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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 10:12

Les Acacias     


 
Une jeune et charmante princesse en visite officielle à Rome, lassée
du protocole et des mondanités diplomatiques qui l'assomment, cède à une irrépressible fringale de liberté et s'enfuit de l'ambassade, où elle est reçue, pour gagner les rues de la Ville Eternelle dans l'espoir d'y passer incognito quelques heures de flânerie. Mais la piqûre calmante, que son médecin lui a administrée pour la détendre, produit son effet et elle s'endort sur un banc jusqu'à ce qu'un certain Joe, journaliste de son état, ne la découvre et ne l'emmène chez lui finir la nuit.

A son réveil, la princesse Anne se fait passer pour une pensionnaire fugueuse, mais Joe a eu le temps de l'identifier et profite de cette occasion pour proposer à son journal une interview exlusive qu'il illustrera des clichés de son photographe attitré. Anne va donc vivre une journée exceptionnelle grâce au journaliste américain qui s'offre avec enthousiasme à lui faire visiter la capitale italienne. Nous sommes donc dans un film qui respecte et l'unité de lieu et l'unité de temps, puisque tout se déroule dans Rome que nous découvrons ou redécouvrons avec émerveillement, grâce à la caméra de William Wyler  - et en une seule journée, celle des trop courtes vacances romaines de la princesse.

 

 


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Libre de ses mouvements, cette dernière apparaît d'un naturel joyeux et les scènes se succèdent sur un rythme endiablé : scènes délicieuses où elle se fait couper les cheveux, parcourt la ville en scooter avec Joe, se baigne dans le Tibre, se bat contre des kidnappeurs, après qu'elle ait été reconnue par un membre de l'ambassade, enfin la scène où elle et le séduisant américain s'aperçoivent qu'ils se plaisent, avant même que, comme Cendrillon, elle ne soit obligée de le quitter à la hâte pour regagner l'ambassade et ses obligations royales. Bien entendu, Joe renoncera à publier son article et les innombrables photos prises en secret par son associé durant cette folle équipée. Le film s'achève alors que le jeune fille reçoit les représentants de la presse qui ont eu la charge d'assurer les reportages de son séjour dans la péninsule. A sa grande surprise, Joe se tient parmi eux. Ce sera leur dernière entrevue. Joe lui remettra les clichés d'Irving Radovitch, afin qu'elle garde un beau souvenir de leurs moments partagés dans l'allégresse.

 

 

William Wyler n'a jamais caché que son scénario s'inspirait des démêlés que la princesse Margaret d'Angleterre connaissaient alors avec le beau Peter Towsend. Le sujet initial avait d'ailleurs été écrit par un certain Dalton Trumpo et les droits achetés par Frank Capra dans la perspective d'en faire un film avec pour vedettes Elisabeth Taylor et Gary Grant. Mais le projet étant tombé à l'eau, la Paramount racheta les droits et chargea William Wyler de sa réalisation. Celui-ci envisageait pour interprète principale Jean Simmons, mais la jeune femme étant retenue ailleurs, Wyler finit par jeter son dévolu sur une presque inconnue : Audrey Hepburn. Il lui fit passer un test à Londres et fut aussitôt convaincu qu'il tenait là son héroine. Quant à Grégory Peck, il accepta d'emblée d'assurer le rôle de Joe et insista pour que le nom d'Audrey figure sur le générique avec les mêmes caractères que le sien.

 

 

Quant au film, il fut entièrement tourné à Rome et non dans les studios de la Paramount. Cela nous vaut de visiter ou revisiter la ville de façon plaisante, le film étant en quelque sorte un reportage inestimable sur la Rome des années 50. Certes, le scénario n'est jamais qu'une bluette, mais il a, entre autre mérite, celui de nous révéler une actrice de premier plan. Audrey, alors âgée de 24 ans, n'était pas encore l'égérie de Givenchy, mais correspondait, de par sa grâce naturelle et sa distinction, à ce personnage d'aristocrate libéré du carcan d'un protocole étouffant qui s'abandonne aux joies de la découverte avec une désarmante spontanéité. Son interprétation lui vaudra l'Oscar de la meilleure actrice et la propulsera d'emblée parmi les célébrités les plus en vue. On sait la carrière éblouissante qui sera la sienne par la suite.

 


Gregory Peck et Audrey Hepburn sur le tournage de Vacances romaines. Collection Christophe L.
 

 

Tourné durant l'été 1952, ce film a également le mérite de nous donner un avant-goût des années 60 toutes proches, avec la vogue des copains, des vespas et scooters, du be-bop, celui même dansé par Audrey au pied du château Saint-Ange, de ce petit quelque chose de désinvolte mêlé de sentiments délicats et d'un soupçon de mélancolie, lors des dernières scènes, qui furent l'apanage des sixties. Cet ensemble de qualités fait de Vacances romaines un film savoureux et romantique, un divertissement agréable, joué avec talent par un couple inoubliable. Il apparait dans l'impressionnante filmographie de William Wyler comme une récréation enjouée, une comédie composée habilement et tournée avec autant de virtuosité que de bonne humeur. Le succès fut immense et immédiat et le film dix fois nominé aux Oscars, record qui n'avait été remporté que par Eve de Joseph L. Markiewicz en 1950.


Pour lire l'article que j'ai consacré à Audrey Hepburn, cliquer sur son titre :   

 

 AUDREY HEPBURN - PORTRAIT

 

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 12:32

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Au royaume de Danemark, en ce XVIIIe siècle plein de bruit et de fureur, règne le roi Christian VII ( 1749 - 1808 ), intelligent mais immature, que son éducation brutale a fait sombrer dans la paranoïa et qui vient d'épouser Caroline-Mathilde de Hanovre, une princesse anglaise de 15 ans qu'il délaissera le mariage tout juste consommé pour batifoler avec des putains et partir faire un tour d'Europe de deux années. Cette jeune femme répudiée mourra en exil à l'âge de 24 ans. La jeune reine enceinte va mettre au monde un garçon et bientôt tomber sous le charme du médecin de son royal époux Johann Struensee, qui a gagné la confiance du souverain et, inspiré des philosophes des lumières, entend jouer de son influence et mener des réformes humanistes dans un royaume corseté dans des principes d'un autre âge.

 

L'histoire est réelle mais le scénario trop lâche et les dialogues trop vagues pour rendre crédible la face psychologique et la vraisemblance historique qui feront que le docteur Struensee, après le coup d'état fomenté par lui, va régner à la place d'un roi qui a horreur d'être roi et conduire des réformes audacieuses comme la suppression de la torture,  avec l'appui de la jeune reine qui est devenue sa maîtresse. Il y avait pourtant matière à composer un film passionnant, à sonder les coeurs et les esprits, à expliciter les situations, à argumenter de façon à mieux éclairer les réformes en cours et les  personnages, mais Nikolaj Arcel s'est contenté de faire défiler sous nos yeux, durant 2h15, un très beau livre d'images et des héros inconsistants et terriblement ennuyeux qui semblent figés dans une posture beaucoup trop manichéenne à mon goût : il y a la reine ravissante et malheureuse, le roi  déséquilibré, sujet à des hallucinations et qui finira fou, l'éminence grise d'une gravité inaltérable qui terminera ses jours sur l'échafaud devant la foule compacte d'un peuple qu'll a tenté bien en vain de libérer, les bons et les méchants qui ne sont autres que le clergé et la noblesse bien entendu. Mais ce film a du moins  le mérite de nous montrer que peu de choses ont changé en ce monde depuis le XVIIIe siècle et que les privilégiés sont toujours récalcitrants dès qu'il s'agit de céder, ne serait-ce qu'une part de leurs privilèges... Malheureusement, pas une once d'humour ne vient égayer cet opus qui se focalise exclusivement sur les noirceurs du pouvoir, les petites  trahisons, les jeux d'influence, tout cela survolé et sans épaisseur, hélas !

 

 

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Oui, un film décevant par manque d'ambition et d'ampleur et une direction d'acteurs aussi languissante et pusillanime que le scénario. Mikkel Boe Folsgaard, dans le rôle du roi Christian VII, est le seul vraiment crédible de par sa ressemblance avec le personnage et son interprétation fantasque. La charmante Alicia Vikander, qui était une délicieuse Kitty dans Anna Karénine, traverse le film avec grâce et élégance mais sans ferveur et sans minauderies d'ailleurs, quant à Mads Mikkelsen, dans le rôle de Johann Struensee, il nous accable pendant plus de deux heures d'une moue désabusée et irritante et se glisse dans la peau du célèbre médecin sans lui insuffler un soupçon de passion et un brin  de subtilité. Reste des prises de vue qui sont belles, des robes, des éclairages, des paysages de neige qui composent un fort joli décor et tentent de subvenir aux insuffisances d'un film sans inspiration.

 

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 11:28
ANNA KARENINE de JOE WRIGHT

   

Russie, 1874, la belle et ardente Anna Karénine jouit de tout ce à quoi ses contemporains aspirent : mariée à Karénine, un haut fonc­tionnaire du gouvernement à qui elle a donné un fils, elle a atteint un éminent statut social à Saint-­Pétersbourg. À la réception d’une lettre de son incorrigible séducteur de frère Oblonski, la suppliant de venir l’aider à sauver son mariage avec Dolly, elle se rend à Moscou. Au cours de son voyage, elle rencontre la comtesse Vronski que son fils, un charmant officier de la cavalerie, vient accueillir à la gare. Quelques brefs échanges suffisent pour éveiller en Anna et Vronski une attirance mutuelle.


C'est ainsi que commence l'un des plus beaux romans de la littérature russe, maintes fois porté à l'écran sous les traits de Greta Garbo, de Vivien Leigh ou de Sophie Marceau. Aussi cette nouvelle version était-elle attendue avec perplexité. Comment Joe Wright, metteur en scène des plus classiques, envisageait-il cette oeuvre immense et de quelle façon allait-il nous la servir ? En recourant à l'artifice osa-t-il proclamer ! Et le pari est gagné, car le metteur en scène offre à notre gourmandise visuelle un plat de choix, une transposition en images qui ne se contente pas d'être, comme les précédentes, une jolie mise en scène mais reconsidère l'oeuvre différemment, selon les ressources du 7e Art qui sont autres que celles de la littérature. Nous sommes là en présence d'une véritable...recréation.

 

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Ce n'était certes pas facile. Il fallait de l'audace et de l'imagination et Joe Wright, l'auteur d'Orgueil et préjugés et de Reviens-moi, en a eues et vient de signer son film le plus ambitieux et le plus abouti. Parmi les différents personnages se détache Anna, une jeune femme de la haute société, mariée sans amour à un homme irréprochable et qui va, à la suite d'un coup de foudre, céder à la passion la plus folle et la plus aveugle avec un jeune officier brillant et superficiel. La lutte d'Anna pour ne pas se laisser entraîner par ses sentiments est le thème central du roman et du film mais ne s'arrête pas là. En effet, Anna est parfaitement consciente de la fausseté de la situation qui va la conduire à tromper son mari, à abandonner son fils et à fuir avec son amant dont elle attend un enfant, si bien que l'angoisse et le remords ne vont pas tarder à susciter en elle et Vronski une incompréhension réciproque qui aura raison de leur passion, si bien qu'Anna, en proie à une renonciation désespérée et ne voyant plus d'issue à son existence, finira par se jeter sous un train. En parallèle à cet amour malheureux, il y a celui heureux de Kitty et de Lévine qui est essentiel à l'équilibre du roman et du film, car il permet un jeu alterné de rapprochements et d'oppositions et sera merveilleusement stylisé par le recours au lac des cygnes dans la chorégraphie savante et plus grave que légère de Sidi Larbi Cherkaoui où s'affrontent le cygne blanc ( la ravissante Kitty interprétée par Alicia Vikander ) et le cygne noir ( la touchante et émouvante Anna, habitée et interprétée par Keira Knightley ).

 

 

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La stylisation est la grande réussite du film. Elle fait merveille en englobant le sujet du roman-fleuve dans les arcanes d'une vision grandiose, celle de la quête désespérée de l'inaccessible, de la représentation d'une perpétuelle comédie humaine, d'un impressionnant opéra baroque ou faiblesse et grandeur sont intimement liées et où les dilemmes restent bien présents qu'ils soient d'ordre moral, affectif ou social. L'esprit de Tolstoï veille et Wright n'a pas oublié de rappeler  que les défaites morales ne sont jamais que provisoires, que la nécessité d'un changement est dans l'ordre des choses et que le retour à la vie simple est le meilleur des ressourcements. Servi par des images d'une extrême beauté où un décor s'ouvre comme une porte sur un autre plus beau encore, le film de Wright joue de l'artifice le plus subtil pour revisiter Tolstoï selon un rythme nouveau, une esthétique qui use d'un phrasé différent de celui des mots, mais n'en est pas moins fort et persuasif. Keira  Knightley nous donne une version non seulement touchante de par sa beauté et sa vulnérabilité d'Anna, mais elle en rend la sensualité plus prégnante sans qu'il y ait besoin de scènes érotiques - et on s'en félicite - ce qui en décevra plus d'un - tandis que Karénine est campé par un Jude Law tout en retenue qui exprime parfaitement la complexité d'un personnage partagé entre froideur et bonté, ambition et générosité. Quant à Vronsky joué par l'acteur Aaron Taylor-Johnson, il est probablement le seul point faible du film et la seule erreur de casting : trop inconsistant, trop falot, on a quelque peine à croire que sa suffisance et sa superficialit aient pu subjuguer la délicieuse Anna au point de ruiner sa vie.

Pour moi, incontestablement, le meilleur film de l'année car le plus innovant sur le plan esthétique.

 

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 10:58
KATE WINSLET

 
Actrice britannique née a Reading dans le Berkshire le 5 octobre 1975, Kate Winslet sera propulsée d'un coup au sommet de la notoriété à l'âge de 22 ans, grâce au cinéaste James Cameron qui l'engage pour être avec Leonardo DiCaprio l'une des  figures de proue de son film "Titanic" ( 1997 ). Film le plus cher  jamais réalisé, mais comptant aussi parmi les plus grands succès, il cumule les records et gère avec justesse effets et sentiments. Ici, l'histoire d'amour l'emporte sur le déluge technologique. Réalisé avec souffle, malgré une musique un peu trop envahissante, l'histoire est celle du paquebot mythique et des amours impossibles entre une aristocrate fortunée et un jeune artiste sans le sou qui feront beaucoup sanglotter dans les chaumières. Il n'en reste pas moins que "Titanic" est une belle réalisation qui aura eu, entre autre mérite, celui de faire sortir du quasi anonymat deux acteurs de tout premier plan : Kate et Leonardo devenus, depuis lors, des figures emblématiques du 7e Art.

 

Les débuts de Kate se feront à la télévision dans une série de science-fiction avant qu'elle n'obtienne un rôle dans "Raison et sentiments" ( 1995 ), un film de Ang Lee aux côtés d'Hugh Grant et d'Emma Thompson. Et, pour la première fois d'une longue série, elle sera nominée aux Oscars dans la catégorie "Meilleur second rôle féminin". Très à l'aise dans les films d'époque, Kate campe Ophélie dans l'Hamlet de Kenneth Branagh en 1996, mais c'est évidemment dans celui de Rose, jeune femme éprise de liberté, qu'elle s'impose l'année suivante sous la direction de Cameron. Aimant les défis, l'actrice, dès 2003, va changer de registre  et accepter de jouer dans La vie de David Gale d'Alan Parker, un film sur la peine de mort, puis elle sera saluée en 2004 pour sa prestation dans "Eternel Sunshine of the Spotless Mind" du réalisateur français Michel Goudry, qui lui méritera sa quatrième nomination aux Oscars. Elle jouera également dans "Romance and Cigarettes" en 2005 et dans un drame politique "Les fous du roi " de Steven Zailliau où elle a pour partenaires Sean Penn, Jude Law et Anthony Hopkins. Enfin, dans le drame "Little Children" ( 2006 ) de Todd Field, elle récolte une cinquième nomination.

 

Ce sera douze ans après "Titanic" que ce prestigieux trophée, souvent proposé et jamais gagné, couronne enfin son interprétation bouleversante de Hanna Schmitz dans "The Reader " de Stephen Daldry, face à Ralph Fiennes. Pour ce rôle qu'elle joue avec finesse et un mélange subtil de froideur et de gravité, elle reçoit les deux Golden Globes de la catégorie féminine, ainsi que le Bafta de la meilleure actrice dans un rôle principal et enfin l'Oscar de la Meilleure actrice. Consécration suprême pour une remarquable actrice et une jeune carrière conduite avec intelligence et discernement. On l'a vue récemment dans "Carnage" de Roman Polanski, donnant la réplique à Jodie Foster, Christophe Waltz et John C. Reilly d'après la pièce de Yasmina Reza, huis-clos où deux familles s'affrontent en un véritable règlement de compte à la suite des disputes intervenues entre leurs enfants respectifs et que je trouve, personnellement, très décevant. Enfin Kate Winslet prête son joli visage à la marque Lancôme et celle de haute couture St John. Mais elle est avant tout une actrice de race qui, à l'écran, ne peut laisser indifférent aucun spectateur, tant chacune de ses composition est empreinte de naturel et de force. Mariée au metteur en scène Sam Mendes qui lui donnera un beau rôle dans "Les noces rebelles" auprès de son ami Leonardo, elle est mère de deux enfants et partage aujourd'hui sa vie avec Ned Roknroll. Nous la verrons en 2013 dans "Labor Day" de Jason Reitman. Sa carrière est actuellement à son apogée.

 

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 09:51

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Lorsque la dernière mission de Bond tourne mal, plusieurs agents infiltrés se retrouvent exposés dans le monde entier. Le MI6 est attaqué, et M ( Judy Dench ) est obligée de re-localiser l’Agence. Ces événements ébranlent son autorité, et elle est remise en cause par Mallory, le nouveau président de l’ISC, le comité chargé du renseignement et de la sécurité. Le MI6 est à présent sous le coup d’une double menace, intérieure et extérieure. Il ne reste à M qu’un seul allié de confiance vers qui se tourner : Bond. Plus que jamais, 007 va devoir agir dans l’ombre. Avec l’aide d’Eve, un agent de terrain, il se lance sur la piste du mystérieux Silva, dont il doit identifier coûte que coûte l’objectif secret et mortel…

 

Le film s'ouvre sur une course poursuite bluffante qui nous met d'emblée dans l'ambiance de cette vingt-troisième édition de l'indémodable et incontournable OO7 qui, avec ce dernier opus, renaît de ses cendres après que Quantum of Solace ait quasiment signé sa disparition définitive. Mais le James Bond de Skyfall, sous les traits d'un Daniel Craig plus déterminé que jamais, a changé et ne cache plus ses failles et ses faiblesses. Il a vieilli, mais surtout mûri et, avec cette nouvelle aventure, se refait une santé psychologique en même temps qu'il prend  davantage d'épaisseur. Mis en scène et en images de façon particulièrement esthétique et efficace, le film est une prouesse technique qui relègue les autres films du genre aux oubliettes. Tout est fait pour qu'à aucun moment l'attention du spectateur ne se relâche, aussi Sam Mendes n'a-t-il lésiné sur aucun moyen de parvenir à son but, servi par une bande son de Thomas Newman aussi percutante que les images. Jusqu'alors la mort avait toujours épargné Bond, mais cette fois elle l'atteint de plein fouet et s'il remonte à la surface des eaux qui l'ont englouti, c'est en homme nouveau plus sombre et tourmenté mais, au final, plus pugnace encore. Tout n'est-il pas à recommencer après que les services secrets l'ait remisé parmi les disparus et ce flirt avec la mort n'est-il pas le meilleur moyen de réanimer un mythe devenu chancelant ?  C'est là l'intelligence de Sam Mendes d'être revenu aux sources et aux fondamentaux et de se montrer plus fidèle que ses prédécesseurs à la création romanesque de ce personnage par Ian Fleming.  

 

 

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Dès le début, Ian Fleming rompt avec les figures traditionnelles de l'agent secret au service de Sa Majesté, le fonctionnaire couleur muraille ou bien le colonial désenchanté qui peuplent alors la littérature d'espionnage britannique. Pour contraster avec ces figures trop pâlottes, il entend créer un personnage flamboyant, à la fois homme du monde et justicier impitoyable, capable de déboucher une bouteille de champagne tout en abattant un ennemi d'une balle de pistolet. Au point que ce personnage frise la caricature à force d'être trop parfait, même s'il reste plus nuancé qu'au cinéma.

 

Ce que l'on sait moins, c'est qu'il fut inspiré à l'auteur par un agent double d'origine yougoslave qui intoxiqua l'Abwehr lors de la seconde Guerre mondiale et dont le nom était Dusko Popov ( 1912 - 1981 ) Cet agent finira sa vie dans une belle bastide de la campagne cannoise après être devenu un sujet de George VI et avoir été décoré de l'ordre de l'Empire britannique. Ainsi arrive-t-il à la vie de faire son cinéma...

 

Quant à nous, spectateurs de Skyfall, nous sommes loin des pirouettes de Roger Moore avec ce Bond sorti des enfers du doute et qui commence à se poser des questions sur le sens de sa vie, renouant avec son passé et revenant à son point de départ : le manoir écossais de son enfance perdu sur une lande désolée où il a donné rendez-vous à l'inquiétant Raoul Silva, l'ange noir aux cheveux blonds campé par un Javier Bardem inattendu et inquiétant. D'Istambul, en passant par un Shanghai nocturne et ses cages de verre qui ne sont pas sans rappeler un célèbre film d'Orson Welles et par Macao, sans oublier le décor fantôme d'une île perdue du Pacifique et le métro londonien, nous naviguons dans une suite de décors surréalistes et d'une grande beauté mis en scène avec une précision et un sens étonnant de la lumière. Une réalisation parfaite qui renoue avec le bel ouvrage made in USA.

 

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 11:06
ARGO de BEN AFFLECK

    


Troisième film de l'acteur Ben Affleck après "Gone baby gone" ( lire ma critique en cliquant  ICI  ) et "The Town", "Argo"  est une reconstitution très réussie d'une histoire vraie qui nous fait vivre à 100 à l'heure la mission à haut risque qui permis à la CIA, doublée par Hollywood, de sauver de la pendaison six otages américains recueillis par l'ambassade canadienne de Téhéran, lors de la révolution islamique de 1979. L'ayatollah Khomeyni venait de prendre le pouvoir après la chute du chah et avait chauffé à blanc une population bien disposée à son égard contre le grand satan américain, coupable d'avoir reçu et soigné l'abominable tyran Pahlavi, longtemps le partenaire  de l'Occident. Le film s'ouvre d'ailleurs sur une scène particulièrement réaliste, l'attaque de l'ambassade des Etats-Unis par cette population urbaine aveuglée par la haine. Parmi ceux qui se trouvent à l'intérieur du bâtiment, six employés américains vont parvenir à s'enfuir et à se réfugier à l'ambassade du Canada qui leur ouvre généreusement sa porte. Reste à regagner l'Amérique, ce qui n'est pas une mince affaire en pleine insurrection iranienne. La CIA propose un projet mais celui-ci semble peu fiable, si bien qu'un spécialiste de l'exfiltration, interprété par Ben Affleck, va avoir une autre idée  : monter un scénario et faire en sorte que les six réfugiés soient affiliés à la réalisation de ce  film hollywoodien. Cela va donner lieu à des scènes cocasses parfaitement jouées et rendues plausibles par Goodman et Arkin, note d'humour appréciable dans cet opus à haute tension psychologique.  

 

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C'est Bill Clinton qui, en déclassifiant cette affaire jusqu'alors "Top secret", permit qu'elle soit portée à la connaissance des citoyens américains et puisse aujourd'hui devenir un film bien rythmé et haletant qui, sans aucun doute, va faire un malheur au box-office. Bien sûr, le patriotisme américain n'en est pas évacué, au contraire,  et ne manquera pas de séduire ou d'agacer, faisant de ce film, qui tient parfaitement la route, une machine à gagner des Oscars. Car ici Histoire et Cinéma ne font qu'un, Hollywood s'étant porté au secours de la politique avec, cerise sur le gâteau, quelques loufoqueries irrésistibles et la théâtralité assurée par les barbes et les tchadors. Ainsi, à ce film, qui ne pourrait être qu'un thriller de plus, s'ajoute un aspect sympathique et inattendu qui colle tellement bien à la personnalité de Ben Affleck, trop longtemps considéré comme un acteur de second ordre : le sauvetage par l'image et par la crédibilité supposée plus conforme du 7e Art. En affrontant les deux facettes, Affleck oeuvrant devant et derrière la caméra, se refait une santé et nous offre un film passionnant où on voit les Iraniens d'alors se faire berner par un canular monté par deux scénaristes et producteurs d'Hollywood, ce qui ne manque pas de piquant. Avec "Argo" ( titre de la mission ), le cinéaste et interprète tourne définitivement la page à des années de galère où il n'était que la face négative de son copain Matt Damon. Une belle réussite pour lui et, pour les spectateurs,  un excellent moment de suspense où la tension est telle que l'on a l'impression de faire partie intégrante des rescapés. Heureusement des touches d'humour ça et là nous permettent de décompresser. A ne pas manquer.

 

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 11:40

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Le 3 décembre 1933, aux Etats-Unis, la prohibition vit ses dernières heures. Noodles et ses amis d'enfance, des truands enrichis grâce à la contrebande d'alcool, doivent effectuer une dernière livraison. Pour les sauver d'eux-mêmes, Noodles a donné ses amis. Mais l'arrestation tourne à la boucherie et tous sont tués. Anéanti, Noodles s'installe dans une fumerie d'opium du quartier chinois et laisse les souvenirs remonter à la surface. Quarante ans plus tôt, dans le quartier de Lower East Side, peuplé d'émigrants et de crève-la-faim, ils formaient une bande de gamins débrouillards déjà prêts à affronter tous les dangers pour sortir de la misère. Lui était séduit par l'inaccessible Deborah. De menus larcins en coups de plus grande ampleur, la bande de compères s'était peu à peu introduite dans le milieu de la criminalité, tout en cultivant une profonde amitié... Mais avec le temps, ces amitiés vont être mises à rude épreuve et Noodles sera trahi par Max,  celui avec lequel il avait passé, depuis l'adolescence, un pacte indéfectible...

 

Ainsi le film se déroule-t-il à New-York, à trois périodes différentes : les années 1920 dans un quartier juif populaire où nous assistons aux premiers faits d'arme de cette bande tumultueuse, à leurs premières amours et à  la naissance de leur amitié, principalement entre Noodles et Max ; puis les années 30 qui correspondent à leur ascension criminelle dans l'Amérique de la prohibition ; enfin les années 60 où, après les années vécues en prison, Noodles revient sur les lieux de sa jeunesse, retrouve sa bande et se confronte à son passé. Cela grâce à un montage complexe et savamment dosé qui joue avec les fondus enchaînés, les lumières nocturnes, les brumes opaques et rend plus nostalgiques les réminiscences, par exemple un tableau ou une fenêtre qui sert subitement de prolongement à un événement ancien. C'est le cas lorsque Noodles, après avoir aperçu une photo de Deborah, son amour, la revoit enfant dansant dans un dépôt encombré d'objets hétéroclites. Lors de cette scène, l'une des plus belles du film, la jeune Jennifer Connelly fait preuve d'une grâce miraculeuse sur la musique tout aussi miraculeuse de Morricone.

 

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Tout cela présenté avec un art accompli qui me rappelle Visconti dans un tout autre registre, mais avec le même souci du détail et le soin extrême porté à la reconstitution. Sergio Leone a alors 54 ans et, derrière lui, huit chefs-d'oeuvre. Celui-ci sera donc le dernier puisqu'il meurt prématurément six ans plus tard, alors qu'il travaillait à un projet ambitieux sur le siège de Léningrad. Ce film ultime fait figure de testament et il y a de cela dans sa composition en forme d'opéra crépusculaire ou de symphonie pathétique sur des vies irrémédiablement gâchées et sur la chute inéluctable des personnages, petits caïds qui ne respecteront même pas leur pacte d'amitié. On constate à quel point le réalisateur avait sur l'humanité une vision désenchantée. C'est d'ailleurs une oeuvre sur le désenchantement, celui de l'amitié d'abord et de l'amour ensuite, les femmes ayant un rôle peu glorieux dans cet opus consacré à la virilité. Elles ne sont là que comme objets sexuels ou victimes, victimes des hommes et d'elles-mêmes dans une perspective très sombre de la réalité amoureuse et de la féminité. On sait que, lors de sa sortie, le film a profondément heurté les ligues féministes de l'époque et on le comprend. Les scènes des deux viols sont pénibles et auraient pu être écourtées sans dommage.

 

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Finalement le personnage le plus important est le temps, le temps qui abime et détruit de par ses incohérences et sa somme de mystères et d'incertitudes.  Le temps qui fait jeu avec des vies bancales et des espérances trahies. Ainsi Max ( James Woods ) disant à son ami Noodles ( Robert de Niro ) :

" Je t'ai volé ta vie. Je l'ai vécue à ta place. Je t'ai tout pris. Je t'ai pris ton argent. Je t'ai pris ta femme. " Si rien n'est vrai, tout est alors  permis à ces êtres sans foi, ni loi. En Losers,tantôt magnifiques, tantôt pitoyables, dont le dernier Noodles finira dans une fumerie d'opium parmi les volutes d'une vie à jamais perdue, tandis que Max semble s'être jeté dans la benne d'ordures après avoir tout renié, les acteurs sont étonnants de vérité et dirigés de main de maître. Robert de Niro fait là une démonstration magistrale de son immense talent auprès d'un James Woods idéalement cynique. Un film désespérément sublime de par ses images, sa musique, l'une des plus belles jamais composées pour un film, et son interprétation. C'est par excellence le film où l'ellipse est en permanence un recours pour magnifier ou brouiller le temps et l'ouvrir à tous les fantasmes. Un chef-d'oeuvre.

 

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Pour consulter l'article consacré à Sergio Leone, cliquer sur son titre :

 

SERGIO LEONE OU LE CINEMA COMME OPERA BAROQUE

 

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 09:56

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Une plume s'envole et atterrit aux pieds de Forrest Gump, un simple d'esprit, assis sur un banc en attendant le bus à Savannah, en Georgie. Esseulé, il va raconter sa vie  aux passants qui viendront s'asseoir à ses côtés. Et la sienne est justement à l'image de la plume que l'on aperçoit au début et à la fin du film, qui se laisse porter par le vent tout comme lui-même se laisse porter par ses aventures incroyables dans l'Amérique de la seconde moitié du XXe siècle. Entre son enfance, où il était physiquement handicapé par son dos et le moment même où il raconte son histoire, Forrest Gump sera champion de football américain, soldat au Viêt Nam ( il recevra la Medal of Honor ), champion de ping-pong dans l'équipe militaire américaine, marathonien exceptionnel  (il court sans s'arrêter pendant plus de 3 ans),  capitaine de crevettier, et même milliardaire, malgré lui.

 

Oui, un récit  qui tient de celui du héros ordinaire et de l'éternel Candide, si bien que l'histoire de l'Amérique des années 1950 à 1980 est revisitée par quelqu'un qui se contente de relater les choses sans les juger, d'où un récit  bon enfant et simpliste qui évite les écueils et ressemble à un livre d'images un peu trop consensuel à mon goût. Mais il y a Tom Hanks auquel le film doit beaucoup, tant son interprétation est époustouflante de sincérité. Il nous rend sensible un homme ingénu plongé dans son monde, avec sa vision des choses personnelle, si bien qu'on peut se demander si le réel existe bien, si c'est le monde qui passe à côté de lui ou lui à côté du monde ? En quelque sorte, une immersion dans une réalité irréaliste, un décalage si étrange que l'oeuvre nous envoûte et que cet homme naïf nous apparaît comme le témoin innocent d'un univers qui ne l'est certes pas. Mais nous, à sa ressemblance, ne sommes-nous pas victimes des événements, soit des éternels bernés, des éternels floués ? N'est-ce pas là le message du film ?

 

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Initialement le rôle de Forrest Gump  avait été proposé à John Travolta qui le refusa et dut avouer plus tard que cela avait été une grave erreur. Le spectateur n'a certes  rien perdu, car il semble bien que Tom Hanks ait été véritablement inspiré par son personnage auquel il donne une profondeur, une humanité bouleversantes. Il est littéralement habité par cet homme qui traverse sa vie sans la comprendre mais en l'acceptant, en en faisant une sorte de chef-d'oeuvre décalé  et saisissant.  Un film qui est très vite devenu culte et dont le fameux banc a été conservé dans un musée de Georgie. Tiré du roman éponyme de Winston Groom, il a su en retenir les moments les plus forts, les chapitres les plus explicites d'une vie étrange vécue durant les temps forts des Etats-Unis du XXe siècle. Tom Hanks tournera d'autres films avec Zemeckis grâce auquel il reçut l'Oscar du Meilleur acteur (le film en recevra six au total) "Seul au monde" en 2000 et "Le pôle Express" en 2004. Malgré quelques longueurs qui font perdre de la densité au film, "Forrest Gump" n'en reste pas moins une oeuvre originale et puissante, un film marginal par la poésie qu'il dégage et les invraisemblances qu'il suppose, jetant sur notre monde trop souvent aveugle de part et d'autre, un regard qui n'est pas dénué de complaisance ou, mieux,  de tendresse.

 

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FORREST GUMP de ROBERT ZEMECKIS
FORREST GUMP de ROBERT ZEMECKIS
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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 10:20
ROBERT de NIRO - PORTRAIT

                                                                                    

Robert de Niro, d'origine italienne, est né à New-York le 17 août 1943 et s'est orienté, dès l'âge de 16 ans, vers une carrière d'acteur qui le conduira du Dramatic Workshop au célèbre Actors'studio. Il jouera en tournée dans "Cyrano de Bergerac" de Rostand, "Tchin Tchin" de François Billetdoux et "One night stands of a Noisy passenger" de Shelley Winters, avant de se tourner vers le 7e Art où il se fait tout de suite remarquer dans  "Bloody Mama"  de Roger Corman, avant de remporte le New-York Film Critics Award du meilleur second rôle dans  "Bang the drum slowly"  de John Hancock et  "Mean Streets"  de Martin Scorsese. Sa carrière démarre en flèche et ne cessera plus de s'affirmer avec éclat.

 

 

                    Robert De Niro. Warner Bros. France


 

En 1974, son interprétation dans  "Le Parrain 2"  lui vaudra une nouvelle consécration, l'Oscar du meilleur second rôle, auquel s'ajouteront l'Oscar et le Golden Globe du meilleur acteur pour sa fulgurante apparition dans "Ragging Bull", ensuite une citation à l'Oscar et au Golden Globe pour  "Taxi Driver",  enfin un certain nombre d'autres citations tout aussi  prestigieuses, ce qui prouve que, dans chacun de ses rôles, cet acteur d'envergure frappe par la force qu'il insuffle à ses personnages, par sa virilité et son ironie. En effet, ses apparitions sur grand écran ne passent jamais inaperçues, d'autant qu'il sait choisir ses metteurs en scène et ne participe qu'à des films de qualité indiscutable. Perfectionniste et secret, de Niro se plaît aux métamorphoses et n'hésite pas à se placer en retrait des autres comédiens, de manière à donner plus de relief à ses interprétations et à les porter à un paroxysme de crédibilité et d'excellence.

 


                  Robert De Niro. Warner Bros. France James Franco et Robert De Niro. Quinta Communications


 

C'est ainsi qu'on l'a vu dans  "Mission" et  "Il était une fois en Amérique" où il est prodigieux dans des oeuvres qui le sont tout autant,  dans "Casino",  "Voyage au bout de l'enfer",  "Blessures secrètes",  "Les nerfs à vif",  etc.  En 1988, avec Jane Rosenthal et la Société Tribeca Productions, il réalise son premier long métrage : " Il était une fois le Bronx"  qui sera suivi d'une quinzaine d'autres, dont  "Des hommes d'influence et Mafia Blues".  Il a également présenté, toujours avec Jane Rosenthal, en mai 2002, le premier Tribeca Film Festival, une manifestation destinée à relancer la vie culturelle de Manhattan après les attaques terroristes du 11 septembre 2001. En 2011, il présida le jury du Festival de Cannes et ne transigea pas davantage avec son souci permanent d'exigence. Récemment, on l'a vu dans un film inattendu qui traite des relations entre générations "Le nouveau stagiaire" où il était époustouflant de charme et de naturel.

 

 

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            Carlotta Films Quinta Communications Warner Bros. 

 

 


 

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 11:02

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La fin des années 1960 voit le système hollywoodien remis en cause. BBS, la société de production qui a permis à "Easy Rider" de voir le jour, a prouvé qu'on pouvait laisser les réalisateurs jouir d'une vraie liberté créative et avoir du succès. Dans ce nouveau paysage, les studios n'ont d'autres choix que d'ouvrir les portes à de jeunes cadres, plus en phase avec la réalité. Le changement de management est facilité par une série de fusions et de rachats qui vont bouleverser le paysage hollywoodien à partir de 1966. L'ère des producteurs est achevée, s'ouvre désormais celle des réalisateurs. Grâce aux influences conjuguées de John Calley à la Warner, de Robert Evans à Paramount et de Ned Tanen à Universal, le pouvoir passe donc entre leurs mains. Peter Bart, cadre de la Paramount à l'époque, se souvient :  "Tout le monde cherchait une réponse. Et l'une des réponses semblait être - si vous trouvez un jeune et brillant réalisateur avec une vision, foncez ! "

 

Ainsi ce changement va-t-il favoriser l'avènement d'une nouvelle génération de cinéastes issus, pour la plupart, des écoles de cinéma fraîchement créées. Influencés par la Nouvelle Vague européenne, ces talents nouveaux  maîtrisent également les classiques américains. Tous aspirent à un cinéma plus réaliste et plus sincère. Francis Ford Coppola devient leur chef de file. Formé à l'UCLA, il a déjà deux films à son actif lorsque la Warner lui confie la réalisation de "La vallée du bonheur" ( 1968 ), comédie musicale avec Fred Astaire. L'expérience se révélera désastreuse mais Coppola parvient à enchaîner avec "Les gens de la pluie" ( 1969 ), un road-movie inspiré par sa mère. Le succès de l'expérience lui permet de fonder Zoetrope, un studio alternatif destiné à accueillir les jeunes réalisateurs. La Warner le soutient dans sa démarche et bientôt d'autres jeunes talents le rejoignent comme George Lucas et John Milius.

 

Porté par ce vent de renouveau, c'est une génération spontanée de talents qui explose. Peter Bogdanovich va s'imposer avec "La dernière séance" ( 1971 ), Brian De Palma avec "Get to Know Your Rabbit" ( 1972 ) et "Soeurs de sang" ( 1973 ), un thriller sophistiqué qui séduit le public, tandis que Scorsese fera recette avec "Mean Streets" ( 1973 ), un opus qui dégage une violence émotionnelle inhabituelle et reçoit un accueil favorable des critiques. Cette jeune génération apporte incontestablement un nouveau souffle à un 7e Art qui commençait à tourner en rond.

Mais l'enthousiasme sera de courte durée. Le naufrage de "The last movie" ( 1971 ), second film de Denis Hopper marque la fin du rêve. Paul Lewis, producteur, raconte : " C'en était fini. Finie la liberté que nous avions pu avoir. La fin des années 70 s'est amorcée dès le début de la décennie. " L'échec de plusieurs autres films, issus des structures alternatives mises en place, incite les majors à s'impliquer davantage dans la production, si bien qu'après avoir fait un pas en avant, Hollywood amorce un pas en arrière. Si les réalisateurs conservent le pouvoir, ils devront apprendre à composer avec les studios qui contrôlent la distribution des films et détiennent les clés du business. Une seule solution pour sauvegarder son indépendance est de réussir au sein du système. William Friedkin est l'un des premiers à le comprendre et lorsqu'il s'engage sur "French Connection" en 1971, un film policier adapté d'une histoire vraie, il se réapproprie l'intrigue, créant un personnage principal complexe, à la fois victime et bourreau et impose, pour ce faire, un style réaliste. Produit pour 1,8 million de dollars, le film en rapportera 26,3 à la Warner qui se frotte les mains et confiera peu de temps après la réalisation de "L'exorciste" ( 1973 ), adapté d'un best-seller de l'époque, à ce réalisateur qui en fera une oeuvre terrifiante mais capable de rapporter 89 millions de dollars au box-office américain.

 

Coppola à son tour reprend le chemin des studios. Sommé de rembourser la Warner après l'échec en salle du premier film de Zoetrope, il accepte d'adapter "Le parrain", best-seller de Mario Puzo, pour la Paramount. Pour parvenir à ses fins, il soigne l'authenticité dans les moindres détails et a recours à un style sombre, peu conventionnel, qui  séduira le public. A sa sortie, le film atteint les 86 millions de dollars et bouleverse l'industrie cinématographique par son succès hors norme. C'est au tour de Steven Spielberg, jeune prodige du cinéma, de faire son entrée en scène et après "Duel", en 1971, un thriller fantastique particulièrement efficace, d'enchaîner avec  "Sugurland Express" ( 1974 ), puis Les dents de la mer ( 1975 ) où, là aussi, il joue la carte du réalisme afin de ne pas produire un remake de "Moby Dick". Il refuse de tourner en studio et insiste pour n'avoir aucune star au générique, afin d'assurer au public  une identification totale. Le film ne fera pas moins de 129 millions de recettes et sera projeté dans le monde entier. C'est alors que la télévision entre en scène d'une façon inquiétante, retenant les amateurs de salles obscures devant leur petit écran. Les représentants de la jeune génération seront bien obligés de s'adapter et vont viser un cinéma plus grand public, renonçant en partie à un cinéma d'auteur. C'est ainsi que "American Graffiti" ( 1973 ), "La guerre des étoiles" ( 1977 )  et  "Rencontres du troisième type" ( 1977 ) feront d'excellents scores.

 

Il n'en reste pas moins qu'une décennie s'achève et qu'un rêve amorce son déclin.  Scorsese doit se battre pour imposer "Taxi Driver" en 1976, que Bert Schneider s'enlise pendant trois ans sur la production des "Moissons du ciel"  de Terrence Malick et que Coppola, bien qu'auréolé par le succès du "Parrain", a bien du mal à convaincre les producteurs de le suivre sur l'adaptation de  "Apocalypse Now" ( 1979 ). Cette même année, Michael Cimino entame la réalisation de "La porte du paradis", un western avec Isabelle Huppert et Kris Kristofferson. Faisant exploser le budget par son perfectionnisme, il tourne près de 220 heures de film. Les responsables de l'United Artists restent impuissants. L'oeuvre sort en 1980 dans une version de plus de trois heures et demi, accompagnée de critiques désastreuses, aussi l'échec est-il sans appel. Le film, qui a coûté 44 millions de dollars, n'en rapportera que 1,3. Cette débâcle met un terme définitif à la politique des auteurs. "La porte du paradis nous a coulés. A ce moment-là, j'ai compris que quelque chose était mort " - dira Martin Scorsese. A cette date, les dirigeants des studios, plus financiers que cinéphiles, délaisseront les oeuvres ambitieuses et novatrices pour des films plus formatés mais assurés d'un succès d'audience. A ce propos Robert Towne écrira amer : " L'essentiel dans les années 1970 était de révéler la réalité du pays. Au fur et à mesure des années 1980, nous sommes entrés dans un monde de super-héros. " Et il est vrai que la production contemporaine n'a plus rien à voir avec la contre-culture de la nouvelle vague hollywoodienne qui entendait donner au 7e Art d'authentiques lettres de noblesse. Seul, le "system" a repris du grade.

 

Sources : Roland Delmas et Jean-Claude Lamy

 

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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