9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 09:40

Les Acacias     VIDEO


 
Une jeune et charmante princesse en visite officielle à Rome, lassée
du protocole et des mondanités diplomatiques qui l'assomment, cède à une irrépressible fringale de liberté et s'enfuit de l'ambassade, où elle est reçue, pour gagner les rues de la Ville Eternelle dans l'espoir d'y passer incognito quelques heures de flânerie. Mais la piqûre calmante, que son médecin lui a administrée pour la détendre, produit son effet et elle s'endort sur un banc jusqu'à ce qu'un certain Joe, journaliste de son état, ne la découvre et ne l'emmène chez lui finir la nuit.

A son réveil, la princesse Anne se fait passer pour une pensionnaire fugueuse, mais Joe a eu le temps de l'identifier et profite de cette occasion pour proposer à son journal une interview exlusive qu'il illustrera des clichés de son photographe attitré. Anne va donc vivre une journée exceptionnelle grâce au journaliste américain qui s'offre avec enthousiasme à lui faire visiter la capitale italienne. Nous sommes donc dans un film qui respecte et l'unité de lieu et l'unité de temps, puisque tout se déroule dans Rome que nous découvrons ou redécouvrons avec émerveillement, grâce à la caméra de William Wyler  - et en une seule journée, celle des trop courtes vacances romaines de la princesse.


vacanze-romane-gregory-peck-audrey-hepburn-de-william-wyler.jpg Vacances_romaines_1953_Roman_Holiday_11.jpg

 

Libre de ses mouvements, cette dernière apparaît d'un naturel joyeux et les scènes se succèdent sur un rythme endiablé : scènes délicieuses où elle se fait couper les cheveux, parcourt la ville en scooter avec Joe, se baigne dans le Tibre, se bat contre des kidnappeurs, après qu'elle ait été reconnue par un membre de l'ambassade, enfin la scène où elle et le séduisant américain s'aperçoivent qu'ils se plaisent, avant même que, comme Cendrillon, elle ne soit obligée de le quitter à la hâte pour regagner l'ambassade et ses obligations royales. Bien entendu, Joe renoncera à publier son article et les innombrables photos prises en secret par son associé durant cette folle équipée. Le film s'achève alors que le jeune fille reçoit les représentants de la presse qui ont eu la charge d'assurer les reportages de son séjour dans la péninsule. A sa grande surprise, Joe se tient parmi eux. Ce sera leur dernière entrevue. Joe lui remettra les clichés d'Irving Radovitch, afin qu'elle garde un beau souvenir de leurs moments partagés dans l'allégresse.

 

William Wyler n'a jamais caché que son scénario s'inspirait des démêlés que la princesse Margaret d'Angleterre connaissaient alors avec le beau Peter Towsend. Le sujet initial avait d'ailleurs été écrit par un certain Dalton Trumpo et les droits achetés par Frank Capra dans la perspective d'en faire un film avec pour vedettes Elisabeth Taylor et Gary Grant. Mais le projet étant tombé à l'eau, la Paramount racheta les droits et chargea William Wyler de sa réalisation. Celui-ci envisageait pour interprète principale Jean Simmons, mais la jeune femme étant retenue ailleurs, Wyler finit par jeter son dévolu sur une presque inconnue : Audrey Hepburn. Il lui fit passer un test à Londres et fut aussitôt convaincu qu'il tenait là son héroine. Quant à Grégory Peck, il accepta d'emblée d'assurer le rôle de Joe et insista pour que le nom d'Audrey figure sur le générique avec les mêmes caractères que le sien.

 

Quant au film, il fut entièrement tourné à Rome et non dans les studios de la Paramount. Cela nous vaut de visiter ou revisiter la ville de façon plaisante, le film étant en quelque sorte un reportage inestimable sur la Rome des années 50. Certes, le scénario n'est jamais qu'une bluette, mais il a, entre autre mérite, celui de nous révéler une actrice de premier plan. Audrey, alors âgée de 24 ans, n'était pas encore l'égérie de Givenchy, mais correspondait, de par sa grâce naturelle et sa distinction, à ce personnage d'aristocrate libéré du carcan d'un protocole étouffant qui s'abandonne aux joies de la découverte avec une désarmante spontanéité. Son interprétation lui vaudra l'Oscar de la meilleure actrice et la propulsera d'emblée parmi les célébrités les plus en vue. On sait la carrière éblouissante qui sera la sienne par la suite.


Gregory Peck et Audrey Hepburn sur le tournage de Vacances romaines. Collection Christophe L.

Tourné durant l'été 1952, ce film a également le mérite de nous donner un avant-goût des années 60 toutes proches, avec la vogue des copains, des vespas et scooters, du be-bop, celui même dansé par Audrey au pied du château Saint-Ange, de ce petit quelque chose de désinvolte mêlé de sentiments délicats et d'un soupçon de mélancolie, lors des dernières scènes, qui furent l'apanage des sixties. Cet ensemble de qualités fait de Vacances romaines un film savoureux et romantique, un divertissement agréable, joué avec talent par un couple inoubliable. Il apparait dans l'impressionnante filmographie de William Wyler comme une récréation enjouée, une comédie composée habilement et tournée avec autant de virtuosité que de bonne humeur. Le succès fut immense et immédiat et le film dix fois nominé aux Oscars, record qui n'avait été remporté que par Eve de Joseph L. Markiewicz en 1950.


Pour lire l'article que j'ai consacré à Audrey Hepburn, cliquer sur son titre :   

 

 AUDREY HEPBURN - PORTRAIT

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN, cliquer sur le lien ci-dessous :

 
LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 

vacances-romaines-1953-12-g.jpg

 

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA AMERICAIN & CANADIEN
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commentaires

niki 09/01/2013

comment ne pas être amoureux fou (enfin au féminin en ce qui me concerne) de ce film :D

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