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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 08:36

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C'est la rentrée des ­classes. Au lycée Gustave-Flaubert, le directeur de cet établissement pilote a décidé que tous les élèves porteraient le même uniforme au nom de l'équité démocratique. Professeur de français désabusé qui a passé tout l'été à lire Schopenhauer, Germain replonge sans conviction dans sa classe et donne un sujet de rédaction qu'il pense facile : raconter son week-end. Les pires ­banalités vont se succéder jusqu'à ce qu'il lise le texte d'un certain Claude Garcia (Ernst Umhauer) qui raconte s'être immiscé dans la maison de son copain Rapha. 


Pour qu'un film soit bon, comme un livre d'ailleurs, encore faut-il que le thème, l'enjeu soit susceptible de convaincre. Or, François Ozon, en charge d'y parvenir, s'empresse d'oublier le conseil que le professeur, interprété par Fabrice Lucchini,  prodigue à son élève  chez qui il devine un goût certain pour l'écriture et le récit- " faites en sorte de capter l'attention par un sujet fort, une action brillante, des propos accrocheurs " - alors même que son opus, sensé défendre cette cause, sombre très vite dans le bavardage stérile et la banalité la plus triviale. Ainsi Ozon a-t-il raté son but malgré la bonne volonté d'acteurs talentueux, tous prêts à l'y conduire. L'idée était bonne, excellente même puisque axée sur la transmission du savoir et l'éveil d'une vocation, encore fallait-il un scénario suffisamment crédible et rigoureux pour la développer avec subtilité et conviction. C'est raté.

 

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La raison en est que le sujet se dilue dans un amateurisme regrettable au point que Ozon ne nous sert là qu'un  film bâclé et maladroit. En assurant, bien en vain, que la réalité sert l'imaginaire ou vice versa, il nous démontre le contraire tant son imaginaire à lui tourne trop vite court. Il y avait pourtant à dire.

L'histoire de ce lycéen doué, remarqué par son professeur de français avec lequel s'établit un lien d'intérêt et de sympathie est si peu probante que l'on décroche dès les premières scènes. Tout d'abord parce que la famille qui inspire l'adolescent n'a rien d'inspirante  : comment trouver sur l'échelle sociale un couple et son fils unique dénués à ce point de saveur culturelle et humaine ? Il fallait pour que l'on adhère au sujet choisir une famille en mesure de subjuguer l'écrivain en herbe et justifier l'histoire qu'il se plaît à raconter jour après jour à son professeur au point de tenir celui-ci en haleine. Malheureusement il ne se passe rien, rien qui justifie la faute professionnelle que le maître va être amené à commettre sous l'effet de cette supposée fascination. Oui, cela est totalement illogique.

 

dans la maison 2

 

A l'exception de quelques réparties drôles et quelques moments bien venus, la spectatrice que je suis est restée étrangère à cette démonstration dont le final est accablant. Dommage, les ingrédients étaient là qui pouvaient constituer un bon  scénario entre des mains plus expertes et chez un cinéaste mieux inspiré. Malgré des acteurs qui ne déméritent pas - surtout le jeune Ernst Umhauer - car l'excellent Lucchini semble s'être mis en retrait de son rôle, Dans la maison n'incite guère à s'y attarder. On est plutôt tenté de rester sur le seuil tellement rien de captivant ne s'y passe, aucune démonstration ou action exaltante nous y retient. Le seul exploit de François Ozon est de parvenir à nous offrir un mauvais film avec de bons acteurs, ce qui était déjà le cas avec 8 femmes. Mais étant donné que ce cinéaste a la chance d'être "tendance" et a su mieux faire auparavant, il ne manquera probablement pas de laudateurs.

 

2-e-toiles

 

Pour consulter les articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

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Premiere-seance-du-10-octobre-Ozon-plus-fort-que-Clochette-.jpg  

 

 

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Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA FRANCAIS
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commentaires

selenie 15/10/2012 12:35

je suis loin d'être si dur. Les acteurs en imposent et le scénario est tout de même bien écrit (réel-fantasme, fiction ou non) avec un bon montage. Par contre bémol sur la fin effectivement et
quelques incompréhension notamment sur le départ de l'épouse... 2/4

Armelle BARGUILLET 15/10/2012 10:55

à Mymp

D'accord avec toi pour l'interprétation. J'écris d'ailleurs qu'il est d'autant plus regrettable de faire un mauvais film avec de bons acteurs, bien que j'ai trouvé Luchini, que j'aime beaucoup, de
moins en moins présent au fil et à mesure que le film se déroulait, conscient sans doute de cette fin catastrophique.Le jeune est également excellent, aucun d'eux ne démérite.

mymp 14/10/2012 13:28

Globalement, je te rejoins : le film est raté parce que Ozon n'a finalement pas grand-chose à dire d'un thème pourtant plus qu'évocateur et porteur de fulgurances. Et puis cette fin, accablante
oui, avec cet appel du pied à Hitchcock tellement appuyé qu'il dessert une conclusion bien pauvre.
Après, je n'ai pas entièrement rejeté le film comme toi, surtout parce que Luchini et Scott Thomas ont trouvé grâce à mes yeux dans leur interprétation que j'ai trouvé savoureuse.

Thérèse 14/10/2012 11:59

Ah oui ! vraiment d'accord. Un film tordu, un sujet mal exploité et un final plus que décevant où Ozon s'enlise autant que son héros. Je m'attendais à mieux, surtout avec la caution des principaux
acteurs.

Alain 14/10/2012 10:59

Nos avis ce croisent et se rejoignent bien souvent. Même déception que la vôtre concernant ce film. Pourtant le sujet, les acteurs, le réalisateur nous permettaient d'espérer mieux. Je n'ai pas
adhéré non plus. Il y avait matière à aller plus loin et d'une autre façon. J'ai eu l'impression que le réalisateur s'est perdu dans son scénario ou n'a pas osé aller plus loin. Au plus profond de
la psychologie de cet élève. J'en retiens, quand même, et pour mon plus grand plaisir l'importance que tient Flaubert dans les dialogues. Très bon Dimanche Armelle et à bientôt en espérant que vos
soucis dus à l'informatique ne viennent plus perturber la parution de vos articles.

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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