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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 08:05

                  Collection Christophe L.  Ciné Tamaris 

 

LA CINEMATHEQUE REND ACTUELLEMENT HOMMAGE A CE REALISATEUR. "LA PLUMET ET L'IMAGE" S'Y ASSOCIE.

 

Après avoir été l'auteur de plusieurs courts métrages, Jacques Demy, qui avait reçu une formation de technicien et était passé par l'école des Beaux-Arts, réalise son premier long métrage en 1960. Tourné à Nantes et dédié à Max Ophüls, Lola  est l'un des films les plus beaux de la Nouvelle Vague, grâce à la photographie lumineuse de Raoul Coutard et à la musique radieuse de Michel Legrand, film où s'enlacent les destins de plusieurs personnages autour de la séduisante Lola ( Anouk Aimée ). L'année suivante, Demy s'attaque à  La baie des anges, descente dans l'enfer du jeu autour de la personnalité ambiguë et volontiers perverse de Jeanne Moreau qui ne connaîtra pas le même succès que le précédent. En 1964,  Les parapluies de Cherbourg, dont les dialogues sont chantés, surprend et enthousiasme par son harmonie et son efficacité émotionnelle. Demy y traite des choses sur lesquelles le temps a le plus de prise : les sentiments et les gens fragiles. Aucun autre de ses films n'obtiendra un accueil aussi chaleureux et autant de récompenses ( Prix Louis Delluc, Palme d'or à Cannes, nomination aux Oscars ). L'enchantement tenait pour une grande part à la musique de Michel Legrand, à la beauté d'une débutante délicieuse Catherine Deneuve, à l'irréversibilité des événements. Et la chance voulut que cet enchantement soit encore présent dans Les demoiselle de Rochefort,  film où Demy réalise son rêve d'une vraie comédie musicale à l'américaine avec tous les ingrédients : scènes chantées et dansées, comédie, romance, couleurs chatoyantes et distribution éclatante avec, aux côtés de Catherine Deneuve et Françoise Dorléac, deux danseurs américains de renommée internationale : George Chakiris  l'un des héros de West Side Story et Gene Kelly, l'inoubliable vedette de Chantons sous la pluie et d' Un américain à Paris. Avec ce dernier opus, Demy poursuivait un thème qui lui était cher : le couple idéal réuni par le hasard.

 

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Désormais, au sommet de sa réputation, le cinéaste peut augurer d'une suite de carrière confortable. Or, il n'en sera rien.  Model shop  ( 1968 ), réalisé aux Etats-Unis, semble préfigurer une suite à Lola, avec quelque chose d'une réflexion plus amère, dans la lignée de La baie des anges. Mais le film, mal distribué, sera un échec. Revenu en France, Demy tourne  Peau d'âne  ( 1970 ) avec son actrice fétiche Catherine Deneuve, un conte plein de charme et de poésie qui, à la façon de Cocteau, joue sur deux tableaux : d'un côté fable pour enfants, de l'autre variation polissonne, qui saura captiver le public.

 
L'année suivante, il entreprend un nouvel opus avec  Le joueur de flûte  ( 1972 ), beau film inspiré par la légende d'un charmeur de rats, interprété par le chanteur Donovan, où il cerne métaphoriquement le rôle de l'artiste face aux compromissions des hommes. Mais, pour des raisons obscures, ce film ne bénéficiera que d'une diffusion confidentielle et les années 60 se révèleront très difficiles pour le réalisateur.

 
Après l'insuccès d'une comédie à demi réussie L'événement le plus important depuis que l'homme a marché sur la lune, Demy doit accepter de travailler à deux oeuvres de commande, dont le résultat, sans être indigne de son talent, ne recueillera pas l'audience souhaitée : Lady Oscar ( 1978 ), adaptation raffinée d'un roman feuilleton historique qui se déroule dans le décor naturel du château de Versailles et La naissance du jour ( 1980 ) d'après Colette, destiné à la télévision.

En 1982, il revient à Nantes et se consacre à un ancien projet Une chambre en ville ( 1982 ). Cette histoire d'amour tragique sur fond de lutte des classes intégralement chantée ( musique de Michel Colombien ) sera un terrible échec commercial, malgré le soutien unanime de la critique. Parking ( 1985 ), variation sur le mythe d'Orphée souffrira, quant à lui, d'un casting contestable et, le vent ayant tourné, le public versatile se détachera de celui qui l'avait tant de fois enchanté. Avec Trois places pour le 26 ( 1988 ), il met en scène son dernier long métrage auprès d'un Yves Montand au faîte de sa carrière et ce film, malgré ses qualités musicales, ne suscitera qu'un succès d'estime. Sachant sa mort prochaine, sa femme Agnès Varda lui consacre un émouvant hommage avec Jacquot de Nantes, histoire de sa jeunesse et de sa passion pour le cinéma et la musique. Il décédera quinze jours après la fin du tournage le 27 octobre 1990 du sida, à l'âge de 59 ans.


Pour consulter les critiques des films du cinéaste, cliquer sur leurs titres :

 

PEAU D'ANE de JACQUES DEMY             LOLA de Jacques DEMY      

 

LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT de JACQUES DEMY

 

 

                                       TF1 Films Production  

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Published by Armelle BARGUILLET - dans LES REALISATEURS DU 7e ART
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commentaires

création site web marrakech 24/04/2013 13:55

Je vous félicite pour votre initiative. Vraiment, aucun mot ne peut qualifier l'extrême qualité de votre travail.

nicos31 10/04/2013 10:29

Un grand metteur en scène qui a marqué de son empreinte le cinéma français.

niki 09/04/2013 15:19

un joli titre, bien mérité - j'aime aussi la manière dont agnès varda parle de lui - quel bel amour

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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