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11 mai 2007 5 11 /05 /mai /2007 13:03

AlloCiné 
        

Dès son premier film Diva, en 1981, Jean-Jacques Beineix prend le public au dépourvu en choisissant un scénario très banal, qu'on en juge : un facteur nommé Jules s'éprend d'une chanteuse Cynthia Hawkins qu'il vénère au point de lui voler sa robe de scène. Il se trouve ensuite - et sans le savoir - en possesssion d'une cassette qu'une femme a jetée dans la sacoche de sa mobylette avant d'être poignardée. Jules échappera à ses poursuivants, des Taïwanais qui veulent faire de cette cassette un disque, puis des flics et des voyous lancés à sa poursuite, grâce à Gorodish et Alba qui l'hébergent et le protégent. Entre deux courses éperdues, il aura tout de même trouvé le temps de séduire Cynthia qui lui pardonnera le vol de sa robe.

Pour remédier à la faiblesse évidente de cette intrigue, Beineix va l'émailler de bizarreries : ainsi Gorodish hachant des oignons avec un masque de plongée sur le visage, une femme pieds nus sur un quai de gare, la diva qui change de perruque en toute occasion, une salle de concert aux murs lépreux, un magnétophone qui descend du plafond, des musiciens de cire dans un entrepôt désert et ainsi de suite... Néanmoins, il semble que les critiques aient apprécié, puisque ce long métrage fut salué par un feu roulant d'articles élogieux, évoquant, à son sujet, des précédents prestigieux : l'hyperréalisme et le surréalisme, Magritte, l'opéra lyrique, Verdi, Raymond Chandler. Plus prosaïque, José Bescos résuma ainsi le sentiment quasi général : " Du culot, de l'audace, de l'anticonformisme, du tempérament, du talent."

Jugement partagé par l'ensemble de la profession, semble-t-il, qui lui décerna quatre Césars : celui de la première oeuvre et ceux de la photo, de la musique et du son. Quant au public, il y eut, de sa part, divergence d'appréciation : les uns portèrent aux nues ce jeune cinéaste,  le considérant comme le plus prometteur de sa génération ; les autres n'adhérèrent nullement à ce cinéma en total décalage avec la réalité. Ainsi, pour des raisons oppposées, le nouveau venu soulevait-il la controverse et, par voie de conséquence, créait-il l'événement. Plus qu'à une mode, il donnait naissance à un courant qui fut suivi par des cinéastes comme Luc Besson et Léos Carax ( Les Amants du Pont-Neuf , dont nous parlerons ), courant qui privilégie le décor, l'image, le détail, au détriment de la cohérence et s'attache davantage au pittoresque des personnages qu'à leur vraisemblance. C'est pourquoi ce cinéma fut associé, de par son style, au néo-baroque, dont le goût de l'étrange prend racine dans l'expressionisme allemand des années 20, la nostalgie et l'angoisse du quotidien dans le réalisme poétique des années 30. On sait que la carrière de Beineix fut en dents de scie et que son film suivant La Lune dans le caniveau ( 1983 ) fut un échec retentissant. Sa production ultérieure ne cessera d'alterner, selon les hésitations du cinéaste lui-même, entre succès ( 37°2 le matin - 1986 ) et échecs ( Roselyne et les lions - 1989 - et IP5 ( 1991 ), entre la fuite dans l'utopie et le retour à la réalité.
Ajoutons aux mérites insolites de ce film, celui de nous avoir révélé l'acteur  Richard Bohringer.

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 

                                                                                              Pyramide Distribution

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA FRANCAIS
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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
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Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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