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CINEMA AMERICAIN & CANADIEN

Dimanche 28 avril 2013 7 28 /04 /Avr /2013 09:42

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L'Afrique en 1915. Charles Allmut, un américain, transporte sur son bateau ( davantage radeau que bateau d'ailleurs ) toutes sortes de marchandises qu'il distribue dans les villages congolais. Il profite de son passage dans l'un d'entre eux pour prévenir le révérend Sawyer et sa soeur Rose, tous deux sujets britanniques, de l'approche des troupes allemandes. Mais trop tard, car le Révérend va trouver la mort lors de l'irruption des allemands dans leur village. Revenant sur les lieux le lendemain, le marinier embarque sur son rafiot Rose afin de la mettre en sécurité en la déposant dans un territoire neutre. Contrairement à ce qu'il suppose d'elle, celle-ci ne l'entend pas de cette oreille et va l'obliger  à braver les rapides pour rejoindre les troupes anglaises et couler le navire de guerre allemand qui contrôle le lac voisin.

The African Queen réalisé en 1951 par John Huston est un chef-d'oeuvre et conserve, malgré les années,  un charme inaltérable qui fait et fera encore et longtemps le régal des cinéphiles. Tourné en extérieur durant 8 semaines, il nous fait découvrir des paysages exceptionnels. John Huston tenait à un film en couleurs, ce qui n'était pas sans augmenter les difficultés, et à un tournage en Afrique par souci de réalisme et le réalisme est au rendez-vous, ce qui donne à ce long métrage une véracité et une authenticité captivantes.
 
« En studio, vous truquez les choses, mais en Afrique, au contraire, vous n'avez pas besoin d'imaginer qu'il fait chaud. (...) Il fait si chaud que les vêtements collent à la peau. Et lorsque les gens transpirent, ce n'est pas à l'aide d'un maquilleur. L'Afrique était le seul endroit pour obtenir ce que je cherchais ». - disait-il à juste titre.

Au-delà d'un scénario fort bien troussé par James Agee d'après le roman de  C.S Forester, l'intérêt principal de cet opus n'en réside pas moins dans ce huit-clos d'aventures où s'affrontent deux comédiens hors pair : Katharine Hepburn dans le rôle de Rose et Humphrey Bogart dans celui de Charles Allmut ; l'une en vieille fille pieuse qui, au fil de cette odyssée africaine, va se muer en mauvais garçon qui ne demande qu'à être attendri, et l'autre en ivrogne solitaire et mal embouché qui découvre peu à peu l'amour. Ils forment un duo magistral comme on en a rarement vu. Bogart est étonnant dans ce rôle à contre-emploi qui lui valut le seul Oscar de sa carrière et Hepburn irrésistible de ténacité et de naturel. De tourbillons périlleux en marécages infestés de crocodiles, le périple fera de ces êtres dissemblables d'inséparables complices.
Le tournage fut cependant épique. Tous les membres de l'équipe souffrirent de dysenterie. Sauf Bogart et Huston qui ne buvaient que du whisky.

 

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Par Armelle BARGUILLET - Publié dans : CINEMA AMERICAIN & CANADIEN - Communauté : LA DERNIERE SEANCE
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Jeudi 31 janvier 2013 4 31 /01 /Jan /2013 11:57

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Le film, inspiré d'un roman de Matthew Quick, commence alors que Pat Solatano, trente ans, sort de huit mois d'hôpital psychiatrique pour avoir tabassé l'amant de sa femme, un professeur d'histoire surpris avec elle sous la douche, dans sa propre maison. Ayant tout perdu, maison, travail, épouse, il revient vivre chez ses parents, tous deux assez mal lotis par le sort, son père, sans situation, se plaîsantt à parier sur des matchs de foot afin de tenter de gagner un peu d'argent et d'ouvrir un restaurant, sa mère passant la plus grande partie de ses journées à préparer des petits plats pour régaler les copains de passage. Invité par des voisins, Pat va faire la connaissance de Tifany, une très jeune veuve qui vient d'être virée de sa boîte, parce qu'elle assume trop bien la part érotique de sa personnalité et a couché avec tous les hommes et femmes de son business. Ne parvenant pas à mettre Pat, dès le premier soir dans son lit, la jeune femme va tout faire pour le convaincre de participer avec elle à un concours de danse et, pour y parvenir, car le supposé partenaire se montre récalcitrant, lui proposer de le mettre en relation avec sa femme par le truchement d'une lettre qu'il lui écrirait. Appâté par cette proposition, le supposé participant va accepter le défi. Dès lors, le décor planté, le long métrage ne va pas mettre moins de deux heures pour nous livrer son message qui n'est autre que celui-ci : nous sommes tous les victimes de notre propre folie... En voilà d'une découverte !

 

 

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Dans la banlieue de Philadelphie où  il se  déroule, il est vrai qu'il ne se passe pas grand chose. En dehors du foot, des réunions entre amis pour discuter et parier sur les joueurs, les petits plats mijotés par madame Solatano, c'est la platitude absolue, un monde où chacun vit sa propre démence dans un désert psychologique et culturel total. L'opus ne fait d'ailleurs rien d'autre que de pointer du doigt ce vide abyssal et cette déchéance progressive où plonge une Nation qui ne semble plus avoir ni repère, ni ambition, ni perspective. Si bien que les troubles obsessionnels et compulsifs sont le lot de chacun. Voilà ce que ce film met deux longues heures à nous démontrer, recourant pour cela à des images banales, des dialogues creux, au cours d'une action languissante qui se contente d'alterner les crises de nerfs successives des différents protagonistes. Passionnant ! Cette soi-disant thérapie du bonheur n'a certes pas fait la mienne, ni semble-t-il celle des spectateurs qui se trouvaient hier après-midi dans la salle. Car, quel est le but du metteur en scène David O. Russel, sinon de nous faire partager sa vision négative et bien peu comique du bi-polarisme dans lequel plonge l'Amérique toute entière ? Fallait-il, pour nous en convaincre, ce film affligeant d'ennui où les acteurs eux-mêmes se répètent et qui est terni par le recours aux artifices les plus éculés. Malgré une rythme plus brouillon que convaincant, même un acteur aussi exceptionnel que Robert de Niro en perd le souffle et l'inspiration... La seule à sortir son épingle du jeu est, selon moi, Jennifer Lawrence qui nous séduit lors de quelques rares moments de charme véritable, surtout à la fin où, après une si longue attente, elle nous gratifie d'un court instant de grâce.

En conclusion, beaucoup de bruit pour rien.

 

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Par Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - Publié dans : CINEMA AMERICAIN & CANADIEN - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
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Jeudi 24 janvier 2013 4 24 /01 /Jan /2013 10:06

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Le jour où il revient de l’hôpital après une attaque cardiaque, l’avocat britannique Sir Wilfrid Robarts reçoit la visite de Leonard Vole, élégant homme sans le sou soupçonné du meurtre d’Emily French, une riche veuve brutalement assassinée quelques jours plus tôt. Quand il est révélé que Vole était l’unique bénéficiaire du testament de la victime, Sir Wilfrid cherche à contacter Christine, l’épouse du prévenu, dont le témoignage pourrait le disculper. Mais cette allemande mystérieuse, que Vole a rencontrée à Berlin, loin d’étayer le fragile alibi de son mari, se révèle être un témoin à charge.


A l’origine, The Witness for the Prosecution est une nouvelle qu’Agatha Christie écrivit en 1924 et qu’elle adapta, plusieurs décennies plus tard, pour la scène : la première de la pièce eut en effet lieu en octobre 1953 à Londres, avant d’être montée à Broadway l’année suivante. Devant le succès, les producteurs hollywoodiens ne tardèrent pas à s’y intéresser, d’abord L. B. Mayer, puis Gilbert Miller et, enfin, Edward Small, lequel remporta l’affaire avec l’aide d’Arthur Hornblow Jr. Les deux hommes confièrent la réalisation du projet à Sheldon Reynolds, réalisateur de télévision, mais face à l’ampleur de ce travail, se retournèrent vers Billy Wilder, qui  en  fera la réalisation que l’on sait.


Le tournage ne commença dans les studios Goldwyn qu’en juin 1957, Wilder ayant été entre-temps très occupé par le montage de Love in the Afternoon et par l’élaboration de multiples projets, dont la plupart ne virent jamais le jour. Bien que filmant Love in the Afternoon à Paris, Wilder avait dès août 1956 commencé à tourner quelques plans extérieurs de Witness for the Prosecution , avant même que le casting ne soit définitivement établi. Concernant le casting, et alors que Wilder préférait Kirk Douglas, Small et Hornblow avaient misé sur Tyrone Power. Souffrant de dépression, tant pour sa carrière déclinante que pour sa vie personnelle agitée, celui-ci déclina l'offre. On envisagea alors, pour incarner le couple Vole, une association Ava Gardner - Jack Lemmon, mais Wilder, qui avait, dès le départ, songé à son amie Marlene Dietrich, réussit à la convaincre d’endosser le rôle de Christine. Pour des raisons financières, Small et Hornblow se mirent alors à chercher des noms moins prestigieux, et on évoqua un jeune acteur britannique du nom de Roger Moore… Finalement, celui qui avait été leur premier choix, Tyrone Power, désormais moins dépressif et finalement emballé par le sujet, revint sur sa décision et accepta - contre un salaire faramineux de 300.000 dollars et un pourcentage sur recettes - un rôle qui s’avéra finalement être son dernier, puisqu’il mourut d’une crise cardiaque quelques mois plus tard. Enfin, pour une somme beaucoup plus modeste de 75.000 dollars, le troisième rôle  fut confié à Charles Laughton, dont Billy Wilder était l’ami. Ce troisième choix ré-orientera le travail de réécriture de Wilder et de Harry Kurnitz qui trouvaient la trame de la pièce intéressante, mais les personnages trop superficiels ; indéniablement, Laughton donnera du corps au personnage de Sir Wilfrid, assez différent de celui de la pièce. En effet, l’avocat pensé par Agatha Christie était solide, autoritaire et dynamique ; tandis que le Sir Wilfrid écrit par Wilder et composé par Charles Laughton nous apparaît, dès la première scène, comme un homme âgé, d’un grand esprit mais de santé fragile, qui revient de l’hôpital à la suite d'une attaque. Bien qu’il soit tenu de réduire ses activités professionnelles, l'avocat mettra sa vie en danger pour sauver la tête de Leonard Vole.

 

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Wilder, sous le charme de la composition de son acteur Charles Laughton, ne tarira pas d’éloges, dans ses mémoires, sur la performance et l’investissement phénoménal de ce dernier :

 

« Il est le meilleur acteur avec qui j’aie jamais travaillé (…). En 1958, pendant le tournage de Witness for the Prosecution, tous les soirs à six heures nous restions un moment ensemble, nous nous demandions quelle scène nous tournerions le lendemain et nous fixions le programme. Puis Laughton venait dans mon bureau. Et tout en buvant un verre, il me disait : « la scène que nous allons tourner demain me semble particulièrement importante. J’ai ce monologue. Et il m’est venu une idée. Que diriez-vous de … ». Et il commençait à me jouer la scène. C’était brillant. Lorsqu’il avait fini, je disais : « Bon d’accord, on fait comme ça. » Et après une petite interruption, Laughton reprenait : « Je pense qu’on pourrait aussi… » Et il recommençait à jouer la scène. Dans une version toute différente cette fois, mais encore plus convaincante. Et pour finir il demandait : « Ou bien est-ce qu’on fait ça ? ». Je répondais encore :  "C’est très bien. On tournera comme ça demain." Et je n’exagère rien, cela se répétait jusqu’à ce qu’il m’eût joué vingt versions d’une même scène. Et chacune était un enrichissement, ou représentait tout au moins une variante intéressante par rapport à la précédente. Jusqu’au moment où je lui disais : « Bon, maintenant c’était vraiment la meilleure solution, et c’est comme ça que nous tournerons demain. Ne l’oublie pas ! » Le lendemain matin, peu avant le début du tournage, il venait me trouver, me prenait à l’écart et me disait : « J’ai eu une idée cette nuit. J’ai encore imaginé autre chose. Je crois que ce serait plus efficace. » Il me jouait la nouvelle version. Et il avait raison, c’était encore mieux. Laughton pouvait fouiller dans son talent comme un enfant comblé dans un coffre à jouets qui déborde. »

 

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Il est indéniable que Charles Laughton compose un admirable Sir Wilfrid, mêlant la rigueur et la précision maniaque du brillant avocat à l’espièglerie du bon vivant bravant la mort avec panache. De son propre aveu, Laughton s’était inspiré d’un avocat britannique du nom de Florance Guedella (l’avocat de Dietrich) qui triturait nerveusement son monocle lors de chaque entrevue ; Laughton reprit à son compte ce tic, afin de créer une technique d’interrogation propre à son personnage, qui se plaisait à aveugler son interlocuteur  en manipulant l’objet de façon telle qu’il fasse office de loupe.



Grâce à l’indéfectible amitié entre Laughton et Wilder (ce film fut curieusement leur seule collaboration ), l’ambiance sur le tournage fut très détendue, Elsa Lanchester et Marlene Dietrich se relayant pour concocter à Laughton de nombreux petits plats, les prouesses culinaires de Dietrich faisant dire à Wilder que « les hommes ne toléraient ses jambes qu’à cause de ses talents de cuisinière. » Mais au-delà de ces anecdotes, Wilder fut frappé par la profondeur de l’investissement de Marlene Dietrich, qui se mit à jouer « comme si toute sa carrière en dépendait. » On peut comprendre que le rôle de Christine Vole ait été pour elle un défi passionnant car assez éloigné de ses rôles précédents. Ne lui offrait-il pas l’occasion de brouiller son image de froide manipulatrice en explorant des facettes plus complexes de sa personnalité. Dans un premier temps, fidèle à cet archétype de la blonde fatale, sa première réplique sera - « Je ne m’évanouis jamais car je ne suis pas certaine de tomber avec grâce, et je n’utilise jamais de sels car ils me font gonfler les yeux » - réplique qui la montre conforme à son image de femme calculatrice, distante, implacablement dépassionnée, rôle qu’elle avait peu ou prou déjà tenu pour Wilder dans La Scandaleuse de Berlin, avant que le personnage de Christine ne se fissure, nous livrant soudain une facette émotionnelle dans laquelle la comédienne apparait plus que convaincante, extrêmement émouvante. Dietrich s’impliqua également dans la composition d’un autre rôle essentiel à l’intrigue, en cherchant à devenir une « cockney » crédible et en se modelant un faux nez avec l’aide d’Orson Welles, ou en travaillant son accent avec Charles Laughton et Noel Coward, obtenant un résultat saisissant - à tel point que certains peinent aujourd’hui encore à croire qu’il s’agit bien d’elle. L’actrice considérait cet emploi comme l’accomplissement de sa carrière, si bien qu’elle fût fort déçue qu’un concert de louanges n’ait pas lieu, le public de l’époque ayant probablement été surpris et désorienté de la voir dans la peau d’un personnage qui ne lui correspondait pas.

 

Au final, le metteur en scène nous livre un film de grande qualité, dont le suspense se maintient jusqu’au bout et que les acteurs magnifient par un jeu très concentré mais non dépourvu d’humour. Le noir et blanc ne fait qu’accentuer une atmosphère lourde et idéalement londonienne. Détail amusant : c’est la femme de Charles Laughton qui joue son infirmière dans l’opus. Bien sûr, on pense à Hitchcock dont le style est proche et on applaudit avec enthousiasme à cette variation sur le thème du mensonge et  de la mystication.

 

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Par Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - Publié dans : CINEMA AMERICAIN & CANADIEN - Communauté : LA DERNIERE SEANCE
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Mercredi 9 janvier 2013 3 09 /01 /Jan /2013 09:40

Les Acacias     VIDEO


 
Une jeune et charmante princesse en visite officielle à Rome, lassée
du protocole et des mondanités diplomatiques qui l'assomment, cède à une irrépressible fringale de liberté et s'enfuit de l'ambassade, où elle est reçue, pour gagner les rues de la Ville Eternelle dans l'espoir d'y passer incognito quelques heures de flânerie. Mais la piqûre calmante, que son médecin lui a administrée pour la détendre, produit son effet et elle s'endort sur un banc jusqu'à ce qu'un certain Joe, journaliste de son état, ne la découvre et ne l'emmène chez lui finir la nuit.

A son réveil, la princesse Anne se fait passer pour une pensionnaire fugueuse, mais Joe a eu le temps de l'identifier et profite de cette occasion pour proposer à son journal une interview exlusive qu'il illustrera des clichés de son photographe attitré. Anne va donc vivre une journée exceptionnelle grâce au journaliste américain qui s'offre avec enthousiasme à lui faire visiter la capitale italienne. Nous sommes donc dans un film qui respecte et l'unité de lieu et l'unité de temps, puisque tout se déroule dans Rome que nous découvrons ou redécouvrons avec émerveillement, grâce à la caméra de William Wyler  - et en une seule journée, celle des trop courtes vacances romaines de la princesse.


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Libre de ses mouvements, cette dernière apparaît d'un naturel joyeux et les scènes se succèdent sur un rythme endiablé : scènes délicieuses où elle se fait couper les cheveux, parcourt la ville en scooter avec Joe, se baigne dans le Tibre, se bat contre des kidnappeurs, après qu'elle ait été reconnue par un membre de l'ambassade, enfin la scène où elle et le séduisant américain s'aperçoivent qu'ils se plaisent, avant même que, comme Cendrillon, elle ne soit obligée de le quitter à la hâte pour regagner l'ambassade et ses obligations royales. Bien entendu, Joe renoncera à publier son article et les innombrables photos prises en secret par son associé durant cette folle équipée. Le film s'achève alors que le jeune fille reçoit les représentants de la presse qui ont eu la charge d'assurer les reportages de son séjour dans la péninsule. A sa grande surprise, Joe se tient parmi eux. Ce sera leur dernière entrevue. Joe lui remettra les clichés d'Irving Radovitch, afin qu'elle garde un beau souvenir de leurs moments partagés dans l'allégresse.

 

William Wyler n'a jamais caché que son scénario s'inspirait des démêlés que la princesse Margaret d'Angleterre connaissaient alors avec le beau Peter Towsend. Le sujet initial avait d'ailleurs été écrit par un certain Dalton Trumpo et les droits achetés par Frank Capra dans la perspective d'en faire un film avec pour vedettes Elisabeth Taylor et Gary Grant. Mais le projet étant tombé à l'eau, la Paramount racheta les droits et chargea William Wyler de sa réalisation. Celui-ci envisageait pour interprète principale Jean Simmons, mais la jeune femme étant retenue ailleurs, Wyler finit par jeter son dévolu sur une presque inconnue : Audrey Hepburn. Il lui fit passer un test à Londres et fut aussitôt convaincu qu'il tenait là son héroine. Quant à Grégory Peck, il accepta d'emblée d'assurer le rôle de Joe et insista pour que le nom d'Audrey figure sur le générique avec les mêmes caractères que le sien.

 

Quant au film, il fut entièrement tourné à Rome et non dans les studios de la Paramount. Cela nous vaut de visiter ou revisiter la ville de façon plaisante, le film étant en quelque sorte un reportage inestimable sur la Rome des années 50. Certes, le scénario n'est jamais qu'une bluette, mais il a, entre autre mérite, celui de nous révéler une actrice de premier plan. Audrey, alors âgée de 24 ans, n'était pas encore l'égérie de Givenchy, mais correspondait, de par sa grâce naturelle et sa distinction, à ce personnage d'aristocrate libéré du carcan d'un protocole étouffant qui s'abandonne aux joies de la découverte avec une désarmante spontanéité. Son interprétation lui vaudra l'Oscar de la meilleure actrice et la propulsera d'emblée parmi les célébrités les plus en vue. On sait la carrière éblouissante qui sera la sienne par la suite.


Gregory Peck et Audrey Hepburn sur le tournage de Vacances romaines. Collection Christophe L.

Tourné durant l'été 1952, ce film a également le mérite de nous donner un avant-goût des années 60 toutes proches, avec la vogue des copains, des vespas et scooters, du be-bop, celui même dansé par Audrey au pied du château Saint-Ange, de ce petit quelque chose de désinvolte mêlé de sentiments délicats et d'un soupçon de mélancolie, lors des dernières scènes, qui furent l'apanage des sixties. Cet ensemble de qualités fait de Vacances romaines un film savoureux et romantique, un divertissement agréable, joué avec talent par un couple inoubliable. Il apparait dans l'impressionnante filmographie de William Wyler comme une récréation enjouée, une comédie composée habilement et tournée avec autant de virtuosité que de bonne humeur. Le succès fut immense et immédiat et le film dix fois nominé aux Oscars, record qui n'avait été remporté que par Eve de Joseph L. Markiewicz en 1950.


Pour lire l'article que j'ai consacré à Audrey Hepburn, cliquer sur son titre :   

 

 AUDREY HEPBURN - PORTRAIT

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 

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Vendredi 16 novembre 2012 5 16 /11 /Nov /2012 11:25

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Lorsque la dernière mission de Bond tourne mal, plusieurs agents infiltrés se retrouvent exposés dans le monde entier. Le MI6 est attaqué, et M ( Judy Dench ) est obligée de re-localiser l’Agence. Ces événements ébranlent son autorité, et elle est remise en cause par Mallory, le nouveau président de l’ISC, le comité chargé du renseignement et de la sécurité. Le MI6 est à présent sous le coup d’une double menace, intérieure et extérieure. Il ne reste à M qu’un seul allié de confiance vers qui se tourner : Bond. Plus que jamais, 007 va devoir agir dans l’ombre. Avec l’aide d’Eve, un agent de terrain, il se lance sur la piste du mystérieux Silva, dont il doit identifier coûte que coûte l’objectif secret et mortel…

 

Le film s'ouvre sur une course poursuite bluffante qui nous met d'emblée dans l'ambiance de cette vingt-troisième édition de l'indémodable et incontournable OO7 qui, avec ce dernier opus, renaît de ses cendres après que Quantum of Solace ait quasiment signé sa disparition définitive. Mais le James Bond de Skyfall, sous les traits d'un Daniel Craig plus déterminé que jamais, a changé et ne cache plus ses failles et ses faiblesses. Il a vieilli, mais surtout mûri et, avec cette nouvelle aventure, se refait une santé psychologique en même temps qu'il prend  davantage d'épaisseur. Mis en scène et en images de façon particulièrement esthétique et efficace, le film est une prouesse technique qui relègue les autres films du genre aux oubliettes. Tout est fait pour qu'à aucun moment l'attention du spectateur ne se relâche, aussi Sam Mendes n'a-t-il lésiné sur aucun moyen de parvenir à son but, servi par une bande son de Thomas Newman aussi percutante que les images. Jusqu'alors la mort avait toujours épargné Bond, mais cette fois elle l'atteint de plein fouet et s'il remonte à la surface des eaux qui l'ont englouti, c'est en homme nouveau plus sombre et tourmenté mais, au final, plus pugnace encore. Tout n'est-il pas à recommencer après que les services secrets l'ait remisé parmi les disparus et ce flirt avec la mort n'est-il pas le meilleur moyen de réanimer un mythe devenu chancelant ?  C'est là l'intelligence de Sam Mendes d'être revenu aux sources et aux fondamentaux et de se montrer plus fidèle que ses prédécesseurs à la création romanesque de ce personnage par Ian Fleming.  

 

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Dès le début, Ian Fleming rompt avec les figures traditionnelles de l'agent secret au service de Sa Majesté, le fonctionnaire couleur muraille ou bien le colonial désenchanté qui peuplent alors la littérature d'espionnage britannique. Pour contraster avec ces figures trop pâlottes, il entend créer un personnage flamboyant, à la fois homme du monde et justicier impitoyable, capable de déboucher une bouteille de champagne tout en abattant un ennemi d'une balle de pistolet. Au point que ce personnage frise la caricature à force d'être trop parfait, même s'il reste plus nuancé qu'au cinéma.

 

Ce que l'on sait moins, c'est qu'il fut inspiré à l'auteur par un agent double d'origine yougoslave qui intoxiqua l'Abwehr lors de la seconde Guerre mondiale et dont le nom était Dusko Popov ( 1912 - 1981 ) Cet agent finira sa vie dans une belle bastide de la campagne cannoise après être devenu un sujet de George VI et avoir été décoré de l'ordre de l'Empire britannique. Ainsi arrive-t-il à la vie de faire son cinéma...

 

Quant à nous, spectateurs de Skyfall, nous sommes loin des pirouettes de Roger Moore avec ce Bond sorti des enfers du doute et qui commence à se poser des questions sur le sens de sa vie, renouant avec son passé et revenant à son point de départ : le manoir écossais de son enfance perdu sur une lande désolée où il a donné rendez-vous à l'inquiétant Raoul Silva, l'ange noir aux cheveux blonds campé par un Javier Bardem inattendu et inquiétant. D'Istambul, en passant par un Shanghai nocturne et ses cages de verre qui ne sont pas sans rappeler un célèbre film d'Orson Welles et par Macao, sans oublier le décor fantôme d'une île perdue du Pacifique et le métro londonien, nous naviguons dans une suite de décors surréalistes et d'une grande beauté mis en scène avec une précision et un sens étonnant de la lumière. Une réalisation parfaite qui renoue avec le bel ouvrage made in USA.

 

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Par Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - Publié dans : CINEMA AMERICAIN & CANADIEN - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • LA PLUME ET L'IMAGE
  • acteurs réalisateurs 7e art festival du film asiatique de Deauville
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

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LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
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