Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 09:26

      


 

Je ne crains pas de le dire, de l'avouer et de le reconnaître que j'ai savouré avec un plaisir tout particulier cet opus charmant et poétique de Woody Allen, oui un cru excellentissime, où la star suprême, l'icône bellissime n'est autre que notre capitale filmée avec amour par une caméra impressionniste qui sait la décliner sous tous les éclairages, ensoleillé, lunaire, fastueux, romantique, usant juste ce qu'il faut, et à touches légères, des clairs-obscurs et de l'éclat pailleté des noirs et blancs. Un film qui renoue avec ce qui a fait de Woody un cinéaste singulier, ironique, déroutant, irrévérencieux, tendre et toujours pétillant, car ce quarante et unième long métrage a un ton, une atmosphère, un je ne sais quoi de vif et de léger qui n'appartiennent qu'à lui. On reconnaît d'emblée un Woody Allen à ce savoir-faire qu'il a su imposer au long d'une oeuvre qui, sans atteindre à chaque fois les sommets, les côtoie avec une incontestable aisance.

 

Owen Wilson & Rachel McAdams. Mars Distribution   Léa Seydoux. Mars Distribution

 

Ce millésime est un enchantement, un moment rare où tout vous requiert de l'image, du son, des dialogues, où nulle fausse note ne vient gâter votre plaisir car tout y est en place afin de vous embarquer dans l'illusion où passé et présent fusionnent sans que vous y preniez garde. Tel est le sujet de l'opus : un jeune homme, scénariste américain de passage à Paris avec sa fiancée et ses futurs beaux-parents, rêve de devenir écrivain, considérant qu'il a jusqu'alors galvaudé ses dons et découvre, dans la capitale française, à ses yeux le plus merveilleux concentré d'inspiration qui soit, ce qu'il cherche depuis toujours : l'accession à la mémoire émotive capable de vous faire remonter le temps, de vous remettre en phase avec les plus belles heures de la vie culturelle d'antan. Dans Paris, notre héros hume ce qui lui manque en Amérique : l'ailleurs et l'autrefois. Et il s'en grise.

 

 

Marion Cotillard & Owen Wilson. Mars Distribution   Owen Wilson & Rachel McAdams. Mars Distribution

 

 

Comme Cendrillon, quittant sa fiancée qui préfère le Paris contemporain des soirées bien arrosées, des boutiques de luxe et des grands restaurants, Gil, notre héros, s'en va marcher dans la ville déjà gagnée par les ombres de la nuit, faisant de sa balade une ballade nostalgique et envoûtante, un bal des illusions qui s'arrête à minuit sonnant. Tandis que la capitale crêpite de mille feux, que le carillon d'une église égrène les heures, le jeune homme est invité à monter dans la diligence qui, traversant le miroir du réel, le reconduit à l'âge d'or des années 20, celui de Modigliani, Picasso, Hemingway, Dali, Bunüel, Zelda et Scott Fitzgerald, de Cole Porter, de Man Ray et Gertrude Stein, qui n'a cessé d'exalter son imaginaire, tant il est vrai que l'on est rarement satisfait de son époque.

 

 

Owen Wilson & Rachel McAdams. Mars Distribution   Owen Wilson. Mars Distribution

 

 

Il fallait oser brouiller les cartes, tailler dans la réalité afin d'habiller la fiction et cela sans rien perdre de sa légèreté et de son humour, dosant d'un doigté habile la facétie. C'est là que Woody Allen est grand. Ne cédant jamais à la confusion des genres et à la facilité, tout s'emboîte à merveille comme des poupées russes et les âges d'or se superposent, s'agencent et nous emportent dans leur carrousel. Ne manquez pas ce film, il est formidable. De la beauté des images à la concision et à la pertinence du texte, à la qualité de l'interprétation, où domine l'alter ego de Woody, l'acteur Owen Wilson qui sans singer l'original fait mieux, il le réinvente selon sa sensibilité, avec un charme plus enfantin, un émerveillement plus naïf, tout est un régal pour les spectateurs que nous sommes. Et c'est ainsi qu'à 75 ans, le vieil adolescent qu'a toujours été Woody Allen, nous démontre, une fois de plus, que le monde des rêves peut produire une superbe réalité cinématographique, de celle dont on ne se lasse pas. Salut l'artiste !

 

 4-e-toiles

 

Pour prendre connaissance de l'article consacré à Woody Allen, cliquer sur son titre :

 

WOODY ALLEN OU UN GENIE TOUCHE-A-TOUT

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique  CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

 
LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN 

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

Mars Distribution   Carla Bruni & Owen Wilson. Mars Distribution

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA AMERICAIN & CANADIEN
commenter cet article
10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 12:30

images-copie-4   leursaffiche_1331809798.jpg 

 

 VIDEO

   

Le film de Wang Xiaoshuai était très attendu en mars au 14e Festival Asia de Deauville. Personnellement, sans m'enthousiasmer à proprement parler, il ne m'a pas déçue. Le cinéaste ayant déjà fait ses preuves avec des films comme  Une famille chinoise. Après avoir obtenu son diplôme à l'Académie du cinéma de Pékin, Wang Xiaoshuai avait signé son premier film, intitulé The Days, à l'âge de 27 ans. Il a toujours été très apprécié de la critique internationale mais a essuyé des refus de la part des autorités chinoises. Sous le pseudonyme Wu Min, il réalise Frozen qui reçoit, en 1995, la Mention spéciale du jury au Festival de Rotterdam. Le film est même sélectionné dans plusieurs festivals internationaux. Mais Wang Xiaoshuai ne cesse d'avoir des démêlés avec le bureau du cinéma : A Vietnamese Girl est refusé par le comité de censure. Son auteur doit alors en changer le titre qui devient So Close to Paradise et retravailler le montage pour que le long métrage soit enfin autorisé. Cela lui prendra trois ans. En 1998, le film est en compétition officielle au Festival de Cannes dans la section "Un certain regard". Cette même année, Xiaoshuai participe en tant qu'acteur au Violon rouge  de François Girard, avec Samuel L. Jackson et Greta Scacchi. En 2001, Wang Xiaoshuai réalise son cinquième long métrage Beijing Bicycle, qui remporte l'Ours d'argent au Festival de Berlin et, en 2002, Drifters, l'histoire d'un jeune Chinois qui entre clandestinement aux Etats-Unis. Avec Shanghai Dreams  (2005), il obtient le prix du Jury à Cannes, avant de décrocher l'Ours d'argent du Meilleur scénario à Berlin pour Une famille chinoise (2008). En 2010, Chongqing Blues  entre en compétition officielle à Cannes. C'est donc un cinéaste déjà chevronné qui nous propose avec 11 fleurs, l'histoire d'un garçon de 11 ans qui ,en 1974, observe le monde des adultes et n'est sans doute autre que lui-même. La rencontre avec un fugitif, qui a tué le violeur de sa soeur, l'oblige au secret et au mensonge et cette confrontation signera la perte de son innocence.

 

11-FLEURS-de-Wang-Xiaoshuai-Competition-.jpg

 

Sans avoir le charme des enfants du film  I wish - nos voeux secrets ou l'autorité extraordinaire de la petite fille de Saya Zamuraï, le monde de l'enfance décrit par Xiaoshuai n'en reste pas moins crédible et l'histoire n'en prend que davantage de relief et de subtilité qu'elle ait vue par des regards enfantins encore empreints d'authenticité. Cette société nivelée qui laisse une part si réduite à l'imagination, seuls les enfants savent encore la colorer de quelque chose de plus, y introduire une part de crédulité et d'insouciance. A l'école, le petit héros est le meilleur en gymnastique et sa maîtresse souhaite qu'il ait une chemise neuve de façon à ce qu'il soit plus élégant sur l'estrade, mais la maman est si pauvre qu'elle sera obligée de puiser dans ses économies pour acheter le tissu et fabriquer elle-même la chemise. Petit détail de la vie quotidienne dans une bourgade de la Chine de Mao où les intellectuels n'ont pas leur place et où la ruralité se vit aux champs et à l'usine sous le regard toujours scrutateur et présent des factions gouvernementales.

 

Le père du jeune garçon est comédien ambulant et s'absente souvent pour aller jouer dans les villages environnants. Son meilleur ami, avant de mourir, lui a laissé quelques  gravures représentants des toiles des peintres impressionnistes, dont plusieurs paysages de Claude Monet, que le père détaille le soir à son fils à la lueur d'une bougie, afin de l'initier à l'art avec l'espoir secret qu'il deviendra peintre. Par ailleurs, l'un de ses voisins est un intellectuel que le gouvernement a rétrogradé à la suite de la Révolution culturelle, à des taches agricoles, si bien que le malheureux se sent inutile et n'a plus rien qui le raccroche à la vie, d'autant que son fils vient de commettre un crime en vengeant l'honneur de sa soeur violée et que sa fille a, du fait de ce viol, perdu toute honorabilité vis à vis de la société. Le petit garçon est donc le témoin de ce monde où n'existe d'autre liberté que celle de se taire. Un monde auquel nos intellectuels français ont longtemps cru, alors même que leurs coreligionnaires chinois étaient condamnés au silence.

 

Un film sobre, de facture classique, qui raconte une histoire condensée dans le regard d'un petit garçon trop tôt confronté à des situations qui le dépassent, mais qui conserve envers et contre tout son goût du jeu et sa faculté d'émerveillement. Son dernier émerveillement, avant d'entrer dans la puberté, sera celui qu'éveille en lui la belle jeune fille pour laquelle son frère est devenu un assassin et dont la tristesse et la grâce le bouleversent. Le jour de l'exécution du jeune homme, il refusera de suivre ses copains sur les lieux, afin de conserver sa propre vision des choses. De par son sujet et la façon délicate de le traiter, ce film - qui est aujourd'hui  projeté sur les écrans français - mérite notre intérêt et fait honneur au 7e Art chinois.

 

3-e-toiles

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA ASIATIQUE, clisuer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 

11-fleurs-de-wang-xiaoshuai-10682737npont_1731.jpg

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA ASIATIQUE
commenter cet article
7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 09:11

20058715_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120316_041336.jpg   VIDEO

 

 

Faire rire semble être la grande obsession de Hitoshi Matsumoto malgré la mélancolie de son sujet, puisqu'il a contribué à de nombreuses émissions comiques populaires à la télévision japonaise. Ainsi met-il en scène dans son troisième film Saya Zarumai ses préoccupations émotives en lien avec son métier. Kanjuro Nomi, un samouraï ayant perdu l’envie de se battre à la suite de la mort de son épouse, est emprisonné pour avoir quitté ses fonctions sans la permission de son maître. Il aura trente jours pour parvenir à faire sourire le fils d'un seigneur muré dans le chagrin depuis la disparition de sa mère. S’il échoue, il devra s’enlever la vie, suivant le rite traditionnel du seppuku qui consiste à s'ouvrir le ventre avec son sabre. Accompagnée de ses deux gardiens de prison et de sa fille qui l’encourage à s’enlever la vie dignement plutôt que de perdre la face, la petite troupe élabore une suite de gags pour racheter la vie du samouraï déchu. Néanmoins le recours à l’humour n'est utilisé ici que comme le seul moyen de défense susceptible de s'opposer au désespoir du monde. Matsumoto fait alors bien plus que rendre hommage à sa profession : ces deux heures de film nous présentent sa vision obsessionnelle de l’art de la drôlerie confrontée à l'implacable cruauté qui se trouve au coeur de son sujet.  

 

20058693_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120316_040931.jpg

 

 

Grâce à une imagerie d'une infinie précision, Saya Zamurai  repousse les frontières du gag à répétition pour mieux construire son discours. Au lieu de s'enfoncer dans le ridicule ou le banal, le réalisateur montre à chacune des scènes sa capacité d'invention en retravaillant les mêmes plans, les mêmes grimaces, sous des angles différents. Par leur simple répétition, il développe son récit autour du changement d’angle de caméra et les trouvailles farfelues de ses personnages. Ces trouvailles s'enchaînent sans  être répétitives car, à chaque plan, le spectateur est placé devant une situation différente et particulièrement angoissante.  Il s’en dégage dès lors une compassion désintéressée qui procure à l'opus son caractère humain. Sans raison apparente, si ce n'est qu'ils sont touchés par la présence de l'enfant et le désarroi de leur prisonnier, les deux gardiens multiplient les idées afin d' aider cet homme pitoyable. Quant à la petite fille, délicieusement interprétée par Sea Kumeda, étonnante de présence et de sensibilité, elle sauvera l’honneur de son père en devenant maître de cérémonie à chaque nouveau spectacle. La fin, un peu longue, seule réserve que ce film m'inspire, n'est certes pas celle que l'on attendait mais elle prouve le souci d'honneur qui s'attache à tout japonais depuis la nuit des temps. Servi par une interprétation parfaite, des images d'une grande beauté et une poésie de chaque instant, ce film étonnant qui avait toutes les raisons de sombrer dans le pathos ou, pire, le trivial ou le grossier, est un conte merveilleux, original, déjouant toutes les facilités qui risquaient d'en ternir l'éclat. Un oeuvre qui montre un cinéma japonais en pleine renaissance. A l'honneur cette année à Deauville, Hitoshi Matsumoto nous révèle, avec ce long métrage magnifique déjà acclamé à Locarno en 2011, qu'il n'a pas fini de nous surprendre. Burlesque mais philosophique et métaphorique, il en dit long sur la tragédie humaine qui demeure notre quotidien.

 

4-e-toiles 

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA ASIATIQUE, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 

 

 saya-zamurai-2-e1332205544251.jpg

 saya-zamurai-06

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA ASIATIQUE
commenter cet article
30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 10:23
L'EVEIL DU 7e ART EN AFRIQUE

yeleen.jpg 

 


Né tardivement dans le sillage des mouvements d'indépendance nationaux, le cinéma africain associe avec bonheur l'engagement politique et la poésie des conteurs, cela dans un contexte économique très fragile.

 

L'Afrique a souvent été filmée sans que les Africains soient derrière la caméra. Le pas est franchi en 1955 avec Afrique sur Seine, court métrage de Paulin Vieyra, un ancien élève de l'IDHEC, et Mamadou Sarr, un Sénégalais. Moi, un noir de Jean Rouch, en 1958, ouvre la voie, puisque l'un des acteurs amateurs, Oumarou Ganda, un Nigérien, deviendra lui-même cinéaste et tournera Cabascabo en 1968 et Saïtane en 1972. Il faut attendre la décolonisation progressive des pays au début des années 60 pour qu'un élan s'instaure grâce au cinéaste Ousmane Sembène du Sénégal et son premier film, un court métrage Borom Sarret qui décrit de façon réaliste la journée de travail d'un " bonhomme charrette ". Son premier long métrage en 1966 La Noire de... dénonce les conditions d'une domestique noire au service d'un couple de Blancs. Pour ce cinéaste angagé, chaque film est un combat contre la corruption des fonctionnaires africains ( Le Mandat, 1968 ) ou de  l'implantation de l'Islam en Afrique ( Ceddo, 1980 ). Ce courant de critique sociale se prolonge avec Cheik Oumar Sissoko du Mali dans Nyamanton ( 1986 ) et tout particuièrement Finzan ( 1989 ) qui s'en prend aux traditions ancestrales du mariage.

 

Excepté le film météore Touki Bouki ( 1973 ) du sénégalais Djibril Diop Mambéty, fantaisie en roue libre guidée par l'imaginaire de deux jeunes qui font les quatre cents coups et rêvent de Paname, la seconde génération des cinéastes, dont le chef de file est Souleymane Cissé qui a été formé au VGIK de Moscou, emprunte elle aussi le chemin de la révolte avec Baara en 1978 et Le Vent en 1982 et de la critique radicale comme dans Waati en 1995. En revanche, Yeelen ( 1987 ) ajoute une dimension irréversible au cinéma africain en renouant avec la tradition du conte, ses légendes et ses superstitions, refoulée auparavant car jugée obscuranstiste.

 

Yeelen ( qui signifie la lumière ), premier film africain couronné à Cannes du prix spécial du jury en 1987, frappe par sa puissante beauté. Cette fable sur la connaissance est centrée sur le conflit entre un père et son fils, au moment où l'enfant est rejeté par l'adulte qui craint d'être dépassé par lui. Le récit iniatique de l'enfant va au-delà de la simple tragédie familiale pour atteindre les fondements mythiques de l'Afrique et son drame actuel. Le film pose de manière claire mais brutale la question de la transmission, de l'accès au savoir, qu'il soit rationnel ou magique, et du pouvoir qu'il confère à ceux qui refusent de le partager. Le plus ambitieux des films africains et sans doute le plus abouti.

 

Faute de structures garantissant son assise financière, le cinéma africain dépend, en effet,  des aides extérieures, dont celles de la France, ce qui n'est pas sans conséquence sur les sujets abordés, les cinéastes anticipant parfois ce que l'Europe attend d'eux. Godard disait en 1979 que " l'Afrique est le seul continent à pouvoir raconter des histoires autrement". Si Yeelen conforte cette idée, le cinéma d'Idrissa Ouedraogo du Burkina Faso ( Yaaba, 1989 ;  Tilaï, 1990 ), où se tient le festival de Ouagadougou, concilie au mieux le talent du conteur sensuel et du peintre réaliste des conditions d'existence sur le continent africain. Ce goût du récit et des genres le conduit dans Samba Traoré ( 1993 ) à associer film noir et western.

 

En définitive, le cinéma africain n'a jamais été aussi beau et aussi fort que lorsqu'il filme l'enfance et, ce, à hauteur d'enfant. Qualité majeure du splendide Wênd Kûuni ( 1982 ) de Gaston Kaboré, auteur également de Rabi ( 1993 ), nous invitant aux jeux d'un enfant avec une tortue. Ce fil de l'enfance, monde orphelin bien souvent, se retrouve dans l'admirable Abouna ( 2002 ) du Tchadien Mahamat Saleh-Haroun, récit de deux frères à la recherche de leur père disparu qu'ils croient retrouver comme acteur dans un film. Elégante façon d'associer l'enfance à l'amour du 7e Art.

Dans Molaadé ( 2004 ) le cinéaste vétéran et engagé Ousmane Sembène, y traite d'un sujet qui fait débat, celui de l'excision. Il le fait sans opposer pour autant la tradition à la modernité. Quatre petites filles, pour échapper à l'exciseuse, se réfugient chez une jeune femme qui les protège au nom du molaadé, droit d'asile sacré de la coutume peule. Une tradition empêche une autre de s'exercer. Mais la fin, très sombre, reconduit le spectateur au drame de l'Afrique d'aujourd'hui.

 

Depuis lors, il y a eu l'admirable "Timbuktu" de Abderrahmane Sissako qui a raté de Grand Prix du Festival de Cannes mais a rencontré un immense succès en salles. On retrouve chez lui la beauté des images et la poésie qui étaient déjà celles de ses prédécesseurs, ce qui confirme que le cinéma africain a un grand avenir et un style qui lui est propre et le singularise dans le concert cinématographique des nations.

 

Sources : Laurent Delmas et Jean-Claude Lamy

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique MES BILANS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DE MES BILANS CINEMATOGRAPHIQUES

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

 

abouna1.jpg 3760004580843.jpg

 

 

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans MES BILANS
commenter cet article
27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 10:04

les_adieux_a_la_reine_300.jpg      VIDEO

 

14 juillet 1789. À Versailles, tout ne bruisse que de ce qui vient de se passer à Paris. Pour Sidonie Laborde (Léa Seydoux ), cette agitation n’est qu’une occasion de montrer son attachement à la reine (Diane Kruger). Mais Marie-Antoinette n’a d’yeux que pour la belle princesse de Polignac (Virginie Ledoyen). Pourquoi Benoît Jacquot s’acharne-t-il à filmer la passion? Du moins le cadre sublime de Versailles, ici très finement photographié, lui donne-t-il l’occasion de belles images très au-dessus de son habituelle platitude. Pour le reste, rien de neuf : dans cette adaptation du roman de Chantal Thomas, c’est une fois encore l’Ancien Régime vu par le petit bout de la lorgnette – et par le biais de l’anachronisme: en juillet 1789, Marie-Antoinette n’était déjà plus cette femme frivole dominée par ses humeurs et préoccupée exclusivement de bagatelles – ici, sauver ses bijoux et protéger ses amours lesbiennes. Elle avait perdu quelques mois auparavant son fils aîné âgé de 8 ans et avait beaucoup de peine à s’en remettre. De ses quatre enfants, il ne lui restait que le petit dauphin qui mourra au Temple dans des conditions atroces et sa fille Madame Royale.

Un film qui m’a déçue car trop éloigné des réalités historiques et où je me suis ennuyée car il suggère sans rien raconter de profond et en usant d’artifices bien peu convaincants. Un très joli album à feuilleter pour la qualité évidente de la mise en scène. Rien de plus. Dommage ! Tout y était : les décors, les costumes, les éclairages, cela aurait pu être un chef-d’œuvre. Alors que l’on voit défiler une suite de séquences qui ne parviennent ni à subjuguer, ni à émouvoir.

 2-e-toiles

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous : 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

532513-282915-jpg_363236_434x276.jpg


20090880_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120425_030345.jpg

  
critique-cinema-adieux-reine-L-8XTdJB.jpg

 

 

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 10:45

polanski.jpg  8f_1_b_3747_1.jpg avec Sharon Tate

 


Roman Polanski est né à Paris le 18 août 1933 d'une mère russe et d'un père juif polonais. Jusqu'à l'âge de quatre ans, il réside en France avec ses parents avant que ceux-ci ne repartent pour la Pologne où ils seront bientôt contraints de vivre en clandestinité dans le ghetto de Cracovie, ce qui marquera le petit garçon pour le restant de ses jours. Alors que sa mère meurt à Auschwitz, il échappe à la vigilance allemande et survit grâce à l'entraide des habitants. Il a alors dix ans et ne reverra son père qu'en 1945, lorsque celui-ci reviendra miraculeusement du camp de Mauthasen. L'horreur, qui a marqué sa prime jeunesse, sera l'une des clefs de son univers cinématographique. Très tôt, l'envie de monter sur scène l'incite à intégrer une troupe et, après une audition, il est choisi pour tenir le rôle principal dans "Fils du régiment" qui remportera un triomphe national. Le succès va lui ouvrir les portes d'une carrière de comédien, d'autant que sa rencontre avec Andrzej Wajda sera déterminante pour son avenir.

 

Entré à l'Institut du cinéma de Lodz, il réalise successivement huit courts métrages dans lesquels il cultive déjà son goût pour les situations insolites, la violence et le voyeurisme et compose, en 1958, une parabole sur l'absurdité de la vie en société : Deux hommes et une armoire et, enfin, Le gros et le maigre ( 1961 ), satire aux implications sado-masochistes, alors que Les mammifères développent une réflexion sur les rapports entre maître et esclave. C'est en 1962 qu'il se lance dans son premier long métrage Le couteau dans l'eau, dont il conçoit le scénario avec Jerzy Skolimowski. Dans ce huis clos à trois personnages, le metteur en scène prolonge les obsessions déjà contenues dans ses courts métrages et fait planer un climat d'insécurité, mais se refuse à aborder de front la lutte des classes, si bien que l'on va lui reprocher en haut lieu de ne pas faire un cinéma au service de l'Etat et de se rapprocher avec trop de complaisance de l'Occident. D'ailleurs ce film sera très apprécié en Europe et aux Etats-Unis. Si bien que Polanski, désormais à l'étroit dans un pays sous régime communiste, s'exile et entreprend dès lors une carrière internationale.

 

Après avoir participé avec un sketch, aux côtés de Godard et Chabrol, au Les plus belles escroqueries du monde, il réalise en Grande-Bretagne Répulsion ( 1965 ) et Cul-de-sac ( 1966 ), deux oeuvres profondément polonaise par leur inspiration, où sévit l'influence du théâtre de l'absurde d'un Beckett ou d'un Ionesco qu'il admire. Ces oeuvres vont, par ailleurs, sceller sa collaboration avec le scénariste Gérard Brach. En 1967, Le bal des vampires, une parodie du film d'épouvante, le voit cultiver son goût de la bouffonerie baroque. Il est à l'affiche avec la jeune comédienne Sharon Tate qu'il épousera en 1968. Le cinéaste est alors sollicité par Hollywood pour tourner une adaptation du roman d'Ira Levin Rosemary's baby. Dans cette histoire de possession démoniaque, le réalisateur voit une transposition de ses propres fantasmes : l'oppression du groupe sur l'individu, l'implacable loi du destin, le pouvoir des sectes, l'immaturité et la frustation du personnage principal interprété de façon magistrale par Mia Farrow. Ce film sera considéré comme l'un des grands chefs-d'oeuvre du cinéma fantastique.

 

Un événement tragique va alors le frapper en août 1969 dans sa résidence californienne : la mort atroce de Sharon Tate, alors enceinte, par des proches de Charles Manson, gourou d'une secte et tueur en série. Le drame aura lieu en son absence et sera lourdemment relayé par la presse. Malgré la dépression qu'il traverse, Polanski se remet au travail et quitte les Etats-Unis pour la Grande-Bretagne où il va se lancer dans un Macbeth tout empreint du drame qu'il vient de vivre, film qui sera mal compris de la critique et se soldera par un échec. Il tourne ensuite, d'après un scénario original de Robert Towne, un policier conçu comme un hommage au film noir américain Chinatown avec Jack Nicholson dans le rôle titre et Faye Dunaway dans celui de la femme fatale, les deux stars se faisant voler la vedette par John Huston dans celui secondaire de Noah Cross. Grand vainqueur au Golden Globes en 1975, le film ne récoltera pas moins de 11 nominations aux Oscars. Mais seul le trophée du Meilleur scénario viendra récompenser Chinatown, les votants lui ayant préféré le second opus du Parrain réalisé par Coppola. Il est vrai que cette année-là, la barre était particulièrement haute.

 

En mars 1977, le scandale provoqué par le viol présumé d'une adolescente oblige Polanski à quitter les Etats-Unis. Naturalisé français, il s'établit à Paris et tourne Tess, une adaptation du célèbre roman de Thomas Hardy. Le film doit beaucoup à l'interprétation de Nastassja Kinski, alors âgée de 15 ans, à la fois fragile et bouleversante dans le rôle d'une jeune paysanne qui, sous l'ère victorienne, est poursuivie par le malheur. Ce film croulera sous une avalanche de prix dont 3 Césars et 3 Oscars en 1980 et 1981.

 

Le cinéaste s'engage ensuite dans une voie hitchcockienne avec Frantic ( 1988 ) qui lance l'acteur Harrison Ford dans un suspense d'espionnage situé à Paris et qui recevra un accueil favorable, contrairement aux opus suivants : Lunes de fiel, La jeune fille et la mort et La Neuvième Porte qui ne seront pas épargnés par la critique. En 1989, il épouse en troisièmes noces, Emmanuelle Seignier avec laquelle il aura deux enfants et est élu membre de l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut de France. Dans les années 1990, il voue beaucoup de son temps au théâtre et à l'opéra, dirigeant pour l'Opéra-Bastille une nouvelle version des Contes d'Hoffmann d'Offenbach, puis mettant en scène Maria Callas, la leçon de chant qui lui vaudra une nomination aux Molières, tandis qu'en 1997 il supervise la création d'une comédie musicale tirée de son film Le bal des vampires qui sera l'occasion d'une tournée triomphale en Allemagne. Enfin, avec Le Pianiste en 2002, il revient au cinéma et évoque de manière personnelle ce que furent la barbarie du IIIe Reich et l'occupation nazie dans une Pologne martyrisée. Ce film admirable remportera la Palme d'or du Festival de Cannes cette année-là et sept Césars l'année suivante. Le film sera également 7 fois nominé aux Oscars et gagnera trois statuettes dont celle du Meilleur réalisateur, mais le cinéaste se refusera à se rendre à Hollywood pour les recevoir. Ce sera Harrison Ford qui s'en chargera et lui remettra lors du Festival du Film américain de Deauville.

 

C'est dans son chalet de Gstaad, où il est astreint à résidence après le rebondissement de l'affaire du viol d'une mineure, qu'il accomplira la post production de The Ghost Writer, honorée d'un troisième César du Meilleur réalisateur, et adaptera Carnage pour le cinéma d'après la pièce de Yasmina Reza, film réalisé en France avec le concours de Jodie Foster, Kate Winslet, Christoph Waltz et John C. Reilly dans les rôles principaux, parachevant une oeuvre singulière et complexe dans laquelle passent les traumatismes d'une génération frappée par l'Holocauste.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique REALISATEURS DU 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

Et pour lire ma critique du Pianiste, cliquer sur son titre :  LE PIANISTE de ROMAN POLANSKI

 

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans LES REALISATEURS DU 7e ART
commenter cet article
21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 10:50

Nanni-Moretti-n-aime-pas-The-Artist_portrait_w532.jpg

 


Né à Brunico en 1953, Nanni Moretti reste, malgré son effacement progressif dû à la maladie, l'une des personnalités les plus éminentes du cinéma italien. A l'adolescence, ses études secondaires terminées, il se partage entre deux passions : le water-polo et le 7e Art. Très vite, il se met en tête de devenir acteur et réalisateur, de vivre sa vie à tour de rôle, ou de façon concomitante, devant et derrière la caméra car, le plus souvent, il se mettra en scène lui-même.

 

Dès ses débuts vont alterner les interrogations personnelles et intimes et les questionnements d'ordre politique, Moretti s'étant engagé dans ce domaine dès sa prime jeunesse. Son premier long métrage Je suis un autarcique  date de 1976. Il y annonce la couleur et affiche déjà ses positions morales et politiques avec une ironie mordante à l'égard d'un certain gauchisme. Toujours est-il que ce premier ouvrage attire l'attention des critiques et va lui permettre d'en produire un second dans la foulée Ecce Bombo, en 1978, qui raconte les rapports difficiles d'un étudiant avec son entourage.

 

Il y aborde, de façon frontale, l'exacerbation du moi au travers d'un dédoublement acteur/réalisateur et le personnage de Michele, protagoniste que l'on retrouvera par la suite dans plusieurs de ses films comme son double, variation sur un personnage unique, projection cinématographique de Nanni Moretti lui-même, à mi-chemin entre l'introspection autobiographique et l'invention pure et simple. Qu'il soit membre d'une troupe de théâtre, étudiant, cinéaste, professeur de lycée   ( Bianca ),  prêtre ( La messe est finie ), homme politique jouer de water-polo  (Palombella rossa ), c'est encore et toujours le cinéaste qui se questionne tout en questionnant le public.

 

Grâce à sa maison de production fondée en 1986, il va également produire et promouvoir de jeunes talents comme Luchetti et Le porteur de serviette, film dans lequel il s'attribuera le rôle titre. En 1994, il obtient le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes pour Journal intime,  dans lequel il dévoile son courageux combat contre la maladie de Hodgkin, n'éprouvant plus la nécessité d'avoir recours à un double et intervenant désormais en homme public dans le débat politique et en homme privé dans le cadre de préoccupations plus personnelles.

 

Avec La chambre du fils en 2001 ( Palme d'or au Festival de Cannes ), il donne à son héros le prénom de Giovanni qui est le sien à l'état civil, de manière à prouver, si besoin était, que la cloison entre le cinéaste et l'individu est quasi imperceptible. Enfin avec Le Caïman, il brosse un portrait sans concession de la société italienne au moment de la campagne législative de 2006, faisant de son film une satire féroce contre Silvio Berlusconi. Il prend pour argument celui d'un acteur qui, après avoir refusé dans un premier temps, finit par accepter d'interpréter le personnage de l'homme politique.

 

Souterrainement et malgré la diversité des sujets, l'univers de Moretti conserve sa cohérence : celle d'un homme en proie à des interrogations existentielles qui, au-delà même de sa personne, renvoient à la collectivité et dont le propos, dans sa globalité, débouche sur un constat générationnel. En 2011, avec Habemus Papam, il confirme l'ampleur de son talent et remporte un vif succès critique et public.

 

Pour lire les critiques consacrées à certains de ses films, cliquer sur leurs titres :

 

LA MESSE EST FINIE DE NANNI MORETTI      

 

LA CHAMBRE DU FILS de NANNI MORETTI

 

Et pour consulter la liste des articles de la rubrique REALISATEURS DE 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

  mvs_movie_4278_614.jpg

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans LES REALISATEURS DU 7e ART
commenter cet article
11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 08:32

affiche-I-Wish-225x300.jpg    VIDEO

 

Voilà une merveilleuse ode à l'enfance et le plus fabuleux des anti grise-mine. Un chef-d'oeuvre.

 

Hors compétition, le film, projeté lors du 14e Festival du film asiatique de Deauville, nous révèle un cinéaste en osmose avec le monde des enfants et le donnant à voir dans sa quotidienneté avec bienveillance et malice, servi par de jeunes acteurs d'un naturel et d'un charme irrésistibles. Bien que long, on ne résiste pas à la poésie de ces pages écrites avec naturel et simplicité par un réalisateur qui a permis au cinéma japonais de se réinventer avec de nouveaux sujets, des images classiques mais empreintes de finesse, de nous faire entrer dans un monde sans violence, sans vulgarité, d'une fraîcheur réconfortante, à l'opposé du terrifiant  Himizu  et également du cinéma de Kurosawa tellement désespéré et âpre. Celui-ci nous parle de la vie de tous les jours, des rêves auxquels se livrent les enfants dans leur ingénuité, des familles séparées mais reliées par des fils invisibles, des fleurs, des volcans, de l'espoir que le monde soit meilleur ; oui, un univers dédié à des petits princes en mal de planète.

 

Né en 1962 à Tokyo, Hirokazu Kore-Eda a d'abord travaillé comme assistant-réalisateur sur des documentaires avant de se lancer dans la réalisation avec un premier film en 1995 Maborosi  qui remportera l'Osella d'Or du Meilleur Réalisateur au Festival de Venise. En 2001, Distance est présenté en compétition au Festival de Cannes, tout comme Nobody Knows en 2004,  où il aborde déjà l'univers enfantin.

 

682264_19763775_460x306.jpg

 

L'histoire de I wish - nos voeux secrets  se déroule au Japon, sur l’île de Kyushu, où deux frères sont séparés après le divorce de leurs parents. L’aîné, Koichi, âgé de 12 ans, part vivre avec sa mère chez ses grands-parents au sud de l’île, tout près de l’inquiétant volcan Sakurajima. Son frère cadet, Ryunosuke, est resté avec son père, guitariste rock, au nord de l’île. Koichi souhaite par-dessus tout que sa famille soit à nouveau réunie – même si cela doit passer par l’éruption dévastatrice du volcan ! Lorsqu’un nouveau TGV  relie enfin les 2 régions, Koichi et son jeune frère organisent clandestinement un voyage avec quelques amis qui ont tous un souhait à exaucer jusqu’au point de croisement des trains, là où le miracle, les miracles pourraient, dit-on, s'accomplir… Alors verront-ils leurs vœux secrets se réaliser ? En tous cas, ils vont agir en sorte que cela soit possible... 

 

Peu importe d'ailleurs que les voeux se réalisent ou pas, l'essentiel n'est-il pas d'en formuler et de croire en la force vive de l'imagination, en la présence, sous une forme souvent humble, de la beauté et de savourer le plaisir de vivre ensemble. A travers la description d'un quotidien banal, l'auteur nous montre des enfants capables de prendre en mains leur destin face à des adultes trop souvent résignés, ayant perdu, contrairement à leur progéniture, tout idéal, tout enthousiasme, tout projet. Ce qui se dégage de ce film délicat est une immense tendresse, un optimisme voilé d'un rien de mélancolie, une espérance joyeuse qui est une bouffée de fraîcheur, une sonate douce et envoûtante  qui vous charme et dont on garde longtemps en tête la persistante tonalité. Une merveilleuse bonne surprise en ces temps empreints de désenchantement et d'amertume. En nous racontant cette quête d'une bande de charmants galopins qui croit que les miracles sont à sa portée, Kore-Eda écrit un hymne à la foi et à la vie et, sans effets inutiles, nous gratifie d'un petit miracle.

 

4-e-toiles 

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA ASIATIQUE, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 

 

I-wish-2.jpg


I-wish-01

 

miracle-2011-22291-832007830.jpg 

 

  

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA ASIATIQUE
commenter cet article
9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 09:16

1659409_1361-b-garde-a-vue.jpg    

 

 

Au cœur d'un huis clos situé quelque part en France dans les bureaux de la PJ une nuit de la Saint-Sylvestre, Jérôme Martineau, notaire, interprété par Michel Serrault, s’escrime contre l’inspecteur Gallien (Lino Ventura). Appelé à témoigner sur le viol et l’assassinat de deux fillettes, le notable cynique et sans histoires se transforme en suspect numéro un.



L’enquête en elle-même, dont on peut critiquer le dénouement un peu parachuté des cinq dernières minutes, n’est en fait qu’un formidable alibi pour visiter les arrières-cuisines d’une petite bourgeoisie de province dévorée par sa médiocrité, sa mesquinerie et son vide humain. Une société que mai soixante-huit n’a pas changée d’un poil : les mêmes sauteries mondaines ankylosées par les mêmes conventions, la même génération de garces bien élevées paradant aux bras des mêmes bons partis  qui les gavent de fourrures véritables et de séjours à Ibiza.

 

Cependant, tandis qu’un Claude Chabrol aurait sans doute montré cela avec une acidité cruelle, Miller filme simplement l’humiliation de Jérôme Martineau tandis qu’Audiard le fait parler, sous la lumière blanche de l’investigation policière. Le hiatus langagier et psychologique qui opposent Martineau et Gallien, chacun « poursuivant son histoire », porte le film à un niveau exceptionnel de tension, triple palier qui peint à la fois une affaire criminelle, une société viciée et le cœur d’un homme anéanti par le désenchantement conjugal.



Face à face de deux acteurs prodigieux dans un registre à l'opposé l'un de l'autre, ce film est un formidable suspense qui tient en haleine le spectateur par la qualité des dialogues d'Audiard particulièrement ciselés pour l'occasion,  la tension permanente que l'évolution du scénario fait peser sur ce présumé coupable, d'autant que sa femme, interprétée avec sensibilité par Romy Schneider, ne fait que noircir le tableau et conforter l'inspecteur dans la piste de la pédophilie. Tout concoure en effet à accuser cet homme qui, impudent, provocateur et désabusé, ne fait rien pour sauver sa peau. Son couple n'ayant plus d'issue, sa vie étant un immense gâchis, il s'accuse des deux meurtres pour en finir définitivement, suicide programmé en quelque sorte. On ne dira jamais à quel point Michel Serrault, qui recevra pour ce rôle un second César, est admirable et méritait le compliment d'Audiard d'être le meilleur acteur du monde. D'autant qu'il a fort à faire avec Ventura dont la présence puissante ne se relâche à aucun moment. Tous deux tissent une toile inéluctable où la respectabilité s'enlise à tout jamais, où le discernement ait mis à rude épreuve, où les vêtements peuvent être interchangeables selon les méandres d'une actualité que l'on ne maîtrise plus. Discrète et toute de retenue, Romy Schneider fait une apparition qui force l'admiration par sa densité douloureuse, sa désillusion amère et revancharde, par ce quelque chose d'à jamais perdu ou gaspillé, tandis que Guy Marchand méritait bien son César du meilleur second rôle dans celui du scribe un peu trop réactif qui s'immisce de façon brutale et maladroite dans cette garde à vue. Un film que l'on ne peut oublier avec sa musique lancinante, son décor d'une banalité décourageante et la pluie qui ne cesse de faire miroiter les vitres comme si la fin d'un jour, la fin d'un monde s'était tout à coup réfugié entre les murs poussiéreux de cette PJ.

 

4-e-toiles

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL



claude-miller-en-six-films-M83491.jpg





Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 08:27
MINCE ALORS ! de CHARLOTTE de TURCHKEIM

      

Nina, jeune femme un peu trop ronde, veut maigrir pour plaire à son mari qui n'aime que les minces - et pour cause, ils travaillent tous les deux dans une entreprise de maillots de bain - et ne semble pas, de surcroît, un modèle de fidélité. Il lui offre d'ailleurs, pour retrouver plus librement sa maîtresse, une cure d'amaigrissement de trois semaines à Brides-les-Bains, célèbre station des Alpes dont la réputation, dans ce genre de traitement, n'est plus à faire. Rythmé par des dialogues très drôles, le film est plus subtil que l'on aurait pu le craindre car, à travers les cas de ces hommes et femmes atteints de surcharge pondérale, se cachent de petits maux et de grandes misères engendrés par une société bourrée de contradictions et dispendieuse de diktats impitoyables.

 

 

 

imagesCAHMI8RL.jpg

 

A l'hôtel où elle descend, Nina ( la charmante Lola Dewaere ) va rencontrer Emilie ( très convaincante Catherine Hosmalin ), une mère de famille enveloppée qui clame volontiers que "Big est beautiful " et qu'elle se fiche de son surpoids comme d'une guigne, mais on découvrira très vite ses coups de blues, ses refoulements, ses angoisses. Il y a aussi Sophie, une avocate marseillaise, campée par la pétulante et irrésistible Victoria Abril qui vient en cure pour se distraire, se chouchouter et trouver des compagnons de passage, affirmant à qui veut bien la croire  que ces aventures ne sont que des distractions agréables et sans conséquence, ce qui est faux, bien entendu ...Tout cela est assez simpliste, mais Charlotte de Turckheim n'a jamais entendu servir le 7e Art, seulement amuser un public tout disposé à rire avec des comédies faciles qu'ils auront oubliées dès le lendemain, mais qui leur enjolivent passagèrement l'humeur, pas folichonne ces derniers temps.

 

Bienvenu en ce début de printemps où femmes ( et hommes ) commencent à se préoccuper de leur apparence sur les plages estivales, Mince alors ! tente de signifier qu'il n'y a pas de complexe insurmontable, pas plus que de situation sociale ou maritale qui ne trouve sa solution. L'auteur aborde ici un sujet sensible avec une moquerie savoureuse, sans vulgarité, ce qui n'est déjà pas mal, et nous montre l'obésité et les problèmes de santé qu'elle génère sous sa face la plus joviale, avec assez de générosité  et de bonne humeur décomplexée pour que chacun des protagonistes s'en sorte avec dignité. Un film qui fait passer un bon moment, bien que la mise en scène soit inexistante, sauvé par sa chaleur humaine, ses réparties et le jeu des actrices, toutes rafraîchissantes. ( La salle en ce mercredi après-midi était pleine )

 

  2-e-toiles

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

3141332743555.jpg

 

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article

Présentation

  • : LA PLUME ET L'IMAGE
  • LA PLUME ET L'IMAGE
  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
  • Contact

Profil

  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

ET SI VOUS PREFEREZ L'EVASION PAR LES MOTS, LA LITTERATURE ET LES VOYAGES, RENDEZ-VOUS SUR MON AUTRE BLOG :  INTERLIGNE

 

poesie-est-lendroit-silence-michel-camus-L-1 

 

Les derniers films vus et critiqués : 
 
  yves-saint-laurent-le-film-de-jalil-lespert (1) PHILOMENA UK POSTER STEVE COOGAN JUDI DENCH (1) un-max-boublil-pret-a-tout-dans-la-comedie-romantique-de-ni

Mes coups de coeur    

 

4-e-toiles


affiche-I-Wish-225x300

   

 

The-Artist-MIchel-Hazanavicius

 

Million Dollar Baby French front 

 

5-etoiles

 

critique-la-grande-illusion-renoir4

 

claudiaotguepard 

 

affiche-pouses-et-concubines 

 

 

MES FESTIVALS

 


12e-festival-film-asiatique-deauville-L-1

 

 13e-FFA-20111

 

deauville-copie-1 


15-festival-du-film-asiatique-de-deauville

 

 

Recherche