Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 19:43

tumblr_lt5iliDdEz1qjlzc2.jpg    VIDEO

 


Né en 1979 à Bangkok, Tongpong Chantarangkul est un jeune cinéaste qui a débuté sa carrière en travaillant chez Soho Asia, la plus importante société de production thaïlandaise. Après deux années passées à être coloriste, il obtient une maîtrise de la London Film School et son film de fin d'études Wings of Blue Angels rencontre tout de suite un succès critique international. Avec ce second opus, présenté en compétition au 14e Festival du Film Asiatique de Deauville, il semble bien que Chantarangkul, avec de très petits moyens, trace son sillon dans la production cinématographique avec des effets tout en nuances et délicatesse.

 

Le thème abordé l'est d'autant plus qu'il traite de la disparition brutale d'une femme d'une cinquantaine d'années, chanteuse à ses heures perdues dans des centres d'accueil, dont les deux filles se sont éloignées et que ce deuil va tout à coup réunir et confronter à l'inexorable. La plus jeune Pann est lycéenne et vit à Bangkok chez sa tante. Un jour, elle reçoit un appel éploré de celle-ci lui annonçant que sa mère est dans le coma. Cet événement dramatique va être l'occasion de la remettre en présence de sa soeur aînée Pinn qui s'est enfuie de chez elle pour échapper au mariage imposé par les siens et vit désormais à Singapour. Il y a donc eu rupture avec les traditions que sa cadette Pann lui reproche, bien qu'elle-même ait déjà pris des libertés avec les dicktats familiaux.

 

Ce face à face des deux jeunes femmes est donc au coeur de ce long métrage qui sonde les coeurs et les visages et donne à ce retour du corps de la défunte à son domicile dans le sud de la Thaïlande l'allure d'une douce et émouvante traversée du miroir, un voyage au centre de soi-même, l'une des soeurs étant dans le déni, l'autre dans une quête d'identité. Tout se déroule dans le silence avec des gestes simples, ceux que les soeurs accomplissent pour qu'aucun rite ne soit oublié ; ainsi  nomment-elles chaque moment important de l'itinéraire comme si leur mère était en mesure de partager avec elles ce voyage qui les reconduit toutes trois aux sources familiales. De même qu'elles brûlent l'encens et se signent en ce huit-clos empreint de respect et d'émotion face au corps inerte et tellement présent de la morte. A la fin de ce voyage funèbre, une lueur apparaît, l'amorce d'une fragile réconciliation entre elles deux. 

 

C'est par touches légères que le cinéaste procède, n'oubliant jamais le petit détail amusant, ainsi les impératifs de la faim qui ponctuent l'odyssée d'arrêts parfois inattendus et cocasses, ou bien de flash-backs qui nous aident à mieux saisir le vécu des deux filles et de leur mère. On peut toutefois lui reprocher une lenteur excessive, un scénario trop plat - il aurait été intéressant de savoir pourquoi et comment Pinn avait rompu son mariage à la toute dernière minute, comment et pourquoi la défunte s'était séparée de son mari et comment elle vivait ce divorce dans un pays pétri de traditions. Mais le metteur en scène a opté pour un film linéaire très, sans doute trop sobre, d'une facture excessivement  économe et dont le mérite est d'avoir traité un sujet difficile avec infiniment de tact, si bien que l'on est en droit d'attendre, dans les années à venir, des réalisations plus matures et performantes. A signaler le jeu très juste des deux jeunes actrices, fort belles de surcroit, et dont chaque expression est captée avec délicatesse, et l'utilisation particulièrement réussie des lumières nocturnes.

 

2-e-toiles

 

 Pour consulter l'ensemble des articles du 14e Festival du Film Asiatique de Deauville, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

Liste des articles du 14e Festival du film asiatique de DEAUVILLE

 

132993474814802_copy-resize-375x210.jpg safe_image.jpg

 

 I_CARRIED_YOU_HOME_2_Tongpong_Chantarangkul.jpg

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans 14e FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE
commenter cet article

commentaires

Armelle 13/03/2012 10:30

Oui, Chris, j'avais vu ce film lors d'un précédent Festival Asia à Deauville. Tu peux trouver ma critique dans la liste des films du cinéma asiatique. J'avais beaucoup aimé.

Chris 12/03/2012 21:07

J'aime beaucoup la Thaïlande où j'ai été trois fois et ta critique me donne envie de voir ce film qui me fait penser à un petit bijou : Wonderfull town, que tu as peut-être vu...

Présentation

  • : LA PLUME ET L'IMAGE
  • LA PLUME ET L'IMAGE
  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
  • Contact

Profil

  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

ET SI VOUS PREFEREZ L'EVASION PAR LES MOTS, LA LITTERATURE ET LES VOYAGES, RENDEZ-VOUS SUR MON AUTRE BLOG :  INTERLIGNE

 

poesie-est-lendroit-silence-michel-camus-L-1 

 

Les derniers films vus et critiqués : 
 
  yves-saint-laurent-le-film-de-jalil-lespert (1) PHILOMENA UK POSTER STEVE COOGAN JUDI DENCH (1) un-max-boublil-pret-a-tout-dans-la-comedie-romantique-de-ni

Mes coups de coeur    

 

4-e-toiles


affiche-I-Wish-225x300

   

 

The-Artist-MIchel-Hazanavicius

 

Million Dollar Baby French front 

 

5-etoiles

 

critique-la-grande-illusion-renoir4

 

claudiaotguepard 

 

affiche-pouses-et-concubines 

 

 

MES FESTIVALS

 


12e-festival-film-asiatique-deauville-L-1

 

 13e-FFA-20111

 

deauville-copie-1 


15-festival-du-film-asiatique-de-deauville

 

 

Recherche