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31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 09:04

   Le Studio Ghibli


Longtemps le marché du long métrage d'animation s'est résumé aux productions Disney. Après la mort du maître en 1966, la qualité se mit soudain à baisser. Au milieu des années 1980, le studio rajeunit et tout change.

L'équipement se modernise et l'interminable trace-gouache à la main disparaît. Les dessins sont scannés, puis colorés sur écran à la palette graphique, avant qu'on ne reporte en postproduction, ombres et effets de lumière. Les films se mettent alors à battre des records d'audience : La petite sirène ( 1989 ), La belle et la bête ( 1991 ),  Aladdin ( 1993 ), Pocahontas ( 1995 ). En 1994, fait sans précédent, Le roi lion se hisse numéro 1 au box office mondial. Les studios Disney maintiennent la cadenced'un film par an et parient sur l'image de synthèse 3D en s'associant à John Lasseter ( Toy Story ), puis avec un ancien animateur ( Tim Burton ) pour un magnifique film de marionnettes : L'étrange Noël de Mr Jack ( 1993 ).


Pixar Animation Studios  


Mais en affichant ses énormes profits, l'empire Disney a stimulé la concurrence, que l'on voit soudain saisie d'une vraie frénésie : la Fox sort Anastasia ( 1997 ) ; la Warner Excalibur ( 1997 ) ; DreamWorks Fourmiz ( 1997 ), Le prince égyptien ( 1998 ), Shrek ( 2001 ), Shrek 2 ( 2004 ). Et des cinéastes indépendants se font un nom comme le très iconoclaste Bill Plympton : L'impitoyable lune de miel ( 1997 ), Mutant aliens ( 2001 ) et Hair High ( 2005 ).

Même vitalité au Japon, où l'on découvre le studio Chibli dont des films comme Mon voisin Totoro et Porco Rosso font sauter le box-office. C'est l'avènement d'un véritable génie de l'animation, Hayao Miyazaki, dont Princesse Mononoke ( 1997 ), Le voyage de Chihiro ( 2001 ), qui gagne sa notoriété mondiale sans se faire broyer par la machine commerciale en misant son scénario sur les préoccupations qui concernent l'homme en général, sa place dans la société ou dans la nature, et sa quête de fraternité et, enfin, Le château ambulant ( 2004 ) qui nous envoûte par la maîtrise incontestable du dessin. Issu du même studio, Isao Takahata signe plusieurs films dont un drame de guerre Le tombeau des lucioles en 1988 ), tandis qu'avec Akira ( 1988 ), Katsuhiro Otomo nous donne une vision hallucinante de la violence urbaine dans un Tokyo futuriste et que Satoshi Kon  nous livre avec Perfect Blue un polar sanglant sur les affres d'une chanteuse persécutée par un admirateur fou.

 

Buena Vista International   


Dans les pays de l'Est, la plupart des studios ont fermé après la chute du communisme. Le plus grand animateur russe Youri Norstein voit son meilleur film d'animation Conte des contes  ( 1978 ) couronné meilleur film d'animation de tous les temps à Los Angeles en 1984. En Grande-Bretagne, c'est la pâte à modeler animée qui revit grâce à un studio de Bristol, Aardman Animation. Entre 1990 et 1996, le Britannique Nick Park décroche 3 Oscars du court métrage avec les personnages de Wallace, l'inventeur farfelu, et Gromit, son chien flegmatique. Conçu avec un rare sens du rythme, ces films débordent de gags et d'humour. Difficile de concevoir que tout a été filmé, image par image, sur un plateau aux dimensions d'une maison de poupée. Le studio Aardman s'associera ensuite avec l'Américain DreamWorks pour deux longs métrages, tout aussi délirants : Chicken Run ( 2000) et Wallace et Gromit, la malédiction de Wererabbit ( 2005 ).


          Gebeka Films

En France, le film phare des années 1980 reste Le roi et l'oiseau, prix Louis-Delluc 1979. Vingt ans plus tard, le triomphe de Kirikou et la sorcière de Michel Ocelot ( 1998 ) réveille la profession et remporte un succès qui dépasse largement les frontières de l'hexagone. Plus de 30 pays se portèrent acquéreurs des droits d'exploitation. Puis on voit paraître une série de contes poético-philosophique signés Jean-François Laguionie tels que Le château des singes ( 1999), L'île de Black Moor ( 2004 ), ceux de Sylvain Chomet Les tripettes de Belleville ( 2003 ) et de Jacques-Rémy Girerd qui, avec La prophétie des grenouilles ( 2003 ) gagne en plus un pari économique : celui du refus de la délocalisation du travail à l'étranger. Sur la lancée de ce succès, Michel Ocelot enchaîne avec Kirikou et les bêtes sauvages en 2005 et ainsi l'animation française garde-t-elle son troisième rang mondial et son premier rang européen du cinéma d'animation. Un bel encouragement à poursuivre dans une voie qui plait tant à un public familial et parvient à produire des oeuvres d'une poésie enchanteresse.

Sources : La grande histoire du 7e Art de Laurent Delmas


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           Bac Films

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans MES BILANS
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commentaires

snoring aids 25/03/2014 13:07

The work done by disney in bringing out the favorite characters of the kids to their minds and making them friends with these characters is an ongoing process. And with the help of a better technological background it is comforting to know that these are basing made into films now.

darklimelight 17/09/2011 23:44


C'est un bel article qui montre bien la diversité et la santé florissante du cinéma d'animation à l'échelle planétaire. J'ai vu récemment "Mary et Max", terriblement émouvant. Et aujourd'hui encore
je me souviens du choc visuel des images de "La planète sauvage", de René Laloux, vu quand j'étais enfant.


Xyrons 17/09/2011 19:18


C'est également subjectif, mais je garderais toujours une préférence pour les films Disney des années 80-90 avec au top du top le fameux Roi Lion (Chef-d'œuvre complet aussi bien sur le plan
scénaristique que sur les images).
Concernant les musiques, je pense que la Belle et la Bête se place encore au dessus...

Cordialement,

Xyrons


bond123 06/07/2011 18:44

Je préfère les film signé Disney mais surtout les premiers moi aussi.. mais il est vrai que j'ai également beaucoup aimé, Fourmiz, Shrek, Chiken Run,etc...
Excellent ton article.

heads-up 20/11/2010 02:32

je prefere shrek...

delphine 31/07/2010 21:31

J'avoue ne pas avoir tout vu, loin sans faut. Mais en comparant les Shrek, Wallace et autres chicken, j'avoue que Kirikou remporte mon premier prix haut la main et je pense, celui de mes enfants aussi. Sa poésie est unique et inimitable.

Palilia 31/07/2010 10:43

magnifiquemagnifique reconstitution : mais j'ai une très grosse préférence pour les premiers Disney. C'est très subjectif ceci dit, certainement parce qu'on en voyait que des extraits l'après-midi de Noël il y a très longtemps. Après, les traits ont changé et sont devenus plus anguleux, mais ils ont introduit plus d'humour.
Kirikou est unanimement apprécié sur les blogs et tu vois, pour une fois... je l'ai vu et reveu.

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

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