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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 09:38
West Side Story

West Side Story

   


Née avec l'avènement du parlant - condition sine qua non de son existence - la comédie musicale va prendre un essor inespéré aux Etats-Unis sous l'influence des spectacles de Broadway. C'est ainsi qu'elle va mettre à contribution les talents les plus éblouissants de l'époque et devenir comme une ode à la danse et au chant.
Son berceau sera Hollywood et la première tentative reviendra à Alan Crosland qui, dès 1927, met en scène "Le chanteur de jazz", suivi en 1929 par "The Broadway Melody" de Harry Beaumont. Deux courants essentiels se créent alors : l'un avec la Warner et ses parades chorégraphiées par Bush Berkeley, l'autre avec Radio-Keith-Orpheum et les élégants numéros de Fred Astaire et Ginger Rogers.

 


Ginger Rogers et Fred Astaire. Editions Montparnasse


 

C'est néanmoins la MGM qui renouvelle le genre de la manière la plus audacieuse sous l'influence de son producteur Arthur Freed, si bien que le merveilleux devient source d'inspiration et produit en 1939 un film accompli "Le magicien d'Oz" de Victor Fleming. Freed fait appel aux talents les plus en vue : ceux de Gene Kelly et de Stanley Donen et donne à la MGM ses plus grands chefs-d'oeuvre : "Un jour à New-York" ( 1949 ), "Chantons sous la pluie"  (1952) ) et "Tous en scène" ( 1953 ) de Vincente Minelli qui traite  le genre avec le plus de profondeur et de cohérence artistique. En effet, "Tous en scène" sera l'un des plus grands succès de la MGM avec ses numéros de danse d'une virtuosité étourdissante et une chorégraphie qui se double d'une réflexion sur le monde du spectacle.


La comédie musicale évolue au fur et à mesure des films et des audaces des uns et des autres, sans cesse réinventée par des scénaristes tels que A.J Lerner, Adolph Green ou Betty Comden. A côté des énormes productions se multiplient les oeuvres plus modestes et moins coûteuses des sociétés indépendantes.
Avec "Une étoile est née" ( 1954 ) de George Cukor et "Beau fixe sur New-York" ( 1955 ) de Stanley Donen et Gene Kelly, l'atmosphère féerique cède progressivement le pas à un ton nettement plus dramatique et puise un nouvel élan avec l'arrivée du rock n'roll, s'appuyant sur ces rythmes neufs pour construire des histoires qui sont traitées au premier plan.

 


     


En 1961, en abordant une intrigue amoureuse sous un jour mélodramatique, Robert Wise dépoussière le genre et ne remporte pas moins de 10 Oscars. Ce sera la fabuleuse réussite de "West Side Story", libre adaptation de Roméo et Juliette tournée dans le Manhattan des années 60, sur une brillante partition de Léonard Berstein.

La France n'est pas en reste et se laisse séduire par un genre qui offre, sous le mode du spectacle, un panel large et ne se cantonne nullement dans un seul univers onirique mais reflète une réalité aussi dure soit-elle. En 1964, Jacque Demy, à travers une imagerie colorée portée par la musique de Michel Legrand, raconte une histoire d'amour brisée par la guerre d'Algérie  "Les parapluies de Cherbourg" qui voit les débuts d'une ravissante actrice Catherine Deneuve. Avant d'évoquer en 1967 la quête sentimentale de deux soeurs dans "Les demoiselles de Rochefort".

 


Collection Christophe L.   Ciné Tamaris


La comédie musicale permet d'aborder une palette de sujets telle que, progressivement, des cinéastes, apparemment éloignés de la scène, se lancent à leur tour le défi. Avec "New-York,New-York" ( 1977 ), chorégraphié par Ron Field, Scorsese jette un regard critique sur l'Amérique des années 50, tandis que Sydney Lumet dans "The Wiz" ( 1978 ) nous propose une version sombre et urbaine du "Magicien d'Oz". La jeunesse, composant désormais un public spécifique auquel l'offre se doit de s'adapter, Milos Forman saisit l'occasion pour adapter à l'écran le spectacle "Hair" en 1979. C'est ainsi que le départ de son héros pour le Vietnam prend une dimension sociale et politique déterminante. Alors que certains films de texture plus légère comme "La fièvre du samedi soir" ( 1977 ), avec un John Travolta en icône de la musique disco, cherche davantage à faire danser les foules qu'à délivrer un quelconque message.

 

En 2001 et 2002, "Moulin Rouge" de Baz Luhrman et "Chicago" de Rob Marshall exploitent le genre brillamment mais sans y apporter d'innovation. Il faudra attendre Lars von Trier et son "Dancer in the Dark" qui, en réunissant tous les éléments clés, aborde la comédie musicale selon des critères encore inédits et crée un style totalement nouveau. Le succès qu'il remporte prouve - si besoin est - combien la comédie musicale est apte à nous entretenir des réalités les plus complexes et les plus modernes. Aujourd'hui, "La La Land"  de Damien Chazelle renoue avec l'ère de la comédie musicale avec un charme indéniable et un brin de nostalgie.

 

Comédies musicales analysées sur ce blog : 

 

CHANTONS SOUS LA PLUIE de STANLEY DONEN        

WEST SIDE STORY

UN VIOLON SUR LE TOIT de NORMAN JEWISON       

LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT de JACQUES DEMY

CARMEN de FRANCESCO ROSI

MY FAIR LADY de GEORGE CUKOR

DANCER IN THE DARK de LARS VON TRIER 2000

UN AMERICAIN A PARIS de VINCENTE MINNELLI

ENTRONS DANS LA DANSE de CHARLES WALTERS

ORFEU NEGRO de MARCEL CAMUS

LA LA LAND de DAMIEN CHAZELLE

 

Et pour consulter la liste complète des articles de cette rubrique, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

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"La La Land" de Damien Chazelle

"La La Land" de Damien Chazelle

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Published by Armelle BARGUILLET - dans MES BILANS
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commentaires

armelle 17/02/2017 11:49

Je ne pense pas que vous serez déçue Niki. C'est bien réalisé, bien joué et très rafraîchissant. Je n'ai pas boudé mon plaisir. Quelques longueurs, sans doute, mais ce n'est pas grave. La musique est belle, les images aussi et cette jeunesse est élégante et sympathique.Suffisamment rare pour que l'on apprécie. Et puis pas de sexe, de violence et de vulgarité.

niki 17/02/2017 11:08

j'ai vu bon nombre des comédies musicales que vous relatez armelle, sauf "la la land" - en fait je redoute un peu que le genre ait vieilli, même si "la la land" est un hommage à ce cinéma que j'adorais étant jeune - peut-être que les goûts changent, cependant je revois toujours avec grand plaisir les astaire/rogers :-)
c'est toujours un plaisir de lire vos chroniques tellement bien documentées

delphine 31/08/2010 18:26

Je pense avoir vu la majorité de celles que vous citez et toutes avec autant de plaisir et d'émotion. Belle synthèse que la vôtre.

ffred 29/08/2010 19:09

Très bel article ! Je suis un fan de Demy, j'adore Peau d'âne mais je ne sais pas si cela entre dans la catégorie des comédies musicales ? Mais ce qui a bercé ma jeunesse c'est plutôt Grease et La fièvre du samedi soir ! J'ai adoré Moulin Rouge mais detesté Chicago et Nine (c'est peut être bien le réalisateur qui est en cause là...)

Thérèse 28/08/2010 12:27

Je rentre de vacances et retrouve votre blog avec plaisir ainsi qu'internet en général. Je vois qu'il y a plein d'articles nouveaux et celui-ci sur les comédies musicales. Je crois que j'ai vu les plus belles et quand l'occasion se présente je les revois avec un immense plaisir. Bonne idée de nous rafraîchir la mémoire.

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

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