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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 07:24

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C'est avec un plaisir presqu'enfantin que j'ai appris que ma demande d'accréditation pour participer au 12e Festival du Film Asiatique de Deauville m'avait été accordée. Faveur à laquelle je suis d'autant plus sensible que les organisateurs ont décidé de ne plus accorder, dorénavant, d'accréditations aux animateurs de blogs. Décision qu'ils risquent de regretter, car ce sont les blogs, à mon avis, qui font la meilleure promotion des festivals et des films, leurs animateurs étant pour la plupart des cinéphiles confirmés.


La sélection 2010 est la suivante :

Au revoir Taipei  de  ARVIN CHEN. D'origine chinoise et de nationalité américaine, ce film est son premier long métrage. Né aux Etats-Unis le 26 novembre 1978

Castaway on the moon  de LEE HEY-JUN. De nationalité corérenne, ce film est son second long métrage. Né le 18 août 1973 à Séoul.

Judge  de LIU JIE. De nationalité chinoise, ce cinéaste est né le 18 févier 1968 dans la province de Tianjian. Ce film est son second long métrage.

My daughter  de Charlotte LIM LAY KUEN. De nationalité malaisienne, cette jeune femme est née le 27 mai 1981 à Malaka. Ce film est son premier long métrage. 

Paju   de PARK CHAN-OK. De nationalité sud-coréenne, ce réalisateur est né le 8 avril 1968 à Séoul. Ce film est son second long métrage après Jealousy is my middle name. 

Symbol  de MATSUMOTO  HITOSHI. Né le 8 septembre 1963 à Amagasaki, ce cinéaste est de nationalité japonaise. Ce film est son second long métrage après Big Man Japan en 2007. 

The Eternal  de RITUPARNO GHOSH. De nationalité indienne, ce réalisateur est né le 31 août 1963 à Kolkata. Il a déjà produit 8 longs métrages dont Views of the inner chamber en 2005.

 The King of Jail Breakers  de ITAO  ITSUJI. De nationalité japonaise, Itao est né le 18 juillet 1963 à Tondabayashi et nous présente son premier long métrage sur le Japon des années 20.

True Noon  de NOSIR SAIDOV. Né au Tadjikistan le 19 février 1966, True Noon est son premier film.

 

 

Deux hommages seront rendus au cours de ce Festival : l'un à  Brillante Mendoza  et l'autre à  Lou Ye.

Lou Ye, auteur d' Une jeunesse chinoise et de  Nuits d'ivresse printanière, tous deux en sélection officielle au Festivals de Cannes 2006 et 2009, est un réalisateur, scénariste et producteur chinois né à Shanghaï en 1965. Il fait partie de la 6e génération chinoise avec Wang Chao, Zhang Yuan et Xiaoshuai. Diplômé de l'Académie du film de Pékin, il a d'abord travaillé comme assistant avant de produire son premier long métrage Weekend Lover en 1994 qui sera primé au Festival de Mannheim.

Brillante Mendoza est déjà une figure marquante du cinéma philippin. Né en 1960 à San Fernando, il songe un temps à se faire prêtre avant d'entamer une carrière de décorateur pour le cinéma, le théâtre et la télévision. Vite remarqué en tant que publicitaire, il fonde sa propre société de production en 2005 et réalise son premier long métrage  Masahista   sur un sujet encore très sensible aux Philippines : l'homosexualité. Son second long métrage Kaleldo  brosse le portrait d'une famille philippine après une irruption volcanique. Viendront ensuite  John JohnKinatay, descente aux enfers d'un jeune étudiant en criminologie. Enfin en 2009,  Lola  qui fera l'ouverture demain 10 mars du 12e Festival du Film Asiatique de Deauville.

Le jury des longs métrages sera présidé par  Pascal Bonitzer  et composé de Raja Amari, Elie Chouraqui, Anne Consigny, Sara Forestier, Safy Nebbon, Clemence Poesy, Frederic Shoendoerffer et Bruno Todeschini.

JOURNEE du 10 MARS 2010

Le Festival s'est donc ouvert ce soir à 20 heures, devant une assistance nombreuse, en présence du cinéaste philippin Brillante Mendoza auquel était rendu un hommage solennel. Celui-ci est venu très simplement dire son émotion d'être distingué par ce Festival et a avoué que le film d'ouverture, c'est-à-dire Lola, était un projet de longue date, qui lui tenait beaucoup à coeur, mais qu'il avait eu du mal à réaliser, faute d'argent. Il a également déclaré ouvert ce 12e Festival du Film Asiatique de Deauville sous les applaudissements. Puis le silence est revenu pour laisser place à la projection de LOLA, une oeuvre  magnifique, dont vous trouverez la critique dans la rubrique CINEMA ASIATIQUE.


JOURNEE du 11 MARS

 

Cet après-midi fut marqué par la  première projection en France d'un film attachant du Tadjik  Nosir Saidov : TRUE NOON , qui nous conte, avec talent et sobriété, l'histoire d'un village que la sottise politique de l'époque va couper en deux, séparant par des barbelés, puis des mines, des familles et une population que tout rapprochait : les conditions d'existence, l'isolement dans une nature âpre et sauvage, les alliances, les fêtes. Interprété par des acteurs d'une grande fraîcheur et d'une authenticité émouvante, ce premier film révèle un tempérament d'une puissante force narrative. Je ne souhaite qu'une chose : que ce film sorte en France le plus tôt possible. Je vous en reparlerai alors longuement. Pour me persuader que je n'avais pas été la seule à l'apprécier, il suffisait d'entendre les applaudissements nourris de la salle lorsque le mot fin apparut sur l'écran.

La soirée - quant à elle - était consacrée à l'hommage que le Festival rendait au cinéaste chinois Lou Ye. Celui-ci ne trouva que bien peu de mots - contrairement à Brillante Mendoza - pour remercier les responsables du Festival et le public de l'honneur qui lui était fait. Expédiée en quelques minutes, son apparition sur scène fut suivie par la projection de son dernier film " Nuits d'ivresse printanière ", titre poétique pour un film long et décevant, romance homosexuelle entre un homme à l'attirance vénéneuse et des compagnons d'occasion, dont l'un se suicidera, et où l'on trouve, étroitement mêlées, la jalousie, l'ivresse des sens et l'ombre portée du mensonge et de la trahison. A mon avis, cet opus souffre d'être inutilement surchargé de scènes violemment érotiques, qui sont davantage de l'ordre de la démonstration que de la suggestion subtile. Tout ici est glauque, blafard, fébrile, scabreux, et déçoit d'autant plus que le film, en lui-même, ne démontre rien. Néanmoins, il bénéficie d'une imagerie solide à défaut  d'un narratif construit.


JOURNEE du 12 MARS 2010

Je n'ai vu en cette journée qu'un seul film, mais quel film !  - JUDGE  du cinéaste chinois Liu Jie, venu le présenter en personne, glissant, non sans humour, qu'il avait été pris de panique lorsqu'on lui avait appris que son second film - après  Courthouse on the Horseback - allait être projeté dans une salle qui pouvait recevoir 1500 personnes. Mais si cette salle magnifique du CID de Deauville n'était pas pleine, le public n'en était pas moins nombreux à assister à cette projection, dont l'histoire se déroule en Chine en l'année 1997. Le jeune Qiuwu, âgé de 27 ans, vient d'être condamné à mort pour avoir volé deux voitures. Une coïncidence malheureuse a voulu que le juge, en charge du dossier, ait perdu sa fille peu de temps auparavant dans un accident perpétré par un voleur de voiture. Alors que la loi vient d'être assouplie et permettrait au condamné d'éviter la peine capitale, le juge maintient le verdict avec fermeté. D'autant plus qu'un riche industriel Monsieur Li, qui souffre d'insuffisance rénale, a besoin d'un rein et que celui de ce condamné ferait parfaitement l'affaire. Ce film très fort, traité avec économie, maintenant son fil conducteur dans une tension permanente, est un véritable réquisitoire sur l'implacable dureté et cruauté du régime communiste chinois, où la vie d'un homme n'a aucune importance. Froids calculs, incarcérations dans des conditions inhumaines, condamnations brutales, rôle potiche des avocats qui n'ont pas de recours, lois assénées sans que ne puisse être avancée aucune circonstance atténuante, tout cela glace le sang et montre jusqu'où peuvent aller des régimes qui ont perdu jusqu'au sens de l'humain. Mais un retournement va néanmoins s'effectuer. Le juge, confronté personnellement à une scène où il est pris à partie à cause de la licence du petit chien de sa femme qu'il n'a pas présentée en temps et en heure,  l'amènera à réviser sa conception des choses et à s'opposer à l'exécution du jeune Qiuwu, alors même que celui-ci est sur le lieu de l'exécution. Un film admirablement mené et interprété, sans concession, comme une épure rigoureuse et précise, servi par une mise en scène efficace et d'excellents acteurs, dont  Ni Dahong dans celui du juge Tian, tous pénétrés de leurs rôles. Le cru 2010 s'annonce des plus prometteurs. 


JOURNEE du 13 MARS 2010

The king of jail breakers  du cinéaste japonais  Itao Itsuji, qui raconte l'histoire du roi de l'évasion, aurait pu être un grand film, mais la fin, sous forme de pirouette, à la suite d'une histoire qui est un véritable documentaire sur l'horreur des prisons japonaises, laisse le spectateur dubitatif car, tout à coup, le film perd sa consistance et n'aboutit pas.
L'histoire est la suivante  : nous sommes au Japon dans les années 1920 et Masayuki Suzuki est un prisonnier qui s'évade systématiquement des prisons dans lesquelles il est incarcéré pour être repris sciemment et mis de nouveau sous les verrous de prisons de plus en plus terribles. Après sa 10 ème fugue, il échouera dans l'île des prisonniers, où le traitement est tout simplement ignoble et insoutenable et où il est jeté quasi nu dans une sorte de puits sans air, ni lumière, à même le sol, comme une bête. D'ailleurs, ici, les prisonniers sont tous appelés " ordure". Ils ont été rayés de la liste des humains. Ce film extrêmement violent et oppressant semble à premier abord un documentaire halluciné sur la cruauté des traitements infligés aux prisonniers récalcitrants. Un des geôliers, intrigué par le comportement de Suzuki, va tenter de percer son mystère et comprendre que Suzuki n'agit ainsi que pour retrouver son père dans l'île des prisonniers, celle dont on ne revient jamais. Le thème pouvait alors prendre de l'ampleur et se clore sur un final à la hauteur de l'intense et terrible démonstration que nous avait infligée le cinéaste, mais le prisonnier va se tromper de père et le film s'achève comme une sorte de farce après 1h34 d'immersion éprouvante dans le monde carcéral. Dommage, car il y a des scènes incontestablement puissantes et Itao Itsuji dans le rôle de Suzuki est formidable, meilleur devant la caméra que derrière.

Le film suivant était tout l'opposé, une comédie aimable de Arvin Chen, d'origine taiwanaise et de nationalité américaine, dont  Au revoir Taipei est le premier long métrage. Comédie distrayante, où l'on voit une bande de jeunes branquignoles essayer de récupérer un mystérieux paquet remis par un agent immobilier louche à l'un de ses neveux sur le point de gagner Paris. Mais tout va capoter et rien ne se passera comme prévu, cela dans la bonne humeur, en une suite de rebondissements, nous offrant, de surcroît, une galerie de personnages réjouissants et naïfs. Malgré un narratif simplet, mais grâce à un timing soutenu, ce premier long métrage ne connait pas de temps mort et nous donne à voir la ville comme une sorte de bulle joyeuse et colorée. Un film qui balance entre polar et comédie romantique, action et comédie de moeurs.

Il est à remarquer que le thème de l'enfermement est celui qui revient de façon récurrente dans la plupart des films. Enfermement dans un régime politique, dans un univers carcéral ou en soi-même comme dans The Eternal du cinéaste indien  Rituparno Ghosh,  dernier film que j'ai vu quelques heures avant la cérémonie de clôture et dont je vous parlerai si celui-ci est projeté en France. Autre facteur quasi permanent : la présence des éléments, que ce soit  l'aridité de la terre, la force des pluies de la mousson, l'incroyable violence des orages, la nature est là qui ne se fait jamais oublier et exprime en parallèle la force intérieure qui anime les personnages principaux. Ce Festival 2010 nous aura dépeint, le plus souvent sous un jour noir, la rude condition humaine et l'aspiration presque inaccessible à la liberté.


JOURNEE du 14 MARS 2010

PALMARES    (  sur lequel je reviendrai plus longuement dans le courant de la journée )

Lotus du meilleur film ( à l'unanimité ) :    JUDGE  de Liu Jie

Lotus du Jury :  ex aequo   PAJU de la jeune Park Chan-Ok et  AU REVOIR TAIPEI  de Arvin Chen

Lotus Air France :   MY DAUGHTER  de Charlotte Lim Lay Kuen

Lotus Action Asia  :  THE SWORD WITH NO NAME  de Kim Yong-Kyun

Ainsi s'est clôturé un festival d'une excellente tenue et d'une incontestable qualité. Il est certain que JUDGE était de loin le film le plus fort, celui qui délivrait le message le plus stimulant, une rédemption par l'altruisme, sentiment que la Chine communiste dédaigne depuis trop longtemps. Commencé sous un froid polaire, il s'est achevé sous un ciel d'azur qui prêtait à Deauville ses lumières les plus flatteuses. D'ailleurs, chacun des lauréats y alla de son compliment à l'égard d'une ville si belle et si calme, qu'en me promenant sur les planches - avoua la réalisatrice de Paju, la sud-coréenne Park Chan-Ok - je pouvais entendre les battements de mon coeur.
Il est vrai - et il faut le souligner - que Deauville sait recevoir. Le CID n'offre pas seulement une salle vaste et confortable, mais un personnel d'une gentillesse et d'une amabilité jamais prises à défaut. Tout est prévu pour que dans les hôtels, les restaurants, les lieux publics, vous ayez l'impression d'être la personne la plus importante du monde. Le succès de ce 12e Festival du  Film Asiatique est un encouragement pour les organisateurs. Venant juste après les fêtes qui commémoraient le 150 e anniversaire de la naissance de la station sous l'égide du duc de Morny, il prouve, si besoin est, que ce lieu n'a pas seulement du charme et du caractère, mais dispose d'une histoire qui ne demande qu'à s'illustrer encore et toujours...dans le temps.

P.S. Il est bien entendu que je reviendrai plus longuement sur chacun de ces films, lors de leur sortie dans les salles françaises.

 


Pour prendre connaissance de la liste complète des films critiqués dans la rubrique CINEMA ASIATIQUE dont LOLA, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

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Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA ASIATIQUE
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commentaires

Tred 16/03/2010 21:45

Un de ces jours, il faudra que j'y aille, au Festival de Deauville !!

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