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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 12:17

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Dans une société en quête d'elle-même, ayant traversé une succession de régimes totalitaires, une auto-thérapie semblait nécessaire, cette dernière s'exprimant par une vision humaniste de la société elle-même au travers d'intrigues qui prennent volontiers une tournure poétique. Mais pour réaliser des intrigues aux résonances critiques et politiques, il est prudent que les auteurs, soucieux de détourner la censure, utilisent des métaphores et puisent leur inspiration dans une culture millénaire et des réalités modernes qui, ensemble, concourent à conférer à cet art un caractère spécifique chargé d'incidences sociales, esthétiques, morales et religieuses. Néanmoins, le cinéma post-révolutionnaire des années 1980 mettra un certain temps à prendre la mesure des bouleversements qui ont profondément marqué la population et les images anciennes vont souvent être rejetées et remplacées par des enjeux majeurs, ceux d'un monde en proie à une guerre imposée par le voisin irakien. Aussi le cinéma de cette décade a-t-il à charge de louer l'héroïsme et le dévouement des Iraniens sur les champs de bataille, sacralisant la mort et honorant les martyrs. Les cinéastes les plus représentatifs ne sont autres que Mortezâ  Avini et Hâtamikiyâ.

 

Mais c'est Kiârostami qui apportera au 7e Art iranien son plein épanouissement dans les années 1990 avec des oeuvres originales comme Où est la maison de mon ami ? et sera le premier réalisateur à s'imposer dans les festivals internationaux grâce à des codes esthétiques et éthiques personnels, que salueront une presse unanime et les critiques les plus exigeants, affirmant que nous sommes là en présence "d'un cinéma véridique, et par là-même indispensable". Il ne faut pas oublier que l'Iran a été la Perse et qu'il n'y a rien d'étonnant à ce que le 7e Art de ce grand pays soit le réceptacle dynamique de toutes les expressions artistiques qui ont imprégné sa culture et sa civilisation dans le domaine de la littérature, de la peinture ( la miniature persane ) et de la musique.

 

Un autre cinéaste apparaît alors dans le sillage de Kiârostami,  dont l'art frappe par l'alliance si réussie de la beauté, de la poésie et du chagrin, c'est Majid Majidi qui évoque avec talent la vie simple et bouleversante des gens ordinaires filmés dans la splendeur de paysages champêtres. "Les enfants du ciel", réalisé en 1997 sera nominé à l'Oscar du meilleur film étranger à Hollywood en 1998, ce qui prouve, si besoin est, les pas de géants effectués par le cinéma iranien. Ces années 90 seront particulièrement riches en événements de tous ordres : d'abord la création d'un espace réservé aux femmes cinéastes comme Pourân Derakhshandeh qui filme avec délicatesse "Le petit oiseau du bonheur", et de Rakhshân Bani-E'temâd, autre figure féminine qui s'interroge sur l'origine des inégalités entre hommes et femmes. Son second film "Foulard bleu" (1993 ) raconte l'histoire d'amour impossible entre un patron et son ouvrière. L'autre événement marquant de l'époque est l'avènement d'un cinéma comique avec des réalistaeurs qui ont noms  Mohammad Hossein Latifi et Iraj Tahmâseb.

 

En ce début de XXIe siècle, le cinéma iranien n'a rien perdu de sa créativité et s'illustre par une plus grande variété de choix esthétiques. De nouvelles signatures émergent telle que celle de Bahman Ghobâdi, Caméra d'or du Festival de Cannes en 2000 avec "Un temps pour l'ivresse des chevaux", film qui conjugue à la fois la puissance du scénario et des images et l'impact d'une musique très attractive composée par le maître Alizâdeh. Aujourd'hui de très jeunes cinéastes assurent la relève et contribuent à l'enrichissement d'un cinéma national soucieux d'aborder des thèmes de portée universelle. Seule la technique reste à la traîne mais l'élan, la passion sont bien présents, cela grâce à des hommes comme Mir Karimi qui se place d'ores et déjà à côté des grands du cinéma iranien : Kiârostami, Milhrju'i et autres. Dans ce cinéma en pleine évolution, l'exigence esthétique s'allie à la critique de la société pour composer un tableau qui n'est dénué ni de contradictions, ni de complexité.

 

Pour consulter l'article consacré à Kiârostami, cliquer sur son titre : 

 ABBAS KIAROSTAMI OU LE LABYRINTHE des SOURCES

 

Et pour prendre connaissance de la liste complète des articles de la rubrique MES BILANS, cliquer sur le lien ci-dessous :

LISTE DE MES BILANS CINEMATOGRAPHIQUES

 

 

 

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Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans MES BILANS
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commentaires

armelle 18/10/2012 20:20

L'émission était vraiment réussie. Les prises de vue des Pyrénées que nous visitions avec un guide de hautes montagnes, sublimes. Je crois qu'il est possible de la voir durant une semaine sur
internet.

Alain 18/10/2012 13:53

Bonjour Armelle, je comprends tout à fait le commentaire que vous avez laissé sur l'article concernant "Paperboy". J'ai vu dans le jeu de Nicole Kidman une autre facette de l'actrice,
outrageusement exagérée, c'est vrai, mais je lui reconnais un certain talent. Dans ce film en tout cas. Quand je vois de tels films, j'en ressors plus "riche" qu'en entrant dans la salle. Dans le
sens où, premièrement, je savoure la chance de ne pas être dans le lot de ces laissés pour compte, pour le moment en tout cas, mais qui hélas se multiplient dans le monde. Et deuxièmement par le
simple fait de savoir me contenter de la beauté de l'environnement, des bonheurs que peut procurer la vraie nature, avec cette contemplation de l'univers qui me comble de multiples bonheurs et qui
font du bien à l'âme. Vous me dites avoir regardé "Des racines et des ailes", hier au soir, vous étiez donc la bienvenue dans mon environnement actuel. Les Pyrénées avec Gavarnie et l'océan avec ce
magnifique Pays Basque. Pour en revenir au cinéma, je prépare une page sur un film iranien,"Une famille respectable" dont le réalisateur a dédié ce aux femmes iraniennes. Je pense que cet article
ne devrait pas vous déplaire. À très bientôt chère Armelle ... je file sur Interlignes pour en savoir un peu plus sur votre voyage.

Chris 17/12/2011 16:21

Article très intéressant, qui me fait penser qu'il me reste plein de choses à découvrir du cinéma iranien, surtout des années 90. Et quand on voit la qualité extrême du travail de Farhadi
aujourd'hui on ne peut qu'être persuadé que l'Iran est une des plus belles patries du cinéma. Si c'était une démocratie, ses créateurs seraient sûrement plusieurs au panthéon mondial.
Ton blog a rejoint ma liste de favoris, Armelle, après une eclipse due au transfert sur Overblog ! I'm back !

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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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