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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 08:54

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Né en 1932 dans une grande famille d'industriels du Nord ( les Beghin du côté maternel ), Louis Malle s'initie dès l'âge de 14 ans à la réalisation cinématographique avec la caméra 8mm offerte par son père et s'inscrit, dès ses études secondaires achevées, à l'IDHEC dont il suivra les cours pendant un moment, avant de rejoindre le commandant Cousteau comme co-réalisateur du Monde du silence, documentaire qui obtiendra la Palme d'or en 1953. Mais s'étant crevé les tympans lors d'une plongée, il renonce à poursuivre cette expérience maritime et travaille dans un premier temps avec Robert Bresson sur le tournage de Un condamné à mort s'est échappé. C'est alors l'essor de la Nouvelle Vague mais Malle, très indépendant de nature, ne se reconnaît pas dans ce mouvement et entend bien rester un créateur libre de toute influence. Ainsi suivra-t-il son chemin de façon parallèle en se référant à ses seules motivations.

 

Il a 25 ans lorsqu'il réalise Ascenseur pour l'échafaud avec Jeanne Moreau et Maurice Ronet qui emprunte les codes du film noir mais que transfigure une bande son composée d'improvisations du jazzman Miles Davis et par  la plastique des images nocturnes. Ce film sera suivi des "Amants" où il pourfend l'hypocrisie qui subsiste autour de l'adultère et ouvre la voie à un  cinéma enfin délivré des tabous d'une société  trop corsetée  par les principes. Suivront, en 1960, Zazi dans le métro, une oeuvre ludique tirée d'un roman de Raymond Queneau et Feu follet qui traite de la dépression et du suicide inspiré de Pierre Drieu La Rochelle. Moins opposés aux conventions narratives que ces précédents opus, Viva Maria et Le voleur sont des comédies d'un amoralisme jubilatoire, tandis que Lacombe Lucien, co-écrit avec Patrik Modiano, suscitera une vive polémique, ce qui était probablement le but du film. Louis Malle y décrit un jeune paysan désoeuvré qui, après avoir tenté sans succès d'intégrer la Résistance, se tourne vers la collaboration. Malgré ses remarquables qualités, le film s'attire les foudres de la critique et des résistants, au point que, très affecté, Malle décide de s'expatrier quelques années aux Etats-Unis. Le premier film, qu'il tourne là-bas, sera un mélodrame en costumes La petite  sur un sujet, tout aussi sensible, la prostitution enfantine, interprété par la jeune Brooke Shields, suivi par Atlantic City ( 1980 ) où il raconte les mésaventures d'un truand à la retraite avec Burt Lancaster dans le rôle titre.

 

Revenu en France en 1987, ce sera à nouveau pour tourner un film sur l'Occupation Au revoir les enfants, comme si ce thème ne cessait de le hanter, film qui marquera sa véritable consécration de réalisateur et obtiendra enfin les éloges unanimes de la critique. Il y conte l'histoire d'un écolier qui se lie d'amitié avec un enfant juif au sein d'un collège catholique, récit quasi autobiographique, puisque son auteur fut le témoin d'un drame similaire durant la dernière guerre. Une autre réalisation Le souffle au coeur, où Malle décrit la relation fusionnelle entre une mère et son fils, sujet scabreux s'il en est, considéré comme son oeuvre la plus personelle, couronnera sa carrière et se verra récompenser par le Lion d'or à Venise, le prix Louis-Delluc et pas moins de 7 Césars. Ses derniers films Milou en mai et Fatale ne marqueront pas les mémoires mais contribueront à parachever une oeuvre inclassable, foisonnante et passionnée qui compte parmi les plus importantes du cinéma français.

 

A l'évidence, ce sont les cas extrêmes qui monopolisent  la créativité de Louis Malle : l'inceste, la dénonciation, la collaboration, la prostitution qu'il traite en prenant de la hauteur, se refusant à tout jugement et  les incluant dans des destins qui font en sorte que  l'individu bascule dans le mal plutôt que dans le bien. Oui, ce sont ces instants de la renverse que le cinéaste s'attache à décrire, moments de dualité obscurs et impénétrables durant lesquels l'être ne cesse d'osciller en vain et que l'auteur décortique lors de narratifs parfaitement maîtrisés où n'entre ni vulgarité, ni facilité. L'exigence est au coeur de ses films, celle d'une mise en scène au service de scénariis complexes et plein d'ambivalences.

 

Pour lire les articles consacrés à Jeanne Moreau et aux Réalisateurs, cliquer sur leurs titres:


JEANNE MOREAU          LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :


LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS


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Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans LES REALISATEURS DU 7e ART
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commentaires

darklimelight 28/10/2011 00:12


Merci pour cet article, Armelle, consacré à l'un des cinéastes français que j'apprécie le plus. Sans doute pour sa liberté, qu'il revendique sans fard. Et son courage, il en fallait une bonne dose
à l'époque pour ne pas céder aux sirènes de la Nouvelle Vague et suivre son propre chemin.


Michel Alho 25/10/2011 12:31


Bonjour, un ami nous a chaudement recommandé l'un de vos poèmes que vous auriez mis en ligne dernièrement. Héla pour nous, impossible de le trouver. Désolés pour cette question mais pourriez vous
nous indiquer la bonne rubrique ? Par avance nous vous en remercions. Margot et Michel Alho.
alho92@live.fr (PS .... nous ne sommes pas très doués pour ce genre de recherches et votre blog très intéressant n'est en rien responsable)


Armelle 24/10/2011 21:16


Difficile, en effet, dans le contexte actuel, de parler d'un film comme "La petite", sujet plus que scabreux. Ce qui n'empêche pas le film de Louis Malle d'être traité avec talent, comme la plupart
des autres, le cinéaste n'ayant pas pour habitude de choisir des sujets faciles.


Christophe 24/10/2011 20:50


J'envisage de faire un texte sur La petite, qui est remarquable, mais dont le sujet est délicat. Lorsque le film est repassé il y un ou deux ans sur Arte, certains spectateurs ont protesté, sur le
site de la chaîne, au prétexte qu'il s'agissait d'un film pédophile... Donc difficile de l'évoquer...


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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

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