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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 11:19

Gaumont Columbia Tristar Films Warner Bros. France  Affiche américaine. Walden Media 

                                                                 

 

Sa rencontre avec Emma Thompson

 

« Emma et moi nous nous sommes rencontrés sur L'incroyable destin de Harold Crick. Avant les deux scènes que nous avions à jouer ensemble, on ne s'était jamais vus. Et il s'est passé quelque chose d'intéressant. Peut-être parce qu'on vient de milieux différents. Elle est de cette soi-disant école anglaise du jeu. Moi, je suis très Américain. Pourtant, on n'a eu aucun problème à se comprendre.

Entre nous, s'est créée une sorte d'intimité sentimentale.

Elle m'a dit que cela ne s'était produit qu'une seule fois auparavant dans toute sa carrière. Et ce avec Anthony Hopkins.

Ce sont des choses qui arrivent parfois. Vous allez dans une fête, le lendemain vous dites « Tiens, j'ai rencontré quelqu'un. On s'est compris, on s'est vite entendus ». Mystère ! Vous êtes incapable d'expliquer précisément pourquoi.

Avec Emma, on s'est dit qu'un jour peut-être on ferait un film entier ensemble. L'année d'après, elle m'appelle. Me dit qu'elle connaît un scénariste et réalisateur, Joel Hopkins, qui a une idée d'une structure simple. Deux personnages se rencontrent. Ils se promènent et quelque chose se passe entre eux en l'espace de 72 heures.

Emma et moi, on en discute afin de savoir comment aborder ce sujet. On se rend compte qu'on a passé beaucoup de temps - au fil de notre carrière - à se maquiller, à se costumer, à se métamorphoser.

Elle n'est pas d'une beauté conventionnelle. Moi je ne suis pas particulièrement beau gosse. On n'a jamais été énormément demandé pour des premiers rôles. On décide, cette fois-ci, d'essayer d'être aussi proche de nous-mêmes que possible. On se met d'accord là-dessus.

 

Moi, j'avais vu  Love Actually  et cette scène extraordinaire - incroyablement émouvante - entre son personnage et son mari infidèle. C'était tellement proche de sa vie privée. Elle était tellement courageuse d'exposer sa moelle à l'écran. Je lui dis que c'est peut-être comme ça qu'il faut aborder notre film. Improvisons, nous connaissons nos répliques par coeur et modifions-les, avec l'accord du réalisateur, pour les rendre plus personnelles. Ensuite, sur le tournage, tout peut arriver ! Faisons en sorte que ce soit le plus proche de ce qu'on a vécu et partagé lors de notre première rencontre. Au départ, elle était assez réticente. Elle a essayé et elle a été magnifique. Parce qu'elle est aussi une auteure et qu'elle est capable de concilier les deux. »

 

  Son Hollywood

 

« Quand on travaille depuis aussi longtemps que moi - quarante ans -, vous entendez des histoires qui n'arrivent pas aux oreilles du public.

Un exemple, Johnny Depp, qui passe sa vie à essayer d'être un artiste. J'ai toujours dit à ma femme que j'espère pouvoir travailler un jour avec lui parce qu'il fait tout ce qu'il peut pour ne pas être une star et fuir le star-system. Cela se sent dans ses choix de rôles, ses interprétations. Il est toujours un peu border-line, anti-Hollywood, anticonformiste. Exemple cette anecdote qu'il m'a racontée sur le tournage de  Neverland  que j’ai accepté parce que j'avais deux scènes avec lui.

 

Il arrive donc sur le tournage de Pirates des Caraïbes, maquillé, un peu efféminé, déguisé en Keith Richards. Le producteur et le réalisateur sont très choqués. Ils ne savent pas quoi dire, quoi faire. Après trois jours de tournage, ils arrêtent tout. Un des plus gros producteurs d'Hollywood (Jerry Bruckheimer ndlr) demande de tout refaire en disant qu'ils ont embauché un Douglas Fairbanks, un Errol Flynn, pas ce mec-là. Johnny Depp leur dit « Au revoir. Vous m'avez embauché moi, voilà ce que je veux faire du personnage ! Il n'a pas cédé et c'est pour ça que le film a marché.

Hollywood est remplie d'histoires de ce type. 

Jamais je n'aurais pu jouer aussi « laid-back » (en retrait : ndlr) si Last Chance For Love avait été une production hollywoodienne.»


Dustin Hoffman. Gaumont Columbia Tristar Films 

 

Sa carrière

« J'ai eu beaucoup de chance. J'ai débarrassé des tables et fait serveur jusque l'âge de 30 ans. Tous les castings, c'était non merci. Soudainement,  Le Lauréat  m'est tombé dessus et ma vie s'en est trouvée bouleversée. A partir de ce moment-là, j'ai eu le choix des meilleurs scripts, des meilleurs réalisateurs. J'ai travaillé avec Mike Nichols, John Schlesinger, Sam Peckinpah, Bob Fosse, Alan J. Pakula. Pour moi, c'est comme un rêve. Et ça n'a jamais arrêté.

Sauf Coppola et Scorsese - Parce qu'ils ont De Niro.

Et moi je suis gourmand et envieux ! »

 

Sa cinéphilie

 

« Quand on vieillit, on ne veut pas tomber dans le piège de ces parents qui ont toujours tendance à se référer au bon vieux temps. Tout a changé, tout serait plus superficiel que dans le temps.

Quand j'ai commencé à étudier, il y avait Truffaut, Godard, Fellini, Antonioni, Bergman, De Sica, leurs films ne passaient que dans un seul cinéma, à New York. Les seules personnes que l'on rencontrait dans ces salles étaient des acteurs, des écrivains. A cette époque, les Américains ne supportaient pas les sous-titres. Et maintenant, je vous retourne la question. Qui a pris la relève ? Il y a encore de bons réalisateurs chez vous mais pas du calibre de Truffaut.

J'adore le cinéma et je cherche toujours à me cultiver. La semaine dernière j'ai vu "Madame de" de Max Ophuls, avec Charles Boyer et Danielle Darrieux. C'est aussi moderne aujourd'hui qu'à l'époque. Les acteurs sont incroyablement subtils. Je viens de revoir également La Nuit américaine, le meilleur film jamais fait sur le cinéma. Avec Huit et demie.

Ça y est, je parle comme mon père ! »

 
Ses trophées

 

« Nous sommes tous des comédiens. C'est ce dont on se rend compte quand on étudie le jeu d'acteur. On passe la plupart de notre vie à jouer. Ça commence le matin dès que quelqu'un vous demande si ça va. Et c'est parti, vous commencez à dire une connerie. Il y a tout un monde, tout un tas de trucs qui se passent en vous et que vous gardez pour vous. Comme lors de ces moments extraordinaires de la vie - les mariages, les obsèques - tous ces événement traumatiques, trop bouleversants. Recevoir des récompenses - un césar, un oscar - pour moi c'est la même chose !

Tout le monde est ému, excité à l'idée de remporter un prix mais après toutes ces années à observer tout ça et à en gagner quelques uns, le plus important dans la vie pour moi ce n'est pas tellement gagner, c'est de ne pas perdre !

On a toujours l'impression d'être en sursis. Dieu merci, ce n'est pas un Razzie !

Donc, c'est un honneur, cela me touche mais en même temps ça n'a rien à voir avec l'émotion que vous ressentez à l'énoncé d'une seule mauvaise critique. Vous avez passé deux ans à travailler sur quelque chose, vous lisez une mauvaise critique et ça vous met en lambeaux. Vous le prenez comme un couteau dans le ventre. Et ça malheureusement, vous le ressentirez toujours plus fort que la plus belle, la plus grande des récompenses... »



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Published by Armelle BARGUILLET - dans ACTEURS DU 7e ART
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commentaires

Eeguab 28/03/2012 22:27

Je viens de voir Last chance for love.C'est frais,un peu à minima et finalement bien agréable.

Edmée De Xhavée 28/03/2012 10:17

Je l'aime beaucoup, ainsi que sa grosse voix bizarre...

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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