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22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 10:37

 le-dernier-des-gants.jpg                                     


Précédé d'une réputation de justicier infaillible, John Bernard Books ( John Wayne ) arrive à Carson City dans le Nevada. Tandis que plusieurs de ses ennemis entendent lui faire payer une dette ancienne, Books profite de l'occasion d'être dans cette ville pour consulter son ami le docteur Hostelder ( James Stewart ) au sujet de sa santé. Celui-ci ne lui cache pas qu'il est atteint d'un cancer en phase terminale qui ne lui laisse plus que quelques semaines de sursis. Se refusant au désespoir et, afin de rester fidèle à sa réputation, le vieux cow-boy entend bien mourir debout, les bottes aux pieds et le colt à la main. Chose facile puisqu'il lui suffit de provoquer ses adversaires pour qu'ils organisent aussitôt un guet-apens, au cours duquel le barman de l'auberge l'abattra dans le dos, mais sera tué par Gillon, le fils de la logeuse, qui vouait à Books un véritable culte. Ainsi sera-t-il mort comme il le souhaitait, laissant à la postérité l'image d'un héros valeureux.


                                      Editions Montparnasse  Action Cinémas / Théâtre du Temple


Film ultime de John Wayne, Le dernier des géants  ( 1976 ) de Don Siegel  met fin à ma série consacrée aux westerns. Je l'ai choisi parce qu'il a marqué la disparition d'un genre qui contribua à illustrer de façon brillante l'une des périodes les plus productives de Hollywood, celle que l'on a toujours considérée comme son âge d'or.
Les premiers plans sont un montage de quelques-uns des longs métrages de Wayne, une manière de conter en images la carrière tumultueuse de John Bernard Books qui débarquait à Carson City le 22 janvier 1901, le jour même du décès de la reine Victoria. Avec la mort de cette souveraine se tournait une page romanesque d'un temps révolu, comme ce dernier rôle de Wayne témoignait de la disparition du Far West, tel qu'on l'envisageait à l'époque, alors que Carson City portait déjà les marques du modernisme à l'américaine, dont on sait l'influence qu'il aura sur le reste du monde. Une Amérique qui venait de découvrir du pétrole au Texas, assistait à l'assassinat de McKinley et à l'arrivée au pouvoir de Théodore Roosevelt.

Le genre cinématographique qui s'achève avec ce film prend, pour toutes ces raisons, les allures d'une célébration, hommage rendu au vieux géant ( en même temps l'acteur et le héros légendaire ) qui symbolise et illustre à l'écran, par sa seule présence, la formidable odyssée de la conquête de l'Ouest. Ainsi que Books, qu'il incarne, Wayne,  miné par le cancer, savait sa mort proche et disparaîtra d'ailleurs moins de trois ans plus tard. Les concordances entre la personnalité de Books et celle de son interprète sont frappantes. Aux côtés de Wayne, James Stewart - âgé de 68 ans - n'est plus le compagnon confident de L'homme qui tua Liberty Valance, mais le médecin messager de la mort. Richard Boone, Lauren Bacall, Harry Morgan et John Carradine portent eux aussi, à divers degrés, les stigmates du passé. Ce film a donc été conçu à la manière d'un adieu : l'adieu du cinéma au western traditionnel et l'adieu de John Wayne au cinéma. 

 

Warner Bros.


Symboliquement les années 70 se concluent avec la mise en production de La porte du paradis, une saga westernienne qui ne sera distribuée qu'en 1980. Onze ans après l'oeuvre de Cimino,  Danse avec les loups, réalisé et interprété par Kevin Costner, réussira à obtenir un grand succès populaire et recevra l'Oscar du meilleur film. On a eu raison de souligner le courage de l'acteur-metteur en scène qui, pour son premier film en tant que cinéaste, a osé tourner un westren d'une durée inhabituelle ( presque quatre heures ), dont la plupart des dialogues sont en lakota, la langue des Sioux.
" Je n'ai pas cherché - a-t-il déclaré - à manipuler vos sentiments, à réinventer le passé ou à régler mes comptes avec l'Histoire. J'ai simplement voulu regarder, de façon romantique, une période épouvantable de l'histoire de mon pays, quand l'expansion à tout prix, au nom du progrès, nous apporta finalement très peu, mais nous coûta beaucoup. Ce film est ma lettre d'amour au passé".
Entre le regard de John Wayne et celui de Kevin Costner, deux visions opposées et respectables de la naissance des Etats-Unis.

 

Pour lire les articles consacrés aux grands maîtres du western et à John Wayne, cliquer sur leurs titres :
LES GRANDS MAITRES DU WESTERN           JOHN WAYNE
  

      

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN, dont la plupart des westerns, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN  

 

 

 

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA AMERICAIN & CANADIEN
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bond123 17/05/2011 10:12

Un très bon film avec John Wayne et le dernier surtout. Il faut vraiment le voir ainsi et je trouve que Don Siegel a fait un remarquable travail de mise en scène.

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