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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 11:55

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Sortie prochaine en France

 

Ye Lanqiu, une jeune femme belle et brillante, apprend qu'elle est atteinte d'un cancer lymphatique à un stade avancé. Dans le bus, qui l'amène à son travail, encore sous le choc de cette terrible nouvelle, elle ne prête pas attention au chauffeur qui lui demande de céder sa place à un homme âgé. Ce moment d'incivilité de sa part est aussitôt filmé grâce à un téléphone portable par une assistante en journalisme qui décide de mettre aussitôt en ligne cette vidéo dans l'espoir de faire un buzz qui la fera monter en grade. Ye Lanqiu va ainsi devenir la cible d'une vaste campagne médiatique que des journalistes vont tenter de récupérer à leur profit et, par la même occasion,  empoisonner sa vie privée et professionnelle. Par le fait du hasard, Ye Lanqiu va croiser le chemin de celui qui a contribué de faire d'elle un paria de la société...

 

En choisissant un thème très actuel qui concerne toutes les sociétés modernes, dont la nôtre, Chen Kaige prouve qu'il reste le témoin actif de son époque et en analyse les faits et leurs conséquences d'une caméra précise, entouré d'une équipe de jeunes acteurs de grand talent. Le film est une fable intelligente sur les dangers de l'informatique et les dégâts que cela peut entraîner lorsque, soudain, les médias s'en emparent et exploitent une culture du voyeurisme dont chacun peut être victime à son insu.

 Il est vrai que le dernier opus du célèbre cinéaste est loin du style et de l'inspiration de "Adieu ma concubine", mais il prouve combien le réalisateur reste en prise avec l'évolution de son pays et se veut le témoin vigilant des phénomènes sociaux qui ne cessent de proliférer au sein d'un pays en pleine mutation. Ce film est une brillante démonstration des méfaits dont la modernité risque à tous moments de nous accabler et s'adresse à chacun de nous, d'où son impact universel. Ici, pas d'effets de style, nous sommes au coeur d' une actualité finement analysée, dans le descriptif et non l'art de l'image ; Kaige ne traite pas son sujet à la façon lyrique et artistique dont Wong Kar-wai a usé envers les arts martiaux ; nous sommes en sa compagnie dans une histoire racontée simplement, sans fioritures aucunes et sans génie particulier non plus.

 

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L'histoire de cette jeune femme se développe à un rythme rapide, avec des enchaînements habiles, des dialogues efficaces et une description très juste du caractère de chacun des personnages, dont les buts sont différents, voire même opposés. Il y a la femme du boss intrigante et intéressée, la journaliste responsable qui entend tirer profit de l'événement à son seul usage, son compagnon touché au coeur par la condition soudainement tragique de la victime, le chef d'entreprise qui se veut objectif et impartial et cherche à minimiser l'affaire ; l'attitude et le comportement de chacun est psychologiquement bien vu et bien rendu. Il est certain que ce film n'est pas d'une grande ambition et risque d'en décevoir plus d'un, mais si Caught in the web est loin d'être un chef-d'oeuvre comme l'était Adieu ma concubine, il reste un ouvrage de qualité que l'on suit avec intérêt et qui pose de bonnes questions sur notre époque. Comme je le signalais plus haut, les acteurs sont parfaits, avec une mention spéciale pour la ravissante  Gao Yuanyuan et Mark Chao.   

 

Né en 1952 à Pékin, Chen Kaige est diplômé de l'Académie du cinéma de Pékin et l'un des réalisateurs chinois issu de la Cinquième Génération ; ceux qui apparurent juste après la Révolution culturelle. Il a obtenu une reconnaissance internationale en 1993 avec son film Adieu ma concubine, Palme d'or au Festival de Cannes. Le Festival du film asiatique de Deauville lui avait rendu hommage en 2006. Parmi ses autres oeuvres les plus connues :

Terre jaune

La Grande Parade

L'empereur et l'assassin

Ji, la légende des cavaliers du vent

 

3-e-toiles

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique 15e FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES DU 15e FESTIVAL du FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE

 

Et pour prendre connaissance de mon article sur Adieu ma concubine, cliquer sur son titre :

 

ADIEU MA CONCUBINE de CHEN KAIGE

 

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 11:30

landofhope       Sortie en salles le 24 avril

 

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Un tremblement de terre frappe le Japon, entraînant l'explosion d'une centrale nucléaire. Dans un village proche de la catastrophe, les autorités tracent un périmètre de sécurité avec une bande jaune qui coupe en deux la localité. Une sorte de ligne de démarcation absurde entre danger bien réel et sécurité toute théorique. Au sein de la famille Ono, les parents âgés choisissent de rester. Leur fils et son épouse acceptent d'être évacués pour fuir la radioactivité…

 

Avec ce film qui sort à quelques semaines de l'anniversaire du tsunami qui a causé des dégâts incommensurables dans la centrale nucléaire de Fukushima, Sono Sion met en images et en perspective une catastrophe nucléaire identique qui interroge chacun d'entre nous sur la politique intérieure d'un pays, la gestion de crise, la propagande utilisée pour soi-disant ne pas affoler les populations et le bouleversement humain et social qui  s'en suit.

 

Devant l'importance du thème, le réalisateur s'efface et compose son opus de façon plus formelle, coordonnant et structurant son récit afin d'en expliciter les conséquences inévitables sur les hommes et la nature. Co-production internationale, ce projet a obligé Sono Sion à une réserve qu'on ne lui connaissait pas et, surtout, à faire de cette oeuvre une démonstration éloquente des suites catastrophiques qu'engendre fatalement un tel drame.

 

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Malgré le malheur qui l'a plus d'une fois éprouvé - rappelons-nous les bombes d'Hiroshima et de Nagasaki - l'Empire nippon a en lui des ressources de courage et de volontarisme inimaginables et le Japon post-Fukushima demeure la terre de l'espoir, parce que la population, serrant les dents, a repris le pas de l'homme et s'est remise en route ayant révisé ses ambitions et mis en veilleuse son orgueil. Apercevant le soleil se lever sur la mer, Sono Sion nous invite à croire que l'espoir persiste et que la vie continue envers et contre tout, grâce à une jeunesse prête affronter l'adversité et à croire en un avenir meilleur.

 

Plutôt qu'un film, il s'agit davantage d'un documentaire tourné dans les paysages dévastés par le tremblement de terre et le tsunami, au coeur d'une population en plein désarroi qui ne sait plus, sur le moment, qui croire, que faire, où aller. Leurs détresse nous touche d'autant plus que nos pays ne sont pas à l'abri de telles tragédies et que l'homme, ayant mis le doigt dans l'inexorable engrenage du progrès scientifique et technique, se trouve en quelque sorte dépassé par des événements incontrôlables et incapable de revenir en arrière. Alors ?

 

Bien fait, bien construit, The Land of Hope  m'a d'autant plus séduite qu'il se penche avec une égale compassion vers le monde humain et animal, que l'on voit un vieil éleveur, interprété avec infiniment de sensibilité par l'acteur Isao Natsuyagi, préférer tuer lui-même son cheptel de bovins que de le laisser abattre par des mains étrangères. Ce sont à des notations de ce genre que l'on mesure la différence avec le film de l'an passé Himizu  d'une violence proprement insoutenable, alors que celui-ci est tout en demi-teintes, en notations soit tendres, soit drôles, car, malgré la gravité du sujet, l'opus n'évacue pas l'humour que suscitent certaines situations. Le vieux couple qui se refuse à abandonner sa maison et préfère se donner la mort que de fuir et de quitter un environnement où il a ses repères et ses habitudes -surtout que l'épouse est atteinte de la maladie d'Alzheimer - est rendu avec une touchante poésie, de même que la jeune femme habitée par la peur d'être irradiée alors qu'elle attend un enfant. De jolies et déchirantes scènes se succèdent qui ont pour but d'éveiller nos consciences sur un sujet capital et d'une gravité qui mérite, ô combien ! une urgente réflexion.

 

  3-e-toiles

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LISTE DES ARTICLES DU 15e FESTIVAL du FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE


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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 19:43

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Une salle élégante et quasi comble, comme les soirs précédents, attendait avec curiosité et impatience les résultats d'un Festival qui su proposer au public des films de qualité et attirer  des spectateurs toujours plus nombreux. Lionel Chouchan a d'ailleurs décerné un grand merci au public et à ces créateurs venus de l'Est qui nous ont offert des oeuvres d'une grande diversité, toujours originales et inventives. Puis le président du Jury Monsieur Jérôme Clément nous a avoué avec modestie, lorsque l'on sait l'homme cultivé qu'il est, l'enrichissement de cette expérience nouvelle pour lui de responsable d'un jury cinéma. Puis, il nous a enfin dévoilé les  heureux lauréats :

 

Lotus du Jury : Prix du Jury ( ex-aequo )  Mai Ratima  de Yoo Ji-tae ( Corée du sud ) - voir ma critique en cliquant ICI -    et Four Stations de Boonsong Nakphoo ( Thaïlande ), un film beaucoup moins réussi que le précédent, moins écrit, moins rythmé, que je considère davantage comme un documentaire sur la vie rurale thaïlandaise avec des personnages simples et humbles qui vivent le long d'une voie ferrée dans quatre régions différentes. Il y a le vieux moine Tu Pu qui tente tant bien que mal d'inculquer le sens de la méditation et du recueillement à de jeunes novices volontiers dissipés, le travailleur venu de Birmanie qui quitte son travail dans une ferme afin de retrouver sa femme et empêcher son retour prématuré dans leurs pays d'origine, enfin un orphelin qui fait de son mieux pour gagner la confiance de sa tante et de son mari. Cela conté de façon décousue sans qu'il y ait de véritable histoire, mais une succession de scènes plaisantes dans des paysages presque toujours brumeux et austères. Je ne pense pas que ce film ait beaucoup de chance de sortir en France, contrairement à Mai Ratima qui devrait séduire le public français par son émouvant récit et la force  de son interprétation.

 

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               Mai Ratima                                                                     Four Stations

 

Quant au Lotus du meilleur film, il est allé à I.D. de Kamal K.M. ( Inde ) à l'unanimité des jurés, tous très emballés par cet opus sensible qui raconte l'histoire d'un groupe d'adolescentes, co-locataires dans un appartement à Mumbaï. Un peintre retrouvé mort chez elles, à la suite des travaux qu'il  y effectuait, va  inciter l'une d'elle en particulier à partir à la recherche de son identité et des motifs de sa disparition, plongeant à cette occasion au coeur d'une ville qu'elle ne connait pas. Je ne peux rien vous dire de plus, n'ayant pas assisté à la projection et laisse à d'autres blogs le soin de le faire à ma place.

 

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La remise des prix achevée, la soirée se poursuivait avec un film de Kim Ki-Duk ( Corée du sud ) Pièta, qui a remporté le Lion d'Or au Festival de Venise 2012. Avoir choisi de projeter un tel film un soir comme celui-ci, devant un public qui venait souvent en famille, me semble être une erreur de tact et de discernement de la part des responsables. Car ce dernier est une véritable offense à la sensibilité des spectateurs dont la plupart ne savaient pas ce qui les attendait. Je crois que dans le cynisme, l'inhumain et le barbare on peut rarement faire mieux. Les valeurs les plus essentielles sont simplement piétinnées et l'histoire n'est autre que celle d'un jeune malfrat doublé d'un tortionnaire qui, ayant été abandonné à la naissance par sa mère, se venge de tout ce qui bouge avec une cruauté insoutenable, car rien ne nous est épargné dans la malfaisance et l'horreur. Voici ce qu'un quotidien écrit à ce sujet :

 

"En primant Pietà du cinéaste coréen Kim Ki Duk, le jury de la 69e  Mostra de Venise, présidé par Michael Mann, a choisi un lion d'or féroce, rugissant de douleur et de cruauté, sinistre comme notre époque. Le héros est un garçon sauvage, sans aucun lien ni sentiment humain, qui survit dans une banlieue de Séoul en mutilant sadiquement de pauvres gens, pour le compte d'escrocs aux assurances. Un jour apparaît dans sa vie une femme inconnue qui se prétend sa mère, dit se repentir de l'avoir abandonné enfant, et ne le quitte plus. Kim Ki Duk, que le spectacle de ce monde asservi à l'argent a profondément déprimé, dit s'être inspiré de la Pietà de Michel-Ange pour composer ce chemin de croix qui fait passer par des stations d'une violence inouïe. Faut-il vraiment ces scènes atroces pour réveiller les consciences du cynisme ambiant? On peut préférer Michel-Ange."

 

Ce qui est mon cas. Comment oser associer le chef-d'oeuvre de Michel-Ange à ce film brouillon, sinistre, immoral, ( bien qu'aucun adjectif ne puisse traduire ce qu'il engendre de provocation malsaine ), ombre regrettable selon moi au bouquet final d'un Festival, par ailleurs, très réussi. Que les organisateurs aient voulu le passer, soit, mais pas à l'occasion de cette soirée, moment festif qui réunissait un public consensuel et éclectique  venu partager quelques heures de détente et de plaisir. Dommage !

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique 15e FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES DU 15e FESTIVAL du FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE

 

Carte presse festival asiatique 2013

 

 

 

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 14:19


wongkarwai

 

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Non, nous ne rêvions pas ce vendredi 8 mars 2013 pour ce 15e Festival du film asiatique de Deauville, sur la scène du CID, le metteur en scène, Wong Kar-wai, l'un de mes préférés, était bien présent pour recevoir l'hommage qu'il méritait plus qu'aucun autre. Une salle quasi comble, un public enthousiaste a applaudi son arrivée et les mots qui lui ont été adressés par le président du jury Monsieur Jérôme Clément. Ce dernier a souligné l'honneur qui était fait par cette présence à un Festival qui gagne un peu plus chaque année ses cartes de noblesse et tout particulièrement pour cette édition qui nous a permis de recevoir Sono Sion et Wong Kar-wai et de saluer, à travers eux, le 7e art japonais et chinois.

 

C'est en 1988 que, formé pendant quelques années dans le sérail, Wong Kar-wai a réalisé son premier film As Tears Go by et que celui-ci fut présenté à la semaine de la Critique à Cannes, mais jugé trop violent par les Occidentaux.  Nos années sauvages ( 1990 ), son second opus, sera un échec commercial, malgré ses qualités évidentes, et la seconde partie ne parviendra jamais à être montée, faute de dividendes. Avec  Les cendres du temps  ( 1994 ), Wong Kar-wai s'attaque à une grande fresque historique qu'il ne lui demandera pas moins de deux années de travail et pour laquelle il usera de chorégraphies et de scènes de combats d'une extrême précision, en même temps qu'il affichera un casting prestigieux, ce qui lui méritera d'être présent à Venise et d'obtenir le prix de la Meilleure photo. Un grand pas était franchi.


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Epuisé par le tournage, le réalisateur décide de revenir à l'essence du cinéma et de filmer simplement des personnages dans le Hong Kong de son enfance, caméra à l'épaule. Le résultat en sera  Chungking Express,  un succès populaire qui le révèle enfin à un public international. Avec Happy Together  ( 1997 ),  tourné en Argentine, il remporte le Prix de la mise en scène à Cannes, mais crée le scandale en Asie où l'homosexualité est encore un sujet tabou.  In the mood for love  ( 2000 ), son septième film, touche à la magie. Le succès sera considérable et verra l'acteur principal - Tony Leung - couronné par le Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes de la même année. Sans rien dévoiler d'intime, le film dégage une sensualité intense et nous conte une histoire d'amour magnifiée comme rarement sur grand écran. Un chef-d'oeuvre absolu qui consacre son auteur comme l'un des maîtres du cinéma international et le plus grand du continent asiatique, capable de séduire le public dès ses premières images. Son romantisme désenchanté fait merveille et parait sans équivalent dans le 7e Art contemporain, un style qu'il développe avec son chef opérateur Christopher Doyle.


En prise directe avec la réalité, Wong Kar-wai  inaugure une sorte de romantisme urbain qui privilégie les personnages à l'histoire et se voit en quelque sorte dicté par les contraintes techniques qu'il rencontre. Il s'en explique :

A Hong Kong, nous n'avons ni le temps, ni l'espace, ni les moyens de tourner autrement que la caméra à l'épaule ou en grand angle. Notre style n'a pas de considération esthétique. Notre style, ce sont les contraintes qui le créent. Peu d'argent, peu de temps pour filmer dans les lieux publics.

 

Et, néanmoins, ce style fascine par la beauté nuitée des prises de vue, les éclairages qui rappellent ceux du peintre Le Nain et la passion de l'auteur pour le moindre détail et les toilettes féminines. Certains iront jusqu'à lui reprocher ce fétichisme ... Je ne m'en plaindrai pas, trouvant à chacun de ses films une puissance d'évocation rare, une virtuosité formelle et un goût de la séduction qui ne cessent de m'envoûter. Je crois ne pas être la seule.
Conforté par l'immense succès de In the mood for love, le cinéaste produit en 2004  "2046," qui reprend le même thème, sans parvenir à atteindre tout à fait  l'enchantement du précédent, mais où il renoue avec la quintessence de son art, véritable polyphonie amoureuse sur l'éclatement du temps à partir des souvenirs d'un séducteur qui recherche la femme dans toutes les femmes, ce, avec son acteur de prédilection Tony Leung et deux actrices magnifiques : Gong Li et Zhang Ziyi.


De même que l'on reprochera à  My blueberry nights ( 2007 ) d'être empreint de maniérisme et de laisser s'enliser une histoire trop convenue, comme s'il ne parvenait plus à sortir d'un exercice de style devenu vain car trop répétitif. Ce qui est aussi ridicule que si l'on reprochait à un grand écrivain d'écrire toujours le même livre. Alors qu'il faut considérer que le cinéaste indique ainsi, de façon elliptique, l'importance de la narration en images comme en mots, et interroge le cinéma sur ses capacités à jouer avec ses infinies possibilités expressives. Si bien que chacune de ses oeuvres n'est finalement qu'une nouvelle variation sur un sujet identique : une mélodie qui dessine avec le temps un tableau à chaque fois plus riche, plus complet et plus intemporel.

Wong Kar-wai présidera le jury du Festival de Cannes en 2006 et deviendra ainsi le premier réalisateur chinois à bénéficier de cet honneur. La même année lui sera remise par le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres la médaille de Chevalier dans l'ordre national de la légion d'honneur.

 

En février 2013, son nouveau long métrage The Grandmaster a fait l'ouverture du 63e festival de Berlin et en mars le film est  présenté en avant première à Deauville, film éblouissant auquel je consacrerai prochainement un article. La patte formelle entre grâce langoureuse et pur instinct est toujours bien présente dans ce dernier opus. Tout comme - souligne Leonard Haddad - le goût des ralentis et de la pluie, les hommes et les femmes qui s'observent, se trouvent parfois et se perdent le plus souvent.

 

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:11

Sono

 

Sion Sono est connu principalement pour ses film avant-gardistes. Mais il n'est pas seulement réalisateur, il est également poète et scénariste. Né en 1961 à Toyokowa, dès l'âge de 17 ans il commence à se faire remarquer en tant que poète grâce à des  revues telles que The Modern Poem Book et Eureka.

 

Avec son petit chapeau rond et sa barbiche, le cinéaste/poète est devenu, au cours de ces dernières années, l’une des personnalités les plus en vue du paysage culturel japonais, figure de proue de l’identité de la jeunesse qui vénère cet artiste complet, cinéaste de la contre-culture et de la subversion.    


Alors qu'il étudiait à l'Université de Housei, il décide d'abandonner ses études afin de se consacrer pleinement à la réalisation de courts et moyens-métrages. Dans son premier l am Sono Sion !, réalisé en 1985,  l’auteur se filmait en train de réciter ses propres poèmes. S'ensuivit quelques moyens et longs-métrages. En 1986, Sono Sion passe au long métrage avec A Man’s Flower Road qui remporte le Grand Prix du Festival de Pia au Japon. Son film suivant, The Room, fait sensation en 1993 au Festival de Sundance où il remporte le Prix spécial du jury. Le réalisateur enchaîne alors des films caractérisés par leur style «  à l’arraché » et leur vision ironique et cruelle de la société japonaise bridée par ses tabous. En parallèle à ses activités de cinéaste d’avant-garde, Sono Sion poursuit sa carrière de poète éveilleur de conscience et s’érige comme un contre-exemple des dérives obsessionnelles d’une jeunesse qu’il considère en perdition et de plus en plus coupée du réel. En 2001, il fait de nouveau sensation dans les festivals internationaux avec son film Suicide Club qui évoque le phénomène gravissime des suicides collectifs d’une jeunesse japonaise en plein marasme moral et psychique. On y voit une séquence où plusieurs collégiennes se jettent ensemble sous un métro, scène choc s’il en est…

Les dix années qui suivent voient se succéder les films à un rythme record où le mélodrame, la violence, le sexe, les délires surréalistes s’expriment  avec une agressivité qui confine souvent à l’horreur, mais où Sono Sion exprime, sans complaisance, les choix de sa conscience, sa vision des choses et les dérives de notre époque, longs métrages d’où la poésie n’est jamais absente. Son film Cold Fish sur un couple de serial killers sera présenté au Festival du film asiatique de Deauville en 2011 et Himizu, dont il réécrit en quelques jours le scénario, le sera en 2012, tandis que le très beau The Land of Hope fut projeté hier soir 7 mars 2013, à la suite de l’hommage qui lui était consacré devant une salle presque comble.

 

Stéphane du Mesnildot a écrit dans « Les Cahiers du Cinéma » que la caméra de Sono Sion savait saisir l’énergie insoumise de ses personnages, accompagnant leurs courses ou leurs crises de nerfs. Cette énergie – ajoute-t-il – est d’abord négative, comme celle qui circule dans Suicide Club et pousse les adolescents vers la mort. Ce sont les forces noires dont sont emplis les jeunes de Love Exposure et Himizu, poussant l’un vers la recherche frénétique du péché et l’autre vers le meurtre du père tortionnaire. Si la destruction est une étape des films de Sono Sion, elle n’en constitue pas une fin, ce qui l’éloigne du nihilisme. Il est possible d’échapper à la spirale du malheur. Dans Himizu, la jeune fille avait la lourde tâche de convertir en énergie positive l’angoisse existentielle du garçon. Elle y parvenait par la poésie et le langage. Dans The land of hope, alors que les éléments se dérèglent à la suite de la catastrophe nucléaire de Fukushima, l’espoir demeure et la zone interdite devient une sorte de cercle magique où l’amour résiste.

 

Pour consulter ma critique du film Himizu, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

HIMIZU de SONO SION

 

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 18:26

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Pour soutenir sa sœur restée en Thaïlande à s’occuper de leur mère atteinte de la maladie d’Alzeimer, Mai Ratima (Park Ji-soo) conclut un mariage arrangé avec un déficient mental dans la station  de Pohang en Corée du Sud et vit un quotidien douloureux auprès de sa belle-mère, qui la méprise, et de son beau-frère qui ne cesse de la harceler sexuellement. Alors qu’elle supplie ce dernier de la payer et de renouveler son visa, une scène violente a lieu dans la rue et un jeune homme intervient pour tirer la malheureuse jeune femme de cette situation en lui proposant de le suivre à Séoul. D’abord hésitante, elle accepte et, dans un premier temps, tous deux vont partager une vie difficile de petits boulots, de menus larcins jusqu'à ce que Soo-Young l'abandonne pour une prostituée qui  lui a trouvé un travail dans un bar. Mai Ratima, enceinte, va alors connaître des jours terribles, dormant dans le métro avec les clochards, victime de la corruption et de l'insensibilité de la mégapole. Les deux amoureux se retrouveront beaucoup plus tard mais dans quel état, prêts à forcer le destin malgré tout.

 

Ce premier long métrage de Yoo Ji-Tae est une surprise, car racontée sans fard, avec un réalisme poignant et des acteurs admirables et bouleversants, cette histoire, ô combien sombre, dégage une force et une dramaturgie intense. On vit selon le rythme lent de la plupart des films asiatiques la désespérance de cette jeune femme qui semble vouée à la misère et au malheur mais que sa force de caractère, son courage vont parvenir à sauver. Dans ce rôle difficile,  Park Ji-soo est remarquable, son petit visage tantôt blafard, tantôt éclairé d'une flamme secrète et illuminé par sa beauté intérieure. Elle insuffle à son personnage une densité étonnante face à son partenaire  Bae Soo-bin tout aussi juste dans son rôle de petit voyou au coeur tendre, mais lâche et facilement corrompu. Cette immersion dans le Séoul des bas-fonds est extrêmement bien rendue avec des fondus artistiques où plusieurs images se superposent afin de prêter à la cité nocturne une apparence surréaliste et imprégner la pellicule d'un lancinant désenchantement. Etonnant que l'acteur Yoo Ji-tae, ce beau gosse qui a fait la couverture de Vogue et dont l'élégance ne peut être prise à défaut, ait choisi pour son premier long métrage un thème si dur, une histoire si désenchantée qu'il traite avec infiniment de sensibilité - ne serait-ce que la scène où Mai téléphone à sa mère qui ne se souvient plus d'elle - et qu'il ait eu le désir de montrer l'infinie détresse d'une jeunesse sans repère, sans avenir, sans autre perspective que celle de survivre envers et contre tout, dans un monde où elle n'a pas sa place. On se rend compte à quel point les gens déplacés, les sans-papiers sont voués, pour la plupart, à une errance misérable, aux tentations illusoires procurées par la drogue et les artifices. Cette descente aux enfers est sauvée par la pureté de Mai, cette jeune femme qui est la résistance même, dont le coeur est empli de bonté et de compassion et que le destin ne cesse pas d'abandonner. Longtemps après que les lumières se soient rallumées son visage vous poursuit...signe que le film a atteint son but.   

 

 tumblr_lgqio6FdYu1qbm633o1_500.jpg  Yoo Ji-Tae

 

Né en 1976 à Séoul, Yoo Ji-Tae a étudié à l'université de Dankook et de Chung-Ang avant de devenir acteur et de rencontrer le succès en interprétant le rôle mémorable du tyrannique Lee Woo-jin dans Oldboy de Park Chan-wook en 2003. Il a signé ensuite plusieurs courts métrages dont The Bike Boy en 2003 et  Invitation en 2009, avant de se lancer dans on premier long métrage avec Mai Ratima qui laisse espérer qu'il occupera très bientôt une place de tout premier plan parmi les réalisateurs coréens.

 

3-e-toiles

 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 09:30
15e FESTIVAL du FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE

 

 

 

                                                   DU 6 AU 10 MARS 2013

 

 

Le Festival du Film Asiatique de Deauville est né en 1999 à l'initiative d'Alain Patel. Vingt-quatre ans après le lancement du Festival du Cinéma Américain,  Deauville repousse encore les frontières du septième art en proposant aux passionnés du cinéma un nouveau voyage vers de nouvelles contrées. Aujourd'hui encore les mots manquent pour décrire la richesse et la diversité de la production cinématographique du continent asiatique. Un cinéma au centre de toutes les mutations qui, édition après édition, étonne et surprend. Un cinéma dont personne n'a fini de découvrir les merveilles.

Voilà pourquoi le Festival du Film Asiatique de Deauville existe et prospère. Parce qu'il est indissociable de l'histoire du cinéma asiatique, qu'il est porté par de véritables talents et qu'il s'écrit, au fur et à mesure de ses éditions, avec ses légendes.

 

 

Président du JURY-COMPETITION : Jerôme CLEMENT

 

 

Films en compétition :

 

THE LAST SUPPER de Lu Chuan (Chine) 4ème film
Diplômé de l’Université de Cinéma de Pékin, Lu Chuan s’est imposé en quelques films comme l’un des cinéastes majeurs du nouveau cinéma chinois. Après deux premiers films à petit budget (THE MISSING GUN en 2002 et KEKEXILI, LA PATROUILLE SAUVAGE en 2004), il remporte un grand succès critique et public avec CITY OF LIFE AND DEATH, consacré au massacre de Nankin et projeté en 2010 au Festival du Film Asiatique de Deauville. Il plonge à nouveau son spectateur dans les grandes heures de l’Histoire de la Chine avec THE LAST SUPPER, film historique consacré à la guerre Chu-Han qui s’est déroulée vers 200 avant Jésus-Christ.

SONGLAP d’Effendee Mazlan & Fariza Azlina Isahak (Malaisie) 2ème film
Effendee Mazlan et Fariza Azlina Isahak débutent respectivement comme assistant-réalisateur et comme comédien, avant de signer ensemble leur premier long-métrage, KAMI : THE MOVIE, en 2008. Histoire de deux frères sur fond de trafic de nouveau-nés, SONGLAP est à la fois un drame criminel et un mélodrame à l’ancienne qui interroge les liens familiaux et la possibilité d’une rédemption.

APPARITION de Vincent Sandoval (Philippines) 2ème film
Cinéaste philippin basé à New-York, Vincent Sandoval fonde en 2009 la IndioBravo Film Foundation, qui permet au public américain de découvrir le cinéma indépendant philippin. La même année, il écrit, dirige et joue dans son premier court-métrage, SENORITA, projeté dans de nombreux festivals internationaux, dont Cannes et Vancouver. Avec APPARITION, il propose une réflexion profonde sur le péché, la culpabilité et la foi, ancrée dans un contexte historique et politique précis mis en valeur par la sophistication de la mise en scène.

FOUR STATIONS de Boonsong Nakphoo (Thaïlande) 2ème film
Né en Thaïlande en 1968, Boonsong Nakphoo se fait connaître grâce à son premier long-métrage, POOR PEOPLE THE GREAT, un drame rural à petit budget. Avec FOUR STATIONS, il s’empare des écrits d’auteurs thaïlandais bien connus et propose 4 histoires de gens ordinaires, dans chacune des grandes régions de Thaïlande.

I.D. de Kamal K.M. (Inde) 1er film
Diplômé en 2004 de l’Institut du Film et de Télévision d’Inde, Kamal K.M. présente ses courts-métrages dans de nombreux festivals à travers le monde. Puis, il collabore avec Santosh Sivan en tant que co-réalisateur et scénariste, avant de réaliser I.D., réflexion sur l’identité à travers le destin d’un ouvrier sans nom qui devient le symbole des travailleurs migrants broyés par l’anonymat de la ville. I.D. est la première production du collectif indépendant Collective Phase One, dont Kamal K.M. fait partie.

MAI RATIMA de Yoo Ji-tae (Corée du Sud) 1er film
Yoo Ji-tae décroche le rôle mémorable du tyrannique Lee Woo-jin, face à Choi Min-sik dans OLD BOY de Park Chan-wook. MAI RATIMA est le premier film de l’acteur-réalisateur, qui en a eu l’idée à l’université, mais a dû attendre 15 ans avant de voir son projet se réaliser. Histoire d’amour improbable entre un trentenaire coréen et une jeune fille originaire de Thaïlande, MAI RATIMA aborde de front la question des discriminations sous le prisme du réalisme documentaire.

TABOOR de Vahid Vakilifar (Iran) 2ème film
Né en Iran en 1981, Vahid Vakilifar est assistant-réalisateur sur de nombreux films avant de signer son premier long-métrage, GESHER, en 2010. Avec TABOOR, il propose un objet cinématographique non-identifié, hypnotique et minimaliste, sur fond d’univers apocalyptique.

THE TOWN OF WHALES de Keiko Tsuruoka (Japon) 1er film
Née à Nagano en 1988, Keiko Tsuruoka est encore actuellement étudiante à l’Ecole de Cinéma et des Médias de l’Université des Arts de Tokyo. THE TOWN OF WHALES, son premier long-métrage, est également son film de fin d’études et a été tourné avec une équipe technique et artistique uniquement composée d’étudiants. Film d’initiation, qui voit une jeune fille partir à la recherche de son frère disparu, THE TOWN OF WHALES capture ce moment fragile du passage de l’adolescence à l’âge adulte, et de l’amitié à l’amour…

THE WEIGHT de Jeon Kyu-hwan (Corée du Sud) 5ème film
Né en 1965 à Séoul, Jeon Kyu-hwan réalise son premier long-métrage, MOZART TOWN en 2008, sans formation préalable. Il poursuit sa « Trilogie sur la ville » avec ANIMAL TOWN (2009) et DANCE TOWN (2010). Son film suivant, FROM SEOUL TO VARANASI, est sélectionné au Festival de Berlin en 2011. Avec THE WEIGHT, il propose au spectateur de l’accompagner dans une danse macabre et esthétique, aux frontières entre la vie et la mort .

 

 

HORS-COMPETION :

 

Bouddha : Le grand départ  de Kozo Morishita

 

Caught in the web  de Chen Kaige

 

La légende des sabres volants  de Tsui Hark

 

Mekong Hotel  de Weerasethakul

 

Pieta  de Kim Ki-duk

 

Shokuzai - celles qui voulaient oublier  de Kiyoshi Kurosawa

 

The Grandmaster  de Wong Kar wai

 

The land of hope  de Sono Sion

 

The Thieves de  Choi Dong-hoon

 

The Womb  de Brillante

 

 

HOMMAGES

 

Wong Kar wai     et   Sono Sion

 

 

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 11:15
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Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans 15e FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE
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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 10:24

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Dans l’Angleterre du début du XIXe siècle, voici le récit des destinées sentimentales de trois soeurs qui vont vivre des amours contrariées dont certaines finiront bien, dans une campagne solitaire où elles demeurent avec leur mère Madame Dashwood après la mort de leur père, dont l'entière fortune est revenue à son fils, né d’un précédent mariage. A la suite de ce douloureux événement et à la conduite de la belle fille, une peste qui leur rend la vie dure, mère et filles décident de partir poursuivre une existence plus digne, mais fatalement plus restreinte financièrement, dans une demeure du Devonshire. Mais l’éloignement de la ville et leur modeste train de vie font craindre à la mère que ses filles ne puissent trouver un mari digne de leur rang social.

 

S’inspirant du roman éponyme de Jane Austen,  Emma Thompson a bâti un scénario solide, admirablement mis en scène par  Ang Lee,  qui a ciselé un film délicat, servi par des décors et costumes raffinés. On assiste, tout au long de cet ouvrage, cousu à petits points, au duo formé par les deux soeurs aînées, Elinor interprétée par la merveilleuse Emma Thompson qui n’est jamais si belle que lorsqu’elle cherche à s’enlaidir, et Marianne, la cadette, campée par Kate Winsle  tout aussi juste, la première privilégiant la raison, la seconde se laissant emporter par son romantisme passionné.

 

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Adaptation si réussie du roman de Jane Austen qu’elle a collectionné les récompenses en 1996, au moment de sa sortie en salles, notamment l’Ours d’Or de Berlin, le Golden Globe du meilleur scénario et l’Oscar de la meilleure adaptation. Ces prix mettent l’accent sur le remarquable travail d’Emma Thompson qui a su adapter le roman en trouvant le bon équilibre entre texte et transposition cinématographique. On perçoit le regard ironique que la romancière posait sur ses contemporains, la vivacité et la fraîcheur des sentiments exprimés admirablement par le jeu des acteurs.  Hugh Grant trouve dans le personnage d’Edouard, soupirant maladroit et confiné dans une position difficile, l’un de ses plus beaux rôles. D’autre part, l’élégance très classique de la mise en scène et la subtilité des situations nous assurent un plaisant moment de cinéma.

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

 

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 12:26

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Daniel Day-Lewis vient d'entrer dans le livre des records en obtenant pour son rôle dans Lincoln son troisième Oscar. Ce n'est pas tout à fait un hasard quand on sait le perfectionnisme qui le caractérise et le peu d'apparition qu'il s'autorise sur les écrans, de façon à mieux s'immerger dans ses personnages et à ne les choisir qu'avec circonspection. Cet acteur à l'abord difficile, peu enclin aux épanchements, fuyant les shows médiatiques, né à Londres en avril 1957, est d'origine irlando-britannique et réputé comme le comédien le plus sélectif qui soit, avec seulement cinq films à son actif entre 1998 et 2010. Chacune de ses apparitions le mobilise si intensément qu'il entreprend à chaque fois les recherches nécessaires et méticuleuses pour être en mesure de les incarner selon ses exigences. Ce fut le cas pour Lincoln, rôle qu'il refusa dans un premier temps, avant de l'accepter après avoir mûrement réfléchi à la façon d'entrer dans la peau de cet homme d'état, lisant tout ce qui le concerne, jusqu'au plus infime détail, ce qui a permis à un critique d'écrire : Day-Lewis ne joue pas Lincoln, il est Lincoln.

 

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Après une enfance chaotique, ses parents l'envoient dans un internat privé pour pallier à son indiscipline et c'est là qu'il découvrira les trois activités qui le captiveront le plus par la suite : le travail du bois, la pêche et le métier d'acteur, ce qui ne l'empêchera pas, après la mort de son père en 1972, d'être interné dans un hôpital psychiatrique à la suite d'une overdose médicamenteuse. Rentré dans le rang, et alors qu'il excelle déjà sur la scène du "National Youth Theatre", il choisit de devenir ébéniste, mais son manque d'expérience lui vaut d'être refusé à un stage d'apprenti. C'est alors que, très déçu, il emprunte la voie du théâtre après avoir vu Robert de Niro dans Taxi Driver  en 1976. Inscrit au "Bristol Old Vic", il en suit l'enseignement pendant trois ans qui seront suivis d'interprétations sur les scènes de Londres et de Bristol et intègre par la suite la troupe de la "Royal Shakespeare Company" pour des oeuvres comme Roméo et Juliette et Le songe d'une nuit d'été. Ce n'est qu'en 1987 qu'il endosse le rôle principal dans L'insoutenable légèreté des choses  au côté de Juliette Binoche. Pour cela, il ira jusqu'à apprendre la langue tchèque et se refusera à quitter son personnage entre les prises de vue. C'est dire le souci maniaque qu'il entend consacrer à chacun de ses rôles. Désormais, il va alterner film et pièce, travaillera à l'adaptation de Hamlet, mais un malaise étrange, survenu au cours d'une répétition, l'éloigne à jamais du théâtre au profit du 7e Art.

 

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Il obtient son premier Oscar avec My left Foot  de Jim Sheridan en 1989, où il est le poète irlandais infirme Christy Brown et, pour s'imprégner de son personnage, passe des mois dans un fauteuil roulant afin d'avoir un aperçu réaliste de ce qu'avait été la vie de cet homme, surprenant  l'équipe du film par ses excentricités.

 

En 1992, trois ans après l'Oscar, il collabore pour la première fois à une réalisation du cinéaste Martin Scorsese, face à la ravissante Michelle Pfeiffer. Ce sera Le temps de l'innocence qui l'incitera à se promener pendant deux mois vêtu des costumes de l'aristocratie de l'époque avec haut de forme et chemise à jabot. Ensuite, il entreprend de jouer dans Au nom du père de Sheridan, rôle pour lequel il prend plusieurs kilos, suivi de La chasse aux sorcières, un opus  inspiré de la pièce Les sorcières de Salem, puis, de nouveau, avec Sheridan pour The Boxer, ce qui nécessitera de sa part un entrainement de plusieurs mois  à ce sport, avant de s'absenter cinq années durant en Italie, où il renoue avec son ancienne passion pour l'ébénisterie.

 

En 2003, au retour de son exil italien qu'il n'expliquera jamais, il tourne avec Scorsese le film historique Gangs of New-York. Il y campe un inquiétant Bill le boucher dans le New-York du XIXe siècle. Et poursuit avec The Will Be Blood  de Paul Thomas Anderson en 2007. Son interprétation hallucinée de ce personnage maléfique et sombre lui vaudra son second Oscar, auquel s'ajouteront le Golden Globe et le BAFTA et l'unanimité d'une critique enthousiaste. Ainsi rejoingnait-il, dans la cour d'honneur des acteurs les plus récompensés, les Brando et Nicholson. Aujourd'hui, couronné par un troisième Oscar, il reste néanmoins derrière Katherine Hepburn qui détenait 4 statuettes. Mais Daniel Day-Lewis n'a sans doute pas dit son dernier mot. Avec un acteur de cette envergure, nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

 

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LISTE DES ARTICLES - ACTEURS DU 7e ART  

 

 

 

 

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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