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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 10:00

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Gros effets d'un côté et caméra légère de l'autre, l'intrusion du numérique dans le 7e Art est universelle. Mais qu'apportent-elles de vraiment nouveau ces techniques de pointe à l'industrie du 7e Art, question que nous sommes en droit de nous poser ?

 

En un siècle d'histoire du cinéma, la boucle semble bouclée. Si tout a commencé avec les truquages astucieux d'un Georges Méliès, cela se poursuit de nos jours avec la surenchère des effets spéciaux de Matrix ou d'Inception ou encore de Harry Potter pour les plus jeunes. Mais si Méliès revenait parmi nous serait-il véritablement étonné ? Cent ans, n'est-ce pas beaucoup de temps pour obtenir des machines et ordinateurs ce que les équipes Méliès parvenaient à produire avec minutie et enthousiasme en explorateurs d'un nouveau monde qu'ils étaient alors ? Car les illusionistes d'hier ne sont autres que les techniciens d'aujourd'hui, la poésie en moins, tant il est vrai que l'on ne sait plus où la surenchère s'arrêtera et où le bon goût  saura subvenir aux  excès de la virtualité. Certains personnages, comme celui du film Simone d'Andrew Niccol ne rêve-t-il pas de remplacer les acteurs par des androïdes, répliques parfaites mais si peu satisfaisantes de nos stars actuelles ? Jusqu'où irons-nous dans ces excès imagiers où la réalité est constamment dépassée et détrônée par le fictif ?

 

Hier encore, le scénariste avait l'avantage sur le  caméraman. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Ce qui compte  est la quête insatiable de la nouveauté, de l'effet bleufant, du mélo numérisé au service d'un concepteur qui veut être partout, tout voir à la fois et franchir une étape supplémentaire dans le dévoilement  des constructions imaginaires. C'est donc l'illusion qui prime. Est-ce là, pour autant, le meilleur des mondes ?  Alors que tout devient possible dans l'imaginaire, tout risque de devenir admissible dans notre vie quotidienne et le danger est que le 7e Art, oubliant d'élever l'homme par sa quête de la beauté et de l'universalité, ne le rabaisse en ne lui offrant qu'une simple exploitation d'une science-fiction au service de trucages technologiques.

 

Mais à côté de ces effets spéciaux si vite ennuyeux, des progrès ont été faits grâce au numérique avec l'arrivée des  petites caméras qui mettent fin au monopole coûteux et forcément discriminatoire des superproductions. Désormais, n'importe qui peut saisir la vie dans son déroulement temporel une caméra sur l'épaule, ainsi que l'inaugurait Jean-Luc Godard dans A bout de souffle. C'est la raison pour laquelle nous voyons proliférer les films d'auteur à petits budgets, ce qui est une évolution notable, surtout pour des pays où réaliser un film relève du parcours du combattant. Pensons à l'Afrique et à l'Iran. En ce domaine, les progrès de la technique ne peuvent que nous réjouir. Au final,  si ces progrès ont leurs avantages, ils ont leurs inévitables inconvénients. Aux hommes, et principalement aux cinéastes, de garder la tête froide et le sens de la mesure. Le cinéma dispose d'un panel de moyens inouis qu'il serait dommage de gâcher en truquant la réalité de manière caricaturale et en privilégiant la machine au dépens de l'art.

 

Pour consulter la liste complète des articles de cette rubrique, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

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Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans MES BILANS
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commentaires

niki 21/04/2013 16:25

bel article, armelle - auquel j'adhère totalemnet

dasola 23/09/2011 17:19


Bonjour Armelle, je serais assez d'accord avec vous sur cet article. On privilégie de plus en plus la forme sur le fond. Et encore concernant la forme, je ne suis pas fan du numérique (j'ai la
nostalgie du 35mm) et du 3D. Concernant les scénaristes (plus particulièrement américains), ils font des merveilles pour les séries TV, quant aux films, bof. Bonne fin d'après-midi.


palilia 21/09/2011 19:56


Bonsoir Armelle ! j'ai la nostalgie des films en noir et blanc mais j'aime bien la couleur. J'ai horreur des films en 3D d'où tu sors avec mal à la tête et où tu passes ton temps à mettre et
enlever les lunettes parce que tout n'est pas en 3D mais la qualité du numérique quand même c'est autre chose. Il nous reste l'oeil avec lequel on regarde tous ces films. En fait, je ne me pose pas
la question des gros plans des travellings et autres choses techniques, j'admire quand je trouve ça beau et je me régale en voyant un vieux films : je n'aime pas qu'on les colorise, ce n'est plus
pareil, on regarde les alentours et on s'attache moins à l'histoire. bonne soirée


Alain 21/09/2011 19:03


Bonjour Armelle, en lisant votre nouvel article je n’ai pu m’empêcher de sentir une pointe d’amertume dans vos propos. Ceci étant, pendant les heures de « ménage » passées dans mon blog, une pensée
similaire est venue en effaçant certaines pages consacrées à des films, disons d’action ! Ainsi va, et passe la vie. Mais le plus important reste de vivre en aimant ce que nous faisons et pas
forcément d’apprécier tout ce que l’on cherche à nous imposer. Très bonne soirée à vous.


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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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