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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 10:12

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"Nous ne parlons pas pour dire quelque chose, mais pour obtenir un certain effet". GOEBBELS

 


Les dictateurs, qui ont souvent la vie dure, et dont quelques-uns, encore égarés dans notre XXIe siècle vacillent sur leur socle ou mieux l'ont perdu, ces dictateurs comment ont-ils instrumentalisé le cinéma à des fins de propagande ? Les trois cinématographies issues des trois grands régimes du XXe siècle européen, soit le communisme, le nazisme et le fascisme présentent des caractéristiques communes et ont usé et abusé dans leurs productions respectives de slogans ouvertements partisans. Néanmoins, pas plus Hitler que Mussolini n'osèrent nationaliser l'industrie cinématographique, pas davantage qu'ils ne s'opposèrent aux films de divertissement qui, dans l'Italie fasciste comme dans l'Allemagne nazie, constituèrent la majorité de la production, alors que l'URSS encourageait les films plus partisans. C'est du temps de Mussolini, et sous sa férule, que furent créés en 1932 le premier festival international de Venise, la Mostra, et en 1937 les studios de Cinecitta, le Hollywood italien. Les studios romains allaient d'ailleurs attirer des créateurs européens comme Jean Renoir et Max Ophüls, quant aux cinéastes de la péninsule, il y eut ceux qui choisirent de servir le régime, ceux qui employèrent le mode ironique ou restèrent à l'écart de la réalisation durant ces sombres années.

 

Dès 1933, l'aryanisation du cinéma allemand était en marche et vit l'éviction des plateaux de tournage de personnalités telles que Fritz Lang, Max Ophüls, Billy Wilder, Robert Siodmak et également de scénaristes et acteurs juifs, sans provoquer  pour autant de remous dans l'industrie de la pellicule. Effectivement, pour Hitler et Goebbels, il ne s'agissait pas de transformer tous les films en propagande, mais de faire en sorte que ceux de divertissement ou historiques respectent le ton qu'on entendait qu'ils eussent et soient aménagés de façon à ce que leurs récits aillent  dans le sens souhaité. Sur les 1100 films produits sous ce régime, une centaine environ sont nettement marqués par cette idéologie et ... pour cause.

 

C'est le cas de S.A. Brand de Franz Seitz ( 1933 ) de Hans Westmar de Franz Wenzler ou encore du Hittlerjunge Quex de Hans Steinhoff. A ces oeuvres de fiction, qui presque toutes illustrent le destin héroïque de jeunes soldats en lutte contre le communisme et la décadence, s'ajoutent des documentaires antisémites ou sur les congrès du parti, à Nuremberg par exemple, dont l'un Le triomphe de la volonté de Leni Riefensthal est particulièrement significatif.

 

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D'autre part, le durcissement du régime stalinien verra l'industrie nationale soviétique se glacer et le temps des avant-gardes et des audaces formelles disparaître des écrans. C'est le film de Eisenstein La ligne générale qui illustre le mieux cette régression  : on y assiste à la création d'un kolkhoze et à la célébration du travail, nouvel évangile du parti. L'année suivante Alexandre P. Dovjenko avec La terre produit un opus comparable. A cette tendance s'ajoute le penchant des autorités pour les films historiques à grand spectacle qui retracent la chanson de geste de la Révolution d'octobre. Au même moment, Mikhaïl Romm réalisera un Lénine en octobre et un Lénine en 1918 qui officialisent, en le soulignant de larges traits rouges, le rôle que l'on entend faire jouer au 7e Art sous cette dictature en leur attribuant une priorité d'intentions propagantistes. Ceci prouvant, si besoin était, combien le cinéma était alors aux ordres du pouvoir.

 

Sources : La grande histoire du 7e Art de Laurent Delmas

 

 

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Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans MES BILANS
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commentaires

Eeguab 03/11/2011 08:04


Très intéressant.Je reviendrai très vite.


delphine 29/10/2011 22:28


J'ai visionné quelques films censurés en Espagne: comme c'était frustrant! Les coupures n'étant pas toujours bien faites, les dialogues n'avaient plus ni queue ni tête...


Alain 29/10/2011 21:17


Cet article est passionnant et la seule phrase de Goebbels suffit à faire froid dans le dos. Aujourd'hui certains films dénoncent des faits de société que beaucoup assimilent à de simples fictions.
J'ai été horrifié à la sortie du film "La couleur des sentiments" d’entendre deux dames qui commentaient le film. Et l'une de dire à l'autre, "mais après tout elles étaient noires" (je ne déforme
pas les propos). Je n'ai pas pu m'empêcher de réagir en répliquant que ces femmes ont droit au même respect que tout un chacun et me suis entendu dire "que je n'étais qu'un jeune con activiste" End
of story … Pour me consoler je n’ai retenu de la réponse que le mot « jeune », preuve, qu’en plus d’être réactionnaires elles n’y voyaient pas clair ! Pas plus dans leur vie courante que dans leurs
idées rétrogrades !
Bonne soirée Armelle. Restons optimistes !


Christophe 29/10/2011 16:44


Article passionnant, qui m'intéresse à double titre, par le biais du cinéma, mais aussi parcqu'il touche à une période de l'histoire qui me pose beaucoup de questions. J'ain pas mal étudié la
question politique dans l'Allemagne des années 1870-1945... Je corrigerai quand même : Lang n'a pas été évincé (au contraire, Goebbels lui AURAIT proposé de prendre la direction du département
cinéma de son ministère), mais est parti de lui-même d'Allemagne...


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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

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