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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 13:09

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Isabelle, une jolie jeune fille qui vient de fêter ses dix-sept ans, a apparemment tout pour être heureuse, malgré le divorce de ses parents et un père qui vit en Italie sans se préoccuper de sa progéniture. Mais le beau-père  (Frédéric Pierrot) est sympathique, joue son rôle sans en faire trop ni pas assez, la mère  (Géraldine Pailhas) est jeune, belle et dans le coup, le petit frère, qui aborde la puberté, en admiration devant sa soeur aînée, est un complice bienveillant, aussi tout se présente-t-il sous les meilleurs auspices à l'aurore de ces dix-sept printemps pour une adolescente fondue dans le moule de la jeunesse contemporaine. Le film commence alors que s'achèvent les vacances d'été. La jeune fille s'est liée d'amitié estivale avec un allemand et un soir, sur la plage, après une virée dans les boîtes de nuit de la station,  perd dans ses bras sa virginité de la façon la plus décevante qui soit.

 

Est-ce cette déception qui va l'inciter, dès son retour à Paris et la reprise de ses études de lycéenne, à se prostituer avec des hommes qui tous ont l'âge d'être son père, voire même son grand-père, on ne le saura jamais vraiment ? Ce sera le cas de Georges, le premier d'entre eux, un homme  de plus de soixante ans, qui la reçoit dans la suite d'un grand hôtel et, attendri par sa jeunesse et sa beauté, se révélera un client délicat et presque tendre et mourra lors d'une étreinte, son coeur fragile n'ayant pas résisté à ces assauts extra-conjugaux. Démasquée par la police, Isabelle, qui se faisait appeler Léa par sa clientèle, va devoir affronter sa mère et rendre des comptes. Et, c'est sans doute à ce moment-là que le film prend son ampleur. Oui, pour quelles raisons cette jeune fille de bonne famille, élève au lycée Henri IV, qui pourrait prétendre à un brillant avenir, est-elle habitée par une si tenace mélancolie et transgresse-t-elle tous les tabous apparemment sans désir et sans souci d'argent, puisque celui gagné, elle ne le dépensera même pas ? Il semble que François Ozon nous invite, grâce à un canevas assez lâche, à composer notre propre scénario à partir du sien, à nous livrer aux suppositions que suscite immanquablement son personnage admirablement campé par la mystérieuse et hypnotisante Marine Vacth, dont on ne connaîtra jamais la motivation profonde, sinon celle d'exercer sur des êtres qu'elle méprise un pouvoir éphémère. 

 

C'est ce côté éphémère, insaisissable, transgressif qui donne à l'opus une fascination particulière, malgré la faiblesse des dialogues, l'inconsistance des protagonistes et certaines scènes inutilement racoleuses. Mais rarement l'imagerie d'Ozon - qui n'est certes pas un de mes cinéastes préférés -  n'a été plus affinée, précise et poétique au fil des saisons et des chansons qui mêlent le passé et le présent et que murmure, de sa voix éternellement nostalgique, Françoise Hardy. Bien que le réalisateur ne célèbre ici que les plus basses réalités - celles du sexe et de l'argent, du vice et de l'oisiveté - il émane de "Jeune et jolie" une sorte d'incandescence que l'on doit en grande partie à la façon douce et inspirée dont Ozon filme son héroïne. Cette dernière, qui ne quitte pas l'écran, s'y profile étonnement par son absence psychologique, par ce regard tourné vers l'intérieur d'elle-même, ne cédant jamais à ses émotions, déesse d'une jeunesse sacrifiée sur l'autel des illusions perdues. Je ne suis pas "mauvaise", dit-elle à une amie de sa mère. Et, en effet, elle a raison, c'est le monde qui l'est... Aussi, est-ce sa part la moins incarnée qui nous retient le plus.

 

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Pour consulter la liste des films de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquez sur le lien ci-dessous :

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

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Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA FRANCAIS
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commentaires

phone systems 13/03/2014 13:24

To me it seems to be an interesting plot. The way you have stopped the review leaves many questions in our mind. So is more tempting to us read further. Thank you so much for sharing. Will bookmark the site.

pierreAfeu 27/08/2013 11:05

Je ne vois pas de scènes racoleuses. Je trouve au contraire qu'Ozon ne nous place jamais en voyeur, ce qui est l'une des réussites du film. Pas de vice à mes yeux non plus. C'est le mystère
d'Isabelle, l'absence de réponse quant à ses motivations, qui font l'intérêt de ce film qui évite bien des poncifs et des facilités.

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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