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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 10:36

                       United International Pictures (UIP)

                                                                   



Master and Commander  ( De l'autre côté du monde en français ) de Peter Weir est un film d'aventure marine chevaleresque, dans la grande tradition des combats navals, qui relate un fait de l'histoire maritime commune entre la perfide Albion et la marine française. Cette fresque magnifique raconte la poursuite de deux navires ennemis au temps des guerres napoléoniennes, où l'on voit un commandant anglais prendre en chasse le navire Acheron et le poursuivre sans relâche jusqu'à l'affrontement final, l'abordage époustouflant de réalisme où le capitaine français perdra la vie et son équipage sera fait prisonnier, du moins ceux qui auront survécu.
Deux personnages centraux : le capitaine Jack Aubrey ( Russell Crowe ) au physique, à la carrure de l'emploi, le héros plus vrai que nature, impulsif, sanguin, volontaire, suscitant l'admiration et le respect par sa compétence, mais surprenant  de par sa sensibilité dissimulée sous l'indispensable autorité que nécessite son commandement. Le chef vers lequel les yeux se tournent pour y quêter l'exemple et affermir son courage. Quant au second personnage, il s'agit du médecin de bord Stephen Maturin ( Paul Bettany ), le naturaliste, le chercheur posé, intériorisé, humain, l'intellectuel, musicien de surcroît comme son capitaine, avec lequel il aime jouer lors de leurs rares moments de liberté, sensible certes, mais de même envergure que ces marins trempés dans l'acier lorsqu'ils sont confrontés à l'adversité. Entre eux deux, une amitié forte, faite d'admiration et d'estime, d'autant que la musique est un lien supplémentaire qui les unit par-delà les exigences de leur vie aventureuse et leur permet de prendre, pendant quelques instants, leurs distances avec les fureurs de la guerre et la cruauté des éléments. La beauté et la force du film résident en partie dans la relation entre ces personnalités très différentes mais unies par un destin partagé, où l'un chérit la connaissance et la modération et explore les mystères de la vie dans l'espoir d'en débusquer les secrets, tandis que l'autre entend embrasser son honneur et se plait à bourlinguer et guerroyer sur les océans pour la grandeur de sa nation. 

 

 

                    Russell Crowe. United International Pictures (UIP)

 


Filmé de façon quasi documentaire, il nous livre une imagerie superbement animée de la vie à bord d'un navire de guerre du XIXe siècle, exaltant la bravoure de l'équipage, exhalant l'odeur de poudre et nous renseignant de façon précise sur les petites joies mais aussi les moments de doute et de désespoir, les amputations, le scorbut et la rudesse terrible des attaques navales et de la vie au milieu des flots déchaînés. Le réalisateur nous propose, en effet, une galerie de personnages captivants et complexes, remarquablement crédibles et, ce, des jeunes mousses aux sous-officiers et officiers qui sont campés avec vigueur et conviction et excellemment interprétés dans une succession de scènes hautes en couleur et habilement cadrées. D'ailleurs, ce long métrage est une suite de tableaux superbes, d'une qualité rare, inspirés de la peinture néo-classique, tantôt nimbés par les vapeurs d'eau, tantôt par la fumée des canons, lors des scènes de combat. Nous sommes dès le début du film, embarqués, tant est puissante l'évocation des faits et actions, grande la beauté des images, normale la vie qui s'organise en notre présence. L'oeuvre dégage une sollicitation telle que nous avons l'impression d'être les témoins privilégiés d'une aventure qui nous concerne,  nous bouleverse et nous prend à l'estomac. Mieux encore, le tour de force de cette narration est qu'aucun sentiment de vengeance ou de haine ne transpire. Chacun est là pour exécuter une tâche, remplir un devoir, honorer un engagement et s'y emploie sans barguigner, à l'exception de l'un d'entre eux qui préférera se suicider, lorsqu'il s'apercevra qu'il n'est pas en mesure de faire face à ses responsabilités. Par contre, le cadet le plus jeune force notre admiration par sa maturité, son sang-froid et son courage, digne fils et petits-fils d'une lignée de grands capitaines, quand il subit l'amputation d'un bras à vif sans émettre une plainte et retourne aussitôt à sa tâche.
Voilà un film qui nous donne à voir et à vivre l'une des plus belles pages de l'histoire maritime et s'y consacre avec un art consommé du détail, une richesse de reconstitution stupéfiante et une ferveur communicative. A se procurer en DVD. 


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                   Russell Crowe. United International Pictures (UIP)


 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA AMERICAIN & CANADIEN
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commentaires

rotko 14/07/2008 20:31

L'Acheronj'ai apprécié le film, mais l'absence de fantastique ( pourtant avec "l'Acheron" et le "fantôme" il était prévu, non ?) m'a un tout petit peu déçu.
j'ai regard" le film, avec un peu de distance, sensible certes aux scènes émouvantes qui nous sont mijotées, mais surtout intéressé par la beauté des voiliers pris dans les tourmentes guerrières.

Yves B. 18/01/2008 15:46

MASTER AND COMMANDEREn effet, en 2003, Peter Weir nous a offert un film magnifique dans la tradition de nos épopées chevaleresques marines, " De l'autre côté du monde ", où l'action nous entraîne. L'on ne peut s'empêcher de penser à la prise du Kent par la Confiance, dans le Golfe du Bengale, par notre célèbre malouin Robert Surcouf, dont les exploits audacieux ont enflammé les passionnés d'aventures corsaires, rejoignant les Jean Bart et Duguay-Trouin, par exemple. Quel Celte de l'Armorique ou son cousin lointain du pays de Galles, d'Ecosse ou d'Irlande, voire bien entendu d'Angleterre, peut rester indifférent devant ce film qui illustre parfaitement, pour ceux qui ont des ancêtres marins, a fortiori corsaires, les combats navals respectifs. La psychologie respecte scrupuleusement l'esprit et l'action. Une connivence instinctive s'établit : que le meilleur gagne ! Un film dont le tour de force est de ne pas choquer, où chaque parti adhère, car l'honneur est sauf et le combat loyal et, ce, dans la pure tradition de nos affrontements du passé : " honneur et patrie". Justement situé dans l'histoire, car les guerres napoléoniennes et la fougue de notre conquérant empereur avaient sans peine réanimé l'animosité latente de notre voisine, dont nous sommes séparés par le Channel, la perfide Albion.
Lorsque la marine française s'agite, la Royale anglaise rugit. Sous la menace et la provocation, l'amirauté britannique ordonne donc aux HMS Surprise et à son commandant, le capitaine Jack Aubrey, de prendre en chasse le vaiseau français Acheron. C'est un défi, car ce dernier est supérieur en vitesse, en armement et en équipage. Raison de plus pour un homme de la trempe de cet impétueux anglais, qui, ne l'oublions pas, n'est pas le premier venu - il a servi sous Nelson, c'est une référence - les galons qu'il a acquis se passent de commentaires. Avoir été désigné pour cette misssion explique sa détermination et son ambition de vaincre. Par les images magnifiques, les tableaux saisissants, les situations tellement réalistes et plausibles, d'entrée de jeu ce film nous envoûte tant le sujet est bien cerné, contrairement à d'autres réalisations médiocres ; celui-ci a le mérite de nous impliquer immédiatement dans cette chevauchée marine fantastique. Nous sommes captivés dès la sortie de ce vaisseau noir, glissant dans la nuit sur une mer nimbée de brume, à l'heure où, à peine, point le jour. Grincements de poulies, chuintements feutrés de l'étrave lourde qui appareille vers le large, ombres furtives : on y croit, on a déjà embarqué. A bord, nous voici remontant le temps ; nous ne quitterons plus l'aventure jusqu'à la prise de l'Acquéron. Le réalisateur nous fait vivre un huit-clos dans ce monde particulier où le temps n'est plus le même, où des hommes rudes frottent leurs caractères, mais dans une discipline parfaite. Hommes de contraste et cependant complémentaires, le médecin chercheur, naturaliste et botaniste, sensible et humain, se heurte aux manières brusques et au courage déterminé de son ami le capitaine. Ce meneur d'hommes, qui ne connait qu'une devise pour mener à bien sa mission coûte que coûte : honneur et patrie, la même, il le sait, que celle de ses adversaires d'en face. On sait tout de suite que ceux-ci sont de la même trempe, comme deux lutteurs qui s'observent, s'évaluent et se jaugent. L'action, au départ, laisse planer le mystère, image lointaine, floue et fugitive ; puis vient le temps du combat moucheté où l'on prend la mesure de ses forces, c'est la tactique. La chasse est ouverte : le renard ne va plus lâcher sa proie. Hier un Surcouf, de la même veine, forçait l'admiration par ses exploits, aujourd'hui un anglais, Jack Aubrey, va s'acharner sans relâche avec ruse, habileté et compétence, conduire son vaisseau et entraîner son équipage à l'abordage. Commence un jeu de cache-cache qui annonce un combat sans merci, où se mêlent drame humain et noblesse de sentiment, un peuple marin embarqué dans une semblable aventure. Le fin limier va obliger son adversaire à se " ranger à l'honneur ", c'est l'abordage, scène inouie de fureur impitoyable, le combat doit se livrer jusqu'à la mort ou la victoire. Le capitaine en tête entraîne son équipage entier dans un élan de bravoure, tous soudés jusqu'au sacrifice ultime pour le pavillon et surtout l'Angleterre. Surpris par cette rage de vaincre, l'ennemi ploie sous l'assaut. Le capitaine de l'Acquéron est blessé à mort, il sait déjà qu'il a perdu, il lui reste le geste d'honneur magnifique de donner son épée au vainqueur, afin que la tuerie cesse. La parole est respectée, l'honneur est sauf, ils se sont battus en ennemis qui se respectent. L'Acquéron est pris mais le capitaine a l'élégance de relâcher l'équipage vaincu, dès que la reddition est effective. Si le combat fut rude, la victoire est loyale, tel était l'art de cette guerre navale qui nous semble aujourd'hui à des années lumières et pourtant... c'était hier, autre temps, autres moeurs, mais quelle gueule !

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