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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 11:44

le navire-est-voile-3 (Petit)                                                                                  

                         

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bienvenue sur ce blog, où je propose à votre curiosité plusieurs rubriques, dont celles des CINEMAS FRANCAIS, AMERICAIN, EUROPEEN et ASIATIQUE.

 

Vous trouverez également une rubrique dédiée aux   ACTEURS DU 7e ART  qui ont contribué, par leur talent, à confirmer le succès d'un film et à le rendre plus présent dans nos mémoires.

  

Une autre à mes BILANS CINEMATOGRAPHIQUES et aux articles panoramiques qui font état de l'impact d'un pays dans le monde du 7e Art.


  

Sans oublier celle des  REALISATEURS,  afin de vous entretenir de leur travail, de leur singularité, de leur apport au cinéma international et de leur rayonnement. 

 

 

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J'espère que cette diversité vous plaira. Chacun peut ainsi se promener à sa guise, selon sa curiosité et ses goûts. Bonne visite ! Et faites-moi part de vos commentaires. Ils seront les bienvenus.

 

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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 11:38
Robert Redford - portrait
Robert Redford - portrait

Robert Redford est né le 18 août 1936 à Santa Monica dans une famille modeste, son père, après avoir été laitier, avait décroché un poste de comptable. Passionné de peinture, il entre à l’Université du Colorado et, à l’âge de 19 ans, embarque pour un voyage en France et en Italie avec ses pinceaux, rêvant déjà de voir  ses toiles accrochées au Musée d’Orsay. Mais nenni, ce n’est pas sa voie et il bifurque bientôt en entrant à l’«American Academy dramatics arts» où il débute une carrière professionnelle au théâtre dans les années  50. Puis, il est choisi pour jouer dans des séries télévisées où il est vite remarqué, si bien qu’il passe sans difficulté de la petite lucarne au grand écran grâce, en partie, à son physique avantageux et sa gueule de beau gosse. On connait ses films emblématiques « Butch Cassidy et le Kid », « Les Hommes du Président », « L’Arnaque » qui lui méritera l’Oscar du Meilleur acteur en 1979, « Gatsby le magnifique », « Out of Africa » et « L’homme qui murmure à l’oreille des chevaux ». Avec de tels rôles, il devient une icône du cinéma hollywoodien, un acteur qui aura pratiquement incarné à lui seul toutes les Amériques : la corrompue, la sportive, la romantique, la puritaine, l’écologiste, Amérique fatalement rebelle et assurément séduisante. C’est en 1985 qu’il partage avec Meryl Streep la vedette du film aux 7 Oscars de Sydney Pollack « Out of Africa », ce dernier l’ayant dirigé à sept reprises et, entre autres, dans « Jeremiah Johnson », « Les 3 jours du Condor », « Nos plus belles années ».

 

 

Sa carrière cinématographique commence réellement avec  « La poursuite impitoyable » d’Arthur Penn en 1966 qui le révèle définitivement au public. Dès lors, il ne quittera plus la pellicule et abordera, avec un certain succès, une carrière de réalisateur amoureux des grands espaces, doté d'une vocation d'écologiste affirmée  avec « Des gens comme les autres » en 1980. Il décrochera, par ailleurs, un Golden Globe en tant que réalisateur pour « Quiz Show » en 1995.

 

 

Fondateur du Festival de Sundance, il se plaît aujourd’hui à donner leur chance à de jeunes cinéastes. Personnellement il aspire à un 7e Art de plus en plus indépendant et innovateur. D'autre part, et depuis un bon moment, il a passé la main à Brad Pitt, côté belle gueule, mais n’a pas réussi  le virage de Eastwood en tant que réalisateur. Son dernier film « All is Lost » en 2013  le voit interpréter, seul face à la caméra, un marin perdu en mer et luttant contre les éléments déchaînés. Ce qui prouve que les risques ne lui ont jamais fait peur…

 

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Robert Redford - portrait
Robert Redford - portrait
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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 12:39

                       Daniel Auteuil et Jean-Pierre Darroussin. Studio Canal  

 

Ce film de Jean Becker a le mérite de remettre quelques bonnes vérités en place, ne serait-ce qu'en offrant de la vie d'un un rat des villes et d'un rat des champs une vision juste et une morale salutaire. Entre un peintre et un jardinier qui se retrouvent après avoir partagé, jadis, les 400 coups de l'enfance, s'instaure un dialogue savoureux où le bon sens sort triomphant et l'amitié confortée . Un vrai bain de jouvence que la dernière partie du film ternit un peu. Dommage !

Un peintre lassé des aléas de la vie parisienne s'en retourne vivre dans sa province d'origine au coeur de la France profonde, ce qui est l'occasion pour lui de renouveler ses thèmes d'inspiration et de remettre en question son style de vie. D'autant que le jardinier, auquel il a recours pour cultiver son potager, n'est autre qu'un ami de jeunesse qui, après avoir été cheminot, s'est reconverti dans le jardinage par goût personnel. Rencontre entre deux cultures, deux vocations, celle de la terre et celle de l'art, entre deux modes d'existence.


Tandis que l'un a été victime de pas mal de revers et de déboires, l'autre a su se protéger et vivre des jours lumineux et simples en offrant aux autres ce qu'il avait cultivé avec humilité. Aussi le peintre, en rupture d'illusion, s'émerveille-t-il du regard empli de sagesse et de lucidité que cet ancien complice de la communale pose sur le monde. Nulle aigreur, nulle jalousie ne viennent fausser son jugement qui frappe par son bon sens, l'unique critère auquel il se réfère en toutes occasions.

 

                     Jean-Pierre Darroussin et Daniel Auteuil. Studio Canal

 

L'auteur des Enfants du Marais a adapté pour l'écran un roman d'Henri Cueco, dont le jardinier-philosophe était le héros principal, dispensant au fil des pages et des dialogues une belle leçon de vie. Jean Becker, pour l'occasion, a voulu amplifier, face à lui, le rôle du peintre en vogue revenu des déceptions causées par une existence trop superficielle et mondaine et qui, ayant passé le cap de la cinquantaine, s'interroge sur son art et sur sa carrière.


Il a apporté également un soin particulier au traitement de l'image et de la lumière. Les paysages sont très présents, non seulement pour activer la mémoire et favoriser l'inspiration, mais pour redonner à la vie du peintre les couleurs qu'elle semble avoir perdues. C'est par ailleurs dans les dialogues eux-mêmes, qui font écho au décor champêtre, que réside la part la plus intéressante du film, dont le scénario reste conventionnel et les personnages secondaires peu consistants. Néanmoins, cette douceur de vivre suffit-elle à nous convaincre qu'elle peut à elle seule redonner au peintre le goût de lui-même et ré-orienter sa carrière d'artiste ? Sans doute non, mais il n'empêche que le film distille une fraîcheur revigorante, que les diverses scènes sont amenées avec délicatesse et que le cinéaste procède habilement par touches légères, feuilletant devant nos yeux un plaisant catalogue de peintures impressionnistes. Un bon moment qui nous propose un regard ragaillardi sur les choses.

 

3-e-toiles

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LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 

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                    Jean-Pierre Darroussin. Studio Canal


 

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 10:57
Sully de Clint Eastwood

Le 15 janvier 2009, deux minutes après avoir décollé de l’aéroport de LaGuardia, à New York, l’Airbus A320 du vol 1549 de la US Airways est percuté par une formation de bernaches du Canada, bêtes semblables aux oies, qui met ses deux réacteurs hors d’usage. Aux commandes de l’appareil, le commandant Chesley Burnett Sullenberger, 59 ans, assisté de son copilote Jeffrey Skiles. Chesley dispose de très peu de temps pour réagir. Renonçant à se diriger vers un des aéroports de proximité alors que son avion perd de la vitesse et survole la ville, il choisit l’option, réputée très dangereuse, de l’amerrissage sur le fleuve Hudson. Bien lui en prend : cette décision d’expérience et d’instinct sauve les cent cinquante passagers, les cinq membres de l’équipage, ainsi qu’un nombre inconnu d’habitants d’une mort certaine si l’avion s’était abîmé sur un immeuble, renouvelant le cauchemar, encore très prégnant dans les mémoires, des attentats de septembre 2001.

 

 

Les médias et le grand public ont immédiatement célébré le ­héros mais on sait moins, en revanche, que le commandant Sullenberg a été soupçonné de n’avoir pas pris la bonne décision, celle de revenir à l’un des aéroports les plus proches. De ce fait, il  a été un moment soupçonné d’être  inapte à poursuivre sa carrière par la commission d’enquête du Conseil National de la Sécurité des Transports. Nous assistons ainsi aux auditions qui ont eu lieu à plusieurs reprises à l’issue du sauvetage. C’est à cette procédure, en tant qu’elle est dialectiquement liée à l’héroïsme du personnage, que s’est intéressé Clint Eastwood dans "Sully", procédure qui confère à son film tout son intérêt et donne à l’acte héroïque de ce pilote une dimension légendaire. En effet, US Airways cherche un responsable pour rembourser les frais matériels d'un Airbus irrécupérable et le réalisateur pointe ainsi du doigt la primauté universelle qui place l'argent au-dessus de la vie, faisant de son film une réflexion sur la valeur humaine lorsqu'elle défie les basses contingences matérielles. 

 

Admirable reconstituée, cette page extraordinaire de l’aviation américaine nous est contée sans rien omettre de la tension du commandant de bord et de son co-pilote, de la rapidité de réaction des divers sauveteurs, du sang-froid du personnel naviguant et de la miraculeuse présence d’esprit de tous ceux qui ont participé à ce sauvetage hors normes. Nous avons l’impression de vivre en direct cette épopée qui a stupéfié, à l’époque, la planète entière. Qui ne se souvient des toutes premières photos des rescapés attendant les secours, groupés, grelottants et terrifiés sur les ailes  de l’avion à demi immergé dans l’eau glaciale de l’Hudson ? Car cet accident a eu lieu en janvier par des températures avoisinants les moins 20°, ce qui a fait dire au copilote que s’il devait le revivre, il choisirait le mois de juillet. Trait d’humour qui clôt cette aventure incroyable, admirablement remise en image par la caméra de Clint Eastwood. Une nouvelle fois, l’acteur-réalisateur nous offre un opus enthousiasmant que l’on suit avec une attention et un intérêt qui ne se relâchent jamais. Une réussite totale autant sur le plan de la reconstitution que sur celle de l’interprétation. Un Tom Hanks très à l’aise dans son habit de pilote. Une seule réserve : il est préférable de ne pas voir ce film à la veille d'un embarquement.

 

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Sully de Clint Eastwood
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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 11:03
Moi, Daniel Blake de Kenneth Loach

Kenneth Loach, on le sait, est un fervent défenseur des causes perdues, au point que chez lui la mise en scène s’efface devant les personnages qui, pour la plupart, sont les victimes  d’une société en crise, confrontée à un chômage constant et agissant avec une implacable dureté à l’égard des plus faibles. Ce dernier opus  ne change pas de registre et se présente comme un film social où les hommes et les femmes sont broyés inexorablement par des institutions qui les considèrent comme les exclus du système. Cela, sans que Kenneth ne triche lors de cette démonstration avec le respect du réel, la distance critique et son engagement personnel, entre son excellente direction d’acteurs et sa rigueur narrative comme il nous le prouve une nouvelle fois avec « Moi, Daniel Blake », film qui a obtenu la Palme d’or au dernier Festival de Cannes.

 

Le Britannique y brosse le portrait poignant d’un menuisier de 59 ans en lutte avec  l’administration pour toucher une pension d’invalidité à la suite d’un grave problème cardiaque. Malgré son âge, Kenneth Loach n’a rien perdu de sa fougue, de sa rigueur et de son humour et surtout de son militantisme empli de compassion envers les êtres laissés au bord du chemin dans un dénuement tragique. Le film séduit d’abord par sa cocasserie de ton, la qualité de ses interprètes, dont Dave John, remarquable dans le rôle de Daniel Blake, ainsi que la recréation de l’Angleterre des années 1980 placée sous le signe du néoréalisme.

 

Néanmoins, le film ne séduit pas entièrement pour la simple raison qu’il est traité à la façon d’un documentaire et ne nous fait grâce d’aucuns détails sur les innombrables démêlés que vont devoir affronter les protagonistes avec les divers bureaux sociaux, ce qui entrave notre immersion dans ce parcours du combattant et c’est dommage. Le témoignage devient un peu trop formaliste et ce cinéma social un peu trop démonstratif pour pleinement susciter notre émotion. On se contente de suivre Daniel Blake dans le cadre de ces démarches administratives kafkaïennes et de ces formalités innombrables qui réduisent l’homme à sa part la plus étroite. Ce dernier opus de Kenneth Loach s’inscrit toutefois dans une démarche cinéphile d’une admirable homogénéité et aucun spectateur ne peut rester insensible à cette voix qui crie dans un désert.

 

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Moi, Daniel Blake de Kenneth Loach
Moi, Daniel Blake de Kenneth Loach
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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 09:43
MARION COTILLARD - PORTRAIT

 

 

Pour sa remarquable interprétation d'Edith Piaf dans le film "La môme", et après les Globes d'or, Marion Cotillard allait s'offrir un doublé historique en recevant, coup sur coup, le César et l'Oscar de la meilleure actrice, portée aux nues comme jamais comédienne ne l'avait été auparavant, au point qu'à son sujet on a parlé d'un sacre plus encore que d'une consécration. " Merci l'amour, merci la vie... C'est vrai qu'il y a des anges dans cette ville de Los Angeles" - s'était-elle exclamée en anglais, bouleversée sous les vivats des 3.400 spectateurs du théâtre Kodak situé dans le quartier historique du 7e Art, quarante-huit ans après que Simone Signoret ait reçu la statuette pour "Les chemins de la haute ville".

Née en 1975 à Paris, fille de deux comédiens et professeurs d'art dramatique, bercée dès son plus jeune âge dans le monde du spectacle, Marion Cotillard prend très vite goût à l'interprétation et décide de suivre la voie ouverte par sa famille. L'adolescente entre au conservatoire d'art dramatique d'Orléans où son père sera son professeur et puise dans ce creuset son goût pour le théâtre qui va la sortir d'un mutisme qui, très tôt, l'avait incité au repliement sur soi. Le théâtre joue ainsi le rôle d'une thérapie et la pousse à entrer dans la peau de personnages divers afin d'échapper à ses propres angoisses existentielles. "Le théâtre m'a aidée à retrouver les mots qui m'avaient tellement manqué, à m'ouvrir." - avouera-t-elle. Elle fera ses premières armes chez Arnaud Desplechin et Coline Serreau, mais elle atteint une certaine notoriété grâce au rôle de Lilly, fiancée excédée par les absences trop fréquentes de son petit ami Samy Naceri, chauffeur dans un certain "Taxi 2"  ( 1999 ). Elle se voit alors nommée pour le César du meilleur espoir féminin. Sa voie est dès lors tracée. Les dix millions d'entrées que totalise le film lui assurent une popularité qui ne va cesser de s'amplifier lorsqu'elle incarne les rôles des soeurs jumelles dans  "Les jolies choses"  ( 2000 ), d'après le roman de Virginie Despentes. Ce rôle difficile se voit récompensé par une nouvelle nomination au César du meilleur espoir féminin. L'année 2002 est particulièrement chargée pour cette comédienne travailleuse et talentueuse qui sera à l'affiche de trois films dont  "Taxi 3",  "Jeux d'enfants"  face à Guillaume Canet et "Big Fish" sous la direction de Tim Burton, déjà un succès américain...

 

          

 

Pour avoir incarné l'ange noir dans "Un long dimanche de fiançailles" de Jean-Pierre Jeunet, elle remporte le César de la meilleure actrice pour un second rôle et son ascension ne cesse de s'affirmer avec le drame "Cavalcade", la comédie romantique "Ma vie en l'air", son rôle dans "Mary" d'Abel Ferrara face à Juliette Binoche, autre oscarisée, le thriller "La boite noire" et enfin  "Une grande année" avec Ridley Scott, odyssée vinicole, tous films de qualité qui lui permettront d'obtenir le rôle d'Edith Piaf dans "La môme" sous la direction éclairée d'Olivier Dahan, dont on regrette que le film n'ait même pas été couronné par la France, alors qu'il avait été plébiscité par 5 millions de spectateurs français et 10 millions d'américains, portant haut les couleurs du cinéma français sur le plan international.

 

 

                       Affiche américaine.

 

Piaf aura été le bon ange de Marion Cotillard qui, pour sa part, sut faire revivre de façon juste et vraie l'inoubliable chanteuse, au point que les spectateurs, comme les jurés, ne s'y sont pas trompés. " La première chose dont j'ai rêvé " - a dit la jeune actrice lors d'une de ses interviews - c'était d'avoir de grands rôles et celui-là, était immense, ma première composition digne de ce nom". Un avenir américain s'ouvrait pour elle tant sa performance avait été appréciée Outre-Atlantique. Ce triomphe international lui octroie une médiatisation qui ne sera pas de tout repos. En effet, des déclarations maladroites l'obligeront à exprimer publiquement des regrets et écorneront momentanément sa réputation. Cela ne l'empêche nullement d'entamer une carrière aux Etats-Unis où elle tourne "Inception" de Christophe Nolan au côté de Leonardo DiCaprio, puis "Nine", un remake musical du film "Huit et demi". Je dois avouer avoir été déçue par sa prestation dans "Inception" - une oeuvre absconse qui fait la part belle aux effets spéciaux  et où le talent de la jeune femme semble se figer à force d'être si peu sollicité. Heureusement, elle nous revenait bientôt avec un film "De rouille et d'os" ( 2012 ) qui la remettait en selle dans une composition à nouveau complexe et difficile comme elle sait le faire, prouvant que nous avions vu juste en décelant en elle un tempérament et un vrai talent qui  ne demandaient qu'à être mis en danger pour donner le meilleur.

 

En 2013, elle nous bouleverse à nouveau dans "Deux jours, une nuit" des frères Dardenne "où elle se coule avec infiniment de sensibilité dans la peau d'une jeune femme acculée au chômage. Personnellement je pense qu'elle excelle dans des personnages vibrants, tout en dualité psychique, ce qui lui donne l'occasion de livrer une multiplicité de sentiments qui  se partagent entre force et faiblesse, doute et conviction. Cette jeune actrice possède d'étonnantes ressources qui ne demandent qu'à s'exprimer, aussi serait-il dommage de la réduire à des rôles caricaturaux ou trop formatés comme c'était le cas dans "Inception" et "Minuit à Paris" de Woody Allen où elle était, à mon grand regret, une femme fatale sans consistance. L'actrice se plaît à prêter sa voix à des documentaires animaliers comme "Terre des ours" réalisé par Guillaume Vincent ou un dessin animé comme "Avril et le monde truqué" de Franck Ekinsi et Christian Desmares. Elle double par ailleurs la Rose dans l'adaptation américaine du "Petit Prince" de Saint-Exupéry et également la voix de Scarlet Overkill dans la version française de "Les Minions". Enfin elle est Jeanne dans l'Oratorio "Jeanne d'Arc au bûcher" d'Arthur Honegger sur le livret de Paul Claudel et sera sacrée "Femme de l'année" en 2013 par l'Université de Harvard. Voilà un parcours d'exception qui ne cesse de s'actualiser, puisque Marion Cotillard vient encore de nous bouleverser dans le dernier opus de Nicole Garcia "Mal de pierres" où elle est une femme  en mal de passion amoureuse, égarée par ses propres fantasmes. 

 

Pour prendre connaissance des critiques des films interprétés par l'actrice, dont La môme, Inception,  Minuit à ParisDe rouille et d'os, Deux jours, une nuit, Mal de pierres" cliquer sur les liens ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS     

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN 

 

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MARION COTILLARD - PORTRAIT
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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 09:58
Mal de pierres de Nicole Garcia

Gabrielle (Marion Cotillard) a grandi dans la petite bourgeoisie agricole où son rêve d’une passion absolue fait scandale et où les aspects exaltés, que prend celle-ci, prêtent aux sarcasmes. À une époque, où l’on destine d’abord les femmes au mariage, Gabrielle dérange et on finit par la croire folle. Sa mère (Brigitte Roüan) la donne à José (Alex Brendemülh), un ouvrier saisonnier qui a fui l’Espagne de Franco, et le charge de faire d’elle une femme respectable, en aidant financièrement le jeune homme à installer sa petite entreprise de bâtiment. Gabrielle dit ne pas l’aimer et se refuse, dans un premier temps, à toute étreinte physique. Lorsqu’on l’envoie en cure thermale pour soigner ses calculs rénaux, son mal de pierres, un lieutenant blessé dans la guerre d’Indochine, André Sauvage (Louis Garrel), fait renaître en elle cette urgence d’aimer. C’est alors que le désir se change en illusion, que l’âpreté de la passion et sa fulgurance se transforment en un fantasme qui finira par l’ouvrir à l’âge adulte.

 

Adapté du roman "Mal di pietre" de Milena Agus  (Éditions Liana Levi), ce film sensible et émouvant est réalisé avec élégance par Nicole Garcia qui a misé avec discernement  sur l’extraordinaire écran sensible qu’est le beau visage de l’actrice Marion Cotillard. C’est sur sa grâce réceptive que repose cette version romanesque d’un amour transfiguré par l’imaginaire, quête aveugle et désespérée d’une illusion tragique, un mal de pierres d’un cœur et d’un corps malade de volupté et d’inquiétude. La structure en flash-backs, bien que peu novatrice, aide à mieux cerner les motivations de cette jeune femme prise au piège de ses sentiments et des préjugés d’une époque où le mariage a le pouvoir de sécuriser et stabiliser le rôle féminin. Folle, ou perçue comme telle par la petite communauté qui la stigmatise, Gabrielle ne renonce pas à ses espérances et montrera un bel acharnement à poursuivre ses fantasmes amoureux.

  

« Ce destin de femme incarne pour moi la forme de l’imaginaire, la puissance créatrice dont nous sommes tous capables lorsque nos aspirations, nos sentiments, nous conduisent aux extrémités de nous-mêmes, à notre propre dépassement » - a déclaré Nicole Garcia, qui s’est appropriée le matériau initial du roman, tout en le réinterprétant selon son inspiration, sans en trahir l’esprit. Il en résulte un récit qui unit la simplicité narrative à la complexité psychologique des personnages et flirte un moment avec le fantastique mais sans s’y frotter véritablement. Sans doute est-ce dommage car le final aurait mérité davantage de mystère et une plongée plus totale dans l’insécurité psychologique.  

  

Malgré ces quelques réserves, Nicole Garcia nous offre un opus bien construit qui doit beaucoup à l’équipe artistique et technique ainsi qu’à l’interprétation. La photographie raffinée de Christophe Beaucarne joue habilement des contrastes ville/campagne  et nous procure de belles échappées sur la vie rurale, sur la Provence parfumée des années 50. Quant aux acteurs, ils sont tous excellents mais la palme revient à Marion Cotillard admirable de sensibilité, véritable stradivarius dont les expressions font de son personnage une poignante symphonie féminine de révolte et de tendresse, de fureur et d’abandon, de délicatesse et de violence, son regard étant à lui seul l’alpha et l’oméga de cette tragédie des sentiments, parfois un peu artificielle. Un film qui ouvre des perspectives sur les infinies variations du cœur féminin sans les rendre suffisamment crédibles.

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Mal de pierres de Nicole Garcia
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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 11:01
ANDRZEJ  WAJDA

Andrzej Wajda, qui vient de mourir d’une insuffisance respiratoire à l’âge de 90 ans, est le chef de file de l’école de cinéma polonaise qui s’est affirmée à partir de 1956 à la faveur d’un renouveau artistique et d’une relative libéralisation politique. Sa filmographie reflète d’ailleurs les aléas constants qui ont frappé l’évolution du pays, ainsi que l’illustrent les titres de ses opus successifs : « Cendres et diamants » en 1958, « L’homme de marbre » en 1977, « L’homme de fer » en 1981, « Korczak » en 1990, réalisations en prise directe avec l’actualité du pays. Cinéaste soucieux du moindre détail, Wajda a souvent eu recours à des formes baroques et n’a cessé de s’interroger sur l’histoire singulière et dramatique de la Pologne. Aussi le thème national a-t-il été abordé par lui de manière sensible et romantique sans pour autant que la critique, parfois même virulente, en soit absente. Ainsi fait-il la part belle à tous les actes de résistance qui ont eu lieu durant l’occupation allemande, puis sous l’occupation de l’armée rouge, résistance ignorée ou déformée par les discours officiels ou, pire, par la propagande de cette politique dominatrice qui étouffait en permanence les forces vives de la nation polonaise. Evoquant l’année 1945, « Cendres et diamants » met aux prises des opposants issus de la Résistance intérieure qui vont organiser l’assassinat d’un vétéran communiste, représentant du nouveau régime dictatorial. Portrait complexe des contradictions du moment, cette analyse poignante bénéficie d’une interprétation remarquable et promulgue l’acteur Zbigniew Cybulski  en véritable icône de la jeunesse. Sa mort prématurée sera à l’origine d’un film que Wajda lui dédie « Tout est à vendre », récit d’un tournage et approche de la création,  qu’il reprendra et approfondira plus tard dans son film « Chef d’orchestre » (1980).

 

 

Malgré la surveillance exercée par le pouvoir en place sur ses scénariis, Wajda s’applique à décrire les anachronismes de la Pologne d’avant-guerre avec sa célèbre charge de cavalerie contre les divisions blindées allemandes dans « Lotna », opus qui lui attire bien des critiques et exerce un inconfort évident sur sa volonté de scruter d’un œil neuf et impartial l’histoire réelle de son pays. Avec « Cendres », pour lequel il obtient de plus gros moyens financiers, il se livre à une large fresque sur le pays au lendemain de l’épisode napoléonien, puis aborde le temps des croisades avec « La croisade maudite » en 1968. Plus dramatique et personnel sera « Paysage après la bataille » qui évoque le destin des rescapés polonais des camps nazis, tandis que « Les noces », en 1973, dépeint  la nostalgie d’un passé où les héros de tous ordres s’illustraient avec force et panache. Par la suite, l’évolution politique de son pays l’incite à un engagement encore plus formel, cela au prix d’une lutte incessante. Ce sera le grand moment de « L’homme de marbre » (1977), un retour sur une époque de lutte incessante pour l’édification d’un socialisme à marche forcée,  film construit comme une enquête où le réalisateur restitue parfaitement le climat de propagande et l’obsession du sabotage des années staliniennes. Les événements ne cessant de s’accélérer avec les grèves de Gdansk et l’émergence du syndicat indépendant de Solidarnosc, il réalise sans plus tarder, et dans l’urgence, « L’homme de fer », où il met en scène le fils de l’Homme de marbre, mais également un journaliste mouchard. Ce film aura une réelle répercussion dans le monde entier et fera connaître le nom de Wajda, ce qui lui permettra dès lors de tourner à l’étranger sans être brimé par la censure polonaise marxiste. C’est ainsi qu’il produit « Danton » en France en 1983 avec, dans le rôle-titre, Gérard Depardieu, film où il s’implique dans des considérations sur le pouvoir et la révolution. Enfin avec des films comme « La semaine sainte » (1995) ou « Miss Nobody » (1996), Wajda médite sur la Pologne post-communiste et les changements survenus, confirmant haut et fort  ses critiques morales à l’intention d’un pays où le cinéma désormais n’est plus la proie des mêmes enjeux  politiques. 

 

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ANDRZEJ  WAJDA
ANDRZEJ  WAJDA
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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 10:59
La philo vagabonde de Yohan Laffort

Invité à visionner ce film de Yohan Laffort sur la démarche du philosophe vagabond Alain Guyard, j’étais a priori un peu inquiet, le cinéma actuel ne m’inspire pas beaucoup, je préfère mettre mes propres images sur les mots que je lis et ma culture philosophique puise ses racines dans mes seules lectures et réflexions. Mais cette inquiétude a été rapidement vaincue, Yohan Laffort a su filmer le périple de Guyard en même temps qu’il filmait sa démarche, il a su accompagner le philosophe sans jamais imposer ses images. Il a su alterner ses enseignements avec les réflexions de ses auditeurs, avec les motivations de ceux qui l’invitent dans les lieux les plus insolites et parfois même incongrus, avec de magnifiques images du Gard et des environs, là où Guyard sévit.

 

 

Guyard, c’est une bête de scène comme on dit à la télé où les mots se raréfient plus vite que l’eau dans le désert. Guyard, c’est Depardieu dans "Crésus", c’est Mélenchon sans son égo démesuré et ses  ambitions ineptes, c’est une force, une puissance d’évocation, un tribun éclairé, un virtuose du vocabulaire, un grand acteur, une culture immense, une intelligence supérieure. Il m’a rappelé un professeur d’histoire qui nous expliquait avec des mots savants, comme ceux de Guyard, la mythologie grecque, la ramenant à une explication toute simple de la vie des populations de cette époque et de leurs préoccupations. Guyard fait la même chose avec la philosophie, il décortique, dissèque, dénoyaute les écrits, les pensées, les recommandations des auteurs, notamment des auteurs de la Grèce antique qu’il semble particulièrement affectionner.

 

 

Il ne cherche pas à éclairer l’auditeur, il s’applique à  l’embrouiller encore plus pour qu’il remette en question tout ce en quoi il croit, les cadres que la société a fabriqués pour que la majorité vivent selon les normes que certains ont définies : normes morales, normes sociales, normes économiques, normes religieuses, normes culturelles … tout ce fatras de normes qui devrait permettre de vivre en société alors que l’homme est avant tout un individu et qu’il ne vit que pour lui-même, pour se confronter à la vie et à la mort qui n’en est que le dernier épisode.

 

 

Laffort a mis ses souliers dans les pas de Guyard allant de la librairie à la médiathèque, de la prison à la ferme, de la boulangerie à l’école des puéricultrices, partout où les gens s’interrogent sur leur existence, leur raison d’être, leur façon de rendre leur vie possible et peut-être même agréable. Et, chaque fois, Guyard les a pris par surprise, leur faisant comprendre que tout ce qu’ils croyaient allait à l’encontre de ce qu’ils recherchaient. Le bonheur s’oppose à la joie, la violence populaire n’est que la manifestation de sa force, l’expression de la nécessité de renouveler la liste de ceux qui détiennent le pouvoir, l’accumulation des richesses n’est que l’expression de l’angoisse, de la peur, de la vie, de la nécessité de se protéger. De conférence en conférence, Guyard adapte ainsi son discours à son public pour toujours revenir à l’essentiel, à l’individu, à son essence, à la nécessité dans laquelle il est d’échapper aux forces qui le séquestrent dans l’un des systèmes inventé par les puissants. L’amour sans frustration n’est pas amour, l’éthique est personnelle et non professionnelle, la volonté prime sur la moralité … chaque public reçoit le message qui lui est adapté.

 

 

Se situant lui-même « entre Coluche et la métaphysique », Alain Guyard redonne une nouvelle dimension à la philosophie gravement dévaluée par les philosophes de télé qui essaient d’en faire une marchandise de librairie. J’ai retrouvé toute la puissance que Guyard a mise dans « La soudure », sa détermination à vouloir faire comprendre aux hommes que la vraie vie était en eux et que tous les systèmes étaient pervers. La philosophie, cela dérange, « ça fout la merde » dans les esprits parce que la vie, la raisons de vivre, ça ne s’explique pas, le philosophe est comme « l’homme qui pédale sans savoir qu’il pédale et qui doit descendre de vélo pour savoir s’il pédale bien et donc cesser de pédaler ». C’est la machine infernale, le mouvement perpétuel de la remise en question permanente. Il reste à chacun de déterminer ce qu’est pour soi « la valeur de l’existence ».

 

 

Un film qui met déjà en perspective la quasi-totalité des discours que nous devrons subir lors des prochaines campagnes électorales où l’adage de Nietzsche sera encore confirmé : « Nous sommes des décadents ». Il nous restera néanmoins la transgression pour créer un autre du monde hors du cadre défini actuellement.

 

 

Et pour conclure, je voudrais ajouter que je partage avec Guyard cette façon d’aller à la rencontre des acteurs de nos territoires afin de les écouter et les conforter dans leurs démarches souvent à la marge des idées reçues. Là sont les vraies forces !

 

Denis BILLAMBOZ

 

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 11:27
Juste la fin du monde de Xavier Dolan

Je suis allée voir ce film avec quelques à priori. Tout d’abord à cause du battage fait par une certaine presse qui voit en cet opus le chef-d’œuvre absolu et une autre qui pointe du doigt sa totale indigence. Trop de trop ne pouvait manquer d’aiguiser ma curiosité et m’inciter à me forger ma propre opinion. Que Xavier Dolan soit un jeune cinéaste doué, nous le savions depuis ses débuts à l’âge de 20 ans. Il en a aujourd’hui 27 et s’affirme avec plus de maturité, façonnant son style non sans quelques maladresses mais un souci constant d’originalité et une quête soucieuse du dire vrai et de l’image juste.

 

 

Cette dernière réalisation, bien qu’inégale, recèle des moments d’une vraie et profonde beauté et une exigence dans l’expression de l’incommunicabilité entre les êtres, les désordres intérieurs, l’incapacité de chacun à vivre une relation, à établir un dialogue, à sortir de son emmurement. Le silence est sans doute la plus grande liberté de l’homme, dont il sait si peu faire bon usage. Les personnages du film apparaissent tous, à l’exception du visiteur, comme les prisonniers d’eux-mêmes, les victimes de leur égo, les invalides de l’existence, partageant un huis clos  où ils n’ont pour pires ennemis qu’eux-mêmes. Tous vivent dans une agitation permanente, un onirisme sans consistance ; tous sont les victimes de la dictature du bruit et de l’éphémère, de la fébrilité et de l’inquiétude. Alors ils crient, ils fument, ils s’apostrophent avec violence, chacun est l’ennemi de chacun et pire encore : l’ennemi de lui-même.

 

 

Le bruit est le pire fléau de notre actualité. Il nous mutile et nous prive de l’essentiel : notre silence intérieur où s’épanouissent les fleurs de notre pensée, les fruits de notre réflexion. Alors, lorsque le silence survient dans ce désordre et plonge au cœur de ce chaos psychologique, tous les excès sont possibles et la tragédie se joue à coups d'estoc, de mots qui blessent, de formules éculées et misérables. Nous ne sommes plus en quête du mot juste, du mot vrai, mais du mot qui tue, œuvre d’un monde décervelé en totale déliquescence, un monde malade tout simplement. Le film de Dolan, inspiré de la pièce éponyme de Jean-Luc Lagarce, est un concentré de ce vide abyssal dans lequel nous évoluons. Mais ce qui est intéressant, ce qui pose question et fait l’intérêt du film, est Louis, ce fils qui n’a pas revu les siens depuis 12 ans, ce jeune écrivain-dramaturge de 34 ans qui apparaît comme l’ange visiteur, silencieux et souriant, et pose sur eux – sa mère, sa sœur, son frère et sa belle-sœur comme l’écho émouvant de l’expérience du désert, la douceur intérieure de la certitude, le sourire de la grâce. Gaspard Ulliel est magnifique dans ce rôle où tout son jeu se résume à quelques paroles sobres, à cette gravité du regard qui concrétise l’approche du silence éternel. Ce qu’il était venu dire, il ne le dira pas et qu’importe : personne n’était en mesure de l’entendre. A la fin, un oiseau s’envole de la vieille horloge qui sonne encore les heures et se cogne contre les murs avant de trouver l’issu vers la lumière, la porte ouverte vers l’ineffable.

 

 

Symphonie des regards, monologues tronqués, jugements hâtifs, mots vains, colères puériles, tout cela est soudainement absorbé par les visages qui disent leur désarroi face au questionnement muet du visiteur dont ils perçoivent vaguement l’exigence et la fatalité. Un film qui pose les questions essentielles, se focalise sur les expressions inquiètes, les met en images de belle façon avec leur plein et leur vide, leurs interrogations et leurs dénis et bénéficie d’une parfaite interprétation de la part des comédiens. A ne pas douter, Dolan n’a pas fini de nous interroger sur nos finitudes.

 

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Juste la fin du monde de Xavier Dolan
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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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