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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 09:09

                      

 

                                                                        BANDE SONORE


Libre adaptation d'un roman de Marie Desplechin, Sans moi d'Olivier Panchot est un film maitrisé et sensible dans le meilleurs sens du terme. Sans jamais verser dans le mélodrame et sans maladresse, le cinéaste nous dresse le portrait de deux femmes à l'opposé l'une de l'autre que la vie va réunir dans une étonnante intimité psychologique. Alors qu'Anna est prête à aider Lise à stabiliser sa vie, les circonstances vont soudain la confronter à ses propres failles. Le choix des actrices a été particulièrement judicieux, tant elles parviennent à exprimer, avec justesse et finesse, ce qui les sépare. L'une est assurément une paumée, mais une paumée qui a de l'entregent et du panache et que la jeune Clémence Poésy intreprète avec une vitalité débordante et une force de conviction qui l'imposent dès les premières scènes. Face à elle, Yaël Abecassis  joue le rôle d'Anna avec grâce et élégance. Cette jeune mère, qui semble parfaitement s'assumer, contrôler chaque aspect de son existence au point de se sentir en mesure d'aider sa jeune baby-sitter à consolider la sienne, va brusquement découvrir, comme si la jeune femme lui servait de miroir, ses  fragilités, ses zones d'ombre, ses faiblesses. Divorcée, Anna a engagé Lise pour s'occuper de ses deux enfants. Or, celle-ci, a un passé chargé et fait entrer, en même temps qu'elle, dans le monde bien organisé d'Anna, une part de violence et de corruption. Elle va, en quelque sorte, brouiller les repères de celle qui l'héberge. Ainsi le film, comme l'avait fait le livre, décrit-il la confrontation de deux modes de vie, de deux morales, entremêlant respect, apprentissage, entraide, dans un climat délicat de pudeur et de tendresse. Mais, contrairement au roman, le cinéaste s'est attaché davantage au personnage d'Anna, pour la raison qu'il souhaitait se décharger du poids de l'ouvrage littéraire et proposer une perspective radicalement différente. " J'ai décidé très vite - a-t-il dit - d'inverser la proposition du roman : il fallait réinventer la fiction secrète de cette femme. Libre à moi de m'approprier l'intimité du personnage et de la mettre en scène".

 

                      Clémence Poésy et Yaël Abecassis. Haut et Court 

 


Même si les personnages principaux sont des femmes, Olivier Panchot se défend d'avoir réalisé un film féministe ; ce qui comptait, selon lui, était l'authenticité des personnages, l'acuité du regard que l'on posait sur eux.  Je pense - a-t-il dit - aux films de Truffaut, en particulier  "L'histoire d'Adèle H " ou encore " Persona " de Bergman. Je pense aussi à " La leçon de piano " de Jane Campion. Voilà trois trajets de femme d'une force et d'une justesse incroyable. Parmi ces trois films, y aurait-il un film plus féminin ou plus masculin que les autres ?


L'action se situe au coeur d'un Paris que le réalisateur, là encore, a souhaité en symbiose avec ses personnages : " J'ai voulu recomposer un Paris singulier autour de l'appartement d'Anna. Il fallait que la perception des lieux soit en phase avec son état psychique. Nous avons fait en sorte de pouvoir tourner dans des rues étrangement désertées, comme en retrait du monde, tout en étant situées à proximité du parc. Il s'impose alors comme un élément perturbateur, un peu sauvage. Le parc des Buttes Chaumont échappe à la rigueur géométrique des jardins à la française, il est plus accidenté, la végétation semble ici plus libre, moins domestiquée".
Quant à la mise en scène, elle mérite tous nos éloges pour sa fluidité, sa luminosité, ses cadrages subtils, sa chorégraphie, nous offrant des images soignées sans jamais sombrer dans un esthétisme trop conventionnel. Le visage, les attitudes des actrices, quelles que soient les scènes douces ou violentes, sont sublimés et Olivier Panchot sait, à chaque instant, tirer le meilleur parti de leurs mouvements et de leurs expressions. Si bien que l'ensemble de ces qualités fait de ce long métrage une oeuvre attachante, un film ouvragé comme une dentelle, sans être précieux pour autant. 

 

 Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 

                   Clémence Poésy. Haut et Court    Yaël Abecassis. Haut et Court

 

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA FRANCAIS
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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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