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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 10:58

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Ils avaient tout pour ne jamais se rencontrer, chacun avec son handicap énorme, le riche aristocrate tétraplégique à la suite d'un accident de para-pente et le jeune loubard des banlieues issu d'une minorité défavorisée qui n'a pour ligne de mire que le chômage et la prison. Néanmoins, ces contraires vont  faire une heureuse alliance, bien que celle-ci soit un peu trop belle pour que l'on  ose y croire. Mais on nous dit que cette histoire est celle qui est arrivée au comte Philippe Pozzo Di Borgo et au jeune maghrébin Yasmin Selou, alors on plonge dans cette douce utopie qu'un jour ces milieux si antinomiques puissent trouver un terrain d'entente et, à leur cohabitation hexagonale, une autre solution que les battes de base-ball et le mépris. Et puis il faut reconnaître au film de mener  avec élégance, drôlerie et finesse ce paradoxe entre la vieille France paralysée sur ses acquis civilisationnels et la formidable énergie d'une jeunesse venue de l'immigration avec son style décoiffant, ses rythmes, ses audaces qui mettent soudain en concurrence, dans le bel hôtel particulier parisien, la musique de Vivaldi et celle de Earth wind and fire, la poésie classique et les vannes douteuses, les chaussures Weston et les Nike, enfin le complet-veston et le survêt. Et puis chacun a dans sa descendance quelqu'un à re-cadrer et l'insurmontable à surmonter et, bien qu'il n'y ait guère de surprise dans ce scénario mis sur rails dès les premières scènes, on se laisse prendre à ce savoir-faire habile, à ce rythme où alternent l'humour et la gravité, le burlesque et l'émouvant, la sagesse et la fantaisie, le rire et la souffrance, d'autant qu'il y a beaucoup de pudeur dans l'impudeur de ce tête à tête qui nous dévoile avec réalisme le quotidien d'un paralytique.

 

 Enfin et surtout il y a les acteurs, tous très convaincants : François Cluzet et son charme de civilisé, qui se laisse séduire par ce jeune des banlieues aux antipodes de son quotidien, mais dont le mérite est de  n'avoir aucune pitié à son égard et Omar Sy, épatant dans ce rôle d'ivoirien arraché à sa terre natale par une tante en mal d'enfant et qui essaie de trouver une place où survivre  entre trafic de stupéfiants et petits larcins, et dont le sourire illumine la pellicule, même si il est un peu trop stéréotypé - mais cela n'est qu'un détail - l'acteur bouge, danse, rit, parle avec un naturel et une vitalité percutante capable de réanimer un mort, mieux encore un tétraplégique au bord du désespoir. Si bien que Philippe ne peut plus supporter la présence de quiconque après que Driss l'ait quitté pour porter secours à un petit frère en déshérence. Les seconds rôles sont également à la hauteur de leurs personnages, aussi bien la dame de compagnie veillant sur les moindres détails de l'existence de son maître ou la jolie secrétaire qui, il faut se mettre au goût du jour, est lesbienne bien évidemment, car le film n'échappe pas aux clichés, hélas !

 

Au final, une comédie populaire agréable qui n'innove pas mais bien conduite, bien jouée, avec des dialogues qui font mouche et un tandem inattendu qui force la sympathie. Un opus qui s'inscrit dans la lignée des films français divertissants et bien troussés. Avec un mélange finement dosé d'humour et de tendresse.

 

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 11:49

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" La souffrance ne se comprend pas, elle se ressent. elle est affaire de sensation, non d'intellect, de coeur, non d'esprit ".  Abbas Kiarostami

 

C'est au milieu des années 1980, et malgré la défiance du pouvoir islamique, que le cinéma iranien s'est révélé au monde entier grâce au réalisateur Abbas Kiarostami. Avec l'arrivée de Khomeyni en 1979, la Révolution avait fait table rase du 7e Art considéré comme objet de nuisance, aussi les salles avaient-elles été fermées ou détruites et la production mise sous scellés, malgré l'engouement du peuple iranien pour ce moyen d'expression.

 

C'est donc en secret et sous le manteau que, désormais, les cinéastes iraniens allaient travailler, mais on sait combien l'interdit, et la frustration qu'il génère, favorise la créativité. Quand on se souvient que l'Iran d'aujourd'hui fût la Perse de jadis, on saisit mieux l'intérêt de ce peuple pour l'art en général et l'impact de l'image en particulier, capable de ressusciter des pages de l'histoire et de ré-actualiser une culture et une civilisation.


Le cinéma de Kiarostami repose sur l'alliage unique de l'exigence réaliste du monde et de l'enchevêtrement complexe d'un récit initié par les déambulations des personnages. L'important de ce voyage dans le temps n'est pas d'atteindre un quelconque but ou d'affirmer un quelconque postulat, mais de le parcourir et surtout de remonter aux sources sans lesquelles le présent n'a pas de sens. A l'époque du Shah, dans les années 1950, existait un cinéma populaire et commercial sur le modèle du cinéma indien qui plaisait à tout le monde sans apporter aucun message, avant que les jeunes cinéastes, apparus dans le sillage de Kiarostami, ne renouent avec un réalisme social critique. Pour contourner la censure, des réalisateurs comme Dariush Mehrjui avec Le cycle ( 1974 ), Kamal Tabrizi avec Le Lézard ( 2004 ), Mohsen Makhmalbaf avec Le cycliste ( 1989 ) se sont intéressés au monde rural traditionnel, aux minorités exploitées, parfois même à la prostitution, et on devine aisément la ruse, le courage et la détermination qu'il leur a fallus pour mener à bien leurs entreprises. Close-up, sans doute le chef-d'oeuvre d'Abbas Kiarostami, montre à quel point la condition des femmes, les inégalités entre riches et pauvres ont engendré de frustations et de misères que la Révolution islamique n'a aucunement résolues. Ainsi l'exigence artistique alliée à la critique de toute une société sont-elles les composantes du meilleur cinéma iranien et un témoignage engagé contre le totalitarisme des Ayatollahs

 

 

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Dans " Le goût de la cerise "  de Abbas Kiarostami, cette figure majeure du nouveau cinéma iranien, un homme sillonne les routes à la recherche d'une personne qui l'aidera à accomplir son suicide. Mais, à chaque fois l'accomplissement n'aboutit pas, tandis que le cheminement se révèle formateur. Il y a en permanence dans les films de Kiarostami des guides passeurs et des dédales à parcourir, itinéraire en forme d'un labyrinthe initiatique. Par chance, cette oeuvre magnifique obtint la Palme d'or à Cannes en 1997, mettant à l'abri l'auteur d'un toujours possible attentat. Ce qui  n'empêche nullement ses films de subir la censure et d'être parfois interdits de projection dans son pays. Ce cinéma d'exception a heureusement fait école et inspiré une philosophie en action qui replace l'homme face à l'immensité de l'univers et réhabilite la sagesse orientale millénaire. C'est ce rôle de premier de cordée et de visionnaire qu'a su endosser ce cinéaste poète bouleversé par la beauté du monde et cruellement blessé par la perspective de sa propre finitude et des constantes tergiversations de la nature humaine.

 

Pour lire les articles de la rubrique consacrée aux réalisateurs, cliquer sur son titre : 

LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA EUROPEEN & MEDITERRANEEN, cliquer sur celui-ci :  

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

 

 

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 09:58
POLISSE de MAIWENN

  

Avec The artist, vu mercredi dernier, et Polisse vu ce mercredi, il faut reconnaître à la production française d'être diversifiée, car voilà deux univers totalement opposés dont on aurait aimé que l'un fut presque aussi muet que l'autre, tant sa jactance est assez pénible à supporter pendant plus de deux heures. Merveille du cinéma muet qui exprime l'essentiel en silence !

 

Alors que penser de ce Polisse, prix du Jury 2011 du Festival de Cannes et film promu comme l'exception française dans sa plénitude, sinon que c'est là un documentaire plutôt réussi des graves bobos dont souffre notre société et un inventaire assez fastidieux  des maux les plus affligeants de notre humanité : maltraitance, incestes, viols, fugues, rien ne sera oublié mais, curieusement, en dehors de quelques passages, sans susciter l'émotion que j'imaginais, car les scènes se succèdent en effleurant chacun des sujets sans aller jamais au fond des choses et, au final, ne nous apprenant rien de plus que ce que nous en disent quotidiennement les journaux télévisés et les téléfims des chaînes publiques.

 

Si je ne me suis ennuyée à aucun moment car le film a du rythme et qu'il est interprété par des acteurs formidables ( inutile de les citer, ils le sont tous ), il ne me laissera pas un souvenir impérissable et ne révolutionnera en rien le 7e art, tant il est encombré de clichés et cède avec trop d'indulgence à la bien-pensance actuelle. Je sais, je vais m'attirer les foudres de quelques-uns, considérant que nous sommes en présence d'un film fort et pédagogique, mais voilà justement ce qui me déçoit le plus : ce film ne vous remue pas, il n'ajoute rien à ce que nous savions depuis belle lurette des problèmes inextricables qui se posent chaque jour aux brigades de protection des mineurs et, encore, le film de Maïwenn nous épargne-t-il les meurtres atroces et autres horreurs qui défraient la chronique presque chaque semaine. Plutôt qu'un coup de poing, je dirai qu'il s'agit d'un coup d'épée dans l'eau.



Là, où Polisse me semble le plus réussi, c'est dans le rendu du climat qui règne entre les membres de cette brigade parisienne, climat plus affectif et agressif que je ne le pensais, où  hommes et femmes en présence, fatrie en quelque sorte, exercent un métier si difficile qu'il met fatalement leur propre équilibre en danger. Aussi le moindre incident peut-il tourner au drame. Ce sera le cas lorsque l'une des protagonistes, à bout de nerfs, agressera sa consoeur avec les mots qui tuent...Carine Viard se révèle dans cette scène une actrice capable de péter les plombs avec panache. Quant à Maïwenn, on se demande ce qu'elle vient faire dans son film et pourquoi elle a choisi d'endosser, en plus de son rôle de réalisatrice, celui sans consistance de photographe qui se promène au long de la pellicule sans y rien ajouter, ni y soustraire, figurante auto-satisfaite qui n'a sans doute d'autre but que de signifier aux spectateurs que notre société de l'image souffre d'un mal-être profond.

 



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LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 

 

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 09:28

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En 1950, un danger se profile qui peut miner l'essor du cinéma américain : l'envahissement du petit écran dans les foyers, soit cette lucarne qui a le pouvoir de retenir chez lui le spectateur et de le dissuader de se rendre dans les salles obscures. Peu importe que les images télévisées soient encore en noir et blanc, les écrans petits et les émissions proposées de piètre qualité, le cinéma est en danger et les professionnels sont tenus de réagir au plus vite, s'ils ne veulent pas que le 7e Art périclite inexorablement. C'est alors que les exploitants des salles lancent une campagne d'affiches où l'on peut lire ceci : " Prenez votre auto, dînez dehors, allez voir un bon film!" De son côté, l'industrie cinématographique multiplie les innovations et se lance un défi : au petit écran, elle oppose ...l'écran panoramique, les couleurs de plus en plus travaillées et des essais de films en 3D ( en 1954 la Warner en sortira trois ). Quant aux producteurs, ils se ressaisissent à leur tour en innovant dans des superproductions que le petit écran serait bien peine de concurrencer, instituant un cinéma spectaculaire sensé asseoir à tout jamais sa suprématie.

 

Ce mouvement hollywoodien vers un cinéma qui suppose des moyens colossaux sera incarné par Cécil B. De Mille qui, dès 1918, avait appliqué le mot d'ordre d'Adolph Zukor : "Tournez des pièces prodigieuses avec des acteurs de premier ordre." En 1956, De Mille décide de tourner Les dix commandements avec Charlton Heston, Yul Brynner et Anne Baxter qui s'avèrera son film-testament ;  il y multipliera les prouesses de mise en scène en dirigeant 15 000 figurants dans les péplums bibliques dont on sait déjà qu'ils enthousiasment le public ( il y avait eu en 1951 le Quo Vadis de Mervyn LeRoy ). La Rome antique et l'ancienne Egypte sont des sujets porteurs qui permettent des images grandioses et des reconstitutions flatteuses à l'oeil du spectateur, si bien qu'après Les dix commandements, ce sera le Ben-Hur de William Wyler, superproduction des superproductions qui recueillera tous les superlatifs : son coût de 15 millions de dollars, ses milliers de figurants, ses quatre mois de répétition, sa séquence de course de chars qui a nécessité un réalisateur spécifique, ses trois mois de tournage, sa longueur exceptionnelle de trois heures et demie, sans compter qu'au final le film récoltera neuf Oscars et se placera au premier rang du box-office aux côtés de  Autant en emporte le vent.  


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A sa suite, mais sans le surpasser, il y aura Le tour du monde en 80 jours de Michael Anderson, Barabbas de R. Fleisher et la magnifique fresque historique de David Lean Lawrence d'Arabie qui fera souffler dans les salles obscures les vents du désert. Production anglo-américaine, le scénario se conformait au livre de Thomas E. Lawrence lui-même "Les sept piliers de la sagesse", où l'on voit le colonel britannique tenter de promouvoir auprès des représentants du Royaume-Uni et de la France l'indépendance des pays arabes. Trois ans plus tard, David Lean signera, avec le même scénariste Robert Bolt, une adaptation très réussie du roman de Boris Pasternak : Docteur Jivago.



Pourtant rien n'y fera et le nombre de spectateurs continuera de chuter de façon vertigineuse. Si en 1955, on recensait chaque semaine 50 millions de spectateurs aux Etats-Unis, le nombre ne sera plus que de 30 cinq ans plus tard. L'inflation des superproductions n'est pas parvenue à gagner la guerre contre le petit écran. Néanmoins, de ce combat perdu, il nous reste quelques scènes d'anthologie inoubliables qui ont nourri notre imaginaire et contribué à parfaire à jamais la légende du 7e Art.



Pour lire les articles relatifs à cet article, cliquer sur leurs titres :

LAWRENCE d'ARABIE, DE LA REALITE A LA LEGENDE           DAVID LEAN, L'IMAGIER PRESTIGIEUX

CHARLTON HESTON      

 

 

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 10:12

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"Nous ne parlons pas pour dire quelque chose, mais pour obtenir un certain effet". GOEBBELS

 


Les dictateurs, qui ont souvent la vie dure, et dont quelques-uns, encore égarés dans notre XXIe siècle vacillent sur leur socle ou mieux l'ont perdu, ces dictateurs comment ont-ils instrumentalisé le cinéma à des fins de propagande ? Les trois cinématographies issues des trois grands régimes du XXe siècle européen, soit le communisme, le nazisme et le fascisme présentent des caractéristiques communes et ont usé et abusé dans leurs productions respectives de slogans ouvertements partisans. Néanmoins, pas plus Hitler que Mussolini n'osèrent nationaliser l'industrie cinématographique, pas davantage qu'ils ne s'opposèrent aux films de divertissement qui, dans l'Italie fasciste comme dans l'Allemagne nazie, constituèrent la majorité de la production, alors que l'URSS encourageait les films plus partisans. C'est du temps de Mussolini, et sous sa férule, que furent créés en 1932 le premier festival international de Venise, la Mostra, et en 1937 les studios de Cinecitta, le Hollywood italien. Les studios romains allaient d'ailleurs attirer des créateurs européens comme Jean Renoir et Max Ophüls, quant aux cinéastes de la péninsule, il y eut ceux qui choisirent de servir le régime, ceux qui employèrent le mode ironique ou restèrent à l'écart de la réalisation durant ces sombres années.

 

Dès 1933, l'aryanisation du cinéma allemand était en marche et vit l'éviction des plateaux de tournage de personnalités telles que Fritz Lang, Max Ophüls, Billy Wilder, Robert Siodmak et également de scénaristes et acteurs juifs, sans provoquer  pour autant de remous dans l'industrie de la pellicule. Effectivement, pour Hitler et Goebbels, il ne s'agissait pas de transformer tous les films en propagande, mais de faire en sorte que ceux de divertissement ou historiques respectent le ton qu'on entendait qu'ils eussent et soient aménagés de façon à ce que leurs récits aillent  dans le sens souhaité. Sur les 1100 films produits sous ce régime, une centaine environ sont nettement marqués par cette idéologie et ... pour cause.

 

C'est le cas de S.A. Brand de Franz Seitz ( 1933 ) de Hans Westmar de Franz Wenzler ou encore du Hittlerjunge Quex de Hans Steinhoff. A ces oeuvres de fiction, qui presque toutes illustrent le destin héroïque de jeunes soldats en lutte contre le communisme et la décadence, s'ajoutent des documentaires antisémites ou sur les congrès du parti, à Nuremberg par exemple, dont l'un Le triomphe de la volonté de Leni Riefensthal est particulièrement significatif.

 

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D'autre part, le durcissement du régime stalinien verra l'industrie nationale soviétique se glacer et le temps des avant-gardes et des audaces formelles disparaître des écrans. C'est le film de Eisenstein La ligne générale qui illustre le mieux cette régression  : on y assiste à la création d'un kolkhoze et à la célébration du travail, nouvel évangile du parti. L'année suivante Alexandre P. Dovjenko avec La terre produit un opus comparable. A cette tendance s'ajoute le penchant des autorités pour les films historiques à grand spectacle qui retracent la chanson de geste de la Révolution d'octobre. Au même moment, Mikhaïl Romm réalisera un Lénine en octobre et un Lénine en 1918 qui officialisent, en le soulignant de larges traits rouges, le rôle que l'on entend faire jouer au 7e Art sous cette dictature en leur attribuant une priorité d'intentions propagantistes. Ceci prouvant, si besoin était, combien le cinéma était alors aux ordres du pouvoir.

 

Sources : La grande histoire du 7e Art de Laurent Delmas

 

 

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 09:16

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" Le surréalisme est ce point de l'esprit où la vie et la mort, le réel et l'imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l'incommunicable, le haut et le bas cessent d'être perçus contradictoirement ".

                                                                       André Breton

 

Au lendemain des troubles de la guerre de 14/18, le mouvement surréaliste allait cristalliser un certain mal de vivre et dévoiler "l'envers du décor logique" en privilégiant les aspirations subversives et les fantasmes. D'emblée les membres du groupe vont se passionner pour le cinéma, art qu'ils trouvent moins bourgeois que le théâtre, parce qu'il  permet de jongler avec le temps, de retranscrire les rêves et surtout d'explorer des possibilités inédites jusqu'alors comme l'inconscient et la folie. De même qu'ils placeront au coeur de leur quête l'amour fou, la liberté et la poésie. Ainsi le fantastique, l'extravagant, l'étrange et l'étonnant vont-ils avoir droit de cité dans le 7e Art et y faire une entrée fracassante afin que soient dépassées les conditions dérisoires de l'existence.

Peut-être parce que les exigences financières des infra-structures s'accordent mal avec leurs principes, les surréalistes tourneront peu de films, du moins ces films auront-ils le mérite de secouer l'opinion et de faire date. En 1927, Germaine Dulac signe "La coquille et le clergyman" d'après un scénario d'Antonin Artaud qui sera mal reçu d'Artaud lui-même, considérant que l'opus ne correspond pas à son travail. Deux ans plus tard, un cinéaste s'impose avec outrance dans le domaine cinématographique et, tout au long de sa carrière de cinéaste, ne cessera plus de se recommander de ce mouvement qu'il illustre de façon  à déranger le spectateur et à faire de chacun de ses films un manifeste, c'est Luis Bunuel. Ami de Salvador Dali et de Federico Garcia Lorca, il met en pellicule la véritable profession de foi du mouvement avec Un chien andalou, salué avec enthousiasme par les membres unanimes.  Viendra L'âge d'or, d'après un scénario écrit avec Dali, oeuvre blasphématoire riche en métaphores visuelles fulgurantes qui tire à bout portant sur toute représentation de l'ordre établi. Le film est projeté en salles durant une semaine, puis sera interdit par la censure et le restera jusqu'en 1980.


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A la même époque, Jean Cocteau tourne son premier essai Le sang d'un poète, financé par un mécène le vicomte de Noailles, où l'auteur s'abandonne à son tour aux tentations de l'inconscient et du rêve avec infiniment de talent mais sera conspué par les surréalistes qui l'accusent d'emprunts illégitimes, d'hybridation, d'artifices et de précisosité. Faux procès lorsque l'on sait que Cocteau s'intéresse principalement aux mythes, qu'il se plaît à tourner dans des décors insolites et qu'il privilégie en tout premier la poésie des images qui se veut à l'égale de celle des mots. Des films comme La belle et la bête, Orphée, Le testament d'Orphée prouvent sa science innée de la mise en scène, sa primauté de l'image sur le texte, sa méfiance du récit linéaire qui appauvrit le  narratif et principalement son souci de faire cavalier seul et de ne se recommander que de lui-même.

Dissous en 1969, le mouvement surréaliste n'en a pas moins marqué les esprits et institué une longue et persistante influence sur les générations. On retrouve son esthétique dans une multitude d'oeuvres et non des moindres. Chez Alfred Hitchcock par exemple, grand explorateur de la folie et des psychoses humaines  dans des films comme Rebecca, La maison du Dr EdwardesSueurs froides, Psychose ou Les Oiseaux. Egalement chez Charles Laughton et La nuit du chasseur, chez Federico Fellini, Raoul Ruiz ou David Lynch. Mais ce surréalisme ne dérange plus personne ; il est infiniment moins violent et plus soft, c'est dire combien il s'est éloigné de sa vocation première qui était de réveiller "les volcans" en cédant à la rage subversive et à la provocation.

 

Pour lire les articles consacrés à Luis Bunuel, Alfred Hitchcock, Federico Fellini et David Lynch, cliquer sur leurs titres : 

LUIS BUNUEL OU LE DETACHEMENT VOLONTAIRE        ALFRED HITCHCOCK - UNE FILMOGRAPHIE DE L'ANXIETE               FEDERICO FELLINI            DAVID LYNCH

 

 Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique MES BILANS, cliquer sur le lien ci-dessous :

LISTE DE MES BILANS CINEMATOGRAPHIQUES

 

 

 

 

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 08:57
Des couples qui se sont aimés puis oubliés mais qui nous ont fait rêver.
Des couples qui se sont aimés puis oubliés mais qui nous ont fait rêver.
Des couples qui se sont aimés puis oubliés mais qui nous ont fait rêver.
Des couples qui se sont aimés puis oubliés mais qui nous ont fait rêver.
Des couples qui se sont aimés puis oubliés mais qui nous ont fait rêver.
Des couples qui se sont aimés puis oubliés mais qui nous ont fait rêver.
Des couples qui se sont aimés puis oubliés mais qui nous ont fait rêver.
Des couples qui se sont aimés puis oubliés mais qui nous ont fait rêver.
Des couples qui se sont aimés puis oubliés mais qui nous ont fait rêver.
Des couples qui se sont aimés puis oubliés mais qui nous ont fait rêver.
Des couples qui se sont aimés puis oubliés mais qui nous ont fait rêver.
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Des couples qui se sont aimés puis oubliés mais qui nous ont fait rêver.
Des couples qui se sont aimés puis oubliés mais qui nous ont fait rêver.
Des couples qui se sont aimés puis oubliés mais qui nous ont fait rêver.

Des couples qui se sont aimés puis oubliés mais qui nous ont fait rêver.

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 09:24

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Le 7e Art se féminise depuis quelques années, où sont apparues sur le devant de l'écran de jeunes cinéastes qui font preuve d'une maîtrise et d'un talent qui n'ont rien à envier à ceux des hommes. Elles ont pour noms : Nadine Labaki, Valérie Donzelli, Maïwenn, Mélanie Laurent ou Mila Hansen-Love. Surtout elles ne font rien comme les hommes et osent des castings inattendus, préférant souvent les inconnus aux grandes vedettes et privilégiant ainsi des tournages à budget modeste. Prenons pour exemple Valérie Donzelli qui n'a dépensé que 1,3 millions d'euros pour tourner La guerre est déclarée, c'est-à-dire cinq fois moins que le budget moyen d'un long métrage en France, alors que son film est en passe d'être le succès le plus rentable de l'année, comptabilisant déjà 240.000 entrées en 9 jours. Et c'est bien parti pour les 900.000 prévoit l'heureux producteur.

 

A 38 ans, cette jeune femme ouvre le bal d'une saison où s'imposent décidément des actrices et réalisatrices dont la moyenne d'âge se situe entre 30 et 40 ans. Le 14 septembre, c'est au tour de Et maintenant on va où ?de Nadine Labaki, l'auteur de Caramel  - un film qui a conquis le public, il y a de cela deux ans - de sortir dans les salles avec pour sujet les tensions religieuses qui ne cessent de s'intensifier au Moyen-Orient. Polissede Maïwenn débutera une carrière prometteuse le 19 septembre, Poulet aux prunesde Marjane Satrapi le 26. Soit un total de 20 longs métrages portés par une nouvelle génération de filles. Sans compter Mélanie Laurent et son premier film Les adoptés, prometteur d'un talent qui affirme déjà son style et son écriture malgré d'indéniables faiblesses.

 

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Il y a quelques années de cela- remarque Cécile Felsenberg de l'agence UBBA - les femmes cinéastes se comptaient sur les doigts d'une main : Nicole Garcia, Coline Serreau, Danièle Thompson, Tonie Marshall. Puis, on a vu arriver des spécialistes des comédies populaires telles Isabelle Mergault, Lisa Azuelos et Pascale Pouzadoux. Aujourd'hui la nouvelle génération s'intéresse à tous les genres.

 

Ainsi Katia Lewkowicz ( 38 ans ) dénonce certains aspects du mariage ; Hélène Fillières ( 39 ans ) s'inspire dans Sévèrede l'affaire Stern avec Laetitia Casta et Benoît Poelvoorde ; Emmanuelle Bercot ( 43 ans ) puise ses sources dans le scandale du Mediator, quant à Julie Delpy ( 47 ans ) elle passe d'une chronique familiale bien française Le Skylab  à une comédie branchée américaine 2 Days in New-York.

 

Ces réalisatrices douées et ambitieuses ont en commun le goût du cinéma d'auteur, noblesse du 7e art français et semblent plus habiles à faire passer des sujets difficiles- souligne le PDG des agences Artmedia et VMA, Bertrand de Labbey.  Armées comme elles le sont, nul doute qu'elles iront loin et apporteront un nouveau souffle et de nouvelles perspectives au cinéma, sans cesser de nous surprendre.

 

Pour consulter les articles que j'ai consacrés à quelques-uns des films de ces réalisatrices, cliquer sur leurs titres :

 

CARAMEL de NADINE LABAKI           PERSEPOLIS de MARJANE SATRAPI 

 

 

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 09:11

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Voilà un beau film, dur à visionner parce que, dès qu'il s'agit de la vie d'un enfant, l'émotion est aussitôt à fleur de coeur, mais grâce à la maîtrise de la jeune et talentueuse Valérie Donzelli l'opus évite les tentations de pathos qu'un tel sujet risquait de provoquer. Dès les premières images, nous sommes sous le charme d'un narratif vif, juste, précis, véritable hymne à la vie et ode à l'espérance. Oui,la guerre est déclarée à la maladie lorsque le jeune couple formé par Roméo et Juliette s'aperçoit que leur fils Adam, âgé d'un peu plus d'un an, ne marche pas et semble développer les symptômes propres à une évolution retardée. Le résultat du scanner est impitoyable : tumeur au cerveau et, plus grave, tumeur maligne. En quelques secondes, Roméo et Juliette se voient embarqués dans une course de fond qui durera cinq ans. Cinq ans à vivre auprès d'un enfant confiné dans sa chambre stérile et ayant à subir des traitements lourds qui ne lui laissent guère que 10% de chance de guérison.

 

 

Néanmoins, le miracle se produira. Confrontés à l'insupportable, les parents vont puiser dans leur amour et la tendresse, jamais mise à défaut de leurs proches, la force de mener le combat à son terme. Le sujet, pour le moins plombant diront certains, est traité avec intelligence par la réalisatrice qui insuffle à son histoire les ingrédients nécessaires : humour, vitalité, malice, justesse de ton, lui conférant ainsi une coloration très personnelle et un réalisme qui sait habilement déjouer les pièges et user de la dérision pour dynamiter les lieux communs trop volontiers attachés à l'univers hospitalier.

 

Après "La reine des pommes", son premier film, Valérie Donzelli impose un savoir-faire évident auprès de son compagnon, l'acteur Jérémie Elkaïm, tous deux prêtant à leurs personnages respectifs une charisme irrésistible. Accompagné d'une musique en parfaite adéquation avec le sujet et où l'on retrouve Vivaldi, Bach, Ennio Morricone, la chanson de Jacques Higelin "Je ne peux plus dire je t'aime", de même que l'inédit de Benjamin Biolay " Ton grain de beauté ", le film ne cesse de susciter attention et émotion et on se sent très près de ce couple qui fonctionne au courage et à l'espérance, elle, cette petite espérance - qui entraîne tout- écrivait Charles Péguy - car la foi ne voit que ce qui est, et elle, elle voit ce qui sera. La guérison et le beau ciel au-dessus de la mer que contemplent, sur la dernière image, un couple et un enfant de 8 ans, est la conclusion confiante et poétique de ce marathon mené à son but.



Admirablement interprété avec des seconds rôles plus vrais que nature, "La guerre est déclarée" renouvelle un cinéma trop souvent confiné dans des sujets stériles, comme la chambre de l'enfant malade. Ne posant aucune question, il ne donne évidemment aucune réponse et se contente d'aligner des banalités et clichés mille fois ressassés. Bravo à Valérie Donzelli d'apporter son souffle, sa dérision et sa tendresse au 7e art du XXIe siècle.



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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 08:54

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Né en 1932 dans une grande famille d'industriels du Nord ( les Beghin du côté maternel ), Louis Malle s'initie dès l'âge de 14 ans à la réalisation cinématographique avec la caméra 8mm offerte par son père et s'inscrit, dès ses études secondaires achevées, à l'IDHEC dont il suivra les cours pendant un moment, avant de rejoindre le commandant Cousteau comme co-réalisateur du Monde du silence, documentaire qui obtiendra la Palme d'or en 1953. Mais s'étant crevé les tympans lors d'une plongée, il renonce à poursuivre cette expérience maritime et travaille dans un premier temps avec Robert Bresson sur le tournage de Un condamné à mort s'est échappé. C'est alors l'essor de la Nouvelle Vague mais Malle, très indépendant de nature, ne se reconnaît pas dans ce mouvement et entend bien rester un créateur libre de toute influence. Ainsi suivra-t-il son chemin de façon parallèle en se référant à ses seules motivations.

 

Il a 25 ans lorsqu'il réalise Ascenseur pour l'échafaud avec Jeanne Moreau et Maurice Ronet qui emprunte les codes du film noir mais que transfigure une bande son composée d'improvisations du jazzman Miles Davis et par  la plastique des images nocturnes. Ce film sera suivi des "Amants" où il pourfend l'hypocrisie qui subsiste autour de l'adultère et ouvre la voie à un  cinéma enfin délivré des tabous d'une société  trop corsetée  par les principes. Suivront, en 1960, Zazi dans le métro, une oeuvre ludique tirée d'un roman de Raymond Queneau et Feu follet qui traite de la dépression et du suicide inspiré de Pierre Drieu La Rochelle. Moins opposés aux conventions narratives que ces précédents opus, Viva Maria et Le voleur sont des comédies d'un amoralisme jubilatoire, tandis que Lacombe Lucien, co-écrit avec Patrik Modiano, suscitera une vive polémique, ce qui était probablement le but du film. Louis Malle y décrit un jeune paysan désoeuvré qui, après avoir tenté sans succès d'intégrer la Résistance, se tourne vers la collaboration. Malgré ses remarquables qualités, le film s'attire les foudres de la critique et des résistants, au point que, très affecté, Malle décide de s'expatrier quelques années aux Etats-Unis. Le premier film, qu'il tourne là-bas, sera un mélodrame en costumes La petite  sur un sujet, tout aussi sensible, la prostitution enfantine, interprété par la jeune Brooke Shields, suivi par Atlantic City ( 1980 ) où il raconte les mésaventures d'un truand à la retraite avec Burt Lancaster dans le rôle titre.

 

Revenu en France en 1987, ce sera à nouveau pour tourner un film sur l'Occupation Au revoir les enfants, comme si ce thème ne cessait de le hanter, film qui marquera sa véritable consécration de réalisateur et obtiendra enfin les éloges unanimes de la critique. Il y conte l'histoire d'un écolier qui se lie d'amitié avec un enfant juif au sein d'un collège catholique, récit quasi autobiographique, puisque son auteur fut le témoin d'un drame similaire durant la dernière guerre. Une autre réalisation Le souffle au coeur, où Malle décrit la relation fusionnelle entre une mère et son fils, sujet scabreux s'il en est, considéré comme son oeuvre la plus personelle, couronnera sa carrière et se verra récompenser par le Lion d'or à Venise, le prix Louis-Delluc et pas moins de 7 Césars. Ses derniers films Milou en mai et Fatale ne marqueront pas les mémoires mais contribueront à parachever une oeuvre inclassable, foisonnante et passionnée qui compte parmi les plus importantes du cinéma français.

 

A l'évidence, ce sont les cas extrêmes qui monopolisent  la créativité de Louis Malle : l'inceste, la dénonciation, la collaboration, la prostitution qu'il traite en prenant de la hauteur, se refusant à tout jugement et  les incluant dans des destins qui font en sorte que  l'individu bascule dans le mal plutôt que dans le bien. Oui, ce sont ces instants de la renverse que le cinéaste s'attache à décrire, moments de dualité obscurs et impénétrables durant lesquels l'être ne cesse d'osciller en vain et que l'auteur décortique lors de narratifs parfaitement maîtrisés où n'entre ni vulgarité, ni facilité. L'exigence est au coeur de ses films, celle d'une mise en scène au service de scénariis complexes et plein d'ambivalences.

 

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LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
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