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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 08:55
NANNI MORETTI OU UN CINEMA GENERATIONNEL

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Né à Brunico en 1953, Nanni Moretti reste, malgré son effacement progressif dû à la maladie, l'une des personnalités les plus éminentes du cinéma italien. A l'adolescence, ses études secondaires terminées, il se partage entre deux passions : le water-polo et le 7e Art. Très vite, il se met en tête de devenir acteur et réalisateur, de vivre sa vie à tour de rôle, ou de façon concomitante, devant et derrière la caméra car, le plus souvent, il se mettra en scène lui-même.

 

Dès ses débuts vont alterner les interrogations personnelles et intimes et les questionnements d'ordre politique, Moretti s'étant engagé dans ce domaine dès sa prime jeunesse. Son premier long métrage Je suis un autarcique  date de 1976. Il y annonce la couleur et affiche déjà ses positions morales et politiques avec une ironie mordante à l'égard d'un certain gauchisme. Toujours est-il que ce premier ouvrage attire l'attention des critiques et va lui permettre d'en produire un second dans la foulée Ecce Bombo, en 1978, qui raconte les rapports difficiles d'un étudiant avec son entourage.

 

Il y aborde, de façon frontale, l'exacerbation du moi au travers d'un dédoublement acteur/réalisateur et le personnage de Michele, protagoniste que l'on retrouvera par la suite dans plusieurs de ses films comme son double, variation sur un personnage unique, projection cinématographique de Nanni Moretti lui-même, à mi-chemin entre l'introspection autobiographique et l'invention pure et simple. Qu'il soit membre d'une troupe de théâtre, étudiant, cinéaste, professeur de lycée   ( Bianca ),  prêtre ( La messe est finie ), homme politique jouer de water-polo  (Palombella rossa ), c'est encore et toujours le cinéaste qui se questionne tout en questionnant le public.

 

Grâce à sa maison de production fondée en 1986, il va également produire et promouvoir de jeunes talents comme Luchetti et Le porteur de serviette, film dans lequel il s'attribuera le rôle titre. En 1994, il obtient le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes pour Journal intime,  dans lequel il dévoile son courageux combat contre la maladie de Hodgkin, n'éprouvant plus la nécessité d'avoir recours à un double et intervenant désormais en homme public dans le débat politique et en homme privé dans le cadre de préoccupations plus personnelles.

 

Avec La chambre du fils en 2001 ( Palme d'or au Festival de Cannes ), il donne à son héros le prénom de Giovanni qui est le sien à l'état civil, de manière à prouver, si besoin était, que la cloison entre le cinéaste et l'individu est quasi imperceptible. Enfin avec Le Caïman, il brosse un portrait sans concession de la société italienne au moment de la campagne législative de 2006, faisant de son film une satire féroce contre Silvio Berlusconi. Il prend pour argument celui d'un acteur qui, après avoir refusé dans un premier temps, finit par accepter d'interpréter le personnage de l'homme politique.

 

Souterrainement et malgré la diversité des sujets, l'univers de Moretti conserve sa cohérence : celle d'un homme en proie à des interrogations existentielles qui, au-delà même de sa personne, renvoient à la collectivité et dont le propos, dans sa globalité, débouche sur un constat générationnel. En 2011, avec Habemus Papam, il confirme l'ampleur de son talent et remporte un vif succès critique et public.

 

Pour lire les critiques consacrées à certains de ses films, cliquer sur leurs titres :

 

LA MESSE EST FINIE DE NANNI MORETTI      

 

LA CHAMBRE DU FILS de NANNI MORETTI

 

Et pour consulter la liste des articles de la rubrique REALISATEURS DE 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

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Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans LES REALISATEURS DU 7e ART
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commentaires

niki 01/12/2014 18:06

les 3 films que j'ai vus m'ont beaucoup plu et amusée - un bel article, comme toujours armelle
-

Edmée De Xhavée 01/12/2014 12:56

Un de mes grands, que je suis au mieux depuis le début. J'étais en Italie pour son entrée en scène, et donc ce fut facile, j'ai vu le porteur de serviette... ensuite j'ai un "trou" dû aux longues années loin ,de toute civilisation, j'ai nommé les USA :)

science toys 25/06/2014 09:43

It is good to know that Nanni Moretti has a definite space in the Italian cinema. Thanks for sharing the life history of him and it ensued some interesting moments about his cinema life. I did not know that he has given outstanding contributions to bring the Italian cinema to the mainstream.

Eeguab 16/04/2012 20:04

Un cinéaste qui m'accompagne depuis longtemps,avec qui je me sens en phase,remarquable d'intelligence,d'humour,de punch.L'un des rarissimes réalisateurs qui,à mon sens,a réussi à éviter toute
démagogie.J'ai publié plusieurs billets sur lui.

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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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