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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 10:31

           Les Acacias


L'histoire commence à Shinbone, une petite ville de l'Ouest, où le sénateur Stoddard ( James Stewart ), homme distingué et orateur accompli, vient assister, avec sa femme Hallie ( Vera Miles ), aux funérailles d'un certain Tom Doniphon ( John Wayne ). C'est l'occasion pour lui de raconter son histoire à des journalistes et de leur dire comment, et dans quelles circonstances, il a pu accéder au poste envié et respecté de sénateur. Nous voilà plongés quelques années en arrière. Ramson Stoddard n'est alors qu'un jeune avocat de l'Est désargenté qui cherche à se faire un nom dans les territoires de l'Ouest. Mais tandis qu'il approche de Shinbone, sa diligence est attaquée par un certain Liberty Valance ( Lee Marvin ), une brute redoutable qui fait régner la terreur dans toute la région. Ramson, fouetté et humilié au cours de ce guet-apens, se jure qu'il aura sa revanche et s'installe dans la petite ville où il est soigné par Hallie et fait la connaissance de Tom Doniphon. Ce dernier lui enseigne la loi de l'Ouest qui n'est autre que celle du plus fort. Par la suite Stoddard provoque Liberty Valance en duel et le tue. Hallie, qui était la fiancée de Tom, voyant en lui un preux chevalier, accepte de l'épouser, laissant Tom noyer sa peine dans l'alcool. Plus tard Ramson apprendra que c'est en réalité Tom qui a abattu Liberty Valance parce qu'il tirait plus rapidement et mieux. Mais la réalité est restée voilée et la légende ayant pris le dessus, personne n'est plus jamais revenu sur cet événement et Tom est mort oublié de tous, n'ayant jamais connu le respect, l'amour et la reconnaissance. C'est ainsi que Ramson Stoddard devait sa notoriété à une imposture.

Le film n'est pas seulement un chef-d'oeuvre signé Ford, c'est, de nos jours, une pièce maîtresse de la culture américaine, une méditation sur le sens de  son histoire, un poème testament entre faits réels et interprétations héroïques.  Avec cet avant-dernier film, Ford nous livre une réflexion désenchantée et crépusculaire de l'Ouest, là où la légende finit toujours par être plus forte que la réalité, où la mystification l'emporte sur la vérité, ce qui donne au réalisateur l'occasion d'approfondir la mise en place des justifications imaginaires de la réalité. Comme s'il était tenu de marquer d'emblée le ton et le style,  John Ford opta pour le noir et blanc, ainsi qu'il l'avait fait quatre ans plus tôt pour The last Hurrah ( La dernière fanfare ), autre méditation sur la notoriété, la vieillesse, le pouvoir et la mort. Et il utilise volontairement et à six reprises le thème musical d'Ann Rutledge composé par Alfred Newman, de même qu'il construit son oeuvre autour d'un long flash back, ce qui ne lui est pas habituel.

Romanesque dans la description des rapports entre Hallie et Doniphon, l'homme qu'elle quittera pour Stoddard, truculent dans les séquences décrivant les réunions électorales, ce long métrage permet en outre à son auteur de montrer une même scène sous des angles différents. Ainsi  il y en a une qui laisse croire que Stoddard a bien tué Liberty Valance et une autre, quelques instants plus tard, qui infirme cette vérité et dévoile, grâce à un cadrage reprécisé, ce qui s'est réellement passé. Rarement Ford, qui rejoint ici Hitchcock, n'est allé aussi loin dans l'usage des possibilités ambivalentes de l'art cinématographique. Variation subtile sur les apparences et les erreurs qu'elles peuvent engendrer, L'homme qui tua Liberty Valance ( 1961 ) a été tourné presque exclusivement en studio, symbolisant une fausse réalité, plutôt que dans les grands espaces californiens dont on sait combien ils étaient chers à John Ford. Remarquablement interprété par un James Stewart parfait, un John Wayne véritable héros de cette histoire nostalgique dont ce sera le dernier film avec le metteur en scène, il fait également la part belle à Lee Marvin campant un bandit outrageusement colérique qui crève l'écran et se montre extraordinaire de réalisme et de cynisme. Et puis autre particularité du film,  il est l'adieu au western d'un maître incontesté du genre.

 

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Pour lire les articles consacrés aux grands maîtres du western, à John Wayne et James Stewart, cliquer sur leurs titres :


LES GRANDS MAITRES DU WESTERN        JAMES STEWART - PORTRAIT        JOHN WAYNE

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN & CANADIEN, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 



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Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA AMERICAIN & CANADIEN
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commentaires

bond123 à armelle 13/07/2010 09:58

J'ai répondu au com que tu as laissé sur mon blog

Merci d'ailleurs.

bond123 13/07/2010 08:22

Ton article m'a vraiment donné envie de le revoir. Merci.

L'enfoiré 12/07/2010 18:41

Et en plus, il y a la musique de film de Western. Très importante aussi.
Ennio Moricone par exemple, avec Pour une poignée de dollars, Duel au Texas, Mon colt fait la loi, U pistolet pour Ringo, Pour quelques dollars de plus, On m’appelle providence, Mon nom est personne"...).
Le western spaghetti...
Clint Eastwood, un des derniers qui a fêté ses 80 ans récemment après une carrière très diversifiée Maire de Carmel, sans atteindre la maison Blanche comme son prédécesseur Ronald Reagan
Le western mène à tout.

bond123 12/07/2010 10:30

Un superbe western!

Je l'aborderais probablement sur mon blog mais surement la semaine prochaine.

J'ai, comme tu pourras le voir sur mon blog, déjà pas mal d'articles en préparation.

Tu pourras également y voir le lien de l' article que je viens de publier.

Eric LOW 27/01/2008 11:41

je pense que ce rôle a dû beaucoup plaire à Wayne le républicain : 1 héros solitaire romantique sous sa carapace de dur à cuire : le mythe de l'ouest sauvage où il faut savoir tirer vite & juste
quant à Stewart : en bon démocrate ce rôle lui va aussi comme 1 gant

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