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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 08:53
PAS SON GENRE de LUCAS BELVAUX

Clément, jeune professeur de philosophie parisien, est affecté à Arras pour un an. Loin de Paris et ses lumières, Clément ne sait pas à quoi occuper son temps libre. C’est alors qu’il rencontre Jennifer, jolie coiffeuse qui devient sa maîtresse. Si la vie de Clément est régie par Kant ou Proust, celle de Jennifer est rythmée par la lecture de romans populaires, de magazines "people" et de soirées karaoké avec ses copines. Cœurs et corps sont libres pour vivre le plus beau des amours mais cela suffira-t-il à renverser les barrières culturelles et sociales ?

 

 

 Après avoir filmé les fractures sociales dans ses précédents opus, le réalisateur belge Lucas Belvaux s’attarde sur les fossés culturels qui vont entraver l’existence de ces deux principaux personnages, dans  une adaptation fidèle de l’ouvrage de Philippe Vilain paru en 2011 chez Grasset. Il s’agit ici de la relation amoureuse et éphémère de deux êtres qui ne viennent pas du même milieu social, n’ont pas grandi dans le même environnement et n’ont pratiquement aucun goût en commun. Le film suit ainsi l’histoire d’amour entre Clément, parisien célibataire, et Jennifer, pétillante coiffeuse provinciale, divorcée et maman d’un petit garçon de dix ans. Rien ne peut les empêcher de s’aimer, sauf leur origine sociale et leur formation culturelle qui a, certes, plus d’importante pour l’un que pour l’autre. Ces obstacles parviendront-t-ils à briser leur amour et le plaisir qu’ils trouvent l’un et l’autre dans cette relation décalée ? Suivant à la lettre le roman de Philippe Vilain, le réalisateur nous offre une version cinématographique d’une belle sobriété et d’une extrême délicatesse, illuminée par la présence de deux acteurs formidables, la radieuse Emilie Dequenne et le sobre et très intériorisé Loïc Corbery qui prête à son personnage ce qu’il faut de proustien et de complexe.  Les scènes donnent au fur et à mesure les clés de sa nature : celle d’un homme exigeant et  rigide qui craint de s’engager et accorde plus d’importance à la chose pensée qu’à la chose vécue. Entre l’intellectuel Clément et la vivante et pragmatique Jennifer qui cède volontiers à ses emballements et à ses coups de cœur, le fossé va inexorablement se creuser et c’est davantage à l’incompréhension qu’au désamour qu’ils devront l’échec de leur romance.

 

 

Professeur de philosophie et écrivain, Clément analyse trop, au point de constater qu’il a de graves handicaps dans ses rapports avec autrui. Chez lui, c’est l’intelligence qui est sans cesse sur le qui-vive, alors que Jennifer laisse le cœur conduire l’attelage. Avec une intuition profonde, elle saura partir avant qu’il ne soit trop tard, prouvant ainsi que le cœur est parfois plus clairvoyant que la raison, et les sentiments moins aveugles que l’intelligence.

 

 

Les efforts de Jennifer pour tenter de s’adapter au monde livresque de Clément sont absolument touchants et on s’aperçoit que si elle a quelque difficulté à l’aborder, elle le juge avec un bon sens jamais pris à défaut. Elle est souvent percutante dans ses jugements et d’une sincérité absolue, ne cherchant nullement à le gruger ou à se faire passer pour ce qu’elle n’est pas. Sa nature la pousse à s’abandonner corps et âme à cet amour naissant et elle est d’autant plus dans le don que Clément reste sur la réserve. On devine qu’il se demande ce qu’il lui arrive, on le surprend constamment en porte à faux avec lui-même, jouant en permanence sur deux registres sans bien appréhender lequel est le plus essentiel et déterminant, ni comment administrer au mieux cet apprentissage du cœur qui le voit à ce point désemparé. Car dans cette comédie sentimentale entre deux êtres aux antipodes l’un de l’autre, le plus à plaindre est sans nul doute Clément, prisonnier de sa cérébralité, de son égo, de l’image qu’il veut imposer de lui-même.

 

 

Alternant les scènes légères avec d’autres d’une surprenante profondeur, servi par des dialogues intelligents et une interprétation remarquable, ce film est un bijou qui nous rassure sur les possibilités d’un cinéma intimiste et littéraire et que l'on savoure avec bonheur.

 

Pour consulter la liste des films de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 

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PAS SON GENRE de LUCAS BELVAUX
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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 09:53
JERSEY BOYS de CLINT EASTWOOD

Comme le cavalier de l’apocalypse de « Pale Rider », Clint Eastwood est toujours là où on l’attend le moins. Avec son dernier opus « Jersey Boys », le voici qui s’investit dans un registre encore inédit chez lui, la biographie des Four Seasons, film qui loin d’être un chef d’oœuvre fait figure d’agréable et surprenant renouvellement. S’en étonner serait oublier que Eastwood a toujours été passionné de musique et que sa carrière entière a été placée sous le signe de l’éclectisme et du contre-pied.  Lui-même n’a-t-il pas été compositeur à ses heures, ayant signé la partition de sept de ses films ? Sa musique est d’ailleurs à l’image de son jeu d’acteur : discrète, classique, économe en notes comme l’acteur avare en mots, suscitant l’émotion par la suggestion et non la démonstration.

 

Ce même refus de l’effet facile, on le retrouve dans son œuvre cinématographique. Parvenu à la notoriété comme comédien dans un emploi unique, celui du cow-boy mutique des trois films de Sergio Leone, Eastwood  a vite prouvé que, comme cinéaste, il n’en serait pas de même et que l’on aurait tort de l’enfermer dans un seul registre. Si bien qu’il a su produire non seulement quelques westerns comme « L’homme des hautes plaines » mais aussi des mélos, quelques polars, un thriller « Un frisson dans la nuit », mais surtout des films inclassables qui composent un univers très personnel. Au-delà de cette incontestable diversité, c’est néanmoins l’unité qui frappe le spectateur, toujours surprenante de la part d’un réalisateur qui n’écrit pas lui-même ses scénarios. Le cinéma d’Eastwood est celui d’un homme ou d’une femme qui tente de tracer sa route en toute liberté, de se frayer un chemin d’indépendance en évitant les pièges d’un passé douloureux, les ornières du conformisme et le poids de sa propre médiocrité.

 

Avec cet opus «  Jersey Boys », il nous livre à 84 ans sa première comédie musicale inspirée d’un succès de Broadway. Adaptant celle dédiée à Frankie Valli et ses potes du New jersey, le cinéaste en conserve néanmoins la même structure narrative ( un récit divisé en 4 saisons, du printemps de la formation du groupe à l’hiver de sa séparation ) et le même casting de non-stars flamboyantes que Eastwood a tenu à transférer tel quel des planches de Broadway au grand écran. Ainsi vivons-nous dans l’intimité et les aléas du métier de ce groupe composé de John Lloyd Young, Erich Bergen, Vincent Piazza, Michael Lomenda et Chistopher Walken durant les 2h14 un peu trop longues de cette épopée musicale. Oui, un peu longues car il faut avouer qu’il n’y a, de la part de Eastwood, trop peu d’implication personnelle, l’auteur se satisfaisant de rendre avec précision et une rigueur naïve le quotidien de personnalités assez fades qui ont trop tendance – n’étant pas acteurs - à surjouer leurs rôles et à caricaturer ainsi leurs personnages. Dommage, car il y a de beaux moments, des éclairs de fraîcheur ou de simple authenticité, une bande originale de qualité. Mais il manque quelque chose, ce qui est rare de la part d’Eastwood : la grâce.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN, cliquer sur le lien ci-dessous 

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN & CANADIEN

 

Et pour prendre connaissance de l'article consacré à Clint Eastwood, cliquer  ICI

 

 

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JERSEY BOYS de CLINT EASTWOOD
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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 08:19

 

Une croqueuse de diamants cherche à épouser un homme riche alors que son voisin, un écrivain en panne d’inspiration, s’intéresse à elle. Par ailleurs, la jolie Holly sert naïvement de messager à un truand notoire. Lorsque la police l’interroge, elle n’a aucun mal à prouver son innocence mais son futur époux, riche planteur brésilien, s’éloigne par peur du scandale. L’écrivain en profite pour consoler la belle.

 

Très en vogue en ce début des années 60, l’écrivain Truman Capote pense adapter son livre Breakfast at Tiffany’s pour le grand écran et songe fortement à Marilyn Monroe pour interpréter le rôle principal de la prostituée Holly. Le film devait d’ailleurs être réalisé par John Frankenheimer. Finalement, le rôle principal sera attribué à Audrey Hepburn, obligeant les scénaristes à revoir l’intégralité du script, tandis que la réalisation du film tombe dans l’escarcelle de Blake Edwards, tout juste remarqué par son excellent Opération jupons (1959). Dès lors, le projet prend une tournure différente puisque le but du studio est de transformer une œuvre réputée pour son ton doux-amer en une comédie romantique classique. Si les scénaristes successifs – dont Blake Edwards lui-même – ont effectivement atténué le caractère scandaleux du roman, ils ont toutefois pris soin de suivre pas à pas l’intrigue principale tout en conservant un ton légèrement désabusé.

 

Par l’audace des thèmes évoqués, on peut d’ailleurs saluer le travail de Blake Edwards qui est parvenu à conserver l’esprit de l’œuvre par touches successives sans lui rendre pour autant son authenticité. Les séquences de fêtes nocturnes sont bien issues de l’univers mondain de Truman Capote, de même que les relations ambiguës entre les personnages principaux, mais on ne croit guère que le personnage incarné par Audrey Hepburn soit celui d’une fille de joie. Elle est trop élégante dans ses merveilleuses toilettes d’Hubert de Givenchy pour nous convaincre de cela. Elle est davantage une jeune fille de bonne famille qui tente de se dévergonder qu’une aventurière en quête d’un souteneur fortuné. Par contre, les gags visuels sont à attribuer au réalisateur qui s’entraînait pour ses futurs Panthère Rose. Enfin, la superbe chanson Moon river d’Henry Mancini vient ajouter une touche romantique qui séduit le spectateur par sa mélodie. Sans être un chef d’œuvre, loin de là, Diamants sur canapé (1961) peut légitimement être considérée comme une plaisante comédie par son charme et son ton libertin.

 

Au centre de cet opus, on trouve par conséquent Audrey Hepburn, actrice trop sophistiquée, trop raffinée, trop distinguée pour représenter une prostituée aussi excentrique soit-elle. Afin de ne pas heurter son public, les scénaristes ont pris soin de minimiser le thème de la prostitution, de gommer totalement sa bisexualité, tout en insistant sur sa volonté d’arriver coûte que coûte au sommet de la société. Si la belle n’est probablement pas la meilleure idée de casting, la star illumine chaque plan et on regarde ce film surtout pour elle qui n’a jamais été aussi séduisante et délicieuse, si bien que l’oublie peu à peu cette incontestable erreur de distribution. Face à l’irrésistible Audrey, George Peppard est par contre impeccablement dans son rôle d’écrivain raté qui devient gigolo par dépit.

 

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Liste des films du cinéma amériacin & canadien 

 

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DIAMANTS SUR CANAPE de BLAKE EDWARDS
DIAMANTS SUR CANAPE de BLAKE EDWARDS
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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 08:57
PIER PAOLO PASOLINI OU UN CINEMA METAPHORIQUE

La mort de Pasolini, dans des circonstances dramatiques, a conféré une touche tragique à l'auréole de poète maudit dont l'oeuvre, tout autant littéraire que cinématographique, portait déjà la trace. Cette auréole de martyr, on la trouve aussi bien dans les imprécations lyriques des Cendres de Gramsci ( 1957 ) que dans le chant homosexuel de Théorème ( 1968 ), dans ses traductions libres d'Eschyle ou de Plaute ou encore dans  Le Décaméron, les Contes de Canterbury et dans les Mille et une Nuits. Partout se fait entendre le même cri  : " Je suis ... comme un serpent réduit en bouillie de sang ... comme un chat qui ne veut pas crever " - un cri dont l'écho s'identifie avec la souffrance du Christ, liée à celle complémentaire de Judas l'Iscariote, telle que le cinéaste l'a décrite dans sa version très personnelle de  L'Evangile selon Matthieu (1964). Son itinéraire de poète et de metteur en scène a toujours eu quelque chose de désespéré et de suicidaire marqué par un constant besoin de transgression, ainsi a-t-il donné naissance à une suite d'ouvrages disparates emplie de béances fascinantes et irrécupérables.

 

Pasolini est venu relativement tard au 7e Art, alors que sa notoriété, en temps que poète, était déjà bien assise. Il débuta en force avec Accattone ( 1961 ), une fable néo-réaliste cumulant les influences de De Sica et de Visconti, suivie d'un mélodrame freudien Mamma Roma ( 1962 ) aux accents plutôt bunuéliens. Le cinéma devient très vite pour lui, et selon ses propres termes, " la langue écrite de la réalité qui permet de traquer les vestiges des grands mythes universels, au travers de mes fantasmes personnels, le tout syncrétisé dans la gangue du lieu commun"

 

Tous ses films seront à double face : à la fois simples et complexes, dérisoires et sublimes, ouverts à l'abstraction mais souvent dépourvus de cohésion externe. L'inspiration est à chaque fois résolument composite, alternant le profane et le sacré, mélange de temps et d'espace, récits entrecroisés, ainsi dans des films comme Porcherie, Oedipe roi et Médée. Après avoir dédié son Evangile à la mémoire de Jean XXIII, il scandalise une fraction de l'opinion catholique avec Théorème et en enthousiasme une autre au point de se voir décerner au Festival de Venise le prix de l'Office catholique. La représentation des grands textes classiques ne l'empêchera nullement de les accompagner d'érotisme, de scatologie et de pornographie, ni de faire appel à Maria Callas pour un rôle quasi muet...

 

Dans un recueil de textes théoriques, il exaltera " la nature profondément artistique du cinéma, sa force expressive, son pouvoir de donner corps au rêve, c'est-à-dire son caractère essentiellement métaphorique ". Son exégète, Marc Gervais, décrit le projet pasonilien comme "déchiré, contradictoire, marqué par une sorte d'hystérie apocalyptique mais qui, par les moyens de l'art, cherche sans cesse le lieu et l'instant de la réconciliation ". Pour Pasolini, cette vision épico-religieuse du monde a valeur d'exorcisme. La diversité de ses dons explique sans doute son éclectisme et les exercices de funambule auxquels il aime à se livrer. Le tout ne va pas sans maladresses, rançon d'une combinaison singulière de témérité, d'élégance, de maniérisme et d'amateurisme, ce que l'on ne manquera pas de lui reprocher. Ainsi les terrains vagues à l'infini, les accoutrements baroques, les trognes patibulaires de nombre de figurants, les chairs féminines lourdement étalées ne convaincront pas toujours le public qui déplorera un manque d'harmonie et de cohésion. 

 

Pasolini reste et restera un météore du 7 e Art dont la leçon est indéfiniment méditée. Comme l'écrit Dominique Noguez - il y a désormais un mot qui dit bien ce mélange de réalisme et de mythologie imaginaire, de sculpture moderne et de fausse préhistoire, toute cette féerie sous-prolétarienne, ce bric-à-brac de Tiers-Monde, cet exotisme hétéroclite et superlatif, ce style d'Eisenstein marocain ou de Fellini de banlieue ouvrière. Ce mot n'existait pas avant Pasolini. Il existe désormais : pasolinien.

 

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REALISATEURS DU 7e ART

 

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PIER PAOLO PASOLINI OU UN CINEMA METAPHORIQUE
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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 09:00

  C’est le 4 juin 1944 à 21h30 que le général Eisenhower décida de lancer l’offensive du débarquement allié sur les plages normandes et choisit le 6 juin comme la date du jour J. La veille, les Allemands ne croyaient toujours pas à ce débarquement qu’ils avaient d’abord imaginé en Méditerranée, et la Luftwaffe était au repos du fait d’une météo exécrable. Quant à Rommel, il était parti en Allemagne. On connait la suite, les combats, les milliers de morts, la résistance allemande et le sacrifice de jeunes soldats venus d’Amérique, du Canada, d’Angleterre et que cette grande fresque de Darryl F. Zanuck, réalisée en 1962, honore avec des moyens exceptionnels et une pléiade d’acteurs jamais égalée, retraçant heure par heure ce grand moment d’histoire dont on fête cette année le 70ème anniversaire avec une brochette tout aussi impressionnante d’hommes politiques.

 

Reconstitution brillante, elle donne aujourd’hui encore une idée de ce que furent ces effroyables combats. La légende souhaitait que l’opus soit le plus proche possible de la vérité, et pourtant il recèle de nombreuses erreurs. Les uniformes portés par les parachutistes américains ne correspondent pas aux vêtements de l’époque. Le parachutiste suspendu au clocher de Sainte-Mère-Eglise n’est pas resté pendu côté place mais côté presbytère, beaucoup moins exposé, ce qui explique en partie qu’il survécut. Sur cette même place est stationnée une 2cv… dont le premier modèle vit le jour en 1948. La prise du casino de Ouistreham par le commando Kieffer est fantaisiste : le casino avait été rasé par les Allemands qui l’avaient remplacé par un bunker qui fut délivré par cinq anglais alors que s’y cachaient encore une cinquantaine d’Allemands, fait d’arme mémorable pour le Royaume-Uni.

Mais ces petits détails n’enlèvent rien à l’ampleur de ce beau film ; d’autant qu’il a surtout marqué les esprits par son impressionnant casting, composé d’une bonne quarantaine de stars françaises, américaines, allemandes et anglaises, figurant parmi les plus célèbres du cinéma d’alors, John Wayne, Curd Jürgens en passant par Sean Connery, Robert Mitchum, Henry Fonda ou encore Bourvil, Arletty et Madeleine Renaud. Pour l’anecdote, Brigitte Bardot et Marina Vlady refusèrent des rôles qu’elles jugeaient trop courts et insuffisamment valorisants . Alors que, soucieux d’authenticité, le metteur en scène eut à cœur de choisir chaque acteur en fonction de sa nationalité et le pria d’interpréter son rôle dans sa langue natale. Le résultat reste un grand moment de cinéma et une réalisation efficace que l’on revoie toujours avec émotion. 

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN & CANADIEN

 

 

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C’est le 4 juin 1944 à 21h30 que le général Eisenhower décida de lancer l’offensive du débarquement allié sur les plages normandes et choisit le 6 juin comme la date du jour J. La veille, les Allemands ne croyaient toujours pas à ce débarquement qu’ils avaient d’abord imaginé en Méditerranée, et la Luftwaffe est au repos du fait d’une météo exécrable. Quant à Rommel, il était parti en Allemagne. On connait la suite, les combats, les milliers de morts, la résistance allemande et le sacrifice de jeunes soldats venus d’Amérique, du Canada, d’Angleterre et que cette grande fresque de Darryl F. Zanuck, réalisée en 1962, honore avec des moyens exceptionnels et une pléiade d’acteurs jamais égalée, retraçant heure par heure ce grand moment d’histoire dont on fête cette année le 70ème anniversaire avec une brochette tout aussi impressionnante d’hommes politiques.

Cette reconstitution brillante donne aujourd’hui une idée de ce que furent ces effroyables combats. La légende souhaitait que l’opus soit le plus proche possible de la vérité, et pourtant il recèle de nombreuses erreurs. Les uniformes portés par les parachutistes américains ne correspondent pas aux vêtements de l’époque. Le parachutiste suspendu au clocher de Sainte-Mère-Eglise n’est pas resté pendu côté place mais côté presbytère, beaucoup moins exposé, ce qui explique en partie qu’il survécut. Sur cette même place est stationnée une 2cv… dont le premier modèle vit le jour en 1948. La prise du casino de Ouistreham par le commando Kieffer est fantaisiste : le casino avait été rasé par les Allemands qui l’avaient remplacé par un bunker qui fut délivré par cinq anglais alors que s’y cachaient encore une cinquantaine d’Allemands, fait d’arme mémorable pour le Royaume-Uni.

Mais ces petits détails n’enlèvent rien à l’ampleur de ce beau film ; d’autant qu’il a surtout marqué les esprits par son impressionnant casting, composé d’une bonne quarantaine de stars françaises, américaines, allemandes et anglaises, comptant, parmi les plus célèbres du cinéma d’alors, John Wayne, Curd Jürgens en passant par Sean Connery, Robert Mitchum, Henry Fonda ou encore Bourvil, Arletty et Madeleine Renaud. Pour l’anecdote, Brigitte Bardot et Marina Vlady refusèrent des rôles qu’elles jugeaient trop courts et insuffisamment valorisants . Soucieux d’authenticité, le metteur en scène eut à cœur de choisir chaque acteur en fonction de sa nationalité et le pria d’interpréter son rôle dans sa langue natale. Le résultat reste un grand moment de cinéma et une réalisation efficace que l’on revoie toujours avec émotion. 

LE JOUR LE PLUS LONG de DARRYL ZANUCK
LE JOUR LE PLUS LONG de DARRYL ZANUCK
LE JOUR LE PLUS LONG de DARRYL ZANUCK
LE JOUR LE PLUS LONG de DARRYL ZANUCK
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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 08:47

Elles tiennent une place de plus en plus importante dans la galaxie du 7e Art depuis quelques années. Elles sont jeunes, ont de l’ambition, du courage, des idées et entendent bien ne plus jouer les seconds couteaux. En voici quelques-unes qui nous livrent aimablement leurs confidences :

 

Mélanie LAURENT :

 

J’ai toujours voulu être réalisatrice, j’ai passé un bac cinéma, réalisé des courts métrages – dont l’un a été sélectionné à Cannes en 2008 -, et suis devenue actrice. Et ce fut une très bonne école. Puis un jour, j’ai rencontré le bon producteur – Bruno Lévy – qui m’a fait confiance pour réaliser mon premier film. J’avais un trac énorme et une vague de panique. Le premier jour de tournage a été horrible. D’ailleurs, j’ai mis tous les rushes à la poubelle. Mon deuxième long métrage, « Respire », est adapté d’un roman écrit par Anne-Sophie Brasme quand elle avait 17 ans. J’avais le même âge quand je l’ai lu et déjà je voulais faire un film. C’est une histoire sur les pervers narcissiques qui fait écho à des gens que j’ai rencontrés dans ma vie. J’ai mis des années à me remettre de ces personnes destructrices, mais aujourd’hui j’ai presque envie de les remercier au générique. La manipulation, je l’ai tellement vécue en tant qu’actrice… que je ne vais pas user de la même méthode. J’obtiens ce que je veux en passant par la gaieté ou l’amour.

 

Géraldine NAKACHE :

 

C’est Lisa Azuelos qui, sur le tournage de « Comme t’y es belle ! » qui m’a poussée à raconter mon histoire. Je travaillais sur la production de la chaîne Comédie. J’ai tout arrêté, je me suis mise à manger des pâtes et, au bout de six ans, « Tout ce qui brille » est sorti. Avec Hervé Mimran, mon coscénariste et coréalisateur, il y a eu des moments où on n’y croyait plus. Alors le premier jour de tournage a été magique. J’ai été bouleversée par « Les parapluies de Cherbourg » de Jacques Dmy. Je me suis dit que c’était comme ça que je voulais voir la vie au cinéma : enchantée et en couleurs. On commence à savoir que Leïla Bekhti, en plus d’être mon amie, est mon actrice préférée. J’ai aussi une passion pour Catherine Deneuve et j’adore Sandrine Kiberlain. L’an dernier, au Festival de Cannes, au Carlton, j’ai côtoyé Jane Campion déjeunant avec sa copine Nicole Kidman. Je n’ai cessé, hallucinée, de les regarder. Une parenthèse enchantée…

 

Katell QUILLEVERE :

 

Deux personnes m’ont donné envie de faire ce métier : Maurice Pialat quant à 16 ans je suis entrée dans le cycle de ses films et Jean-Henri Roger, l’un de mes professeurs à la fac, une grande figure du cinéma militant. Derrière la caméra, je me suis tout de suite sentie chez moi. C’était comme une évidence, une nécessité. J’ai très vite su que si je ne devenais pas réalisatrice, je serais malheureuse toute ma vie. J’aime le romanesque et tout ce qui peut provoquer des émotions fortes. Pour moi, le cinéma est plus fort que la vie. Je suis très touchée par des parcours de personnes empêchées, tiraillées entre ce qu’elles rêveraient d’être, ce à quoi elles essaient d’échapper et ce qui les en empêche. Pour « Suzanne », par exemple, j’avais lu des témoignages de femmes ayant vécu avec des délinquants – Mesrine ou Vaujour -, et j’ai été impressionnée par leur courage – elles sont capables de conduire des hélicoptères – et en même temps leur grande soumission. Sur un tournage, je m’interdis une certaine forme de violence. Je suis plutôt dans une logique de plaisir quand je travaille, pas dans la douleur. J’aime donner confiance aux techniciens et aux comédiens, transmettre de l’énergie, c’est mieux pour réaliser un film libre et audacieux. Et quand c’est nécessaire, j’essaie d’être un gentil tyran.

 

Audrey DANA :

 

C’est Claude Lelouch qui m’a transmis le virus en me disant : "Toi, tu vas vite t’ennuyer comme actrice et tu passeras à la réalisation". Ce n’était pas le cas, mais peu après, je me suis acheté une petite caméra et j’ai commencé à filmer des couples. Six ans plus tard, je décide de faire un film, non plus sur l’amour mais sur les femmes. Et ce fut le choc, la révélation, je ne me suis jamais sentie aussi bien. J’ai tourné mon premier court métrage alors que j’étais enceinte de sept mois et que je ne pouvais plus bouger à cause d’une hyperlaxité des ligaments. Mais dès que j’étais sur le plateau, je sautais partout. Une vraie pile électrique ! Oui, les femmes m’inspirent : leur complexité et la façon dont elles ont évolué. Pour mon film, j’en ai interviewé une centaine : des gynécologues, des dermatologues, des lesbiennes, des reporters de guerre, des créatrices… Au final, toutes ces femmes sont devenues les onze personnages de « Sous les jupes des filles ».

 

Emmanuelle BERCOT :

 

Je voulais être danseuse, puis actrice. Je me suis plus souvent retrouvée serveuse, puis ouvreuse… Un matin, j’ai eu un déclic, je me suis réveillée en me disant qu’il fallait que je passe le concours de La Fémis pour avoir un métier. Je l’ai réussi et j’ai eu la chance de réaliser un premier court-métrage qui a eu le prix du Jury à Cannes, et un film de fin d’étude « La puce » qui est carrément sorti en salles. Désormais, la caméra fait partie de mon corps, je suis totalement dans un élément que je filme. Et ceux que je filme sont toujours plus importants pour moi que les personnages. J’aime me laisser porter parce qu’ils sont dans la vie. Ma première actrice fétiche a été Isild Le Besco, l’actrice de mes cinq premiers films, elle avait 13 ans sur le premier, je ne pouvais concevoir de tourner sans elle, je n’arrivais à m’exprimer qu’à travers elle, elle était un peu mon double. Aujourd’hui, c’est Catherine Deneuve. Avoir pu tourner avec elle « Elle s’en va », est l’une des choses dont je suis le plus fière dans ma carrière. Mon prochain film « La tête haute », dont le tournage démarre en juillet, sera encore avec elle.

 

Mia HANSEN-LOVE :

 

Mon premier film en tant qu’actrice m’a donné l’envie de passer derrière la caméra. J’avais 16 ans et j’ai été prise sur « Fin août, début septembre » d’Olivier Assayas par le biais d’un casting sauvage. Cela a été une révélation. J’ai compris que ma vocation était de raconter des histoires et de les filmer. Plus tard, en écrivant des critiques aux « Cahiers du Cinéma », je suis passée tout naturellement à l’écriture de scénarios, et tout s’est enchaîné. Ce qui m’inspire, ce sont les gens que j’aime. J’ai envie de les filmer, de faire leur portrait, comme un peintre. Mon dernier film « Eden », raconte l’histoire de mon frère quand il était D.J. dans les années 1990. Son parcours est aussi celui d’une génération. J’aime les actrices au charme naturel, comme Greta Gerwig que j’ai fait tourner dans « Eden », ou Julie Gruntvig Wester. J’admire aussi beaucoup Isabelle Huppert pour sa féminité, son intelligence et la force de ses choix.

 

Axelle ROPERT :

 

Je voulais devenir romancière, mais je me suis aperçue que le récit romanesque passait mieux aujourd’hui au cinéma que dans la littérature. Alors, vers la trentaine, je me suis tournée vers l’écriture de scénario. Quand j’ai découvert l’énormité des moyens déployés sur le tournage, j’ai eu un sentiment de panique absolue et de grande excitation. J’étais face à une machinerie et à une équipe de garçons en casquette et baskets devant laquelle il fallait que j’assure. Ce qui m’inspire est un récit excitant avec des enjeux passionnels qui appelle une mise en scène. Mais je suis très loin de l’école actuelle qui est de mettre en scène ses tripes ou sa vie privée. Ingrid Bergman est pour moi la plus grande, belle et singulière actrice. Et j’aime aussi les comédiennes françaises un peu mystérieuses comme Delphine Seyrig, Isabelle Huppert ou Valérie Benguigui et Louise Bourgoin. Ce que je m’interdis toujours sur un tournage : l’hystérie. Je suis d’une nature très angoissée mais aussi très pudique.

 

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LISTE DES BILANS CINEMATOGRAPHIQUES

 

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LA NOUVELLE VAGUE DES REALISATRICESLA NOUVELLE VAGUE DES REALISATRICES
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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 09:19
DEUX JOURS, UNE NUIT des frères DARDENNE

 

Voilà une nouvelle fois la preuve par quatre que l’on peut faire un excellent film avec peu de moyens, sinon le talent bien sûr, et c’est le cas du dernier opus des frères Dardenne, Jean-Pierre et Luc qui nous offrent un long métrage magistral, profondément ancré dans notre quotidienneté, celle du chômage et de ses conséquences et, ce, sans artifices superflus, sans misérabilisme, sans grandes orgues, mais avec un linéaire d’une parfaite lisibilité et une actrice qui vibre comme un stradivarius : Marion Cotillard. Il est certain que sans elle, admirablement dirigée par ses metteurs en scène, le film n’aurait pas cette densité qui nous accroche et nous sollicite à chaque seconde et maintient une émotion constante. Mal habillée, coiffée à la hâte, sans maquillage, Marion Cotillard n’a jamais été plus belle, dénudée psychologiquement dans ce rôle qui lui colle à la peau et en fait une héroïne d’une actualité bouleversante.

 

En effet, Sandra, ouvrière dans une entreprise moyenne, n’a que le temps d'un week-end pour convaincre une majorité de ses dix-huit collègues de renoncer à leur prime afin qu'elle puisse conserver son emploi. Autant de destins, souvent aussi fragiles que le sien, qu'elle va aller bousculer, autant de doutes qu'elle devra affronter, et finalement une fierté retrouvée en assumant cette fois ses propres choix. Sandra sort d’une dépression qui l’a laissée particulièrement vulnérable, et ces visites de porte à porte vont être à la fois une épreuve redoutable et un électrochoc qui va lui rendre sa dignité. Car c’est surtout de dignité qu’il s’agit, de cette confiance en soi tellement mise à mal lorsque l’on vous dit que l’on n’a plus besoin de vous, qu’ainsi vous n’êtes plus utile à la société, que celle-ci se passe de vos services. Certes Sandra n’est pas dans la misère, elle a sa maison, un mari qui l’aime, deux beaux enfants, elle n’est pas démunie financièrement car son mari a un travail, mais elle n’existera plus au regard d’une société active qui ainsi la relègue dans une passivité honteuse.

 

Bien construit, l'opus nous rend compte des visites de Sandra à ses collègues et des réactions de chacun d’eux avec une grande justesse de ton : la plupart vont accepter d’abandonner leur prime de 1000 euros pour permettre à Sandra de conserver son emploi ; quelques-uns auront une réaction que l’on peut comprendre parce que leur propre situation financière est difficile, qu’ils ont des emprunts, des enfants à charge, des soucis de fin de mois et pas un instant notre attention ne se relâche parce qu’il y a tellement de vérité, d’authenticité dans le jeu des acteurs et leurs situations, que c’est une belle tranche d’humanité quotidienne qui nous est proposée.

 

Dépouillée jusqu’à l’os, filmée avec presque rien dans une banlieue qui ressemble à toutes les banlieues, avec des acteurs qui sont chacun de nous, voilà une œuvre qui nous touche comme le ferait une cantate discrète et poignante, une musique de chambre délicate et profonde et comme le regard inquiet et résigné de Sandra, porte-flambeau modeste d’une belle cause.

 

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 08:36
LE DICTATEUR de CHARLIE CHAPLIN

 

Charlot, petit barbier juif du ghetto de Tomanie, ressemble à s’y méprendre à Hynkel le dictateur qui terrorise le pays et rêve d’annexer l’Austerlich. La charge contre Hitler est stupéfiante de réalisme et Chaplin ne se prive pas de faire feu de tout bois : la parodie, la caricature, le burlesque mais également l’émotion pure sont comme une véritable machine de guerre, qui ont mis les nazis en furie, et délivrent un message d’un humanisme bouleversant. Le rire est ici l’arme ultime contre la barbarie et la folie des hommes. Avec ce qui constitue alors son premier film parlant, Chaplin fait œuvre de pamphlétaire avec une intuition de visionnaire telle que faisant un pied de nez mémorable à toutes les dictatures, il octroie à son film une actualité permanente.

 

Au cours de ses œuvres précédentes, Chaplin n’avait cessé de pourfendre avec un humour tendre et décapant les injustices qui atteignent l’homme dans son honneur et sa dignité. Ainsi a-t-il créé le personnage de Charlot, reconnaissable entre tous, et l’a-t-il imposé au monde entier avec un talent qui confère très souvent au sublime. Tour à tour, vagabond sans travail à l’heure des grandes dépressions économiques ou bien ouvrier écrasé par les machines de l’industrialisation forcée comme dans Les temps modernes, il tente à chaque fois de se rebeller contre l’ordre établi et les excès du capitalisme en une vision géniale qui lui assure aujourd’hui encore sa modernité. Jusqu’à son dernier souffle, Chaplin conservera intact son pouvoir d’indignation et de contestation envers des pouvoirs qui ne protègent qu'insuffisamment les plus faibles. Ayant connu la misère la plus totale, il savait de quoi il parlait. Il demandait seulement à la société de ne point céder à l'inhumanité pour cause de profit et de ne jamais dépasser la règle du jeu du maître et du valet, du bourreau et de la victime.

 

Avec Le dictateur, qu’il commence à écrire dès 1936 et qui sortira sur les écrans en 1940, il passe du muet au parlant mais surtout propose une œuvre d’une intelligence rare et d’une force qui stupéfie par l’acuité de la charge et l’incroyable perception de ce qui est en train de se préparer pour le plus grand malheur de l’humanité. Le personnage de Hynkel, enragé de vanité et d'autoritarisme, sosie du petit barbier juif, est une trouvaille qui permet au pamphlet de virer à la caricature la plus percutante du 7e Art. Le face à face de ces deux personnages donne au film, non seulement son originalité, mais son impact incroyable sur le spectateur. Par ailleurs, Chaplin évite les pièges du sentimentalisme en saisissant tous les grotesques du dictateur confronté à la simplicité du barbier, à sa naïveté même, et nous propose, grâce à ces deux rôles assumés pleinement, une formidable prouesse d’acteur.

 

Le "clou" du film reste, bien évidemment, l'improvisation finale du petit barbier que sa ressemblance a fait prendre pour le führer. S’il fut un succès en son temps (le plus grand succès public de Chaplin), l'ensemble de la critique de l'époque  lui reprochera ce final autant sur le fond (trop humaniste pour certains, trop "communiste" pour d'autres !) que sur la forme, à cause du trop radical changement de ton du film au moment du discours - et la soudaine intrusion d'un message politique qui ne relève plus du burlesque. A ce moment-là, le barbier laisse la place à Charles Chaplin lui-même. Cette scène est extrêmement puissante, pleine de courage et de lucidité : une véritable allocution politique engagée.

 

Ainsi Le Dictateur aura-t-il permis à Chaplin de se surpasser dans la satire burlesque et de signer une oeuvre d'une réelle audace, un véritable témoignage d'amour pour l'homme et la liberté et un pamphlet exemplaire contre toute forme de fascisme.

 


"Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur, ce n'est pas mon affaire. Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne. Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chrétiens, païens, blancs et noirs. Nous voudrions tous nous aider si nous le pouvions, les êtres humains sont ainsi faits. Nous voulons donner le bonheur à notre prochain, pas lui donner le malheur. Nous ne voulons pas haïr ni humilier personne. Chacun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche, elle peut nourrir tous les êtres humains. Nous pouvons tous avoir une vie belle et libre mais nous l'avons oublié.

L'envie a empoisonné l'esprit des hommes, a barricadé le monde avec la haine, nous a fait sombrer dans la misère et les effusions de sang. Nous avons développé la vitesse pour nous enfermer en nous-mêmes. Les machines qui nous apportent l'abondance nous laissent dans l'insatisfaction. Notre savoir nous a fait devenir cyniques. Nous sommes inhumains à force d'intelligence, nous ne ressentons pas assez et nous pensons beaucoup trop. Nous sommes trop mécanisés et nous manquons d'humanité.

Nous sommes trop cultivés et nous manquons de tendresse et de gentillesse. Sans ces qualités humaines, la vie n'est plus que violence et tout est perdu.

Les avions, la radio nous ont rapprochés les uns des autres, ces inventions ne trouveront leur vrai sens que dans la bonté de l'être humain, que dans la fraternité, l'amitié et l'unité de tous les hommes.

En ce moment même, ma voix atteint des millions de gens à travers le monde, des millions d'hommes, de femmes, d'enfants désespérés, victimes d'un système qui torture les faibles et emprisonne des innocents.

Je dis à tous ceux qui m'entendent : Ne désespérez pas ! Le malheur qui est sur nous n'est que le produit éphémère de l'habilité, de l'amertume de ceux qui ont peur des progrès qu'accomplit l'Humanité. Mais la haine finira par disparaître et les dictateurs mourront et le pouvoir qu'ils avaient pris aux peuples va retourner aux peuples. Et tant que des hommes mourront pour elle, la liberté ne pourra pas périr. Soldats, ne vous donnez pas à ces brutes, à une minorité qui vous méprise et qui fait de vous des esclaves, enrégimente toute votre vie et qui vous dit tout ce qu'il faut faire et ce qu'il faut penser, qui vous dirige, vous manœuvre, se sert de vous comme chair à canons et qui vous traite comme
du bétail.

Ne donnez pas votre vie à ces êtres inhumains, ces hommes machines avec une machine à la place de la tête et une machine dans le cœur.

Vous n'êtes pas des machines.

Vous n'êtes pas des esclaves.

Vous êtes des hommes, des hommes avec tout l'amour du monde dans le cœur.

Vous n'avez pas de haine, sinon pour ce qui est inhumain, ce qui n'est pas fait d'amour.

Soldats ne vous battez pas pour l'esclavage mais pour la liberté.

Il est écrit dans l'Evangile selon Saint Luc « Le Royaume de Dieu est dans l'être humain », pas dans un seul humain ni dans un groupe humain, mais dans tous les humains, mais en vous, en vous le peuple qui avez le pouvoir, le pouvoir decréer les machines, le pouvoir de créer le bonheur. Vous, le peuple, vous avez le pouvoir, le pouvoir de rendre la vie belle et libre, le pouvoir de faire de cette vie une merveilleuse aventure.

Alors au nom même de la Démocratie, utilisons ce pouvoir. Il faut tous nous unir, il faut tous nous battre pour un monde nouveau, un monde humain qui donnera à chacun l'occasion de travailler, qui apportera un avenir à la jeunesse et à la vieillesse la sécurité.

Ces brutes vous ont promis toutes ces choses pour que vous leur donniez le pouvoir : ils mentaient. Ils n'ont pas tenu leurs merveilleuses promesses : jamais ils ne le feront. Les dictateurs s'affranchissent en prenant le pouvoir mais ils font un esclave du peuple.

Alors, il faut nous battre pour accomplir toutes leurs promesses. Il faut nous battre pour libérer le monde, pour renverser les frontières et les barrières raciales, pour en finir avec l'avidité, avec la haine et l'intolérance. Il faut nous battre pour construire un monde de raison, un monde où la science et le progrès mèneront tous les hommes vers le bonheur. Soldats, au nom de la Démocratie, unissons-nous tous !"

 

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Charlie Chaplie, le vagabond de génie

 

 

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LE DICTATEUR de CHARLIE CHAPLIN
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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 10:00

Décidément le cinéma français manque visiblement d’inspiration et ce n’est pas ce pauvre Dans la cour qui va lui redonner un semblant de santé et de couleur. Heureusement, et bien que sans prétention, Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu a le mérite d’être hilarant et de vous distraire sans vulgarité et sans leçon de morale. Mais ce passage dans cette cour sordide, mise en images par Pierre Salvadori, est l’assurance d’en ressortir plus découragé que jamais sur l’avenir de notre 7e Art. On vous fera remarquer que c’est là un film d’auteur, seulement l’auteur est sans talent, sans verve, sans esprit. Les dialogues sont d’une pauvreté accablante et les mots qui reviennent le plus souvent sont « Oh putain, c’est con ! et autres richesses de notre belle langue française. Rien qui puisse, dans cet opus indigent, susciter la moindre émotion et le moindre intérêt. On s’ennuie à longueur de pellicule devant ces personnages creux qui sont bien en peine de délivrer un quelconque message car il n’y en a pas ; c’est l’histoire plate et grise d’un musicien dépressif qui se reconvertit en gardien d’immeuble. Il y rencontre Mathilde, une femme qui flirte avec la folie et fait une fixation sur des fissures qui apparaissent dans son appartement, symbole de ses fêlures intérieures. Un lien de tendre amitié va se nouer entre elle et son gardien qui tente bien maladroitement d'apaiser ses angoisses tout en gérant tant bien que mal les siennes. Voilà, n’en attendez pas davantage, la mélancolie est ici au rabais.

 

On se demande ce que Catherine Deneuve vient chercher dans ce rôle de déjantée aussi peu attendrissante que possible. Elle donne vraiment l’impression de ne prêter à ce rôle qu’un visage désabusé et morose, sans les grâces de l’âge que quelques actrices ont si bien su insuffler à leurs dernières apparitions à l’écran. Pensons à Danielle Darrieux, à Denise Grey dans La boum ou à Gisèle Casadessus, adorable dans La tête en friche. Aussi est-ce pénible de voir Deneuve s’égarer dans des productions d’une telle médiocrité, très en-dessous de son talent. Certains ont crié à la grande Catherine, je serai plutôt tentée de susurrer …la pauvre Catherine.

 

 

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DANS LA COUR de PIERRE SALVADORIDANS LA COUR de PIERRE SALVADORI
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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 09:53
NICOLE KIDMAN - PORTRAIT

Nicole Kidman est née en 1967 à Honolulu d'un père biochimiste et d'une mère infirmière qui ont l'un et l'autre ardemment milité dans les années 60 contre la guerre du Vietnam et pour un monde meilleur. Lorsque Richard Nixon devient président des Etats-Unis, la famille Kidman, très engagée, se réfugie en Australie pour échapper au FBI. Nicole étudie dans les meilleurs pensionnats de Sidney et souhaite devenir journaliste ou simple globe-trotteuse, ses parents lui ayant inculqué le goût des voyages, mais elle aime aussi la danse, la peinture, la littérature, la photo et par-dessus tout la comédie. C'est en voyant Katherine Hepburn dans The Philadelphia Story qu'elle souhaite secrètement devenir actrice car, comme Hepburn, Nicole Kidman n'a peur de rien et peut tout plaquer par envie ou par devoir.  Elle le prouve en quittant sa famille à 17 ans pour aller vivre un grand amour adolescent à Amsterdam. L'aventure durera peu de temps, faute d'argent, et à son retour au bercail, elle abandonne à nouveau tout pour veiller sans relâche sur sa mère atteinte d'un cancer. Les années suivantes étant plus sereines, elle réalise enfin son rêve en s'imposant progressivement dans des feuilletons, téléfilms, courts métrages, tout est bon à prendre jusqu'à ce que Phillip Noyce, le rélisateur australien, lui propose un rôle dans Calme blanc, un thriller qui se passe en mer et connait un succès mondial. A la suite de ce tournage, les studios américains lui envoient un billet de première classe pour venir défendre le film à Hollywood. Limousine, hôtel de luxe, succès naissant, début de reconnaissance internationale, la chance a frappé à sa porte et le rêve commence dont Nicole n'a aucun désir de s'éveiller...

 

Il se poursuivra avec la rencontre de Tom Cruise qui cherchait une comédienne pour Jours de tonnerre de Tony Scott, ainsi trouve-t-il son épouse et elle son Pygmalion. Elle devient donc madame Cruise, ce qui va lui faciliter la tâche pour faire sa place dans l'univers hollywoodien. De ce moment, sa carrière passe à la vitesse supérieure et elle enchaîne les films dont Horizons lointains de Ron Howard, mais décolle vraiment avec Prête à tout de Gus Van Sant qui lui offre le rôle d'une Miss Météo dévorante d'ambition qui utilise son amant pour supprimer son mari. Un rôle qui changera sa vie. Pour la première fois de sa carrière, c'est elle qui porte le film dans lequel elle fait preuve d'un sens aigu du comique. Un rôle sur mesure qui lui permet d'obtenir son premier Golden Globe et d'imposer son style, un subtil déséquilibre entre un contrôle travaillé et un abandon assumé.

 

Il est vrai que peu d'actrices hollywoodiennes ne montrent autant d'appétit pour des personnages qui ne les flattent pas, au physique et au moral, et  autant d'audace pour les interpréter, laissant en coulisses leur égo de star et leur coquetterie de femme. Dans Portrait de femmes de Jane Campion, elle est maltraitée par le machiavélique Malkovich, dans Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick, elle fait l'apprentissage du libertinage, dans Stoker de Park Chan wook, elle a une relation torride avec le frère de l'assassin de son mari et dans Paperboy de Lee Daniels, elle se transforme en bimbo déjantée et joue une scène sexuelle d'un rare culot pour une star de la liste A. Rien n'est trop étrange pour la frondeuse Kidman. L'actrice sait alterner les films d'auteur et les superproductions américaines du genre Australia et cette stratégie est payante puisqu'elle obtient l'Oscar de la meilleure actrice en 2003 pour The Hours et trois Golden Globes. "J'adore le cinéma, mais je n'ai jamais voulu être une star. Ce que j'ai toujours voulu, c'est d'avoir la vie la plus riche, la plus variée, la plus baroque possible - explique-t-elle. Mariée depuis neuf ans à Keith Urban, un roi de la country avec lequel elle a deux filles, Sunday Rose et Faith Margaret, elle partage son temps entre Nashville où elle habite, l'Australie où réside sa famille, Los Angeles où elle voit les deux enfants qu'elle a adoptés avec Tom Cruise et Hollywood où elle travaille. Kidman ne cesse pas de tourner. Après Grace de Monaco viendront The Railway man de Jonathan Teplitzky, puis Paddington de Paul King et The Danish Girl de Lasse Hallström. Nous n'avons pas fini de la voir  sur nos écrans dans cette diversité baroque qu'elle affectionne.

 

A propos du film sur Grace de Monaco, elle dit qu'elle n'aurait pas accepté ce rôle s'il n'avait consisté qu'à interpréter, une fois de plus, celui de la princesse sublime que nous connaissons. Pour incarner un personnage à l'écran - dit-elle - il faut que j'entende sa voix et que cette voix me dise quelque chose. Celle de l'héroïne du film de Dahan m'a parlé parce que c'est celle d'une femme de conviction, d'une femme rigoureuse, responsable, fidèle à ses engagements. Dahan a situé le film en 1962 alors que la Principauté subit l'ire du général de Gaulle, qui coupe l'eau, l'électricité et ferme les frontières du Rocher lorsque Rainier décide de ne plus verser ses impôts à la France. J'ai bien aimé entrer dans ce personnage solidaire de son mari qui s'implique dans ce bras de fer, qui ne sait pas faire les choses à moitié, qui suit son instinct et ne calcule pas, au point de renoncer au cinéma." Ce film fut néanmoins boudé par le grand public. Ce qui n'a nullement ralenti la carrière d'une actrice qui compte parmi les valeurs sûres du 7e Art international. Récemment, elle a fait une apparition sensible et intelligente dans "Le Lion", sans maquillage et avec une authenticité qui m'a beaucoup séduite. Ce qui prouve qu'elle peut laisser de côté son rôle de star pour n'être qu'une femme chargée de transmettre une émotion. 

 

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NICOLE KIDMAN - PORTRAIT
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  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

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