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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 08:44

             

     

Il y avait tout à craindre d'un film qui traitait d'un sujet aussi émotionnel que celui-ci, où l'on assiste à l'arrestation d'une femme et de ses enfants par la police française en août 1942, à l'enfermement d'un petit garçon dans un placard et des conséquences inévitables qui s'en suivront, scénario tragique s'il en est,  inspiré du roman éponyme de Tatiana de Rosnay, dont on se souvient qu'il fût un best-seller. Par chance, il faut reconnaître à Gilles Paquet-Brenner qui, coup sur coup, avait produit deux navets, d'avoir su se ressaisir et nous offrir aujourd'hui une oeuvre mâture à l'imagerie sobre et pudique. Film sur la culpabilité et la quête d'un pardon que l'on a bien du mal à susciter,  Elle s'appelait Sarah  raconte l'histoire d'une journaliste américaine installée en France, Julia Jarmond, chargée d'enquêter sur l'épisode dramatique de la rafle du Vel'd'Hiv, à la suite de la position que le Président de l'époque, soit Jacques Chirac, avait choisi d'assumer sur la part de responsabilité qui incombait à l'état français et qui va progressivement s'investir personnellement dans cette enquête. Pour quelles raisons ?  Simplement par ce qui ne devait être qu'un article va se transformer en un enjeu personnel, une prise de conscience de l'horreur de la shoah, et surtout le dévoilement de l'implication de sa propre belle famille dans le destin d'une famille juive sacrifiée. Les scènes se succèdent entre épisodes du passé et du présent et s'emboîtent sans fausse note les unes dans les autres, donnant à cet opus une densité et un intérêt croissant, ainsi qu'un rythme soutenu et bien dosé. Belle réussite que cette construction à deux thèmes, surtout si l'on tient compte des clichés, des invraisemblances et des pièges qui ne pouvaient manquer d'encombrer un tel narratif ; mais Gilles Paquet-Brenner a eu le bon goût et l'habileté de les éviter en partie, nous faisant grâce des boursouflures qui chargeaient lourdement un précédent film sur un sujet semblable :  La rafle.  

 


Kristin Scott Thomas. Hugo Productions

 

Le film doit beaucoup, d'une part, à l'interprétation magistrale de Kristin Scott Thomas, émouvante d'un bout à l'autre, nous donnant à comprendre et à partager le cheminement qui va changer sa vie et conférer à celle-ci un autre sens, d'autres perspectives, la faisant naître à elle-même comme une femme différente, plus responsable, plus humaine et, d'autre part, à celle de Mélusine Mayance, la petite fille qui incarne Sarah enfant de façon sensible et juste. Un film grave et de facture classique, qui n'évite pas totalement les clichés et les poncifs, mais délivre un beau message sur l'importance du devoir de mémoire sans céder à la sensiblerie. Et Dieu sait que, chaque semaine qui passe, nous en propose de nouveaux... des devoirs de mémoire, s'entend ! 

 

3-e-toiles


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LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS  

 

 

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Mélusine Mayance. Hugo Productions

Mélusine Mayance. Hugo Productions

 

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 09:56

Warner Bros. France        VIDEO


Un film de Woody Allen est toujours un bon moment de cinéma. Même si  "Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu" ( un titre trop long et pas vraiment accrocheur ) n'est pas un chef-d'oeuvre, cette chronique douce amère et faussement désinvolte de la vie quotidienne est écrite de main de maître avec des dialogues savoureux et une interprétation qui l'est tout autant. Bien sûr, rien de nouveau par rapport aux opus précédents et un scénario qui reprend les thèmes favoris de leur auteur, soit la trilogie qui mène le monde depuis son commencement : le désir, l'amour et la mort, mais reproche-t-on à un écrivain d'écrire toujours le même livre ou à un compositeur de revenir sans cesse à la même configuration chromatique ? Woody Allen a toujours excellé à traiter des conflits familiaux, à pointer du doigt les ridicules humains et à dévoiler nos faiblesses, nos lâchetés et cet irrépressible besoin que nous éprouvons tous à nous illusionner sur nous-même. Une fois encore la sauce prend, tant les ingrédients ( s'ils ne sont pas nouveaux ) sont subtilement dosés. Je ne me souviens pas d'ailleurs d'être sortie d'une projection d'un de ses films, déçue ou dépitée. Ainsi que l'on se rend dans un restaurant pour goûter une cuisine dont on apprécié la saveur, j'entre avec appétit dans une salle de spectacle pour déguster un woody allen, sachant d'avance que le met ne manquera ni de caractère, ni de finesse, ni de piment... Et j'ajouterai, puisqu'il s'agit du 7e Art, de style. Ce qui fera toujours la différence entre un grand cinéaste et un fabricant de pellicule, c'est lui, le style, un style unique, inimitable, que l'on reconnaît d'emblée et qui est la signature des grands.


Josh Brolin et Naomi Watts. Warner Bros. France


L'histoire est d'autant plus plaisante et bien rythmée que l'on suit le parcours de plusieurs personnages,  attachants et bien campés, qui cherchent à donner sens à leur existence au milieu des aléas qu'ils rencontrent : ici un écrivain en panne de talent, là une cinquantenaire délaissée par son mari et qui devient accro d'une extra-lucide, ou encore une jeune femme qui aimerait tant que son boss s'intéresse à elle parce que l'on croit toujours que les rêves nous décevront moins que la réalité, enfin un mari pris de panique devant l'inéluctable vieillesse qui le guette et se trouve aux prises avec le démon de midi. Tout cela n'est certes pas follement original mais c'est follement bien ficelé, avec ce qu'il faut d'humour, de dérision et de cynisme, et des acteurs qui donnent à leurs personnages un ton si juste, une vibration si vraie, qu'ils ont vite fait de nous convaincre de la sincérité de leurs propos. Une mention spéciale pour la délicieuse Naomie Watts et pour Anthony Hopkins formidable dans le rôle d'Alfy.
Voilà un film qui ne révolutionnera pas le monde cinématographique mais qui a l'avantage d'être du cousu main, sans faux pli, et satisfera ceux qui aiment la belle ouvrage.

 

Pour lire les articles consacrés à Woody Allen et Naomi Watts, cliquer sur leurs titres :
WOODY ALLEN OU UN GENIE TOUCHE-A-TOUT          NAOMI WATTS - PORTRAIT

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN



Anthony Hopkins et Naomi Watts. Warner Bros. France

Naomi Watts, Gemma Jones et Roger Ashton-Griffiths. Warner Bros. France



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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 08:23

Michel Boujenah. Les Films du Losange  Les Films du Losange 

                           
                                    Un été à la Goulette de Férid Boughedir


Le cinéma tunisien, un cinéma d'auteur avant-gardiste, a longtemps été considéré comme le plus innovant du monde arabe, grâce à des oeuvres comme Aziza ( 1980 ) de Abdellatif Ben Amar, Traversées ( 1983 ) de Mahmoud Ben Mahmoud ou L'homme de cendres ( 1987 ) de Nouri Bouzid, suivi en 1989 par Les sabots en or, récit sans fard des duretés de l'émancipation et, enfin, en 1994 de Bezness  qui aborde l'homosexualité et  la prostitution touristique et dans lequel jouait un certain Abdellatif Kechiche, faisant du réalisataur le porte-drapeau du 7e art tunisien.



StudioCanal Les Films de l'Atalante


Mais c'est Férid Boughedir, auteur de Halfaouine, l'enfant des terrasses qui, en 1990, signe le plus gros succès de l'histoire du cinéma tunisien en racontant celle du jeune Noura, qui vit dans un quartier populaire de la ville de Tunis et se trouve partagé entre l'enfance et l'âge adulte, entre le monde des hommes qui tient la rue et celui caché des femmes. En accompagnant sa mère au hammam, il découvrira la sensualité et ses conséquences. Un film tendre, poétique et transgressif qui connut un vif succès et fit entrer le cinéma tunisien dans la cour des grands.


Les Films du Losange

                             
                                 Un été à la Goulette de Férid Boughedir


Six ans après Halfaouine,  Boughedir choisit d'évoquer avec nostalgie dans Un été à la Goulette, l'ambiance d'un quartier populaire dans les années 1960, à travers le destin de trois familles, l'une musulmane, l'autre juive, la troisième catholique sicilienne. Avec la participation de Claudia Cardinale - dont on sait qu'elle est née en Tunisie - et de Michel Boujenah.





                                Les silences du palais de Moufida Tlati

Avec Les silences du palais ( 1994 ) de la réalisatrice Moufida Tlati, on entre dans une maison beylicale, en compagnie d'une jeune femme qui rêve d'émancipation et se trouve de ce fait en rébellion contre son milieu. A l'occasion des obsèques du prince, Alia se rend au palais où elle est née d'une servante et d'un père inconnu. Elle s'y remémore ses jeunes années. Ce film très réussi sur le plan esthétique recevra de nombreuses récompenses internationales, confirmant la naissance d'un cinéma plein de promesse et vaudra à l'actrice principale, Hend Sabri, l'éloge de la critique. Cette oeuvre sera suivie en 2000 par La saison des hommes qui a pour toile de fond l'île de Djerba, où les épouses vivent onze mois par an sans leurs époux, partis travailler à Tunis.



                                 
                                      La saison des hommes
de Moufida Tlati


Avec Essaida en 1996, Zran Mohamed nous décrit la rencontre d'un artiste peintre et d'un adolescent qui mendie pour subvenir aux besoins de sa famille. Après ce film qui fit plus de 700.000 entrées à sa sortie, Zran a réalisé un autre long métrage en 2004  Le prince qui traite des relations entre l'argent et la pauvreté autour de la rencontre d'une jeune fleuriste et d'une femme de la haute société. Mais depuis lors, le cinéma tunisien semble s'essouffler et manquer d'inspiration, si bien que c'est le théâtre qui, aujourd'hui, prend le relais d'un 7 e art en voie de banalisation.

 

autres articles proches :


MALTE ET LE 7e ART             L'EGYPTE ET LE 7e ART           VENISE ET LE 7e ART    

 

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LISTE DE MES BILANS CINEMATOGRAPHIQUES   

 

Océan Films   Océan Films

 



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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 08:41
DES HOMMES ET DES DIEUX de XAVIER BEAUVOIS

Un monastère perché dans les montagnes du Maghreb, dans les années 1990. Huit moines chrétiens français vivent en harmonie avec leurs frères musulmans. Quand une équipe de travailleurs étrangers est massacrée par un groupe islamiste, la terreur s’installe dans la région. L'armée propose une protection aux moines, mais ceux-ci refusent. Doivent-ils partir ? Malgré les menaces grandissantes qui les entourent, la décision des moines de rester coûte que coûte, se concrétise jour après jour.


Ce film s’inspire librement de la vie des moines Cisterciens de Tibhirine en Algérie de 1993 jusqu’à leur enlèvement en 1996.
 

Le dépouillement, la lenteur, l'exigence spirituelle dont le film rend compte, la beauté des paysages sont beaucoup dans sa réussite, sans oublier la remarquable performance des acteurs. D'ailleurs Lambert Wilson avait tenu à expliquer cette justesse de leur démarche à rendre évidente les exigences cisterciennes qui privilégient le silence et la contemplation, sans oublier le travail de la terre, la communion par le chant, l'aide aux démunis, les soins prodigués aux malades et la fraternité avec les hommes, disant :

"Curieusement, cette fusion qu'ont ressentie les moines, nous l'avons aussi vécue. Nous avons fusionné dans les retraites et fait des chants liturgiques. Le chant a un pouvoir fédérateur". Tandis que le metteur en scène confiait à un journaliste : "Sur ce tournage, j'ai passé parmi les deux plus beaux mois de ma vie. Tout était simple, limpide, facile, évident, étrange et beau. Oui, l'esprit de Tibéhirine a soufflé sur nous. Il existe. J'espère qu'il touchera le Festival et fera du bien à tous".

 

Pari tenu. Un film qui vous réconcilie avec le 7e Art, parfois mis à mal par des productions médiocres. Deux heures de mise... en grâce. Remarquable.

 

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DES HOMMES ET DES DIEUX de XAVIER BEAUVOIS
DES HOMMES ET DES DIEUX de XAVIER BEAUVOIS
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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 09:13
ONCLE BOONMEE de APICHATPONG WEERASETHAKUL

 

Apichatpong Weerasethakul. Pyramide Distribution      

                                                                


"Oncle Boonmee" de Apichatpong Weerasethakul qui a reçu la Palme d'Or au dernier Festival de Cannes a suscité  une  controverse ; le public et les critiques ayant été partagés entre l'adhésion et le rejet pur et simple d'un film à l'évidence long et hermétique, se partageant en deux clans : les séduits et les agacés. Je vous avais déjà parlé de ce metteur en scène atypique que j'ai découvert à Deauville, lors du Festival du Cinéma Asiatique 2007, et tout le bien que je pensais du film qui était alors en compétition  Syndromes and a century .( Voir ma critique en cliquant sur l'icône au bas de la page ) Pourquoi cet opus exaspère-t-il à ce point les spectateurs ?  Parce qu'il est extrêmement long et lent, plus, sans doute, qu'un occidental est en mesure de supporter sans décrocher ; ce qui m'est arrivé, je l'avoue à deux reprises, à cause d'un narratif  souvent décousu, parsemé néanmoins d'images sublimes, d'inventions stupéfiantes, ce qui laisse présager ce que ce réalisateur sera capable de faire à l'avenir, car il n'a jamais que quarante ans. Oncle Boonmee est une méditation qu'il faut laisser infuser afin qu'elle délivre sa magie, soit celle d'une inspiration qui mêle les époques, les humains et les animaux et ne cesse de se laisser quérir par ses fantasmes et ses énigmes. Le souci d'Apichatpong n'est-il pas de coudre à petits points une oeuvre de longue haleine, mystérieuse et troublante, qui entretient des liens étroits entre vivants et morts, naturel et surnaturel, sans  se départir de sa poésie, tant cette lenteur se pare à tous moments de majesté et d'obscurs secrets ? Mieux que la disparition d'oncle Boonmee, atteint d'insuffisance rénale et qui est venu mourir dans sa maison, c'est de la disparition d'un monde qu'il s'agit. Avant de finir son existence terrestre, oncle Boonmee va recevoir la visite de deux fantômes, celui de sa femme et celui de son fils qui surgit sous la forme d'un singe aux yeux phosphorescents, l'une des scènes les plus fortes du film. Puis, il lui faudra se confronter à ses vies antérieures, au long d'un périple de deux heures, qui lui fera traverser la jungle avant de rejoindre la grotte sacrée, censée représenter l'utérus maternel ; ainsi la boucle sera-t-elle bouclée, de même que sera achevée son errance au coeur de sa propre mythologie. Film où les métamorphoses et les métaphores sont courantes, tant le cinéaste se veut en osmose avec les forces originelles et ténébreuses de l'univers. Pour Weerasethakul, rien que de très normal dans cette vision des choses, l'homme vivant dans un univers en constante mutation qui l'oblige à se transformer continûment afin de rester en liaison et harmonie avec les forces vives qui nous gouvernent, nous traversent et nous transforment. C'est ainsi, qu'à sa manière Uncle Bonmee transforme, ou plutôt transpose ses fantasmes et ses souvenirs, qui ne sont autres que ceux du réalisateur, adepte de la réincarnation.

 


Pyramide Distribution

 

Avec cet opus, Apichatpong Weerasethakul rend hommage aux films fantastiques thaïs qui bercèrent son enfance, productions peuplées de créatures chimériques. Cette façon d'envisager le 7e Art comme vecteur entre le monde des esprits et celui des vivants est devenu son principal centre d'intérêt et de créativité et n'a jamais été aussi prégnant que dans Uncle Bonmee. Malgré ses longueurs, sa lenteur méditative et parfois hermétique, ce film a su conquérir le jury de Cannes, présidé par un Tim Burton épris de poésie et d'imagination, se plaisant dans des rêveries semblables, à l'opposé de celles d'  Inception.

" La personnification des dieux m'est très naturelle. J'essaie toujours de me placer en anthropologiste pour comprendre l'irrationnel - dit-il - ce qui renvoie à son éducation religieuse dans une famille boudhiste. Ce déchiffrage du monde ne nous est certes pas habituel à nous autres  Français, nourris par la pensée d'un Descartes et pris dans l'engrenage d'une accélération irréversible. Même si je n'ai pas été totalement ensorcelée par cette oeuvre difficile, je salue avec admiration un cinéaste qui, allant à rebours des autres, assume et assure de film en film, une inspiration d'une inventivité et d'une audace garantes, l'une et l'autre, d'un talent authentique et plein d'avenir. Et je le remercie de nous ouvrir une nouvelle voie de réflexion, ce qui de nos jours n'est pas courant.

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 

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Thanapat Saisaymar. Pyramide Distribution



 

ONCLE BOONMEE de APICHATPONG WEERASETHAKUL
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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 10:04

alain_corneau.jpg 

                                  
                       1943 - 2010

 

Héritier proclamé de la Nouvelle Vague, Alain Corneau incarne avec quelques autres comme Téchiné, Miller et Tavernier la relève du cinéma d'auteur et apparaît comme un témoin de son temps entre fin de siècle et nouvelles incertitudes. En 2004, l'ensemble de son oeuvre avait été distingué par le prix René Clair et, en 2010, il s'était vu décerner le prix Henri-Langlois. En 1992, Tous les matins du monde, qui relate l'histoire d'un joueur de viole au XVIIe siècle interprété par Jean-Pierre Marielle, avait connu un vif succès public et reçu le César du meilleur film. Alain Corneau était le compagnon de la cinéaste et écrivain Nadine Trintignant.

Il était né le 7 août 1943 à Meung-sur-Loire (Loiret). Musicien de formation, il était entré très tôt à l'Institut des hautes études cinématographiques (Idhec), devenant dans un premier temps stagiaire sur des films, puis assistant de Constantin Costa-Gavras en 1970 pour L'Aveu. Il y rencontrera Yves Montand qu'il dirigera par la suite. Également assistant de Nadine Trintignant pour Ça n'arrive qu'aux autres, il co-écrit avec elle Défense de savoir en 1973. Cette même année, il réalise son premier film France, société anonyme, un échec commercial.

En 1976, en passionné de cinéma américain, il s'inspire du personnage de l'inspecteur Harry (incarné par Clint Eastwood) pour sa deuxième réalisation, Police python 357, avec Yves Montand. Les deux hommes collaborent à nouveau sur La Menace (1977) et Le Choix des armes (1981), classiques du film noir à la française. Entre-temps, Alain Corneau signe l'adaptation de Série noire (1979). Patrick Dewaere et Marie Trintignant y font une forte prestation.

À partir des années 80, le réalisateur s'essaie à d'autres genres. Connu pour ses polars, il aborde également de nombreux autres registres. En 1984, il met en scène la prestigieuse fresque coloniale Fort Saganne avec Gérard Depardieu, tirée du roman historique de Louis Gardel et cultive ainsi  le plaisir de la narration par le cinéma. C'est, à l'époque, le film le plus cher du cinéma français. En 1992, Tous les matins du monde, d'après un roman de Pascal Quignard, obtient un succès public et assez inattendu sur un sujet aussi austère (l'histoire du violiste et compositeur du XVIIe siècle Marin Marais), avec un Jean-Pierre Marielle au sommet de son art et un jeune acteur prometteur Guillaume Depardieu.

Alain Corneau s'engagera ensuite dans des oeuvres plus intimistes comme le subtil Stupeur et tremblements (2003), adapté du roman éponyme de l'écrivain belge Amélie Nothomb, ou Les Mots bleus (2005), basé sur le livre du même nom de Dominique Mainard. L'année suivante, Alain Corneau concrétisera un rêve vieux de trente ans en transposant à l'écran l'ouvrage de son ami José Giovanni, Le Deuxième Souffle, avec Daniel Auteuil et Monica Bellucci.

Pour lire les articles de la rubrique conscrée aux réalisateurs, cliquer sur son titre :


LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 


Collection Christophe L.   


ARP Sélection    Collection Christophe L.

 

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 09:38
West Side Story

West Side Story

   


Née avec l'avènement du parlant - condition sine qua non de son existence - la comédie musicale va prendre un essor inespéré aux Etats-Unis sous l'influence des spectacles de Broadway. C'est ainsi qu'elle va mettre à contribution les talents les plus éblouissants de l'époque et devenir comme une ode à la danse et au chant.
Son berceau sera Hollywood et la première tentative reviendra à Alan Crosland qui, dès 1927, met en scène "Le chanteur de jazz", suivi en 1929 par "The Broadway Melody" de Harry Beaumont. Deux courants essentiels se créent alors : l'un avec la Warner et ses parades chorégraphiées par Bush Berkeley, l'autre avec Radio-Keith-Orpheum et les élégants numéros de Fred Astaire et Ginger Rogers.

 


Ginger Rogers et Fred Astaire. Editions Montparnasse


 

C'est néanmoins la MGM qui renouvelle le genre de la manière la plus audacieuse sous l'influence de son producteur Arthur Freed, si bien que le merveilleux devient source d'inspiration et produit en 1939 un film accompli "Le magicien d'Oz" de Victor Fleming. Freed fait appel aux talents les plus en vue : ceux de Gene Kelly et de Stanley Donen et donne à la MGM ses plus grands chefs-d'oeuvre : "Un jour à New-York" ( 1949 ), "Chantons sous la pluie"  (1952) ) et "Tous en scène" ( 1953 ) de Vincente Minelli qui traite  le genre avec le plus de profondeur et de cohérence artistique. En effet, "Tous en scène" sera l'un des plus grands succès de la MGM avec ses numéros de danse d'une virtuosité étourdissante et une chorégraphie qui se double d'une réflexion sur le monde du spectacle.


La comédie musicale évolue au fur et à mesure des films et des audaces des uns et des autres, sans cesse réinventée par des scénaristes tels que A.J Lerner, Adolph Green ou Betty Comden. A côté des énormes productions se multiplient les oeuvres plus modestes et moins coûteuses des sociétés indépendantes.
Avec "Une étoile est née" ( 1954 ) de George Cukor et "Beau fixe sur New-York" ( 1955 ) de Stanley Donen et Gene Kelly, l'atmosphère féerique cède progressivement le pas à un ton nettement plus dramatique et puise un nouvel élan avec l'arrivée du rock n'roll, s'appuyant sur ces rythmes neufs pour construire des histoires qui sont traitées au premier plan.

 


     


En 1961, en abordant une intrigue amoureuse sous un jour mélodramatique, Robert Wise dépoussière le genre et ne remporte pas moins de 10 Oscars. Ce sera la fabuleuse réussite de "West Side Story", libre adaptation de Roméo et Juliette tournée dans le Manhattan des années 60, sur une brillante partition de Léonard Berstein.

La France n'est pas en reste et se laisse séduire par un genre qui offre, sous le mode du spectacle, un panel large et ne se cantonne nullement dans un seul univers onirique mais reflète une réalité aussi dure soit-elle. En 1964, Jacque Demy, à travers une imagerie colorée portée par la musique de Michel Legrand, raconte une histoire d'amour brisée par la guerre d'Algérie  "Les parapluies de Cherbourg" qui voit les débuts d'une ravissante actrice Catherine Deneuve. Avant d'évoquer en 1967 la quête sentimentale de deux soeurs dans "Les demoiselles de Rochefort".

 


Collection Christophe L.   Ciné Tamaris


La comédie musicale permet d'aborder une palette de sujets telle que, progressivement, des cinéastes, apparemment éloignés de la scène, se lancent à leur tour le défi. Avec "New-York,New-York" ( 1977 ), chorégraphié par Ron Field, Scorsese jette un regard critique sur l'Amérique des années 50, tandis que Sydney Lumet dans "The Wiz" ( 1978 ) nous propose une version sombre et urbaine du "Magicien d'Oz". La jeunesse, composant désormais un public spécifique auquel l'offre se doit de s'adapter, Milos Forman saisit l'occasion pour adapter à l'écran le spectacle "Hair" en 1979. C'est ainsi que le départ de son héros pour le Vietnam prend une dimension sociale et politique déterminante. Alors que certains films de texture plus légère comme "La fièvre du samedi soir" ( 1977 ), avec un John Travolta en icône de la musique disco, cherche davantage à faire danser les foules qu'à délivrer un quelconque message.

 

En 2001 et 2002, "Moulin Rouge" de Baz Luhrman et "Chicago" de Rob Marshall exploitent le genre brillamment mais sans y apporter d'innovation. Il faudra attendre Lars von Trier et son "Dancer in the Dark" qui, en réunissant tous les éléments clés, aborde la comédie musicale selon des critères encore inédits et crée un style totalement nouveau. Le succès qu'il remporte prouve - si besoin est - combien la comédie musicale est apte à nous entretenir des réalités les plus complexes et les plus modernes. Aujourd'hui, "La La Land"  de Damien Chazelle renoue avec l'ère de la comédie musicale avec un charme indéniable et un brin de nostalgie.

 

Comédies musicales analysées sur ce blog : 

 

CHANTONS SOUS LA PLUIE de STANLEY DONEN        

WEST SIDE STORY

UN VIOLON SUR LE TOIT de NORMAN JEWISON       

LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT de JACQUES DEMY

CARMEN de FRANCESCO ROSI

MY FAIR LADY de GEORGE CUKOR

DANCER IN THE DARK de LARS VON TRIER 2000

UN AMERICAIN A PARIS de VINCENTE MINNELLI

ENTRONS DANS LA DANSE de CHARLES WALTERS

ORFEU NEGRO de MARCEL CAMUS

LA LA LAND de DAMIEN CHAZELLE

 

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LISTE DE MES BILANS CINEMATOGRAPHIQUES

 

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     TFM Distribution

 

"La La Land" de Damien Chazelle

"La La Land" de Damien Chazelle

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 10:32

           VIDEO


Dans une petite ville de la province du Gyeonggi traversée par le fleuve Han, Mija vit avec son petit-fils, qui est collégien. C'est une femme excentrique, pleine de curiosité, qui aime soigner son apparence, arborant des chapeaux à motifs floraux et des tenues aux couleurs vives. Le hasard l'amène à suivre des cours de poésie à la maison de la culture de son quartier et, pour la première fois dans sa vie, à écrire un poème. Elle cherche la beauté dans son environnement habituel auquel elle n'a pas prêté une attention particulière jusque-là. Elle a l'impression de découvrir pour la première fois les choses qu'elle a toujours vues, et cela la stimule. Cependant, survient un événement inattendu qui lui fait réaliser que la vie n'est pas aussi belle qu'elle le pensait.

Ainsi commence  Poetry,  le beau film d'un cinéaste plein de promesses Lee Chang-dong, dont je vous ai déjà parlé et que je considère comme la tête de file de l'actuelle génération du cinéma coréen, dont le maître incontournable reste  Im Kwon-taek. Ce dernier n'a cessé d' interroger, à travers sa centaine de films, la place de l'art et de l'artiste dans la société. Néanmoins, le cinéma coréen revient de loin. De l'occupation japonaise jusqu'en 1945, de la guerre civile ensuite au début des années 50 et de la dictature militaire de 1960 à 1970, époque où l'on tourne volontiers des mélodrames confucéens, il a fallu attendre le lent retour de la démocratie en Corée du sud, à partir de 1986, pour qu'éclose une Nouvelle Vague adepte d'un certain réalisme social. Toujours est-il qu'aujourd'hui, le cinéma coréen affiche une insolente santé, offrant au public des films de qualité, en mesure de rivaliser avec ceux du cinéma international. Et de cela nous nous sommes aperçus, depuis quelques années, lors du Festival du Film Asiatique de Deauville.


Yoon Jung-hee. Diaphana Distribution


" Composer une ode à la poésie, à travers le portrait d'une femme excentrique et élégante, arborant chapeaux et robes aux couleurs vives, redécouvrant le goût d'un abricot et s'extasiant devant le chant des oiseaux : un tel projet s'offre aux ricanements, risque des dérapages, de la sensiblerie au ridicule " - écrivait à juste titre Jean-Luc Douin dans le journal Le Monde, après que ce film ait été projeté au Festival de Cannes.
Or, il n'en est rien, le cinéaste coréen ayant su éviter les écueils qui risquaient de faire sombrer Poetry dans la mièvrerie. Celui-ci  avait déjà prouvé sa maîtrise dans le passé avec Oasis  ( 2002 ) qui brossait un tableau réaliste de la Corée d'alors, et surtout avec le très réussi  Secret Sunshine  ( 2007 ), auquel j'avais consacré, lors de sa présentation à Deauville, une critique enthousiaste.
Lee Chang-dong est un homme qui s'intéresse à tout puisqu'il n'est pas seulement metteur en scène mais écrivain et fut ministre de la culture dans son pays, et, principalement, aux réalités dérangeantes, aux gens sortant du lot commun, cherchant continûment à traquer la beauté là où l'on est peu habitué à la chercher, un oeil posé sur l'ordinaire et la trivialités des choses, l'autre occupé à découvrir les merveilles enfouies sous une chape d'indifférence, d'où un cinéma aussi peu conventionnel et académique que possible et un ton qui n'appartient qu'à lui et où l'on décèle un authentique talent.
Dans Poetry, Lee Chang-dong attarde son regard sur une grand-mère originale et son petit-fils, adolescent maussade, qui ne pense qu'à surfer sur internet, et vient de participer à l'irréparable avec cinq autres de ses camarades d'école. Aussi, tout au long de son opus, le réalisateur nous propose-t-il des indices pour mieux comprendre le mystère de cette femme aux prises avec un cas de conscience terrible qui déchire sa conscience et la partage entre deux pôles : celui de la justice et celui de la charité. Et cette vieille femme, qui n'est pas sans rappeler celles si touchantes du Lola de Brillante Mendoza, trouvera l'apaisement du coeur et de l'esprit grâce à sa quête anxieuse de la pureté. Interprétée de façon magnifique par l'actrice   Yoon Jung-hee, ce personnage émouvant, tout de complexité et peint en camaïeux par une caméra attentive, se tisse d'une intensité humaine d'une rare ferveur. BEAU.

Prix du scénario au Festival de Cannes

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

Et pour prendre connaissance de l'article que j'ai consacré à Lee Chang-dong, cliquer également sur le lien ci-dessous :

 

LEE CHANG-DONG, L'AUTEUR PHARE DU CINEMA COREEN


Yoon Jung-hee. Diaphana Distribution


Yoon Jung-hee. Diaphana Distribution



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31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 09:04

   Le Studio Ghibli


Longtemps le marché du long métrage d'animation s'est résumé aux productions Disney. Après la mort du maître en 1966, la qualité se mit soudain à baisser. Au milieu des années 1980, le studio rajeunit et tout change.

L'équipement se modernise et l'interminable trace-gouache à la main disparaît. Les dessins sont scannés, puis colorés sur écran à la palette graphique, avant qu'on ne reporte en postproduction, ombres et effets de lumière. Les films se mettent alors à battre des records d'audience : La petite sirène ( 1989 ), La belle et la bête ( 1991 ),  Aladdin ( 1993 ), Pocahontas ( 1995 ). En 1994, fait sans précédent, Le roi lion se hisse numéro 1 au box office mondial. Les studios Disney maintiennent la cadenced'un film par an et parient sur l'image de synthèse 3D en s'associant à John Lasseter ( Toy Story ), puis avec un ancien animateur ( Tim Burton ) pour un magnifique film de marionnettes : L'étrange Noël de Mr Jack ( 1993 ).


Pixar Animation Studios  


Mais en affichant ses énormes profits, l'empire Disney a stimulé la concurrence, que l'on voit soudain saisie d'une vraie frénésie : la Fox sort Anastasia ( 1997 ) ; la Warner Excalibur ( 1997 ) ; DreamWorks Fourmiz ( 1997 ), Le prince égyptien ( 1998 ), Shrek ( 2001 ), Shrek 2 ( 2004 ). Et des cinéastes indépendants se font un nom comme le très iconoclaste Bill Plympton : L'impitoyable lune de miel ( 1997 ), Mutant aliens ( 2001 ) et Hair High ( 2005 ).

Même vitalité au Japon, où l'on découvre le studio Chibli dont des films comme Mon voisin Totoro et Porco Rosso font sauter le box-office. C'est l'avènement d'un véritable génie de l'animation, Hayao Miyazaki, dont Princesse Mononoke ( 1997 ), Le voyage de Chihiro ( 2001 ), qui gagne sa notoriété mondiale sans se faire broyer par la machine commerciale en misant son scénario sur les préoccupations qui concernent l'homme en général, sa place dans la société ou dans la nature, et sa quête de fraternité et, enfin, Le château ambulant ( 2004 ) qui nous envoûte par la maîtrise incontestable du dessin. Issu du même studio, Isao Takahata signe plusieurs films dont un drame de guerre Le tombeau des lucioles en 1988 ), tandis qu'avec Akira ( 1988 ), Katsuhiro Otomo nous donne une vision hallucinante de la violence urbaine dans un Tokyo futuriste et que Satoshi Kon  nous livre avec Perfect Blue un polar sanglant sur les affres d'une chanteuse persécutée par un admirateur fou.

 

Buena Vista International   


Dans les pays de l'Est, la plupart des studios ont fermé après la chute du communisme. Le plus grand animateur russe Youri Norstein voit son meilleur film d'animation Conte des contes  ( 1978 ) couronné meilleur film d'animation de tous les temps à Los Angeles en 1984. En Grande-Bretagne, c'est la pâte à modeler animée qui revit grâce à un studio de Bristol, Aardman Animation. Entre 1990 et 1996, le Britannique Nick Park décroche 3 Oscars du court métrage avec les personnages de Wallace, l'inventeur farfelu, et Gromit, son chien flegmatique. Conçu avec un rare sens du rythme, ces films débordent de gags et d'humour. Difficile de concevoir que tout a été filmé, image par image, sur un plateau aux dimensions d'une maison de poupée. Le studio Aardman s'associera ensuite avec l'Américain DreamWorks pour deux longs métrages, tout aussi délirants : Chicken Run ( 2000) et Wallace et Gromit, la malédiction de Wererabbit ( 2005 ).


          Gebeka Films

En France, le film phare des années 1980 reste Le roi et l'oiseau, prix Louis-Delluc 1979. Vingt ans plus tard, le triomphe de Kirikou et la sorcière de Michel Ocelot ( 1998 ) réveille la profession et remporte un succès qui dépasse largement les frontières de l'hexagone. Plus de 30 pays se portèrent acquéreurs des droits d'exploitation. Puis on voit paraître une série de contes poético-philosophique signés Jean-François Laguionie tels que Le château des singes ( 1999), L'île de Black Moor ( 2004 ), ceux de Sylvain Chomet Les tripettes de Belleville ( 2003 ) et de Jacques-Rémy Girerd qui, avec La prophétie des grenouilles ( 2003 ) gagne en plus un pari économique : celui du refus de la délocalisation du travail à l'étranger. Sur la lancée de ce succès, Michel Ocelot enchaîne avec Kirikou et les bêtes sauvages en 2005 et ainsi l'animation française garde-t-elle son troisième rang mondial et son premier rang européen du cinéma d'animation. Un bel encouragement à poursuivre dans une voie qui plait tant à un public familial et parvient à produire des oeuvres d'une poésie enchanteresse.

Sources : La grande histoire du 7e Art de Laurent Delmas


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LISTE DE MES BILANS CINEMATOGRAPHIQUES

 

 

           Bac Films

 

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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 08:54
INCEPTION de CHRISTOPHER NOLANINCEPTION de CHRISTOPHER NOLAN

       
Dom Cobb est un voleur confirmé, le meilleur dans l'art périlleux de l'extraction. L'extraction consiste à s'approprier les secrets précieux d'une personne, enfouis au plus profond de l'inconscient pendant qu'elle rêve et que l'esprit est le plus vulnérable. Le milieu de l'espionnage industriel convoite Cobb pour ses talents.
Dom Cobb est alors un fugitif recherché parce qu'on croit qu'il a assassiné sa femme. Une ultime mission pourrait lui permettre de retrouver sa vie antérieure et de revenir chez lui, auprès de sa famille. Sa tache, et celle de son équipe, serait, non de subtiliser une idée, mais d'en implanter une dans l'esprit d'un jeune industriel dont le père vient de mourir et dont la concurrence souhaiterait qu'il détruise l'empire. Si Cobb parvenait au but fixé par le magnat japonais, qui a recours à ses services, il serait parvenu au crime parfait. Soit un crime exécuté par la victime elle-même. D'autant que Cobb a déjà réalisé cette prouesse sur sa propre femme, en la persuadant que ce qu'elle vit est irréel. Cette idée d'existence virtuelle rongera la jeune femme au point qu'elle se jettera par la fenêtre, peut-être pour tenter de se réveiller...Concept séduisant et très à la mode dans notre monde moderne, où nombre de personnes se croient manipulées par l'opinion et les pouvoirs en place. Cependant, aucune stratégie n'a pu préparer Cobb et son équipe à un ennemi aussi dangereux, qui semble avoir toujours une mesure d'avance.

 

Marion Cotillard. Warner Bros. France


Certes, l'idée était intéressante, encore qu'il soit difficile de transcrire l'abstrait en images. Pour y parvenir, il aurait fallu la traiter de façon plus lisible, plus sobre, plus simple. Ici la technique et les effets spéciaux sont à ce point envahissants que l'émotion et l'envoûtement sont quasi impossibles, même lorsque le cinéaste nous révèle le talon d'Achille de son héros : le suicide de sa femme et l'éloignement de ses enfants. Ces quelques scènes réussies, grâce à l'interprétation de Leonardo DiCaprio, sont malheureusement noyées sous un déluge de bruit, de scènes désordonnées et sans suite qui nuisent à la compréhension et à l'adhésion du spectateur. On a le sentiment, non d'évoluer dans un songe,  mais de se débattre dans un cauchemar violent et fatalement incohérent. Est-ce là le rêve supposé du XXIe siècle ? Et dire que quelques critiques parlent déjà de chef-d'oeuvre. Christopher Nolan serait-il arrivé à leur implanter dans le cerveau qu'il est l'auteur du film le plus intelligent et audacieux jamais réalisé ? Serions-nous en pleine confusion et quelques scènes originales suffisent-elles à sauver cet opus de son impact désespérément brouillon et pompeux, dont les personnages n'ont aucune chair, aucune crédibilité, aucune réalité ? Et que sont allés faire dans ce foutoir l'excellent acteur DiCaprio et la charmante Marion Cotillard qui ne sont pas parvenus à atténuer la désillusion provoquée en moi par cette projection ? C'était le début de l'après-midi, il pleuvait... J'aurais mieux fait d'aller marcher sous la pluie en compagnie des mouettes et des goélands.
 

Leonardo DiCaprio. Warner Bros. France

 

Car nous sommes confrontés en permanence à un délire onirique où plusieurs rêves, à divers stades de profondeur, s'emboîtent les uns dans les autres. Pour nous convaincre du bien-fondé de sa démonstration, Christopher Nolan ne lésine pas sur les effets spéciaux, les combats en apesanteur, les constructions virtuelles qui s'écroulent et tous les truquages possibles et imaginables que la technique est désormais capable de concrétiser, cela redondants et apocalyptiques à souhait. Sans compter avec la musique tout aussi redondante et appuyée qui est sensée accompagner notre plongée en apnée dans ce labyrinthe assourdissant et ubuesque. Oui la musique agresse autant nos oreilles que les images embrouillent notre esprit. Les spectateurs français se laisseront-ils séduire par ce déluge de technologie qui a nécessité des sommes colossales et bénéficié d'une médiatisation incroyable - je dirai d'une propagande - et dont la mission n'est autre que de nous en jeter plein la vue. D'autant plus qu'une technologie envahissante nuit à l'émotion.

 

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

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Stanley Kubrick

 

 

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