Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 12:30

Howard-20Hawks.jpg    1896 - 1977

 


Réalisateur, producteur, scénariste, interprète, cascadeur, rédacteur des inter titres, Howard Hawks est à coup sûr un homme pressé, que tout intéresse. Alors même qu'il est pilote de chasse, puis de course, il s'introduit dans le milieu du 7e Art en acceptant un emploi d'accessoiriste dans les studios de la Famous Players Lasky, avant de revenir à Hollywood en 1922 et de se consacrer à l'écriture de scénarios pour la Paramount.

Henri Langlois notera à son propos que ce qui frappe chez lui, c'est à quel point son cinéma devance son temps.  "Son oeuvre, dans son esprit comme dans sa physionomie, est née de l'Amérique contemporaine et se découvre être celle avec laquelle celle-ci puisse le mieux s'identifier et totalement coïncider avec la modernité, dans notre admiration comme dans notre critique".

 

Un de ses premiers films comme auteur à part entière sera Seuls les anges ont des ailes en 1939. Hawks y relate l'histoire de l'aviation civile avec d'autant plus de réalisme et d'authenticité qu'il fût pilote lui-même. Chaque personnage - précisera-t-il - est inspiré par des faits vécus. Celui de Jean Arthur et ses rapports avec Cary Grant sont authentiques. Dans un souci semblable, et au-travers d'une réalisation étonnamment dépouillée, Sergent York, réalisé en 1941, s'attache à explorer un personnage taciturne et méditatif campé par Gary Cooper. Le cinéaste dirige son acteur de manière à dévoiler la part la plus secrète et la plus intime de ce héros. Suivant cette ligne directrice, qui donne à son oeuvre son unité et sa profondeur, Hawks aborde tous les genres car tous le passionne : le film noir avec Le port de l'angoisse ( 1944 ) adapté d'une oeuvre de Hemingway, ou Le grand sommeil ( 1946 ) qui met en scène le couple mythique d'alors : Bacall/Bogart. Le western ne sera pas oublié et donnera des films d'une qualité exceptionnelle comme La rivière rouge ( 1948 ), La captive aux yeux clairs ( 1952 ), Rio Bravo ( 1959 ) et même Hatari ( 1962 ), sorte de "western africain" tourné au Kenya. Enfin la comédie tiendra dans la production si varié de son réalisateur une place non négligeable et des opus savoureux dont Allez coucher ailleurs ( 1949 ), Chéri, je me sens rajeunir ( 1952 ) ou le célébrissime Les hommes préfèrent les blondes avec Marilyn Monroe (1953 ). Il ira jusqu'à s'aventurer dans le peplum avec La terre des pharaons, adapté de Faulkner et dans la science-fiction avec l'étrange Chose d'un autre monde.

 

Dès 1926, où il réalise un premier classique Coeurs d'or avec une inoubliable Louise Brooks, puis son premier parlant La patrouille de l'aube ( 1930 ) dans lequel il place ses souvenirs comme pilote de la Première guerre, enfin en 1932 avec Scarface  inspiré des crimes du gangster Al Capone, Hawks frappe le public et la critique par la nervosité de sa mise en scène et son étonnante modernité. Il innove avec un style qui ne cessera plus d'être maintes fois imité, comme cette façon de typer un personnage par un détail ou un tic. Malgré la violence déjà inhérente à ses scénarios, il s'attache à rendre l'action plus saisissante par les innombrables détails dont il émaille ses récits, ainsi une mitraillette, une arme nouvelle à laquelle il donne une dimension terrifiante.

Sa forte personnalité ne manquera pas de le mettre, en diverses circonstances, en porte-à-faux avec les producteurs, aussi cherchera-t-il très vite à faire cavalier seul et à se libérer de leur emprise en produisant lui-même, tout simplement. Ainsi devient-il "un auteur de films" en un temps où cette situation est encore rare et impose-t-il sa qualité d'écriture en collaborant fréquemment avec William Faulkner, se démarquant par la même occasion des carcans classiques imposés par les productions de l'époque.

 

Sobre, usant le moins possible des effets de montage ou d'une surcharge de plans, il donne sa préférence aux conflits intérieurs, jouant de l'espace d'où il tire sa force et la noblesse de ses images qui ne manquent ni de grandeur, ni de majesté, et convoque-t-il fréquemment la nature dans sa beauté afin d'ajouter à son narratif la magie poétique. Hawks le déclarait sans vergogne : "Le film moyen parle beaucoup trop. Vous devez bâtir vos scènes, bien les planter, puis laisser le spectateur faire un peu de travail pour qu'il se sente concerné. Tout script qui se lit avec aisance n'est pas bon. (...) Vous devez écrire ce que le personnage pourrait penser : il motive votre histoire. C'est parce qu'un personnage croit à quelque chose qu'une situation se produit, non parce que, sur le papier, vous décidez qu'elle doit se produire."

 

Ses films se suivront et s'enchaîneront selon des mises en scène toujours plus inventives comme dans Train de luxe (1934), opus qui repose déjà sur le rythme et la vivacité des dialogues et dont la seconde partie se déroule entièrement dans un train. Le cinéaste s'impose, par ailleurs, comme directeur d'acteurs, révélant à ses débuts une jeune inconnue Carole Lombard ou dirigeant nombre de grandes vedettes de l'univers hollywoodien, comme le sont Gary Cooper, Joan Cawford ( Après nous le déluge ), Edward G. Robinson ( Ville sasn loi ), James Cagney ( Brumes ) ou encore le couple Katharine Hepburn/Cary Grant dans L'impossible Monsieur Bébé. Ainsi se construit une oeuvre qui figure parmi les plus grandes de l'âge d'or du cinéma américain, impressionnante par sa qualité, son originalité, et plus encore par sa formidable modernité.

 

Pour avoir accès aux critiques des films de Hawks qui figurent dans ce blog, cliquer sur leurs titres :

 

LA RIVIERE ROUGE de HOWARD HAWKS       RIO BRAVO de HOWARD HAWKS

 

L'IMPOSSIBLE MONSIEUR BEBE de HOWARD HAWKS

 

Et pour consulter la liste des articles de la rubrique REALISATEURS DU 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

 

 RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL  


 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans LES REALISATEURS DU 7e ART
commenter cet article

commentaires

Maxime 05/08/2013 21:46

Je suis un grand admirateur de ce metteur en scène dont tout particulièrement de Scarface et de L'impossible Mr Bébé mais je ne savais pas qu'il avait des dons de cascadeur. Ses westerns sont
également excellents et sa mise en scène toujours efficace, sans plans inutiles.

Thérèse 07/01/2012 12:25

Un grand metteur en scène effectivement. J'ai aimé tout particulièrement Rio Bravo et le très réjouissant L'impossible monsieur Bébé avec Cary Grant et Katharine Hepburn qui étaient formidables. On
ne fait plus de comédies de cette finesse de nos jours.

Présentation

  • : LA PLUME ET L'IMAGE
  • LA PLUME ET L'IMAGE
  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
  • Contact

Profil

  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

ET SI VOUS PREFEREZ L'EVASION PAR LES MOTS, LA LITTERATURE ET LES VOYAGES, RENDEZ-VOUS SUR MON AUTRE BLOG :  INTERLIGNE

 

poesie-est-lendroit-silence-michel-camus-L-1 

 

Les derniers films vus et critiqués : 
 
  yves-saint-laurent-le-film-de-jalil-lespert (1) PHILOMENA UK POSTER STEVE COOGAN JUDI DENCH (1) un-max-boublil-pret-a-tout-dans-la-comedie-romantique-de-ni

Mes coups de coeur    

 

4-e-toiles


affiche-I-Wish-225x300

   

 

The-Artist-MIchel-Hazanavicius

 

Million Dollar Baby French front 

 

5-etoiles

 

critique-la-grande-illusion-renoir4

 

claudiaotguepard 

 

affiche-pouses-et-concubines 

 

 

MES FESTIVALS

 


12e-festival-film-asiatique-deauville-L-1

 

 13e-FFA-20111

 

deauville-copie-1 


15-festival-du-film-asiatique-de-deauville

 

 

Recherche