-il pas jusqu’à  conserver la photo de chacun d’eux afin de composer un album à leur mémoire ?   

 

 

Ce film, qui laisse une empreinte indéniable longtemps après sa projection tant le sujet est touchant, aurait gagné à être servi par une imagerie moins plate et un scénario plus romancé, donnant quelques détails sur ces vies disparues. Là, nous sommes dans une économie de moyens telle, qu’elle rend le narratif longuet et monotone et cela est très dommage car l’idée était excellente et émouvante : le souci d’un homme à accompagner ses frères humains oubliés de tous.

 

 

Dans le rôle de John May, Eddie Marsan se révèle un grand acteur et, ce, d’autant plus qu’il joue là dans un registre totalement différent de ses précédentes prestations, un contre-emploi comparé aux personnages qu’il interprétait dans "Gangs« of New-York » de Scorsese ou dans « La disparition d’Alice Creed » de J. Blakeson. Il donne à ce petit employé sans éclat, sans position sociale, humble et résigné, une très touchante profondeur affective, le relief en creux que l’on aperçoit dans la statuaire de nos cathédrales, le pauvre biblique qui n’attend rien, ne demande rien, s’efface dans le silence et l’amour discret. Servi par une imagerie plus expressive, ce film aurait été un chef-d’œuvre.

 

Pour consulter les articles de la rubrique CINEMA EUROPEEN, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

UNE BELLE FIN DE UBERTO PASOLINI
UNE BELLE FIN DE UBERTO PASOLINI
UNE BELLE FIN DE UBERTO PASOLINI

Partager cet article

Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA EUROPEEN & MEDITERRANEEN
commenter cet article
3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 10:40
MOGAMBO de JOHN FORD
MOGAMBO de JOHN FORDMOGAMBO de JOHN FORD

Victor Marswell capture des animaux africains pour les zoos du monde occidental et dirige des safaris. Arrive une Américaine Eloïse, invitée là par un maharadja, reparti sans plus attendre dans son pays... et avec laquelle Victor prend le temps d'une amourette. Survient un couple d'Anglais dont le mari anthropologue veut aller étudier les gorilles, et dont la femme Linda est assez jolie pour donner à Marswell de bonnes raisons de diriger cette expédition risquée. Entre ces deux femmes et les dangers de l'Afrique, de beaux paysages et les atermoiements du coeur ...

 

 

Tourné après « Le soleil brille pour tout le monde » et, avant, « Ce n’est qu’un au revoir », « Mogambo » (1953) est une nouvelle version de « Red Dust » (1932), un film de Victor Fleming, en moins bien diront certains critiques. « Mogambo » est l’histoire d’un safari en Afrique (Kenya – Ouganda) au cours duquel  se déroule un marivaudage entre le chasseur de gibier, la séductrice et le couple d’Anglais. L’aventurier (Clark Gable) hésite entre la blonde coincée (Grace Kelly) et la brune allumeuse (Ava Gardner), même si, au final, c’est la femme qui choisit. Le film ne manque pas de surprendre par la désinvolture avec laquelle Ford mêle les prises de vues tournées en Afrique et les sentiments de ses protagonistes. Voilà au moins un pied de nez aux conventions hollywoodiennes car rien ne finira comme on pouvait s’y attendre dans la bible illustrée du 7e Art américain, un trio cornélien s’y alloue la part du lion … nous sommes en Afrique. Et, pour une fois, il n’y a pas que les paysages qui nous séduisent et nous subjuguent comme c’était le cas dans «  La Prisonnière du désert »  ou « L’Homme tranquille ». L’Afrique de Mogambo est certes peu inventive et le film souffre de la comparaison avec  « Hatari », le chef-d’œuvre de Howard Hawks, qui bénéficiait d’un réalisme presque documentaire. Ici, John Ford a cédé à quelques artifices.  Nous sommes également très loin des États-Unis et de l’Irlande, des récits sur l’armée ou les communautés de pionniers qui ont toujours passionné Ford.

 

 

Car dans "Mogambo", la priorité revient à l’aventure des sentiments et aux relations humaines assumés par la théâtralité du cinéma fordien. Si les décors laissent souvent à désirer, le physique des actrices est parfaitement mis en valeur dans leurs oppositions, la brune somptueuse et sauvage comme la faune qui l’entoure, la blonde suave et délicate comme une porcelaine égarée dans cette jungle inquiétante. Par la même occasion, le cinéaste analyse le choc des cultures, vu à travers le comportement d’un petit groupe d’Occidentaux déracinés, et filme avec beaucoup d’amour et de sensualité Ava Gardner dans le rôle d’une femme belle et énergique comme il les aimait, bien que le rôle, au départ, n'ait pas été prévu pour elle.

 

 

La rivalité des deux femmes est l’enjeu de cet opus tourné dans l’atmosphère moite de la forêt tropicale et le triangle amoureux qu’elles forment avec Clark Gable, déjà vieillissant, laisse entrevoir les fêlures de l’une (Eloïse) et le dilemme de l’autre (Linda), partagée entre son désir et les bonnes manières inculpées par son éducation. Pour son interprétation, tout en finesse, Grace Kelly recevra le Golden Globe de la Meilleure actrice dans un second rôle. Par ailleurs, Ford a su créer une ambiance propice à ce jeu subtil sur fond de rythmes tribaux africains, de prises de vue nocturnes dans la savane et de scènes spectaculaires avec les animaux. Il n’oublie pas non plus d’avoir recours à ses motifs visuels de prédilection, soit les cadrages fortuits dans l’embrasure d’une tente ou d’un portail qui saisissent l’intimité de l’une, l’inquiétude de l’autre, clairs-obscurs qui dévoilent ce qui se vit en secret, alors  même que tout veille : les convictions intérieures,  souvent remises en cause, et les réalités extérieures, implacables. Les trois acteurs sont parfaits : Ava Gardner blessée dans sa fierté, Grace Kelly surprise dans sa candeur et Clark Gable toujours flegmatique dans sa mâle virilité.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

MOGAMBO de JOHN FORD
MOGAMBO de JOHN FORDMOGAMBO de JOHN FORDMOGAMBO de JOHN FORD
MOGAMBO de JOHN FORDMOGAMBO de JOHN FORD
MOGAMBO de JOHN FORD

Partager cet article

Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA AMERICAIN & CANADIEN
commenter cet article
28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 10:04
LE JOUR SE LEVE de MARCEL CARNE

Difficile d’écrire la critique d’un film lorsque celui-ci n’en mérite aucune et vous subjugue tout au long de sa projection par la perfection des images d’Alexandre Trauner, la qualité de l’interprétation et la richesse des dialogues. L’opus est porté ici à un paroxysme de perfection, même la musique s’accorde pleinement au narratif et le noir et blanc ne fait que souligner l’ambiance dramatique des décors et des scènes dans un quartier populaire de Paris ou le huis-clos d’une chambre-refuge.

 

François, ouvrier métallurgique, tombe amoureux de Françoise qui es comme lu de l’assistance publique et le touche par sa fraîcheur et son innocence. Il semble qu’ils soient faits l’un pour l’autre et François ne rêve plus que de mariage. Mais le sort va en décider autrement et déjouer les espérances et les projets de François en faisant entrer dans cette romance toute simple un sombre personnage, un être manipulateur et cynique, dresseur de chiens, qui emploie des jeunes et belles jeunes femmes pour compléter son spectacle. Clara (Arletty) vient de donner sa démission de façon fracassante à la fin de l’un d’eux et c’est alors que François comprend que Françoise est la nouvelle victime et que sa faiblesse va en faire la proie des noirs projets de cet amateur de chair fraîche. Le malheur est entré dans sa vie et ne va plus en sortir. Après une scène où Valentin (admirable Jules Berry) joue avec le cœur de François, le provoque et l’exaspère, avouant même qu’il est venu pour le tuer, l’irréparable va se produire. Se saisissant du révolver de Valentin, François lui tire une balle fatale et ce dernier meurt dans l’escalier de l’immeuble, alertant le voisinage. Dès lors, François est un homme traqué. Refusant de se livrer à la police, il va vivre un dernier combat enfermé dans sa chambre, hurlant son désarroi à la population qui s’est assemblée sous ses fenêtres. Nous sommes tous des assassins soit au propre, soit au figuré, leur dit-il, nous tuons tous à notre façon par des mots, par des actes et pas forcément par des armes, beau passage où Gabin s’impose déjà comme une grande présence à l’écran face à une Arletty irrésistible et tendrement gouailleuse, un Jules Berry éblouissant de sarcasme, ange noir ricanant et machiavélique et une douce et ravissante Jacqueline Laurent dans le rôle évanescent de Françoise.

 

Voilà un film d’une beauté accomplie, drame romanesque d’une grande intensité servi par des dialogues ciselés grâce à la plume poétique de Jacques Prévert. Les allégories ne cessent de raviver l’émotion du spectateur et de donner à cette œuvre exceptionnelle une ampleur remarquable. Sorti en salles en 1939, il fut d’emblée interdit au moins de 16 ans pour son caractère démoralisant, puis, en 1940, amputé de certaines scènes pour ses allusions au caractère fasciste des policiers. "Le jour se lève" a été restauré en 2014 par Diapason et Eclair en 4K et dans sa version intégrale pour notre plus grand plaisir et existe désormais en DVD pour figurer en bonne place dans nos vidéothèques : chef-d’oeuvre absolu qui honore le 7e Art français.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer  ICI

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

LE JOUR SE LEVE de MARCEL CARNE
LE JOUR SE LEVE de MARCEL CARNE

Partager cet article

Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 09:54
1909 - 1996

1909 - 1996

"L'atmosphère et les personnages comptent plus pour moi que l'intrigue elle-même" ; ce propos de Marcel Carné est l'une des clés de son cinéma fondé sur l'articulation du décor et la psychologie de ses héros. Dans les années 1950, "Juliette et la clé des songes" montrera la continuité de son oeuvre et en offrira une illustration plus baroque.

 

Marcel Carné a connu sa période la plus inspirée de 1936 à 1946 avec notamment "Quai des brumes", "Le jour se lève", "Les enfants du paradis", trois chefs-d'oeuvre incontournables. C'est durant cette décade qu'il entretient une intense collaboration avec Jacques Prévert, scénariste et dialoguiste de sept de ses films les plus marquants. Le seul film que n'ait pas dialogué Prévert est "Hôtel du Nord" et il manque, en effet, à cet opus la veine poétique et non-conformiste si attractive dans les autres, le jeu sur les archétypes et l'intérêt pour les marginaux qui en faisaient le charme et la caractéristique. Cette brillante série bénéfiait également de l'apport exceptionnel des décors d'Alexandre Trauner et des superbes images dues à des techniciens formés par le meilleur cinéma muet allemand. Tous les ingrédients du "réalisme poétique" à la française étaient réunis, ainsi que des acteurs à la présence incontestable tels que Jean Gabin, Arletty, Michèle Morgan, Jules Berry, Jean-Louis Barrault, Pierre Brasseur, Louis Jouvet, Michel Simon...

 

En 1938, "Quai des brumes" est le film fondateur de ce style réaliste-poétique qui marquera si fort le cinéma de notre pays. Cette rencontre du déserteur et de la jeune fille perdue permet au style de se mettre en place.On le retrouve dans "Le jour se lève", récit novateur par sa construction en flash-back. Si "Les visiteurs du soir", tourné pendant l'Occupation, s'oriente volontiers vers le mythe et le symbole qui en découle, "Les enfants du Paradis" viendront couronner cet itinéraire créateur et innovant. Ce monument du cinéma français joue sur l'intelligence de la reconstitution de l'ancien Boulevard du Crime et sur l'évocation des spectacles de rue : pantomines doublant les scènes vues par le spectateur, longs monologues à l'écriture rigoureuse, mise en scène du mélodrame au sein du récit, alliance narrative de personnages de fiction et de figures historiques comme le mime Deburau, l'acteur Frédérck Lemaître ou le bandit Lacenaire. Ce film attentif aux visages et à leurs expressions sait susciter l'émotion du spectateur et évolue avec un lyrisme tranquille où les mouvements de foule sont admirablement bien saisis par une caméra légère. L'opus représente l'apothéose de la collaboration Carné/Prévert et d'un cinéma populaire sans concessions.

 

"Les portes de la Nuit", réalisé aussitôt après la guerre, n'est pas affecté, au contraire, par les mots d'auteur qui y abondent et son narratif rend compte des échos du contexte social d'alors. Mais Carné n'a pas toujours connu la même réussite, ainsi dans "Les tricheurs" en 1958, variation sur le thème de Roméo et Juliette dont les deux héros se heurtent à des interdits nouveaux dans le cadre de Saint-Germain-des-Prés des années 50, ne fut pas reçu par le public avec enthousiasme, malgré ses indéniables qualités. De même que des films moins célèbres et également contestés comme "L'air de Paris" ( 1954 ), "Terrain vague" ( 1960 ) ou "Trois chambres à Manhattan" ( 1965 ) qui recèlent, de la part de leur auteur, de justes observations sur les milieux décrits et l'évolution de la société d'après-guerre au sein d'un projet purement romanesque. Toujours Marcel Carné, à travers une filmographie choisie et peu abondante mais, ô combien, avisée et vivante, révèlera ses solides qualités de mise en scène, de direction d'acteurs et le souffle d'une sensibilité sans cesse en éveil.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique REALISATEURS DU 7e ART, cliquer   ICI

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

MARCEL CARNE OU L'ALCHIMIE DU REALISME POETIQUEMARCEL CARNE OU L'ALCHIMIE DU REALISME POETIQUE
MARCEL CARNE OU L'ALCHIMIE DU REALISME POETIQUEMARCEL CARNE OU L'ALCHIMIE DU REALISME POETIQUE

Partager cet article

Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans LES REALISATEURS DU 7e ART
commenter cet article
20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 10:04
LE PORT DE L'ANGOISSE de HOWARD HAWKS

 En 1942, Harry Morgan, le propriétaire d’un yacht à la Martinique, gagne sa vie en emmenant à la pêche de riches touristes. Gérard, gaulliste convaincu et patron de l’hôtel où il loge, demande à Harry de l’aider à faire entrer clandestinement dans l’île un chef de la Résistance. D’abord réticent, Harry accepte, acculé par le besoin d’argent. Il vient en effet de rencontrer une jeune Américaine, Marie. Ils s’aiment et veulent quitter l’île. Cette histoire, inspirée d’un texte d’Hemingway, est assez mince et le film n’est certes pas l’un des plus réussis de Howard Hawks qui a, à son actif, tant de chefs-d’œuvre, mais le noir et blanc y est sublime, les prises de vue toujours impeccablement cadrées, l’interprétation remarquable et les dialogues vifs et lourds de sous-entendus qu’il suffit de déchiffrer. Et puis il y a Humphrey Bogart et Lauren Bacall lors d’un coup de foudre qui allait faire d’eux l’un des couples mythiques du 7e Art et enflammer le public. Lauren a alors 19 ans ; mannequin elle est totalement inconnue lorsque le metteur en scène la remarque sur une photo de mode, alors que Bogart est déjà une des légendes de Hollywood, presque quinquagénaire et célèbre pour son visage las mais expressif, sa présence, sa cigarette au coin des lèvres et sa façon de se mouvoir qui influencera un acteur français comme Belmondo.

 

 

Tous deux crèvent l’écran et semblent déjà si complices qu’ils donnent au film un charme particulier auquel on ne résiste pas. Et puis il y a l’atmosphère, toujours plongée dans une réalité fictive, une sorte de brume et de mystère qui pèsent sur les lieux et les êtres, un déni permanent d’authenticité que l’on accepte d’autant mieux qu’il participe à la mythologie hollywoodienne. Lauren semble descendue de l’Olympe avec sa coiffure impeccable, ses tailleurs où n’apparaît aucun faux pli même lorsqu’elle est sensée se rendre à l’île du Diable en plein vent et en pleine mer, Bogart semble revenu de toutes les rixes et de tous les barouds, mais qu’importe ! Oui, comment pourrions-nous en vouloir à un cinéma qui a idéalisé ses romances, ses acteurs et nos…attentes ! En ce cas précis, impossible !

 

Pour consulter la liste des films de la rubrique CINEMA AMERICAIN, cliquer  ICI

 

Et pour prendre connaissance de l'article consacré à Howard Hawks, cliquer sur son titre :

 

Howard Hawks, l'homme pressé

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

LE PORT DE L'ANGOISSE de HOWARD HAWKS
LE PORT DE L'ANGOISSE de HOWARD HAWKSLE PORT DE L'ANGOISSE de HOWARD HAWKS
LE PORT DE L'ANGOISSE de HOWARD HAWKS

Partager cet article

Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA AMERICAIN & CANADIEN
commenter cet article
8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 09:07
INDIAN PALACE - SUITE ROYALE de JOHN MADDEN

Maintenant que l’hôtel Marigold affiche complet, ses directeurs, Muriel Donnelly et Sonny Kapoor songent à l’agrandir. Ils ont justement trouvé l’endroit idéal pour ouvrir un second établissement. Tandis que le projet avance, Evelyn et Douglas, qui travaillent désormais à Jaipur, se demandent où leurs rendez-vous réguliers autour des délices de la cuisine indienne vont les mener. Norman et Carole essaient de maîtriser les difficultés d’une relation exclusive, et Madge hésite entre deux prétendants aussi intéressants l’un que l’autre. Récemment arrivé, Guy Chambers trouve sa muse en la personne de Mme Kapoor, la mère de Sonny, pour écrire son nouveau roman. Sonny doit très bientôt épouser Sunaina, l’amour de sa vie, mais il est de plus en plus absorbé par le nouveau projet d’hôtel, qui exige tout son temps… Seule Muriel pourrait peut-être avoir des réponses : personne n’a de secret pour elle. Alors que le grand jour approche, l’ivresse de la préparation d’un mariage traditionnel indien s’empare de tout le monde…

 

Il est vrai que le scénario est mince et que l’on se demande comment un si faible argument va permettre au film de tenir deux longues heures. Eh bien, il tient et, peut-être, encore mieux que le précédent affirment certains. Ne l’ayant pas visionné, je ne peux donner un avis, mais ce second volet m’a bien plu, on passe un bon moment avec ces personnages qui débordent de dynamisme et de bonne humeur.

 

Le jeune Dev Patel est parfait de naturel dans le rôle de Sonny, ainsi que tous les acteurs, qui font d’ailleurs le film, et  nous accrochent par leur façon d’appréhender la vie avec optimisme, générosité et bienveillance, malgré leur âge ou grâce à lui.

 

Il y a évidemment une certaine naïveté à voir ainsi la vie en rose selon les méandres d'un narratif quelque peu décousu mais, qu’importe, l’ambiance est pleine d'allégresse, l’interprétation juste et d’une spontanéité touchante – ce qui est dû au talent de cette pléiade d'excellents acteurs – que l’on passe un bon moment à regarder cet opus plein de défauts. Aussi, est-ce la plus grande réussite du réalisateur d'être parvenu à transformer ses défauts en qualités. Bravo à John Madden qui, au final, nous fait assister à un magnifique mariage indien avec des danses qui nous emportent dans leur rythme endiablé. A voir si l’on a un petit accès de déprime. Très remontant pour le moral de tout âge.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA EUROPEEN, cliquer   ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

INDIAN PALACE - SUITE ROYALE de JOHN MADDEN
INDIAN PALACE - SUITE ROYALE de JOHN MADDENINDIAN PALACE - SUITE ROYALE de JOHN MADDENINDIAN PALACE - SUITE ROYALE de JOHN MADDEN

Partager cet article

Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA EUROPEEN & MEDITERRANEEN
commenter cet article

Présentation

  • : LA PLUME ET L'IMAGE
  • LA PLUME ET L'IMAGE
  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
  • Contact

Profil

  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

ET SI VOUS PREFEREZ L'EVASION PAR LES MOTS, LA LITTERATURE ET LES VOYAGES, RENDEZ-VOUS SUR MON AUTRE BLOG :  INTERLIGNE

 

poesie-est-lendroit-silence-michel-camus-L-1 

 

Les derniers films vus et critiqués : 
 
  yves-saint-laurent-le-film-de-jalil-lespert (1) PHILOMENA UK POSTER STEVE COOGAN JUDI DENCH (1) un-max-boublil-pret-a-tout-dans-la-comedie-romantique-de-ni

Mes coups de coeur    

 

4-e-toiles


affiche-I-Wish-225x300

   

 

The-Artist-MIchel-Hazanavicius

 

Million Dollar Baby French front 

 

5-etoiles

 

critique-la-grande-illusion-renoir4

 

claudiaotguepard 

 

affiche-pouses-et-concubines 

 

 

MES FESTIVALS

 


12e-festival-film-asiatique-deauville-L-1

 

 13e-FFA-20111

 

deauville-copie-1 


15-festival-du-film-asiatique-de-deauville

 

 

Recherche