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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 10:00

Décidément le cinéma français manque visiblement d’inspiration et ce n’est pas ce pauvre Dans la cour qui va lui redonner un semblant de santé et de couleur. Heureusement, et bien que sans prétention, Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu a le mérite d’être hilarant et de vous distraire sans vulgarité et sans leçon de morale. Mais ce passage dans cette cour sordide, mise en images par Pierre Salvadori, est l’assurance d’en ressortir plus découragé que jamais sur l’avenir de notre 7e Art. On vous fera remarquer que c’est là un film d’auteur, seulement l’auteur est sans talent, sans verve, sans esprit. Les dialogues sont d’une pauvreté accablante et les mots qui reviennent le plus souvent sont « Oh putain, c’est con ! et autres richesses de notre belle langue française. Rien qui puisse, dans cet opus indigent, susciter la moindre émotion et le moindre intérêt. On s’ennuie à longueur de pellicule devant ces personnages creux qui sont bien en peine de délivrer un quelconque message car il n’y en a pas ; c’est l’histoire plate et grise d’un musicien dépressif qui se reconvertit en gardien d’immeuble. Il y rencontre Mathilde, une femme qui flirte avec la folie et fait une fixation sur des fissures qui apparaissent dans son appartement, symbole de ses fêlures intérieures. Un lien de tendre amitié va se nouer entre elle et son gardien qui tente bien maladroitement d'apaiser ses angoisses tout en gérant tant bien que mal les siennes. Voilà, n’en attendez pas davantage, la mélancolie est ici au rabais.

 

On se demande ce que Catherine Deneuve vient chercher dans ce rôle de déjantée aussi peu attendrissante que possible. Elle donne vraiment l’impression de ne prêter à ce rôle qu’un visage désabusé et morose, sans les grâces de l’âge que quelques actrices ont si bien su insuffler à leurs dernières apparitions à l’écran. Pensons à Danielle Darrieux, à Denise Grey dans La boum ou à Gisèle Casadessus, adorable dans La tête en friche. Aussi est-ce pénible de voir Deneuve s’égarer dans des productions d’une telle médiocrité, très en-dessous de son talent. Certains ont crié à la grande Catherine, je serai plutôt tentée de susurrer …la pauvre Catherine.

 

 

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DANS LA COUR de PIERRE SALVADORIDANS LA COUR de PIERRE SALVADORI
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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 09:08
NICOLE KIDMAN - PORTRAIT

Nicole Kidman est née en 1967 à Honolulu d'un père biochimiste et d'une mère infirmière qui ont l'un et l'autre ardemment milité dans les années 60 contre la guerre du Vietnam et pour un monde meilleur. Lorsque Richard Nixon devient président des Etats-Unis, la famille Kidman, très engagée, se réfugie en Australie pour échapper au FBI. Nicole étudie dans les meilleurs pensionnats de Sidney et souhaite devenir journaliste ou simple globe-trotteuse, ses parents lui ayant inculqué le goût des voyages, mais elle aime aussi la danse, la peinture, la littérature, la photo et par-dessus tout la comédie. C'est en voyant Katherine Hepburn dans "The Philadelphia Story" qu'elle souhaite secrètement devenir actrice car, comme Hepburn, Nicole Kidman n'a peur de rien et peut tout plaquer par envie ou par devoir.  Elle le prouve en quittant sa famille à 17 ans pour aller vivre un grand amour adolescent à Amsterdam. L'aventure durera peu de temps, faute d'argent, et à son retour au bercail, elle abandonne à nouveau tout pour veiller sans relâche sur sa mère atteinte d'un cancer. Les années suivantes étant plus sereines, elle réalise enfin son rêve en s'imposant progressivement dans des feuilletons, téléfilms, courts métrages, tout est bon à prendre jusqu'à ce que Phillip Noyce, le réalisateur australien, lui propose un rôle dans "Calme blanc", un thriller qui se passe en mer et connait un succès mondial. A la suite de ce tournage, les studios américains lui envoient un billet de première classe pour venir défendre le film à Hollywood. Limousine, hôtel de luxe, succès naissant, début de reconnaissance internationale, la chance a frappé à sa porte et le rêve commence dont Nicole n'a aucun désir de s'éveiller...

 

Il se poursuivra avec la rencontre de Tom Cruise qui cherchait une comédienne pour "Jours de tonnerre" de Tony Scott, ainsi trouve-t-il son épouse et elle son Pygmalion. Elle devient donc madame Cruise, ce qui va lui faciliter la tâche pour faire sa place dans l'univers hollywoodien. De ce moment, sa carrière passe à la vitesse supérieure et elle enchaîne les films dont "Horizons lointains" de Ron Howard, mais décolle vraiment avec "Prête à tout" de Gus Van Sant qui lui offre le rôle d'une Miss Météo dévorante d'ambition qui utilise son amant pour supprimer son mari. Un rôle qui changera sa vie. Pour la première fois de sa carrière, c'est elle qui porte le film dans lequel elle fait preuve d'un sens aigu du comique. Un rôle sur mesure qui lui permet d'obtenir son premier Golden Globe et d'imposer son style, un subtil déséquilibre entre un contrôle travaillé et un abandon assumé.

 

Il est vrai que peu d'actrices hollywoodiennes ne montrent autant d'appétit pour des personnages qui ne les flattent pas, au physique et au moral, et  autant d'audace pour les interpréter, laissant en coulisses leur égo de star et leur coquetterie de femme. Dans "Portrait de femmes" de Jane Campion, elle est maltraitée par le machiavélique Malkovich, dans "Eyes Wide Shut" de Stanley Kubrick, elle fait l'apprentissage du libertinage, dans "Stoker" de Park Chan wook, elle a une relation torride avec le frère de l'assassin de son mari et dans "Paperboy" de Lee Daniels, elle se transforme en bimbo déjantée et joue une scène sexuelle d'un rare culot pour une star de la liste A. Rien n'est trop étrange pour la frondeuse Kidman. L'actrice sait alterner les films d'auteur et les superproductions américaines du genre "Australia" et cette stratégie est payante puisqu'elle obtient l'Oscar de la meilleure actrice en 2003 pour "The Hour" et trois Golden Globes. "J'adore le cinéma, mais je n'ai jamais voulu être une star. Ce que j'ai toujours voulu, c'est d'avoir la vie la plus riche, la plus variée, la plus baroque possible" - explique-t-elle. Mariée depuis neuf ans à Keith Urban, un roi de la country avec lequel elle a deux filles, Sunday Rose et Faith Margaret, elle partage son temps entre Nashville où elle habite, l'Australie où réside sa famille, Los Angeles où elle voit les deux enfants qu'elle a adoptés avec Tom Cruise et Hollywood où elle travaille. Kidman ne cesse pas de tourner. Après "Grace de Monaco" viendront "The Railway man" de Jonathan Teplitzky, puis "Paddington" de Paul King et "The Danish Girl" de Lasse Hallström. Nous n'avons pas fini de la voir  sur nos écrans dans cette diversité baroque qu'elle affectionne.

 

A propos du film sur Grace de Monaco, elle dit qu'elle n'aurait pas accepté ce rôle s'il n'avait consisté qu'à interpréter, une fois de plus, celui de la princesse sublime que nous connaissions. "Pour incarner un personnage à l'écran - dit-elle - il faut que j'entende sa voix et que cette voix me dise quelque chose. Celle de l'héroïne du film de Dahan m'a parlé parce que c'est celle d'une femme de conviction, d'une femme rigoureuse, responsable, fidèle à ses engagements. Dahan a situé le film en 1962 alors que la Principauté subit l'ire du général de Gaulle, qui coupe l'eau, l'électricité et ferme les frontières du Rocher lorsque Rainier décide de ne plus verser ses impôts à la France. J'ai bien aimé entrer dans ce personnage solidaire de son mari qui s'implique dans ce bras de fer, qui ne sait pas faire les choses à moitié, qui suit son instinct et ne calcule pas, au point de renoncer au cinéma." Ce film fut néanmoins boudé par le grand public. Ce qui n'a nullement ralenti la carrière d'une actrice qui compte parmi les valeurs sûres du 7e Art international. Récemment, elle a fait une apparition sensible et intelligente dans "Le Lion", sans maquillage et avec une authenticité qui m'a beaucoup séduite. Ce qui prouve qu'elle peut laisser de côté son rôle de star pour n'être qu'une femme chargée de transmettre une émotion. 

 

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NICOLE KIDMAN - PORTRAIT
NICOLE KIDMAN - PORTRAIT
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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 08:59
LE PROMENEUR D'OISEAU de PHILIPPE MUYL

Afin de tenir la promesse qu’il a faite à sa femme, Zhigen, un vieux paysan chinois, décide de faire le grand voyage de Pékin à Yangshuo et de ramener à son village natal l’oiseau qui fut son seul compagnon durant ces années passées loin de chez lui. Qianing, sa belle-fille, riche et belle femme d’affaire, lui demande d’emmener Renxing, sa fille unique élevée dans le luxe, car la personne qui était sensée la garder durant son absence s’est désistée. Bien sûr la petite fille est très mécontente d’être confiée à ce vieux grand-père si peu en accord avec son environnement habituel et son style de vie et elle va, durant  le trajet qui les mènera à Yangshuo, lui faire toutes les niches et caprices possibles, cachant ses chaussures dans les toilettes du train, exigeant de manger à toute heure, enfin ils se perdront dans la forêt à la suite de la panne de leur bus et cette mésaventure finira par susciter des sentiments, l’enfant s’apercevant alors que son grand-père a un contact ludique avec la nature et les animaux, monde qu’elle découvre au fur et à mesure de leur expédition. C’est ainsi que ce cheminent à travers les magnifiques paysages de la Chine rurale va l'initier aux valeurs éternelles et que Renxing comprendra que le sens de la vie n’est pas seulement axé sur la réussite et l’argent.

 

Ce conte ravissant, filmé dans des paysages d'une beauté à couper le souffle, est le septième opus de Philippe Muyl après L’arbre sous la mer, adaptation d’un roman de Nikos Athanassiadis, Cuisines et dépendances, adaptation à l’écran d’une pièce de théâtre et premier succès public de ce Lillois qui avait débuté sa carrière dans la publicité. En 2002, Le Papillon avec Michel Serrault, un film délicieux où un grand-père était déjà l’initiateur des beautés du monde auprès d’une petite fille, sera un succès immense en Chine et incitera le réalisateur à découvrir ce grand pays et à y réaliser « Le promeneur d’oiseau ».  Ce long métrage franco-chinois, que j’ai eu la chance de voir en mars lors de la clôture du 16e Festival du film asiatique de Deauville, est une oeuvre pleine de charme, très actuelle entre deux modes de vie : celle d'un jeune couple de Pékin riche et gagné par tous les travers de la modernité et celle d'un vieux paysan resté attaché à ses traditions ancestrales. Entre eux une petite fille, qui pourrait être celle de n'importe quel couple d’aujourd’hui, va comprendre, à l'occasion de ces vacances impromptues, que la vie a certes plusieurs visages mais que l'amour n'en a jamais qu'un seul.

 

 

Accaparés par leurs vies professionnelles respectives, les parents  s'éloignent l'un de l'autre et délaissent leur enfant, qu’ils se contentent de gâter outrageusement, faisant d’elle un tyran enjuponné et détestable. Quand tous deux doivent, au même moment, partir  en  voyage d'affaires, la fillette se retrouve sans garde. La mère est bien soulagée de la confier aux bons soins de son grand-père. Puisque lui aussi a décidé d'entreprendre un périple dans son village natal, ce retour aux sources va être l’occasion  de resserrer  les liens et de faire découvrir à Renxing que la vie comporte des valeurs extraordinaires, très différentes de celles que lui propose son existence citadine. A propos de son film, Philippe Muyl souligne que : le schéma est représentatif de la société chinoise",  par exemple si vous allez dans les parcs en ville, vous verrez beaucoup de grands-parents s'occuper des petits-enfants, qui sont des trésors à protéger", avec la politique de l'enfant unique. "Ce film parle de trois générations particulièrement significatives, car elles représentent trois époques de la Chine" – poursuit-il. "Le grand-père a connu la Révolution culturelle, la petite-fille est dans une société d'hyper consommation acculturée et ne connait plus rien à son histoire, enfin les parents courent après l'argent. C'est la Chine d'aujourd'hui, enfin une partie en tout cas".

 

L’intérêt du promeneur d’oiseau réside d’ailleurs essentiellement dans cette démarche initiatique d’un homme âgé qui, avec tact et douceur, met l’enfant en présence des grands mystères de la nature, de la beauté des paysages, des ressources insoupçonnées d’un monde à l’opposé du monde technologique et matérialiste qui régit les métropoles. Et la fillette ne sera pas insensible à cette découverte majeure qui sera d’ailleurs, au final, l’argument en mesure de rapprocher ses parents désunis. Ce promeneur d’oiseau est en quelque sorte un magicien, un éveilleur de poésie qui nous enchante comme il enchante sa petite fille. Je vous conseille vivement ce film attachant, plein de grâce et d’humour, admirablement interprété par un acteur très connu en Chine Baotna Li et la jeune Yang Xi Li, tous deux formant un duo craquant et où chacun des spectateurs que nous sommes retrouvera les travers de notre société, atrophiée à bien des égards sur le plan de l’éveil de la sensibilité.

 

 

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LE PROMENEUR D'OISEAU de PHILIPPE MUYL
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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 11:21
NELLY ET Mr ARNAUD de CLAUDE SAUTET

Une jeune femme, Nelly, travaille occasionnellement dans des imprimeries, tandis que Jérôme, son compagnon, ne parvient pas à trouver du travail. Dans un café, Nelly fait la connaissance d'un sexagénaire, monsieur Arnaud, que lui présente Jacqueline, dont il fut autrefois l'amant. Monsieur Arnaud propose de l'argent à Nelly, qui refuse. Elle n'en affirme pas moins à Jérôme qu'elle a accepté et suscite ainsi une rupture qu'elle désirait secrètement. Nelly revoit monsieur Arnaud et se rend à ses raisons. Il peut l'aider financièrement. Elle, en échange, tapera à la machine et critiquera le manuscrit de ses mémoires qu'il est en train de rédiger...

 

Pour Mr Arnaud, ses mémoire sont déjà un adieu à la vie, pour Nelly sa rupture avec son mari est également une remise en cause de son avenir sentimental. Les deux personnages sont en quête de quelque chose qu’ils ne maîtrisent plus et qui fait d’eux des isolés, des cœurs solitaires soucieux de préserver leur quant-à-soi. Tous deux, dans ce quasi huis-clos, où le temps semble suspendu, se croisent, s’épient dans une intimité feutrée sans que leurs élans ne coïncident jamais. Au cœur d’un cocon bourgeois, c’est une tragédie lente et implacable à laquelle nous assistons : un face à face amer, impossible, contrarié, illusoire entre deux protagonistes que l’âge, le milieu social et les aspirations séparent. Avec cet opus, le dernier de sa carrière, Sautet traite avec délicatesse des instabilités de la vie, des impossibilités du destin, des rendez-vous manqués et les traduit en une musique de chambre douce, déchirante et pudique qui sied tellement bien à sa personnalité et trouve là sa tonalité la plus juste, comme cela l’avait déjà été pour Un cœur en hiver.

 

La souffrance des personnages est saisie par une caméra légère qui brosse chaque tableau avec des couleurs aquarellées et sait nous relater avec subtilité l’inconstance des sentiments, les variations des cœurs aux prises avec un réel qui ne les satisfait pas. Les flash-back ne sont là que pour prolonger l’écho des actes et situations qui, désormais, ne sont plus possibles, chaque tentative, chaque élan qui pourraient rapprocher la jeune femme et l’ancien juge sont toujours contrariés, brisés dans leur spontanéité.

 

Cette cantate pour cœurs solitaires est interprétée par deux solistes remarquables, violons qui s’accordent et se répondent sans parvenir à s’unir mais nous enchantent grâce à leurs partitions savamment dosées de gravité, de maturité, d’ironie, de raideur ou de bouleversant abandon. Ce sera ainsi de Mr Arnaud contemplant Nelly dans son sommeil. Michel Serrault et Emmanuelle Béart sont en osmose parfaite avec leurs personnages très tchékhoviens, tandis que les seconds rôles, Charles Berling dans celui du mari, Michael Lonsdale en ami trop envahissant et Jean-Hugues Anglade en soupirant disponible sonnent juste également. Quel plus bel adieu pouvait nous adresser Claude Sautet que cette cantate fauréenne ? 

 

 

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NELLY ET Mr ARNAUD de CLAUDE SAUTET
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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 10:28

 

Il ressemble à Beethoven dont il a le faciès rude, taillé à la serpe, et à personne dans le monde du spectacle qu’il habite depuis quelques années avec une incontestable présence. On ne peut oublier le visage aride de cet homme qui semble fait pour la tragédie et la violence, les rôles ambigus et les destins voués au drame. Il n’y a pas si longtemps qu’il a pris place parmi les grands acteurs du 7e Art, car sa carrière a mis du temps à démarrer et, dans un premier temps qui s’est révélé long, l’acteur s’est surtout passionné pour le théâtre, plus à l’aise sans doute sur les planches que derrière une caméra avec son physique de bucheron peu fait pour les rôles de jeune premier. C’est grâce à Jacques Audiard qu’il s’impose définitivement dans le film « De battre mon cœur s’est arrêté » où il crevait tout naturellement l’écran comme il le fera, davantage encore, dans « Un prophète » du même Audiard qui lui méritera un second César et l’imposera définitivement comme un comédien incontournable. Dans « Quai d’Orsay » de Bertrand Tavernier, il obtient un troisième César et surprend et subjugue dans le rôle d’un ambassadeur à la voix de velours qui a tout vu et tout su.

 

Si on interroge l’acteur sur le secret de cette réussite tardive, il vous répondra qu’il n’a jamais couru après les honneurs, que le théâtre est sa maison-mère et qu’il enrichit ses personnages fictifs grâce à ses blessures personnelles. S’il veut apporter quelque chose au public, il faut que ce soit quelque chose avec laquelle il est lui-même en cohérence, avoue-t-il. Il reconnait qu’il est volontiers un iceberg car son existence lui appartient, voilà pourquoi il n’aime pas parler de lui. C’est un territoire que j’essaie de préserver parce que je suis timide, introverti. Je n’ai pas envie de parler de mon monde intérieur fait de fébrilité. Je pense que nous sommes tous à la fois des barbares et des êtres intelligents. Comme tout le monde, j’essaie quotidiennement de maîtriser le barbare qui est en moi pour laisser place à l’intelligence. J’y arrive plus ou moins. Mais la particularité de l’acteur est de laisser parler le barbare en l’incarnant. Par exemple, je ne pourrais pas mimer une envie de tuer, ce serait ridicule. Alors je fais appel à des choses sombres qui rôdent en moi et qui s’en approchent. Je fais appel à mon cerveau reptilien, à cette pulsion de vouloir détruire l’autre. Je ne peux jouer qu’en m’oubliant moi-même ; il n’y a pas de plus grand bonheur pour un acteur que d’être l’autre.

 

Dans « 96 Heures » de Frédéric Schoendoerffer, son dernier film où il joue un truand qui kidnappe un flic, Niels en impose par son jeu complexe. Il fait passer en virtuose son personnage d’une relative courtoisie à une brutalité exacerbée face à un Gérard Lanvin qui excelle lui aussi dans son rôle de commissaire malmené. Ce truand, nous dit Niels, est un type dangereux, un malade rongé par une obsession : savoir qui l’a donné. Il a besoin de cette information pour pouvoir continuer à vivre. Et il est prêt à tout, même à kidnapper un commissaire. Je suis parti de ça pour construire le personnage, même si je ne sais toujours pas s’il agit par honneur ou par bêtise. Face à moi, j’ai découvert en Gérard Lanvin un acteur d’une grande justesse, extrêmement doué et très honnête sur sa ligne de jeu. Pour moi, cette rencontre aura été enrichissante sur le plan humain. Gérard n’est peut-être pas quelqu’un qui est toujours dans le bonheur, mais moi non plus. Alors ?

 

Une fois encore, je vais vous dire. Pour jouer, on doit planter des trucs dans la peau du personnage qui appartient à notre propre territoire. Un territoire qui, dans ce métier, est souvent fait d’amertume, de frustration, de dégoût… Heureusement, il y a aussi des choses enthousiasmantes.

 

Chaque acteur est placé dans un couloir – poursuit Niels Arestrup, fils d’un danois et d’une bretonne. J’ai hérité de celui du mauvais, du méchant, du complexe. Pourtant, j’adorerais jouer un truc sentimental, mais l’âge joue et j’ai 65 ans. Au théâtre, ça me plairait d’être dans une comédie. Et au cinéma, je me verrais bien dans l’univers de Dupontel. Je serais très heureux dans cette folie-là. Je ne le connais pas du tout mais pourquoi pas ! Je suis seul. Mes rencontres n’ont jamais débouché sur de vraies amitiés. Je ne sors pas, je ne vais pas aux premières ni dans les restos où il faut aller ; j’aime rester chez moi, en famille. Côtoyer mes contemporains ne me manque pas, je préfère me concentrer sur ma femme et mes enfants.. Oui, j’ai deux bébés, des vrais faux jumeaux. C’est une aventure de vie. Pour envisager d’avoir des enfants, il a fallu que je sois très amoureux, que j’arrive à un moment de mon existence où je suis enfin stabilisé. Avoir un petit garçon et une petite fille à mon âge, c’est bouleversant. Pas un rôle, non. C’est la vie, la vraie. Le bonheur, quoi.

 

 

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NIELS ARESTRUP, UN LOUP SOLITAIRE
NIELS ARESTRUP, UN LOUP SOLITAIRE
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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 08:44

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Joe Ransom ( Nicolas Cage )  descend les bouteilles aussi vite qu'il brûle sa vie. Joe est peut-être irresponsable, il n'en est pas moins un travailleur acharné. C'est dans une forêt, où il est employé à abattre les arbres, qu'il rencontre Gary (Tye Sheridan), un adolescent de 15 ans. Pour Gary, l'enfant malheureux maltraité par un père ivrogne et paresseux, tout n'est pas perdu, il est encore temps pour lui d'emprunter le droit chemin, à condition d'échapper à l'emprise néfaste de son père Wade qui n'hésite pas à tuer pour voler. Joe, touché par la volonté et le courage du jeune garçon qui souhaite s'en sortir et échapper à l'emprise malsaine de son père, ainsi que sauver sa mère et sa soeur de ses lâchetés et brutalités, l'engage et, contre toute attente, l'adolescent et l'ancien taulard finissent par sympathiser. Le chemin de la rédemption, dans une petite ville du Sud, sera jalonné de soirées en solitaire, de coups de gueule, de bagarres avec des fous de la gâchette épris de vengeance ou de revanche, ainsi que de visites au lupanar local. Un climat certes oppressant et une violence toujours omniprésente dans un opus conduit avec une certaine rigueur malgré des longueurs dans la première partie et des scènes gore dont on pourrait fort bien se passer. Inspiré d'un roman de Larry Brown, le film nous montre une Amérique malade de sa brutalité, de son matérialisme, de sa pauvreté latente, de son absence d'idéal,  sans nous priver toutefois  - et c'est là sa qualité première - d'une lueur d'optimisme. 

 

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D'autant que les acteurs sont parfaits, tous habités par leur personnage et que Nicolas Cage fait là un retour remarqué sur le grand écran. Il s'investit totalement dans ce rôle en demi teinte où il apparat comme un mauvais sujet repenti, touché par une sorte de grâce et devenant spontanément un père de substitution pour l'adolescent en quête d'un avenir respectable. Et celui qu'il lui propose est empreint d'une vraie humanité et d'un esprit d'abnégation qui sort l'histoire de son ornière de frénésie et de perdition. Pour ce final lumineux et sobre, le film mérite notre intérêt et se singularise au coeur d'une production américaine d'une violence quasi insupportable qui tourne sur elle-même comme l'animal qui se mord la queue. Ce qui justifie pleinement l'accueil excellent qu'il reçut au 39e Festival du film américain de Deauville, ce dernier profitant de l'occasion pour rendre un hommage appuyé et enthousiaste à l'acteur principal : Nicolas Cage.

 

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 09:04
QU'EST-CE QU'ON A FAIT AU BON DIEU ? de PHILIPPE de CHAUVERON

Claude et Marie Verneuil, issus de la grande bourgeoisie catholique provinciale, sont des parents plutôt "vieille France". Mais ils se sont toujours obligés à faire preuve d’ouverture d’esprit...Les pilules furent cependant bien difficiles à avaler quand leur première fille épousa un musulman, leur seconde un juif et leur troisième un chinois. Leurs espoirs de voir enfin l’une d’elles se marier à l’église se cristallisent donc sur la cadette, qui, alléluia, vient de rencontrer un bon catholique.

 

Sur ce canevas casse-gueule, Philippe de Chauveron qui, jusqu’alors, ne nous avait proposé que des comédies assez plates, nous offre un opus amusant, enlevé et fort bien ficelé qui n’est pas sans rappeler des films, qui furent en leur temps des succès, comme Rabbi Jacob ou La vérité si je mens. Alors, ne boudons pas notre plaisir lorsque se présente à nous un film savoureux, drôle sans jamais être vulgaire, et qui égratigne gentiment toutes les communautés sans jamais être méchant ou blessant. Ici on est dans le gag soft et la caricature plaisante où la xénophobie de chacun n’engage que lui-même sans porter offense à l’autre. Voilà qui nous réconcilie avec le multiracial et le multiculturel revisités de façon burlesque mais volontairement optimiste.

 

Il faut dire que chacun a l’élégance de ne pas se voiler la face et de balayer devant sa porte avant d’accuser quiconque et que les gendres font preuve d’un sens familial évident, acceptant même de passer un Noël chrétien chez les beaux-parents, ce que bien des gendres français oublient de faire. Mais ceux-là ont, à l’évidence, assez de cœur pour comprendre que leurs beaux-parents ont quelques raisons d’être un peu déboussolés dans leur quotidien. Bien que catholiques  pratiquants, Claude et Marie Verneuil ont eux aussi des vertus de tolérance et l’amour du prochain n’est pas un vain mot selon eux, d’où le côté conciliateur et apaisant de ce film qui nous brosse un tableau idéal du mélange des peuples, des religions, des coutumes et, ce, avec allégresse. On en aurait presque la larme à l’œil. Aussi faut-il le remercier de nous avoir concocté, à un moment où les tensions sont si grandes, une comédie qui réconcilie au lieu de diviser, qui amuse au lieu de choquer, qui apaise au lieu d’irriter. Un grand bravo pour ce tour de force sans prétention cinéphile peut-être, mais qui nous propose une dose d'euphorisant à moindre prix.

 

Je ne citerai pas chaque acteur car ils sont tous excellents, parfaitement crédibles et visiblement très bien dans leur peau. Christian Clavier en notable bon enfant, auprès d'une Chantal Lauby délicieuse de gentillesse, est simplement formidable, avec ce poids que les ans lui ont donné et qui lui va comme un gant dans ce rôle de père aux prises avec son époque et ses inévitables bouleversements.

 

A voir si le quotidien vous a mis l’humeur à l’envers.

 

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QU'EST-CE QU'ON A FAIT AU BON DIEU ? de PHILIPPE de CHAUVERON
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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 08:46
LES CHOSES DE LA VIE de CLAUDE SAUTET

Pierre (Michel Piccoli), architecte d'une quarantaine d'années, est victime d'un accident de voiture. Éjecté de son véhicule et gisant dans une prairie à peine conscient, il revoit son passé et les deux femmes qui comptent dans sa vie, Catherine (Léa Massari) dont il est séparé et avec qui il a eu un fils et Hélène (Romy Schneider) avec qui sa relation amoureuse est à un tournant. A partir de ce thème, inspiré d’un roman de Paul Guimard, Claude Sautet compose un drame sentimental de belle facture sur un scénario travaillé en collaboration avec Jean-Loup Dabadie qui a écrit également les dialogues et sur une musique d’un charme envoûtant que l’on doit à Philippe Sarde. L’ensemble est une réussite d’autant plus appréciable que le montage est un petit chef-d’œuvre d’habileté qui nous conte la vie de Pierre Bérard grâce à des flashs- back qui pointent ainsi les moments clés de son existence.

 

Séparé de sa femme, Pierre vit une passion avec la belle Hélène mais on ne tourne pas si facilement une page qui a compté beaucoup de moments heureux, on ne s’éloigne pas de son passé si aisément, si bien que Pierre est à un virage qu’il ne sait pas mieux amorcer que celui où il trouvera la mort sur une petite route départementale, par un jour de pluie, alors qu’il roule à trop vive allure…

 

Ce sont ces choses de la vie faites de petits riens, de réunions de famille, de rencontres, de bavardages entre copains en buvant un café, ce sont ces visions fugitives d’un passé qui vient soudain percuter le présent et le colorer d’une subtile mélancolie que Claude Sautet hisse à la hauteur d’un drame antique et que saisit une caméra sensible et nostalgique. Ce film est également une chronique des années 70, la fin des 30 Glorieuses où l’air semblait plus léger qu’aujourd’hui, où les femmes s’habillaient de couleurs vives, de robes structurées, se coiffaient de chignons bas sur la nuque, où la classe moyenne des cadres étaient plus à l’aise que de nos jours, où l’on fumait beaucoup et où l’insouciance se faisait la part belle aussi bien professionnellement que sentimentalement. On commençait à voir pointer les familles recomposées, les liaisons affichées, mais tout cela restait feutré par une évidente élégance du cœur.

 

Les choses de la vie, par sa composition remarquable, son casting, sa musique sera le premier succès de Claude Sautet et son entrée par la grande porte dans le monde des cinéphiles. Ce film recevra d’ailleurs le prix Louis Delluc 1970 et obtiendra un grand succès en salles. Il est vrai que les acteurs y sont pour quelque chose et que Sautet a su les choisir avec discernement. Michel Piccoli s’impose dès les premières scènes par sa présence, Lea Massari est magnifique et très classe dans le rôle de l’épouse qui ne se laisse nullement abattre par les événements et déchirera au bon moment une lettre compromettante, enfin Romy Schneider est sublime de charme, de tendresse, d’inquiétude, elle est la femme qui se tient en équilibre sur un fil entre espérance et désespoir, cet état qu’elle savait si bien traduire à l’écran avec son beau visage interrogateur. Oui, un film que l’on revoit avec émotion et qui distille une mélancolie poignante car la vie est ainsi faite de ces choses qui ,tour à tour, exaltent et fracassent.

 

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LES CHOSES DE LA VIE de CLAUDE SAUTET
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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 10:09

On connait l’admiration de John Turturro pour Woody Allen, si bien que son désir de collaboration avec le célèbre et incontournable réalisateur américain  nous vaut aujourd’hui une comédie douce-amère qui n’a certes pas l’envergure des comédies du maître mais nous fait passer un agréable moment avec des actrices en grande forme et deux comédiens qui se donnent la réplique avec une complicité évidente.

 


Certes le résultat n’est pas un chef-d’œuvre, il y manque un rythme plus soutenu et surtout des dialogues plus percutants, mais l’ensemble reste plaisant à regarder, d’autant que les femmes sont belles à damner les saints et que les deux compères Allen et Turturro jouent sur le registre des moeurs avec une retenue pleine de délicatesse et de bonne humeur. Pas de scènes salées, mais une vision de la sexualité nimbée d’une touche de pudeur qui rend l’approche autrement plus fine que l’acte en lui-même ; pour un peu, on se croirait revenu aux années 60. Et pour le même prix, on nous offre une Sharon Stone plus sculpturale que jamais et une Sofia Vergara délivrée de tous tabous et suffisamment sexy pour rester dans les starting-blocks.

 

 

Cependant  la surprise de cette histoire où un libraire propose à son ami fleuriste, afin d’arrondir leurs fins de mois difficiles, d’offrir ses bons services d’amant occasionnel à des femmes friquées et esseulées, l’un devenant le mac de l’autre, est la prestation de Vanessa Paradis absolument délicieuse en veuve d’un rabbin ultra orthodoxe qui s’affranchit enfin de ses peurs et de ses inhibitions auprès de cet homme doté de chaleur humaine et de tact. Il est vrai que John Turturro n’a rien d’une bête de sexe et c’est l’intelligence du film de pianoter sur les touches de la tendresse plutôt que du vice et de ne voir en ces partenaires d’un jour ou d’un soir que les victimes de la solitude. Comédie de mœurs qui délivre un message certes simpliste sur le droit de chacun à goûter au plaisir, elle n’en n’égratigne pas moins la religion juive avec l’humour de bon augure dont a toujours usé Woody Allen. A ce seul détail, nous savons que son influence ne fut pas négligeable.

 

 

Dans son rôle de gigolo doux et rassurant, John Turturro est parfaitement crédible, tandis que Woody Allen en marlou sans scrupules et toujours prêt à délivrer la bonne parole est égal à lui-même et nous amuse sans en faire trop et en restant  le partenaire des enfants qui l’entoure, comme si cette paternité complaisante le lavait d’une partie de sa faute. Il y a toujours de sa part un clin d’œil qui allie les contraires de façon comique. Un film sans prétention, que l’on oubliera vite, mais qui, flirtant avec le vice n'en garde pas moins un peu de vertu

 

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APPRENTI GIGOLO de JOHN TURTURRO
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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 08:48
SALAUD,ON T'AIME de CLAUDE LELOUCH

Un  photographe de guerre à la retraite, Jacques Kaminsky interprété par Johnny Hallyday  buriné à souhait, vient visiter avec sa dernière compagne un chalet alpin qu’il entend acheter pour fuir Paris et ses pompes et se retirer à l’écart du monde. La jeune femme ( Sandrine Bonnaire ), qui lui fait visiter les lieux, dégage un charme auquel cet amoureux des femmes ne résistera pas, si bien que nous le retrouvons, quelques mois plus tard, s’installant en sa compagnie dans ce lieu idyllique veillé par un aigle photogénique et un environnement exceptionnel de cimes enneigées. Bientôt le meilleur ami du photographe, un médecin campé par Eddy Mitchell, lui rend visite et voyant combien son ami souffre de ne pouvoir réunir ces quatre filles, nées chacune d’une mère différente et qu’il a coupablement négligées, imagine de leur faire croire que leur père est très malade, ce qui a pour conséquence immédiate de les faire arriver en catastrophe et de créer une suite d’imbroglios plutôt sympathiques. Malheureusement cette chronique familiale va brusquement virer au polar de façon alambiquée, ce qui enlève au film sa cohésion et surtout le prive de toute crédibilité.

 

Dommage qu’une fois encore Lelouch ait cédé à son travers de faire compliqué alors que la simplicité du début lui seyait autrement mieux et surtout conférait une unité à son film. Mais on ne guérit pas de ses travers. On sait qu’il y a toujours eu chez Lelouch, cet éternel gamin fou de caméra, un petit quelque chose d’amateurisme. Chez lui, les découpages ont trop souvent manqué de nerf et les scénarios de muscle, ce qui les fait partir en vrille comme nous le constatons avec "Salaud, on t’aime".

 

Heureusement les images sont belles. Lelouch est un œil, pas toujours une tête, ce qui produit des longs métrages bancals comme ce dernier auquel peu de choses suffisait pour emporter l’adhésion. Reste un casting plaisant, un duo composé des deux ténors de la chanson populaire, le joli sourire de Sandrine Bonnaire, des paysages magnifiques et la dose habituelle, que n’oublie jamais Claude Lelouch, de romanesque composite, de rigolades entre copains, de belles échappées, de quelques larmoiements et d’une bordée de lieux communs, le tout servi sur un lit d’images superbes et de tendresse amusée. Toutefois, le cinéaste aurait été mieux inspiré s'il s'était contenté de nous livrer le bilan d’une vie, qui n’est autre que la sienne, teinté de nostalgie, de plaisirs hédonistes et d’inévitables regrets.

 

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SALAUD,ON T'AIME de CLAUDE LELOUCH
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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