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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 18:37

Jean-Paul Belmondo. Ciné Classic      VIDEO


C'est ainsi qu'il restera dans ma mémoire avec son galurin penché sur l'oeil et son mégot au coin des lèvres, tel qu'en lui-même on le découvrait dans A bout de souffle, l'un des films qui intronisait la Nouvelle Vague et le cinéma des jeunes turcs. Belmondo, une gueule à la Gabin, une démarche un peu chaloupée, un regard qui savait se faire pesant, insistant, moqueur, et l'air éternellement gavroche d'un dandy à la mode des années 60. La notoriété, elle lui était venue avec la Nouvelle Vague et le film manifeste de Jean-Luc Godard. Il devint grâce au rôle de Michel Poiccard le symbole masculin, voyou, séducteur, désinvolte et romantique, de la génération des sixties. Par la suite, il se transformera en figure mythique du héros moderne, ivre de liberté et d'amour, capable de s'affronter à la réalité criminelle de l'argent à travers un autre personnage de Godard : Pierrot le fou ( 1969 ) 

 

Jean-Paul Belmondo. Ciné Classic    Jean-Paul Belmondo. Ciné Classic

Entre-temps, il aura tenté une autre expérience avec Jean-Pierre Melville - afin de ne pas être catalogué trop systématiquement dans un personnage marginal - en revêtant la soutane d'un jeune ecclésiastique torturé par le doute dans Léon Morin prêtre, prouvant qu'il était un grand acteur, en mesure d'endosser des rôles aussi différents.  Et, certes, acteur, il l'était. Né à Neuilly le 9 avril 1933 d'un père d'origine italienne, sculpteur de grand talent, et d'une mère artiste-peintre, il s'était très vite orienté vers une carrière artistique après une jeunesse tumultueuse et un détour dans un sanatorium d'Auvergne à la suite d'une primo-infection. Reçu au conservatoire en même temps que Rochefort et Marielle, il était entré dans la classe de Pierre Dux où il restera 4 années à se familiarises aux arcanes du métier. Il aspire alors au Grand Prix, mais celui-ci lui échappera, les jurés s'étant rebiffés contre l'insolence débonnaire de son interprétation, tandis que le public lui faisait un triomphe. Tant et si bien que ce sera sa photo qui apparaîtra en première page sur tous les quotidiens du soir, présageant d'un avenir prometteur. Et pour lui, cet avenir ne sera pas la Comédie-Française comme il en est habituellement pour les premiers prix, mais des rôles où sa truculence, sa gouaille, sa drôlerie bondissante feront merveille et où son physique, aussi peu classique que son jeu, sera plébiscité. Par chance, grâce à un flair étonnant, des hommes comme Godard et Chabrol comprendront d'emblée qu'il est l'acteur en mesure d'exprimer leurs aspirations, de par cette spontanéité libertaire et cette insouciance qui le caractérisent et qu'il conservera aussi longtemps qu'il tournera avec des metteurs en scène comme eux et, par la suite, comme Melville, Resnais, Malle, Lelouch, voire de Broca et Sautet. Mais le succès et la facilité aidant, il sera tenté de stéréotyper son personnage et de cabotiner fatalement, devenant en quelque sorte le champion toute catégorie du cinéma commercial. Malgré des films moins bons et élaborés en fonction de lui seul, il sauvegarde son aura et son capital de sympathie qu'un public, époustouflé par ses prouesses de cascadeur et sa gouaille communicative, ne cessera jamais de lui manifester. Belmondo, c'est l'acteur français par excellence, celui avec lequel on est assuré de passer un vrai bon moment de détente. C'est ainsi qu'il aura été tour à tour, et avec la même élégante désinvolture, Stavinski, l'As des as, Borsalino, le Marginal, le Magnifique, l'homme de Rio...


Jean-Paul Belmondo. Collection Christophe L.

Après un passage à vide aux alentours des années 90, il revient à l'écran avec un film de Lelouch qui lui vaudra un César : Itinéraire d'un enfant gâté et surtout au théâtre avec un rôle qui lui sied comme un gant dans Kean, puis dans Cyrano sous la direction de Robert Hossein. Ce sera pour lui un grand bonheur de se retrouver sur les planches en contact direct avec son public qui lui fera un triomphe. Victime d'un accident vasculaire en 2001, lors d'un séjour en Corse, il sera rapatrié d'urgence et devra à une longue, patiente et douloureuse ré-éducation de récupérer en grande partie son autonomie et de revenir sur nos écrans dans un film de Francis Huster, remake du Umberto B. de Vittorio de Sica : Un homme et son chien, que je n'irai pas voir, préférant garder de si sympathique acteur, l'image de l'éternel casse-cou, séducteur et espiègle, telle que celle qui lui collait tellement à la peau de l'As des as ou de L'homme de Rio.

 

Pour prendre connaissance des articles consacrés aux films de Belmondo, dont  A bout de souffle et  Pierrot le fou, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 

Jean-Paul Belmondo. Collection Christophe L.

 

 

 



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Published by A.BARGUILLET - dans ACTEURS DU 7e ART
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commentaires

palilia 10/09/2011 20:55


c'est beaucoup plus pratique de publier sur FB pour qu'on puisse voir les articles ici et comme on ne voit que les deux premières phrases sur FB, j'ai cru qu'il lui était arrivé quelque chose. ouf
! il n'en est rien. Bel article. David de davidéoblog en avait fait un cycle car je crois que c'est l'un de ses acteurs préférés. C'est à dire qu'il est vraiment très complet cet acteur et a ce
quelque chose qui attire l'oeil avec sympathie.


Laterna Magica 26/01/2009 10:11

Un ami qui a vu le film quelque jours avant moi, m’a envoyé ce texto en sortant de sa projo du film : “Un homme et son chien : indigne”.

Le film de Francis Huster est effectivement indigne, honteux même. On y exhibe un Jean-Paul Belmondo dont on à compris que son temps parmi nous est maintenant compté. L’acteur est digne lui dans ce film, mais on souffre de le voir si faible, de tendre l’oreille pour comprendre les quelques mots qu’il peine à prononcer.

Un Homme et son chien s’inspire d’un film italien magnifique, Umberto D. de De Sica. La démarche de Francis Huster est elle pathétique. Le film est plombé par un pathos dégoulinant de partout, éprouvée en plus par une musique qui en rajoute des louches dans ce registre, soit quelques mélodies tristes jouées au piano.

Le film est aussi un prétexte pour un défilé invraisemblable d’acteurs, sans doute pour la plupart les amis d’Huster. Ils apparaissent quelques secondes et disparaissent aussi vite qu’ils sont apparus : Michelle Bernier, Robert Hossein, José Garcia, Max von Sydow, Pierre Mondy, Daniel Prevost, Antoine Duléry, Christina Reali, Patrick Bosso, Rachida Brakni, Tcheky Karyo, Barbara Schultz etc. Pour parfaire ce mauvais goût douteux, on retrouve aussi Jean Dujardin, souvent présenté en héritié de l’Homme de Rio qu’a été Belmondo, et qui joue l’homme qui finalement, d’une certaine manière, est celui qui chasse le personnage de Belmondo de l’appartement qu’il habite.

Le film est indigne et pathétique, réalisé en plus à la manière d’un téléfilm minable de TF1. On ose espérer que ce ne sera pas la dernière apparition de Jean-Paul Belmondo au cinéma. Il mérite de tous autres adieux. Honte à vous Mr Huster.

vierasouto 24/01/2009 03:54

Bonsoir! Moi non plus, je n'irai pas voir ce film, la promo (excessive) ressemble à un enterrement avant l'heure, lugubre et malsain... Dans une interview à Paris-Match, Belmondo dit qu'après ce film tous l'ont laissé tomber, pas un coup de fil, le producteur surtout... qu'il a été obligé d'aller voir le film en salles! Je serais assez de l'avis de Gérard : ses grands films sont rares, il les a fait au début, je pense au "Doulos" de Melville, "Léon Morin prêtre", "Ho!", etc... Ensuite, c'est le cinéma commercial où on peut trouver de bonnes choses comme "Le Professionnel" ou "Le Corps de mon ennemi". Comme faisait remarquer quelqu'un, il est passé de LE (Magnifique, Incorrigible, Héritier...) à UN (Homme et son chien) ça en dit long... PS. Bravo pour le cap des 800 000!

Gérard Rocher 16/01/2009 23:12

Bonsoir Kleinhase, Je reste sur ma position concernant ce film bien que je comprenne et que je respecte ton choix de voir l'acteur pour la dernière fois sur grand écran. Je pense qu'un acteur comme Belmondo ne disparaît pas des écrans et les classiques ressortent de temps à autres dans certaines salles. Et puis il y a les DVD..;Le malheur, c'est qu'avec ce film un acteur tel que Bébel n'obtiendra qu'un succès d'estime comme Blier lorsqu'il reçut son "César" en fin de vie pour l'ensemble de sa carrière. C'est pourquoi quelque chose me trouble un peu dans tout ce tapage médiatique. Je me range donc du côté d'Armelle à ce sujet.

Kleinhase 16/01/2009 22:23

J'ai regardé l'autre jour l'émission "Vivement dimanche prochain", qui était consacrée à Bébél. Je dois dire que c'était très émouvant de le revoir, après tant d'années.

Personnellement, j'irai voir "Un homme et son chien", non pas pour voir l'état physique de ce grand acteur; mais probablement parce que ce sera la seule fois de ma vie que j'aurais l'occasion de voir un film de Belmondo sur grand écran.

Par contre, je voudrais juste réagir à propos de ce qu'a dit Gérard (je cite):
"Je trouve ce film de mauvais goût avec sa troupe de célébrités qui viennent rendre hommage à un acteur qui devrait être paisiblement en retraite".

Il faut tout de même signaler que c'est Belmondo lui-même qui a voulu faire ce film, à condition que Huster le montre tel qu'il est aujourd'hui.

quaty 16/01/2009 10:45

J'étais une "pro" Delon et j'ai donc occulté Belmondo un bon moment. Maintenant c'est l'effet inverse. Le capital sympathie Belmondo passe par dessus l'egocentrisme de Delon.
Peur sur la ville reste pour moi LE FILM de Belmondo.

Gérard Rocher 15/01/2009 20:03

Choquant cet homme et son chien !Bonsoir Armelle, Ton article est excellent et tu fais mention des films dans lesquels Jean-Paul Belmondo se montre le plus brillant Il faut dire que cela fait très peu de film pour une carrière riche en tournages et en films "alimentaires". C'est pourquoi j'émets quelques réserves concernant cet acteur à la filmographie trop inégale.
Concernant "L'homme et son chien" Je te suis à 100%, je n'irai pas le voir. Je trouve ce film de mauvais goût avec sa troupe de célébrités qui viennent rendre hommage à un acteur qui devrait être paisiblement en retraite. Ce genre de film à l'odeur du voyeurisme, beaucoup s'intéressant plus à l'état de l'acteur qu'au sujet du film, je devrais dire de cette grosse machine médiatique. De plus, voir Francis Huster réalisateur, on croit rêver, lui qui n'est passé qu'une fois dans sa vie derrière la caméra pour un film dont personne ne se souvient. Soyons sérieux, le cinéma c'est un art et ce défilé de stars accourant pour ce qui est peut-être le dernier film d'un artiste fatigué est franchement déplaisant.
Je pense comme toi, je préfère garder l'image de Bébel même si parfois elle m'a un peu déçue. A bientôt,

ffred 15/01/2009 19:12

Et tu fais bien de ne pas y aller (Un homme et son chien) car c'est une catastrophe et en effet j'aurai aussi préféré garder une meilleure image. C'est le film de trop !

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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