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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 09:35

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Si les années 1970 furent politiquement douloureuses pour l'ensemble du continent latino-américain et ont marqué un coup d'arrêt à la production cinématographique, il semble bien qu'aujourd'hui trois pays se distinguent à nouveau dans leur vision authentique et novatrice du 7e Art : le Mexique, l'Argentine et le Brésil.

 

 Au Brésil, il faudra attendre les années 1990 pour connaître un nouvel élan. Carlota Joaquina, princesa do Brasil de Carla Camurati sera un succès en 1994 qui ramène le public vers les salles obscures. Mais c'est avec Central do Brasil ( Carnets de voyage ) de Walter Salles en 1998, un touchant road-movie inspiré des carnets de Ernesto Guevara, puis avec La cité de Dieu de Fernando Meirelles ( 2002 ), film d'une étourdissante énergie que la reconnaissance critique viendra enfin couronner ces réalisations et bien augurer de l'avenir. Central do Brasil n'est autre qu' un périple de 15 000 km réalisé avec les moyens du bord qui a pout but de nous faire découvrir la réalité sociale d'un jeune étudiant en médecine de Buenos-Aires. Des mines de cuivre chiliennes à une léproserie colombienne, c'est là un véritable voyage initiatique que décrit ce film spectaculaire qui rencontra un vif succès en France.

 

Au Mexique, Arturo Ripstein continue à se montrer fort prolifique et dévoile avec La reine de la nuit ( 1994 ) et Carmin profond ( 1996 ) un univers sombre d'une rare intensité. Avec Pas de lettre pour le colonel en 1998, Ripstein s'attaque à un sujet étonnament sobre, adapté de Gabriel Garcia Marquez. Huis clos entre un colonel et sa femme, le film révèle les derniers instants de ce couple tombé dans la déchéance affective et sociale dont le style change des univers habituellement foisonnants de l'auteur. Du côté des jeunes talents, l'enthousiasme naît avec Les épices de la passion de Alfonso Arau ( 1992 ) et Les amours chiennes, audacieux triptyque d'Alejando Gonzalez Inarritu ( 2000 ). Cependant ces deux cinéaste réaliseront leur second film aux Etats-Unis. On note enfin la naissance d'un réalisateur à part entière : Carlos Reygadas qui, avec Japon en 2001, puis Bataille dans le ciel en 2005 impose un regard et un univers définitivement singulier. Or dans Japon, il n'est nullement question de ce pays d'Extrême-Orient, ce qui n'est pas la moindre des étrangetés de ce long métrage qui raconte le destin d'un homme désireux de se donner la mort et qui, pour cela, va quitter la ville et se rendre dans un village perdu au fin fond du Mexique. Cette histoire de voyage au bout de la mort permet de nous faite admirer de somptueux décors naturels magnifiés par le format Scope. Le cinéma de Reygadas oscille ainsi en permanence entre un réalisme quasi documentaire et un lyrisme purement méditatif. C'est ce même univers que l'on retrouvera dans son oeuvre suivante : Bataille dans le ciel.

 

En Argentine, lorsque l'activité cinématographique reprend, c'est pour régler ses comptes avec le passé. Ainsi L'histoire officielle de Luis Puenzo en 1985, Tangos, l'exil de Gardel de Fernando Solanas en 1985 également. L'attente naît dorénavant de talents disparates, mais fort prometteurs, tels que celui de Lucrecia Martel qui produisit à la suite l'un de l'autre La cienaga en 2001 et La nina Santa en 2004. Mais chez ces créateurs encore faudrait-il se libérer enfin d'un passé trop omniprésent.


A Cuba, le Festival international de La Havane est créé en 1979 et l'Ecole des trois mondes, consacrée au cinéma et à la télévision, en 1986. La chute du bloc communiste bouleverse la donne et, hormis de rares succès tels que Fraise et chocolat de Tomas Gutiérrez Alea et Tabio, le cinéma cubain doit avant tout compter sur les coproductions pour survivre. Fraise et chocolat aborde sur un ton ironique et léger les faiblesses d'un modèle de société vieillissant et lance un appel à la tolérance. Le duo de ces deux cinéaste se reformera trois ans plus tard pour réaliser Guantanamera. Et de nouveaux venus assurent la relève.

 

 Les autres pays jouent les parents pauvres du 7e Art latin. L'activité balbutiante du cinéma chilien a été stoppée par le coup d'Etat de 1973 et des réalisateurs tels que Patricio Guzman ( La bataille du Chili - 1975 ), Miguel Littin ( Le recours de la Méthode - 1978 ), Raul Ruiz ( Trois vies et une seule mort - 1996 ) - 1999 et Les âmes fortes - 2001 ) ont dû poursuivre leur carrière en exil. En Bolivie, comme au Pérou, les rares mouvements cinématographiques se sont formés autour d'un intérêt marqué pour la question indigène. Pour les autres, la fragilité économique et l'étroitesse du marché déjà encombré par les géants du continent, réduisent la production.

 

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Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans MES BILANS
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
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