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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 10:54

Mario Monicelli (à gauche).     1915 - 2010


 

A la tête d'une filmographie éclectique, Mario Monicelli représente le must de la comédie italienne, ayant été le précurseur de cinéastes comme Francesco Rosi, Dino Risi et Ettore Scola. On lui doit aussi d'avoir lancé des acteurs aussi prestigieux que Marcello Mastroïanni ou Renato Salvatori et contribué à asseoir les carrières d'un Toto et d'un Vittorio Gassman. Après des études d'histoire et de philosophie aux universités de Pise et de Milan, Monicelli s'intéresse très tôt au cinéma qui lui ouvre des perspectives inespérées pour exprimer et illustrer son talent de conteur pétri d'ironie à l'égard d'une société dont il ne cessera de dénoncer avec vigueur les faiblesses et les ridicules. Son premier film annonce déjà la couleur : Au diable la célébrité ( 1949 ), une comédie à sketches qu'il co-écrit avec Steno, scénariste qui participera également à l'élaboration de trois autres films autour de la personnalité du comédien Toto : Toto cherche un appartement ( 1949 ), Gendarmes et voleurs ( 1951 ) et Toto e le donne ( 1952 ). En 1953, Monicelli dirige seul son premier film Toto e Carolina, une satire sur la bonne conscience bourgeoise qui s'attire les foudres de la censure. C'est en 1958 qu'il tourne son film le plus célèbre, Le pigeon, succès mondial et génial où s'illustrent Toto et Victorio Gassman dans des rôles de héros à rebours sur fond de farce désopilante et pivot de la comédie à l'italienne. Le cinéaste poursuivra avec La grande guerre ( 1959 ), mélange d'humour et de gravité, en composant une fresque qui a pour objectif de démystifier la guerre de 14/18, celle-ci vue avec un réalisme cruel qui annonce Les hommes contre de Francesco Rosi.

 


     


Après une comédie sentimentale avec Anna Magnani et Toto, Larmes de joie ( 1960 ) et l'épisode Renzo e Luciana de Boccace 70 ( 1962 ), il dirige une fresque sociale et ambitieuse Les Camarades ( 1963 ) sur les grèves de Turin et leur terrible répression à la fin du XIXe siècle. Poursuivant une carrière couronnée de succès, il va diriger des films d'une inspiration très diversifiée mais toujours originale et personnelle : une farce politique sur un complot fasciste Nous voulons les colonels ( 1973 ), une satire de moeurs Romances et confidences ( 1974 ), une comédie loufoque devenue un film culte Mes chers amis ( 1975 ), un drame bourgeois Caro Michele ( 1976 ), une tragédie caustique Un bourgeois tout petit petit ( 1977 ) d'après un roman de Vincenzo Cerami, une farce folklorique tournée dans le Nord de la France et en Belgique Rosy la bourrasque ( 1980 ), un pastiche Chambre d'hôtel ( 1981 ), enfin une étude douce-amère sur les névroses d'un écrivain Le mal obscur ( 1990 ). Son oeuvre bariolée, réalisée avec une caméra trempée dans le vitriol et où dominent l' ironie et la dérision, possède, malgré la pluralité des sujets, une cohérence esthétique et idéologique. On aura compris que le cinéaste en veut à ce qu'on appelle aujourd'hui  l'Establishment. Maître de la comédie italienne, ayant dirigé les plus grands comédiens de son époque, il s'est éteint à plus de 90 ans, laissant derrière lui une filmographie étonnement jeune d'esprit et prolifique.

 

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 10:04
A BOUT PORTANT de FRED CAVAYE

       

Tout va pour le mieux pour Samuel et Nadia : lui est bientôt infirmier et, elle, attend son premier enfant. Mais tout bascule lorsque Nadia se fait kidnapper sous l'oeil impuissant de Samuel. A son réveil, son portable retentit : il a trois heures pour sortir de l'hôpital, dans lequel il travaille, un homme sous surveillance policière. Le destin de Samuel est désormais lié à celui de Sartet, une figure du banditisme activement recherchée par tous les services de police. S'il veut revoir sa femme vivante, Samuel doit faire vite...

 

Fred Cavayé a déclaré avoir d'emblée souhaité un rythme haletant, un opus conduit à un train d'enfer. Mission accomplie ! Dès le début, "A bout portant" n'est autre qu'une course effrénée avec à la clé une question de vie ou de mort. Ainsi, porté à bout de jambes par Gilles Lellouche, le film livre son lot de scènes spectaculaires dans des lieux emblématiques de la capitale, avec une mention particulière pour la scène de poursuite dans le métro, véritable morceau de bravoure physique et de mise en scène.

 

 

Gilles Lellouche reçoit ici son premier grand rôle. L'acteur livre une prestation physique complète, où la performance sportive exceptionnelle n'est jamais faite au détriment du jeu. En effet, l'expressivité de Samuel passe essentiellement par le langage du corps, que ce soit dans la gestion d'une situation de crise ou dans la relation avec sa femme (interprétée par Elena Anaya, remarquée dans Mesrine et à l'affiche du prochain film d'Almodovar) et le rapport à la paternité.

 

Gilles Lellouche. Gaumont Distribution

 

"A bout portant" peut d'ailleurs se comparer à un jeu de construction dont l'unité de base serait le couple : celui formé par Samuel et Nadia, celui de Samuel et Hugo Sartet (Roschdy Zem, tout aussi excellent en taiseux) qui joue avec les codes de la relation otage/bourreau, les frères Sartet, Werner et Fabre (on notera au passage que le film s'enrichit également de la présence de seconds rôles de très grande qualité, à l'image de Gérard Lanvin et Mireille Perrier), Fabre et Susini, etc., qui s'imbriquent au fur et à mesure.

 

 

Enfin, "A bout portant" est également un film d'ambiance qui bénéficie de la superbe lumière d'Alain Duplantier, photographe de formation qui a déjà oeuvré sur le précédent film de Fred Cavayé, "Pour elle". Une lumière qui creuse à foison les visages et qui, en éclairage artificiel, évoque, par son nuancier de bleus métalliques et de tons chauds jaunes orangés, le cinéma asiatique, notamment les films de Wong Kar Wai ou "Millénium Mambo".
Fred Cavayé signe ici un thriller au suspense tendu à l'extrême et tiré au cordeau qui ne lâche jamais la proie pour l'ombre... pas plus que le spectateur.

 

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A BOUT PORTANT de FRED CAVAYE
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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 10:19
JAMES IVORY OU GRANDEUR ET DECADENCE DES CIVILISATIONS

 Merchant Ivory Productions   

 

James Ivory est né à Berkeley en Californie le 7 juin 1928 et se destinait, dans un premier temps, au métier de décorateur pour le cinéma, étudiant, dans cette perspective, les Beaux-Arts à l'université de l'Oregon. Il s'orientera finalement vers la section cinéma de l'université de Californie du Sud. Pendant ses études, il réalisera son premier court-métrage, "Four in the morning" (1953).

 

"J'ai toujours été intéressé par la grandeur et la décadence des civilisations" - dit-il et explique, par ces quelques mots, un large pan de son oeuvre. Après un bref séjour en France où il ambitionnait d'étudier la langue, il se rend à Venise et tourne un petit film documentaire sur les peintres vénitiens. Très original pour l'époque, "Venise : thème et variation"  (1957)  marque déjà le goût du cinéaste pour l'étranger. La curiosité chevillée au corps, il part en Inde et tombe instantanément sous son charme. Il s'imprègne de la culture, des modes de vie, de la langueur et des paysages indiens et, à trente-cinq ans, produit son premier long métrage de fiction, "The householder" (1963), adapté d'un roman indien et interprété par des acteurs locaux. A la même époque, il rencontre le cinéaste Satyajit Ray qui l'aide à perfectionner le montage de son film. C'est en Inde que James Ivory tourne "Shakespeare Wallah" (1965) - considéré par ses admirateurs comme son oeuvre la meilleure - et se fait connaître pour la première fois du public à travers l'histoire d'une troupe de comédiens shakespeariens déambulant de ville en ville, mais n'en sera pas moins boudé par un grand nombre de spectateurs qui relèguent la culture britannique aux archives des archaïsmes bourgeois. On y trouve en filigrane le thème récurrent du réalisateur, celui du temps qui passe et ronge inéluctablement les êtres au point d'avoir raison de leurs idéaux. En 1968, "The guru" est une évocation mélancolique des périples d'une jeune Anglaise venue se ressourcer en Inde. James Ivory, l'américain, poursuit sa collaboration avec son producteur et ami Ismail Merchant et explore les contradictions et les mutations de la société indo-britannique. "Adventures of a brown man in search of civilization" (1972) et "Chaleur et poussière" (1983) seront reconnus comme des modèles où se marient esthétisme et pertinence du raisonnement philosophique.

 


Loin de se détourner de l'Inde, le réalisateur se prend de passion pour l'oeuvre littéraire du romancier Henry James. De retour aux Etats-Unis en 1979, il adapte "The europeans", unanimement salué par la critique et sortira définitivement de la confidentialité avec les études de caractères de ses films suivants. "Chambre avec vue " (1985) et "Maurice" (1987), tirés de deux romans d'Edward Morgan Forster imposent définitivement son nom et son style auprès de cinéphiles émerveillés par le raffinement de ce Californien so british. Se satisfaisant jusque-là d'acteurs relativement peu connus, James Ivory fait appel à Emma Thompson et à Anthony Hopkins pour "Retour à Howards End" (1992) et "Les vestiges du jour" (1993), deux chroniques teintées de nostalgie qui synthétisent l'ensemble de ses oeuvres antérieures et en expriment l'originalité. Si son académisme et son imagerie trop léchée au goût de certains lui sont reprochés, James Ivory est aujourd'hui considéré, à juste titre, comme l'un des réalisateurs les plus importants de sa génération. La raison en est qu'il a su marquer la pellicule d'une empreinte délicate et traiter des maux qui marquent de façon indélébile nos sociétés occidentales : la lutte des classes, l'intolérance et l'hypocrisie. Dans Chambre avec vue, véritable ode à la nature, le metteur en scène immerge ses personnages dans une ambiance charnelle, dans "Maurice", il les montre démunis de la moindre force vitale et se laissant malmener par le destin, alors que dans "Retour à Howards End"  il théâtralise les sentiments et nous entraîne dans les méandres du coeur, pointant du doigt la cruauté des rapports qui s'instaurent au sein des familles. L'ensemble de son oeuvre est d'une qualité exceptionnelle qui n'est pas sans rappeler, par son raffinement, son souci de réanimer le passé, la palette d'un Visconti dont il semble s'inscrire dans la continuité.

 

Lion d'argent à la Mostra de Venise en 1987 pour "Maurice".

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EMMA THOMPSON           LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

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Daniel Day-Lewis. Collection Christophe L.  Natasha Richardson. Sony Pictures Classics

            Merchant Ivory Productions   Anthony Hopkins et Emma Thompson. Merchant Ivory Productions

 

JAMES IVORY OU GRANDEUR ET DECADENCE DES CIVILISATIONS
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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 10:28
POTICHE de FRANCOIS OZON

           
Oui, on rit et on s'amuse beaucoup à assister au dernier opus de François Ozon "Potiche", qui fait la une de tous les journaux et jouit d'une promotion pour le moins omniprésente sur les médias  ( le résultat, salle pleine en plein après-midi ) et  que le cinéaste, s'inspirant de la pièce de boulevard de  Barillet et Grédy - où triompha pendant des mois, sinon des années, la truculente Jacqueline Maillan - relooke pour l'adapter au grand écran, profitant de l'occasion pour adresser quelques oeillades amusantes à la vie politique actuelle. Pour mettre tous les atouts dans son jeu, Ozon a convié à ce rendez-vous des acteurs dont la renommée n'est plus à faire : en premier lieu Catherine Deneuve, qui reprend le rôle de Jacqueline Maillan en lui apportant son charme et sa féminité, et qui m'a très agréablement surprise dans ce rôle à contre-emploi, plein de malice et d'humour, dans lequel elle semble s'être coulée sans peine, assumant son âge avec une sereine désinvolture ; Fabrice Luchini épatant dans celui d'un patron et mari détestable à souhait ; la ravissante Judith Godrèche qui s'est fait la tête de Farrah Fawcett, une drôle de dame de l'époque ; Jérémie Rénier qui s'est voulu une ressemblance surprenante avec Clo Clo, autre clin d'oeil aux années 70, sans compter les parapluies que produit l'usine de sieur Luchini et qui ne sont autres qu'un hommage délicat de Ozon à la délicieuse Catherine Deneuve des "Parapluies de Cherbourg" ; Karin Viard en secrétaire trop zélée, et, enfin, Gérard Depardieu, dont la surcharge pondérale est telle, qu'on a quelque peine à croire qu'il séduisit un jour la belle patronne dans un chemin creux de campagne. Il y a, c'est vrai, quelques invraisemblances qui auraient pu être évitées et qui enlèvent de la crédibilité à un film, par ailleurs, assez bien ficelé.  


Catherine Deneuve, Judith Godrèche et Karin Viard. Mars Distribution

 

En 1977, dans une province de la bourgeoisie française, Suzanne Pujol est l'épouse popote et soumise d'un riche industriel Robert Pujol. Il dirige son usine de parapluies d'une main de fer et s'avère aussi désagréable et despote avec ses ouvriers qu'avec ses enfants et sa femme, qu'il traite comme une potiche. À la suite d'une grève et d'une séquestration de son mari, Suzanne se retrouve à la direction de l'usine et se révèle, à la surprise générale, une femme de tête et d'action qui va prendre une juste revanche à ses frustrations en cautionnant les revendications sociales de ses employés. Mais lorsque Robert rentre d'une cure de repos en pleine forme, tout se complique...je ne veux pas en rajouter pour vous laisser la surprise de la chute qui illustre avec drôlerie la libération des moeurs et l'ascension irrésistible des femmes. Il y a là encore un clin d'oeil aux ambitions présidentielles récentes d'une Ségolène Royal, dont on sait que Ozon avait soutenu la candidature. Tout cela pimenté de dialogues qui font mouche, dont cette phrase à l'adresse de la femme charismatique qu'est devenue Madame Pujol, de la part d'un mari débordé par les événements : La potiche n'était pas une cruche.

 

A propos de potiche, un journaliste n'a pas hésité à dire à François Ozon qu'il était un rien gonflé d'avoir offert à une actrice comme Deneuve, qui est devenue une icône du 7e Art, un rôle de potiche. A cela, le metteur en scène a répondu que Deneuve était le contraire d'une star recluse dans sa cage dorée, mais une femme libre, qui aime boire, manger, sortir et faire ses courses comme tout le monde, une femme vivante, drôle, ancrée dans la réalité et très différente de l'image que l'on se fait d'elle.  Preuve est donnée...Un divertissement plaisant pour une soirée sans autre but précis.  

 

2-e-toiles


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POTICHE de FRANCOIS OZON
POTICHE de FRANCOIS OZON
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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 10:28

  Kirsten Dunst. Sony Pictures Entertainment


Marie-Antoinette est probablement la reine de France qui a été la plus mise en scène au cinéma, davantage encore qu'Anne d'Autriche, qui ne doit sa célébrité qu'aux ferrets qu'elle eût l'imprudence d'offrir au duc de Buckingham et que d'Artagnan, si l'on en croit Alexandre Dumas, alla récupérer à Londres. Pourquoi une telle fascination pour la femme de Louis XVI, inspiratrice d'une trentaine de films, dont le dernier en date  "Les adieux à la reine" de Benoît Jacquot, mieux qu'une reconstitution historique, se focalise sur les émotions secrètes des personnages, soit la reine, sa lectrice et sa meilleure amie la princesse de Polignac et, ce, jusqu'à l'incandescence ? Sans doute parce qu'elle offre aux scénaristes plusieurs visages, depuis la princesse frivole de Versailles à la reine martyre de la Terreur. Il est vrai aussi qu'elle est séduisante cette jeune archiduchesse qui arrive en France pour épouser l'héritier du trônele 16 mai 1770. Sa fraîcheur, sa grâce, son élégance et sa beauté vont très vite faire d'elle la reine de toutes les fêtes et de tous les bals. Si bien que l'on ne tarde pas à lui prêter les passions les plus folles, dont une liaison avec le beau Fersen. Et aujourd'hui une tendance lesbienne ! Le 7e art pouvait-il ignorer une telle héroïne ? 

 


  Kirsten Dunst. Sony Pictures Entertainment

 


Hollywood s'emparera en premier du personnage pour raconter sa vie en 1938. La Marie-Antoinette du réalisateur Van Dyke est jouée par Norma Shearer mais tout est outré dans cette production de la Metro-Goldwyn-Mayer, alors à son apogée. Sacha Guitry se montrera plus mesuré dans Si Versailles m'était conté, où son épouse d'alors, Lana Marconi, y rayonne dans ses somptueux atours. Ces réalisations seront dépassées en 2006 par la Marie-Antoinette de Sofia Coppola qui nous offre une version acidulée et charmante d'une Marie-Antoinette très teen-ager à la lady Di, assez éloignée d'une reine de l'Ancien Régime. Tournée dans le château de Versailles, l'oeuvre éblouit par un déploiement de perruques, d'éventails, de pâtisseries, symphonie de couleurs, du rose bonbon au noir crépusculaire, ensemble très agréable à l'oeil mais souffrant de grossiers anachronismes. L'actrice Kirsten Dunst évoque une reine pleine de charme, telle que dût l'être la jeune dauphine, dont la séduction agit encore de nos jours.

 


Kirsten Dunst. Sony Pictures Entertainment  Kirsten Dunst et Jason Schwartzman. Sony Pictures Entertainment

 


La politique pointe son nez avec l'affaire du collier qui compromet le prince de Rohan, homme d'église. C'est Alexandre Dumas qui, une fois encore, fournit la trame du film de Ratoff Cagliostro, en 1949,  où Nancy Guild est Marie-Antoinette et Orson Welles, Cagliostro. Dans sa reconstitution de L'affaire du collier de la reine, trois ans plus tôt, Marcel L'Herbier s'était voulu plus rigoureux avec une reine interprétée par Marion Dorian.
 

    

 

Une autre Marie-Antoinette se révèle également, celle du début de la Révolution. A la princesse évaporée succède une reine hautaine, que l'on veut indifférente aux malheurs du peuple, telle que la campe Pierre Granier-Deferre, en 1990, dans un film qui porte pour titre L'Autrichienne et a  pour interprète Ute Lemper. Deux chefs-d'oeuvre l'évoquent par ailleurs. Ce sont le Napoléon d'Abel Gance en 1927, où l'on voit une Suzanne Bianchetti apparaître altière lors de l'évocation du 10 août, et La Marseillaise de Renoir ( 1937 ), en pleine euphorie du Front populaire, où Lise Delamare compose une reine ennemie du peuple et imbue des privilèges de sa caste.

 


Dernière image de Marie-Antoinette : la veuve Capet. La prisonnière du Temple porte un bonnet blanc et le voile de deuil, ainsi qu'elle se présente sur le tableau du musée Carnavalet, de même que dans le télé-film de Claude Barma : Le chevalier de Maison-Rouge. Son visage est celui émacié, creusé par la douleur d'Annie Ducaux. Cette fin tragique est également évoquée de façon émouvante, en 1956, dans le Marie-Antoinette de Jean Delannoy, d'après un scénario de Philippe Erlanger. Michèle Morgan, qui porte sur ses épaules le rôle de la reine déchue, s'y montre impressionnante de vérité dans sa marche vers l'échafaud. L'image rappelle alors le cruel dessin de David. Grâce à ces cinéastes, si contrastés dans leur façon d'évoquer ce personnage de l'Histoire, un mythe cinématographique est né et perdure.

 

Sources : Jean Tulard

 

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 09:48

         

 

1562, la France est sous le règne de Charles IX, les guerres de religion font rage... Depuis son plus jeune âge, Marie de Mézières aime Henri, duc de Guise. Elle est contrainte par son père d'épouser le prince de Montpensier. Son mari, appelé par Charles IX à rejoindre les princes dans leur guerre contre les protestants, la laisse en compagnie de son précepteur, le Comte de Chabannes, loin du monde, au château de Champigny. Elle tente en vain d'y oublier sa passion pour Guise, mais devient malgré elle l'enjeu de passions rivales et violentes auxquelles vient aussi se mêler le duc d'Anjou, futur Henri III.



On connait la passion de Bertrand Tavernier pour l'histoire qu'il a toujours servie au mieux à travers un nombre conséquent d'oeuvres brillantes. A l'aise dans la description du Moyen-Age (le magnifique et vénéneux La passion Béatrice), des turpitudes de la Régence (Que la fête commence), de la Première Guerre mondiale (La vie et rien d'autre et Capitaine Conan) ou même de la Seconde (Laissez passer), le metteur en scène a eu, pour habitude, de s'entourer des meilleurs spécialistes afin de donner la vision la plus réaliste possible des époques passées. Mais cette fois, l'inspiration n'étant probablement pas au rendez-vous, il peine à dépeindre l'époque complexe et difficile du XVI e siècle, qui s'est tristement illustré par les guerres de religion entre catholiques et protestants, pas plus qu'il ne parvient à éviter les clichés habituels sur la Saint-Barthélémy et sur la haine entre les religions rivales. Si, dans sa reconstitution assez superbe sur le plan de l'imagerie, le cinéaste n'élude en rien la violence inhérente à l'époque, il n'arrive pas à en saisir les thèmes clés et les moments phares. De même qu'il peine à nous restituer le climat psychologique de l'oeuvre de Madame de La Fayette qui, en quelques pages et un art consommé du raccourci et de la concision, trouvait le moyen de nous faire partager l'évolution des sentiments de ses personnages, alors que Tavernier s'y perd et, en deux heures quinze de spectacle, nous plonge dans un assemblage baroque de scènes qu'il a bien du mal à relier les unes aux autres. D'où le peu de conviction qui émane de ce long métrage aux thèmes anachroniques par rapport aux attentes d'un public contemporain. Il y a aussi de nombreuses invraisemblances, par exemple la scène où le comte de Chabannes entre dans la chambre des jeunes Montpensier, et où la jeune mariée sort de son lit dans le plus simple appareil, ce qui était impensable à l'époque de la part d'une jeune femme de ce rang. Mais le spectacle est sauvé en partie par la beauté de la mise en scène, bien que très classique et sans innovations particulières, et par la splendeur des costumes dus au talent de Caroline de Vivaise.

 

 

Compte tenu de ces insuffisances, il n'est pas certain que le public se passionne pour les mésaventures sentimentales de cette femme mariée que tous les hommes de son entourage tentent de séduire, d'autant que le réalisateur n'a pas su maintenir une tension dramatique suffisante. Bertrand Tavernier nous avait habitué à mieux. Si la première heure accroche le spectateur par l'inscription de ce destin particulier dans la grande Histoire, on est peu à peu déçu que le scénario se concentre de plus en plus sur les affaires sentimentales de l'héroïne, en délaissant certains personnages pourtant plus intéressants (celui du comte de Chabannes, interprété avec beaucoup de finesse par Lambert Wilson). Dès lors, on se lasse des multiples hésitations des protagonistes que Bertrand Tavernier ne nous rend proches à aucun moment. Réalisé avec un soin méticuleux, servi par la belle musique de Philippe Sarde et par des images riches en références picturales, La princesse de Montpensier souffre également d'un casting désastreux. Si Mélanie Thierry, bien qu'elle ne soit pas le personnage, davantage teen-ager que princesse du XVIe, Lambert Wilson et le jeune Raphaël Personnaz (sans doute la révélation du film) s'en sortent avec les honneurs, on ne peut en dire autant d'un Gaspard Ulliel peu convaincant en fougueux de Guise et, ô combien pire ! de Grégoire Leprince-Ringuet qui, avec son physique d'éternel adolescent et sa voix fluette, n'arrive à aucun moment à nous persuader qu'il est un Bayard sans peur et sans reproche, jaloux de l'attrait que suscite sa belle épouse. Et puis ces jeunes acteurs n'ont aucune diction et nombre de dialogues sont quasi inaudibles...Inégal, mais non dénué de fulgurances (les séquences intimes entre Mélanie Thierry et Lambert Wilson, notamment, sont parmi les meilleurs moments du film), La princesse de Montpensier a du mal à emporter l'adhésion - du moins la mienne - et ce film n'a, à mes yeux, qu'un seul mérite : l'envie de me replonger dans l'oeuvre de Madame de La Fayette qui savait dire en peu de mots ce que le cinéaste n'a pas su exprimer en un flot d'images.

 

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Mélanie Thierry. StudioCanal

Lambert Wilson et Mélanie Thierry. StudioCanal


 

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 09:29

Woody Allen. Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr  Woody Allen. Collection Christophe L.


Venu du cabaret et de la télévision, Woody Allen s'est imposé grâce au cinéma où il fut tour à tour acteur et auteur. C'est avec Prends l'oseille et tire-toi  en 1969, où il se met en scène lui-même, que sa carrière débute vraiment. Dès lors, il ne va plus cesser  de faire rayonner l'auto dérision et de slalomer avec élégance entre rire et sérieux, à rester le clown de ses débuts tout en forçant l'admiration par son ambition d'être le représentant d'un certain esprit proprement new-yorkais.

 

 
Issu d'un milieu modeste, il gagne sa vie dès l'âge de 19 ans en écrivant des dialogues pour le célèbre comique Sid Caesar, tout en produisant ses propres spectacles et en participant à quelques films. Dans ses premières réalisations, son principal souci  est de donner un prolongement cinématographique au personnage de petit homme complexé, calamiteux, hypocondriaque, obsédé par le sexe qu'il a déjà rendu populaire sur scène. C'est avec Annie Hall en 1977 qu'il est salué par la critique comme le meilleur cinéaste comique de sa génération et que, désormais, il ne va plus cesser de puiser dans son quotidien et celui de son entourage les sujets de ses gags et de son inspiration. Les changements de compagne, les sauts dans le temps et le recours à des noms différents n'y changeront rien : Woody Allen sera toujours reconnaissable à sa silhouette, à son parler et aux situations particulières où il aime à placer ses personnages comme l'avaient fait avant lui un Harold Lloyd ou un Charlie Chaplin, sans toutefois égaler le dernier nommé. En quelques quarante films, il a constitué l'instantané d'une époque entière et sut saisir les ridicules, les obsessions, les tics de plusieurs générations.


 Action Cinémas / Théâtre du Temple Les Acacias 


 

On peut situer l'apogée de ce cycle quasi autobiographique entre Annie Hall  et Meurtre mystérieux à Manhattan ( 1993 ), avec une véritable somme thématique dans Hannah et ses soeurs ( 1986 ). Par ailleurs, Woody  Allen réussit brillamment son incursion dans le film dit " sérieux ", existentiel comme ses comédies, mais dont il s'exclut en tant qu'interprète. Intérieurs, en 1978, surprend par la noirceur du ton et la sobriété de l'écriture et il conservera cette simplification jusqu'à l'épure dans Une autre femme ( 1988 ) et dans Match Point  ( 2005 ). Cette diversification de l'inspiration, rendue plus grave, ne restera pas sans effets sur ses comédies auxquelles il se plait souvent à injecter des scènes sombres, des réflexions philosophiques, ainsi qu'il le fera dans Crimes et délits ( 1989 ) ou Alice ( 1990 ).



Les expériences stylistiques le passionnent comme en attestent Maris et femmes ( 1992 ) qu'il filme en partie caméra à l'épaule, clin d'oeil à la Nouvelle vague, et Maudite Aphrodite, scandé par un choeur antique en 1994 ou le pastiche si réussi de "Musical" que fut, en 1996, Tout le monde dit " I love you. Les reproches que certains lui adressent de se répéter sont injustifiés, car on sait qu'un véritable auteur, quel que soit son art, poursuit toujours d'oeuvre en oeuvre la même quête jusqu'à en atteindre la quintessence. Bien sûr, produisant en moyenne un film par an, Allen ne peut à chaque fois réussir un chef-d'oeuvre, mais ses films ont un ton, un style, qui sont sa marque propre et oscillent en permanence entre drôlerie, dérision, humour noir, le tout saupoudré de dialogues brillants et de mises en scène sobres et efficaces. Il a de plus en plus tendance à n'intervenir désormais que dans des rôles périphériques, laissant à des acteurs plus jeunes mais toujours chevronnés  le soin de le représenter. Le dernier en date est une variation sur la ville de Rome, comme le précédent sur la ville de Paris où affleurent souvenirs et évocations et qui, sans être des oeuvres marquantes, prouvent, si besoin est, qu'Allen a toujours la fibre créatrice et le feu sacré et un formidable savoir fimer.

 

 

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Bac Films TFM Distribution TFM Distribution TFM Distribution


 

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 08:44

             

     

Il y avait tout à craindre d'un film qui traitait d'un sujet aussi émotionnel que celui-ci, où l'on assiste à l'arrestation d'une femme et de ses enfants par la police française en août 1942, à l'enfermement d'un petit garçon dans un placard et des conséquences inévitables qui s'en suivront, scénario tragique s'il en est,  inspiré du roman éponyme de Tatiana de Rosnay, dont on se souvient qu'il fût un best-seller. Par chance, il faut reconnaître à Gilles Paquet-Brenner qui, coup sur coup, avait produit deux navets, d'avoir su se ressaisir et nous offrir aujourd'hui une oeuvre mâture à l'imagerie sobre et pudique. Film sur la culpabilité et la quête d'un pardon que l'on a bien du mal à susciter,  Elle s'appelait Sarah  raconte l'histoire d'une journaliste américaine installée en France, Julia Jarmond, chargée d'enquêter sur l'épisode dramatique de la rafle du Vel'd'Hiv, à la suite de la position que le Président de l'époque, soit Jacques Chirac, avait choisi d'assumer sur la part de responsabilité qui incombait à l'état français et qui va progressivement s'investir personnellement dans cette enquête. Pour quelles raisons ?  Simplement par ce qui ne devait être qu'un article va se transformer en un enjeu personnel, une prise de conscience de l'horreur de la shoah, et surtout le dévoilement de l'implication de sa propre belle famille dans le destin d'une famille juive sacrifiée. Les scènes se succèdent entre épisodes du passé et du présent et s'emboîtent sans fausse note les unes dans les autres, donnant à cet opus une densité et un intérêt croissant, ainsi qu'un rythme soutenu et bien dosé. Belle réussite que cette construction à deux thèmes, surtout si l'on tient compte des clichés, des invraisemblances et des pièges qui ne pouvaient manquer d'encombrer un tel narratif ; mais Gilles Paquet-Brenner a eu le bon goût et l'habileté de les éviter en partie, nous faisant grâce des boursouflures qui chargeaient lourdement un précédent film sur un sujet semblable :  La rafle.  

 


Kristin Scott Thomas. Hugo Productions

 

Le film doit beaucoup, d'une part, à l'interprétation magistrale de Kristin Scott Thomas, émouvante d'un bout à l'autre, nous donnant à comprendre et à partager le cheminement qui va changer sa vie et conférer à celle-ci un autre sens, d'autres perspectives, la faisant naître à elle-même comme une femme différente, plus responsable, plus humaine et, d'autre part, à celle de Mélusine Mayance, la petite fille qui incarne Sarah enfant de façon sensible et juste. Un film grave et de facture classique, qui n'évite pas totalement les clichés et les poncifs, mais délivre un beau message sur l'importance du devoir de mémoire sans céder à la sensiblerie. Et Dieu sait que, chaque semaine qui passe, nous en propose de nouveaux... des devoirs de mémoire, s'entend ! 

 

3-e-toiles


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Mélusine Mayance. Hugo Productions

Mélusine Mayance. Hugo Productions

 

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 09:56

Warner Bros. France        VIDEO


Un film de Woody Allen est toujours un bon moment de cinéma. Même si  "Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu" ( un titre trop long et pas vraiment accrocheur ) n'est pas un chef-d'oeuvre, cette chronique douce amère et faussement désinvolte de la vie quotidienne est écrite de main de maître avec des dialogues savoureux et une interprétation qui l'est tout autant. Bien sûr, rien de nouveau par rapport aux opus précédents et un scénario qui reprend les thèmes favoris de leur auteur, soit la trilogie qui mène le monde depuis son commencement : le désir, l'amour et la mort, mais reproche-t-on à un écrivain d'écrire toujours le même livre ou à un compositeur de revenir sans cesse à la même configuration chromatique ? Woody Allen a toujours excellé à traiter des conflits familiaux, à pointer du doigt les ridicules humains et à dévoiler nos faiblesses, nos lâchetés et cet irrépressible besoin que nous éprouvons tous à nous illusionner sur nous-même. Une fois encore la sauce prend, tant les ingrédients ( s'ils ne sont pas nouveaux ) sont subtilement dosés. Je ne me souviens pas d'ailleurs d'être sortie d'une projection d'un de ses films, déçue ou dépitée. Ainsi que l'on se rend dans un restaurant pour goûter une cuisine dont on apprécié la saveur, j'entre avec appétit dans une salle de spectacle pour déguster un woody allen, sachant d'avance que le met ne manquera ni de caractère, ni de finesse, ni de piment... Et j'ajouterai, puisqu'il s'agit du 7e Art, de style. Ce qui fera toujours la différence entre un grand cinéaste et un fabricant de pellicule, c'est lui, le style, un style unique, inimitable, que l'on reconnaît d'emblée et qui est la signature des grands.


Josh Brolin et Naomi Watts. Warner Bros. France


L'histoire est d'autant plus plaisante et bien rythmée que l'on suit le parcours de plusieurs personnages,  attachants et bien campés, qui cherchent à donner sens à leur existence au milieu des aléas qu'ils rencontrent : ici un écrivain en panne de talent, là une cinquantenaire délaissée par son mari et qui devient accro d'une extra-lucide, ou encore une jeune femme qui aimerait tant que son boss s'intéresse à elle parce que l'on croit toujours que les rêves nous décevront moins que la réalité, enfin un mari pris de panique devant l'inéluctable vieillesse qui le guette et se trouve aux prises avec le démon de midi. Tout cela n'est certes pas follement original mais c'est follement bien ficelé, avec ce qu'il faut d'humour, de dérision et de cynisme, et des acteurs qui donnent à leurs personnages un ton si juste, une vibration si vraie, qu'ils ont vite fait de nous convaincre de la sincérité de leurs propos. Une mention spéciale pour la délicieuse Naomie Watts et pour Anthony Hopkins formidable dans le rôle d'Alfy.
Voilà un film qui ne révolutionnera pas le monde cinématographique mais qui a l'avantage d'être du cousu main, sans faux pli, et satisfera ceux qui aiment la belle ouvrage.

 

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WOODY ALLEN OU UN GENIE TOUCHE-A-TOUT          NAOMI WATTS - PORTRAIT

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN



Anthony Hopkins et Naomi Watts. Warner Bros. France

Naomi Watts, Gemma Jones et Roger Ashton-Griffiths. Warner Bros. France



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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 08:23

Michel Boujenah. Les Films du Losange  Les Films du Losange 

                           
                                    Un été à la Goulette de Férid Boughedir


Le cinéma tunisien, un cinéma d'auteur avant-gardiste, a longtemps été considéré comme le plus innovant du monde arabe, grâce à des oeuvres comme Aziza ( 1980 ) de Abdellatif Ben Amar, Traversées ( 1983 ) de Mahmoud Ben Mahmoud ou L'homme de cendres ( 1987 ) de Nouri Bouzid, suivi en 1989 par Les sabots en or, récit sans fard des duretés de l'émancipation et, enfin, en 1994 de Bezness  qui aborde l'homosexualité et  la prostitution touristique et dans lequel jouait un certain Abdellatif Kechiche, faisant du réalisataur le porte-drapeau du 7e art tunisien.



StudioCanal Les Films de l'Atalante


Mais c'est Férid Boughedir, auteur de Halfaouine, l'enfant des terrasses qui, en 1990, signe le plus gros succès de l'histoire du cinéma tunisien en racontant celle du jeune Noura, qui vit dans un quartier populaire de la ville de Tunis et se trouve partagé entre l'enfance et l'âge adulte, entre le monde des hommes qui tient la rue et celui caché des femmes. En accompagnant sa mère au hammam, il découvrira la sensualité et ses conséquences. Un film tendre, poétique et transgressif qui connut un vif succès et fit entrer le cinéma tunisien dans la cour des grands.


Les Films du Losange

                             
                                 Un été à la Goulette de Férid Boughedir


Six ans après Halfaouine,  Boughedir choisit d'évoquer avec nostalgie dans Un été à la Goulette, l'ambiance d'un quartier populaire dans les années 1960, à travers le destin de trois familles, l'une musulmane, l'autre juive, la troisième catholique sicilienne. Avec la participation de Claudia Cardinale - dont on sait qu'elle est née en Tunisie - et de Michel Boujenah.





                                Les silences du palais de Moufida Tlati

Avec Les silences du palais ( 1994 ) de la réalisatrice Moufida Tlati, on entre dans une maison beylicale, en compagnie d'une jeune femme qui rêve d'émancipation et se trouve de ce fait en rébellion contre son milieu. A l'occasion des obsèques du prince, Alia se rend au palais où elle est née d'une servante et d'un père inconnu. Elle s'y remémore ses jeunes années. Ce film très réussi sur le plan esthétique recevra de nombreuses récompenses internationales, confirmant la naissance d'un cinéma plein de promesse et vaudra à l'actrice principale, Hend Sabri, l'éloge de la critique. Cette oeuvre sera suivie en 2000 par La saison des hommes qui a pour toile de fond l'île de Djerba, où les épouses vivent onze mois par an sans leurs époux, partis travailler à Tunis.



                                 
                                      La saison des hommes
de Moufida Tlati


Avec Essaida en 1996, Zran Mohamed nous décrit la rencontre d'un artiste peintre et d'un adolescent qui mendie pour subvenir aux besoins de sa famille. Après ce film qui fit plus de 700.000 entrées à sa sortie, Zran a réalisé un autre long métrage en 2004  Le prince qui traite des relations entre l'argent et la pauvreté autour de la rencontre d'une jeune fleuriste et d'une femme de la haute société. Mais depuis lors, le cinéma tunisien semble s'essouffler et manquer d'inspiration, si bien que c'est le théâtre qui, aujourd'hui, prend le relais d'un 7 e art en voie de banalisation.

 

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MALTE ET LE 7e ART             L'EGYPTE ET LE 7e ART           VENISE ET LE 7e ART    

 

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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