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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 09:14
PHILIPPE NOIRET - PORTRAIT

                 Philippe Noiret et Gisele Preville. Mocky Delicious Products    Michel Bouquet et Philippe Noiret. EuropaCorp Distribution

                  Lorant Deutsch et Philippe Noiret. Gaumont Buena Vista International (GBVI)  Philippe Noiret et Isabelle Huppert. Studio Canal

                                                                       
                                                   VIDEO HOMMAGE


 

1930 - 2006

 

Philippe Noiret, qui nous a quittés le 23  novembre 2006  à l'âge de 76 ans des suites d'un cancer, a laissé un vide immense dans le cinéma français. Cet acteur, par son talent, son élégance, son naturel et sa simplicité, avait su, mieux qu'aucun autre, gagner l'estime et l'affection du public et interpréter les rôles les plus divers avec le même bonheur, la même humanité, sachant être tour à tour flic, truand, amoureux transi, bourgeois râleur ou débonnaire rigolard. Bien qu'il soit venu assez tard au cinéma, sa filmographie est impressionnante. Environ 125 films avec les plus grands metteurs en scène français et italiens, dont voici quelques titres parmi les plus marquants :  "La Grande bouffe" - "Alexandre le bienheureux" - "La vie de château" - "Thérèse Desqueyroux" - "L'Attentat" - "Que la fête commence" - "Un taxi mauve" - "Tendre poulet"- "Le vieux fusil" - "Les Ripoux" - "Coup de torchon" - "Cinema paradiso" - "La vie et rien d'autre" , qui, à eux seuls,  prouvent, si besoin est, le souci constant de l'acteur de ne donner son accord qu'à des oeuvres de qualité.

 

 

             Gaumont Buena Vista International (GBVI)

 

 

Né le 1er octobre 1930, Philippe Noiret, après des études classiques dans un collège d'oratoriens, débuta en 1950 une carrière au cabaret avec Jean-Pierre Darras, puis au Théâtre National Populaire avec Jean Vilar.  Il y interprétera de nombreuses pièces dont "La nuit des rois",  "Lorenzaccio" et "Le Cid", expérience fondatrice qui lui apprit la rigueur et l'exigence et lui prêta pour partenaires des comédiens comme Gérard Philipe, Maria Casarès et Monique Chaumette, qu'il épousa par la suite. Cela lui vaudra également une diction parfaite et une modulation de la voix qui conférera un attrait supplémentaire à son jeu d'acteur. Son premier rôle au cinéma lui est proposé par Agnès Varda dans  "La pointe courte"  en 1956, mais il lui faut attendre quatre ans avant de jouer à nouveau dans  "Zazie dans le métro"  de Louis Malle et d'imposer au petit écran sa stature, son visage clément et ce quelque chose de très français qu'il savait teinter d'une pointe d'élégance tout britannique. Après "Zazie", il enchaîne film sur film pendant près de 50 ans, marquant l'écran de sa présence chaleureuse et de sa prodigieuse aptitude à jouer les contre-emplois. Grâce à ce prodigieux pouvoir de métamorphose, il se fera une spécialité des personnages de composition, auxquels il communiquera, tour à tour, sa bonhomie ou sa gravité, son humour ou sa tendresse, sa jovialité ou sa bougonerie. Il entre vraiment en popularité grâce au film d'Yves Robert  "Alexandre le bienheureux"  ( 1967 ),  sorte de dithyrambe de la paresse, qui lui sied à merveille. Ainsi va-t-il, au long d'une filmographie d'une rare qualité, imposer un personnage peu commun, malgré un physique banal, qui, au gré des circonstances, fera preuve d'équilibre, de bonté, de drôlerie, mais également d'un lymphatisme qui pouvait aller jusqu'à la lâcheté, d'une sensualité qui frôlait parfois le vice et d'un laxisme qui, à l'occasion, s'apparenterait à de l'impudence. C'est probablement Bertrand Tavernier qui a su le mieux utiliser cette formidable ambiguïté et dégager ce qu'il pouvait y avoir d'inquiétant et de perverti dans son image la plus rassurante, en lui confiant le rôle du policier dans son film "Coup de torchon". C'est ainsi que pour les besoins d'un rôle, cet  acteur pouvait osciller entre la rigidité bourgeoise et la tentation anarchiste. De fait, il excella dans tous les rôles et sut mettre de l'émotion jusque dans sa façon de s'effacer discrètement.

 

 

Chez lui, jamais d'amertume, mais une bienveillance inlassable, un souci constant de donner le meilleur de soi, d'insuffler à ses personnages, du plus sombre au plus caustique, une épaisseur humaine. Il ne se considéra jamais comme une star, dont il n'avait ni les caprices, ni les éclats, mais comme un artisan, désireux de se renouveler et de s'enrichir au quotidien, enclin à toujours mieux faire. Menant une brillante carrière internationale sous la direction des plus grands : Cukor, Hitchcock, Rosi, Noiret alterne intelligemment  les films destinés au grand public et les oeuvres plus personnelles et originales, sans jamais donner sa caution à n'importe quelle entreprise. Même lorsqu'il échoue avec un film comme "Le Grand Carnaval"  ( 1984 ) d'Alexandre Arcady, il ne semble jamais compromis auprès d'un public qui se sent proche de cet homme courtois et modeste. C'est la raison pour laquelle le comédien put enchaîner en cette même année 1984  le rôle de l'officier colonial de  "Fort Saganne" d'Alain Corneau et celui du flic des "Ripoux" de Claude Zidi, qu'il illumine de son cynisme jovial car, mieux qu'une vedette, Noiret était une nature. Il joua mille et une variations sur le thème de la bonhomie, n'excluant ni les crises d'autorité, ni les fourberies. Un critique écrira de lui : " Noiret est le seul qui puisse faire rire et pleurer dans le même instant, danser le french-cancan, pousser la chansonnette, jouer Racine ou Ionesco, être grossier et subtil avec le même raffinement des acteurs de vieille race". Le public le savait et l'appréciait, devinant en lui les qualités de l'honnête homme dans le sens plein du mot. N'étant pas de nature à se plier au conformisme ambiant, il eut parfois quelques coups de gueule mémorables, entre autre celui poussé à propos du Paris-Dakar qu'il désapprouvait : " Si on ne voit pas que le Paris-Dakar est un crachat sur la beauté du désert et une offense aux populations africaines, il n'y a plus qu'à tirer l'échelle" - disait-il.
 

 

 

         Thierry Lhermitte, Lorant Deutsch et Philippe Noiret. Gaumont Buena Vista International (GBVI)                 Philippe Noiret et Guy Marchand. Studio Canal

 

Noiret fut couronné du César du meilleur acteur à deux reprises : pour "Le vieux fusil" de Robert Enrico et  "La vie et rien d'autre"  de Bertrand Tavernier.

Pour  prendre connaissance de mes critiques sur les films où apparaît l'acteur, dont  "Cinéma Paradisio", "Coup de torchon"  et  "Le vieux fusil", cliquer sur les liens ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS     

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans ACTEURS DU 7e ART
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commentaires

dasola 08/01/2015 07:24

Bonjour Armelle, je ne retire rien de ce que j'ai écrit il y a 7 ans. Grand acteur qui manque beaucoup. Bonne journée.

Sandrine L. 07/01/2015 16:16

C'est formidable de parler de ce grand acteur français totalement inimitable. Lorsqu'on m'évoque Philippe Noiret, je pense tout de suite aux vibrations de sa voix. Autant de chaleur, de profondeur et de justesse dans son timbre... on y sent tout le travail du comédien: savoir d'abord placer sa voix, avoir le contrôle de sa respiration, etc.

niki 08/06/2014 19:18

un bel hommage, armelle - effectivement un grand acteur qui laisse un vide immense

Adèle Girard 07/06/2014 17:40

Très bel hommage a ce très grand acteur d'une sensibilité à fleur de peau.

Edmée De Xhavée 07/06/2014 10:50

Un acteur complet, jamais en train de jouer mais de vivre... il savait tout faire. Et son visage banal avait la beauté de la vérité... Sa voix, oui, un envoûtement!

corsu61 16/10/2010 20:27

Incontestablement un des plus grands acteurs français que le destin n'a jamais mis sur ma route, à mon grand regret...

Débézed 11/04/2009 01:48

Il était adorable ce bon gros nounours qui nous avait épaté quand nous étions de jeunes étudiants, avec son interprétation magistrale d'Alexandre !

Palilia 02/08/2008 23:08

que des films magnifiquesMais j'ai une tendresse particulière pour Alexandre le Bienheureux : à l'époque où je l'ai vu pour la première fois, je rêvais de passer ma vie dans mon lit, servie comme un pacha. Ca tombait à pic ! vraiment, j'ai adoré ce film. Par contre, je ne sais pas si je le trouverais aussi bien aujourd'hui.
LE VIEUX FUSIL, COUP DE TORCHON, effectivement, ça reste dans les mémoires

dasola 21/08/2007 07:26

Mercid'avoir rendu hommage à cet acteur (9 mois déja depuis sa disparition) qui pour moi restera inoubliable dans le Vieux Fusil de Robert Enrico, Coup de torchon, La vie et rien d'autre et les autres films de Bertrand Tavernier. C'est en effet une grande perte.

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LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

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