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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 10:13

                         Kerry Washington. Lakeshore Entertainment 

                                                      

 

Présenté le dernier jour du Festival du film américain de Deauville en septembre 2007, The dead girl de Karen Moncrieff, qui a obtenu le Grand Prix, ne m'a pas pleinement convaincue. Destins croisés de cinq femmes qui, à la suite d'une découverte macabre - le corps assassiné d'une jeune femme - vont être mis en perspective et nous être contés en parallèle comme des fragments autonomes. Toutes ces femmes sont des victimes : l'une ( Toni Collette ) est tyrannisée par sa mère infirme, une autre cherche en vain à faire le deuil d'une soeur, une troisième ( Mary Beth Hurt ) s'aperçoit que son mari est un serial killer et s'efforce de cacher les preuves de ses crimes, enfin la mère de la jeune fille morte tentera de comprendre comment ce malheur a pu se produire. Enfin, il y a l'histoire de cette "dead girl " nommé Krista, interprétée par Brittany Murphy qui, tel un diamant noir, reflète les sombres lumières de ces existences éclatées : ayant fui les avances d'un beau-père, elle va se trouver prise dans un réseau de prostitution, se droguer et s'enliser dans la déchéance. La mort, elle la croisera alors qu'elle portait à son enfant, qu'elle avait placé dans une famille d'accueil, un petit cadeau d'anniversaire...

 


                      Brittany Murphy. Lakeshore Entertainment  Rose Byrne et James Franco. Lakeshore Entertainment


 


Tout cela est tragique et, pas un instant, on ne sort de cette malédiction qui semble peser sur ces êtres marqués par la fatalité Ce film ténébreux et funèbre nous décrit, avec un sens aigu de la narration et en assumant avec maîtrise la peinture de ces cinq portraits, les images d'une douleur quotidienne qui ne laisse aucun détail au hasard, pas même les plus insoutenables. L'enjeu de la cinéaste n'est nullement d'enquêter sur le meurtre de la jeune femme, mais sur les conséquences que cette mort aura sur les quatre autres personnages, l'ombre portée par la découverte de son cadavre. Néanmoins, Karen Moncrieff ne parvient pas à prendre suffisamment de hauteur, trop prisonnière de son narratif, pour inciter à une réflexion plus profonde sur le sens de ces vies, sur le pourquoi de la violence à laquelle ces femmes sont confrontées.

 

 

                       Toni Collette. Lakeshore Entertainment  


 

De ces existences malmenées, il est certain que celle de la mère de la victime est la plus émouvante, incarnée par une Marcia Gay Harden qui s'est pleinement investie dans son rôle. Mais il reste que la fin est décevante, bâclée, que cet infini malheur ne parvient pas à déboucher sur une consolation quelconque, ne s'ouvre pas sur une dimension plus large, moins dévastée, propre à laisser entrevoir une renaissance possible ; film ravageur s'il en est, habité par une douleur aveugle, dont on sort dans un état de stupeur. Cependant, on ne peut nier qu'un talent se profile avec force à travers un film coup de poing et que se révèle, dans cet océan de larmes, un tempérament de metteur en scène.

 

 

 Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

 

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                      Marcia Gay Harden. Lakeshore Entertainment

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Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA AMERICAIN & CANADIEN
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commentaires

Clara 18/04/2008 16:22

Je regrette vraiment que mon cher cinéma de qualité médiocre et vraiment très cher ne le passe pas, c'est un film que j'aurai beaucoup aimé voir...
Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, Clara, qui tenait 'Arrête ton cinéma Clara!' et 'Naturellement ciné', j'avais tenté un retour sur les blogs allocine il y a pas très longtemps mais pour cause de bcp de boulot je l'avais abandonné... Bref, j'aime toujours autant lire votre blog et vos analyses poussées et intéressantes sur les films... =)

dasola 19/03/2008 11:31

Je dirais que la fin reflète bien la voie sans issue dans laquelle s'enfonce l'héroïne. Et en effet, j'ai beaucoup aimé le "segment" La mère. Marcia Gay Harden est absolument sensationnelle. Merci pour ton commentaire sur les Cerfs-volants de Kaboul.

ffred 11/03/2008 19:37

Magnifique, noir, sombre, sans espoir, sans issue. Une excellente surprise. Un film coup de poing. Des actrices habitées, merveilleuses.

diane_selwyn 09/03/2008 23:22

J'ai adoré ce film, je trouve que le drame va crescendo, le final est encore plus fort que l'ouverture. C'est comme la fin absolue de tout espoir.

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