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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 09:58

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Fondateur de la World Cinema Foundation, Martin Scorsese, né aux Etats-Unis le 17 novembre 1942, est considéré comme l'un des plus talentueux cinéastes de sa génération, en même temps comme l'un des plus controversés. Ses préoccupations marquées par son éducation religieuse se retrouvent dans la notion de culpabilité et de rachat qui font partie de son questionnement et ne peuvent laisser personne indifférent. Soucieux de célébrer l'homme dans sa noblesse et son obscurité, ce fils d'émigrés italiens ne cesse de puiser, dans son enfance, une inspiration partagée entre le pire et le meilleur, la violence et le lyrisme.

 

Etudiant, puis enseignant à la Colombia University de New-York, Scorsese attire l'attention dès ses premiers courts métrages et ses documentaires autobiographiques. Son premier film, en 1970, "Bertha Boxcar" avec Barbara Hershey et David Carradine impose son style et suscite les encouragements de John Cassavetes. En 1973, "Mean Streets", son oeuvre suivante, est acclamée par la critique et lui permet de faire une rencontre décisive avec l'acteur Robert de Niro qui deviendra son alter ego. Cette chronique violente de deux petits malfrats sans envergure résume la vision en clair-obscur et le ressenti d'un réalisateur qu'interpelle en tout premier lieu notre condition humaine. Mais c'est avec "Taxi Driver" qu'il connaît la consécration, recevant la Palme d'or à Cannes en 1976.

 

L'impact de ses films, le cinéaste le doit principalement à l'image, à cette façon très particulière qu'il a de créer une mythologie urbaine qui déforme les corps et les esprits, meurtri les coeurs et qu'il sature de couleurs volontairement agressives. Au centre de ce chaos, un être progressera lentement vers la lumière ou s'abîmera définitivement dans les ténèbres. Ce sera le cas de "New-York, New-York", de "Raging Bull", des "Affranchis", de "A tombeau ouvert". Le monde du crime, la mafia, les mégapoles déshumanisées forgent un enfer dans cette approche mystique qui caractérise l'univers du cinéaste. Parfois, au coeur de ce déferlement brutal, des rituels raffinés d'une société privilégiée illustrent comme dans "Le temps de l'innocence" un enfer tout aussi dangereux car trompeur.

 

Robert de Niro prêtera ses traits à plusieurs de ces héros. Selon les voeux du metteur en scène, cet immense acteur saura modeler son corps, tantôt musclé et aminci, tantôt bouffi et vieilli, afin de signifier l'évolution de l'être en proie à une possession diabolique ou aux prises avec une possible rédemption. Lorsque Scorsese aborde le Messie dans "La dernière tentation du Christ", c'est à travers les corps des uns et des autres chargés de symboliser les déchirements des âmes. Par des moyens physiques, une imagerie obsédante, l'oeuvre de Scorsese ne se contente pas de peindre l'homme de son temps et ses malaises sociétaux, il l'inscrit dans une perspective où l'idée de la grâce n'est pas absente et lui accorde des prolongements culturels et historiques, un sens et un rayonnement universel. Ainsi nous invite-t-il en permanence à la réflexion.

Avec son dernier film, "Silence", qui sort sur nos écrans, Scorsese amorce, davantage encore, un retour vers le spirituel après plusieurs films plus grand public où, dans le Japon médiéval, le croyant délivre une profonde réflexion sur la foi dans un désert d'ignorance et de brutalité. Un film à ne pas manquer.


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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 09:12

 Corbis Sygma 


Luis Bunuel  est né le 22 février 1900, avec le siècle, à Calanda, petite ville de l'Aragon réputée pour son obscurantisme religieux. Aîné d'une famille aisée de sept enfants, il dut subir les durs principes d'une éducation rigoureuse, chez lui et chez les Jésuites auprès desquels il fit ses études secondaires, éducation qui, à l'évidence, ne convenait pas à sa nature rebelle. A dix-sept ans, il commence des études supérieures et obtient un diplôme de philosophie. Il fait alors deux rencontres qui le marquent profondément ( et on le comprend) : celles de Dali le peintre et de Garcia Lorca le poète, qui exerceront une forte influence sur ses premières oeuvres cinématographiques. Grâce à l'aide financière de sa mère, il peut, à 28 ans, tourner son premier film, secondé par Dali : Un chien andalou. Ces débuts prometteurs vont de suite lui mériter l'estime des intellectuels et le succès auprès du public.

En 1930, la projection de  L'âge d'or  provoque un scandale tel, que le film est retiré du circuit et frappé d'un interdit qui ne sera levé qu'en 1981. Peu après éclate la guerre civile d'Espagne, au cours de laquelle  Bunuel ne s'engagera que moralement, en participant à un documentaire pro-républicain  Madrid 36,  puis il part pour les Etats-Unis où il va s'employer à démontrer aux Américains le danger des films de propagande nazi. Mais son anticléricalisme et son marxisme lui valent des ennuis et des pressions qui vont le contraindre à s'exiler au Mexique. Là, il  reprend sa carrière de cinéaste et réalise  Los Olvidados  en 1950,  Archibald de la Cruz en 1955,  La mort en ce jardin  en 1956 et  Nazarin  en1958, longs métrages qui font référence à Sade, la religion et la bourgeoisie qu'il pourfend de son ironie implacable.

 

    Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr  Tamasa Distribution

 

De retour en Europe, il se consacre à un long métrage qui compte parmi ses chefs-d'oeuvre :  Viridiana.  Avec ce film, il obtient en 1961 la palme d'or du Festival de Cannes, mais n'échappe pas aux remous politiques, diplomatiques et religieux qu'il suscite. Franco qui, dans un premier temps, avait autorisé son tournage et accepté son exploitation, finit par l'interdire dans la très catholique Espagne. Suivront d'autres réalisations, toujours provocantes et attendues :  L'ange exterminateur en 1962,  Le journal d'une femme de chambre  en 1964, Simon du désert en 1964,   Belle de jour  en 1966,  Tristana  en 1969. Avec  Le charme discret de la bourgeoisie,   il obtient l'Oscar du meilleur film étranger et met un terme à sa prodigieuse carrière en 1977 avec  Cet obscur objet du désir.  Il meurt à Mexico le 29 juillet 1983. Le meilleur du cinéma de Bunuel se situe à l'intersection du monde du besoin, symbolisé par la nourriture et le sexe qui sont le lot quotidien de l'existence, opposé à la mise en scène réglée par les conventions bourgeoises et la religion. Le cinéaste s'est plu à montrer  combien la civilisation et les bonnes moeurs ne sont jamais qu'un vernis fragile et que l'homme se rapproche de l'animal à maints égards. Un animal de raison souvent déraisonnable. "Au fond - disait-il - j'ai toujours choisi l'homme contre les hommes".

 

Unión Industrial Cinematográfica (UNINCI)  Tamasa Distribution

 

Viridiana  est, parmi les nombreux  films de Luis Bunuel, sans doute l'un des plus forts et des plus aboutis. Il est certain que l'on ne sort pas de cette projection indemne. Ce film coup de poing nous interpelle au plus profond de nos doutes et de nos convictions. Iconoclaste, on comprend qu'il ait soulevé la controverse. Bunuel s'y livre, une fois de plus, à l'un de ses règlements de compte envers les siens et les Jésuites qui le formèrent, selon une règle dont il considère qu'elle l'a opprimé au point de gâcher son enfance et son adolescence. Il y aborde également les thèmes qui lui sont chers : l'inceste, l'hypocrisie de l'église, la bêtise et la suffisance de la bourgeoisie, la bestialité du peuple. Tout y passe avec une insolence, une audace à couper le souffle. On prend conscience de l'impact que l'art cinématographique peut avoir lorsqu'il est exercé par un homme de génie. Cela dépasse de beaucoup les résonances de l'écrit. La Cèneoù le Christ et ses apôtres sont remplacés par des mendiants est l'un des sommets de la provocation. De même que les passages où l'auteur se plait à détruire les objets de l'iconographie religieuse.

Dans ce film, comme dans la plupart des précédents et des suivants, il n'hésite pas à décrire avec délectation la puissance étouffante du milieu social, monde originaire qui figure la permanence de l'asservissement auquel aucun d'entre nous n'échappera, milieux si semblables à des systèmes cosmiques indépendants, qu'ils ne peuvent être perméables les uns aux autres et que, s'ils évoluent, ce ne peut être qu'à l'état d'ébauches déjà condamnées. Chez lui, comme chez le marquis de Sade, le bien conduit au mal, son envers, si bien que les tentatives de charité et de bonté sont vaines et n'aboutissent qu'à produire des monstres ou des zombies.

 

Silvia Pinal. Tamasa Distribution

 

Jugeons-en par l'expérience de Viridiana et résumons son histoire pour la mieux comprendre : Viridiana, juste avant sa prise de voile et ses voeux définitifs, rend visite à son protecteur et vieil oncle, Don Jaime, sur les conseils et les encouragements de la Mère supérieure du couvent. Celui-ci vit seul depuis la mort de son épouse survenue la nuit de leurs noces. Or il s'avère que Viridiana ressemble étrangement à cette femme. Troublé par la beauté de sa nièce, Don Jaime n'a plus qu'une idée : la garder auprès de lui. Avec la complicité de sa servante Ramona, il lui fait absorber un somnifère et tente d'abuser d'elle pendant son sommeil. Le lendemain, épouvantée à l'idée qu'il l'a possédée, comme il le lui laisse croire, elle s'enfuit. Mais sur le chemin du retour, apprend qu'il s'est donné la mort. Elle revient alors au domaine - dont elle est l'héritière avec l'un de ses cousins - et décide de renoncer à la vie monastique pour se consacrer aux pauvres. Un soir de fête, les malheureux, qu'elle a recueillis, se livrent à une sorte de bacchanale, se saoulent, pillent la demeure et essaient même de violer leur bienfaitrice. En cherchant à améliorer la condition d'existence de ces pauvres gens, Viridiana n'est parvenue qu'à exacerber davantage leurs pulsions animales. Pulsions de mort et d'anéantissement qui habitent l'homme depuis la nuit des temps. Rien ne vaut rien. Le pessimisme de Bunuel ne lui permet pas d'envisager une quelconque rédemption, même pas une espérance. Puisque, selon lui, l'univers est livré inexorablement au néant. Les scènes carnavalesques et les simulacres n'ont pour but que d'aggraver ce qu'il y a de dérisoire dans tout effort qui tendrait à envisager un possible salut.

 

Dans cette perspective, la perversion se révèle être un dérivatif. L'homme y devient un prédateur et l'assouvissement des riches n'a d'égal que l'inassouvissement des pauvres. Bunuel, s'il admet la valeur symbolique de la religion et des arts, lui reproche de ne proposer aux hommes qu'un idéalisme fallacieux, une vision magnifiée et forcément trompeuse d'eux-mêmes ; le destin humain lui apparaissant comme voué à jamais à sa perte. D'où son ironie grinçante qui n'est pas le désespoir, mais un détachement volontaire et passablement hautain des choses. Le cinéaste entend nous confronter avec  le réel, sans céder à la complaisance. Il est certain qu'un tel film, sorte de  " contre-bible " laisse longtemps dans l'esprit son amer désenchantement.

 

Pour lire les articles consacrés à Jeanne Moreau, Catherine Deneuve et aux Réalisateurs, cliquer leurs titres :

 
JEANNE MOREAU     CATHERINE DENEUVE - PORTRAIT     LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 10:33

Pyramide Distribution


Iconoclaste et inclassable, Alain Cavalier est le cinéaste qui, par excellence, et cela dès ses débuts, a opté pour un parcours atypique de façon à faire cavalier seul. Né en 1931 à Vendôme, il commence des études d'histoire avant d'entrer à l'IDHEC, puis de devenir l'assistant de Louis Malle. Le voilà à bonne école, au coeur de cette Nouvelle Vague dont il entend bien se distinguer en tournant bientôt, pour son propre compte, des événements politiques comme la guerre d'Algérie dans Le combat dans l'île en 1961 et  L'insoumis  en 1964, insoumis qu'il est lui-même et justification du refus d'obéissance aux ordres. Mais malgré la présence d'acteurs de renom comme Jean-Louis Trintignant, Romy Schneider ou Alain Delon, ces premiers essais seront des échecs. Alain Cavalier connaîtra ses premiers succès avec des films plus commerciaux dont un polar Mise à sac en 1967 et surtout avec La Chamade en 1968, qu'il adapte du roman éponyme de Françoise Sagan, alors au sommet de sa gloire.

 

  Rezo Films  Pyramide Distribution  Hugo Films

 

 Toutefois, ces films commerciaux, s'ils lui permettent de vivre et de se faire connaître du grand public, ne satisfont aucunement sa nature exigeante. Ce n'est pas ce cinéma-là qu'il entend promouvoir. Aussi va-t-il à nouveau renoncer aux codes du cinéma en vogue pour réaliser des longs métrages dans lesquels il impose sa conception personnelle du 7e Art et sa sympathie pour les marginaux, en veillant à ce que le sujet soit abordé sans concession et s'inspire de l'expérience de chacun. Se refusant à l'action dramatique traditionnelle, le cinéaste décide de ne plus tourner que des oeuvres fondées sur une base d'authenticité qui mettent en scène des dilemmes intérieurs comme Ce répondeur ne prend pas de message en 1979 et Un étrange voyage en 1980, où il relate un épisode singulier de la vie de sa fille et obtient, dans la foulée,  le prix Louis-Delluc 1981.

 

Jean Rochefort. Hugo Films 

 

 

Mais une étape capitale sera franchie avec Thérèse en 1986. Dans ce film, Cavalier s'inspire au plus près de la vie d'une jeune carmélite, qu'il traite avec un dépouillement extrême et une grande intensité qui lui vaudra l'admiration générale et où il questionne la sainteté avec une émotion palpable. Le film, ovationné au festival de Cannes 1986, recevra le prix du Jury avant de remporter le César du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur scénario. Dès lors Alain Cavalier est entré dans la cour des grands.

 

Catherine Mouchet. TF1 International

 

Dorénavant il oriente son inspiration vers une épure encore plus exigeante au service d'une nouvelle ascèse et aborde une série de 24 portraits de femmes exerçant des métiers en voie de disparition, tel que matelassière. A l'écart des groupes et des écoles, son enjeu principal est le respect du réel, le rendu sans concession de la vie, qu'il tourne en solitaire grâce à une caméra DV dont la légèreté lui ouvre des perspectives très larges, saisissant l'histoire sous l'angle du documentaire qu'il construit et déconstruit à son gré. Si bien que des films comme La rencontre  ( 1966 ),  Vies  ( 2000 ),  Le filmeur  ( 2005 )  sont-ils de véritables journaux intimes, où il met en récit sa propre vie et celle de ses proches. C'est le cas de son dernier opus  Pater qui sort actuellement sur les écrans après avoir été ovationné à Cannes, comme jadis Thérèse, et que les critiques considèrent déjà comme une oeuvre hors norme, offrant au spectateur une diversité inouïe de scènes qui, toutes, font acte de vérité, souci majeur de ce réalisateur qui entend que le 7e Art reste une aventure permanente.

 

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 09:45

UFD  Metropolitan FilmExport   


 

 

Etudiant en philosophie, puis scénariste, Terrence Malick, né le 30 novembre 1943, occupe une place à part dans l'univers du 7e Art, de par la rareté de ses films d'abord,  de par leur puissance ensuite. Dès son premier opus La balade sauvage (1974), l'histoire d'un fait divers criminel, il déploie une réflexion très personnelle, poétique et panthéiste à la fois, sur la beauté du monde. A travers les deux films suivants Les moissons du ciel ( 1978 ) et La ligne rouge ( 1998 ), il donne plus d'ampleur encore à sa réflexion, jouant du contraste entre la brutalité des hommes et la splendeur de la nature. Luministe à la Warhol, il sait magnifiquement utiliser les ressources de la peinture américaine et une iconographie à la beauté dépouillée et grandiose à laquelle s'ajoute des choix musicaux insolites ( Satie ) et une méditation mystique qui élimine systématiquement les scènes d'action attendues ou les dialogues explicatifs pour développer, à la façon d'une symphonie, une épopée inversée mais captivante grâce aux sortilèges de l'image. C'est au spectateur à entrer progressivement dans cette oeuvre rare, dans cette réflexion savamment orchestrée, comme on le fait en littérature lorsque l'on aborde un Marcel Proust ou un Céline et, qu'à la place de l'image, la phrase vous emporte dans ses incessants méandres et vous invite à partager doutes et interrogations.

 


Brad Pitt & Jessica Chastain. EuropaCorp Distribution    Collection Christophe L.

 

Le cinéma de Malick est cela avant tout : celui de l'interrogation, où la question compte davantage que la réponse, réponse que chacun est prié d'aller chercher en soi-même. Le réalisateur se pose ainsi en  célébrant d'un opéra mystique où l'homme est inséparable de l'univers et plein acteur de sa condition humaine, puisqu'il est tout ensemble témoin et auteur. Certes, comprendre Terrence Malick n'est pas simple. De même qu'il donne peu de directives à ses acteurs, ce n'est pas quelqu'un qui vous propose une approche pédagogique de son travail. Sa vision, il l'impose telle quelle, libre à chacun de le suivre ou pas. Et puisque l'univers et la vie sont mystère, l'oeuvre de l'artiste l'est également et il faut faire avec, accepter que l'inspiration joue sa partition sans avoir à souffrir d'entraves et de réductions. Parce que chacun de nous demeure au coeur du mystère, l'artiste, forcément en osmose avec lui, le célèbre, non de façon angélique ou moralisatrice, mais comme une relation fragile et de caractère émotionnel. D'où la beauté de ses aubes et de ses crépuscules magnifiés comme jamais à l'écran. C'est le retournement des forces, celle de l'homme acceptant de se plier aux servitudes de sa condition dans une solennité qui peut apparaître, à certains, grandiloquente.

 

Absent depuis six ans, le cinéaste nous offre aujourd'hui, loin du traditionnel discours sur le bien et le mal, un film controversé The tree of life dont les jurés de Cannes, faisant fi des sifflets et des ovations, ont su apprécier la valeur  : celle d'une oeuvre audacieuse, rare, signifiante et inspirée,  réflexion en forme de poème sur la difficulté... d'être. Malgré une insistance esthétique peut-être trop envahissante, le film se place au-dessus de ce qu'il est habituel de voir, pour toutes les qualités soulignées plus haut et une thématique mise au service d'une expérience totale.

 

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Brad Pitt. EuropaCorp Distribution  Jessica Chastain. EuropaCorp Distribution  


 

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 09:27

        

    

Un scénario bâclé prive ce film d'une véritable portée sociale et le fait passer à côté de son sujet, l'effleurant sans en rien tirer de pertinent, tant l'opus cède, dès le départ, à la facilité.

L'argument est simple et se résume en quelques lignes : les délocalisations massives en vogue ces derniers temps frappent une grosse entreprise de Dunkerque où travaille France ( dont le prénom n'est pas anodin ), une jeune femme qui élève non sans peine ses trois filles et se retrouve, soudain, sans emploi et larguée par son mari docker. A la suite d'un tuyau, qui lui a été donné par son beau-frère, elle se rend à Paris et devient la femme de ménage d'un trader forcément mauvais père, mauvais amant, infidèle, cynique et odieux, qui a contribué à bousiller sa boîte et à faire licencier son personnel. C'est Gilles Lellouche qui interprète le personnage auquel, visiblement, il ne croit pas davantage que nous ne croyons à cette histoire mal ficelée.


Karin Viard. StudioCanal    Gilles Lellouche. StudioCanal

 

La seule à tirer honorablement son épingle du jeu est Karin Viard qui tente de se couler avec bonne volonté dans un rôle qui oscille entre passionaria et pretty woman sans se situer avec précision. Ces maladresses enlèvent toute crédibilité à ce film qui n'a pas su choisir entre film de genre et romance. Trop manichéen, sans finesse aucune, les bons et les méchants partagés par des maximes toutes faites et circonstanciées, Ma part de gâteau ne parvient ni à faire sourire, ni à émouvoir, encore moins à convaincre. Brouillon imparfait et portrait loupé de notre époque, on l'oublie dans l'heure qui suit. Dommage pour les acteurs qui méritaient mieux.

 

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Audrey Lamy, Flavie Bataille, Jean-Pierre Martins, Karin Viard et Marine Vacth. StudioCanal    StudioCanal

 

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 09:46

          VIDEO

 

La ballade de l'impossible  du réalisateur Tran Anh Hung, d'après le roman éponyme de l'auteur japonais Haruki Murakami, qui fut un best-seller dans les années 1987, se passe à Tokyo en 1960. Kizuki, le meilleur ami de Watanabe, s'est suicidé. Watanabe quitte alors Kobe et s'installe à Tokyo pour commencer ses études universitaires. Alors qu'un peu partout, les étudiants se révoltent contre les institutions, la vie de Watanabe est elle aussi bouleversée quand il retrouve Naoko, ancienne petite amie de Kizuki. Fragile et repliée sur elle-même, Naoko n'a pas encore surmonté la mort de Kizuki. Watanabe et Naoko passent les dimanches ensemble et le soir de l'anniversaire des 20 ans de Naoko, ils font l'amour. Mais le lendemain, elle disparaît sans laisser de traces. Watanabe semble alors mettre sa vie en suspens à la suite de la perte inexplicable de ce premier amour. Lorsqu'enfin il reçoit une lettre de Naoko, il vient à peine de rencontrer Midori, belle et vive, qui ne demande qu'à lui offrir son amour.


 


Tran Anh Hung, né en 1962, est d'origine vietnamienne et s'est réfugié en France en 1975 où il a commencé des études d'opérateur à l'école Louis-Lumière. L'odeur de la papaye verte sera son premier long métrage, tourné dans les studios parisiens, bien que l'action se déroule au Viêt Nam. Ce film lui mérita la Caméra d'or au Festival de Cannes 1993 et le César de la meilleure première oeuvre en 1994. Cyclo, un polar très stylisé, qui se passe dans les rues de Hô-Chi-Minh, lui vaut le Lion d'or de la Mostra de Venise en 1995 et fait de lui l'un des plus jeunes cinéastes à avoir obtenu cette distinction. Son quatrième opus Je viens avec la pluie est un thriller intense et poétique hanté par trois figures de la mythologie occidentale : le tueur en série, le détective privé et la figure christique et fut projeté au Japon au printemps 2009. Son cinquième long métrage est cette Ballade de l'impossible projetée lors du 13e Festival du film asiatique de Deauville en mars dernier, que l'on pourrait titrer
par " la douleur d'être", tant elle est présente, obsédante, tout au long de l'opus. Oui, La ballade de l'impossible est un road-movie intérieur, une descente dans les abimes de l'être où tout semble souffrance et malaise. Dans le Japon des années 60, une génération de jeunes gens parvient difficilement à trouver l'allégresse du coeur, tant la guerre, les guerres ont marqué, jusqu'à ces toutes dernières années, l'Extrême-Orient. Les suicides sont fréquents chez des adolescents qui se refusent à grandir. C'est le cas de Naoko, frappée par le suicide de Kisuki, son ami d'enfance avec lequel elle n'a jamais pu faire l'amour, parce quelque chose dans son être, dans sa chair, semblait s'être verrouillé à jamais. Est-ce la raison qui a poussé le jeune homme à se donner la mort ? Naoko se sent-elle responsable de son suicide ? Toujours est-il que la tendresse de Watanabe ne parvient pas à l'arracher à sa prison intérieure. Le jour de son anniversaire, elle cède et fait l'amour avec lui, mais sans en éprouver de plaisir, et pour cause, puisque, comme elle l'avoue, elle aimerait avoir toujours 18 ans, l'âge où elle a perdu son amour d'enfance, son insouciance.

 



Le lendemain, elle s'enfuit et va entrer dans une maison de santé pour essayer de retrouver un semblant d'équilibre. Mais qui peut sauver Naoko, alors même que la tendresse de Watanabe, qui lui rend souvent visite, est impuissante à le faire ? Paysages de neige, désert de solitude, pour l'un et pour l'autre, le film déroule sa lente et triste mélopée, sa cantate douce-amère qui donne la mesure de l'inexprimable, de l'inextricable. Un film grave, comme savent si bien les faire les asiatiques, qui pose les questions sans les résoudre, mais touche la sensibilité de chacun en son point le plus secret. Naoko, déjà habitée par la mort, par ce froid qui glace son corps et ses sens, peut-elle être sauvée par autre chose que la mémoire et les souvenirs qui perdureront dans Watanabe ? Et lui parviendra-t-il à se délivrer de son chagrin auprès de la touchante et aimante Midori ? Peut-on avoir une seconde chance en amour ?

 


 Pretty Pictures

 

Voilà un film qui ne peut laisser de marbre, tant il tisse une trame  sensible, voire désespérée, tant il avance à petits pas dans l'imbroglio des coeurs et la solitude des personnages. Les jeunes acteurs sont admirables : Kenichi Matsuyama donne à Watanabe l'ampleur déchirante d'un héros antique, alors que Rinko Kikuchi ( Naoko ) et Kiko Mizuhara ( Midori ) sont ravissantes et légères, d'une intense féminité, ballotées et blessées avec cette grâce qui les rend touchantes. Et il est vrai que ce film a une portée d'autant plus grande qu'il va à l'essentiel : qu'est-ce que vivre ? qu'est-ce qu'aimer ? et établit un parallèle entre passer et durer, être ou n'être pas, shakespearien dans ses interrogations.

 

Esthétiquement travaillé, La ballade de l'impossible sait faire le lien entre nature et sentiment, allier l'image aux états d'âme et faire chanter les paysages comme des partitions musicales, parfois même un requiem. Seule la bande sonore, plaquée plus que fondue, gêne à certains moments. Un film long, qui aurait gagné à être plus condensé, mais qui touche par la grâce qu'il dégage et par le talent des acteurs à tenter d'exprimer l'inexprimable. 

 

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 21:28


13e-FFA-20111

Le mercredi 9 mars à 19 heures s'est ouvert le 13e Festival du film asiatique de Deauville pour lequel j'ai obtenu, cette année encore, mon accréditation et dont je vais vous rendre compte chaque jour en essayant de vous faire partager mes impressions, et de restituer le plus fidèlement possible l'ambiance, les innovations, les coups de coeur et également les déceptions. Mais en premier lieu, essayons de nous souvenir comment et de quelle façon ce 7e Art extrême oriental a fait irruption et s'est imposé très vite dans la sphère cinématographique internationale. Tout a commencé au Festival de Venise en 1951 avec le Lion d'or attribué à Akira Kurosawa pour Rashomon, puis en 1953 avec le Lion d'argent à Kenji Mizoguchi pour Les contes de la lune vague après la pluie, tous deux réalisateurs japonais.

En Chine, suite au lent dégel politique qui succède à la Révolution culturelle, des réalisateurs de toute première grandeur apparaissent dont Zhang Yimou et Chen Kaige et des films de portée universelle qui ont pour titres : Terre jaune ( 1984 ), Le sorgho rouge ( 1987 ), Epouses et concubines ( 1991 ), Adieu ma concubine ( 1993 ), Le secret des poignards volants ( 2004 ), pour ne citer que les plus célèbres.

Avec Bruce Lee, puis Jackie Chan d'un côté et Wong Kar-waï de l'autre, la planète Hong-Kong se révèle être à son tour le foyer d'un cinéma d'action populaire à la pointe de l'esthétisme le plus exigeant. Alors que le public se lasse de la boxe, Jackie Chan lance la vogue de la comédie Kung-fu, où l'humour et la parodie font bon ménage avec un art martial de qualité. John Woo sera, quant à lui, l'inventeur d'un cinéma d'action stylisé, où chaque combat devient un véritable ballet chorégraphique. Mais deux noms vont se distinguer : King Hu, le lettré, qui donne au film de sabre ses lettres de noblesse et Wong Kar-waï qui réhabilite le mélodrame en associant subtilement sentimentalisme et esthétisme avec l'inoubliable In the mood for love.

En 1980, une jeune génération de cinéastes taïwanais, soucieuse d’interroger sa propre identité, ouvre au cinéma asiatique de nouvelles perspectives. Le choc sera la découverte de deux films emblématiques de Tsai Ming-liang : Les rebelles du dieu néon en 1992 et Vive l'amour qui recevra le Lion d'or à Venise en 1994, ce cinéaste s'affirmant comme le digne successeur du chinois Ozu dont il partage la pensée.

En 1990, Takeshi Kitano au Japon revisite le film de genre avec Yakuza et prolonge la tradition stylisée des films de gangsters, avant que l'animation ne soit le nouveau pôle d'attraction autour de Hayao Miyazaki. Volontiers ésotérique et métaphysique, l'animation, art de conteurs merveilleux, ressuscite le Japon des mythes et des légendes.

Quant au cinéma coréen longtemps ignoré au détriment de la Chine et du Japon, il affiche désormais une insolente santé et offre des films d'inspiration très diverse en mesure de rivaliser avec Hollywood. Avec Chant de la fidèle Chunhyang en 2000, le vétéran Im Kwon-taek a su adapter à l'écran une sorte d'opéra récitatif, variation fulgurante sur les accords possibles entre une image et une voix d'une poignante beauté. On lui doit également le remarquable Ivre de femmes et de peinture, ode à la passion de l'art figuratif où l'auteur déploie les fastes d'une reconstitution magistrale. Autour de lui, de nouveaux venus qui ont noms : Kim Ki-duk et Lee Chang-dong dont Peppermint Candy constitue un rigoureux portrait de la Corée actuelle, ainsi que Hong Sangsoo, à l'honneur à Deauville cette année, ont su charmer, en l’espace de quelques opus aux récits déroutants et d’une incontestable modernité, un public de plus en plus large.

Ainsi, au fil des années, le cinéma asiatique s'est-il imposé dans l'univers du 7e Art comme un concurrent redoutable et apprécié, adepte d'un réalisme social et d'une poésie immémoriale, dont l'impact ne cesse de grandir et de s'affirmer.

 

Mercredi 9 Mars :  Le Festival est ouvert par Lionel Chouchan et le maire Philippe Augier devant une salle bien remplie. Pour la 13ème fois, Deauville va respirer les parfums de l'Orient et se laisser envoûter par le charme très particulier du cinéma asiatique. De même que nous allons voyager à travers différents pays, soit le Japon - fort bien représenté cette année - la Chine, la Corée du Sud, l'Inde, la Thaïlande et les Philippines, et, ce, dans les méandres du temps et les ivresses existentielles. Le maire met l'accent sur l'intérêt que revêt une manifestation de ce genre qui permet d'établir des relations plus étroites entre pays sur le plan touristique et bien entendu artistique, proposant aux uns et aux autres des perspectives enthousiasmantes. D'ailleurs les ambassadeurs de chacun de ces pays seront présents à Deauville samedi afin de participer à des conférences et débats où seront conviés des étudiants du département. Le premier film projeté est un film en compétition, réalisé par un cinéaste originaire du Laos, naturalisé français Tran Anh Hung, qui a à son actif 4 longs métrages, dont "L'odeur de la papaye verte", et dont le titre est La ballade de l'impossible à laquelle j'ai consacré un article complet.  Beau film introspectif, mélancolique en diable, long et lent comme souvent dans le cinéma asiatique.

 

Jeudi 10 Mars : Le matin projection d'un autre film japonais Sketches of Kaitan City de Kazuyoshi Kumakiri, très différent de celui d'hier soir, d'une noirceur totale, montrant l'envers du décor d'un Japon florissant. Là, dans cet univers à la Zola, tout est violence, misère et désespoir, mais l'ensemble reste très décevant et sans la moindre lueur d'espérance. 

  

L'après-midi, projection d'un film chinois The Old Donkey de Li Ruijun, où nous nous retrouvons à la lisière du désert, dans une campagne aride, mais dont les hommes, qui ont la charge de la cultiver, ne veulent se séparer sous aucun prétexte. Malgré les propositions de rachat, qui leur sont faites, par un entrepreneur local sans scrupules, dont le projet est d'implanter une usine de produits chimiques sur leurs modestes lopins de terre, ces vieux braves s'opposent en se couchant devant les tracteurs. L'un d'eux, surnommé le vieux baudet, voyant le désert menacer les tombes de ses ancêtres, va s'employer à créer une sorte de barrage en paille, pierrailles et arbrisseaux, usant ainsi ses ultimes forces. Mais sa vie a toujours été conditionnée par trois impératifs : son champs, son âne, la tombe de ses parents. Un film émouvant, sobre, fait avec rien, mais d'une vérité, d'une tendresse, d'une justesse et surtout d'une noblesse inouïe. On sort de cette projection grandi par la verticalité de cet humble héros qui ne se plaint jamais et se consacre à ses tâches, aussi pénibles soient-elles, sans révolte avec rigueur et la seule satisfaction du devoir accompli. Si la population urbaine chinoise est gagnée par la modernité la plus effrénée, les artistes et les paysans savent se souvenir des valeurs perdues et nous les restituer en des images expressives où l'imposante nature est remise à sa vraie place. Pas d'effets spéciaux, un dépouillement cistercien. Bravo à Li Ruijun, ce film dédié à sa famille est beau.

 

Vendredi 11 Mars : L'important, lorsque l'on assiste à un festival de cinéma asiatique, c'est de s'y rendre avec l'intention bien ancrée de désirer changer de continent, je dirai même d'hémisphère. Quel intérêt aurait ce cinéma s'il était formaté selon les normes occidentales, s'il ne nous dévoilait pas d'autres horizons, s'il ne nous entraînait pas dans un autre rythme, s'il ne nous accoutumait pas à une autre approche des choses ? C'est à nous de nous adapter à une forme d'art plus contemplative, à un tempo plus lent, à un souci maniaque du moindre détail, à un élan vers l'avenir encore tout empreint de passé.
Hier fut une journée riche, bien qu'entachée par l'effroyable tremblement de terre et tsunami dont vient d'être victime le Japon, pour la raison qu'elle nous a donné à voir un film choc Birth Right hors normes, d'une force peu commune qui a emporté mon adhésion. Il fallait au réalisateur Naoki Hashimoto un certain culot et un indéniable courage pour oser un tel scénario, celui d'une terrible vengeance perpétrée par une jeune femme hiératique, spectrale, le visage clos sur une détermination irrévocable, celle de séquestrer la jeune fille qui a pris sa place dans le coeur maternel. Je ne vous en dirai pas plus. Admirablement maîtrisé, cet opus détaille la situation avec une rigueur formelle, des images sobres et des scènes d'un dépouillement total. Ce face à face nous révèle deux actrices de grand talent, habitées par leurs rôles et jouant avec une remarquable justesse ; d'une part la belle Sayoko Oho en héroïne déterminée, incroyablement cruelle et dévastée, et la jeune et jolie Miyu Yagyu interprétant l'écolière Ayamo à laquelle elle donne une violence et une intensité extraordinaires. Toutes deux étaient présentes ( ce qui m'a donné l'occasion de les féliciter chaleureusement à la sortie ), si bien que Miyu n'a pas hésité à nous avouer que ce rôle avait été très dur et éprouvant et qu'elle espérait que cela se verrait à l'écran. Qu'elle se rassure, cela s'est vu... Quant au metteur en scène, il a reconnu que son cinéma - qui n'était pas un cinéma de divertissement - cela s'est vu aussi - s'adressait à 20% du public et qu'il souhaitait qu'il y ait dans la salle, pour cette projection deauvillaise, un peu de ces 20%.  Assurément j'en étais, car ce film m'a subjuguée par son originalité, véritable prouesse cinématographique, dont je vous reparlerai longuement en espérant qu'il sorte prochainement en France.

Udaan, le film du soir, honnête il est vrai, a souffert de la comparaison, à mes yeux du moins. Rien à reprocher au metteur en scène indien Vikramaditya Motwane qui a fait un travail soigné, a choisi des acteurs qui correspondent parfaitement à leurs personnages dont celui du père tenu par l'excellent Ronit Roy et celui d'Arjun par l'adorable petit Aayan Boradia, mais ce cinéma ressemble vraiment trop au nôtre, il répond à tous les impératifs et critères qui ont de bonnes raisons de flatter le public : un brin de violence, un zeste de révolte étudiantine, un  rien de poésie, ce qu'il faut d'émotion pour tirer les mouchoirs des poches et le tour est joué, le public a applaudi longuement et les bravos ont fusé. Mais pour moi, tout cela avait un goût trop prononcé de Bollywood et j'étais encore avec mes deux jeunes actrices bouleversantes de Birth Right.

 

Samedi 12 Mars : La journée se partage en deux parties distinctes de par la qualité des projections proposées par la compétition officielle dont j'aurai vu 7 longs métrages sur 10. Celui du matin Eternity du Thaïlandais Sivaroj Kongsakul ne mérite pas que l'on s'y attarde, puisqu'il n'y a rien à en dire : pas de scénario, pas d'interprétation, pas de mise en scène, 1h40 d'un ennui profond, où rien ne se passe. On se demande la raison qui a incité les organisateurs à sélectionner un film aussi creux qui n'avait pas sa place dans une compétition de ce niveau.
Celui de la fin d'après-midi Buddha moutain est un coup de coeur, une vraie réussite, mon préféré avec le troublant, l'inclassable, le surprenant et hiératique Birth Right. Une salle pleine et Dieu sait que celle du CID est immense pour la projection du quatrième opus d'une jeune réalisatrice chinoise Li Yu, déjà primée à Deauville, fine mouche qui sait jouer du paradoxe, éviter les écueils, nuancer avec virtuosité,  user de l'ellipse avec finesse et envelopper le tout d'un humour rafraîchissant, celui de ces trois jeunes gens en quête d'eux-mêmes dans un monde sans concession et d'une impitoyable dureté. Li Yu navigue à vue avec un étonnant contrôle et une grande sûreté de caméra, au service d'un scénario bien ficelé et d'un ton personnel qui ne cède jamais à la vulgarité et se garde des lieux communs. L'histoire est celle de trois copains, une fille, la ravissante actrice Fan Bingbing déjà familière du tapis rouge de Cannes, et de deux garçons dont le bien enveloppé Chen Po Lin  - qui a un petit quelque chose de Jacques Villeret et joue avec un naturel désarmant, tirant le meilleur parti de son obésité - qui se cherchent, se perdent, se retrouvent dans le monde difficile des adultes mais font corps afin d'être plus forts devant l'adversité. Un film dont je vous reparlerai car il a toutes les qualités requises pour plaire au public français, soit un sujet universel mais traité avec une subtilité toute asiatique.

Dimanche 13 mars : Malheureusement l'affligeant palmarès n'a pas été à la hauteur des films présentés pour la simple raison que le Grand Prix a été attribué au film le plus creux et le plus insignifiant, laissant une partie du public stupéfaite et dé-crédibilisant les jurés. Oui, c'est Eternity du Thaïlandais Sivaroj Kongsakul qui s'est vu remettre le Lotus du meilleur film des mains d'Amos Gitaï, président du jury, qui a cru faire de l'esprit en prévenant les réalisateurs français qu'ils n'avaient qu'à bien se tenir car le cinéma asiatique débarquait. D'abord, il a débarqué depuis longtemps, et s'il s'agit de films comme celui-ci, les cinéastes français peuvent dormir tranquilles.
Mais je veux finir sur une note moins amère, en vous livrant les conclusions que m'a inspirées cette 13ème édition. D'abord, on ne peut que se féliciter des nombreux spectateurs qui ont été présents à chaque projection, enthousiastes et participatifs, de la qualité de la plupart des films en compétition - les plus innovants ne figurant pas dans le palmarès - du confort des installations mis à la disposition des participants par le CID et qui peut faire pâlir d'envie beaucoup d'autres villes festivalières, enfin de la pluie et du brouillard qui, en cet après-midi de clôture, sont tombés sur le littoral comme pour l'associer plus étroitement au drame que traverse le Japon. Et quels messages avons nous reçus des cinéastes venus des pays du soleil levant, sinon qu'ils ont beaucoup à dire et à transmettre et qu'ils savent le faire en prenant leur temps, en se conformant à leur rythme, en posant au monde en mutation et si alarmant, dans lequel nous vivons, les questions qu'il suscite. Ces questions sont posées avec inquiétude et gravité par des artistes qui se plaisent à sonder les esprits et les coeurs et dont les oeuvres n'ont cessé de nous entretenir des difficultés de l'amour, des illusions du pouvoir et des sourdes palpitations de la vie.

Palmarès :

Lotus du meilleur film  -  ETERNITY de Sivaroj Kongsakul
Action Asia  - TRUE LEGEND de Yuen Woo-Ping
Lotus Air France - COLD FISH de Sion Sono
Lotus du Jury - ex aequo SKETCHES OF KAITAN CITY de Kasuyoshi Kumakiri  et THE JOURNALS OF MUSAN de Park Jungbum

 

 

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 10:00
1915 - 1985

1915 - 1985

 

Génie adulé dès l'âge de 26 ans, Orson Welles, acteur et réalisateur, a marqué le 7e Art d'une empreinte indélébile par ses innovations et le souffle dont il a su animer chacune de ses oeuvres. Cependant sa vie très remplie garde curieusement un goût d'inaccompli, car ses films, qui ont révolutionné le cinéma pour longtemps, furent le plus souvent  montés et coupés contre son avis, inachevés et présentés dans une version partielle et que nombre de ses projets ne purent aboutir, ce fut le cas pour  De l'autre côté du vent et  Le roi Lear.

 

Orphelin de père et de mère à l'âge de 13 ans, Orson Welles parcourt l'Europe en compagnie de son tuteur, se forgeant une immense culture et découvrant en Angleterre Shakespeare, qui restera à tout jamais son maître à penser et son inspirateur. Trichant sur son âge, il se fait engager au théâtre à l'âge de 16 ans et, peu de temps, après  fonde et dirige la troupe du Mercury Theatre qui compte des acteurs plus âgés que lui. Mais qu'importe ! l'individualité et l'audace de ses mises en scène, presque toutes au service de l'oeuvre shakespearienne, vont braquer sur lui les projecteurs et lui permettre de gagner Hollywood et de tourner, en 1941, Citizen Kane pour lequel il a financièrement carte blanche. Ce scénario original d'Herman Mankiewicz présente une structure en flash backs tout à fait exceptionnelle pour l'époque, le réalisateur revisitant le langage cinématographique par l'utilisation de la profondeur du champ, de la contre-plongée et du plan-séquence qui désoriente le public et contribue à son échec financier, si bien qu'il est dessaisi du montage de La splendeur des Amberson et que deux autres projets sont abandonnés. Il est certain qu'un génie tel que lui irrite et énerve, tant et si bien qu'il ne gardera  le contrôle, du début à la fin, que d'un seul de ses films Othello en 1952.
" Je ne me suis jamais plaint d'Hollywood - dira-t-il, mais je ne suis guère l'un des grands bénéficiaires du système". 

Malgré les difficultés, qu'il ne cessera de rencontrer, les montages qu'on lui retire, les projets non aboutis, ses films sont d'une invention si fulgurante et d'une si grande richesse dans leur peinture de la nature humaine, que la patte de Welles se reconnait d'emblée et que François Truffaut écrira à ce propos :

" Si le cinéma muet nous a apporté de grands tempéraments visuels : Murnau, Eisentein, Dreyer, le cinéma parlant n'en a amené qu'un seul, un seul cinéaste dont le style soit immédiatement reconnaissable sur trois minutes de film, et son nom est Orson Welles ".

 


  

 

 

Mais accepté comme acteur, Welles veut l'être d'abord et avant tout comme cinéaste. Et puisque Hollywood lui refuse des crédits, il traverse l'Atlantique pour rejoindre l'Europe. Chacun de ses films va être alors un coup de maître. Laissant derrière lui des oeuvres comme Le criminel, La splendeur des Amberson et La dame de Shanghaï, il se lance dans de nouveaux chefs-d'oeuvre comme Othello, qui ne lui demandera pas moins de quatre années de travail, Dossier secret et Falstaff. Mais nombreux sont ceux qu'il tourne sur plusieurs mois sans jamais y mettre un point final. Son retour à Hollywood, le temps d'y produire un thriller magistral La soif du mal en 1958, restera sans lendemain. C'est grâce à la télévision française qu'il va réaliser son ultime chef-d'oeuvre Une histoire immortelle, où il aborde, pour la première fois, la couleur. Grâce à sa notoriété, il entraîne avec lui des collaborateurs qui acceptent de travailler à bas salaire, ce sera le cas de Jeanne Moreau, de Marlene Dietrich, de Lili Palmer et de bien d'autres, qui ne résisteront pas à l'appel d'un homme d'un tel talent et d'une telle inventivité. Auteur d'un oeuvre brillante qui fait la part belle à l'image, à la parole et au son, les films de Welles ont ceci de particulier qu'ils affirment la souveraineté et la plénitude de leur créateur, joyeux magicien qui a basé la plupart de ses opus sur la recherche de l'identité et la machination, selon le modèle initié par Citizen Kane. Par ailleurs, si le mensonge favorise les plus monstrueuses machinations (La dame de Shanghaï, La soif du mal, Macbeth), il peut également déboucher sur la tragédie comme dans Othello, où Welles s'est si profondément impliqué en tant qu'acteur et metteur en scène, car Othello, n'était-ce pas lui dans sa puissance, sa passion et sa démesure ?

 

 

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Robert Arden & Orson Welles. Ciné Classic   Orson Welles. Ciné Classic

 

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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 11:45

Twentieth Century Fox France  Twentieth Century Fox France         


Il est dommage - et il faut le déplorer - que les Américains  mettent plus de talent à promouvoir leurs films qu'à les réaliser. Ce fut le cas d'Avatar, d'Inception et Black Swan souffre également d'avoir été porté au pinacle et annoncé comme chef-d'oeuvre avant sa sortie en salles. Le danger est que le spectateur, facilement manipulable et toujours bien disposé à s'enthousiasmer, attend trop d'une oeuvre qui, après projection, se trouve réduite malheureusement à ses dimensions réelles, autrement plus modestes. Enseignée par l'expérience, je me rendais hier, à la séance de 17 heures, sans à-priori, mais sans empathie excessive. Je me méfie trop des engouements en aval pour privilégier davantage ceux en amont qui me paraissaient d'ailleurs, à la lecture de nombreuses critiques, plus modérés. Et c'est, en effet, un jugement modéré que m'inspire ce long métrage de Darren Aronofsky et également  le regret que le sujet, en lui-même séduisant et porteur, tiré du livre de Andres Heinz, n'ait pas été abordé de façon plus fine, plus subtile et plus artistique. Traitant de l'art de la chorégraphie et de la danse, c'est-à-dire de l'expression la plus évanescente de la beauté, ce film pèche par manque d'art. Si les difficultés de la discipline en elles-mêmes sont bien rendues, si la férocité du milieu est soulignée à traits vifs et crédibles, le parcours psychologique de l'héroïne, interprétée par la délicieuse Natalie Portman, sombre dans un pathos dont les ficelles sont aussi grossières que des câbles. Là, où il aurait fallu suggérer d'une caméra légère afin de mieux persuader les spectateurs des dilemmes, des refoulements, des angoisses de Nina, de ses fantasmes aussi, c'est le catalogue complet des déviances de notre société et de son mal-être que l'on nous sert et nous inflige à grand renfort d'hémoglobine : castration, mutilation, obsession, masturbation, tout y passe dans un délire psychotique et schizophrène pénible. Oui, vraiment... too much.


Natalie Portman et Mila Kunis. Twentieth Century Fox France


Et pourtant, il aurait fallu peu de choses pour que le film soit une grande réussite : plus de modestie d'abord, un style moins agressif et grandiloquent, une caméra plus subjective, plus poétique, plus délicate, plus habile à aller au coeur des choses que de rester à leur surface, de fouiller les coeurs que d'en étaler les ravages. Dommage, car les acteurs sont tous excellents, que le rythme est bon et que la caméra à l'épaule ne m'a pas gênée, car elle saisit fort bien les scènes de répétitions, les danseurs au travail, la présence toute puissante du maître conduisant son corps de ballet, ou bien les moments plus intimes où Nina se retrouve avec sa mère. Mais voilà, à vouloir trop démontrer, à privilégier exagérément le pathétique, on passe à côté de l'essentiel, on brouille les cartes, on étouffe l'émotion et on ne laisse dans la mémoire du spectateur qu'une image écornée...

 

2-e-toiles

 

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Natalie Portman & Vincent Cassel. Twentieth Century Fox France

Natalie Portman. Twentieth Century Fox France

 

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 10:10

Wild Bunch Distribution       

 


Grande-Bretagne, Londres, les années 30, l'entre deux-guerres. Albert, alias Bertie, coule des jours heureux dans sa modeste demeure de Picadilly entre sa femme Elisabeth, princesse écossaise, et ses deux filles Elisabeth et Margaret. Fils du populaire Georges V, frère du charismatique Édouard VIII, timide et bègue, l'homme ne semble pas taillé pour le pouvoir. Mais l'histoire en décide autrement. Contraint et forcé de prendre la couronne des mains d'un aîné préférant l'amour d'une aventurière américaine, le jeune roi se heurte à la tendance du moment bien difficile à assumer pour un bègue : la radiophonie. A l'heure des discours de dictateurs galvanisant les foules, façon Hitler, poser et imposer une voix au rayonnement mondial, fait plus que loi, nécessité. Prêt à tout pour surmonter son handicap, Bertie entame un traitement orthophoniste, proche de la thérapie, avec un certain Lionel Logue, praticien aux méthodes originales et parfois même, peu orthodoxes, sans diplôme et sans référence honorifique. Le défi de ce dernier, qui n'est pas des moindres : redonner force et intransigeance à la voix de l'Angleterre....

 

 

Sujet difficile s'il en est, le réalisateur Tom Hooper, peu connu de nos concitoyens, s'y est attaqué avec un réalisme, une justesse de ton, une simplicité tellement éloquente, que les deux heures de projection procurent une émotion dont j'étais loin de me douter, avant d'en être pleinement victime... Oui, ce film est tout simplement, et avant tout, bouleversant. Il montre, ou plutôt démontre, comment un homme ordinaire, pas particulièrement doué, peut arriver, par sa volonté et son courage, à surmonter ses appréhensions et à accepter d'endosser et d'assumer un destin extraordinaire. Ce destin est celui du prince Bertie que l'abdication de son aîné va obliger à prendre la lourde succession de son père, le très aimé roi Georges V, en des temps plus que difficiles, dramatiques, ceux de la guerre de 39/45 et comment, par la suite, lui et son épouse seront aux côtés de leur peuple à tous moments, accompagnés de l'homme providentiel que sera le premier ministre Winston Churchill. 

 


Colin Firth & Helena Bonham Carter. Wild Bunch Distribution


 

Film événement de par la qualité de sa mise en scène,  l'évocation d'un épisode historique méconnu, ce long métrage est d'ores et déjà nominé douze fois pour les Oscars et Colin Firth vient de recevoir, pour son rôle du roi Georges VI,  un Golden Globe, ce qui laisse supposer que la suite va encore réserver quelques bonnes surprises. Car le public est là. Hier après-midi, à Deauville, il n'y avait pas un strapontin de libre, ce qui est rare à cette heure de la journée. Et le public est resté longtemps assis après que la lumière soit revenue, aux prises avec une indiscutable émotion, celle que suscite cette formidable démonstration où nous assistons à l'accouchement douloureux d'un homme qui accepte, malgré ses craintes et ce qu'il croit être une indignité physique, la charge écrasante de roi. D'autant que l'époque, et les progrès de la technique, obligent désormais les chefs d'état à être, non seulement les garants du pouvoir, mais des orateurs.D'où la toujours grande actualité du sujet.

 


Colin Firth. Wild Bunch Distribution


 

Aux dialogues irrésistibles, à la construction théâtrale parfaitement maîtrisée, aux symboles attachés à la figure du monarque, aux saynètes intimes et charmantes où l'on entre dans la vie familiale du prince puis du roi, aux paysages de la campagne anglaise baignés de brume, il faut s'émerveiller du choix des acteurs tous époustouflants dans leurs rôles et tellement convaincants, que l'on voit s'ouvrir, devant nos yeux, un pan de l'histoire contemporaine de la Grande-Bretagne, dont on ne sait que trop qu'elle a traversé les situations les plus graves et rebondi avec dignité. Après avoir tourné dans Bridget Jones, l'acteur Colin Firth entre pleinement dans la peau de Georges VI et, grâce aux conseils de David Seidler, le scénariste, bègue lui aussi,  nous convainc sans peine, tant il met d'intelligence et de sensibilité, de certitude et de doute, dans son personnage. Il avoue lui-même que ce ne fut pas facile et qu'il a surtout cherché à jouer l'angoisse que peut générer une telle difficulté à s'exprimer, ce blocage qui survenait, chez le monarque, dès qu'il  était tenu à prendre la parole. Face à lui, magistral, nous trouvons un autre acteur Geoffrey Rush, lui aussi peu familier du public français, qui endosse avec force et humour, insolence et humanisme, un acteur raté, australien d'origine, devenu orthophoniste à la suite des difficultés d'élocution d'hommes et de femmes qu'il a croisés dans son existence et dont le nom est resté longtemps secret : Lionel Logue. Soigner un membre de la famille royale ne l'impressionne nullement et, dès le premier contact, il va imposer ses exigences et la discipline qu'il entend faire respecter par son client. L'amitié qui s'installe entre ces deux hommes ne faiblira jamais et ne subira aucune  éclipse. Leur face à face est un grand moment de cinéma et une réussite rare, un vrai régal pour les spectateurs. N'oublions pas les autres rôles admirablement assumés : celui de l'épouse de Georges VI, la délicieuse reine Elisabeth, joué avec charme et sobriété par Helena Bonham et celui d' Edouard VIII, au règne si bref, par le sémillant  Guy Pearce. Une seule erreur de casting dans cet opus brillantissime : un Churchill trop caricatural, grimé en cabot à la lèvre pendante et au clins d'oeil ironiques vraiment trop forcés.

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

 

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Geoffrey Rush. Wild Bunch Distribution Helena Bonham Carter. Wild Bunch Distribution

Guy Pearce. Wild Bunch Distribution Timothy Spall. Wild Bunch Distribution


 

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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