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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 10:08
TELEVISION & CINEMA

 

 

Télévision et cinéma ont, durant toute une période, développé des relations complexes et pour le moins difficiles, mais ont su, au cours des années, s'enrichir mutuellement grâce à la participation de cinéastes de talent et de producteurs avisés. Comme le théâtre, qui avait méprisé le cinéma à ses débuts, ne voyant en lui qu'un art de foire subalterne, le cinéma a longtemps regardé la télévision avec mépris, la considérant comme un art mineur. A ce dédain naturel s'est ajouté un sérieux sujet d'acrimonie propre à des revendications houleuses, car la télévision, dans un premier temps, a vidé les salles obscures. Partout où elle apparaîssait, elle faisait chuter la fréquentation cinématographique dans des proportions si alarmantes que l'on peut comprendre l'inquiétude des cinéastes. Aux Etats-Unis le phénomène survint dès les années 1950 et en Europe à partir de la fin des années 60. A la suite de cette perte de spectateurs, des pays de grande tradition cinématographique comme l'Italie, l'Allemagne, la Grande-Bretagne ont vu leur activité de production se réduire à un point tel que le pire fut envisagé. La situation est différente aujourd'hui car un rééquilibrage s'est effectué sous l'effet de divers facteurs.

 

 

D'abord le facteur économique, car la télévision, grosse dévoreuse de films, a non seulement acheté un certain nombre d'opus mais a investi dans la production cinématographique afin de s'assurer des exclusivités, si bien que les cinéastes ont continué de tourner et de miser sur la création. Ce fut le cas d'Ingmar Bergman avec "Scènes de la vie conjugale" et "Saraband", tout d'abord téléfilms puis films qui lui ont permis de toucher un vaste public et d'asseoir sa renommée internationale. Jusqu'au bout, Bergman avait d'ailleurs contrôlé le format initial des films et leur diffusion. En Italie, vingt-quatre semaines de tournage furent nécessaires pour la saga  "Nos meilleures années" qui mit en boîte six heures de projection d'images et quarante années de l'existence d'une famille italienne entre destins individuels et destins collectifs. Belle aventure qui a fait de ce plaisant  téléfilm un succès cinématographique d'autant plus inespéré que cette oeuvre respecte tout ensemble les canons de la télévision et du cinéma par ses solides exigences artistiques. En France des téléfilms comme "Tous les garçons et les filles", chronique adolescente dans la France provinciale des années 60, ont contribué aux belles heures d'Arte et "Les roseaux sauvages" d'André Téchiné obtint le César du meilleur film et ne comporte que vingt minutes supplémentaires entre sa version télévisée et cinématographique. Ainsi des firmes ont-elles contribué au financement d'oeuvres majeures.  Et cette action fut particulièrement marquée en France grâce à la volonté des chaînes de co-produire des films générateurs d'audience et de consacrer une partie substantielle de leur chiffre d'affaires à l'innovation. Il est vrai  aussi que la télévision devint très vite un média privilégié auprès des enfants et des personnes âgées.

 

 

Au final, une forme de coexistence a fini par s'instaurer entre la télévision et le cinéma, au point d'aller jusqu'à l'hybridation dans certains pays. C'est ainsi que l'on a vu des réalisateurs britanniques comme Ken Loach ou Kenneth Branagh se former à l'école de la télévision. Et il n'est pas rare, en Europe et en Amérique, qu'un réalisateur alterne avec succès téléfilms et films. Ces transferts sont plus rares en France (sauf dans la mouvance de la chaîne Arte) et se limitent le plus souvent aux acteurs. Depuis quelques années, certaines vedettes comme Depardieu n'ont pas dédaigné à se commettre dans des téléfilms. Et il arrive parfois que des animateurs ou des humoristes, que le petit écran a rendu célèbres, se tournent ensuite vers le grand écran comme acteurs ou comme réalisateurs. Ce sont souvent des surgeons de Canal + : les Inconnus, les Nuls, Jamel Debbouze ou Edouard Baer en phase avec la sensibilité des ados.

 

 

Mais plus important encore que ces transferts m'apparaît la contribution de la télévision à la formation d'une culture cinématographique "grand public". Nombre de films n'étaient visionnés autrefois que par  quelques centaines ( voire quelques dizaines ) de milliers de spectateurs, alors qu'ils sont appréciés désormais par des millions de téléspectateurs. Chaque année, ce ne sont pas moins de 7000 films qui sont diffusés par l'ensemble des chaînes du petit écran pour le bonheur d'un public toujours plus large et l'éveil éventuel de nouveaux talents.

 

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TELEVISION & CINEMA

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Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans MES BILANS
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commentaires

armelle 22/10/2012 11:49

Bien d'accord avec toi Gérard, malheureusement certains bons films sont gâchés par l'omniprésence de la publicité sur le petit écran. Quel dommage aussi que l'argent mène la danse même lorsqu'il
s'agit d'art. Ainsi sortent avec une presse racoleuse des navets comme "Tous les espoirs sont permis" et bien d'autres, offense à l'intelligence du public. Malheureusement la sauce prend et l'air
du temps s'en trouve pollué. Bonne journée à toi et Dany. Tes visites me font plaisir et me touchent.

Gérard ROCHER 21/10/2012 20:11

Je suis bien d'accord avec toi pour dire que la télévision est un gros pourvoyeur de films, toutefois mon jugement sera un peu sévère sur différents points au niveau de leur diffusion et de leur
valeur cinématographique. Les rediffusions sont nombreuses sur certaines chaînes et les films plus intimistes s'en trouvent amoindris. De plus, personnellement je ne regarde jamais un film
saucissonné par de la pub car je trouve qu'il s'agit d'une offense faite à l'oeuvre et aux téléspectateurs qui se trouvent perturbés. Canal +, Arte France3 et parfois France 2 parviennent à nous
proposer des films remarquables dont certains rares.
Au niveau du cinéma lui-même le bilan n'est pas florissant. Trop de sorties de films souvent inconséquents et une grosse inégalité dans la répartition des salles. Le racolage est prioritaire à la
culture(indice d'audimat oblige) et bien des gens éloignés des salles d'art et d'essais passent à côté de petits bijoux qui resteront sans lendemain faute de public. Le fric a pris le dessus dans
notre septième art, heureusement nous sommes encore certains à rechercher les perles rares qu'elles soient anciennes ou nouvelles. Tu vois, mon optimisme est en berne sur ce point qui devrait faire
l'objet d'une bonne discussion.
Amitiés

Selenie 10/10/2012 17:53

Je ne parlais, évidemment que des films... Pour le reste il existe un truc génial le replay pour voir des émissions spécifiques.

armelle 08/10/2012 11:00

à Sélénie

Il y a tout de même de très bonnes innovations et séries dont "Les Tudor" et des émissions de qualité comme "Les racines et les ailes" ; également de nombreuses émissions littéraires ou culturelles
sur Arte et la 5 et des films anciens que l'on se plaît à découvrir ou à revoir. Je suis très contente d'avoir la télé malgré ses faiblesses et imperfections, entre autre la pub indigérable la
plupart du temps.

selenie 07/10/2012 19:53

7000 films peut-être mais combien d'inédit ?! De nouveautés ?! voir juste de films plus ou moins rarement diffusés ?!... une grosse majorité sont des films multi-diffusés, vus et revus... La TV est
un outil de plus mais un de ceux dont on peut se passer (moi-même je n'ai plus de télé depuis plus de 5 ans).

palilia 06/10/2012 11:17

Je suis tout à fait d'accord avec Thérèse

Thérèse 03/02/2012 12:47

C'est même dommage que la télévision ne nous passe pas plus de films à l'heure de grande écoute. Et il faut admettre que certains téléfilms sont très réussis. Ce que j'aime, c'est revoir un film à
la télé.Mais la première fois, je préfère aller dans une salle et bénéficier du grand écran. Finalement, l'idéal c'est d'user des deux.

niki 02/02/2012 15:04

un article bien intéressant, armelle :)

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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