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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:11

Sono

 

Sion Sono est connu principalement pour ses film avant-gardistes. Mais il n'est pas seulement réalisateur, il est également poète et scénariste. Né en 1961 à Toyokowa, dès l'âge de 17 ans il commence à se faire remarquer en tant que poète grâce à des  revues telles que The Modern Poem Book et Eureka.

 

Avec son petit chapeau rond et sa barbiche, le cinéaste/poète est devenu, au cours de ces dernières années, l’une des personnalités les plus en vue du paysage culturel japonais, figure de proue de l’identité de la jeunesse qui vénère cet artiste complet, cinéaste de la contre-culture et de la subversion.    


Alors qu'il étudiait à l'Université de Housei, il décide d'abandonner ses études afin de se consacrer pleinement à la réalisation de courts et moyens-métrages. Dans son premier l am Sono Sion !, réalisé en 1985,  l’auteur se filmait en train de réciter ses propres poèmes. S'ensuivit quelques moyens et longs-métrages. En 1986, Sono Sion passe au long métrage avec A Man’s Flower Road qui remporte le Grand Prix du Festival de Pia au Japon. Son film suivant, The Room, fait sensation en 1993 au Festival de Sundance où il remporte le Prix spécial du jury. Le réalisateur enchaîne alors des films caractérisés par leur style «  à l’arraché » et leur vision ironique et cruelle de la société japonaise bridée par ses tabous. En parallèle à ses activités de cinéaste d’avant-garde, Sono Sion poursuit sa carrière de poète éveilleur de conscience et s’érige comme un contre-exemple des dérives obsessionnelles d’une jeunesse qu’il considère en perdition et de plus en plus coupée du réel. En 2001, il fait de nouveau sensation dans les festivals internationaux avec son film Suicide Club qui évoque le phénomène gravissime des suicides collectifs d’une jeunesse japonaise en plein marasme moral et psychique. On y voit une séquence où plusieurs collégiennes se jettent ensemble sous un métro, scène choc s’il en est…

Les dix années qui suivent voient se succéder les films à un rythme record où le mélodrame, la violence, le sexe, les délires surréalistes s’expriment  avec une agressivité qui confine souvent à l’horreur, mais où Sono Sion exprime, sans complaisance, les choix de sa conscience, sa vision des choses et les dérives de notre époque, longs métrages d’où la poésie n’est jamais absente. Son film Cold Fish sur un couple de serial killers sera présenté au Festival du film asiatique de Deauville en 2011 et Himizu, dont il réécrit en quelques jours le scénario, le sera en 2012, tandis que le très beau The Land of Hope fut projeté hier soir 7 mars 2013, à la suite de l’hommage qui lui était consacré devant une salle presque comble.

 

Stéphane du Mesnildot a écrit dans « Les Cahiers du Cinéma » que la caméra de Sono Sion savait saisir l’énergie insoumise de ses personnages, accompagnant leurs courses ou leurs crises de nerfs. Cette énergie – ajoute-t-il – est d’abord négative, comme celle qui circule dans Suicide Club et pousse les adolescents vers la mort. Ce sont les forces noires dont sont emplis les jeunes de Love Exposure et Himizu, poussant l’un vers la recherche frénétique du péché et l’autre vers le meurtre du père tortionnaire. Si la destruction est une étape des films de Sono Sion, elle n’en constitue pas une fin, ce qui l’éloigne du nihilisme. Il est possible d’échapper à la spirale du malheur. Dans Himizu, la jeune fille avait la lourde tâche de convertir en énergie positive l’angoisse existentielle du garçon. Elle y parvenait par la poésie et le langage. Dans The land of hope, alors que les éléments se dérèglent à la suite de la catastrophe nucléaire de Fukushima, l’espoir demeure et la zone interdite devient une sorte de cercle magique où l’amour résiste.

 

Pour consulter ma critique du film Himizu, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

HIMIZU de SONO SION

 

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Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans 15e FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE
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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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