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28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 08:22

                        

                                                                   
Alice, manucure dans un institut de beauté, mène une existence ordinaire dans la banlieue de Sao Paulo, auprès de sa mère, de son mari, chauffeur de taxi, et de ses trois fils. Rien de particulier ne serait à signaler, hormis que le couple s'entend  mal. Bien qu'Alice fasse semblant, après vingt années de mariage, d'ignorer les infidélités de Lindomar, attiré par les jeunettes complaisantes, les scènes sont fréquentes et le désamour largement entamé. Lorsque réapparaît Nilson, l'un de ses anciens soupirants, elle voit en lui le magicien capable de changer sa vie sentimentale et professionnelle, d'exaucer ses rêves les plus romantiques. Mais ses désirs seront-ils comblés, de même que ceux de ses fils, dont l'un aspire à devenir militaire pour adopter le comportement autoritaire de ses supérieurs, que l'autre, le plus affectueux, souhaite acquérir quelques biens matériels, alors que le benjamin est troublé par l'éveil de sa sexualité et  que sa vieille mère, devenue quasi aveugle, s'affecte chaque jour davantage de la lente et inexorable déchéance familiale ? Je vous laisse le plaisir de le découvrir...


                        La Station


Chico Teixeira, documentariste, réalise avec A casa de Alice son premier film de fiction, nous proposant  la trajectoire d'une femme observée avec la précision d'un anthropologiste et un portrait brossé sans complaisance, ni cruauté. Une immersion dans son quotidien irrémédiablement banal, traversé par les soucis que lui donnent son mari volage, ses enfants insatisfaits et sa vieille maman atteinte de cécité. Au-delà de la pression qu'exerce l'atmosphère de la mégalopole ( par exemple les inextricables difficultés qu'engendrent les transports urbains ), le sujet principal n'en reste pas moins l'emprise du désir sur chacun de nous. Admirablement interprétée par Carla Ribas, Alice, à la fois magnifique et quelconque, nous est montrée comme un être désirant, une femme pleine de richesse et de complexité, partagée entre ses élans enfantins, ses croyances naïves et une vraie grandeur intérieure. D'un trait vif et précis, la caméra nous prend à témoin de cette vie grise où adultères, affrontements, déceptions, élans brisés font l'ordinaire des jours, sans que cela ne sombre jamais dans la vulgarité ou l'ennui et où la vie familiale se révèle être frustrante dans un monde régi par les diktats de l'argent.
Au final, le réalisateur fait la part belle à la lucidité, renonçant à céder à la molle complaisance de la compassion envers cette Madame Bovary moderne qui nous touche à plus d'un titre. Un film qui ne peut laisser personne indifférent et pose un regard d'une belle délicatesse sur des personnages qui parviennent, au fur et à mesure que se dévide la pellicule, à gagner en densité et émotion.


                       Carla Ribas. La Station


Grand Prix du 22e Festival du Film Romantique de Cabourg

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN, cliquer sur le lien ci-dessous :

LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA AMERICAIN & CANADIEN
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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