15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 10:22

le navire-est-voile-3 (Petit)                                                                                  

Bienvenue sur ce blog, où je propose à votre curiosité plusieurs rubriques, dont celles des CINEMAS FRANCAIS, AMERICAIN, EUROPEEN et ASIATIQUE.

 

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Vous trouverez également une rubrique dédiée aux   ACTEURS DU 7e ART  qui ont contribué, par leur talent, à confirmer le succès d'un film et à le rendre plus présent dans nos mémoires.

  

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 10:18

On connait l’admiration de John Turturro pour Woody Allen, si bien que son désir de collaboration avec le célèbre et incontournable réalisateur américain  nous vaut aujourd’hui une comédie douce-amère qui n’a certes pas l’envergure des comédies du maître mais nous fait passer un agréable moment avec des actrices en grande forme et deux comédiens qui se donnent la réplique avec une complicité évidente.

 


Certes le résultat n’est pas un chef-d’œuvre, il y manque un rythme plus soutenu et surtout des dialogues plus percutants, mais l’ensemble reste plaisant à regarder, d’autant que les femmes sont belles à damner les saints et que les deux compères Allen et Turturro jouent sur le registre des moeurs avec une retenue pleine de délicatesse et de bonne humeur. Pas de scènes salées, mais une vision de la sexualité nimbée d’une touche de pudeur qui rend l’approche autrement plus fine que l’acte en lui-même ; pour un peu, on se croirait revenu aux années 60. Et pour le même prix, on nous offre une Sharon Stone plus sculpturale que jamais et une Sofia Vergara délivrée de tous tabous et suffisamment sexy pour rester dans les starting-blocks.

 

 

Cependant  la surprise de cette histoire où un libraire propose à son ami fleuriste, afin d’arrondir leurs fins de mois difficiles, d’offrir ses bons services d’amant occasionnel à des femmes friquées et esseulées, l’un devenant le mac de l’autre, est la prestation de Vanessa Paradis absolument délicieuse en veuve d’un rabbin ultra orthodoxe qui s’affranchit enfin de ses peurs et de ses inhibitions auprès de cet homme doté de chaleur humaine et de tact. Il est vrai que John Turturro n’a rien d’une bête de sexe et c’est l’intelligence du film de pianoter sur les touches de la tendresse plutôt que du vice et de ne voir en ces partenaires d’un jour ou d’un soir que les victimes de la solitude. Comédie de mœurs qui délivre un message certes simpliste sur le droit de chacun à goûter au plaisir, elle n’en n’égratigne pas moins la religion juive avec l’humour de bon augure dont a toujours usé Woody Allen. A ce seul détail, nous savons que son influence ne fut pas négligeable.

 

 

Dans son rôle de gigolo doux et rassurant, John Turturro est parfaitement crédible, tandis que Woody Allen en marlou sans scrupules et toujours prêt à délivrer la bonne parole est égal à lui-même et nous amuse sans en faire trop et en restant  le partenaire des enfants qui l’entoure, comme si cette paternité complaisante le lavait d’une partie de sa faute. Il y a toujours de sa part un clin d’œil qui allie les contraires de façon comique. Un film sans prétention, que l’on oubliera vite, mais qui, flirtant avec le vice n'en garde pas moins un peu de vertu

 

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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 09:42

Un  photographe de guerre à la retraite, Jacques Kaminsky interprété par Johnny Hallyday  buriné à souhait, vient visiter avec sa dernière compagne un chalet alpin qu’il entend acheter pour fuir Paris et ses pompes et se retirer à l’écart du monde. La jeune femme ( Sandrine Bonnaire ), qui lui fait visiter les lieux, dégage un charme auquel cet amoureux des femmes ne résistera pas, si bien que nous le retrouvons, quelques mois plus tard, s’installant en sa compagnie dans ce lieu idyllique veillé par un aigle photogénique et un environnement exceptionnel de cimes enneigées. Bientôt le meilleur ami du photographe, un médecin campé par Eddy Mitchell, lui rend visite et voyant combien son ami souffre de ne pouvoir réunir ces quatre filles, nées chacune d’une mère différente et qu’il a coupablement négligées, imagine de leur faire croire que leur père est très malade, ce qui a pour conséquence immédiate de les faire arriver en catastrophe et de créer une suite d’imbroglios plutôt sympathiques. Malheureusement cette chronique familiale va brusquement virer au polar de façon alambiquée, ce qui enlève au film sa cohésion et surtout le prive de toute crédibilité.

 

Dommage qu’une fois encore Lelouch ait cédé à son travers de faire compliqué alors que la simplicité du début lui seyait autrement mieux et surtout conférait une unité à son film. Mais on ne guérit pas de ses travers. On sait qu’il y a toujours eu chez Lelouch, cet éternel gamin fou de caméra, un petit quelque chose d’amateurisme. Chez lui, les découpages ont trop souvent manqué de nerf et les scénarios de muscle, ce qui les fait partir en vrille comme nous le constatons avec Salaud, on t’aime.

 

Heureusement les images sont belles. Lelouch est un œil, pas toujours une tête, ce qui produit des longs métrages bancals comme ce dernier auquel peu de choses suffisait pour emporter l’adhésion. Reste un casting plaisant, un duo composé des deux ténors de la chanson populaire, le joli sourire de Sandrine Bonnaire, des paysages magnifiques et la dose habituelle, que n’oublie jamais Claude Lelouch, de romanesque composite, de rigolades entre copains, de belles échappées, de quelques larmoiements et d’une bordée de lieux communs, le tout servi sur un lit d’images superbes et de tendresse amusée. Toutefois, le cinéaste aurait été mieux inspiré s'il s'était contenté de nous livrer le bilan d’une vie, qui n’est autre que la sienne, teinté de nostalgie, de plaisirs hédonistes et d’inévitables regrets.

 

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SALAUD,ON T'AIME de CLAUDE LELOUCH
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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 10:16

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Le 14e édition du Festival du film asiatique de Deauville, qui s'était tenue du 7 au 11 mars 2012, avait honoré cette année-là Kiyoshi Kurosawa, après Lee Chang-dong  en 2009, Mendoza en 2010 et Kim Jee-woon en 2011. Kiyoshi Kurosawa, né à Kobé en 1955, à ne pas confondre avec son homonyme Akira Kurosawa,fait partie de la nouvelle vague des cinéastes japonais découverts dans les années quatre-vingt-dix. Durant son enfance, il sera influencé par Godzilla et les films de Don Siegel, Sam Peckinpah, Richard Fleischer ou Robert Aldrich qu’il découvre avec son père. Au lycée, préférant sécher les cours, ce sera Fellini, Oshima et Godard. Inspiré par le style et les préoccupations d'Oshima, il tente de l'imiter dans son premier court-métrage et pose la question de l'affrontement entre professeurs et élèves. A la suite de l'accueil glacial qu'il reçoit de la part de ses proches, Kiyoshi Kurosawa part étudier la sociologie à l'université mais vite désintéressé de ces études, il se dirige  vers le cinéma en suivant les cours de Shiguehiko Hasumi qui ne font que confirmer ses pressentiments. Après une courte période à rédiger des critiques et à produire quelques films en super 8, il est assistant sur des films commerciaux puis se décide à devenir réalisateur.

 

Ses deux premiers films, Kandagawa Wars (1983) et The Excitement of the do-re-mi-fa girl (1985), sont des pinkyu-eiga (film érotique) godardiens et cinéphiles, des délires ludo-érotiques situés entre les expérimentations de Shuji Terayama et La chinoise. Sept ans plus tard, il réalise son premier film abouti The Guard From the Underground  (1992) inspiré du giallo de Bava et Argento. Suivra la série Suit Yourself Shoot Yourself  (1996) dont le dernier opus sera une variation pornographique du film Les proies (1971) de Siegel. En 1997, après The Revenge (entre série B et essai de distanciation),  il tourne Cure dont l’histoire de serial killer hypnotiseur lui ouvre les portes de l’Occident. Après Serpent's path et The Eyes of the Spider  (1998), sur le thème de la vengeance, il réalise Licence to Live (1998), son premier film hors genre. En 1999 suivent Vaine Illusion et l’étrange Charisma, entre conte philosophique et farce absurde. Puis, Séance (2000) et Kaïro (2001), des films de fantômes remarqués pour leur ambition théorique. Depuis Kurosawa s’est spécialisé dans ce genre avec des succès inégaux (Jelly Fish, Doppelganger, Loft ) qui ont fait baisser sa côte de popularité en Occident. Jusqu'à Tokyo Sonata (2009), très beau portrait de famille qui lui vaut le Prix spécial du jury à Cannes.

 

Le cinéma original et interrogatif de Kiyoshi Kurosawa est de proposer des méditations ouvertes, au sein desquelles chacun peut frayer le chemin de ses propres réflexions. Il s'agit avec Charisma, par exemple, d'une réflexion philosophique aux enjeux métaphysiques et politiques, qu'il appartient à chaque spectateur d'investir à son gré. Je me permettrai toutefois d'attirer l'attention sur une des approches possibles, qui font que l'arbre puis l'homme qui s'appellent "Charisma" dans le film incarnent les multiples formes de la tension entre l'exigence collective et la revendication individuelle. Si bien qu'au début du film, placé sous l'empire d'un autre genre cinématographique, le polar, est affichée une étrange revendication « Il faut rétablir les règles du monde ». La grande force de Charisma est de mettre en évidence de manière dramatique comment ces règles ont été trahies et comment l'homme, livrée à la solitude de sa conscience, ne trouve d'issue ni dans la nature, ni dans la société. Cette ambivalence féconde, qui met en cause tous les grands systèmes binaires, concerne en particulier son rapport aux autres, l'opposition culture/nature, au point que l'on parvient à douter du caractère  "naturel"  de la nature et que l'on se prend à se demander alors ce que peut ou doit  être une attitude civilisée et ce que l'homme est en mesure de faire en tant qu'individu. Cette destructuration va permettre de parvenir à un point incontournable où chaque personnage finit par expliquer, et sans doute par croire, que tous les autres sont fous et que l'être n'est pas davantage capable de sauver la nature que la nature ne l'est de le sauver et de se sauver elle-même. Ce qui a pour conséquence de placer le spectateur dans une posture d'incertitude qui a quelque chose d'inconfortable, mais aussi de stimulant. Cette ambivalence, cette réversibilité de la référence raisonnable est une aubaine pour un cinéaste moderne, qui travaille sur la mise en question de la logique dramatique et sur ce que peut signifier "le destin". Un tel univers permet de rendre imprévisible le plan suivant, de rendre - de manière parfois effrayante et presque toujours onirique et incroyablement brutale et cruelle - le comportement de chacun des protagonistes. C'est une formidable liberté bien qu'elle soit dangereuse, comme toute vraie liberté. Il faut donc un grand artiste pour en user afin que son œuvre ne devienne pas illisible ou incohérente.  Par ailleurs, il y a dans ce film un mystère que Kiyoshi Kurosawa  travaille avec des moyens visuels simples et parfois obscurs aux non initiés. Il n'est pas facile de se frayer un chemin dans ce narratif où, à tout moment, intervient une solution contradictoire. Mais la tentative est intéressante et le film a le mérite d'introduire le questionnement à défaut de proposer des solutions.

 

Ainsi la peur, l'angoisse sont-elles les caractéristiques de l'oeuvre de Kiyoshi Kurosawa. Il ne craint nullement d'aborder des sujets effrayants, des tueurs en série, des hommes dotés de pouvoirs hypnotiques, d'employés atteints de parasites inguérissables qui les transforment en zombies, de kidnappeurs ou d'adolescents enclins au suicide ; oui, les cas les pires animent ses divers films avec un âpre réalisme. C'est en quelque sorte la puissance du négatif, le spectre d'une contamination inexorable qui frappe aussi bien l'homme, condamné à détruire son proche, que la nature produisant ses propres poisons pour mieux s'annihiler elle-même. Visiblement hanté par la bombe d'Hiroshima, le cinéaste considère le Japon comme un monde désertifié, frappé à tout jamais par les traumatismes de son Histoire. Si bien que dans la solitude urbaine, aussi bien que dans l'ennui rural, en l'absence de toute transcendance, la silhouette humaine se voit condamnée à devenir spectre, fantôme, ombre et, ayant perdu jusqu'à sa propre trace, à s'effacer progressivement. En définitive, un cinéma du doute et de la désespérance, une forme de perte d'humanité qui hante le monde moderne.

Avec son avant-dernier film en deux volets Shokuzai, présenté en 2013 et en avant-première à Deauville, le réalisateur nous proposait un monde tout aussi éprouvant mais avec une approche plus classique, très élégante même, un raffinement tout en demi-teinte et fardé d'une subtile poésie et d'une vraie finesse psychologique à défaut d'une réelle espérance. Le dernier d'entre eux, Réal, en avant-première à Deauville pour le 16e Festival du film asiatique 2014, a été projeté en présence du metteur en scène et ne déroge nullement à ses thèmes non-conformistes et à son souci des explorations hors des sentiers battus. Cette fois, Kurosawa nous entraîne dans l'inconscient d'une jeune femme, victime d'un coma prolongé, mais nous déroute aussitôt sur une autre voie qui nous interpelle différemment : en définitive du couple d'amoureux lequel est la victime de l'autre et qui se méprend le plus sur la réalité de leur existence conjugale ? Ainsi, comme à son habitude, le réalisateur japonais prend-t-il un chemin de traverse pour susciter notre surprise et notre interrogation à travers les volutes et méandres de l'esprit, où le réel et l'irréel, le vrai et le supposé se confondent, nous conviant à une aventure métaphysique et onirique surprenante et d'une indéniable efficacité.

 

Pour prendre connaissance du dernier film du réalisateur, cliquer sur son  titre :

 

SHOKUZAI ( PENITENCE ) de KIYOSHI KUROSAWA

 

REAL

 

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 11:24

Atsumi ( Haruka Ayase ) est une jeune et jolie dessinatrice de mangas. Mais, depuis un an, elle est dans le coma après avoir tenté de se suicider. Pour trouver une explication à son geste, son petit ami, Koichi ( Takeru Sato ), rejoint un programme censé lui permettre de pénétrer dans l'inconscient de la jeune femme. Mais le système l’envoie-t-il vraiment là où il croit ?

Kurosawa nous invite à un curieux voyage dans le temps et l’inconscient qui, mieux que le conscient, enregistre non le réel supposé mais l'illusoire, l'inexistant, le virtuel, soit notre propre re-création ou, plus précisément, notre propre transposition du monde et de la vie. L’eau omniprésente nous rappelle la profonde réflexion du philosophe Gaston Bachelard dans « L’eau et les rêves » : L’être voué à l’eau est un être en vertige, il meurt à chaque minute.

Oui, l’eau fait tour à tour mourir et renaître et c’est ce qui arrive à Koichi, victime de sa mémoire mais aussi de ses rêves, au point qu’il touche tour à tour au fini et à l’infini, à la mort et à la résurrection. C’est au pays d’enfance que le couple se retrouve en pensée, sur une île aujourd’hui déserte, autrefois paradisiaque, que la réalité brutale des hommes a transformée en un enfer surréaliste.

Film de science-fiction mais d’une science-fiction intime et interrogative sur nos propres dérives mémorielles qui n’est pas sans rappeler L’aventure de Mme Muir de Joseph Mankiewisz, davantage que Inception de Christopher Nolan dont le discours onirique restait en surface, Kurosawa ouvre des pistes en faisant dialoguer le visible et l’invisible, le réel et le fantasmé avec une rigueur d’une rare intelligence.

Familier de l’étrange et du surgissement inquiétant de l’inconnu, Real nous immerge au cœur de cette hantise à travers le dialogue d’un jeune couple dont l’un des deux est dans un coma profond, mais lequel plus que l’autre ? Car le coma semble ici être un refuge, peut-être davantage une voie pour déchiffrer l’incompréhensible, le subjectif, la face cachée des choses et un lieu prédestiné où l’être prend sa vraie mesure et où l’existence se déploie dans sa véritable dimension. Enfin, la faute originelle et la quête du rachat prennent une importance obsédante. C’était déjà le cas avec Shokuzai, ce l’est avec Real qui nous déconnecte du réel pour nous entrainer dans les méandres surprenants, fascinants du cerveau et de ses incroyables fantasmagories.

Voilà une œuvre marquante qui sait émouvoir et questionner sur la part chimériqu de chaque vie. C’est par ailleurs l’œuvre d’un visionnaire qui met en perspective la responsabilité des hommes en proie à une angoissante manipulation de la matière et des forces nucléaires représentées par un monstre préhistorique surgissant de l’eau, miroir du temps, comme si le présent mordait la queue du passé, incarnation de notre évidente culpabilité. Oui, un grand film. Décidément l’audace et la nouveauté nous viennent de l’Est.

 

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REAL de KIYOSHI KUROSAWA
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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 11:29

En famille, il arrive que l’on se soutienne, il arrive aussi que l’on se déchire à belles dents et avec une voracité d’où le cynisme n’est pas exclu. Suite à la disparition de leur père, un professeur, poète à ses heures, qui a choisi de se suicider à bord d’une barque au milieu d’un lac, les trois filles Weston se retrouvent, après plusieurs années de séparation, dans leur maison familiale. C’est là qu’elles sont à nouveau réunies avec la mère paranoïaque et lunatique qui les a élevées. A cette occasion, des secrets et des rancœurs trop longtemps gardés vont brusquement refaire surface…et avec quelle violence !

 

Ce huis-clos tragique et loufoque inspiré de la pièce de Tracy Letts n’est pas sans nous évoquer des œuvres comme Cris et chuchotements ou Sonate d’automne du cinéaste Ingmar Bergman et, plus récemment,  Carnage de Roman Polanski où les affrontements donnaient lieu à des scènes quasi tragiques. Chacun des personnages s’avançait cuirassé de haines et de faiblesses et se livrait à des dialogues d’une rare virulence et à des scènes de détresse, dès lors que le dévoilement mettait chacun d’eux en danger.

 

Ici, il s’agit principalement d’une mère et de ses trois filles confrontées en même temps à leur passé et à leur présent dans une ambiance de deuil qui exaspère les sentiments, ce, sur fond de frictions générationnelles. Car les parents ont eu un départ difficile, ont  obtenu ce qu’ils possèdent à la force du poignet, tandis que leurs filles, élevées dans la facilité, ont reçu nécessaire et superflu sans avoir à combattre. D’où les rancoeurs accumulées chez la mère et l’inconscience et la débonnaire insouciance des filles dont les seuls soucis sont ceux qu’elles se créent elles-mêmes. Cette comédie dramatique, fort bien orchestrée par John Wells, est un véritable règlement de compte accentué par l’amertume d’une mère droguée, en proie à un cancer de la langue, ce qui est un clin d’œil à ce que la langue peut avoir de pervers et de redoutable. Cette femme aigrie en veut également à une société qui s’autodétruit, à un monde où les adultes n’ont plus aucune conscience morale, où les enfants sont trop livrés à eux-mêmes et où chacun, ne pensant qu’à soi, s’isole dans son égocentrisme. A travers cette famille, c’est l’Amérique qui nous livre ses tourments, une société déstructurée qui se flagelle avec une sorte de complaisance paranoïaque et une efficacité redoutable, faisant de nous des témoins consentants, car les problèmes de l’Amérique ne sont-ils pas les nôtres ?

 

Ce lavage de linge sale est également un grand moment de théâtre, plus encore que de cinéma – c’est décidément à la mode que le théâtre s’invite à l’écran – mettant en scène un quatuor d’actrices magnifiques  avec en tête Meryl Streep, admirable dans un rôle où elle ose tout, face à une Julie Roberts étonnante, loin des comédies sentimentales qui ont fait sa réputation, sans oublier Juliette Lewis en jeune femme évaporée et Julianne Nicholson en femme sans caractère, fragile et désarmée. Ces actrices portent l’opus avec panache et leurs rivalités, l’ordonnance ou la dés-ordonnance de leurs natures font tout l’intérêt de ces duels successifs où personne ne finit par l’emporter, sinon la désillusion et le cynisme. Famille, je vous hais est sous-jacent tout au long de la projection, d’autant que le secours ne viendra que du dehors, la beauté silencieuse de la nature pour  Alexandra, l’aînée des filles, et les bras secourables de l’employée de maison indienne, soit l’étrangère, pour Violet, la mère. Pour les autres ce sera la fuite et sans doute l’oubli. Un film grinçant où tout s’oppose, même l’amour. Mais il y a les oiseaux en escadrilleau loin et la lumière qui filtre à travers les rideaux. Il arrive que l'on fasse sa vie avec ce qui vous manque.

 

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UN ETE A OSAGE COUNTY de JOHN WELLS
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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 11:49

 

Un père Hsiao-kang et ses deux enfants vivent en marge de Taipei, entre les bois et les rivières de la banlieue et les rues pluvieuses de la capitale. Le jour, le père gagne chichement sa vie en faisant l’homme sandwich pour des appartements de luxe pendant que son fils et sa fille hantent les centres commerciaux à la recherche d’échantillons gratuits de nourriture. Tous trois, depuis la disparition de la mère, connaissent la plus grande précarité, couchant dans un immeuble abandonné, sur des matelas posés à même le sol et obligés d’aller se laver dans les toilettes publiques. Une femme, vendeuse dans une grande surface, qui donne à manger aux chiens errants du quartier, va apporter un peu de tendresse maternelle et de nourriture aux enfants et adoucir leur errance morale et physique dans ce milieu urbain où le rythme de vie est devenu infernal et où l’existence quotidienne ne cesse pas de se déshumaniser.

 

Sur ce scénario ramassé, le cinéaste taïwanais Tsai Ming-liang a composé une sorte de sublime et déchirant oratorio de la misère et de la solitude, une symphonie poignante de pluie et de larmes qui vous bouleverse et vous hante des heures durant. Il parvient, malgré cette désespérance cousue à petits points et à larges plans, à produire un film d’une beauté tragique, quasi apocalyptique, qui m’est apparu comme une œuvre testament, peu bavarde, un résumé superbe de l’imagerie cinématographique lorsqu’elle atteint ce degré de sensibilité et d’émotion. Lors des dernières séquences, l’art du cinéaste se résume en quelque sorte, mêlant peinture, musique, détresse humaine et interrogation dernière sur le sens de la vie, sur la tragédie perpétuelle qu’elle inspire, sur les regards qui se croisent et se séparent, sur la douleur infinie, sur la cacophonie d’un monde devenu sourd comme si nous apparaissaient soudain juste au moment de disparaître le premier Adam et la première Eve au cœur d’un désert minéral et en face d’une fresque qui exprime l’ultime image fantasmée de l’art et des hommes.

 

Difficile de parler des acteurs tellement le film les a pris sur le vif, tant les personnages semblent saisis à leur insu dans leur quotidien, tant ils sont naturels et vrais. Bien entendu, on ne peut oublier de mentionner la prestation de l’acteur fétiche du réalisateur Lee Kang-sheng que les spectateurs ont vu grandir et vieillir avec lui, son alter ego comme le fut Antoine Doisnel pour Truffaut, plus émouvant que jamais dans ce rôle où il perd peu à peu son humanité, s’abime dans la solitude et le désarroi. Son regard ne risque pas de s’effacer de nos mémoires car il exprime la grande peine des êtres en marge d’un univers urbanisé à l’extrême, au point que la campagne n’est plus qu’un désolant bourbier, un jardin d'Eden déserté à tout jamais sous des pluies torrentielles. FOUDROYANT

 

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LES CHIENS ERRANTS de TSAI MING-LIANG
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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 10:12

Un cru 2014 d'excellente qualité qui a été suivi par un public nombreux et visiblement concerné et nous a présenté un ensemble de films divers et surprenants, soit en compétition, soit hors compétition et presque toujours en présence de leurs réalisateurs. C'est ainsi qu'un hommage a été rendu à  Hideo Nakata avec un film d'une grande originalité Monsterz. Cet opus nous conte l'histoire d'un personnage qui a la capacité de contrôler les gens et de leur imposer ses volontés, remake d'un thriller surnaturel coréen qui fait suite à Ring ( 1998 ) et Ring 2 ( 1999 ), devenus les plus célèbres films fantastiques au Japon. C'est après la sortie flamboyante de son chef-d'oeuvre Dark Water, en 2002, que Nakata est devenu le chef de file de la Nouvelle Vague nippone. Bien que passionné par le surnaturel, le cinéaste a bien précisé  qu'il restait un observateur assidu de notre époque, du pouvoir de plus en plus envahissant de l'image et de l'attraction qu'elle exerce sur la jeunesse. Ainsi, il ne craint pas de dénoncer  les dérives d'internet et de la télé-réalité, de même que ses propres phobies. Son cinéma est fort et original et privilégie l'économie de moyens, évitant violence et effusion de sang qui caractérisent trop souvent le cinéma asiatique.

 

Un autre hommage a été rendu au réalisateur taïwanais Tsai Ming-Liang, en même temps qu'ont été projetés Les chiens errants, un film qui a frappé le public par un narratif bouleversant et un sujet traité d'une façon  très personnelle dans une apogée dramatique qui ne peut laisser personne indifférent, sorte de fresque tragique et d'un humanisme poignant. Etait présent également un cinéaste que j'aime beaucoup Kiyoshi Kurosawa avec Real où une fois encore le diable d'homme nous surprend par l'originalité de son thème. Après l'excellent Shokuzai  - Celles qui voulaient se souvenir et Celles qui voulaient oublier, il nous immerge cette année dans l'inconscient d'un couple amoureux mais qui perd pied à un moment donné de sa vie. Qui est qui et quel est l'inconscient de l'un qui a pris l'avantage sur l'autre et comment s'y retrouver dans la trame d'une vie soudain décousue ? Grâce à un scénario serré et une mise en image d'une efficacité redoutable, Kurosawa nous mène de surprise en surprise dans les volutes de l'esprit où le réel se confond  au surréel, l'inconscient au conscient, belle histoire d'un Roméo et d'une Juliette revisitée à l'aune des progrès scientifiques et de la science contemporaine. Enfin avec Le promeneur d'oiseau, Philippe Muyl, vivement applaudi, clôturait cette 16ème édition avec un conte ravissant, filmé dans des paysages d'une beauté à couper le souffle. Cette oeuvre franco-chinoise sortira fin avril dans les salles françaises et je vous la recommande vivement car c'est un opus plein de charme, très actuel entre deux modes de vie : celle d'un jeune couple de Pékin riche et gagné par tous les travers de la modernité et celle d'un vieux paysan resté attaché à ses traditions ancestrales. Entre eux une petite fille, qui pourrait être celle de n'importe quel couple actuel, va découvrir, à l'occasion de vacances impromptues, que la vie a certes plusieurs visages mais que l'amour n'en a jamais qu'un seul.

 

Quant aux films en compétition, je ne les ai pas tous vus, mais j'ai apprécié la plupart d'entre eux pour la qualité de la mise en scène et, à défaut peut-être de l'originalité de leurs sujets, celle de leur interprétation, ainsi que les rythmes bien adaptés de leurs récits. Ce furent Mater Dolorosa de Adolfo B. Alix qui nous plonge dans l'intimité d'une famille de la mafia philippine, à Manille plus précisément, et a la chance de reposer sur les épaules d'une actrice douée d'une merveilleuse présence : Gina Alajar dans le rôle de Lourdes Lagrimas. Et  No Man's land de Ning Hao pour la virtuosité scénique, le rythme compulsif et une virée rocambolesque dans un désert de tous les dangers menée de main de maître par le réalisateur, film violent et cruel qui  n'en est pas moins un western d'aujourd'hui au coeur d'un univers désolé et tragique.

 

Quant à l'opus le plus couronné, Prix du Public et Prix du Jury, il ne m'a pas totalement convaincue, mais il porte en lui des qualités indéniables de sensibilité et semble prometteur d'une belle carrière, car son réalisateur Lee Su-Jin, né en Corée du sud en 1977, est encore très jeune. Han Gong-Ju est son premier long métrage après deux courts métrages déjà remarqués : Papa ( 2004 ) et Enemy's Apple en 2007 ; Il faut souhaiter qu'il maîtrise mieux ses narratifs car celui de Han Gong-Ju reste brouillon. Vous pouvez vous référer aux articles que j'ai consacrés à ces divers films en cliquant sur les liens ci-dessous. Enfin un Festival qui prouve la diversité d'inspiration d'un cinéma asiatique en plein essor, auquel rien n'échappe des problèmes de notre actualité internationale et qui n'oublie pas de se préoccuper des difficultés d'un monde en mutation et d'initie les bonnes interrogations.

 

autres articles relatifs au 16e Festival du film asiatique de Deauville

 

Han Gong-Ju

 

No Man's Land

 

Monsterz


Les chiens errants de  Tsai Ming-liang

 

REAL de KIYOSHI KUROSAWA

 

Bientôt la critique de Le promeneur d'oiseau.

 

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16e FESTIVAL DU CINEMA ASIATIQUE de DEAUVILLE - BILAN

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 10:49

 

16e FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE

 

en compétition

 

Le réalisateur sud-coréen Lee Su-Jin nous propose un teaser dramatique pour son premier long métrage Han Gong-ju, primé d’ores et déjà, et à plusieurs reprises, au Festival du Film International de Rotterdam et à celui de Marrakech. Cet opus raconte l’histoire de Han Gong-ju, interprétée par Chun Woo-hee, qui est envoyée dans un autre établissement alors qu’une enquête a lieu dans sa ville d’origine. Han Gong-ju pourra-t-elle surmonter son passé douloureux et obsédant ? En effet, la jeune adolescente délaissée par ses parents a été victime d’un viol collectif et a dû quitter son lycée pour un autre, alors que sa compagne, enceinte à la suite de ce viol, vient de se suicider. L’un de ses professeurs l’accompagne et la confie à sa mère qui, après l’avoir froidement accueillie, finit par s’attacher à elle. La jeune fille est d’autant plus discrète dans son comportement que l’enquête au sujet du viol n’est pas terminée et que son innocence n’est pas encore prouvée. Cependant elle fait son possible pour se réinsérer dans la vie et mener une existence normale auprès de ses nouvelles compagnes, dont l’une s’attache plus particulièrement à elle et l’encourage, ayant remarqué ses dons pour le chant, à venir les rejoindre dans leur chorale a capella. Mais le passé est trop obsédant et la jeune fille ne trouve de vraie détente qu’à la piscine où elle s’entraine à faire des longueurs, persuadée que si elle est capable de nager bien et longtemps, elle s’en sortira et pourra ré-envisager sa vie normalement, car qui sait nager peut survivre.

 

Voilà un scénario qui ne manque pas de qualité et offre, malgré un contexte dramatique, une issue positive, un désir ô combien louable pour une jeune fille blessée de surmonter son épreuve et de se reconstruire mais, malheureusement, il manque de rigueur dans son narratif et oscille sans cesse entre passé et présent de façon brouillonne, ce qui prive le récit de cohésion. Dommage, car l’interprétation est bonne, la jeune Chun Woo-hee endosse ce rôle avec une gravité convaincante, n’en fait ni trop, ni pas assez, nous touche par sa retenue et sa pudeur et les scènes les plus pénibles sont filmées sans mélo excessif. Toutefois, il manque quelque chose à ce film : une vision plus intériorisée du cheminement psychologique de la victime. On reste en lisière, sans jamais aller au-delà, de façon formelle, si bien que l’émotion ne survient pas et que l’on n’est jamais vraiment captivé par le sujet, qu’on le reçoit de manière extérieure. Il aurait fallu peu de chose pour que tout bascule mais, voilà, la caméra n’est pas suffisamment introspective pour nous bouleverser véritablement, on ne fait que constater que le mal-être de la jeunesse coréenne est très proche de celui de la jeunesse occidentale. Ame constat.

 

A été couronné du Prix du Public et du Prix du Jury du 16e Festival du film asiatique de Deauville qui s'est clôturé le samedi 8 mars.

 

Sortie prévue en France fin 2014 sous le titre "A Cappela"

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 

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HAN GONG-JU de LEE SU-JIN
HAN GONG-JU de LEE SU-JIN
HAN GONG-JU de LEE SU-JIN
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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 10:45

Hommage à HIDEO NAKATA – 16 ème Festival du Film Asiatique de Deauville -

 

Mercredi 5 Mars, le Festival du film asiatique a investi la cité normande pour sa seizième édition. Au programme : un jury présidé par Claire Denis, huit longs métrages en compétition et dix avant-premières en provenance de Corée du Sud, de Chine, des Philippines, d'Indonésie, du Cambodge, d'Inde et même du Kazakhstan! Un hommage sera rendu au Taïwanais Tsai Ming-liang, qui présentera « Les Chiens errants », Lion d'Argent à Venise, et à Hideo Nakata, maître incontesté du cinéma fantastique à la japonaise, qui a dévoilé hier soir 6 mars, en exclusivité mondiale, « Monsterz », sa dernière réalisation.

 

"J'ai suivi avec attention son travail, et son évolution, indique Bruno Barde, directeur de la manifestation. Les films de genre ont toujours permis au cinéma de se renouveler. Alors il me paraît essentiel de reconnaître les metteurs en scène qui s'illustrent sur ce terrain." C'est la première fois que Hideo Nakata foulera les célèbres planches. "Deauville a une réputation mondiale, notamment au niveau de sa gastronomie, admet l'intéressé depuis Tokyo. J'ai hâte." Il ne compte pas se reposer sur ses lauriers. "Je reste humble : à 52 ans, je n'ai réalisé que 18 longs métrages. Je ne regarde jamais en arrière. Je préfère imaginer les surprises que me réserve l'avenir."

 

L'étudiant en journalisme et en sciences est devenu l'un des cinéastes emblématiques d'une époque, lorsqu’en 1998, il décide d'adapter sur grand écran le best-seller de son compatriote Koji Suzuki. Et ainsi de réhabiliter les histoires de fantômes vengeurs, en vogue dans les années 1950 : Ring et Ring 2, qui racontent une malédiction transmise par le biais d'une cassette vidéo, avaient provoqué un électrochoc. Hideo Nakata imprime sa patte, occultant la violence explicite au profit de l'épouvante sophistiquée et élégante, toujours ancrée dans une réalité sociale. Sa carrière est lancée, bientôt jalonnée de suites et de remakes à Hollywood. En 2002, le chef de file de la nouvelle vague nippone signe son chef-d'œuvre, « Dark Water », qui associe la terreur psychologique à la claustrophobie.

 

"Ma fille de 5 ans ne verra pas mes films avant longtemps. [Rires.] Je suis arrivé dans le fantastique par accident. À présent, c'est mon devoir de faire de mon mieux pour effrayer le public. « Monsterz » est un thriller surnaturel dans lequel un génie du mal contrôle l'esprit des personnes qui se trouvent dans son champ de vision. Il croise le chemin d'un homme sur lequel son pouvoir n'a aucun effet. Rêverait-il d'un tel don ? Pas du tout, même si j'admets que cela pourrait faire gagner du temps d'avoir le contrôle total sur un tournage ! J'ai trop besoin d'échanger des idées avec mon équipe, sinon je m'ennuie. Je n'ai pas l'âme d'un dictateur."

Le scénario de Monsterz nous montre un homme ( Tatsuya Fujiwara ) en proie à ses propres maléfices et confronté, pour la première fois de sa vie, à un partenaire que n’atteint nullement son pouvoir de manipulateur. Cet homme du nom de Shuichi Tanaka ( Takayuki Yamada ) voudrait aider les hommes, car il se sent terriblement culpabilisé par la mort de son jeune frère, qu’il s’était promis de protéger, survenue lors d’un accident de voiture où il était présent à ses côtés. Lui-même, sans bien le savoir, possède des dons étranges, dont celui de guérir presque instantanément de ses graves blessures. Les deux hommes vont s’affronter à maintes reprises, se poursuivre, se provoquer, l’un voulant faire disparaître son rival, l’autre s’employant à le sauver. Cela donnera lieu à des combats d’une extrême violence, à des scènes souvent réussies, car la mise en scène est maîtrisée, mais plombée à plusieurs reprises par des longueurs et des répétitions inutiles. La question posée est la suivante : jusqu’où risque de nous conduire la manipulation des foules, de même que la robotisation et surtout la manipulation génétique ? Il semble que les asiatiques soient sensibles à l’évolution inquiétante de notre société et qu’ils s’interrogent. D’où l’intérêt de cet opus, non dénué de défauts, mais dont le mérite est de nous mettre en interrogation sur l’avenir de notre planète et de notre humanité, surtout lors d’une scène où l’homme-monstre ou l’homme-robot verse une larme parce que l’humanité, qui l’ignore, n’a pas été en mesure de l’humaniser en lui donnant un nom.

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 

 

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MONSTERZ de HIDEO NAKATA
MONSTERZ de HIDEO NAKATA
MONSTERZ de HIDEO NAKATA
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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

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