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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 09:05

le navire-est-voile-3 (Petit)                                                                                  

Bienvenue sur ce blog, où je propose à votre curiosité plusieurs rubriques, dont celles des CINEMAS FRANCAIS, AMERICAIN, EUROPEEN et ASIATIQUE.

 

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Vous trouverez également une rubrique dédiée aux   ACTEURS DU 7e ART  qui ont contribué, par leur talent, à confirmer le succès d'un film et à le rendre plus présent dans nos mémoires.

  

Une autre à mes BILANS CINEMATOGRAPHIQUES et aux articles panoramiques qui font état de l'impact d'un pays dans le monde du 7e Art.


  

Sans oublier celle des  REALISATEURS,  afin de vous entretenir de leur travail, de leur singularité, de leur apport au cinéma international et de leur rayonnement. 

 

 

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J'espère que cette diversité vous plaira. Chacun peut ainsi se promener à sa guise, selon sa curiosité et ses goûts. Bonne visite ! Et faites-moi part de vos commentaires. Ils seront les bienvenus.

 

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 09:43

       


Deux voyageurs se trouvent dans un train en Angleterre. L'un dit à l'autre : " Excusez- moi, monsieur, mais qu'est-ce que ce paquet à l'aspect bizarre qui se trouve au-dessus de votre tête ? - Oh, c'est un macgguffin. - A quoi cela sert-il ? - Cela sert à pièger les lions dans les montagnes d'Ecosse. - Mais il n'y a pas de lions dans les montagnes d'Ecosse. - Alors il n'y a pas de macguffin."

 

Hitchcock aimait à raconter cette histoire pour se moquer des exégètes de ses films qui exigeaient une explication rationnelle de chacun d'eux. Lui, ce qui l'intéressait, était de manipuler le spectateur, de le mener là où il le voulait, et de le soumettre au rythme imprimé à l'histoire. Il souhaitait plus que tout que la peur du héros ou de l'héroïne soit partagée par le public. Aussi faisait-il en sorte que le processus d'identification fonctionne à merveille. Et  pour comble d'habileté, il parvenait souvent à ce que le spectateur s'identifie successivement à plusieurs personnages. C'est le cas dans Psychose, où le public est d'abord avec Janet Leigh, puis enclin à soutenir Anthony Perkins, mais comme il n'est pas au bout de ses surprises, il aura vite oublié la raison initiale qui a poussé l'héroïne à dérober de l'argent, ce qui revient à dire, qu'en quelque sorte, il n'y avait pas vraiment de macguffin...


Janet Leigh. Collection Christophe L.

Une employée de banque nommée Marion  ( Janet Leigh ), dans un moment d'égarement, s'enfuit en voiture avec quarante mille dollars que son patron lui avait demandé de remettre à la banque. Un soir, elle s'arrête dans un motel dirigé par un certain Norman Bates  ( Anthony Perkins ), qui vit seul en compagnie de sa mère, une femme dont il laisse entendre à Marion qu'elle est difficile à vivre et d'ailleurs la jeune femme l'a entendue, à un certain moment, crier sur son fils.


Tandis que Marion prend sa douche avant de se coucher, elle est brutalement agressée par une vieille femme qui la frappe de plusieurs coups de couteau. Norman découvre le corps avec horreur et s'emploie aussitôt à faire disparaître les traces du meurtre, puis il place le corps de Marion, ses vêtements et ses bagages dans le coffre arrière d'une voiture, et se débarrasse de celle-ci en la laissant s'enliser dans la vase noirâtre d'un étang. Peu de temps après, Marion est recherchée par Lila  ( Vera Miles ), sa soeur, par Sam  ( John Gavin ) son amant, et par un détective d'assurances chargé de récupérer l'argent : Arbogast ( Martin Balsam ). Arbogast, conscient du trouble dans lequel ses questions ont plongé Norman, revient subrepticement dans la maison pour tenter d'interroger la vieille dame. Il monte à l'étage et là est poignardé par une femme visiblement âgée. Norman s'emploie de nouveau à faire disparaître le cadavre dans l'étang voisin. C'est alors que Sam et Lila interviennent. Ayant appris que la mère de Norman était morte depuis huit ans, ils se rendent à leur tour dans la maison et, dans la cave, Lila aperçoit le cadavre momifié de la mère et surprend le fils coiffé et habillé avec les vêtements de celle-ci. Se sachant découvert, le coupable se jette sur Lila, couteau en main, mais Sam réussit à le désarmer. En définitive, Norman est un malade qui accomplit ses abominables crimes en se servant d'une autre personnalité que la sienne, celle de sa mère à laquelle il s'identifie lorsqu'il est en proie à ses pulsions meurtrières.


Janet Leigh et John Gavin. Collection Christophe L.

 

 

Hitchcock considérait que Psychose était son film le plus intéressant pour la raison que la construction du scénario permettait de s'engager sur plusieurs pistes à la fois. " Vous savez que le public cherche toujours à anticiper - disait-il - et qu'il aime pouvoir dire : Ah ! moi je sais ce qui va se passer maintenant. Alors il faut non seulement tenir compte de cela mais diriger complètement les pensées du spectateur. Plus je donne de détails sur le voyage en automobile de Marion, plus le spectateur est absorbé par sa fugue et c'est pour cela que je donne autant d'importance au policier motocycliste aux lunettes noires, image de terreur pour la jeune voleuse". En effet un policier se penche vers elle - alors que celle-ci dort dans sa voiture rangée sur le bas-côté - et quand le policier l'interpelle, à la place des yeux, elle voit deux ronds noirs formés par ses lunettes miroirs. C'est le même regard mort que celui de la mère de Norman, momie aux yeux desséchés. Même chose encore, quand Norman observe Marion en train de se déshabiller dans sa chambre, par le trou de la serrure. L'oeil devient énorme au point d'envahir l'écran. Ce thème du regard mort, opaque, creux, vide est omniprésent dans le film et trouve son explication dans l'une des phrases que prononce Norman, ancien hôte d'un asile de fous : " Il y a des yeux cruels qui vous étudient". Il y a également le symbole des oiseaux empaillés qu'il collectionne - lui-même n'a-t-il pas empaillé sa mère ? - Ainsi sa propre culpabilité se reflète-t-elle en permanence dans le regard de ces oiseaux. D'autant qu'il y a parmi eux des hiboux, oiseaux qui appartiennent au domaine de la nuit, inquiétants guetteurs qui participent du masochisme de ce héros pitoyable.
 

"Ma principale satisfaction, disait encore Sir Alfred, est que le film a agi sur le public et c'est la chose à laquelle je tenais beaucoup. Dans Psychose, le sujet m'importait peu, les personnages m'importaient peu, ce qui m'importait, c'est l'assemblage des morceaux du film, la photographie, la bande-sonore et que tout ce qui est purement technique pouvait faire hurler le public. Je crois que c'est une grande satisfaction d'utiliser l'art cinématographique pour créer une émotion de masse. Et avec Psychose, j'ai accompli cela. Ce n'est pas un message qui a intrigué le public. Ce n'est pas une grande interprétation qui a bouleversé le public. Ce n'était pas un roman très apprécié qui a captivé le public. Ce qui l'a ému, c'est le film pur. Car la façon de construire cette histoire et de la raconter a amené le public à réagir d'une façon émotionnelle. Avec Psychose, j'ai fait de la direction de spectateurs, exactement comme si je jouais de l'orgue".

 


Janet Leigh. Collection Christophe L. Janet Leigh. Collection Christophe L.

 

Ce film fut à l'évidence l'un des plus grands succès du metteur en scène. Alors qu'il avait été peu onéreux - il était quasi muet et facile à doubler, il se déroulait en grande partie dans une maison gothique de la Californie du Nord et les trucages étaient relativement simples - il en a rapporté beaucoup, ce qui eut un effet salutaire sur son réalisateur que l'échec commercial n'avait pas épargné. Il est vrai aussi qu'il a bénéficié d'une campagne promotionnelle particulièrement réussie. Le cinéaste avait enregistré un message qui interdisait aux spectateurs de révéler le contenu des dernières séquences. Et les directeurs de salles avaient ordre de refuser l'entrée aux retardataires.


Anthony Perkins. Universal Pictures

 

Tourné en noir et blanc, ce film, oppressant comme il en est peu, est une suite d'images épurées qui sont autant de chocs pour le spectateur. Comme d'habitude, les acteurs, bien dirigés, donnent le meilleur d'eux-mêmes. Son interprétation de Norman Bates valut à Anthony Perkins de remporter un triomphe personnel. Il est idéalement ce héros qui porte en lui une effroyable double personnalité qui, tour à tour, en fait un homme soumis et un tueur abominable, comme si, à l'intérieur de lui-même, le bien et le mal se livraient un combat sans merci. Perkins donnera une suite à ce film qu'il réalisera lui-même.

 

Pour lire l'article que j'ai consacré à Alfred Hitchcock, cliquer sur son titre : 

 

ALFRED HITCHCOCK - UNE FILMOGRAPHIE DE L'ANXIETE

 

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN & CANADIEN, dont la plupart des films de Hitchcock, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 

 

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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 11:39
VINCENTE MINNELLI, LE FLAMBOYANT

1910 – 1986

 

Né d’un père italien, violoniste, et d’une mère française et actrice, le petit Vincente grandit dans le monde du théâtre. A l’instar de Charlie Chaplin, il joue dans la troupe itinérante de ses parents et apprend le métier sur le tas. Ses débuts professionnels ont lieu à Broadway où il devient décorateur et costumier, puis s’intéresse à la mise en scène. Invité à Hollywood, il dirige ses premiers films au début des années 1940. Ce sera d’abord « Un petit coin aux cieux », puis « Mademoiselle ma femme ». Mais la comédie musicale fera bientôt sa réputation, ainsi « Le chant du Missouri » en 1944 avec Judy Garland qu’il épousera et « Ziegfeld Follies » ( 1946 ), deux films qui réunissaient déjà les comédiens les plus prestigieux : Fred Astaire, Gene Kelly, Cyd Charisse, Esther Williams, Judy Garland et assureront sa toute nouvelle  notoriété.

 

En 1950, il devient le réalisateur mythique de la comédie musicale et produit des chefs-d’œuvre : « Un américain à Paris », « Tous en scène », « Brigadoon » et « Gigi », une adaptation du roman de Colette. Vincente confère à ses opus une atmosphère enchantée, une humanité attachante et une féerie constante qui enthousiasment le public. Il a le goût du bonheur et le transmet à son public grâce à l’expression musicale et les numéros impressionnants de chorégraphie dont il a le secret. Enrichissant son travail de son expérience théâtrale et de sa sensibilité à fleur de peau, Minelli élabore un jeu scénique qui marquera à tout jamais son style. On reconnait un film de Minnelli dès les premières scènes. Sur le thème du cinéma, « Les ensorcelés » est un modèle du genre.  Mais parallèlement, Vincente Minnelli est attiré par les films comiques ou dramatiques auxquels il confère les qualités esthétiques qui régissent ses comédies musicales. La même exigence s’y retrouve dans l’élaboration des décors, le choix des costumes et les éclairages. De « Lame de fond ", mélodrame criminel aux simples divertissements comme « Allons donc papa », le réalisateur impose sa touche et sait mettre en relief le jeu des protagonistes. Ses personnages sont constamment entraînés dans le réseau captivant que tisse l’objectif  et dans cet univers minnellien qui est sublimé par la musique et les mouvements souples de la caméra. Sa direction d’acteurs est tout aussi efficace et sensible et ceux-ci lui rendent l’attention qu’il leur porte en donnant le meilleur d’eux-mêmes et en éprouvant, à son contact, une semblable exigence. On se souviendra de l’interprétation de Kirk Douglas dans « La vie passionnée de Vincent Van Gogh » en 1956. Pour Minnelli, il faut raconter une histoire de la façon la plus fine, la plus juste, mais aussi la plus élégante, la plus stylisée, et en y introduisant un zeste de magie.

Par ailleurs, l’utilisation de la couleur contribue à l’aspect flamboyant de la mise en scène. Le cinéaste prolonge ainsi le discours des « Ensorcelés » dix ans plus tard avec « Quinze jours ailleurs », ou adapte des classiques romanesques, ainsi « Comme un torrent » de James Jones en  1959 ou « Les quatre cavaliers de l’Apocalypse » de Blasco Ibanez en 1962, qu’il s’approprie pleinement. Mais c’est sans doute dans « Celui par qui le scandale arrive », en 1960, qu’il atteint le paroxysme de son dynamisme et de sa puissance scénique, capable de peindre dans les tons les plus éclatants une mise en scène lyrique ou une vaste fresque dramatique.

N’oublions pas non plus que Vincente Minnelli est le réalisateur de films intimistes, trop souvent méconnus et rangés à part dans sa brillante filmographie, des films comme « The Clock » ou « Thé et sympathie », enfin « Nina », qui touchent par leur tendresse et leur sincérité et éclairent différemment un créateur aussi divers dans sa production et aussi  inspiré.

 

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VINCENTE MINNELLI, LE FLAMBOYANT
VINCENTE MINNELLI, LE FLAMBOYANT

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 11:17
UN HOMME IDEAL de YANN GOZLAN

Mathieu, 25 ans, aspire depuis toujours à devenir un auteur reconnu. Un rêve qui lui semble inaccessible car, malgré tous ses efforts, il n’a jamais réussi à être édité. En attendant, il gagne sa vie en travaillant chez son oncle qui dirige une société de déménagement…

Son destin bascule le jour où il tombe, par hasard, sur le manuscrit d’un vieil homme solitaire qui vient de décéder. Mathieu hésite avant de s’en emparer et de signer le texte de son nom...un texte fort, à l'évidence, qui relate la vie d'un militaire dans les années 56/60 lors de la guerre d'Algérie 

Devenu d'un coup de baguette magique le centre d'intérêt de la littérature française, couronné, dès ce premier ouvrage, du prix Renaudot, mais incapable de se construire et pas davantage de construire son prochain livre, Mathieu ne se sent jamais à la bonne place. D'ailleurs une place, en a-t-il seulement une et laquelle ? En cela le film est d'une structure narrative d'une étonnante efficacité, nous révélant, au fil des scènes, comment l'anti-héros est peu à peu rattrapé par la fatalité qu'il a contribué à mettre en place. Alors que l’attente autour de son second roman devient chaque jour plus pressante, l'auteur plonge dans une spirale mensongère et criminelle irréversible afin de préserver à tout prix son secret…

 

Grâce à cet opus, qui fonctionne  comme de l’horlogerie suisse, Yann Gozlan fait une entrée éclatante dans le 7e art et le thriller en particulier, hissant celui-ci au niveau d’un Hitchcock, Chabrol ou Polanski. A la suite d'un premier essai dans le film d’épouvante « Captifs » en 2010, Gozlan décide de passer à nouveau derrière la caméra avec un projet plus ambitieux, cette sombre histoire d’usurpation littéraire qui tient le specateur en haleine de bout en bout et, d'autant plus, lorsqu'un maître-chanteur va se complaire à jouer sur la vanité et la fragilité d'un homme sans structure, sans projet et sans inspiration. « C’est difficile de faire un bon film – confie Gozlan – mais le processus est aussi fatigant que passionnant. Fantasmer quelque chose dans sa tête et le voir se concrétiser, pouvoir contempler un objet fini que vous avez imaginé, il y a là quelque chose de très gratifiant. Cela donne l’impression d’avoir fait quelque chose, comme un artisan peut le ressentir une fois qu’il a terminé une table ou un objet très travaillé. »

 

Il est certain que préférant le travail et l’apprentissage que l’inspiration volatile, ce trentenaire nous propose un film cousu main, d’une parfaite tenue, nourri d’influences diverses mais homogène, qui dresse le portrait d’un ambitieux pétri de duplicité aux prises avec la morale dont il s’efforce de repousser toujours plus loin les limites. Mais celle-ci sera sauve, en quelque sorte, car échappant de peu à la mort, Mathieu perdra son honneur et, par voie de conséquence, le bonheur, condamné à vivre dans la clandestinité un talent venu trop tard. « Il y a bien sûr des films brillants qui regardent froidement leurs personnages se vautrer dans l’immoralité, mais ce n’est pas ce que je voulais faire. Je voulais que le spectateur comprenne mon personnage et accepte de le suivre. Il fallait que cela reste à la fois immersif et ludique, qu’on se demande comment le héros allait s’en sortir » - nous avoue le metteur en scène. Et le résultat est ce film convaincant, ce thriller de haute tenue, mis en scène avec un art consommé de la précision, sans fioritures inutiles, servi par des dialogues sobres mais tout aussi justes et une interprétation de qualité. Pierre Niney la domine dans le rôle-titre qu’il habille d’élégance, de subtilité et des faux-semblants qui inspireront le titre de son second ouvrage, enfin né de sa vie devenue son roman, un roman qui  le condamne à jamais à l’anonymat. Une grande réussite.

 

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UN HOMME IDEAL de YANN GOZLAN
UN HOMME IDEAL de YANN GOZLANUN HOMME IDEAL de YANN GOZLAN

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 11:58
LE DERNIER LOUP de JEAN-JACQUES ANNAUD
LE DERNIER LOUP de JEAN-JACQUES ANNAUD

La Mongolie à perte de vue déroulée devant vous avec ces ciels souvent bas qui semblent l’emporter dans leur mouvement, une terre âpre, solitaire comme une mer minérale arrêtée dans le temps, où une population, les Mongols, vit en étroite intimité avec la nature la plus sauvage qui soit. Voici le décor choisi par Jean-Jacques Annaud pour son dernier long métrage d’une beauté saisissante qui nous sort de nos vies citadines pour nous livrer un magnifique message : l’équilibre si fragile entre la nature et les hommes doit être maintenu si nous ne voulons pas disparaître, car le progrès tel que nous le concevons, n’est sans doute pas celui qui sauvera notre planète. Inspiré du roman de l’écrivain Jiang Rong, cet opus nous explique comment les Chinois de Mao Tsé-toung, au moment de la Révolution culturelle des années 60, tentèrent le remplacement d’une civilisation par une expérience politique. Le héros du roman et du film, l’étudiant Chen Zhen et quelques autres sont chargés de soumettre les Mongols au socialisme, ce qui revient à dire qu’ils doivent cesser d’être eux-mêmes. Mais la civilisation mongole existe depuis la nuit des temps dans ces espaces invincibles où elle cohabite avec les loups qui la précédèrent dans la steppe.

 

Le loup a toujours hanté l’imaginaire humain. C’est un animal mythique que l’on retrouve dans l’inconscient collectif à tous les niveaux, figure emblématique qui terrorise et fascine et que les artistes ont évoquée à maintes reprises dans leurs œuvres, que ce soit roman, conte, poème ( La mort du loup de Vigny ) film ( Danse avec les loups ), elle exprime la force, le courage, la cruauté, la malignité et on ne compte plus les expressions qui ont recours à elle : « l’homme est un loup pour l’homme », « avoir vu le loup », « un froid de loup », « à pas de loup », sans oublier les légendes comme celle de la louve de Rome qui aurait nourri Remus et Romulus. Les Mongols ont su partager les grands espaces de leur pays avec le loup. C’est de lui qu’ils ont appris à combattre, car ce dernier est un guerrier quasi invincible qui préfère se suicider que de se soumettre, sait patienter des heures durant avant de livrer combat pour se nourrir et survivre. Il sait adapter ses méthodes aux circonstances et chasse, soit en solitaire, soit en meute, avec une intelligence de stratège. Les Mongols le respectent et le considèrent non comme un ennemi mais comme un adversaire tant il concoure à l’équilibre de la nature. D’ailleurs lorsqu’ils meurent, leurs cadavres sont enveloppés dans des linceuls et déposés à même la terre afin que leurs corps servent à nourrir les animaux sauvages. Juste retour des choses, pensent-ils, puisqu’eux-mêmes se sont nourris de la chair animale.

 

Dans le film de Jean-Jacques Annaud, nous voyons le gouvernement de la Chine régionale piller les réserves des fauves, affamer les loups qui vont alors s’en prendre aux chevaux, rompant ainsi un équilibre millénaire. Alors que pour les Hans, il s’agit de « recréer les monts et les mers, et les plaines d’après une autre volonté » - comme l’écrivait Emile Verhaeren. Le film souligne le danger et dépeint l’agonie des Mongols livrés à une idéologie en total décalage avec la nature et aux diktats d’un gouvernement totalitaire. Car il ne s’agit plus de chasse mais de l’éradication du loup, cet animal gênant pour l’homme d’aujourd’hui. En effet, il est nécessaire de gommer un passé encombrant pour faire surgir un présent en adéquation avec la modernité ambiante. Il faut effacer à tout jamais ce passé légendaire afin de faire des Mongols des citoyens comme les autres, engager la disparition progressive de leur civilisation avec ses chevauchées fantastiques, son génie du mouvement et son adaptabilité aux conditions d’existence extrêmes. Cela au nom d’une illusion perverse qui entend soumettre la nature aux délires productivistes et consuméristes des lobbies en place

 

Néanmoins, Jean-Jacques Annaud n’a pas voulu conclure sur une note trop pessimiste son film d’une beauté âpre comme les paysages solitaires et sublimes de la steppe mongole. Il laisse filtrer une raie de lumière, fragile certes, mais qui touche : le jeune lettré urbain Chen Zhen, conquis par cette vie en Mongolie- intérieure, adoptera en cachette un jeune loup pour le rendre quelques mois plus tard à la nature, hissant ainsi le film au rang de parabole. Une merveille.

 

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LE DERNIER LOUP de JEAN-JACQUES ANNAUD
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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 10:41
COLIN FIRTH

Colin Firth est né à Grayshott dans le Hampshire le 10 septembre 1960 au sein d’une famille d’universitaires et passera une partie de son enfance au Nigeria où ses parents sont enseignants, l’un en histoire, l’autre en religions comparées. Sa famille de retour dans la mère patrie, le jeune homme suit une formation classique au Drama Centre de Londres. Après des premiers pas dans une comédie en remplacement d’un acteur malade, il passe devant la caméra sous la direction de Milos Forman dans le rôle-titre de « Valmont ». A partir de là, il enchaîne les rôles et joue en 1997 dans un film culte « Le patient anglais » de Minghella où il interprète le mari de Katarine, second grand coup de chance de sa vie de jeune acteur. Si bien que sa carrière prend bientôt une orientation internationale, d’autant que ses choix sont judicieux et prouvent son discernement. En 1995, son interprétation de Darcy dans « Orgueil et préjugés » en fait une star incontournable du 7e Art britannique mais le personnage lui colle à la peau. Il s’en éloigne avec « La jeune fille à la perle », film qui sera lui aussi plusieurs fois couronné.

 

Il est vrai que Colin Firth est un habitué des trophées. C’est ainsi qu’en 2009 à la Mostra de Venise, il remporte la coupe Volpi du meilleur acteur pour son interprétation de George Falconer dans « A single Man » de Tom Ford. Mais « Le discours d’un roi » va conforter encore son aura et lui vaudra le Golden Globe 2011, le Bafta Award et l’Oscar, un triplé rare. Ce rôle du roi Georges VI prouve à quel point il ne craint pas ceux à contre-emploi et ce personnage de bègue, confronté soudain à d’immenses responsabilités, est certainement l’une de ses interprétations les plus émouvantes. Sachant conserver son élégance et son flegme british, l’acteur se glisse à merveille  dans la peau d’êtres aussi divers que possible, parfois drôles, parfois dramatiques, dont il épouse les inquiétudes avec subtilité et les travers avec un humour jamais pris à défaut. D’autant plus que son charme, son style font de lui un rival de Hugh Grant avec qui il partage une séduction irrésistible et une certaine fausse désinvolture. On l’a vu ainsi quelque peu déjanté dans « Magic in the moonlight » de Woody Allen et rajeuni avec une stature inhabituelle dans « Kingsman » de Matthew Vaughn, où son rôle est beaucoup plus physique que d’habitude et marque un tournant de sa carrière. Il avoue volontiers que jouer « un dur à cuire » est rarement ce que l’on propose à un acteur qui a dépassé la cinquantaine. Aussi a-t-il dû travailler avec un entraineur chevronné pour apprendre à maîtriser les parties de son corps rarement sollicitées. Mais rien ne rebute Colin qui entend assumer ses rôles avec le maximum de réalisme et de conviction. A chaque fois, il touche juste, ne craignant nullement de s’engager à fond pour rendre parfaitement crédibles ses personnages et se plaisant à en varier les facettes. Ce qui semble lui réussir et enchante ses fans, dont je suis.

 

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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 11:26
KINGSMAN de MATTHEW VAUGHN

Après les très réussis « X-Men : le commencement » et « Kick-Ass », le cinéaste anglais Matthew Vaughn nous invite à revisiter le blockbuster de façon déjantée mais follement originale et, ce, dans un opus non dénué d’humour trash mais impertinent et inventif, auquel je reprocherai néanmoins une violence souvent excessive en des temps où elle est déjà trop présente dans nos vies. Mais je n’en apprécie pas moins la classe très british qui donne au 7e Art britannique une touche particulière, où le pire sait s’envelopper d’une façade agréablement élégante et sophistiquée, qui procure à l’ensemble une excentricité savoureuse et une raillerie irrésistiblement grinçante et aristocratique.

 

Le scénario est le suivant : un agent secret très gentleman, interprété par le séduisant Colin Firth, prend sous son aile un jeune garçon de la banlieue pour le former et le faire entrer au service de Kingsman, une organisation d’espionnage ultra secrète logée dans le sous-sol de la boutique d’un tailleur de Savile Row. Ce dernier, qui ne répond nullement aux normes habituelles, va être ainsi propulsé dans un univers à l’opposé de celui qu’il connaît et dans lequel il a grandi. Ce jeune cockney va ainsi prendre la relève d’un précédent agent, qui n'était autre que son père mort en service lors de scènes où il se forge au métier sur le tas et en une suite d’images virevoltantes, irrévérencieuses et mouvementées à souhait. En quelque sorte un divertissement ou une parodie qui entend remettre un peu de sel et poivre dans un genre qui n’avait que trop tendance à se scléroser (voir les derniers James Bond).

 

Nous voici donc replongés à la grande époque des James Bond d'antan, ceux interprétés par Sean Connery, qui régnaient alors sur le cinéma populaire d’Outre-Manche. Les clins d’œil ne manquent pas pour que cet hommage soit lisible : notamment les délirants gadgets comme le parapluie, arme redoutable de la panoplie d'alors qui avait fait la notoriété de James Bond. Mais il y a surtout une incontestable inventivité dans la façon de filmer selon un rythme accéléré en des explosions psychédéliques de têtes, par exemple, sur fond de musique classique, ou une scène de massacre totalement décalée dans une église qui n’est pas du meilleur goût, selon moi. Et qui mieux que Colin Firth pouvait incarner à la perfection le flegme britannique et l’élégance sans un faux pli de ce dandy des services secrets ? Personne, je suppose, car il est plus que parfait face à Samuel L. Jackson également excellent et le jeune et prometteur Taron Egerton qui forme avec lui un duo insolent et divertissant à souhait. Un bon film malgré quelques inutiles outrances.

 

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KINGSMAN de MATTHEW VAUGHN
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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 10:32
LA BETE HUMAINE de JEAN RENOIR

Jacques Lantier est victime de pulsions meurtrières et en souffre secrètement. Il ne se trouve bien qu’en compagnie de son chauffeur Pecqueux ( Carette ) sur La Lison, la locomotive à vapeur avec laquelle ils font la ligne Paris-Le Havre. Pour son malheur, Lantier ( Jean Gabin ) rencontre Séverine  ( Simone Simon)  alors que son mari Roubaud ( Fernand Ledoux ), sous-chef de gare du Havre, pauvre type jaloux et veule, vient d’assassiner Grandmorin, le parrain de son épouse dont il apprend qu’il l’avait forcée à céder à ses avances au temps où elle était domestique dans son château. Lantier  tombe amoureux de cette jeune femme ravissante et paumée qui a assisté au meurtre avec complaisance dans le train qui la ramenait avec son mari de Paris au Havre et en reste marquée au point de se refuser à toute forme d’amour désormais. Lantier finit par la convaincre de partir avec lui et de quitter un mari qui s’est mis à jouer, à voler, mais, au moment de tuer Roubaud, la jeune femme se dérobe … La fin est aussi tragique que le climat qui règne dans ce clair-obscur admirablement rendu par une caméra feutrée qui évolue en des images d’une puissante beauté et une atmosphère pluvieuse et fondamentalement désespérée.

 

« La bête humaine » est la seconde adaptation de Zola par Jean Renoir. On a dit que le cinéaste appréciait modérément le roman de celui qui avait été l’ami de son père. Même s’il rend explicitement hommage à l’auteur de la saga des Rougon-Macquart, Renoir prend très vite ses distances avec l’œuvre initiale. C’est ainsi que l’époque a été modifiée, le Second-Empire  étant remplacé par le Front Populaire et l’esprit des années d’avant-guerre. Sorti quelques mois après « La Marseillaise », » La bête humaine » est bercé par un certain idéal. Le travail y apparaît salvateur, un travail mené collectivement, l’esprit de camaraderie se prolongeant dans le quotidien. Le mécanicien Pecqueux est davantage qu’un pote et un confident pour Lantier. C’est le régulateur de ses émotions et le symbole de la fraternité ouvrière. À la coopérative ouvrière succède ici la vénérable « Société nationale des chemins de fer français », qui se veut un symbole de progrès et d’unité. Ainsi le film rend-t-il compte du climat qui règne dans cet univers du rail parfaitement évoqué et où évoluent des hommes qui l’ont placé comme un idéal à atteindre en permanence.  

 

Le film souffre cependant d’une certaine théâtralité, même Gabin n’habite pas vraiment son rôle, pas davantage la ravissante Simone Simon qui surjoue le sien et ne parvient pas à nous émouvoir. Seuls Carette, formidable de naturel et de gouaillerie, et Fernand Ledoux sont crédibles et donnent une épaisseur à leurs personnages. Et puis il y a les images sublimes, l’atmosphère morbide, la pluie et les lumières vacillantes de la nuit, les locomotives qui traversent le temps et l’amitié virile de ces hommes en manque de repères affectifs.

 

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 12:02
KEIRA KNIGHTLEY - PORTRAIT

Née le 26 mars 1985, Keira Knightley n’a pas tardé à se faire un nom dans l’univers cinématographique qui était déjà celui de ses parents, son père l’acteur anglais Will Knightley et sa mère une scénariste écossaise. Si bien que la petite fille apparaît dès l’âge de 10 ans dans une série télévisée « The  Bill » (1995), puis dans plusieurs autres avant d’être choisie pour tenir le rôle de Sabé dans la superproduction « Star Wars », épisode «  La menace fantôme »  en 1999.

 

Son premier rôle important devant une caméra de cinéma sera celui de Juliette dans « Joue-la comme Beckham » qui sera un succès commercial au Royaume-Uni en août 2002. C’est à la suite de ce succès qu’on propose à cette jeune actrice au visage mutin et à l’expression volontiers têtue, un rôle dans une grande production « Pirates des Caraïbes », épisode «  La malédiction du Black Pearl », au côté de John Deep. Le film sera un succès au box-office, faisant connaître le nom de Keira mondialement. Elle sera d’ailleurs élue la star adolescente la plus prometteuse par le journal "Hello". Aussi continue-t-elle à jouer dans l’épisode suivant des Pirates, soit dans « Le secret du coffre maudit » en 2006.

 

Actrice de théâtre, Keira interprétera plusieurs grands rôles à Londres dans « The Children’s Hour », puis participera au « Red Nose Day 2011 », avec Ruper Grint, Tom Felton et Paul McCartney.

 

Mais ce sera dans « Orgueil et préjugés » de Joe Wright qu’elle s’impose vraiment dans le personnage d'Elisabeth Bennet, puis dans « Reviens-moi », toujours de Joe Wright, d’après le roman éponyme de Ian McEwan où elle travaille de nouveau avec Brenda Blethyn. Son interprétation lui méritera une nomination aux Bafta et aux Golden Globes 2011.

 

En 2011 toujours, elle est choisie pour un nouveau grand rôle ; celui de la psychanalyste  russe Sabina Spielrein dans « A dangerous method » réalisé par David Cronenberg, film qui sera présenté au Festival de Venise et verra les critiques se partager sur son interprétation. En 2012, Keira est choisie pour une version magnifique  d’Anna Karénine  d’après Tolstoï par le metteur en scène Joe Wright et y laissera un souvenir prenant. (Voir ma critique en cliquant ICI ), tandis que 2014 sera une année riche pour cette jeune actrice  avec « New-York melody » de John Carney et « The imitation game »  de Alain Turing qui obtiendra le prix du Public et une ovation des critiques au Festival de Toronto. Par ailleurs, la beauté délicate de Keira a fait d’elle l’égérie des parfums Chanel.

 

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 10:47
LE PATIENT ANGLAIS de ANTHONY MINGHELLA

1944, en pleine Seconde Guerre Mondiale, un avion vole au-dessus du désert du Sahara, piloté par un homme et transportant une femme morte. Des artilleurs allemands abattent l'avion, qui s'écrase, extrayant de la carlingue le pilote dont le visage et le cors ont été atrocement brûlés. Des bédouins le recueillent, commencent à le soigner, puis le confient aux troupes Alliées en partance pour l'Italie.

 

Octobre 1944, les troupes Alliées se trouvent en Toscane. On progresse vers le Nord en déminant les routes et en recueillant les blessés. L'infirmière canadienne Hana (Juliette Binoche) s'occupe de ces blessés, notamment de l'étrange « homme flambé », déclaré apatride mais fortement supposé anglais (le Patient anglais). Hana, épuisée et désespérée par une guerre qui lui a pris « tous ceux qu'elle aime », décide de s'installer seule, avec le Patient anglais, dans un petit monastère toscan. Désormais va débuter un étrange face à face entre le malade et son infirmière où l'un et l'autre vont tenter de soigner leurs blessures respectives.

 

Hana fait alors la lecture du livre que transportait le patient, un livre d'Hérodote. Cet ouvrage contient bien d'autres documents personnels et va être le support de soudaines et nombreuses réminiscences dans l'esprit du blessé. Le film ouvre alors un flash-back sur la vie de cet homme, juste avant le début de la guerre, aux alentours du Caire...

 

"Le patient anglais" est un film flamboyant de Anthony Minghella inspiré du roman de Michael Ondaatje, d’une beauté cinématographique et d’une qualité narrative remarquables avec des séquences entre passé et présent qui s’emboîtent les unes aux autres sans nous faire perdre le fil de cette aventure à double visage. Finalement nous assistons à des vies superposées mais toujours contrariées par le destin et par cette guerre qui rend chaque personnage…différent, comme étranger à lui-même, brûlé intérieurement par les feux de la guerre, de l’amour impossible, par le déplacement, en quelque sorte le dérangement affectif et moral.

 

Tournées dans des paysages le plus souvent dénudés, ceux du désert du nord de l'Afrique ou de l’Italie du sud livrée à la guerre, les scènes sont d’un réalisme poignant et d’un grand romantisme, car rien n’arrive comme pourraient l’espérer les protagonistes, il y a en permanence une contradiction qui nous fait douter de ce qu’ils sont, quel rôle ils jouent, quelle espérance les guide ou les anime, d’où ils viennent, d’où ils sont. Il semble qu’aucune patrie n’est en mesure de les recevoir, seule Katharine parle de sa maison d’enfance en Angleterre qui ouvrait sur la mer. Mais tout cela est vague, ils semblent tous étrangers dans leur propre vie.

 

Enfin il y a l’histoire d’amour chaotique et tragique qui est celle de cette femme belle et âpre comme le désert et de cet homme Almasy, écrivain et cultivé, qui se cherche à travers elle et dont l’amour va le transformer en torche vive et  brûler son cœur et son corps à tout jamais. Ce film, c’est un "Roméo et Juliette" adulte, revisité et immergé dans une époque en pleine ébullition, en plein remise en cause de ses frontières, où l’ami devient l’ennemi involontaire, le déplacé, le soupçonné, l’incompris et où l’amour n’a plus le temps de s’épanouir que dans le désert de son propre coeur.

 

Film magnifique où les lumières tour à tour s’intensifient et se déclinent, "Le passant anglais" est un chef-d’œuvre réalisé avec une caméra ultra- sensible, une imagerie grandiose et une interprétation de tout premier ordre. Les acteurs se sont investis dans leurs rôles avec une tension qui ne se dément pas d’un bout à l’autre, donnant à cette histoire une dimension humaine bouleversante. On comprend les raisons qui lui a permis d’obtenir 9 Oscars dont celui du Meilleur film, de la Meilleure actrice dans un second rôle pour Juliette Binoche, parfaite dans son personnage d’infirmière tendre et effacée qui tente de soigner ses propres blessures en soignant les autres, et aidera son malade à s’endormir enfin en paix avec lui-même. Quant à Ralph Fiennes, il est parfait dans celui difficile de cet homme carbonisé au réel et au figuré qui ne parvient pas à trouver sa place dans la société et dans le cœur de celle qu’il aime, tandis que Kristin Scott Thomas n’a jamais été plus belle que dans le personnage de Katharine, femme libre et intelligente qui essaie d’assumer ses propres contradictions.

 

Un film à voir et à revoir tant il est une vision troublante de nos propres contradictions et de nos propres brûlures intérieures.

 

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LE PATIENT ANGLAIS de ANTHONY MINGHELLA
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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