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22 août 2007 3 22 /08 /août /2007 08:41
ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT

                      FR3 Cinéma 

                                                                    
                                                          

                   

Romy Schneider, passante inoubliable, a traversé le cinéma comme un météore, y laissant une empreinte indélébile. Plus de trente ans que s'est éteint ce regard où la gaieté finissait toujours par s'embuer de mélancolie. Comme Audrey Hepburn, avant même d'être belle, Romy était le charme, la féminité et la grâce. C'est pourquoi elle nous a tant touchés, tant émus. Elle réunissait ce que la femme symbolise le mieux : la ferveur et la fragilité, l'opiniâtreté et la douceur, la tendresse et  la docilité, la simplicité et la coquetterie, le courage et l'abandon. Elle était la femme parce qu'elle savait être toutes les femmes.



Rosemarie Magdalena Albach était née le 23 septembre 1938 à Vienne d'un père et d'une mère acteurs qui, absorbés par leur carrière respective, n'eurent guère de temps à lui consacrer. Ce sont de ses années les plus tendres que date son syndrome de l'abandon qui la poursuivra sa vie entière : Romy adulée, admirée, enviée, restera toujours cette petite fille sans enfance qui craignait qu'on ne l'aimât point, une sorte de crainte irrépressible que personne ne saura apaiser. La chance va cependant lui sourire de bonne heure. Alors qu'elle n'a que quatorze ans, elle fait de courtes apparitions dans des films, chaperonnée par sa mère Magda. Son minois ravissant, qui sait accrocher la lumière, plait au public, si bien qu'elle sera choisie quelques années plus tard pour interpréter le rôle de l'impératrice d'Autriche Elisabeth, dite Sissi, dans une trilogie qui connaîtra un incroyable succès international. Projetée dans un tourbillon frénétique de bals, d'interviews, de séances de photos, elle se laisse porter un moment par cette vie dorée qui lui apparaît bientôt futile et risque, à la longue, de l'enfermer dans un carcan dont elle subodore les conséquences désastreuses. Il lui faut, sans tarder, prendre son destin en main et faire en sorte de s'évader d'un cinéma qui ne la satisfait plus. Le salut viendra avec "Christine",  une romance à crinoline qui lui donne pour partenaire Alain Delon.Sur cette jeune fille pétrie de convenances, le jeune chien fou aura une incontestable influence et l'aidera à s'extraire d'un milieu étroit et d'un cinéma dépassé et vieillot. C'est grâce à Delon qu'elle rencontre l'homme qui sera son Pygmalion : le cinéaste Luchino Visconti. Derrière la jeune fille de bonne famille, le maestro devine un vrai tempérament. Il décide alors de la mettre en scène dans "Dommage qu'elle soit une putain".Terrifiée, elle relève le défi, prend des cours de diction et de français et finit par triompher et s'imposer comme une véritable comédienne. Romy Schneider est née.     

 

                  

La suite sera sa rupture avec Delon et sa rencontre avec le metteur en scène Harry Meyer qui va la subjuguer par sa culture et son intelligence. Ensemble, ils auront un fils David qui sera le point d'ancrage de cette jeune femme fragile. Car le couple bat de l'aile, Meyer s'étant révélé un géant aux pieds d'argile, un être rongé par une névrose d'échec. Heureusement pour Romy, une opportunité se présente : Delon l'appelle pour devenir sa partenaire dans le prochain film de Jacque Deray "La piscine".  Ce film  va révéler au public une actrice de trente ans au sommet de sa beauté et de son talent. La maternité a fait d'elle une femme épanouie, resplendissante et apparemment sûre d'elle. C'est grâce à ce long métrage que Claude Sautet découvre la vedette qu'il cherche et qu'il saura utiliser comme personne dans plusieurs de ses réalisations : "Les choses de la vie""Max et les ferrailleurs", "César et Rosalie"installant Romy au panthéon des actrices françaises et l'imposant comme l'égérie radieuse des années 70. C'est lui qui élaborera son personnage définitif : une femme libre ou qui s'efforce de l'être et en qui se reflète l'évolution des moeurs. Et puis il y avait de la part de l'actrice, qui n'était pas exempte de rouerie, une authenticité qui faisait tout passer. Le moment fort de leur collaboration sera  "Une histoire simple",  qui est, par ailleurs, l'oeuvre la plus retorse de ce metteur en scène. C'est un récit sans intrigue réelle où la jeune femme sert de référence à des couples pris dans des tourments affectifs, aggravés de problèmes de statut social. L'actrice trouve là un rôle à sa mesure qui correspond à l'image que le public avait d'elle : non point celle d'une figure mythique comme Marilyn Monroe mais d'une femme qui évoquait à la fois la beauté de la maturité et une certaine liberté d'allure et de comportement qui leur semblait familière et proche.

 



                           romyschneider.jpg

                      
 

C'est probablement avec "L'important, c'est d'aimer" qu'elle ira le plus loin dans un univers crépusculaire qu'elle portait en elle et où elle incarne, sous la direction de Zulawski, une actrice sans envergure et exprime remarquablement sa solitude face à un monde déboussolé et sinistre. Puis elle tournera avec Chabrol  "Les innocents aux mains sales",  mais le courant ne passera pas entre eux et avec Robert Enrico  "Le Vieux Fusil" où, face à un Philippe Noiret remarquable, elle fait une composition d'une grâce bouleversante, avant d'être "La Banquière" de Francis Girod, un film à costumes qui retrace la montée puis la chute d'une femme d'affaires et où Romy se montre séduisante et déterminée. Elle retrouvera aussi le personnage de Sissi dans "Le Crépuscule des dieux", sous la direction de Visconti qui, plus soucieux de la réalité historique, transformera la suave Sissi en une grande dame volontaire et douloureuse.



Malheureusement, sa vie privée n'est pas au diapason de sa réussite professionnelle. Son mariage s'est peu à peu transformé en un conflit permanent où l'alcool joue un rôle maléfique. Aussi demande-t-elle le divorce et va-t-elle prendre plaisir à jouir d'une liberté qui la voit avide d'aventures. D'autant que le succès lui apporte sans cesse de nouveaux rôles qu'elle interprète avec cette flamme dont elle est habitée et qui semble jaillir du plus profond d'elle-même. Un César de la meilleure actrice, puis un second viendront récompenser le travail acharné et le professionnalisme d'une comédienne toujours inquiète de n'être pas à la hauteur de ce que son metteur en scène attend d'elle.

 


Après des années d'errance amoureuse, elle croit avoir trouvé le bonheur auprès de Daniel Biasini, qu'elle avait engagé comme secrétaire et qui deviendra son mari et le père de sa petite Sarah. Mais comme elle l'avoue elle-même : elle ne sait pas garder l'enfant en même temps que le père. Daniel et elle se sépareront peu après la naissance de l'enfant. C'est alors que le suicide du père de David rompt son fragile équilibre. Assaillie de culpabilité, l'actrice renoue avec ses vieux démons et les barbituriques dont on sait qu'ils ne font pas bon ménage avec l'alcool. Et de l'alcool, elle est tentée d'abuser...  Puis survient la mort accidentelle de David qui se perfore l'artère fémorale en escaladant la grille du jardin de ses grands-parents à Saint-Germain-en-Laye. C'est le coup fatal. A cela s'ajoute l'ablation de son rein droit atteint d'une tumeur. Elle tourne encore "La passante du Sans-Souci" avant de tirer sa révérence à l'âge de 43 ans. Moins d'un an après la mort de David... Les épreuves, les barbituriques, l'alcool auront eu raison de sa santé. Mais il nous reste ses films, une soixantaine, le souvenir de sa silhouette, de son pas vif, de son sourire des yeux, de ses larmes, de la grâce de ses gestes, de son rire délicieux et de cette mélancolie toujours présente comme un adieu éternel à la vie.

 

 

Pour prendre connaissance des critiques de films où apparaît Romy, dont "César et Rosalie", "Une histoire simple", "La piscine", "Ludwig ou le crépuscule des dieux" et "Le vieux fusil", cliquer sur les liens ci-dessous : 

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS    

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN   

 

 

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                                      Dean Film 

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans ACTEURS DU 7e ART
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commentaires

http://mypaymentprocessors.com 17/07/2014 13:06

The story of the cinema is so exciting that we feel the story is as if we expect but the real thing is that this is wonderfully pictured with all the twist and story line. To read is a better thing and to see it, this would be awesome.

armelle 11/12/2011 09:08

"Fantôme d'amour" est un film de Dino Risi tourné en 1981 avec Romy dans le rôle titre. Ce film est tiré du roman de Mino Milani " Fantoma d'amore " que je n'aie pas lu mais dont voici l'intrigue
très fidèlement reproduite dans le long métrage de Risi :

"Pavie, fin des années 1970. Nino Monti, un conseiller commercial connu, paie la place de bus d'une femme à l'air misérable et malade qui n'avait pas la monnaie. Le soir même elle le rappelle, et
se présente : Anna Brigatti, qui fut son grand amour de jeunesse. Nino est troublé. Il cherche à la revoir, elle est toujours aussi jeune et belle que celle qu'il a connu. Cette Anna lui dit que la
femme du bus était une vieille cousine à elle, à demi folle. Mais il apprend ensuite qu'Anna est morte quelques années auparavant. Il mène une enquête, voit ses certitudes s'effondrer. Glisse-t-il
doucement vers la folie, ou les fantômes existent-ils ? "

Vous pourrez très facilement vous procurer ce livre sur internet. Et merci de votre fidélité, chère Missycornish.

missycornish 10/12/2011 23:25

Votre article m'a fortement interessé. J'ai remarqué l'affiche de fantôme d'amour avec cette actrice que je viens de découvrir. Il se trouve que j'ai dans ma bibliothèque le roman qui a inspiré le
film avec la même image que l'affiche du film. Je n'ai aucun idèe de l'histoire. Est-ce un bon roman? L'adaptation vaut-elle la peine d'être vu? Vous n'en parlez pas dans votre billet.

Loïc 18/09/2010 10:16

Romy Schneider reste inoubliable et la soirée qui lui a été consacrée sur FRANCE 2 m'a ravi. Il ne faut pas l'oublier.
J'adore ses films.
Passez un bon week-end cinématographique.....

ffred 13/09/2010 18:16

LA plus belle et LA meilleure ! Toujours inégalée dans le cinéma français aujourd'hui.

dasola 10/09/2010 22:50

Bonsoir Armelle, il paraît qu'il y avait un hommage à la télé il y a deux jours, je ne l'ai pas vu. 3 ans après mon commentaire, je redis qu'elle manque beaucoup au cinéma français. Bonne soirée.

the golden gun 06/09/2010 20:49

Le rôle de la princesse Sisi la rendue pas mal célèbre aussi, mais sinon bravo magnifique !!!!

Thérèse 28/05/2010 17:20

Je prends connaissance de ce portrait avec émotion car j'adorais cette actrice.

palilia 04/03/2009 13:54

tu vois Armellej'ai plutôt des chanteurs préférés et des acteurs préférés que des chanteuses ou des actrices ce qui signifie que je suis capable d'acheter un film parce qu'un de mes acteurs préférés y joue dedans sans connaître le film ou acheter un cd sans en connaître les titres pour mes chanteurs préférés. Mais si je ne devais en choisir qu'une parmi les actrices, ce serait vraiment Romy SCHNEIDER. Elle est non seulement magnifique, mais c'est une excellente actrice avec un rayonnement incroyable. Vraiment, je l'admire beaucoup. Je pense qu'elle se démarque des autres. Simone SIGNORET avait un peu ce rayonnement-là.

dasola 03/09/2007 15:01

Moi, je ne m'en suis pas encore remisede la disparition de Romy Schneider. Il faut s'imaginer qu'à l'époque, chaque sortie de film de Romy était un événément. La banquière, par exemple, je me rappelle que toutes les télés de l'époque en parlaient. C'était une star et plus encore. Elle me manque énormément. Déjà 25 ans qu'elle nous a quittés!

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