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12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 09:22

              Portrait de Louis de Funès. Collection Christophe L.

                                              
 

Plusieurs décades que ce trublion agité de tics nous a quittés. Mais il n'est mort que pour l'état civil car il reste l'un des acteurs préférés des Français. Grâce aux nombreux films qu'il a tournés et que la télévision nous re-diffuse régulièrement, Louis de Funès n'a jamais cessé d'être présent et de nous faire rire aux larmes dans des oeuvres cultes d'un comique inépuisable.


Carlos Luis de Funès de Galarza, né le 31 juillet 1914 à Courbevoie, appartenait à la noblesse sévillane et fit ses études au lycée Condorcet à Paris. Après avoir été dessinateur, pianiste dans des boîtes de nuit, il s'oriente vers une carrière de comédien, mais le succès mettra beaucoup de temps à le rattraper. Petit, 1m64, malingre, il dut se contenter durant de nombreuses années de rôles peu gratifiants, voire d'une simple figuration, aussi bien au théâtre qu'au cinéma, avant que la chance ne commence à lui sourire avec La traversée de Paris de Claude Autant-Lara en 1956, où il joue aux côtés de Gabin et de Bourvil.  On était loin alors de se douter qu'il deviendrait l'une des vedettes européennes les plus populaires des années 60 à 80 et que les producteurs lui feraient des ponts d'or pour qu'il figure dans leur production. Bien qu'à la fin des années 50, il ait pu se targuer d'avoir une centaine de films à son actif, il n'a pas trouvé le rôle déterminant qui en fera une tête d'affiche. Le phénomène de Funès reste le privilège de quelques initiés, dont Eddy Barclay qu'il amusait tellement lorsque, dans les boîtes de nuit, il se trémoussait derrière son clavier. Ce sera la pièce Oscar dans laquelle ses mimiques font merveille, et qu'il interprétera pendant des mois à guichets fermés, qui sera à l'origine de sa formidable carrière et l'installera définitivement dans le succès. Après Oscar, Pouic Pouic en 1963 confirmera sa renommée, si bien que désormais les producteurs, qui l'avaient tant boudé, vont en délégation venir lui faire leur cour.

 

 

                      


A partir de là, sa carrière va s'articuler en deux axes : l'axe Gérard Oury et celui de Jean Girault. Ce dernier lui offre un rôle d'anthologie dans la peau de l'inspecteur Cruchot. Entre temps, Gérard Oury le confirme dans ses trois plus grands succès. Ses duos avec Bourvil, dans Le corniaud d'abord  ( 1964 ) et La grande vadrouille ( 1966 ) ensuite, passeront à la postérité et rempliront les salles comme rarement, avec des répliques et des séquences inoubliables. Le personnage irascible qu'il campe face à un Bourvil débonnaire et bon gars est irrésistible. Ce sera une réussite également avec Yves Montand dans La folie des grandeurs, un petit chef d'oeuvre de cocasserie. Avec Les aventures de Rabbi Jacob en 1973,  il réussit l'exploit de faire rire ensemble musulmans, juifs et catholiques.  Et pourtant, il disait qu'on  aurait pu l'appeler Monsieur Inquiétude, tant il avait un tempérament anxieux et timide. Oui - poursuivait-il, je trimbale cela avec moi. Et pourtant, j'ai tout pour être heureux, une femme charmante ( il avait épousé en seconde noce Jeanne Barthélémy de Maupassant, la nièce de l'écrivain ), des enfants charmants ( l'un de ses fils jouera auprès de lui dans Le grand restaurant et Sur un arbre perché ) et un métier que j'aime. Mais c'est ainsi et mon tempérament me désole. Chez moi, je ne suis pas drôle du tout.

 

Cependant, s'il a l'aval du public, il n'a pas celui des critiques, cette intelligentsia patentée qui semble avoir avalé son parapluie à le voir susciter l'hilarité. On entendra lors d'une émission du Masque et la Plume, l'un des intervenants nous assurer d'un ton docte qu'il en avait des hauts le coeur d'assister à des projections d'une inanité pareille et qu'avec un film comme Le Corniaud, le 7e Art était tombé dans le caniveau. Pauvre de lui, il doit rougir aujourd'hui d'avoir proféré de telles sottises... 

 

                     Louis De Funès. Société Nouvelle de Cinématographie (SNC)


Mais deux infarctus successifs l'obligent à s'éloigner momentanément des studios et des planches et les metteurs en scène ne cherchent pas à lui proposer des rôles différents de ceux habituels, se contentant d'exploiter le filon. Il y eut bien une exception pour l'Harpagon de Molière, où son interprétation n'aurait probablement pas déplu à l'illustre comédien. Ce qui prouve qu'il était en mesure d'assumer des rôles plus tragiques, des personnages extrêmes. Après cette obligation de repos, il revient avec La soupe aux choux en  1981 qui sera un ultime succès. Il s'éclipsera le 27 janvier 1983 à Nantes d'une crise cardiaque. Il avait toujours été dans l'accélération, le mouvement. Il meurt de la même façon, d'un coup, en pleine action. Il repose désormais au cimetière de Cellier, non loin de son château de Clermont que ses cachets lui permettaient de remettre en état. Mais cela lui va si mal de se reposer et il savait si peu le faire, que je me plaîs davantage à l'imaginer faisant le clown au Paradis pour le plus grand plaisir de nos chers disparus.

 

Pour prendre connaissance de la liste complète des films de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

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                 René Chateau René Chateau René Chateau René Chateau

                                                                         


 

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Published by A.BARGUILLET - dans ACTEURS DU 7e ART
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commentaires

nicos31 02/06/2014 19:09

un magnifique hommage que tu lui rend dans ton article!

armelle 02/06/2014 19:30

Merci Nicos, tes visites me font toujours plaisir.

FredTarantino 02/01/2013 15:23

Un très bel article armelle même si ne suis point amateurs de De Funes, c'était quelqu'un d'unique, a l'énergie plus que débordantes et ta vision de lui au paradis est touchante

eelsoliver 18/06/2009 10:25

Rien à voir avec ton article, mais le cinéma d'Olivier a un an, alors n'hésite pas à venir nous donner tes impressions.

Kleinhase 15/06/2009 16:08

Si les critiques ont d'abord dénigré Louis de Funès, elles l'ont ensuite encensé lorsqu'il est décédé... il faut croire que les génies ne sont reconnus qu'après leur mort... Mais le public ne s'est jamais trompé sur le génie comique de "Fufu", et personnellement, cet acteur a bercé toute mon enfance et c'est toujours avec un immense plaisir que je revois ses films.

Clara 10/12/2008 14:49

Louis de Funès restera à jamais un très grand du cinéma, inimitable et profondément drôle.

keating 17/07/2008 17:59

salut Armelle ça faisait longtemps que je n'étais plus venu, faute à des examens et aux festivités qui ont suivies leurs fin, et encore après au début des vacances loin du pc...
c'est avec plaisir qu'en revenant je lise un bel article sur l'une des idoles de mon enfance, peut être celui qui m'aura le plus fait rire jusqu'ici !
je te conseille, si ce n'est pas encore fait, le livre écrit par ses deux fils : "ne parlez pas trop de moi les enfants".
On y découvre De Funès l'homme derrière l'acteur, apparemment encore plus drôle que dans ses films.
J'ai été marqué par le témoignage de son perfectionnisme sur les tournages : il ne se contentait jamais de jouer une scène sans avoir cherché par tous les moyens à l'améliorer, même si cela prenait des heures !
Un très grand artiste qui fera rire éternellement

Catherine et Wally pour Armelle 14/07/2008 12:52

Le blog "Le Journal de Catherine" à été supprimé suite à des messages très désagréable.
Avec se commentaire est joint le lien du blog fait entre mère et fille.

Palilia 12/07/2008 13:55

dit comme ça...Armelle, dit comme ça, s'il fait des grimaces au paradis, la notion de vie éternelle posthume me paraît moins effrayante. S'il leur apprend la danse de RAbbi Jacob qu'il a apprise et exécutée très rapidement, ça doit déménager chez Saint Pierre !
Il est vrai que Louis de FUNES s'est beaucoup donné : je pense en particulier à OSCAR qu'il a joué au théâtre et qui l'avait bien fatigué.
Mais c'est vrai aussi qu'il disait que chez lui il n'était pas très drôle et il était passionné par la culture des roses dont une je crois porte son nom.

Catherine pour armelle 12/07/2008 11:49

Bonjour Armelle! Je m'appelle Catherine et c'est ma fille (Wally) et son adorable compagnon ( Colton125)qui m'ont conseillé ton blog qui est vraiment très bien fait.

La nouvelle de sa mort fut un choc pour moi qui suis allé voir pas mal de ses films au cinéma ( "Le Corniaud", "la grande vadrouille", "oscar", "La Folie des grandeurs", Rabbi Jacob", "La zizanie", "Le gendarme en ballade" et "A new york", "L'aile ou la cuisse"...

Ton article est passionnant!!

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
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