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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 10:17

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Stephen Frears a d'autant mieux séduit le public que ce cinéaste s'est essayé à tous les genres avec le même succès. Consacré par la réussite de  My beautiful Laundrette  en 1985, il a été pris à tort pour le nouveau spécialiste du film social, alors que ses deux films précédents  Gumshoe  et  The Hit  prouvaient qu'il pouvait exceller également dans le thriller. En définitive, ce réalisateur atypique est aussi à l'aise dans le film à la rigueur documentaire comme  The Snapper  ou  The Queen  que dans la comédie hollywoodienne, ou dans des oeuvres qui lui permettent les reconstitutions d'époque ( par exemple l'Amérique des années 1980 dans High Fidelity ), sachant d'emblée trouver l'imagerie et le souffle qui conviennent. Car, ce qui est essentiel pour lui, c'est le scénario et ceux qu'il a portés à l'écran jusqu'à ce jour, sont tous irréprochables. Madame Henderson avait illustré le savant mélange d'ironie et d'émerveillement avec lequel il filmait les numéros musicaux et avec son dernier opus  Tamara Drewe,  tiré du roman graphique de Posy Simmonds et qui n'est pas sans rappeler " Les liaisons dangereuses ", il aborde avec le même bonheur la comédie pastorale, égratignant au passage et de façon réjouissante, mais sans nul doute vacharde, un phalanstère rural d'écrivains londoniens.


Gemma Arterton. Diaphana Distribution


Pour incarner le joli brin de fille qui va semer la zizanie dans une village du Dorset, campagne anglaise chère à Thomas Hardy ( un clin d'oeil à Tess d'Uberville ), avec une insolente fraîcheur, Frears a posé son dévolu sur Gemma Arterton, aux longues jambes et au visage délicieusement enfantin et délicat qui a tôt fait de faire chavirer les coeurs et les sens de quelques respectables quinquagénaires. Difficile de trouver mieux que cette jeune anglaise pour camper cette héroïne, incarnation rêvée de l'Eve tentatrice, mélange harmonieux d'innocence et de provocation, qui s'était déjà fait remarquer dans " Le choc des titans" et " L'enlèvement d'Alice Creed ".
Drôle, pétillant, parfois cruel et toujours sexy, cette variation euphorisante, sortie en salles le 14 juillet 2010, avait déjà égayé le dernier Festival de Cannes et suscité quinze minutes d'ovation, c'est dire que le talent de Frears et le charme de Gemma Arterton font mouche. Imparable !

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 


Gemma Arterton. Diaphana Distribution



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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 08:48

             

 

 

En 1932, l'Amérique ne s'est toujours pas remise du krach de 1929 et s'enfonce dans la dépression économique. Pour gagner quelques centaines de dollars, les couples se rendent en masse dans les "marathons de danse" où les candidats doivent danser six jours durant avec seulement dix minutes de pause toutes les heures. Parmi les concurrents, Gloria, une femme qui apprendra à ses dépens qu'il convient de ne se fier à personne en temps de crise... Cette femme est interprétée par Jane Fonda , dans son rôle le plus pathétique. N'ayant plus rien à perdre que la vie, elle va tenter le tout pour le tout jusqu'à la limite extrême de ses forces, car il n'y a que dans l'extrême qu'elle peut encore se supporter. Elle va former un couple occasionnel avec Robert ( Michael Sarrazin ), jeune homme épris de liberté qui lui aussi met sa vie en péril par défi et on verra jusqu'où iront ce défi et ce péril. Mais je me garderai bien de dévoiler le final à ceux qui n'ont pas encore eu l'occasion d'assister à la projection de cet opus, aussi n'en dirai-je pas davantage sur ces héros cyniques et pitoyables. Il y a également, parmi les couples de danseurs réunis dans ce huit-clos ou mieux dans cette arène des nouveaux jeux du cirque, Sailor le marin et sa partenaire Shirley, de même qu'une jeune femme enceinte et son compagnon. Tous voudraient gagner la prime qui leur permettrait de sortir de leur condition ou de redevenir simplement des humains. Mais est-ce encore possible ? 

 

 

Quand il tourne "On achève bien les chevaux" en 1969 (d'après le roman de Horace McCoy), Sydney Pollack poursuit un double objectif : dépeindre la déréliction sociale de l'Amérique des années 30 et témoigner des dégâts engendrés par l'univers du spectacle, en premier lieu par Hollywood. Témoignage saisissant de ce que l'homme est capable d'envisager pour échapper à sa misère, c'est là l'une des oeuvres les plus attachantes de Sydney Pollack dont on sait qu'il mît autant de tendresse dans la direction de ses acteurs que d'humanisme dans les messages de ses films. Parabole tragique, oppressante, d'un monde sans repères, où la détresse est aussi présente chez les spectateurs que chez les participants qui n'ont plus à partager que la misère et le mal. 

 

 

Si certains aspects de la parabole peuvent paraître aujourd'hui un peu simplistes, le film n'en conserve pas moins sa puissance évocatrice. Sydney Pollack met en scène le ballet dérisoire de ses personnages avec une inspiration constante et offre  à Jane Fonda son plus beau rôle. La comédienne, malgré une nomination, ne fut pas récompensée par un Oscar. Cette année-là, la statuette couronnera Maggie Smith pour sa prestation dans "Les Belles Années de Miss Brodie". Mais par souci d'honnêteté, l'histoire du cinéma retiendra autant  l'une que l'autre...

 

Pour prendre connaissance de l'article que j'ai consacré à Sydney Pollack, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

SYDNEY POLLACK

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 

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Jane Fonda et Michael Sarrazin. Walt Disney Pictures


 

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 11:05

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C'était d'abord une voix, ensuite un regard intense, douloureux, qui dévorait de son feu un visage émacié. Longue silhouette osseuse, d'où tout le superflu avait disparu, Laurent Terzieff mort à l'âge de 75 ans en 2010 occupait une place à part dans l'art théâtral, celle si rare d'un homme qui tente de nommer les choses et surtout de dire véritablement ce qu'elles sont. De nous spectateurs, il demandait l'écoute, de lui acteur, il exigeait l'excellence, parce qu'on ne se fait pas impunément l'écho des profondeurs, le chantre de quelques-uns des plus beaux textes de la littérature.


D'origine russe, né en 1935, il était arrivé en France à l'âge de 9 ans, marqué par les horreurs de la guerre et déjà sensible à ce qui dans l'homme s'acharne à se perdre. C'est le cinéaste Marcel Carné qui lui offrira sa première chance en lui proposant l'un des rôles-titres dans son film   Les Tricheurs  en 1958, où il campe un étudiant bohème et cynique, salué par la critique unanime comme l'un des jeunes premiers les plus prometteurs de sa génération. Par la suite, il tournera avec Bunuel, Pasolini, sans que pour autant le 7e Art donne satisfaction à sa quête personnelle, telle qu'il la concevait, privilégiant  le texte à l'image et donnant voix à des auteurs comme Pirandello,  Ibsen,  Carol Bernstein,  Claudel,  Adamov,  Bretch, ainsi qu'aux poètes qu'il appréciait par-dessus tout : Oscar Milosz et Rainer Maria Rilke.

Avec sa compagne Pascale de Boysson, il créait en 1961 la compagnie de théâtre Laurent Terzieff, seul moyen de s'assurer une complète liberté et la possibilité de mettre en scène et de choisir les rôles qui correspondaient  le mieux à ses interrogations. Passionné, il s'engageait à fond dans ce qu'il faisait, prêtant à ses personnages une intensité rare. A chaque apparition, il semblait se mettre lui-même en péril, comme si sa vie en dépendait, comme s'il était habité par la Parole ... des autres. " L'écran peut mentir, pas la scène " - se plaisait-il à dire. Et cette phrase le révèle. Lui, qui avait commencé sa carrière d'acteur par un film dont le titre était les tricheurs, était l'homme qui ne trichait pas, ni dans sa vie, ni dans sa profession qu'il assumait à la manière d'un sacerdoce. Parce que c'est de vérité intérieure dont il s'agissait. De cette vérité qui tient l'homme vertical, tel qu'il l'était lui-même. Mieux encore qu'un grand seigneur de la scène, comme certains se sont plus à le qualifier, à juste titre d'ailleurs, c'est un homme sans compromissions dont je me plais à évoquer le beau visage ravagé par l'exigence.

 

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LISTE DES ARTICLES - acteurs du 7e Art

 

 

 



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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 07:44

     

 
Né à Moscou le 21 octobre 1945, fils du poète Sergueï Mikhalkov-Konchalovski, Nikita Mikhalkov est issu d'une famille aristocratique remontant au XVe siècle. Acteur à dix-huit ans, auteur, à la fin des années 60, de quelques courts métrages, il réalise son premier grand film en 1975  Le nôtre parmi les autres, histoire d'un rouge infiltrant des blancs pendant la guerre civile de 1918-1921. Ses débuts sont alors ceux d'un brillant cinéphile et d'un habile technicien. Très vite, le jeune cinéaste va enchaîner film sur film ; ce seront  Partition inachevée pour piano mécanique ( 1977 ), adaptation subtile d'une nouvelle de Tchékov, dont la  réussite lui confèrera une stature internationale, suivie un an plus tard par  Cinq soirées , d'après la pièce d'Alexandre Volodine, étude intimiste de caractères et d'atmosphère qui doit beaucoup à l'interprétation inspirée de l'acteur Stanislas Lioubchine, dans le rôle d'un solitaire retrouvant la femme qu'il a jadis aimée. C'est en 1987, que Nikita Mikhalkov part pour l' Italie réaliser  Les yeux noirs , d'après trois nouvelles de Tchékov, avec Marcello Mastroianni et Silvana Mangano dans les rôles principaux, oeuvre peu lisible qui m'a laissée sur le bas-côté, puis Urga ( 1991 ), chef-d'oeuvre pastoral sur l'amitié entre un éleveur mongol et un camionneur russe tombé en panne près de sa yourte. Hymne à la tradition, ce film souligne les liens entre  peuples frères, entre la mère patrie russe et ses périphéries en voie d'émancipation.  Soleil trompeur, en 1993, évoque le stalinisme et raconte la dernière journée en famille du général Sergueï Kotov, interprété par Mikhalkov en personne, joyeusement perturbée par l'irruption d'un vieil ami, venu inopinément semble-t-il, alors, qu'en réalité, il n'est là que pour arrêter Kotov, héros de l'Union soviétique, accusé lâchement de trahison. Ce premier volet sera salué par un Oscar à Hollywood et le Grand Prix du jury à Cannes. Enfin  Le barbier de Sibérie, en 1998, évoque la difficile évolution de la Russie contemporaine.


Projeté à Cannes en mai dernier, lors du Festival, son dernier opus Soleil trompeur - L'exode,  a reçu un tout autre accueil. Celui-ci fut glacial. Car, à en croire les critiques, ce second volet serait une tentative de réhabilitation déguisée de Staline où, tout du moins, brosserait un portrait trop complaisant du tyran. En définitive, à travers cette oeuvre, c'est le réalisateur qui est visé et son intimité avec Vladimir Poutine. Car, qu'en est-il  ?
La gestation de Soleil trompeur 2 remonte au choc éprouvé, par Mikhalkov, à la suite du visionnage, à Paris, du film de Steven Spielberg :  Il faut sauver le soldat RyanEn sortant - se souvient Mikhalkov -  des jeunes s'émerveillaient de la victoire des Alliés en ignorant tout bonnement l'existence du front russe ! J'ai voulu faire un film donnant une image de l'enfer qu'ont vécu ces gens simples - les soldats, mais aussi les civils - qui ont défendu leur patrie. Montrer ainsi l'immense sacrifice du peuple russe et empêcher les Américains de vampiriser la mémoire de la Seconde Guerre mondiale.


UGC Distribution


Est-ce pour autant une réhabilitation de Staline comme on lui en a fait le procès ? Certes non, car, tout au long du film, Staline revêt la dimension diabolique d'un homme qui voulait se substituer à Dieu. D'ores et déjà un nouveau volet est annoncé qui aura pour titre Soleil trompeur, Citadelle et qui devrait être présenté à la prochaine Mostra de Venise, en septembre. Mikhalkov s'en est ouvert à quelques journalistes : au pire moment de la guerre - révèle-t-il - le minotaure du Kremlin a pris le temps de fignoler ses vengeances petites bourgeoises en réservant à Kotov le commandement d'une " division noire ". Composée de condamnés politiques armés de simples pelles et de pioches, celle-ci avait pour mission d'attaquer l'armée allemande à mains nues pour lui faire gaspiller ses munitions avant le véritable assaut. Vision effrayante d'un dictateur qui n'hésitait pas à sacrifier son peuple et à trahir et déshonorer ses propres officiers.

Nikita Mihalkov a bien d'autres projets et s'impose désormais comme la figure de proue d'un cinéma post-soviétique, re-centré sur ses valeurs nationales. Je veux notamment mettre en scène - dit-il - Un coup de soleil d'Ivan Bounine, le prix Nobel de littérature réfugié en France après la révolution de 1917. Je songe également à une grande fresque sur la société russe de ces vingt dernières années, une sorte de version russe du " Parrain ", qui s'intitulerait : " Il était une fois en Russie ".
Grâce à ce cinéaste de grand talent, dans la lignée d'un Eisenstein, et de réalisateurs comme Sergueï Bodrov et Pavel Lounguine, le 7e Art russe semble assuré de lendemains qui chantent.



Pour lire les articles de la rubrique consacrée aux réalisateurs, cliquer sur son titre : 


LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN


UGC Distribution

 

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 08:56

Collection Christophe L. Ciné Sorbonne Collection Christophe L.


Malte a avec le 7e Art des relations étroites et pour cause : l'île a tout simplement servi de décor à de très nombreux films. C'est à Malte que fut tourné GLADIATOR de Ridley Scott de 1998 à 1999. A cette occasion, plus de 200 artisans ont recréé l'univers de l'Empire romain en décor naturel. Il est vrai que l'île fut occupée par ces derniers pendant une assez longue période de son histoire. En 218 avant J.C., les Romains jettent leur dévolu sur cett île tellement bien située au coeur de la Méditerranée, à quelques encablures de la Sicile et non loin de Carthage. A la fin de la deuxième guerre punique, l'archipel est cédé à Rome comme tribut. Tite-Live, l'historien latin, rapporte que les Carthaginois durent se rendre sans gloire aux Romains avec leurs 2000 soldats. Après le déclin de Rome, Malte sera occupée de 870 à 1090 par les Arabes. Utilisant l'île comme une base arrière maritime, ils partiront de là à l'assaut de la Sicile d'abord, de l'Europe ensuite. Malte est donc un lieu de grand passage où subsistent de nombreux monuments et où le cadre de la mer est prodigieusement photogénique et a donc incité les metteurs en scène à venir y poser leur caméra.

A Kalkara, par exemple, situé à quelques kilomètres de La Valette, à deux pas d'un immense bassin rempli d'eau, gît un sous-marin rouillé, échoué sur les cailloux comme après une tempête. En effet, ce sous-marin a bien essuyé une tempête, puisqu'il a joué les vedettes dans U571, sorti en 2000, et où l'on conte l'aventure de l'équipage d'un sous-marin lors de la seconde guerre mondiale. Le décor était d'autant plus d'actualité que Malte connut en 1942 d'intenses bombardements de la part des Allemands et des Italiens, pour la raison que les Britanniques en avaient fait eux aussi une base stratégique. En 1943, l'archipel servira de tremplin aux troupes alliées pour envahir la Sicile, réactualisant la stratégie des Arabes, plus de huit siècle auparavant. Reconnaissant son rôle éminent durant le conflit, et le courage de la population, l'Angleterre décernera à l'archipel la "  George Cross ", sa plus haute distinction qui figure aujourd'hui sur le drapeau de l'île.

Les studios de Kalkara ont une particularité : ils abritent deux immenses bassins extérieurs spécialement construits pour tourner des scènes aquatiques. Cependant, malgré une contenance de 43 millions de litres, ils ne purent assurer le tournage du Titanic de James Cameron qui fit construire une infrastructure plus grande encore à Mexico.


      


Outre U571, ces bassins peuvent s'enorgueillir d'avoir englouti dans leurs eaux  Le comte de Monte-Cristo, Christophe Colomb ou encore Astérix et Obélix - Mission Cléopâtre. Ce site unique au monde offre les possibilités des trucages les plus sophistiquées. Il faut dire que la "Mediterranean Film Studios" répond aux besoins des plus exigeants réalisateurs : décors, costumes, éclairages etc. Ainsi Malte a-t-elle su se positionner avec efficacité sur le marché mondial de l'industrie cinématographique, bien que sa propre production se révèle décevante, en raison d'une demande intérieure faible ; les Maltais préférant les films anglais et américains, dans une langue qui leur est familière.

C'est également à Malte, en 1967, que John Huston tourna Casino Royale, l'une des plus turbulantes aventures de James Bond et, en 1980, que Robert Altman y filma Robin Williams sous les traits de Popeye. A cette occasion, il fit construire un village à 25 km de La Valette, sur les rivages d'Anchor Bay. Le décor hollywoodien, composé de cabanes en bois et d'un port, est resté sur place et offre une réjouissante découverte pour les enfants de tous âges. Si bien qu'aujourd'hui encore, puisque l'entrée est payante, Popeye rapporte des devises à l'île qui lui servit de décor.
De nombreux autres films portent l'estampille maltaise : Sinbad le marin de R. Wallace ( 1947 ), Midnight Express de A. Parker ( 1977 ), Le comte de Monte-Cristo ( 1998 ), réalisé pour la télévision avec Gérard Depardieu dans le rôle-titre. Plus anciens, La maison du Maltais de P. Chenal ( 1938 ) et Le faucon maltais de John Huston ( 1944 ) avec Humphrey Bogart, occupent une place de choix dans la mémoire des cinéphiles. 


     


La beauté des rivages, la transparence des eaux, l'architecture grandiose et les espaces naturels font de Malte un lieu idéal pour les réalisateurs du 7e Art. D'autant que depuis 2005, l'île permet aux sociétés audiovisuelles, qui produisent et investissent, de profiter d'avantages financiers et d'un système d'allègement fiscal appréciables. Les mesures incitatives offertes par les autorités en faveur de l'audiovisuel ont été mises en place afin que l'île ne soit pas seulement un lieu de tournage mais qu'une véritable industrie de cinéma et de création publicitaire puisse s'y développer.

 

autres articles sur le même thème :

 

LA TUNISIE ET LE 7e ART       L'EGYPTE ET LE 7e ART        VENISE ET LE 7e ART

 

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LISTE DE MES BILANS CINEMATOGRAPHIQUES  



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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 08:57

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La tête en friche, oeuvre éloignée des canons cannois car sans violence, sans sexe, sans histoire falsifiée et sans leçon d'immoralité, où figurent deux acteurs prodigieux Gérard Depardieu et la toujours irrésistible Gisèle Casadesus, qui me rappelle tellement, par son charme délicat, la regrettée Suzanne Flon - est un film signé Jean Becker, abonné absent des Festivals en général, car définitivement classé " has been " pour avoir commis une filmographie sans épate, sans égo, celle d'une France simple qui ne se hausse pas du col et ne tapine pas pour s'octroyer des faveurs. "Has been " vous dis-je...

Avec lui, honneur aux sans-grades, aux humbles et aux discrets, non aux repris de justice, aux dévoyés, aux loosers qui font les choux gras des metteurs en scène dont on parle dans les assises officielles, mais place aux héros ordinaires révélés par un soudain coup de pouce du destin. C'est le cas de Germain, analphabète, la cinquantaine bedonnante, qui se lie d'amitié avec la fragile Margueritte, une octogénaire passionnée de littérature qui va lui ouvrir les portes de la culture avec un grand C. Pour Germain, raillé dès l'enfance par une mère acariâtre qui ne le désirait pas et par des instituteurs accablés par son ignorance, une nouvelle vie commence.


Gisèle Casadesus et Gérard Depardieu. StudioCanal


Adapté du roman éponyme de Marie-Sabine Roger, cette histoire à rebours des stridences du siècle nous conte la vie d'un type gentil, sensible, qui en a bavé de ne pas avoir été bon élève et de n'avoir pas su se faire aimer de sa mère. Sa rencontre avec Margueritte est une aubaine, une chance inespérée qui va lui permettre de s'instruire et de connaître la signification et le pouvoir des mots. Car l'analphabétisme n'est ni plus ni moins une souffrance dans un monde où la culture a le mérite de vous rendre moins naïf face aux affirmations des autres - souligne Jean Becker, lecteur assidu devant l'Eternel.

C'est vrai - ajoute-t-il - que je n'aime pas ce que le siècle trimbale : tout va trop vite, sans maîtrise. Ecoutez la radio, regardez la télévision : la litanie des morts, cette détresse, y compris en France, que l'on voit, que l'on ressent, ces gamins qui se servent d'un flingue comme jadis nous nous servions d'un lance-pierre. Il y a une banalisation de la misère, de la violence... Vous avez vu récemment la publicité pour la série de Canal + " Carlos ", qui a d'ailleurs été sélectionnée à Cannes ? C'est comme pour Mesrine, ça me gêne que le cinéma fasse l'apologie des terroristes, des tueurs en série.

Jean Becker, Gérard Depardieu et Gisèle Casadesus. StudioCanal

                                  Jean Becker avec ses deux acteurs


Pour ce metteur en scène hors normes, l'essence du 7e Art réside dans le souci d'offrir au public des moments d'émotion exceptionnels et de promouvoir l'homme dans ce qu'il a de plus humain et de plus vrai. C'est ce qu'il parvient à faire avec La tête en friche, un film qui nous réconcilie agréablement avec un univers sans fioritures inutiles et sans excès regrettables.
Merci Jean Becker de ce moment de grâce.

 

3-e-toiles

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, dont "Dialogue avec mon jardinier" de ce même Jean Becker, cliquer sur le lien ci-dessous :


LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 09:10
HOLLYWOOD ET SES STARS
HOLLYWOOD ET SES STARS
HOLLYWOOD ET SES STARS

Metropolitan FilmExport  

 

Les actrices et acteurs américains contribuent  à faire tourner l'usine à rêves qu'est le 7e Art. Mais le temps des mythes est définitivement révolu, remplacé par le box-office qui veut que les stars soient davantage tributaires des recettes que de leur talent. A eux de savoir durer en choisissant de figurer dans des films qui ont quelque chose à dire ou à démontrer. Ils doivent s'investir afin de transmettre des messages lisibles, à l'intention du public le plus large possible. La capacité d'un Jack Nicholson à s'autoparodier ou à prendre des risques lui a assuré une longévité impressionnante. C'est aussi le cas de Dustin Hoffman qui des Hommes du président à Tootsie en passant par Ray Man a effectué un parcours sans faute. Le cas également de Meryl Streep, remarquée dès son apparition dans Voyage au bout de l'enfer en 1978, et qui est devenue la valeur sûre de sa génération, s'imposant avec subtilité à chacune de ses apparitions. Kim Basinger et Sigourney Weaver eurent moins de chance. Toutes deux ont connu des revers injustes au regard de leur talent et peinent à trouver un second souffle. Née de parents comédiens Julia Roberts incarne à la perfection l'image que le public se fait de la jeune femme moderne. Tour à tour Cendrillon dans Pretty Woman, amoureuse romantique dupée dans Tout le monde dit I love you de Woody Allen ou militante dans le rôle d'une avocate écologiste qui lui vaudra l'Oscar de la meilleure actrice dans Erin Brockovitch, elle séduit et convainc avec une grâce désarmante. De même qu'il aura suffi d'une scène pour imposer une femme comme Sharon Stone et en faire une icône de la beauté à travers le monde. Mais malgré le succès de Casino, où elle était éblouissante, aucun grand rôle ne lui a été proposé. Dommage, car elle a tout pour elle, présence et talent. Autre valeur sûre,  Robert de Niro, tour à tour acteur, réalisateur et producteur ; il s'est illustré dans de nombreux films depuis Trois chambres à Manhattan de Marcel Carné, dont Taxi driver, New York, New York, Casino, auprès de Sharon Stone, Des hommes d'influence, Raging Bull, Heat, Le parrain - 2e partie, Mission, interprétant plus volontiers des personnages instables, voire névrosés, cela avec un engagement total de grand perfectionniste qui a fait de lui un acteur majeur du cinéma américain de ces 40 dernières années.

 


Paramount Pictures AlloCiné AlloCiné AlloCiné
AlloCiné Les Films du Safran Sony/Columbia United International Pictures (UIP)


 

Dans la catégorie " Monsieur Muscle " Sylvester Stallone et Arnold Schwarzenegger personnifient une certaine idée du rêve américain, alors qu'un acteur comme Mel Gibson a su évoluer vers des interprétations plus complexes et durables comme dans Braveheart et une version controversée, mais troisième au box-office, Passion du Christ. Quant à Harrison Ford, il est à lui seul le héros d'une galaxie de renommée mondiale et une star particulièrement appréciée des spectateurs avec le personnage d'Indiana Jones qui rebondit d'opus en opus et alourdit inopinément le portefeuille des producteurs. Vedette de la télévision et fils d'une star du grand écran, Michael Douglas rafle la mise du cinéma d'aventure avec A la poursuite du diamant vert et Le diamant du Nil, tandis que Bruce Willis frappe fort en monsieur tout-le-monde obligé de se transformer en homme d'action dans Piège de Cristal, puis Cinquante-huit minutes pour vivre, et, plus encore, dans le rôle d'obsédé de Sixième sens. Passé derrière la caméra, Robert Redford est parvenu avec aisance à négocier entre l'exigence de l'acteur à celle du metteur en scène et prouvé sa remarquable adaptabilité, ayant réussi cette conversion d'évoluer sans se renier. Quant au talent de Tom Hanks, il n'a cessé de se confirmer dans le choix de ses producteurs : malade du sida dans Philadelphia, simple d'esprit dans Forrest Gump, capitaine dans Il faut sauver le soldat Ryan, il impose sa présence sans effets inutiles, misant sur la rigueur et la discrétion. Leonardo Di Caprio, qui triompha en début de carrière en héros romantique, a su varier ses prestations et choisir des rôles diamétralement opposés avec le même succès, n'hésitant pas à prendre des kilos pour mieux camper un personnage. Comme Johnny Depp, qui bénéficie d'une aura sans tache grâce aux films de quelques cinéastes culte, tel que Tim Burton, et à la série très populaire des Pirates des Caraïbes.

 

 

   Sharon Stone. Océan Films

           Julia Roberts                                 Sharon Stone

 

La fin des années 1980 a marqué l'époque des "success stories". Nicole Kidman, associée un moment à la célébrité de son mari Tom Cruise, notamment dans Eyes Wide Shut, vole dorénavant de ses propres ailes auprès de réalisateurs aussi différents que Baz Luhrmann pour Moulin-Rouge, d'Alejandro Amenabar pour Les Autres ou de Lars von Trier pour Dogville. Sa carrière ne semble pas marquer de temps mort et elle a su également se sacraliser en devenant l'égérie d'une griffe célébrissime dans le monde entier, ouvrant la voie à des actrices comme Sharon Stone plus populaire aujourd'hui sur les pages de publicité que sous la plume des critiques cinématographiques. Elle a également reçu l'Oscar de la meilleure actrice pour sa composition de l'écrivain Virginia Woolf dans The Hours de Stephen Daldry en 2001.

 

 AlloCiné AlloCiné Pathé Distribution AlloCiné


 

Aujourd'hui les caméras sont particulièrement braquées sur deux fringants quadragénaires George Clooney et Brad Pitt associés à un fougueux trentenaire Matt Damon, tous trois surfant sur la vague hollywoodienne qui déferle sur nos écrans avec pas mal de succès, il faut le reconnaitre. Des visages de femmes sont apparus eux aussi, dotés d'un indéniable charisme : celui de Catherine Zeta-Jones a fait les beaux jours de Chicago, Hilary Swank sait affronter sans sourciller le vétéran Clint Eastwood qui lui donne la réplique et la dirige dans Million Dollar Baby ( 2005 ), Scarlett Johanson plaît tant à Woody Allen qu'il en fait l'héroïne américaine de son très british Match Point et inspire la prometteuse Sofia Coppola qui l'a engagée pour Lost in Translation ou Uma Thurman qui s'est révélée un véritable concentré de vengeance dans les Kill Bill 1 et 2.

 

Catherine Zeta-Jones. TFM Distribution   Scarlett Johansson. TFM Distribution

 Zeta-Jones dans Chicago     Scarlett Johanson dans Match Point

 

Enfin les juvéniles Ewan McGregor et Natalie Portman profitent du succès planétaire de la nouvelle trilogie Star Wars pour envoûter un public junior, voire senior, et ces nouveaux et nouvelles venus nous rassurent sur le bon état de santé du 7e Art.  Natalie Portman semble appeler à un brillant avenir  tant elle était impressionnante dans le rôle de la petite Mathilda du film de Luc Besson : Léon. Son jeu d'une intensité rare, sa formidable photogénie, sa présence l'ont déjà mise en orbite et l'ont vu couronnée par un Golden Globe de la meilleure actrice dans un second rôle. On l'attend prochainement dans Black Swan, film où elle est une danseuse étoile aux prises avec une rivale et rôle qui a nécessité, de sa part, 5 à 8 heures de travail quotidien pendant un an. Tout cela pour notre plus grand plaisir, car tant qu'il y aura des stars, il y aura des films, et les salles obscures n'auront pas fini de nous faire vivre des nuits blanches...

 

27/05/2010

 

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ACTEURS DU 7e ART

 

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Bac Films  


Natalie Portman

Angelina Jolie et Nicole Kidman
Angelina Jolie et Nicole Kidman

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Scarlett Johansson

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 08:59
JANE CAMPION , UN CINEMA AU FEMININ

Collection Christophe L.    Pathé Distribution  Pathé Distribution

 

Jane Campion est la première réalisatrice à avoir remporté une Palme d'Or à Cannes. Ce fut en 1993, sous la présidence de Louis Malle, pour  La Leçon de piano - ex aequo avec Adieu ma concubine, de Chen Kaige. Elle est même le seul cinéaste, hommes et femmes confondus, à avoir remporté la palme d'or pour un long-métrage et pour un court-métrage, avec Peel, en 1986. Dans un entretien à Paris Match, Gilles Jacob, président du Festival de Cannes, raconte : " Un jour, Pierre Rissient, qui était un formidable découvreur de talents, m'a montré trois courts-métrages d'une jeune cinéaste australienne, en fait néo-zélandaise. Il m'a dit : "C'est incroyable, il faut que vous en preniez un !" Je lui ai répliqué, totalement enthousiasmé, que je prenais les trois. Ainsi Jane Campion fait-elle ses débuts à Cannes. Depuis lors, elle est régulièrement invitée sur la Croisette. "Après la palme pour La Leçon de piano, dit-elle, c'était comme tomber du haut d'une falaise."

 

En 2009, elle est de nouveau sélectionnée pour son dernier opus  Bright star,  un film magnifique qui raconte une histoire d'amour, brève et passionnée, entre le poète John Keats et Fanny Brawne, en 1818. "Je cherchais un sujet, je suis tombée sur une biographie de Keats. Puis j'ai lu ses lettres et, enfin, ses poèmes. J'ai mis longtemps à entrer dans le monde de la poésie. Il faut qu'elle s'accorde à nos propres mystères pour être comprise. Mais je ne voulais pas filmer la vie d'un poète. Le jour où j'ai eu l'idée d'adopter le point de vue de Fanny, j'ai su que je tenais mon film."

 

Plus naturellement, elle se plait à raconter des histoires féminines comme "Un ange à ma table",  "Sweetie" ou" In the Cut"... :  " Cela vient plus naturellement, j'imagine. Je ne planifie pas ma carrière : j'attends que les choses arrivent. Et je fais mon boulot."
Cinéphile, mais à petite dose, elle avoue -  " Je fréquente plus volontiers les expositions de peinture que les salles de cinéma. Mais je suis toujours intéressée par la façon dont mes collègues cinéastes et moi trouvons un sujet et le plions à notre propre univers. Sans avoir vu leur film, il y a des cinéastes présents à Cannes l'année dernière dont j'aime beaucoup le travail : Quentin Tarantino, Michael Haneke et Gaspard Noé."

 

Née à Wellington en avril 1954 d'une mère actrice et d'un père directeur de théâtre, Jane Campion s'oriente très vite, après des études d'anthropologie, vers le monde du cinéma. Son premier long métrage en 1989 Sweetie   raconte comment une femme sera bouleversée par l'irruption de sa soeur dans sa vie. Le second  Un ange à ma table sort en 1990 et s'inspire de l'autobiographie de l'écrivain néo-zélandaise Janet Frame que la cinéaste admire. Il remportera le prix spécial du jury à la Mostra de Venise. La carrière de Jane Campion est lancée.

 

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                              VIDEO

 

 

Mais c'est " La leçon de piano" qui va lui assurer une renommée internationale et lui vaudra la Palme d'or à Cannes. Ce film d'une beauté saisissante est l'histoire d'Ada, une jeune pianiste muette.  A la suite d'un terrible accident, qui a coûté la vie à son mari, elle débarque en Nouvelle-Zélande pour rencontrer Stewart, un homme épousé par correspondance. Leurs rapports s'enveniment bientôt, car Stewart refuse l'installation de son piano dans leur modeste cottage. Ada doit se faire aider par Baines, un colon, afin d'avoir accès à son instrument. Commence alors entre eux un étrange marchandage érotique où le piano devient l'objet de partage et les notes l'expression des vibrations du corps et du coeur. Ce film révèle par ailleurs, outre l'immense talent de sa réalisatrice et l'originalité de son scénario, l'actrice Holley Hunter qui remportera l'Oscar de la meilleure actrice et la toute jeune Anne Paquin qui se voit décerner, à l'âge de 12 ans, celui de la meilleure actrice dans un second rôle.
Jane Campion réalise ensuite Holly smoke (1999 ) qu'elle écrit avec sa soeur Anna et  In the cut ( 2003 ), adaptation d'un roman de Susanna Moore, avant de se lancer dans un film d'une étincelante beauté " Bright star " inspiré de l'amour trop vite brisé par la mort du poète John Keats.

 

Ses projets à ce jour : adapter une nouvelle d'Alice Munro, Fugitives. L'histoire d'une femme au bord de la rupture, qui aspire à changer de vie. Un personnage féminin. Encore. Et toujours. Qui s'en plaindra ?

 

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LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 09:02

Swashbuckler Films         

 

  
A Londres, une série d'assassinats sur des jeunes femmes sordidement étranglées, après avoir été violées, jette la panique, alors qu'un pauvre bougre ( ancien pilote qui a sombré dans l'alcoolisme ) vient de perdre son boulot de serveur de bar. L'idée d'aller revoir sa femme, dont il est divorcé depuis cinq ans et qui tient une agence matrimoniale, lui sera fatale, car un nombre consternant d'indices imprévus va le signaler comme l'accusé parfait. Hitchcock nous brosse dans cet avant dernier opus de sa filmographie l'exemple même de l'erreur judiciaire avec une suite de rebondissements inattendus et de clins d'oeil à ses oeuvres précédentes. Petit détail qui ne manque pas de piquant : le sadique utilisait toujours l'une de ses cravates pour étrangler ses victimes mais, sur la dernière d'entre elles, il oubliera de retirer son épingle et, en voulant la récupérer, laissera suffisamment de traces pour être confondu. Réglé comme une machine bien huilé au service d'une mise en scène stylisée,  Frenzy  ne nous laisse pas souffler une seconde et entremêle les scènes avec juste ce qu'il faut de cynisme, d'horreur et d'humour. Nul mieux qu'Hitchcock ne savait pimenter ses films des ingrédients les plus relevés ;  je crois vraiment que dans le genre on n'a jamais fait mieux. 

 


Après un long séjour aux Etats-Unis et la mise en scène de deux films d'espionnage moins réussis  ( Le rideau déchiré en 1966 et L'étau en 1969 ), le maître revient au début des années 70 dans son pays natal : l'Angleterre. Tandis qu'il retrouve les lieux de son enfance, ainsi que les studios qu'il a arpentés au début de sa carrière, le cinéaste semble reprendre plaisir à filmer avec ce Frenzy des personnages traversés par des ambivalences infinies et piégés par des relations ambiguës avec autrui... Si "Complot de famille"  n'est pas dénué d'intérêt, on peut considérer Frenzy comme le véritable testament cinématographique de ce génie du 7e Art.

 

 


A partir d'un script efficace d'Anthony Schaffer, Hitchcock met tout son savoir-faire technique et son expérience au service de cette énième histoire de meurtre. Jetant un oeil amusé sur une société un rien guindée, le maître anglais semble s'auto-parodier avec un grand sens de la jubilation. Baignant dans un réalisme noir, Frenzy nous fait frémir à coup sûr, mais également sourire grâce à des dialogues savoureux et des situations à la lisière de l'absurde. Ainsi, le tueur à la cravate, incarné avec conviction par Barry Foster, est-il à la fois inquiétant et ridicule. Par ailleurs, le cinéaste ne se prive pas, au passage, d'égratigner la police britannique. Tel un adolescent irrévérencieux, le vieil Alfred semble gagné par une seconde jeunesse et signe un film uniquement fondé sur le plaisir qu'il a à renouer avec son passé. Grâce au brio de sa réalisation - on n'est pas prêt d'oublier son magnifique plan séquence dans l'escalier - il nous entraîne dans cette histoire, certes classique, mais constamment dynamitée par des notations originales et très british. Le cinéaste nous prouve qu'il n'avait rien perdu de l'esprit de la digne et perfide Albion. 

 

4-e-toiles

 

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Vous pouvez consulter dans la rubrique LES REALISATEURS DU 7e ART, l'article que j'ai consacré à Hitchcock :

 

ALFRED HITCHCOCK - UNE FILMOGRAPHIE DE L'ANXIETE

 

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN, dont les films d'Hitchcock, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

 

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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 09:30

René Chateau  Paris Film 

 

Très différente de celle d'Alain Resnais, l'oeuvre de  Claude Chabrol est généralement considérée comme une étude sociologique de la France contemporaine. Né à Paris le 24 juin 1930 dans une famille de pharmaciens auvergnats, le jeune Chabrol préférera fréquenter les cinémas d'art et d'essai que l'université. Critique aux Cahiers du cinéma comme Godard, il se distingue par l'éclectisme de ses goûts et son humour décapant. Son livre sur Hitchcock, rédigé en collaboration avec  Eric Rohmer  et publié en 1957, prouve l'attrait qu'exerce sur lui ce maître du suspense, dont il se sent proche dans sa façon de mêler le grave et le frivole. Il connaît très tôt les soucis financiers et envisage, comme Godard, de n'entreprendre que des réalisations à petit budget, mais qui mériteront d'obtenir une prime de qualité, ce qui l'autorisera ensuite, grâce à la subvention acquise, à produire le film suivant.
Mais ses premiers films déplaisent. On le juge sombre, misogyne, fasciste.  Les cousins, qui expriment à la fois le pessimisme de leur auteur et son attirance pour la bêtise, dont il dit "qu'elle est plus fascinante que l'intelligence, car l'intelligence a ses limites et que la bêtise n'en a pas" - ne semblent pas recueillir l'adhésion du public. Si bien qu'il se voit dans l'obligation de diriger, pendant quelques années, une série de films d'espionnage traités en parodie à la James Bond, simplement pour gagner sa vie. Il revient à des sujets plus sérieux avec  Les biches en 1969 et constate avec soulagement que les goûts ont évolué et que les innovations de la Nouvelle Vague ont fini par être acceptées, au point que ses propres qualités apparaissent en pleine lumière, ce, d'autant que cet humoriste ne manque pas de tendresse et que sa cruauté n'est pas dénuée de lucidité. Certes Chabrol n'est pas un pourvoyeur de songe comme le Resnais de L'année dernière à Marienbad ; c'est un réaliste dans la tradition de Renoir  et de Duvivier qui saisit l'homme dans son quotidien, la société dans ses ridicules, la passion dans ses excès et auquel aucune de nos tares ne parait échapper. En outre, la morale de ses histoires est éminemment raisonnable.  La femme infidèle se révèle être une apologie de la fidélité. Il s'agit donc chez lui d'une description sans complaisance, fine et juste, de la France contemporaine des lendemains de la guerre, où il dépeint de façon sarcastique l'avarice, la sottise, la mesquinerie, l'envie, et rejoint une tradition littéraire bien établie chez nous : celle d'un Balzac, d'un Flaubert ou d'un Mauriac.


Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr  Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr Bac Films


Il semble que le public, au fur et à mesure de sa production, se contemple sans déplaisir dans le miroir critique que Chabrol lui tend, peut-être parce qu'il devine, de la part du cinéaste, derrière les aspects satiriques, une réelle sympathie et une évidente tendresse pour les figures de femmes et d'enfants qu'il lui propose. Il est vrai aussi que Chabrol ne cesse d'affiner ses portraits de société, ses récits psychologiques, qu'il nous livre d'un trait tantôt appuyé, tantôt léger, grâce à un métier sans faille et une acuité rarement prise à défaut. Lui-même dira en 1969 : " Je peux tout faire maintenant. Je le dis sans prétention. Si on me demande de faire un quart d'heure d'Eisenstein, je fais un quart d'heure d'Eisenstein. Extérieurement, attention, ça n'en aura que l'apparence". Si Chabrol prend des points de départ variés et travaille avec des matériaux disparates, le climat de chacun de ses films n'en reste pas moins personnel : en quelque sorte une variation tragique sur le thème de l'obsession. Et cette obsession, ne serait-elle pas une passion, ou mieux une folie, qui entraîne ses personnages à leur perte et à leur damnation ?  L'ironie cacherait-elle une forme de désespoir ? C'est probable. Il y a chez Chabrol une instance pathétique, celle de la chute inéluctable de l'homme dans un dédale obscur qui fait de chaque destin, un naufrage. Cette obsession assure également à l'oeuvre une incontestable unité que l'on retrouve aussi bien dans ses films les plus élaborés que dans ceux que, pour des raisons économiques, il lui est arrivé de bâcler.
Il est à cet égard plus proche d'un Hitchcock et d'un Fritz Lang que de ses amis de la Nouvelle Vague, comme Godard et Truffaut. Chabrol a également subi l'influence de Orson Welles et s'est plu dans La décade prodigieuse  ( 1972 ) à lui faire jouer le rôle de Théo ( dieu en grec ), alors que le film repose sur la violation des commandements du Décalogue et que Dieu y est représenté comme un jaloux criminel. Le cinéaste veut prouver ainsi que l'on fabrique de l'avenir avec du passé et qu'il n'y a donc aucune raison valable de ne pas utiliser le cinéma d'hier, qui permet de mieux reprendre pour mieux prolonger.

 

Pour lire les articles consacrés à Stéphane Audran, aux acteurs de la N.V. et aux réalisateurs, cliquer sur leurs titres :

 
 STEPHANE AUDRAN - PORTRAIT        LES ACTRICES ET ACTEURS DE LA NOUVELLE VAGUE      

 
LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS où je fais la critique de plusieurs Chabrol, cliquer sur le lien ci-dessous :  

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 
Jean Yanne et Stéphane Audran. Collection Christophe L.  Michel Bouquet et Stéphane Audran. Collection Christophe L.


Jacques Gamblin et Claude Chabrol. Moune Jamet

 

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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