Quantcast

LES REALISATEURS DU 7e ART

Mercredi 8 mai 2013 3 08 /05 /Mai /2013 10:27

Brigitte Fossey et René Clément. Collection Christophe L. 

 

 

Au début de 1946, la production cinématographique avait repris un cours normal après les années de guerre et on ne recensait pas moins de 96 films à son actif, si bien que les studios se trouvaient être déjà trop peu nombreux et exigus. C'est durant les mois qui suivirent la Libération que se révéla René Clément. Le metteur en scène venait à peine de dépasser la trentaine et de réaliser La bataille du rail, que lui avait commandé la Coopérative du film français. Les images de Clément apparurent, dès les premiers visionnages, d'une qualité telle, qu'il fût décidé de transformer le court métrage en film avec l'appui de la SNCF et l'aide de la Commission militaire nationale. La maitrise technique et la rigueur de style de l'auteur permirent à cette oeuvre de s'imposer comme l'une des meilleures sur la Résistance française, nous montrant l'héroïsme et les sacrifices individuels des gens du rail, en même temps que la lutte des cheminots dans sa globalité, sans idéologie claironnante. Certes, le film n'égalait pas Paisade Robert Rossellini sur la Résistance italienne, mais il bénéficiait d'une incontestable ampleur épique et prouvait que son metteur en scène possédait le sens du montage et des détails saisissants.

 

Le film suivant Au-delà des grilles ( 1948 ) avec Jean Gabin ne reçut pas l'accueil qu'il pouvait espérer et il fallut attendre Jeux interdits ( 1951 ) pour que René Clément donne vraiment la mesure de son talent. Jeux interdits, Lion d'or au Festival de Venise en 1952 et Oscar du meilleur film étranger à Hollywood en 1953, doit son impact à l'évocation du drame de l'exode et à l'histoire bouleversante de deux enfants qui tentent de sauvegarder une part de leur innocence face aux jeux absurdes de la guerre et à l'incompréhension et froideur du monde adulte. "La prison, l'aliénation commencent dès l'enfance" -  dira René Clément, s'accordant sur ce point avec Luigi Comencini, qui traitera ce thème tout au long de sa carrière. Le sujet était difficile et le mérite de Clément est d'avoir évité un sentimentalisme larmoyant et donné une vision juste et émouvante de l'univers poétique de l'enfance aux prises avec les horreurs de la guerre, servi par la guitare de Narciso Yepes.


On y découvre une petite fille de cinq ans qui, sur les routes encombrées de l'exode, voit son père, sa mère et son petit chien mourir à ses côtés, tués par les raids aériens allemands. Alors qu'elle erre seule dans la campagne, son chien mort dans les bras, elle rencontre un garçon de onze ans, Michel, dont la famille accepte de la recueillir momentanément. Avec Michel, son complice, elle va enterrer son chien et créer un cimetière pour les animaux morts, jeu macabre au cours duquel les deux enfants essaient d'apprivoiser la mort et de lui prêter une dimension plus humaine. Jusqu'au jour où des gendarmes viendront chercher la petite Paulette et la conduiront au centre des réfugiés, la perdant une fois encore parmi les autres, séparée à jamais de son compagnon de jeux.

 

Le film suscita une immense émotion, probablement parce qu'il n'y avait pas de façon plus frappante que de montrer la guerre, et ce qu'elle engendre, à travers des regards d'enfants. L'interprétation de Brigitte Fossey, dont c'était la première apparition à l'écran, y est pour beaucoup. Son naturel, sa sensibilité, sa sincérité touchante prouvent à quel point elle fut admirablement dirigée par son metteur en scène. La direction d'acteurs n'était d'ailleurs pas une des moindres qualités de René Clément.


Née à Tourcoing en 1946, elle fut choisie parmi beaucoup d'autres enfants de son âge pour incarner le rôle de Paulette. Son jeu intense et dramatique impressionna le public et la critique et il vrai qu'elle porte le film de façon extraordinaire pour une si petite fille. Eloignée des studios le reste de son enfance et durant son adolescence par ses parents, elle renoua avec le cinéma en 1966 en acceptant le rôle romantique d'Yvonne de Galais dans Le grand Meaulnes de Jean-Gabriel Albicocco, inspiré du roman d'Alain-Fournier,  ensuite sa carrière ne cessa de s'approfondir au cinéma comme à la télévision  ( Le château des oliviers )  et au théâtre.

 

             Brigitte Fossey. Collection Christophe L.     Jacques Perrin & Brigitte Fossey. Collection Christophe L.

 

Quant à Georges Poujouly, qui interprétait avec une gravité étonnante le petit Michel de Jeux interdits,il naquit à Garches en 1940 et mourut d'un cancer en octobre 2000. Remarqué par René Clément lors d'un casting, il obtint, par la suite, des rôles assez secondaires dans  Nous sommes tous des assassins de Cayatte et  Ascenseur pour l'échafaud de Louis Malle et fit des apparitions à la télévision dans divers feuilletons, dont Par quatre chemins ( 1967 ), aux côtés de Marlène Jobert.

 

Mais revenons à René Clément. Après Jeux interdits, il réitéra trois ans plus tard avec un second chef-d'oeuvre : Monsieur Ripois ( 1954 ), inspiré d'un roman de Louis Hémon, dont le sujet est l'étude du mensonge et de la mythomanie chez un jeune français exilé dans la capitale anglaise et qui, marié à une femme riche, veut en séduire une autre. Gérard Philipe y sera un Monsieur Ripois séduisant et veule, instinctif et calculateur, l'un de ses meilleurs rôles au cinéma. Ce film ambigü et original, où l'on ne sait jamais très bien quand le héros dit vrai et quand il ment,  nous peint de façon sobre et détachée l'univers de prédilection de René Clément, secret caché sous la vérité ou mensonge des apparences, homme prisonnier de lui-même, travaillé inéluctablement par les forces de son propre destin. Il y a des barreaux partout... Sur cette idée fondamentale d'un déterminisme humain, Clément rejoint Yves Allégret et Henri-Georges Clouzot, ses contemporains. A la suite de ce film, il y aura encore Gervaise  ( 1956 ) inspiré de l'Assomoir de Zola, où les personnages du Second Empire, plongés dans l'enfer de la condition ouvrière et de l'alcoolisme, souffrent du même empêchement que Monsieur Ripois et les enfants de Jeux interdits, puis  Barrage contre le Pacifique ( 1958 ) d'après le roman de Marguerite Duras, où une famille de petits colons est prisonnière de l'océan, de l'espace et de ce qu'elle croit être sa liberté - enfin Plein soleil ( 1960 ), Les félins ( 1963 ) avec Alain Delon et Jane Fonda et  Paris brûle-t-il  ( 1965 ). Bien que souvent controversé et considéré par certains comme un excellement technicien et un médiocre artiste, René Clément tient une place importante dans l'histoire du cinéma français et se révéla être un découvreur de talents, choisissant ses interprètes, ses scénaristes, avec un instinct infaillible. On lui doit quelques grands moments de cinéma et notre reconnaissance pour avoir été l'un des fondateurs de l'Institut des Hautes Etudes Cinématographiques ( IDHEC ). Il mourut à Monte-Carlo en mars 1996. 

 

Pour lire les articles consacrés à Jean Gabin, Gérard Philipe et aux Réalisateurs, cliquer sur leurs titres :
JEAN GABIN       GERARD PHILIPE        LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

 Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, dont Plein soleil, cliquer sur le lien ci-dessous :  

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS



 

 

 

 Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr     

 

Par Armelle BARGUILLET - Publié dans : LES REALISATEURS DU 7e ART - Communauté : LA DERNIERE SEANCE
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 17 avril 2013 3 17 /04 /Avr /2013 10:44

 Océan Films   

 

Né à Shanghaï le 17 juillet 1958, Wong Kar-wai suit sa famille à Hong-Kong où son père est directeur d'hôtel et entreprend des études à l'école polytechnique de la ville avant de se tourner vers une carrière artistique et de devenir assistant de production à la télévision, puis assistant producteur et scénariste de téléfilms et de séries télévisées.
C'est en 1988 que, formé pendant quelques années dans le sérail, il réalise son premier film As Tears Go by et que celui-ci est présenté à la semaine de la Critique à Cannes, mais jugé trop violent par les Occidentaux.  Nos années sauvages ( 1990 ), son second opus, sera un échec commercial, malgré ses qualités évidentes, et la seconde partie ne parviendra jamais à être montée, faute de dividendes. Avec  Les cendres du temps( 1994 ), Wong Kar-wai s'attaque à une grande fresque historique qu'il ne lui demandera pas moins de deux années de travail et pour laquelle il usera de chorégraphies et de scènes de combats d'une extrême précision, en même temps qu'il affichera un casting prestigieux, ce qui lui méritera d'être présent à Venise et d'obtenir le prix de la Meilleure photo. Un grand pas est franchi.


18855461_jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20070907_051816.jpg  Wong Kar-wai


Epuisé par le tournage, le réalisateur décide de revenir à l'essence du cinéma et de filmer simplement des personnages dans le Hong Kong de son enfance, caméra à l'épaule. Le résultat en sera  Chungking Express,  un succès populaire qui le révèle enfin à un public international. Avec Happy Together( 1997 ),  tourné en Argentine, il remporte le Prix de la mise en scène à Cannes, mais crée le scandale en Asie où l'homosexualité est encore un sujet tabou.  In the mood for love  ( 2000 ), son septième film, touche à la magie. Le succès sera considérable et verra l'acteur principal - Tony Leung - couronné par le Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes de la même année. Sans rien dévoiler d'intime, le film dégage une sensualité intense et nous conte une histoire d'amour magnifiée comme rarement sur grand écran. Un chef-d'oeuvre absolu qui consacre son auteur comme l'un des maîtres du cinéma international et le plus grand du continent asiatique, capable de séduire le public dès ses premières images. Son romantisme désenchanté fait merveille et parait sans équivalent dans le 7e Art contemporain, un style qu'il développe avec son chef opérateur Christopher Doyle.


in-the-mood-for-love-00-09-g.jpg    In the mood for love


En prise directe avec la réalité, Wong Kar-wai  inaugure une sorte de romantisme urbain qui privilégie les personnages à l'histoire et se voit en quelque sorte dicté par les contraintes techniques qu'il rencontre. Il s'en explique :

" A Hong Kong, nous n'avons ni le temps, ni l'espace, ni les moyens de tourner autrement que la caméra à l'épaule ou en grand angle. Notre style n'a pas de considération esthétique. Notre style, ce sont les contraintes qui le créent. Peu d'argent, peu de temps pour filmer dans les lieux publics ".

Et, néanmoins, ce style fascine par la beauté nuitée des prises de vue, les éclairages qui rappellent ceux du peintre Le Nain et la passion de l'auteur pour le moindre détail et les toilettes féminines. Certains iront jusqu'à lui reprocher ce fétichisme ... Je ne m'en plaindrai pas, trouvant à chacun de ses films une puissance d'évocation rare, une virtuosité formelle et un goût de la séduction qui ne cessent de m'envoûter. Je crois ne pas être la seule.
Conforté par l'immense succès de In the mood for love, le cinéaste produit en 2004  "2046," qui reprend le même thème, sans parvenir à atteindre tout à fait  l'enchantement du précédent, mais où il renoue avec la quintessence de son art, véritable polyphonie amoureuse sur l'éclatement du temps à partir des souvenirs d'un séducteur qui recherche la femme dans toutes les femmes, ce, avec son acteur de prédilection Tony Leung et deux actrices magnifiques : Gong Li et Zhang Ziyi.


Océan Films     The-Grandmaster-Affiche-France


De même que l'on reprochera à son dernier opus  My blueberry nights ( 2007 ) d'être empreint de maniérisme et de laisser s'enliser une histoire trop convenue, comme s'il ne parvenait plus à sortir d'un exercice de style devenu vain car trop répétitif. Ce qui est aussi ridicule que si l'on reprochait à un grand écrivain d'écrire toujours le même livre. Alors qu'il faut considérer que le cinéaste indique ainsi, de façon elliptique, l'importance de la narration en images comme en mots, et interroge le cinéma sur ses capacités à jouer avec ses infinies possibilités expressives. Si bien que chacune de ses oeuvres n'est finalement qu'une nouvelle variation sur un sujet identique : une mélodie qui dessine avec le temps un tableau à chaque fois plus riche, plus complet et plus intemporel.

Wong Kar-wai présidera le jury du Festival de Cannes en 2006 et deviendra ainsi le premier réalisateur chinois à bénéficier de cet honneur. La même année lui sera remise par le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres la médaille de Chevalier dans l'ordre national de la légion d'honneur.

Aujourd'hui, il nous revient avec un film sublime The Grandmaster qui lui a demandé trois années de travail et qui, sans nul doute, l'installe définitivement sur les cimes du 7e Art.

 

 

Pour lire les articles consacrés à Gong Li, Tony Leung et aux Réalisateurs, cliquer sur leurs titres :


GONG LI - PORTRAIT      TONY LEUNG CHIU WAI        LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA  ASIATIQUE, dont "In the mood for love", "Blueberry nights" et "The grandmaster" cliquer sur le lien ci-dessous :  

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE



Norah Jones. Mars Distribution    My blueberry nights



Par Armelle BARGUILLET - Publié dans : LES REALISATEURS DU 7e ART - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mardi 9 avril 2013 2 09 /04 /Avr /2013 10:05

                  Collection Christophe L.  Ciné Tamaris 

 

LA CINEMATHEQUE REND ACTUELLEMENT HOMMAGE A CE REALISATEUR. "LA PLUMET ET L'IMAGE" S'Y ASSOCIE.

 

Après avoir été l'auteur de plusieurs courts métrages, Jacques Demy, qui avait reçu une formation de technicien et était passé par l'école des Beaux-Arts, réalise son premier long métrage en 1960. Tourné à Nantes et dédié à Max Ophüls, Lola  est l'un des films les plus beaux de la Nouvelle Vague, grâce à la photographie lumineuse de Raoul Coutard et à la musique radieuse de Michel Legrand, film où s'enlacent les destins de plusieurs personnages autour de la séduisante Lola ( Anouk Aimée ). L'année suivante, Demy s'attaque à  La baie des anges, descente dans l'enfer du jeu autour de la personnalité ambiguë et volontiers perverse de Jeanne Moreau qui ne connaîtra pas le même succès que le précédent. En 1964,  Les parapluies de Cherbourg, dont les dialogues sont chantés, surprend et enthousiasme par son harmonie et son efficacité émotionnelle. Demy y traite des choses sur lesquelles le temps a le plus de prise : les sentiments et les gens fragiles. Aucun autre de ses films n'obtiendra un accueil aussi chaleureux et autant de récompenses ( Prix Louis Delluc, Palme d'or à Cannes, nomination aux Oscars ). L'enchantement tenait pour une grande part à la musique de Michel Legrand, à la beauté d'une débutante délicieuse Catherine Deneuve, à l'irréversibilité des événements. Et la chance voulut que cet enchantement soit encore présent dans Les demoiselle de Rochefort,  film où Demy réalise son rêve d'une vraie comédie musicale à l'américaine avec tous les ingrédients : scènes chantées et dansées, comédie, romance, couleurs chatoyantes et distribution éclatante avec, aux côtés de Catherine Deneuve et Françoise Dorléac, deux danseurs américains de renommée internationale : George Chakiris  l'un des héros de West Side Story et Gene Kelly, l'inoubliable vedette de Chantons sous la pluie et d' Un américain à Paris. Avec ce dernier opus, Demy poursuivait un thème qui lui était cher : le couple idéal réuni par le hasard.

 

Portrait_Demy_2.jpg

 


Désormais, au sommet de sa réputation, le cinéaste peut augurer d'une suite de carrière confortable. Or, il n'en sera rien.  Model shop  ( 1968 ), réalisé aux Etats-Unis, semble préfigurer une suite à Lola, avec quelque chose d'une réflexion plus amère, dans la lignée de La baie des anges. Mais le film, mal distribué, sera un échec. Revenu en France, Demy tourne  Peau d'âne  ( 1970 ) avec son actrice fétiche Catherine Deneuve, un conte plein de charme et de poésie qui, à la façon de Cocteau, joue sur deux tableaux : d'un côté fable pour enfants, de l'autre variation polissonne, qui saura captiver le public.

 
L'année suivante, il entreprend un nouvel opus avec  Le joueur de flûte  ( 1972 ), beau film inspiré par la légende d'un charmeur de rats, interprété par le chanteur Donovan, où il cerne métaphoriquement le rôle de l'artiste face aux compromissions des hommes. Mais, pour des raisons obscures, ce film ne bénéficiera que d'une diffusion confidentielle et les années 60 se révèleront très difficiles pour le réalisateur.

 
Après l'insuccès d'une comédie à demi réussie L'événement le plus important depuis que l'homme a marché sur la lune, Demy doit accepter de travailler à deux oeuvres de commande, dont le résultat, sans être indigne de son talent, ne recueillera pas l'audience souhaitée : Lady Oscar ( 1978 ), adaptation raffinée d'un roman feuilleton historique qui se déroule dans le décor naturel du château de Versailles et La naissance du jour ( 1980 ) d'après Colette, destiné à la télévision.

En 1982, il revient à Nantes et se consacre à un ancien projet Une chambre en ville ( 1982 ). Cette histoire d'amour tragique sur fond de lutte des classes intégralement chantée ( musique de Michel Colombien ) sera un terrible échec commercial, malgré le soutien unanime de la critique. Parking ( 1985 ), variation sur le mythe d'Orphée souffrira, quant à lui, d'un casting contestable et, le vent ayant tourné, le public versatile se détachera de celui qui l'avait tant de fois enchanté. Avec Trois places pour le 26 ( 1988 ), il met en scène son dernier long métrage auprès d'un Yves Montand au faîte de sa carrière et ce film, malgré ses qualités musicales, ne suscitera qu'un succès d'estime. Sachant sa mort prochaine, sa femme Agnès Varda lui consacre un émouvant hommage avec Jacquot de Nantes, histoire de sa jeunesse et de sa passion pour le cinéma et la musique. Il décédera quinze jours après la fin du tournage le 27 octobre 1990 du sida, à l'âge de 59 ans.


Pour consulter les critiques des films du cinéaste, cliquer sur leurs titres :

 

PEAU D'ANE de JACQUES DEMY             LOLA de Jacques DEMY      

 

LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT de JACQUES DEMY

   

 

                                       TF1 Films Production  

         00002190_lrg.jpg FA_image_00014947.jpg

 

Par Armelle BARGUILLET - Publié dans : LES REALISATEURS DU 7e ART - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Vendredi 29 mars 2013 5 29 /03 /Mars /2013 09:36

Nanni-Moretti-n-aime-pas-The-Artist_portrait_w532.jpg

 


Né à Brunico en 1953, Nanni Moretti est actuellement l'une des personnalités les plus éminentes du cinéma italien. A l'adolescence, ses études secondaires terminées, il se partage entre deux passions : le water-polo et le 7e Art. Très vite, il se met en tête de devenir acteur et réalisateur, de vivre sa vie à tour de rôle, ou de façon concomitante, devant et derrière la caméra car, le plus souvent, il se mettra en scène lui-même.

 

Dès ses débuts vont alterner les interrogations personnelles et intimes et les questionnements d'ordre politique, Moretti s'étant engagé dans ce domaine dès sa prime jeunesse. Son premier long métrage Je suis un autarcique  date de 1976. Il y annonce la couleur et affiche déjà ses positions morales et politiques avec une ironie mordante à l'égard d'un certain gauchisme. Toujours est-il que ce premier ouvrage attire l'attention des critiques et va lui permettre d'en produire un second dans la foulée Ecce Bombo, en 1978, qui raconte les rapports difficiles d'un étudiant avec son entourage.

 

Il y aborde, de façon frontale, l'exacerbation du moi au travers d'un dédoublement acteur/réalisateur et le personnage de Michele, protagoniste que l'on retrouvera par la suite dans plusieurs de ses films comme son double, variation sur un personnage unique, projection cinématographique de Nanni Moretti lui-même, à mi-chemin entre l'introspection autobiographique et l'invention pure et simple. Qu'il soit membre d'une troupe de théâtre, étudiant, cinéaste, professeur de lycée ( Bianca ),  prêtre ( La messe est finie ), homme politique jouer de water-polo ( Palombella rossa ), c'est encore et toujours le cinéaste qui se questionne tout en questionnant le public.

 

Grâce à sa maison de production fondée en 1986, il va également produire et promouvoir de jeunes talents comme Luchetti et Le porteur de serviette, film dans lequel il s'attribuera le rôle titre. En 1994, il obtient le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes pour Journal intime,  dans lequel il dévoile son courageux combat contre la maladie de Hodgkin, n'éprouvant plus la nécessité d'avoir recours à un double et intervenant désormais en homme public dans le débat politique et en homme privé dans le cadre de préoccupations plus personnelles.

 

Avec La chambre du fils en 2001 ( Palme d'or au Festival de Cannes ), il donne à son héros le prénom de Giovanni qui est le sien à l'état civil, de manière à prouver, si besoin était encore, que la cloison entre le cinéaste et l'individu est quasi imperceptible. Enfin avec Le Caïman, il brosse un portrait sans concession de la société italienne au moment de la campagne législative de 2006, faisant de son film une satire féroce contre Silvio Berlusconi. Il prend pour argument celui d'un acteur qui, après avoir refusé dans un premier temps, finit par accepter d'interpréter le personnage de l'homme politique.

 

Souterrainement et malgré la diversité des sujets, l'univers de Moretti conserve sa cohérence : celle d'un homme en proie à des interrogations existentielles qui, au-delà même de sa personne, renvoient à la collectivité et dont le propos, dans sa globalité, débouche sur un constat générationnel. En 2011, avec Habemus Papam, il confirme l'ampleur de son talent et remporte un vif succès critique et public.

 

Pour lire les critiques consacrées à certains de ses films, cliquer sur leurs titres :

 

LA MESSE EST FINIE DE NANNI MORETTI       LA CHAMBRE DU FILS de NANNI MORETTI

 

Et pour consulter la liste des articles de la rubrique REALISATEURS DE 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

 

  mvs_movie_4278_614.jpg

 

Par Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - Publié dans : LES REALISATEURS DU 7e ART - Communauté : LA DERNIERE SEANCE
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 7 février 2013 4 07 /02 /Fév /2013 10:58

452px-Stephen_Frears_01.jpg

 

 

Né en juin 1941 à Leicester, Stephen Frears, après de solides études, débute sa carrière cinématographique comme assistant de Karel Reisz. Il réalise son premier film Gumshoe en 1970, mais c'est  My beautiful Laundrette, en 1985, qui le révélera au grand public. Par la suite, il ne va plus cesser de diversifier ses sujets et d'attacher une grand importance à la rédaction de ses scénarios qu'il travaille lui-même avec une précision maniaque. Son expérience de la télévision fait qu'il est aussi à l'aise dans la vérité documentaire, la reconstitution d'une époque, le thriller comme dans The Hit  ou le constat social à la manière d'un Ken Loach. Cette diversité, qui le caractérise, n'est dûe qu'à une chose : Frears entend être un cinéaste libre et ne se fier qu'à son instinct et à ses désirs.  De même qu'il alterne les films à budget modeste aux grandes fresques, passe sans transition de la splendeur vénéneuse des Liaisons dangereuses  à la verve des Arnaqueurs.

 

Mieux il ose les mélanges audacieux, ainsi le métissage du film noir et du western dans The Hi-Lo Country ou de psychanalyse et d'horreur avec Mary Reilly. On perçoit sa jubilation de la mise en scène, son goût du détail, les changements de ton, le réalisme, ainsi le Londres des années 1970 dans Prick Up Your Ears ou l'Amérique des années 1980 dans High Fidelity, sans que Stephen Frears ne cède jamais au simple travail illustratif. A chaque fois, il fait en sorte de trouver le style adéquate, le réalisme  qui sert le mieux son thème. Ce sera le cas avec The Queen  en 2006 interprétée par la merveilleuse Helen Mirren ou, en 2005, avec Mme Henderson présente, véritable réussite, finement ciselée, chronique du music-hall anglais sous le blitz. et mélange d'ironie et d'émotion qui symbolise admirablement l'art très personnel de ce grand cinéaste. 

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique REALISATEURS DU 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous  :

 

LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

Par Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - Publié dans : LES REALISATEURS DU 7e ART - Communauté : LA DERNIERE SEANCE
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Présentation

Profil

  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • LA PLUME ET L'IMAGE
  • acteurs réalisateurs 7e art festival du film asiatique de Deauville
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

Derniers Commentaires

Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

ET SI VOUS PREFEREZ L'EVASION PAR LES MOTS, LA LITTERATURE ET LES VOYAGES, RENDEZ-VOUS SUR MON AUTRE BLOG :  INTERLIGNE

 

poesie-est-lendroit-silence-michel-camus-L-1 

 

Les derniers films vus et critiqués : 
 
 locandina-Pieta-Kim-Ki-Duk-2828 The-Grandmaster-Affiche-France landofhope

 

Mes coups de coeur    

 

4-e-toiles


affiche-I-Wish-225x300

   

 

The-Artist-MIchel-Hazanavicius

 

Million Dollar Baby French front 

 

5-etoiles

 

critique-la-grande-illusion-renoir4

 

claudiaotguepard 

 

affiche-pouses-et-concubines 

 

 

MES FESTIVALS

 


12e-festival-film-asiatique-deauville-L-1

 

 13e-FFA-20111

 

deauville-copie-1 


15-festival-du-film-asiatique-de-deauville

 

 

Les couples et acteurs de légende

  • tippi hedrenBW
  • jourdefete
  • 600full-jean--pierre-melville
  • bal-ballando-ballando-ettore-scola-1983-L-vICH9r
  • 185999
  • Martine Carol

Calendrier

Mai 2013
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Recherche

Créer un Blog

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés