Partager l'article ! CANNES 2012 - BERENICE BEJO MAITRESSE de CEREMONIE: VIDEO & VIDEO ...
La comédienne couronnée cette année du César de la meilleure actrice pour son rôle dans The Artist est la maîtresse de cérémonie du Festival de Cannes 2012. En dépit de ses succès, celle qui est aussi l'épouse de Michel Hazanavicius et la mère de deux enfants reste aussi charmante que fragile et modeste. Ces premiers pas sur scène ont prouvé qu'elle était une jeune femme émotive, ce qui a excité les moqueries de certains, tandis que cette vulnérabilité en a touché d'autres.
INTERVIEW
Question : Avez-vous le trac ?
C'est une énorme pression, parce que l'on est jugée en une minute. On vous regarde de haut en bas, votre coiffure, votre robe, le choix de la couleur, votre discours...J'ai l'impression de prendre un gros risque et de passer un énorme casting, mais je me raisonne : Même si je me trompe, j'ai décidé que j'en rigolerai.
Allez-vous jouer la carte de l'humour, du glamour, ou les deux ?
Je vais essayer de faire simple. Je vais parler de cinéma, sans doute faire allusion à The Artist, à la voix et au silence, en faisant attention de ne pas perdre ceux qui ne comprendront pas le français, à savoir la moitié de l'assistance. Je veux aussi rester à ma place. C'est un joli rôle maîtresse de cérémonie, mais je ne suis pas la vedette du Festival. Les vedettes, ce sont les films, les acteurs, les réalisateurs.
Quels seront vos modèles ?
L'année dernière, j'ai adoré la manière dont Jane Fonda a remis la Palme d'or. Elle était si drôle ! En même temps, il suffit que Jane Fonda apparaisse pour nous ravir... J'aime aussi l'audace de Ricky Gervais qui est très méchant et drôle, mais je ne pourrai pas leur ressembler. J'ai plutôt regardé du côté des actrices de mon âge, et j'ai découvert que Cécile de France, en 2005, avait trouvé le parfait mélange de solennité et de simplicité. Elle était à l'aise sur scène, elle a souri, elle était bien. Je ne vais pas non plus me lancer dans la revendication, parler des élections ou de la Syrie, ce n'est pas le lieu...
Allez-vous faire appel à des auteurs pour vos textes ?
Ce sont les auteurs de Bref, le programme court de Canal +, qui vont m'aider. Je suis ravie parce qu'ils sont drôles, gentils, très fins, très humains, et que j'aime beaucoup leur plume. Je suis heureuse qu'ils soient jeunes et connus depuis relativement peu de temps, c'est rafaîchissant pour ce vénérable festival. Surtout nous nous reconnaissons tous dans Bref. Chacun devrait pouvoir s'identifier.
Qui avez-vous le plus envie de rencontrer ?
Wes Anderson. J'adore son univers. Je pense d'ailleurs qu'il a des points communs avec Michel Hazanavicius. Je me souviens de La vie aquatique que j'avais découverte à New-York. Je n'avais pas du tout envie de voir ce film et j'avais été soufflée. C'est tellement barge et génial. J'ai adoré A bord du Darjeeling Limited aussi...
Quels sont les films que vous avez le plus envie de voir dans la sélection ?
Outre Moonrise Kingdom de Wes Anderson donc, j'ai évidemment envie de découvrir Sur la route de Walter Salles, le Cronenberg et le Audiard. Je suis curieuse de voir ce qu'il a fait de ce thème : une femme qui se fait manger les jambes par un orque... Et puis cela fait longtemps que l'on n'a pas vu Marion Cotillard porter un film fort. Elle a été superbe dans des films américains, mais ses rôles n'étaient pas forcément centraux. Je suis donc doublement curieuse.
Viendrez-vous en famille ?
Je ne suis pas comme ces actrices américaines qui se promènent partout avec leurs enfants et jouent à la maman modèle. Le côté bébé accesssoire de mode ne m'attire pas. Je ne trouve pas que ce soit bien de les emmener. Ils sont trop petits. Je vais essayer de vivre pleinement Cannes. Je resterai une semaine. Je repartirai pour voir mes enfants, et je reviendrai vers la fin.
Et pour vous quel avenir ?
Je vais prêter ma voix à Rebelle, la nouvelle production de Disney. J'avais très envie depuis longtemps de faire la voix d'un dessin animé. Pour une fois, je peux devenir totalement autre. C'est grisant ! Merida est une héroïne parfaite pour moi. Elle n'en fait qu'à sa tête, se rebelle contre sa mère, son père, la société. Elle n'a pas envie de se marier ni de rencontrer le prince charmant, elle préfère tirer à l'arc, monter son superbe cheval noir et vivre sa vie. Je trouve que c'est un message formidable pour les enfants ! Et j'aime sa chevelure rousse en cascade...
Que ferez-vous le lendemain de Cannes ?
J'arrête tout ! J'éteins mon portable et je lis. Je lis tout le temps. Je viens de finir la biographie de Joan Crawford, une femme vraiment extrordinaire et je suis maintenant plongée dans le dernier livre qu'a écrit Stefan Zweig avant de se suicider. Il parle de Montaigne et de la quête qui a obsédé ce philosophe toute sa vie, celle de la liberté intérieure. Zweig écrit sur un homme qui a su rester libre, qui a réussi à ne pas se laisser atteindre par les violences, notamment religieuses, qui l'entouraient. Zweig admire Montaigne, cherche à l'imiter, mais n'y arrive pas...c'est très émouvant et cela m'a donné envie de lire Les Essais. C'est parfait pour le Festival, non ?
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :
LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement
révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de nous
surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?
"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."
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