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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 16:12

HimizuPoster.jpg     VIDEO

 

Le 14e Festival du film asiatique de Deauville s'achevait ce matin par Himizu, le dernier en date des longs métrages de l'enfant terrible du 7e Art japonais Sono Sion, après Suicide Club en 2005, Strange Circus en 2008, Cold Fish en 2011 et Guiltry of Romance. Cet opus de plus de deux heures et qui, le premier, relate les événements de mars 2011 où le Japon fut victime d'un terrible tsunami se vit  comme une épreuve, tant la brutalité et la violence y sont présentes jusqu'à l'outrance, portrait terrifiant et halluciné d'un Japon post-Fukushima. Le film s'ouvre sur les images dévastées d'une région touchée par le tsunami et le tremblement de terre, nous saisissant d'effroi à la vue de ces travellings parcourant les rues anéanties et  les villes détruites où seuls quelques désespérés sont encore à la recherche de leurs familles. Plus de doute possible après cette ouverture, Himizu prend appui  sur les événements apocalyptiques que le pays vient de traverser.

 

Dans ce climat et ces lieux où de rares familles vivent sous des tentes, îlots isolés où chacun s'efforce de survivre,  Sumida est un lycéen dont l'unique ambition est de devenir un homme ordinaire, car l'ordinaire est déjà surprenant et miraculeux dans un univers circonscrit dans la mort et la destruction. Le père de Sumida, qui a quitté le foyer depuis longtemps, réapparaît parfois pour tenter de soustraire un peu d'argent à son fils. Les problèmes affectifs liés aux  relations difficiles que Sumida vit avec ses parents et sa quête anxieuse de lui-même permettent au cinéaste d'en faire le thème majeur  de son film et, à travers ce héros éperdu et hagard, de représenter une population en plein désarroi, meurtrie et déboussolée par la tragédie, au point que cette vision du Japon est proprement insoutenable. Dans ce pays post-11 mars 2011, la question est de savoir de quoi le futur sera fait et quel avenir est encore possible. Sumida vit dans une humble maisonnette au bord d’un lac paisible et s’occupe de l’affaire familiale depuis que ses parents l’on abandonné. Comme souvent dans les films de Sono Sion et même dans les films japonais en général, la situation familiale est désastreuse. Son père rêve de le voir mourir pour récupérer l’argent de l’assurance, et la mère alcoolique se prostitue avec des mafieux qui ne manquent pas de maltraiter le jeune Sumida. Renfermé, renfrogné, il sèche l’école car il ne croit pas au discours de son professeur qui  l'assure que l’épanouissement de la jeunesse est possible dans un effort collectif. Lui veut simplement mener une vie normale et tranquille. Mais c’est sans compter sur sa camarade de classe, Shazawa qui, très amoureuse, se croit investie d'une véritable mission rédemptrice à son égard. Sumida n'a de cesse de la repousser avec une brutalité choquante. Cette jeune fille rêveuse incarne le propos de Sono Sion, certes de manière naïve, en insufflant une lueur d'espoir qui ne parvient pas à sauver ce film inutilement violent où chacun reste fermé à l'autre, où la mort est obsédante et dont le descriptif manque de cohésion pour atteindre son but. Brouillon, répétitif, haché, convulsif, avec des scènes gratuites qui surchargent le propos, Himizu manque sa cible et c'est dommage, car tous les ingrédients étaient là, même le merveilleux Requiem de Mozart, pour en faire une oeuvre bouleversante et forte. Mention spéciale pour les acteurs tous excellents.

 

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Pour consulter la liste des articles consacrés au 14e Festival du Film Asiatique de Deauville, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

Liste des articles du 14e Festival du film asiatique de DEAUVILLE

 

 

 Himizu.jpg

 

  

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Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans 14e FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE
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commentaires

Alain 08/03/2013 11:29

Bonjour Armelle, en lisant cette nouvelle critique, j'ai pensé à un autre film "La terre outragée" dont l'action se déroulait près de Tchernobyl. J'avais beaucoup aimé mais le propos était tout
autre. Visiblement "Himizu", avec comme toile de fond cette autre catastrophe à Fukushima cette fois, vous a moins enthousiasmé. Vous gardez l'avantage de pouvoir en parler en ayant la chance de
l'avoir vu. Et puis c'était en 2012 donc je vous souhaite le meilleur pour 2013. Bonne journée. À bientôt.

Shazam 12/03/2012 13:53

Je pensais qu'il s'agissait d'un poème de Baudelaire...
Merci!

Armelle 12/03/2012 12:24

Un poème de Sono Sion qui en a écrit beaucoup.

Shazam 12/03/2012 09:16

Bonjour,
Quel est le poème français déclamé dans HIMIZU ?

Merci!

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
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