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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 10:51

Corbis Sygma     

 

Dès son second film Les doigts dans la tête (1974)  - le précédent n'était autre que L'An 1 (1972), sorte de tract soixante-huitard - Jacques Doillon, s'inspirant d'un fait divers, la grève de la faim de deux apprentis boulangers, choisit, comme il le fera dans la plupart de ses films ultérieurs, une mince anecdote comme prétexte à l'éternelle tragi-comédie de l'amour, jalonné par les déceptions et les jalousies qui finiront par avoir raison de lui et le feront sombrer dans la haine, pire l'indifférence. Doillon se plait, par ailleurs, à confiner ses héros dans des huit-clos qui favorisent l'éclosion des passions, dominées, dans ce long métrage, par la fraîcheur et l'innocence du vert paradis des amours enfantines.

Chris ( Christophe Soto ), le mitron, habite avec sa petite amie Rosette ( Roselyne Vuillaumé ) dans une mansarde au-dessus de la boulangerie. Bientôt, une jeune suédoise Liv ( Ann Zacharias ) va prendre la place de Rosette dans le coeur de Chris et s'installer avec lui. Mais ce dernier, à la suite d'un retard, est licencié par son patron. Le jeune homme décide alors de résister et de faire valoir ses droits en se réfugiant dans la mansarde comme dans un camp retranché, rejoint peu après par son copain Léon ( Olivier Bousquet ), mécano de son métier, par François le nouveau mitron et Liv et Rosette qui épaulent de leur présence le groupe des résistants.

Avec ce film, Doillon définit déjà son style et sa manière d'envisager le 7e Art et semble être, selon la formule de Claude Beylie, " en délicatesse et en passion le frère d'un Eustache ou d'un Cassavetes, grâce à une attention scrupuleuse aux manifestations les plus secrètes de la sensibilité à l'âge où le coeur est à fleur de peau, autant qu'à l'attention portée à la justesse des mots, l'intensité des regards, la pertinence des gestes. Art surtout de dévoiler, au terme d'un travail acharné qui exclut tout recours à l'improvisation, la vérité cachée de chaque être, la juste réalité des sentiments encore en bourgeons qui ne demandent qu'un peu de patience pour fleurir.

De ce film, François Truffaut devait écrire qu'il était simple comme bonjour. C'était peut-être le plus beau compliment que l'on pouvait faire à un réalisateur dont on sait, depuis lors, qu'il n'a plus cessé d'être en souci constant de la complexité de la nature humaine.

Autres films importants du réalisateur : La femme qui pleure (1978), La drôlesse (1978) , Le petit criminel (1990), La vengeance d'une femme (1990).

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 

                        AMLF  Renn Productions 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA FRANCAIS
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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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