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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 09:27

        

    

Un scénario bâclé prive ce film d'une véritable portée sociale et le fait passer à côté de son sujet, l'effleurant sans en rien tirer de pertinent, tant l'opus cède, dès le départ, à la facilité.

L'argument est simple et se résume en quelques lignes : les délocalisations massives en vogue ces derniers temps frappent une grosse entreprise de Dunkerque où travaille France ( dont le prénom n'est pas anodin ), une jeune femme qui élève non sans peine ses trois filles et se retrouve, soudain, sans emploi et larguée par son mari docker. A la suite d'un tuyau, qui lui a été donné par son beau-frère, elle se rend à Paris et devient la femme de ménage d'un trader forcément mauvais père, mauvais amant, infidèle, cynique et odieux, qui a contribué à bousiller sa boîte et à faire licencier son personnel. C'est Gilles Lellouche qui interprète le personnage auquel, visiblement, il ne croit pas davantage que nous ne croyons à cette histoire mal ficelée.


Karin Viard. StudioCanal    Gilles Lellouche. StudioCanal

 

La seule à tirer honorablement son épingle du jeu est Karin Viard qui tente de se couler avec bonne volonté dans un rôle qui oscille entre passionaria et pretty woman sans se situer avec précision. Ces maladresses enlèvent toute crédibilité à ce film qui n'a pas su choisir entre film de genre et romance. Trop manichéen, sans finesse aucune, les bons et les méchants partagés par des maximes toutes faites et circonstanciées, Ma part de gâteau ne parvient ni à faire sourire, ni à émouvoir, encore moins à convaincre. Brouillon imparfait et portrait loupé de notre époque, on l'oublie dans l'heure qui suit. Dommage pour les acteurs qui méritaient mieux.

 

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Audrey Lamy, Flavie Bataille, Jean-Pierre Martins, Karin Viard et Marine Vacth. StudioCanal    StudioCanal

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA FRANCAIS
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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 09:46

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La ballade de l'impossible  du réalisateur Tran Anh Hung, d'après le roman éponyme de l'auteur japonais Haruki Murakami, qui fut un best-seller dans les années 1987, se passe à Tokyo en 1960. Kizuki, le meilleur ami de Watanabe, s'est suicidé. Watanabe quitte alors Kobe et s'installe à Tokyo pour commencer ses études universitaires. Alors qu'un peu partout, les étudiants se révoltent contre les institutions, la vie de Watanabe est elle aussi bouleversée quand il retrouve Naoko, ancienne petite amie de Kizuki. Fragile et repliée sur elle-même, Naoko n'a pas encore surmonté la mort de Kizuki. Watanabe et Naoko passent les dimanches ensemble et le soir de l'anniversaire des 20 ans de Naoko, ils font l'amour. Mais le lendemain, elle disparaît sans laisser de traces. Watanabe semble alors mettre sa vie en suspens à la suite de la perte inexplicable de ce premier amour. Lorsqu'enfin il reçoit une lettre de Naoko, il vient à peine de rencontrer Midori, belle et vive, qui ne demande qu'à lui offrir son amour.


 


Tran Anh Hung, né en 1962, est d'origine vietnamienne et s'est réfugié en France en 1975 où il a commencé des études d'opérateur à l'école Louis-Lumière. L'odeur de la papaye verte sera son premier long métrage, tourné dans les studios parisiens, bien que l'action se déroule au Viêt Nam. Ce film lui mérita la Caméra d'or au Festival de Cannes 1993 et le César de la meilleure première oeuvre en 1994. Cyclo, un polar très stylisé, qui se passe dans les rues de Hô-Chi-Minh, lui vaut le Lion d'or de la Mostra de Venise en 1995 et fait de lui l'un des plus jeunes cinéastes à avoir obtenu cette distinction. Son quatrième opus Je viens avec la pluie est un thriller intense et poétique hanté par trois figures de la mythologie occidentale : le tueur en série, le détective privé et la figure christique et fut projeté au Japon au printemps 2009. Son cinquième long métrage est cette Ballade de l'impossible projetée lors du 13e Festival du film asiatique de Deauville en mars dernier, que l'on pourrait titrer
par " la douleur d'être", tant elle est présente, obsédante, tout au long de l'opus. Oui, La ballade de l'impossible est un road-movie intérieur, une descente dans les abimes de l'être où tout semble souffrance et malaise. Dans le Japon des années 60, une génération de jeunes gens parvient difficilement à trouver l'allégresse du coeur, tant la guerre, les guerres ont marqué, jusqu'à ces toutes dernières années, l'Extrême-Orient. Les suicides sont fréquents chez des adolescents qui se refusent à grandir. C'est le cas de Naoko, frappée par le suicide de Kisuki, son ami d'enfance avec lequel elle n'a jamais pu faire l'amour, parce quelque chose dans son être, dans sa chair, semblait s'être verrouillé à jamais. Est-ce la raison qui a poussé le jeune homme à se donner la mort ? Naoko se sent-elle responsable de son suicide ? Toujours est-il que la tendresse de Watanabe ne parvient pas à l'arracher à sa prison intérieure. Le jour de son anniversaire, elle cède et fait l'amour avec lui, mais sans en éprouver de plaisir, et pour cause, puisque, comme elle l'avoue, elle aimerait avoir toujours 18 ans, l'âge où elle a perdu son amour d'enfance, son insouciance.

 



Le lendemain, elle s'enfuit et va entrer dans une maison de santé pour essayer de retrouver un semblant d'équilibre. Mais qui peut sauver Naoko, alors même que la tendresse de Watanabe, qui lui rend souvent visite, est impuissante à le faire ? Paysages de neige, désert de solitude, pour l'un et pour l'autre, le film déroule sa lente et triste mélopée, sa cantate douce-amère qui donne la mesure de l'inexprimable, de l'inextricable. Un film grave, comme savent si bien les faire les asiatiques, qui pose les questions sans les résoudre, mais touche la sensibilité de chacun en son point le plus secret. Naoko, déjà habitée par la mort, par ce froid qui glace son corps et ses sens, peut-elle être sauvée par autre chose que la mémoire et les souvenirs qui perdureront dans Watanabe ? Et lui parviendra-t-il à se délivrer de son chagrin auprès de la touchante et aimante Midori ? Peut-on avoir une seconde chance en amour ?

 


 Pretty Pictures

 

Voilà un film qui ne peut laisser de marbre, tant il tisse une trame  sensible, voire désespérée, tant il avance à petits pas dans l'imbroglio des coeurs et la solitude des personnages. Les jeunes acteurs sont admirables : Kenichi Matsuyama donne à Watanabe l'ampleur déchirante d'un héros antique, alors que Rinko Kikuchi ( Naoko ) et Kiko Mizuhara ( Midori ) sont ravissantes et légères, d'une intense féminité, ballotées et blessées avec cette grâce qui les rend touchantes. Et il est vrai que ce film a une portée d'autant plus grande qu'il va à l'essentiel : qu'est-ce que vivre ? qu'est-ce qu'aimer ? et établit un parallèle entre passer et durer, être ou n'être pas, shakespearien dans ses interrogations.

 

Esthétiquement travaillé, La ballade de l'impossible sait faire le lien entre nature et sentiment, allier l'image aux états d'âme et faire chanter les paysages comme des partitions musicales, parfois même un requiem. Seule la bande sonore, plaquée plus que fondue, gêne à certains moments. Un film long, qui aurait gagné à être plus condensé, mais qui touche par la grâce qu'il dégage et par le talent des acteurs à tenter d'exprimer l'inexprimable. 

 

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 21:28


13e-FFA-20111

Le mercredi 9 mars à 19 heures s'est ouvert le 13e Festival du film asiatique de Deauville pour lequel j'ai obtenu, cette année encore, mon accréditation et dont je vais vous rendre compte chaque jour en essayant de vous faire partager mes impressions, et de restituer le plus fidèlement possible l'ambiance, les innovations, les coups de coeur et également les déceptions. Mais en premier lieu, essayons de nous souvenir comment et de quelle façon ce 7e Art extrême oriental a fait irruption et s'est imposé très vite dans la sphère cinématographique internationale. Tout a commencé au Festival de Venise en 1951 avec le Lion d'or attribué à Akira Kurosawa pour Rashomon, puis en 1953 avec le Lion d'argent à Kenji Mizoguchi pour Les contes de la lune vague après la pluie, tous deux réalisateurs japonais.

En Chine, suite au lent dégel politique qui succède à la Révolution culturelle, des réalisateurs de toute première grandeur apparaissent dont Zhang Yimou et Chen Kaige et des films de portée universelle qui ont pour titres : Terre jaune ( 1984 ), Le sorgho rouge ( 1987 ), Epouses et concubines ( 1991 ), Adieu ma concubine ( 1993 ), Le secret des poignards volants ( 2004 ), pour ne citer que les plus célèbres.

Avec Bruce Lee, puis Jackie Chan d'un côté et Wong Kar-waï de l'autre, la planète Hong-Kong se révèle être à son tour le foyer d'un cinéma d'action populaire à la pointe de l'esthétisme le plus exigeant. Alors que le public se lasse de la boxe, Jackie Chan lance la vogue de la comédie Kung-fu, où l'humour et la parodie font bon ménage avec un art martial de qualité. John Woo sera, quant à lui, l'inventeur d'un cinéma d'action stylisé, où chaque combat devient un véritable ballet chorégraphique. Mais deux noms vont se distinguer : King Hu, le lettré, qui donne au film de sabre ses lettres de noblesse et Wong Kar-waï qui réhabilite le mélodrame en associant subtilement sentimentalisme et esthétisme avec l'inoubliable In the mood for love.

En 1980, une jeune génération de cinéastes taïwanais, soucieuse d’interroger sa propre identité, ouvre au cinéma asiatique de nouvelles perspectives. Le choc sera la découverte de deux films emblématiques de Tsai Ming-liang : Les rebelles du dieu néon en 1992 et Vive l'amour qui recevra le Lion d'or à Venise en 1994, ce cinéaste s'affirmant comme le digne successeur du chinois Ozu dont il partage la pensée.

En 1990, Takeshi Kitano au Japon revisite le film de genre avec Yakuza et prolonge la tradition stylisée des films de gangsters, avant que l'animation ne soit le nouveau pôle d'attraction autour de Hayao Miyazaki. Volontiers ésotérique et métaphysique, l'animation, art de conteurs merveilleux, ressuscite le Japon des mythes et des légendes.

Quant au cinéma coréen longtemps ignoré au détriment de la Chine et du Japon, il affiche désormais une insolente santé et offre des films d'inspiration très diverse en mesure de rivaliser avec Hollywood. Avec Chant de la fidèle Chunhyang en 2000, le vétéran Im Kwon-taek a su adapter à l'écran une sorte d'opéra récitatif, variation fulgurante sur les accords possibles entre une image et une voix d'une poignante beauté. On lui doit également le remarquable Ivre de femmes et de peinture, ode à la passion de l'art figuratif où l'auteur déploie les fastes d'une reconstitution magistrale. Autour de lui, de nouveaux venus qui ont noms : Kim Ki-duk et Lee Chang-dong dont Peppermint Candy constitue un rigoureux portrait de la Corée actuelle, ainsi que Hong Sangsoo, à l'honneur à Deauville cette année, ont su charmer, en l’espace de quelques opus aux récits déroutants et d’une incontestable modernité, un public de plus en plus large.

Ainsi, au fil des années, le cinéma asiatique s'est-il imposé dans l'univers du 7e Art comme un concurrent redoutable et apprécié, adepte d'un réalisme social et d'une poésie immémoriale, dont l'impact ne cesse de grandir et de s'affirmer.

 

Mercredi 9 Mars :  Le Festival est ouvert par Lionel Chouchan et le maire Philippe Augier devant une salle bien remplie. Pour la 13ème fois, Deauville va respirer les parfums de l'Orient et se laisser envoûter par le charme très particulier du cinéma asiatique. De même que nous allons voyager à travers différents pays, soit le Japon - fort bien représenté cette année - la Chine, la Corée du Sud, l'Inde, la Thaïlande et les Philippines, et, ce, dans les méandres du temps et les ivresses existentielles. Le maire met l'accent sur l'intérêt que revêt une manifestation de ce genre qui permet d'établir des relations plus étroites entre pays sur le plan touristique et bien entendu artistique, proposant aux uns et aux autres des perspectives enthousiasmantes. D'ailleurs les ambassadeurs de chacun de ces pays seront présents à Deauville samedi afin de participer à des conférences et débats où seront conviés des étudiants du département. Le premier film projeté est un film en compétition, réalisé par un cinéaste originaire du Laos, naturalisé français Tran Anh Hung, qui a à son actif 4 longs métrages, dont "L'odeur de la papaye verte", et dont le titre est La ballade de l'impossible à laquelle j'ai consacré un article complet.  Beau film introspectif, mélancolique en diable, long et lent comme souvent dans le cinéma asiatique.

 

Jeudi 10 Mars : Le matin projection d'un autre film japonais Sketches of Kaitan City de Kazuyoshi Kumakiri, très différent de celui d'hier soir, d'une noirceur totale, montrant l'envers du décor d'un Japon florissant. Là, dans cet univers à la Zola, tout est violence, misère et désespoir, mais l'ensemble reste très décevant et sans la moindre lueur d'espérance. 

  

L'après-midi, projection d'un film chinois The Old Donkey de Li Ruijun, où nous nous retrouvons à la lisière du désert, dans une campagne aride, mais dont les hommes, qui ont la charge de la cultiver, ne veulent se séparer sous aucun prétexte. Malgré les propositions de rachat, qui leur sont faites, par un entrepreneur local sans scrupules, dont le projet est d'implanter une usine de produits chimiques sur leurs modestes lopins de terre, ces vieux braves s'opposent en se couchant devant les tracteurs. L'un d'eux, surnommé le vieux baudet, voyant le désert menacer les tombes de ses ancêtres, va s'employer à créer une sorte de barrage en paille, pierrailles et arbrisseaux, usant ainsi ses ultimes forces. Mais sa vie a toujours été conditionnée par trois impératifs : son champs, son âne, la tombe de ses parents. Un film émouvant, sobre, fait avec rien, mais d'une vérité, d'une tendresse, d'une justesse et surtout d'une noblesse inouïe. On sort de cette projection grandi par la verticalité de cet humble héros qui ne se plaint jamais et se consacre à ses tâches, aussi pénibles soient-elles, sans révolte avec rigueur et la seule satisfaction du devoir accompli. Si la population urbaine chinoise est gagnée par la modernité la plus effrénée, les artistes et les paysans savent se souvenir des valeurs perdues et nous les restituer en des images expressives où l'imposante nature est remise à sa vraie place. Pas d'effets spéciaux, un dépouillement cistercien. Bravo à Li Ruijun, ce film dédié à sa famille est beau.

 

Vendredi 11 Mars : L'important, lorsque l'on assiste à un festival de cinéma asiatique, c'est de s'y rendre avec l'intention bien ancrée de désirer changer de continent, je dirai même d'hémisphère. Quel intérêt aurait ce cinéma s'il était formaté selon les normes occidentales, s'il ne nous dévoilait pas d'autres horizons, s'il ne nous entraînait pas dans un autre rythme, s'il ne nous accoutumait pas à une autre approche des choses ? C'est à nous de nous adapter à une forme d'art plus contemplative, à un tempo plus lent, à un souci maniaque du moindre détail, à un élan vers l'avenir encore tout empreint de passé.
Hier fut une journée riche, bien qu'entachée par l'effroyable tremblement de terre et tsunami dont vient d'être victime le Japon, pour la raison qu'elle nous a donné à voir un film choc Birth Right hors normes, d'une force peu commune qui a emporté mon adhésion. Il fallait au réalisateur Naoki Hashimoto un certain culot et un indéniable courage pour oser un tel scénario, celui d'une terrible vengeance perpétrée par une jeune femme hiératique, spectrale, le visage clos sur une détermination irrévocable, celle de séquestrer la jeune fille qui a pris sa place dans le coeur maternel. Je ne vous en dirai pas plus. Admirablement maîtrisé, cet opus détaille la situation avec une rigueur formelle, des images sobres et des scènes d'un dépouillement total. Ce face à face nous révèle deux actrices de grand talent, habitées par leurs rôles et jouant avec une remarquable justesse ; d'une part la belle Sayoko Oho en héroïne déterminée, incroyablement cruelle et dévastée, et la jeune et jolie Miyu Yagyu interprétant l'écolière Ayamo à laquelle elle donne une violence et une intensité extraordinaires. Toutes deux étaient présentes ( ce qui m'a donné l'occasion de les féliciter chaleureusement à la sortie ), si bien que Miyu n'a pas hésité à nous avouer que ce rôle avait été très dur et éprouvant et qu'elle espérait que cela se verrait à l'écran. Qu'elle se rassure, cela s'est vu... Quant au metteur en scène, il a reconnu que son cinéma - qui n'était pas un cinéma de divertissement - cela s'est vu aussi - s'adressait à 20% du public et qu'il souhaitait qu'il y ait dans la salle, pour cette projection deauvillaise, un peu de ces 20%.  Assurément j'en étais, car ce film m'a subjuguée par son originalité, véritable prouesse cinématographique, dont je vous reparlerai longuement en espérant qu'il sorte prochainement en France.

Udaan, le film du soir, honnête il est vrai, a souffert de la comparaison, à mes yeux du moins. Rien à reprocher au metteur en scène indien Vikramaditya Motwane qui a fait un travail soigné, a choisi des acteurs qui correspondent parfaitement à leurs personnages dont celui du père tenu par l'excellent Ronit Roy et celui d'Arjun par l'adorable petit Aayan Boradia, mais ce cinéma ressemble vraiment trop au nôtre, il répond à tous les impératifs et critères qui ont de bonnes raisons de flatter le public : un brin de violence, un zeste de révolte étudiantine, un  rien de poésie, ce qu'il faut d'émotion pour tirer les mouchoirs des poches et le tour est joué, le public a applaudi longuement et les bravos ont fusé. Mais pour moi, tout cela avait un goût trop prononcé de Bollywood et j'étais encore avec mes deux jeunes actrices bouleversantes de Birth Right.

 

Samedi 12 Mars : La journée se partage en deux parties distinctes de par la qualité des projections proposées par la compétition officielle dont j'aurai vu 7 longs métrages sur 10. Celui du matin Eternity du Thaïlandais Sivaroj Kongsakul ne mérite pas que l'on s'y attarde, puisqu'il n'y a rien à en dire : pas de scénario, pas d'interprétation, pas de mise en scène, 1h40 d'un ennui profond, où rien ne se passe. On se demande la raison qui a incité les organisateurs à sélectionner un film aussi creux qui n'avait pas sa place dans une compétition de ce niveau.
Celui de la fin d'après-midi Buddha moutain est un coup de coeur, une vraie réussite, mon préféré avec le troublant, l'inclassable, le surprenant et hiératique Birth Right. Une salle pleine et Dieu sait que celle du CID est immense pour la projection du quatrième opus d'une jeune réalisatrice chinoise Li Yu, déjà primée à Deauville, fine mouche qui sait jouer du paradoxe, éviter les écueils, nuancer avec virtuosité,  user de l'ellipse avec finesse et envelopper le tout d'un humour rafraîchissant, celui de ces trois jeunes gens en quête d'eux-mêmes dans un monde sans concession et d'une impitoyable dureté. Li Yu navigue à vue avec un étonnant contrôle et une grande sûreté de caméra, au service d'un scénario bien ficelé et d'un ton personnel qui ne cède jamais à la vulgarité et se garde des lieux communs. L'histoire est celle de trois copains, une fille, la ravissante actrice Fan Bingbing déjà familière du tapis rouge de Cannes, et de deux garçons dont le bien enveloppé Chen Po Lin  - qui a un petit quelque chose de Jacques Villeret et joue avec un naturel désarmant, tirant le meilleur parti de son obésité - qui se cherchent, se perdent, se retrouvent dans le monde difficile des adultes mais font corps afin d'être plus forts devant l'adversité. Un film dont je vous reparlerai car il a toutes les qualités requises pour plaire au public français, soit un sujet universel mais traité avec une subtilité toute asiatique.

Dimanche 13 mars : Malheureusement l'affligeant palmarès n'a pas été à la hauteur des films présentés pour la simple raison que le Grand Prix a été attribué au film le plus creux et le plus insignifiant, laissant une partie du public stupéfaite et dé-crédibilisant les jurés. Oui, c'est Eternity du Thaïlandais Sivaroj Kongsakul qui s'est vu remettre le Lotus du meilleur film des mains d'Amos Gitaï, président du jury, qui a cru faire de l'esprit en prévenant les réalisateurs français qu'ils n'avaient qu'à bien se tenir car le cinéma asiatique débarquait. D'abord, il a débarqué depuis longtemps, et s'il s'agit de films comme celui-ci, les cinéastes français peuvent dormir tranquilles.
Mais je veux finir sur une note moins amère, en vous livrant les conclusions que m'a inspirées cette 13ème édition. D'abord, on ne peut que se féliciter des nombreux spectateurs qui ont été présents à chaque projection, enthousiastes et participatifs, de la qualité de la plupart des films en compétition - les plus innovants ne figurant pas dans le palmarès - du confort des installations mis à la disposition des participants par le CID et qui peut faire pâlir d'envie beaucoup d'autres villes festivalières, enfin de la pluie et du brouillard qui, en cet après-midi de clôture, sont tombés sur le littoral comme pour l'associer plus étroitement au drame que traverse le Japon. Et quels messages avons nous reçus des cinéastes venus des pays du soleil levant, sinon qu'ils ont beaucoup à dire et à transmettre et qu'ils savent le faire en prenant leur temps, en se conformant à leur rythme, en posant au monde en mutation et si alarmant, dans lequel nous vivons, les questions qu'il suscite. Ces questions sont posées avec inquiétude et gravité par des artistes qui se plaisent à sonder les esprits et les coeurs et dont les oeuvres n'ont cessé de nous entretenir des difficultés de l'amour, des illusions du pouvoir et des sourdes palpitations de la vie.

Palmarès :

Lotus du meilleur film  -  ETERNITY de Sivaroj Kongsakul
Action Asia  - TRUE LEGEND de Yuen Woo-Ping
Lotus Air France - COLD FISH de Sion Sono
Lotus du Jury - ex aequo SKETCHES OF KAITAN CITY de Kasuyoshi Kumakiri  et THE JOURNALS OF MUSAN de Park Jungbum

 

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA ASIATIQUE
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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 10:00
1915 - 1985

1915 - 1985

 

Génie adulé dès l'âge de 26 ans, Orson Welles, acteur et réalisateur, a marqué le 7e Art d'une empreinte indélébile par ses innovations et le souffle dont il a su animer chacune de ses oeuvres. Cependant sa vie très remplie garde curieusement un goût d'inaccompli, car ses films, qui ont révolutionné le cinéma pour longtemps, furent le plus souvent  montés et coupés contre son avis, inachevés et présentés dans une version partielle et que nombre de ses projets ne purent aboutir, ce fut le cas pour  De l'autre côté du vent et  Le roi Lear.

 

Orphelin de père et de mère à l'âge de 13 ans, Orson Welles parcourt l'Europe en compagnie de son tuteur, se forgeant une immense culture et découvrant en Angleterre Shakespeare, qui restera à tout jamais son maître à penser et son inspirateur. Trichant sur son âge, il se fait engager au théâtre à l'âge de 16 ans et, peu de temps, après  fonde et dirige la troupe du Mercury Theatre qui compte des acteurs plus âgés que lui. Mais qu'importe ! l'individualité et l'audace de ses mises en scène, presque toutes au service de l'oeuvre shakespearienne, vont braquer sur lui les projecteurs et lui permettre de gagner Hollywood et de tourner, en 1941, Citizen Kane pour lequel il a financièrement carte blanche. Ce scénario original d'Herman Mankiewicz présente une structure en flash backs tout à fait exceptionnelle pour l'époque, le réalisateur revisitant le langage cinématographique par l'utilisation de la profondeur du champ, de la contre-plongée et du plan-séquence qui désoriente le public et contribue à son échec financier, si bien qu'il est dessaisi du montage de La splendeur des Amberson et que deux autres projets sont abandonnés. Il est certain qu'un génie tel que lui irrite et énerve, tant et si bien qu'il ne gardera  le contrôle, du début à la fin, que d'un seul de ses films Othello en 1952.
" Je ne me suis jamais plaint d'Hollywood - dira-t-il, mais je ne suis guère l'un des grands bénéficiaires du système". 

Malgré les difficultés, qu'il ne cessera de rencontrer, les montages qu'on lui retire, les projets non aboutis, ses films sont d'une invention si fulgurante et d'une si grande richesse dans leur peinture de la nature humaine, que la patte de Welles se reconnait d'emblée et que François Truffaut écrira à ce propos :

" Si le cinéma muet nous a apporté de grands tempéraments visuels : Murnau, Eisentein, Dreyer, le cinéma parlant n'en a amené qu'un seul, un seul cinéaste dont le style soit immédiatement reconnaissable sur trois minutes de film, et son nom est Orson Welles ".

 


  

 

 

Mais accepté comme acteur, Welles veut l'être d'abord et avant tout comme cinéaste. Et puisque Hollywood lui refuse des crédits, il traverse l'Atlantique pour rejoindre l'Europe. Chacun de ses films va être alors un coup de maître. Laissant derrière lui des oeuvres comme Le criminel, La splendeur des Amberson et La dame de Shanghaï, il se lance dans de nouveaux chefs-d'oeuvre comme Othello, qui ne lui demandera pas moins de quatre années de travail, Dossier secret et Falstaff. Mais nombreux sont ceux qu'il tourne sur plusieurs mois sans jamais y mettre un point final. Son retour à Hollywood, le temps d'y produire un thriller magistral La soif du mal en 1958, restera sans lendemain. C'est grâce à la télévision française qu'il va réaliser son ultime chef-d'oeuvre Une histoire immortelle, où il aborde, pour la première fois, la couleur. Grâce à sa notoriété, il entraîne avec lui des collaborateurs qui acceptent de travailler à bas salaire, ce sera le cas de Jeanne Moreau, de Marlene Dietrich, de Lili Palmer et de bien d'autres, qui ne résisteront pas à l'appel d'un homme d'un tel talent et d'une telle inventivité. Auteur d'un oeuvre brillante qui fait la part belle à l'image, à la parole et au son, les films de Welles ont ceci de particulier qu'ils affirment la souveraineté et la plénitude de leur créateur, joyeux magicien qui a basé la plupart de ses opus sur la recherche de l'identité et la machination, selon le modèle initié par Citizen Kane. Par ailleurs, si le mensonge favorise les plus monstrueuses machinations (La dame de Shanghaï, La soif du mal, Macbeth), il peut également déboucher sur la tragédie comme dans Othello, où Welles s'est si profondément impliqué en tant qu'acteur et metteur en scène, car Othello, n'était-ce pas lui dans sa puissance, sa passion et sa démesure ?

 

 

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Robert Arden & Orson Welles. Ciné Classic   Orson Welles. Ciné Classic

 

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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 11:45

Twentieth Century Fox France  Twentieth Century Fox France         


Il est dommage - et il faut le déplorer - que les Américains  mettent plus de talent à promouvoir leurs films qu'à les réaliser. Ce fut le cas d'Avatar, d'Inception et Black Swan souffre également d'avoir été porté au pinacle et annoncé comme chef-d'oeuvre avant sa sortie en salles. Le danger est que le spectateur, facilement manipulable et toujours bien disposé à s'enthousiasmer, attend trop d'une oeuvre qui, après projection, se trouve réduite malheureusement à ses dimensions réelles, autrement plus modestes. Enseignée par l'expérience, je me rendais hier, à la séance de 17 heures, sans à-priori, mais sans empathie excessive. Je me méfie trop des engouements en aval pour privilégier davantage ceux en amont qui me paraissaient d'ailleurs, à la lecture de nombreuses critiques, plus modérés. Et c'est, en effet, un jugement modéré que m'inspire ce long métrage de Darren Aronofsky et également  le regret que le sujet, en lui-même séduisant et porteur, tiré du livre de Andres Heinz, n'ait pas été abordé de façon plus fine, plus subtile et plus artistique. Traitant de l'art de la chorégraphie et de la danse, c'est-à-dire de l'expression la plus évanescente de la beauté, ce film pèche par manque d'art. Si les difficultés de la discipline en elles-mêmes sont bien rendues, si la férocité du milieu est soulignée à traits vifs et crédibles, le parcours psychologique de l'héroïne, interprétée par la délicieuse Natalie Portman, sombre dans un pathos dont les ficelles sont aussi grossières que des câbles. Là, où il aurait fallu suggérer d'une caméra légère afin de mieux persuader les spectateurs des dilemmes, des refoulements, des angoisses de Nina, de ses fantasmes aussi, c'est le catalogue complet des déviances de notre société et de son mal-être que l'on nous sert et nous inflige à grand renfort d'hémoglobine : castration, mutilation, obsession, masturbation, tout y passe dans un délire psychotique et schizophrène pénible. Oui, vraiment... too much.


Natalie Portman et Mila Kunis. Twentieth Century Fox France


Et pourtant, il aurait fallu peu de choses pour que le film soit une grande réussite : plus de modestie d'abord, un style moins agressif et grandiloquent, une caméra plus subjective, plus poétique, plus délicate, plus habile à aller au coeur des choses que de rester à leur surface, de fouiller les coeurs que d'en étaler les ravages. Dommage, car les acteurs sont tous excellents, que le rythme est bon et que la caméra à l'épaule ne m'a pas gênée, car elle saisit fort bien les scènes de répétitions, les danseurs au travail, la présence toute puissante du maître conduisant son corps de ballet, ou bien les moments plus intimes où Nina se retrouve avec sa mère. Mais voilà, à vouloir trop démontrer, à privilégier exagérément le pathétique, on passe à côté de l'essentiel, on brouille les cartes, on étouffe l'émotion et on ne laisse dans la mémoire du spectateur qu'une image écornée...

 

2-e-toiles

 

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Natalie Portman & Vincent Cassel. Twentieth Century Fox France

Natalie Portman. Twentieth Century Fox France

 

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 10:10

Wild Bunch Distribution       

 


Grande-Bretagne, Londres, les années 30, l'entre deux-guerres. Albert, alias Bertie, coule des jours heureux dans sa modeste demeure de Picadilly entre sa femme Elisabeth, princesse écossaise, et ses deux filles Elisabeth et Margaret. Fils du populaire Georges V, frère du charismatique Édouard VIII, timide et bègue, l'homme ne semble pas taillé pour le pouvoir. Mais l'histoire en décide autrement. Contraint et forcé de prendre la couronne des mains d'un aîné préférant l'amour d'une aventurière américaine, le jeune roi se heurte à la tendance du moment bien difficile à assumer pour un bègue : la radiophonie. A l'heure des discours de dictateurs galvanisant les foules, façon Hitler, poser et imposer une voix au rayonnement mondial, fait plus que loi, nécessité. Prêt à tout pour surmonter son handicap, Bertie entame un traitement orthophoniste, proche de la thérapie, avec un certain Lionel Logue, praticien aux méthodes originales et parfois même, peu orthodoxes, sans diplôme et sans référence honorifique. Le défi de ce dernier, qui n'est pas des moindres : redonner force et intransigeance à la voix de l'Angleterre....

 

 

Sujet difficile s'il en est, le réalisateur Tom Hooper, peu connu de nos concitoyens, s'y est attaqué avec un réalisme, une justesse de ton, une simplicité tellement éloquente, que les deux heures de projection procurent une émotion dont j'étais loin de me douter, avant d'en être pleinement victime... Oui, ce film est tout simplement, et avant tout, bouleversant. Il montre, ou plutôt démontre, comment un homme ordinaire, pas particulièrement doué, peut arriver, par sa volonté et son courage, à surmonter ses appréhensions et à accepter d'endosser et d'assumer un destin extraordinaire. Ce destin est celui du prince Bertie que l'abdication de son aîné va obliger à prendre la lourde succession de son père, le très aimé roi Georges V, en des temps plus que difficiles, dramatiques, ceux de la guerre de 39/45 et comment, par la suite, lui et son épouse seront aux côtés de leur peuple à tous moments, accompagnés de l'homme providentiel que sera le premier ministre Winston Churchill. 

 


Colin Firth & Helena Bonham Carter. Wild Bunch Distribution


 

Film événement de par la qualité de sa mise en scène,  l'évocation d'un épisode historique méconnu, ce long métrage est d'ores et déjà nominé douze fois pour les Oscars et Colin Firth vient de recevoir, pour son rôle du roi Georges VI,  un Golden Globe, ce qui laisse supposer que la suite va encore réserver quelques bonnes surprises. Car le public est là. Hier après-midi, à Deauville, il n'y avait pas un strapontin de libre, ce qui est rare à cette heure de la journée. Et le public est resté longtemps assis après que la lumière soit revenue, aux prises avec une indiscutable émotion, celle que suscite cette formidable démonstration où nous assistons à l'accouchement douloureux d'un homme qui accepte, malgré ses craintes et ce qu'il croit être une indignité physique, la charge écrasante de roi. D'autant que l'époque, et les progrès de la technique, obligent désormais les chefs d'état à être, non seulement les garants du pouvoir, mais des orateurs.D'où la toujours grande actualité du sujet.

 


Colin Firth. Wild Bunch Distribution


 

Aux dialogues irrésistibles, à la construction théâtrale parfaitement maîtrisée, aux symboles attachés à la figure du monarque, aux saynètes intimes et charmantes où l'on entre dans la vie familiale du prince puis du roi, aux paysages de la campagne anglaise baignés de brume, il faut s'émerveiller du choix des acteurs tous époustouflants dans leurs rôles et tellement convaincants, que l'on voit s'ouvrir, devant nos yeux, un pan de l'histoire contemporaine de la Grande-Bretagne, dont on ne sait que trop qu'elle a traversé les situations les plus graves et rebondi avec dignité. Après avoir tourné dans Bridget Jones, l'acteur Colin Firth entre pleinement dans la peau de Georges VI et, grâce aux conseils de David Seidler, le scénariste, bègue lui aussi,  nous convainc sans peine, tant il met d'intelligence et de sensibilité, de certitude et de doute, dans son personnage. Il avoue lui-même que ce ne fut pas facile et qu'il a surtout cherché à jouer l'angoisse que peut générer une telle difficulté à s'exprimer, ce blocage qui survenait, chez le monarque, dès qu'il  était tenu à prendre la parole. Face à lui, magistral, nous trouvons un autre acteur Geoffrey Rush, lui aussi peu familier du public français, qui endosse avec force et humour, insolence et humanisme, un acteur raté, australien d'origine, devenu orthophoniste à la suite des difficultés d'élocution d'hommes et de femmes qu'il a croisés dans son existence et dont le nom est resté longtemps secret : Lionel Logue. Soigner un membre de la famille royale ne l'impressionne nullement et, dès le premier contact, il va imposer ses exigences et la discipline qu'il entend faire respecter par son client. L'amitié qui s'installe entre ces deux hommes ne faiblira jamais et ne subira aucune  éclipse. Leur face à face est un grand moment de cinéma et une réussite rare, un vrai régal pour les spectateurs. N'oublions pas les autres rôles admirablement assumés : celui de l'épouse de Georges VI, la délicieuse reine Elisabeth, joué avec charme et sobriété par Helena Bonham et celui d' Edouard VIII, au règne si bref, par le sémillant  Guy Pearce. Une seule erreur de casting dans cet opus brillantissime : un Churchill trop caricatural, grimé en cabot à la lèvre pendante et au clins d'oeil ironiques vraiment trop forcés.

 

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Geoffrey Rush. Wild Bunch Distribution Helena Bonham Carter. Wild Bunch Distribution

Guy Pearce. Wild Bunch Distribution Timothy Spall. Wild Bunch Distribution


 

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 14:33

 

 

 

LA MAISON AU TOIT ROUGE de YOJI YAMADA

 

A CAPPELLA de LEE SUJIN

 

LE PROMENEUR D'OISEAU de PHILIPPE MUYL

 

REAL de KIYOSHI KUROSAWA

 

LES CHIENS ERRANTS de TSAI MING-LIANG

 

16e FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE - BILAN

 

16e FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE - MONSTERZ de HIDEO NAKATA

 

16e FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE - NO MAN'S LAND de NING HAO

 

L'ILE NUE de KANETO SHINDO
 

SHOKUZAI ( PENITENCE ) de KIYOSHI KUROSAWA

 

HERO de ZHANG YIMOU

 

PIETA de KIM KI-duk

 

CAUGHT IN THE WEB de CHEN KAIGE

 

THE GRANDMASTER de WONG KAR-WAI

 

THE LAND OF HOPE de SONO SION

 

MAI RATIMA de YOO JI-TAE

 

11 FLEURS de WANG XIAOSHUAI

 

SAYA ZAMURAI de HITOSHI MATSUMOTO

 

Liste des articles du 14e Festival du film asiatique de DEAUVILLE

 

13e FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE

 

12e FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE

 

I CARRIED YOU HOME de TONGPONG CHANTARANGKUL

 

I WISH - NOS VOEUX SECRETS de HIROKAZU KORE-EDA

 

HIMIZU de SONO SION          

 

LA BALLADE DE L'IMPOSSIBLE de TRAN ANH HUNG

 

ONCLE BOONMEE de APICHATPONG WEERASETHAKUL

 

POETRY de LEE CHANG DONG        

 

NUITS D'IVRESSE PRINTANIERE de LOU YE

 

LOLA de BRILLANTE MENDOZA           

 

L'ENFANT DE KABOUL de BARMAK AKRAM

 

LES 3 ROYAUMES de JOHN WOO        

 

REVES de AKIRA KUROSAWA

 

THE CHASER de NA HONG-JIN        

 

 MEMBERS OF THE FUNERAL de BAEK SEUNG BIN

 

SECRET SUNSHINE de LEE CHANG DONG           

 

CHANTS DES MERS DU SUD de MARAT SARULU      

 

LES CONTES DE LA LUNE VAGUE APRES LA PLUIE de MIZOGUCHI

 

LA VIE D'OHARU, FEMME GALANTE de KENJI MIZOGUCHI

 

LES SEIGNEURS DE LA GUERRE de PETER CHAN

 

UN MILLIER D'ANNEES DE BONNES PRIERES de WAYNE WANG

 

SOUVENIR de IM KWON-TAEK         

 

EPOUSES ET CONCUBINES de ZHANG YIMOU

 

PLOY de PEN-EK-RATANARUANG         

 

FLOWER IN THE POCKET de LIEW SENG TAT

 

WONDERFUL TOWN de ADITYA ASSARAT       

 

THE RED AWN de CAI SHANGJUN

 

FUNUKE SHOW SOME LOVE, YOU LOSERS de YOSHIDA DAIHACHI

 

BEAUTIFUL de JUHN JAIHONG           

 

 KING AND THE CLOWN de LEE JUN -IK

 

JE SUIS UN CYBORG de PARK CHAN-WOOK

 

MY BLUEBERRY NIGHTS de WONG KAR WAI

 

ADIEU MA CONCUBINE de CHEN KAIGE

 

LA FORET DE MOGARI de NAOMI KAWASE

 

IN THE MOOD FOR LOVE de WONG KAR-WAI

 

GETTING HOME de ZHANG YANG      

 

LE MARIAGE DE TUYA de WANG QUAN'AN

 

BEFORE WE WALL IN LOVE AGAIN DE JAMES LEE

 

SYNDROMES AND A CENTURY de APICHATPONG WEERASETHAKUL

 

LA CITE INTERDITE DE ZHANG YIMOU          

 

 

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 09:56
LES CHEMINS DE LA LIBERTE de PETER WEIR

        

En 1940, une petite troupe de prisonniers décide de s'évader du camp de travail 105, où le vrai geôlier est la nature ; sur des milliers de kilomètres une toundra vide et glacée où sévissent les loups. Pour ces hommes, venus de tous les horizons, un jeune polonais que sous la torture sa femme a dénoncé, un ingénieur américain, qui a participé à la construction du métro de Moscou et a été suspecté de trahison par le régime, un loubard qui s'est fait tatouer sur la poitrine le portrait de Staline, un garçon que les privations ont rendu quasi aveugle et un prêtre vont parvenir à s'échapper de l'enfer du goulag, ce qui  ne sera que le début de l'aventure... avec ce credo en tête : "Nous ne survivrons pas tous, mais nous mourrons libres". Ensemble, ils vont parcourir plus de 10 000 kilomètres, traversant les plaines de Mongolie, les fournaises du désert de Gobi puis les sommets de l'Himalaya,  franchir la Grande Muraille de Chine et parvenir au Tibet que n'occupent ni nazis, ni soviétiques. Certains s'arrêteront en chemin, d'autres ne survivront pas aux épreuves. L'Inde - alors sous contrôle anglais - est le but ultime. Mais la route est longue, les rencontres risquées, les conditions physiques épouvantables...Peter Weir adapte avec passion le récit de Slavomir Rawicz qui avait été présenté, dans un premier temps, comme l'authentique expérience de son auteur. Or, celui-ci, décédé en Angleterre en 2004, ne s'est jamais évadé du goulag et fut amnistié. Le périple qu'il relate dans son roman n'en reste pas moins inspiré de faits réels, tiré de témoignages d'anciens prisonniers qu'il a pu recueillir pendant qu'il servait sous le drapeau soviétique. En 2004, l'écrivain aventurier Sylvain Tesson refit ce parcours qu'il relate dans un très beau livre " L'axe du loup " édité par Robert Laffont, dont je vous reparlerai.

 

Metropolitan FilmExport

 

Quasiment toutes les histoires de Peter Weir, cinéaste rare, mettent en scène un périple, que ce soit Gallipoli, L'année de tous les dangers, Mosquito Coast ou le flamboyant Master and Commander ; le voyage intérieur ou le parcours initiatique y compte autant, sinon plus, que les miles parcourus. Il n'y a donc rien de surprenant qu'il ait été inspiré par la lecture de  A marche forcée, récit extraordinaire d'un groupe de prisonniers politiques, qui s'échappèrent du goulag et parcoururent plusieurs milliers de kilomètres à pied, à travers l'Asie, pour fuir le régime marxiste.


L'histoire originale, que l'on doit au polonais Slawomir Rawicz (rebaptisé Janusz pour l'occasion et interprété par l'acteur anglais Jim Sturgess), contenait tous les ingrédients pour donner matière à un film où la nature est réellement présente : péripéties rocambolesques, grands espaces, aventure humaine où chacun doit dépasser ses limites pour arriver au bout du voyage. Janusz et ses compagnons subiront toutes les épreuves et seront exposés à tous les extrêmes, depuis les neiges éreintantes des montagnes sibériennes jusqu'à la sécheresse mortifère du désert de Gobi.

 

Ici pas d'effets spéciaux, mais une toundra gelée, des lacs pris par les glaces, des horizons qui se perdent à l'infini et des déserts chauffés à blanc. Ces décors splendides sont  filmés en panoramique avec une violence lissée.  Le budget, qu'on imagine colossal, se retrouve à l'écran, jusque dans les soins d'une reconstitution parfaitement crédible. On en viendrait presque à se demander depuis combien de temps ne s'est pas vu, sur les écrans, un film d'aventures de ce genre, où efficacité et divertissement riment avec qualité.


Comme dans Master & Commander, qui délaissait souvent les batailles navales et l'action pure au profit d'à-côtés intimistes et naturalistes, Peter Weir n'oublie pas de donner de la chair à son histoire et du réalisme à sa fresque. Dans un souci qu'on pourrait qualifier "d'artisanal", le film s'attache aux gestes quotidiens et aux petits mécanismes que ces hommes se forgent, progressivement, dans leur course à la survie : ruses de chasseur pour se nourrir, confection de masques ou d'accessoires pratiques pour affronter un soleil de plomb, cabanons de fortune... rien n'est laissé au hasard dans cette reconstitution grandiose où ces quelques hommes vont parvenir à se surpasser.  

 

Saoirse Ronan. Metropolitan FilmExport


La Nature, théâtre majestueux où se joue ce drame humain, est le plus souvent mystique chez Weir : animée d'une force propre, elle pousse les personnages dans leurs retranchements, aux confins de la bestialité ( la séquence où le groupe chasse les loups avant de devenir loups eux-mêmes) ou de la folie (les hallucinations et autres mirages  favorisés par la fatigue et la peur). Impitoyable, cette logique aura raison des plus fragiles - car la mort frappe plus d’une fois au cours du voyage, y compris contre les êtres les plus attachants.


Les personnages évitent l'archétype grâce à leur épaisseur humaine et au réalisme des situations, ainsi  Ed. Harris est-il impérial en américain inflexible et, très touchante, la belle Saoirse Ronan (révélée par Lovely Bones, de Peter Jackson) dans le seul rôle féminin du film. Quant à Colin Farrell,  il en fait trop à mon goût dans un rôle de loubard qui lui va pourtant comme un gant, il sur-signifie chaque situation et chaque dialogue, et c'est dommage ; alors que Jim Sturgess n'en fait pas assez et n'a certes pas la flamme que l'on s'attendrait à trouver de la part d'un idéaliste et du leader désigné. Ceci mis à part, voilà du bel ouvrage, un film qui se déploie comme une symphonie épique, dans des décors à couper le souffle, où le "chacun pour soi" devient, au fil des kilomètres parcourus, le " rien sans l'autre", donnant sens et existence à la solidarité et au partage. Et nous rappelle, à bon escient, ce que furent les camps de la mort du monde communiste.

 

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LES CHEMINS DE LA LIBERTE de PETER WEIR
LES CHEMINS DE LA LIBERTE de PETER WEIR
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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 09:54

           Carlotta Films


A sa naissance à Rome le 3 janvier 1929, Sergio Leone tombe dans le chaudron du 7e Art avec un père pionnier du cinéma italien, condamné au chômage à cause de son opposition au fascisme, et une mère, Bice Valerian, actrice. Après des études en dents de scie, Sergio commence sa carrière cinématographique comme assistant et fait également un peu de figuration pour gagner sa vie et apprendre le métier de part et d'autre de la caméra. Celle-ci débutera réellement en 1959, lorsqu'il réalise, à la place de Mario Bonnard tombé malade, Les derniers jours de Pompéi, un film à péplum, suivi  deux ans plus tard, en 1961, d'un autre opus historico-mythologique Le colosse de Rhodes. Ces expériences lui permettent de se familiariser avec la démesure et d'élargir au maximum le champ de l'action. C'est le déclin du western américain qui va l'inciter à revisiter le genre et à lui donner de nouveaux codes. En 1964, il transforme en western violent le sujet traité par le cinéaste japonais Kurosawa dans Yojimbo, dont le titre est Pour une poignée de dollars. Ce film obtiendra un succès international et lui permettra d'imposer son nom ainsi que celui de ses collaborateurs, particulièrement le musicien Ennio Morricone et l'acteur Clint Eastwood et marquera le renouveau d'un genre tombé en désuétude, imité, par la suite - ce qui ne manque pas de piquant - par les Américains eux-mêmes. L'année suivante, le metteur en scène donne une suite à ce film avec Et pour quelques dollars de plus avec à nouveau Clint Eastwood et Gian Maria Volontè, pour lequel il s'est longuement documenté sur l'Ouest et la guerre de Sécession, affirmant son style et sa richesse thématique. Mais ce sera  Le Bon, la Brute et le Truand en 1966, où il dépeint l'apothéose de la violence irrationnelle et démystifie l'histoire traditionnelle de l'Ouest, qui fera de lui un réalisateur hors pair, un maître dans l'art de manier la caméra et d'en renouveler les thèmes. Je crois que les superlatifs manquent pour décrire ce chef-d'oeuvre obsédant, à la dimension narrative peu commune, où les présences des trois acteurs principaux que sont Elie Wallach, Lee Van Cleef et Clint Eastwood ne cessent de hanter nos mémoires.

 



 

En 1968, Sergio Leone va tourner une oeuvre encore plus ambitieuse Il était une fois dans l'Ouest, élégie spectaculaire sur la disparition d'un Ouest cher à John Ford, dont il ne craint pas de transformer l'un des acteurs favoris - Henry Fonda - en tueur sadique. Le film est tourné dans le même lieu mythique de Monument Valley avec une pléiade d'acteurs célèbres dont Charles Bronson et Claudia Cardinale et dans des tons crépusculaires. Ces tons s'enténèbreront davantage encore avec  Il était une fois...la Révolution en 1971, où sur toile de fond de la révolution mexicaine de 1913, le metteur en scène oppose deux types d'aventuriers interprétés par Rod Steiger et James Coburn, faisant clairement référence aux derniers jours du fascisme mussolinien.

 


     Carlotta Films


 

Il produira ensuite deux westerns parodiques Mon nom est personne en 1973 et Un génie, deux associés, une cloche en 1975 qui sonnent comme la nécrologie de toute son oeuvre. Par la suite, il devient producteur, entre autres des premiers films de Carlo Verdone, et réalisera en 1984 un ultime opus Il était une fois en Amérique  avec Robert de Niro dans le rôle titre qui est une épopée sanglante et nostalgique sur le gangstérisme des années 1930.  Il mourra à Rome le 30 avril 1989 à l'âge de 60 ans, laissant derrière lui une oeuvre d'une puissance rare, dont les innovations, la splendeur visuelle, les fulgurances, la parodie toujours présente en ont fait un réalisateur inclassable, dont chaque film est à lui seul un concentré de toutes les possibilités narratives et esthétiques du 7e Art.

 

Pour prendre connaissance des critiques de certains des films de Sergio Leone, cliquer sur leurs titres :

 

 IL ETAIT UNE FOIS EN AMERIQUE de SERGIO LEONE       

 

 IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUEST de SERGIO LEONE

 

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James Coburn. Carlotta Films   

 


 

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 11:28

                VIDEO


Au-delà est l'histoire de trois personnages hantés par la mort et les interrogations qu'elle soulève. George est un Américain d'origine modeste, affecté d'un "don" de voyance qui pèse sur lui comme une malédiction. Marie, journaliste française, est confrontée à une expérience de mort imminente, et en a été durablement bouleversée, quant à Marcus, un jeune garçon de Londres, il perd l'être qui lui était le plus cher et le plus indispensable, son jumeau, et se met désespérément en quête de réponses à ses interrogations. George, Marie et Marcus sont guidés par le même besoin de savoir et la même quête, si bien que leurs destinées vont finir par se croiser dans cette tentative qui les anime de répondre, autant que faire se peut, au mystère de l'Au-delà.


Cécile de France. Warner Bros. France



Nous aurions tant aimé nous enthousiasmer de l'audace de Clint à s'aventurer dans un nouvelle voie, mais voilà c'est raté, le film se perdant dans les dédales d'une quête ésotérique insuffisamment crédible et un narratif flou qui perd pied et finit, comme le tsunami, magnifiquement filmé au tout début, par noyer les personnages, leurs propos et, par voie de conséquence, le spectateur. Nous sommes loin de ces opus si réussis que furent Sur la route de Madison ou Gran Torino, où Clint, très à l'aise à traiter des sujets qui lui correspondaient, et pour lesquels il avait longuement mûri sa réflexion, nous avait offert des ouvrages cousus main et d'une grande force suggestive. Là, il semble bien qu'il se soit attaqué à gravir une montagne dont il ignorait les secrets et dont les sommets inaccessibles restent cachés dans les brumes. Oui, Eastwood a surestimé ses capacités et ne nous offre qu'un film long, ennuyeux, et aussi peu convaincant que possible. Tout le monde ne s'appelle pas Carl Dreyer, Ingmar Bergman ou Robert Bresson qui savaient, avec un art consommé de la suggestion, aborder les conflits de l'âme face aux questions primordiales : d'où venons-nous et où allons-nous ?  Il faut, pour ce faire, user des moyens minimums, du plus grand dépouillement et de la plus extrême simplicité, afin de parvenir à exprimer le maximum de choses et atteindre l'essentiel. Le contraire des effets recherchés ici par le réalisateur qui emploie les techniques les plus pointues et les ressources les plus sophistiquées de la cinématographie. Oui, les thèmes qui touchent de près ou de loin au monde invisible doivent être abordés avec infiniment de prudence, de façon à éviter d'argumenter dans le vide et de tenter de démontrer ce qui est indémontrable, en se limitant à approcher le mystère et à poser l'interrogation. Cela ne relève que de la foi ou de l'espérance intérieure, démarche totalement opposée à celle de Clint qui s'échine à réduire à quelques arguments pseudo-scientifiques une vie après la mort, supposée inscrite d'ores et déjà dans nos gênes. Dommage ! Il y a de sa part  une tentation d'orgueil et une maladresse à employer les moyens les plus contraires à ce genre de sujet et à s'embourber dans un démonstratif qui va à l'encontre de ce que l'on veut démontrer.


Cécile de France, Lisa Griffiths, Jessica Griffiths. Warner Bros. France

 


Preuve en est que les personnages ne parviennent pas à être le moins du monde probants. Même Matt Damon, pourtant excellent acteur, et Cécile de France semblent se demander ce qu'ils ont à prouver et bavardent là où il serait infiniment préférable de se taire. C'est par l'image que le 7e Art se doit de convaincre, non par les mots qui eux relèvent de la littérature ou de l'art dramatique. Et c'est d'autant plus fâcheux, que Clint connait parfaitement l'art de la mise en scène, que son ouverture avec l'irruption du tsunami est parfaitement réussie ; de même qu'il sait mieux que quiconque brosser des tableaux évocateurs et qu'il lui aurait été plus facile de convaincre s'il s'était contenté de suggérer au lieu de dogmatiser un tant soit peu sur ce qui n'est pas vérifiable. On ne peut néanmoins en vouloir à un homme aussi talentueux de se tromper. Ce film a le mérite de nous rassurer sur sa curiosité d'esprit, son souci de s'engager sur les pistes les plus hasardeuses, de sonder la mort avec les yeux d'un vivant et de fouiller avec sa caméra au-delà du dicible..

 

2-e-toiles

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 

Et pour consulter l'article consacré à Clint Eastwood, cliquer également sur le lien ci-dessous :

 

CLINT EASTWOOD - PORTRAIT


Clint Eastwood & Cécile de France. Warner Bros. France

Matt Damon. Warner Bros. France



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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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