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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 09:32

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                                                                           VIDEO


Julie Christie, l'inoubliable Lara du Docteur Jivago, est née à Chukua aux Indes le 14 avril 1941, d'un père qui possédait une plantation de thé et d'une mère au foyer. Elle effectuera sa scolarité en Angleterre et en France avant de rejoindre la Central School of Music and Drama de Londres. Elle n'a que 16 ans lorsqu'elle débute dans une troupe de théâtre et 20 ans lorsqu'elle décroche le rôle-titre à la télévision dans la série A for Andromeda. Remarquée pour la finesse de son jeu et sa grâce très scandinave, elle ne tarde pas à tourner pour le metteur en scène John Schlesinger et apparaît successivement dans deux de ses films : Billy le menteur en 1963 et Darling en 1965 pour lequel elle recevra l'Oscar de la meilleure actrice. Sa carrière est lancée.


   

 

Et si bien lancée que la même année David Lean lui offre le rôle magnifique de l'héroïne si émouvante du chef d'oeuvre de Boris Pasternak, Lara, auprès d'Omar Sharif et de Géraldine Chaplin, qui sera un succès mondial. Il y est parfaite de sensibilité et forme avec l'acteur égyptien le couple cinématographique de la décennie. D'ailleurs comment décrire cette actrice discrète mais d'une étonnante présence à l'écran, qu'elle doit principalement à l'intensité de son regard et à quelque chose de voilé et de caressé dans ses gestes et ses attitudes. L'année qui suit Jivago, Truffaut la demande pour son film  Fahrenheit 451 qu'elle tourne en France avant d'enchaîner avec  Le messager  de Joseph Losey en 1970,  John Mc Cabe  de Robert Altman en 1971, un thriller en 1973  Ne vous retournez pas  de Nicolas Roeg, une comédie dramatique  Nashville encore avec Altman en 1975, ou des comédies légères comme Le ciel peut attendre  en 1978 de Warren Beatty. Elle sera en quelque sorte une des actrices phares des années 70.


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En 1980, sa carrière ralentit car, actrice exigeante, Julie Christie entend n'apparaître que dans des métrages qui correspondent à sa nature et à ses convictions comme Chaleur et poussière de James Ivory en 1982,  Les coulisses du pouvoir  de Sidney Lumet en 1986 et  Hamlet  de Kenneth Branagh en 1996. Son retour sur le devant de l'écran en 2006 dans  Loin d'elle,  où on retrouve sa grâce et sa présence lumineuse en femme atteinte de la maladie d'Alzheimer, lui vaut une nouvelle nomination aux Oscars de la Meilleure actrice, Oscar qui sera finalement attribué  à Marion Cotillard pour sa prestation dans La Môme. Et cette même année, Julie Christie épouse, à la surprise générale, le journaliste Duncan Campbell, son compagnon de vie depuis 28 ans.


Pour lire ma critique de  Loin d'elle, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 


La Fabrique de Films

 

 

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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 08:48

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Jean-Pierre Cassel, mort à74 ans le 19 avril 2007,  ne se contentait pas d'être un comédien apprécié, il y ajoutait des talents de chanteur et de danseur de claquettes qui firent de lui l'interprète idéal des comédies musicales de Philippe de Broca, dont il fut l'un des acteurs fétiche ( Les jeux de l'amour ). Il avait d'ailleurs été découvert par Gene Kelly qui avait su déceler ses qualités de danseur, mesurer l'impact de son élégance et de son charme qui, bientôt, feraient merveille à la scène comme à l'écran. Il faut se rappeler que l'acteur a tourné dans une centaine de longs métrages et participé à une cinquantaine de pièces de théâtre durant sa  brillante carrière. On le vit dans des films de Renoir  ( Le caporal épinglé ), de Bunuel, Chabrol, René Clair, Losey, Melville, Altman et bien sûr Broca. Il fut l'un de ceux qui a compté dans le cinéma français des années 60 à 80, période féconde s'il en fut et qu'il sut marquer de sa présence dans des oeuvres comme  L'armée des ombres  de Melville,  Le charme discret de la bourgeoisie de Bunuel ou  Les fêtes Galantes  de René Clair. Plus tard, il fera merveille dans des films comme  L'enfer  et  La cérémonie  de Claude Chabrol.

 

 

                      Denise Grey, Jean-Paul Belmondo et Jean-Pierre Cassel. René Chateau

                                                  

                                                            Avec Belmondo à ses débuts

 

Fils d'un médecin et d'une chanteuse d'opéra, Cassel était né le 27 octobre 1932 et avait très vite été attiré par la danse et le chant. Son modèle ne fut autre que Fred Astaire auquel il consacra en 1994 un spectacle intitulé : " Jean-Pierre Cassel chante et danse Fred Astaire". Il  partageait avec le fabuleux danseur américain un charme désinvolte et une élégance naturelle qui s'imposèrent sans tarder. A partir des années 90, il s'éloigna du cinéma, lui préférant la scène, qui le mettait plus intimement en contact avec le public.  Mêlant l'ironie à la séduction, il était le type accompli du séducteudr français, d'autant plus que sa simplicité et son naturel le rendaient immédiatement sympathique. Cassel ne posait pas, il était la légèreté même. Il aimait le spectacle et cela se sentait. Il manque beaucoup au cinéma français d'aujourd'hui. Il nous reste heureusement ses films, dont le dernier est Contre-enquête de Franck Mancuso ( 1996 ). Son fils Vincent a cédé à son tour aux chants des sirènes cinématographiques, mais dans un registre différent. Ce qui ne l'empêcha nullement de se montrer convaincant en professeur de danse dans " Black Swan".

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique ACTEURS DU 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES - ACTEURS DU 7e ART

 

 

                          Gérard Jugnot, Jean-Noël Brouté, Valérie Lemercier, Roland Marchisio et Jean-Pierre Cassel. Ciby 2000

 

 

                      

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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 18:16

 

 

Par un été caniculaire, Richard, éditeur de profession, après avoir conduit sa femme et son fils à la gare pour les habituelles grandes vacances, se retrouve seul chez lui comme des milliers de pères de famille à cette époque de l'année. Il s'est juré de vivre sainement, de ne pas fauter, de veiller à sa santé et à son régime, de faire en sorte de suivre à la lettre le credo d'un honnête citoyen américain. Ses fantasmes - car il en a comme tout un chacun - il les enfouit au plus profond de son inconscient et, plutôt que de s'offrir le soir un whisky arrosé de citron frais, prend dans le frigidaire ce que sa femme s'est souciée de mettre de côté à son intention, des jus de légumes enrichis de vitamines chimiques et additionnés de conservateurs. Mais ce serait oublier l'irruption d'une nouvelle voisine qui, par maladresse, laissera tomber sur sa chaise-longue un pot de tomates biologique.

Si l'argument est mince, la comédie qu'il inspire est charmante et nous devons rendre grâce à Billy Wilder d'avoir su déceler les dons comiques de Marilyn Monroe qui se révèle être, dans cette comédie taillée à ses mesures, absolument irrésistible. Il est d'ailleurs l'unique réalisateur avec lequel elle aura tourné à deux reprises, soit quatre ans plus tard, une autre comédie tout aussi charmante  Certains l'aiment chaud. Même si certaines scènes ont nécessité plusieurs prises, si l'actrice exaspéra Wilder - comme tous les autres metteurs en scène avec lesquels elle a travaillé - pour ses perpétuels retards ; si psychologiquement elle était déstabilisée par sa séparation d'avec Joe di Maggio, la complicité de la star et du réalisateur explose dans ce film qui tourne en dérision la rigidité des moeurs américaines.


Les scènes s'enchaînent de façon très naturelles, sur le ton d'une plaisante  parodie qui touche aux moeurs et aux manies des américains moyens, sans compter les clins d'oeil ironiques aux films cultes comme Tant qu'il y aura des hommes, et sa torride séquence du baiser sur la plage ou bien les gags hilarants où Marilyn range très sérieusement ses sous-vêtements dans la glacière afin de les rafraîchir et où Richard, caricaturant les tics du pianiste, joue le concerto de Rachmaninov avec deux doigts ; enfin, autres réussite, les dialogues qui font mouche, truffés de sous-entendus, et, au final, cerise sur la gâteau, la mythique scène de la bouche de métro qui a le mérite de nous dévoiler des gambettes de rêve.

Mais derrière autant d'ironie et de légèreté se cache une critique radicale du puritanisme américain. Pas de doute, Wilder, dont c'est un des meilleurs films, s'y entendait pour démonter les mécanismes hypocrites de son pays d'adoption...


Corbis Sygma     

 

 

 

Parfaitement à l'aise dans son rôle, Marilyn nous charme par le cocktail explosif qu'elle offre entre mutinerie de gamine et plastique époustouflante, ce qui lui permet d'en rajouter sans que cela ne soit jamais ni vulgaire, ni pesant, tandis que le personnage, campé par  Tom Ewell, symbolise de manière burlesque les obsessions sexuelles et les frustrations du mâle américain. Ainsi Wilder se moque-t-il d'une Amérique qui découvrait la sexualité dans les pages du rapport Kinsey.

 

4-e-toiles


Pour consulter les articles consacrés à Marilyn Monroe et à Billy Wilder, cliquer sur leurs titres :

 

MARILYN MONROE - UNE ETOILE PERSISTANTE

 

BILLY WILDER, LE FAUX CYNIQUE

 

 

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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 09:39

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Le père Michael McKinnon quitte l'Angleterre pour venir prêcher dans une paroisse huppée de Boston. Parmi les fidèles les plus généreux figurent Arthur et Eleanor Barret qui se désolent de ne pas avoir d'enfant. Par l'entremise de leur avocat, ils décident d'avoir recours aux services d'un étudiant en droit qui, en secret, sera chargé de faire un bébé à la jeune femme. Mais après avoir honoré son contrat, l'étudiant, tombé amoureux de sa séduisante partenaire, force la porte du couple, laissant entendre que si on lui refuse de voir la future mère et, par la suite, son enfant, il se chargera de tout révéler et de faire éclater le scandale. Face à de telles menaces, le mari va en formuler à son tour, assurant l'intrus qu'il serait prêt à le tuer s'il tentait de forcer à nouveau le seuil de sa demeure. Or, à quelque temps de là, le jeune homme est retrouvé mort. Ce meurtre va tout faire basculer. Eleanor perdra son bébé et soupçonnera son mari de s'être lâchement débarrassé de l'encombrant personnage. Psychiquement perturbée, elle va trouver auprès du père Michael le réconfort qu'elle cherche et cette amitié, au fur et à mesure de leurs rencontres, évoluera vers un sentiment plus fort, si bien qu'ils deviendront amants et qu'Eleanor sera de nouveau enceinte. L'époux ferme les yeux et se réjouit à l'idée d'être enfin père. D'autant plus que cet enfant est de son sang, le père Michael n'étant autre que le fils de son frère détesté. La fin sera tragique, sauf peut-être pour le prêtre, qui, après avoir succombé à la tentation, trouvera son salut dans sa foi, tandis que le mari élèvera les jumeaux, fruits des amours de sa femme et de son neveu.

 

Voilà un scénario alambiqué à souhait dont l'idée de départ était intéressante et moderne, mais qui vire au mélo, faute de cohésion et surtout d'arguments suffisamment probants pour susciter notre adhésion.On ne saisit pas vraiment les motivations du mari à vouloir à tout prix que sa femme ait un enfant d'un autre et pourquoi il prend le risque de l'exposer au désir d'un jeune amant. On ne comprend pas non plus les motifs d'Eleanor, qui nous apparaît sous les traits d'une femme rêveuse et solitaire, soucieuse de son indépendance, romancière à ses heures, même si elle n'est publiée que grâce aux relations et à la fortune considérable de son époux, à accepter cette solution qu'elle ne semble pas souhaiter réellement. Et moins encore ceux du père Michael qui, certes, s'est fait prêtre pour échapper à la tutelle d'un Pater familias richissime et despotique mais qui, par la suite, trouve sa voie au service des plus pauvres - si bien que malgré une mise en scène soignée, l'interprétation irréprochable des trois principaux acteurs, Madeleine Stowe, William Hurt et Kenneth Branagh et des images fort belles, nous ne parvenons pas à suivre les personnages dans les aléas de leur vie sentimentale. Pas davantage que nous nous laissons convaincre de l'enjeu de ces trois destins. 

 

Si la  forme est  plaisante, le fond reste inconsistant et peu crédible. Dommage, car "La proposition"  ( 1998 ) fourmille de bonnes idées, les prémices du féminisme, le problème de l'insémination dans les années 30, les amours interdites, les conflits de famille, mais a le tort de courir plusieurs lièvres à la fois et de tout mélanger. Il aurait été préférable de s'en tenir à un seul thème et de le traiter en profondeur, plutôt que de s'égarer ainsi et, de rebondissements en rebondissements, à ne plus rebondir du tout. A l'évidence, ce scénario trop riche ne reposait pas sur une structure suffisamment forte pour dominer son sujet.

Lesli Linka Glatter  est, par ailleurs, l'auteur et la réalisatrice de nombreuses séries télévisées et d'un précédent long métrage "Souvenir d'un été "  ( 1995 ).


Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 09:12

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                          VIDEO

 

Comprenant qu'il n'avait pas un grand avenir d'acteur, Gérard Oury eut la sagesse de se tourner vers une autre activité, celle de metteur en scène, où il excellera. Cet homme intelligent et cultivé avait un oeil imparable pour déceler nos ridicules. On sait que le comique est le propre de l'homme, lié principalement à ce qui est de l'ordre de l'humain. Un objet ne fera pas rire par lui-même, un paysage non plus. Et on ne rira de l'animal que s'il présente, par une attitude ou une expression, une similitude avec l'homme.

Gérard Oury sut utiliser les ressources du comique avec économie, sans céder à la vulgarité. Il eut également le mérite de choisir ses acteurs et les associer en des duos percutants. On ne peut oublier le couple formé par Louis de Funès et Bourvil ; pas davantage par le duo Montand/de Funès. Peu d'échec dans sa filmographie. Par contre, des pages d'anthologie et quelques chefs-d'oeuvre inénarrables d'humour, où les tics des uns, les bons mots des autres, la naïveté de certains, le caractère agité et outrancier de quelque autre déclenchaient notre hilarité.

Il est vrai qu'il est plus aisé d'émouvoir que d'amuser. Alors que l'émotion est près du coeur, le rire est proche de l'intelligence, au point d'avoir les moyens d'éduquer nos moeurs. Il y a chez l'auteur d'une pièce ou d'un film comique un pédagogue et un moraliste qui sommeillent. Le comique n'est ni le laid, ni le mauvais, ni le méchant. A l'instar de la caricature, il souligne nos travers, nos manquements, nos désaccords, nos étourderies, nos vanités, nos lourdeurs, nos inconséquences, nos manies, nos avarices, nos travestissements, sans être malveillant. Le personnage comique est le plus souvent pétri de jovialité et de bonhomie, au point de susciter notre sympathie et de faire de nous son complice. Enfin le rire exerce une fonction psychologique. Il nous détend et resserre nos liens avec autrui, tant il est vrai que nous nous plaisons à rire ensemble. On rit rarement seul. Le rire est éminemment social. Ne dit-on pas " Plus on est de fous, plus on rit" ?

Né à Paris en 1919, le cinéaste eut la chance d'avoir une mère journaliste qui l'introduisit très tôt dans le milieu artistique. Comme je l'écrivais plus haut, il ne fut pas un acteur de premier plan, bien qu'il ait fait le conservatoire, suivi  les cours de Louis Jouvet et été pensionnaire de la Comédie Française. Dans le même temps, il se tournait  vers le cinéma où on lui confia plus volontiers des rôles de personnages cyniques et antipathiques, ce qui dut le lasser, car il passera bientôt derrière la caméra - pour épater la femme qu'il aimait - Michèle Morgan, dira-t-on - et trouver sa véritable voie.
Sa carrière de metteur en scène sera, contrairement à celle d'acteur, éblouissante et son ascension irrésistible, au point qu'une grande partie de ses films figurent dans la plupart des vidéothèques. Ce seront bien sûr  Le Corniaud, La grande vadrouille, La folie des grandeurs, Rabbi Jacob, L'as des as, parmi les meilleurs, jalonnant un parcours exceptionnel et, ce, dans un registre particulièrement casse-cou : la comédie. On sait aussi l'importance qu'aura pour lui sa rencontre avec Louis de Funès, comédien peu connu à l'époque, qui devait l'inciter, après quelques essais dans le domaine du film noir comme  La menace  ou  Le crime ne paie pas,  à exploiter sa veine comique qu'il avait immédiatement décelée.

 


     Collection Christophe L.


Le 11 mars 1998, Gérard Oury sera élu membre de l'Académie des Beaux-Arts, au siège anciennement occupé par René Clément, et reçu avec les honneurs qui accompagnent cette intronisation par Pierre Schoendoerffer. En 2001, devenu presque aveugle, il dictera un livre de souvenirs et d'anecdotes publié sous le tire : Mémoires D'éléphant ( Plon ). Il meurt à Saint-Tropez le 20 juillet 2006 à l'âge de 87 ans, après une vie qu'il considérait comme celle d'un laborieux comblé.

 

Pour lire les articles consacrés à Bourvil, de Funès et les Réalisateurs, cliquer sur leurs titres :

 
LOUIS DE FUNES           BOURVIL      LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :  

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 10:09

Carlotta Films      

    

 

Une bande de hors-la-loi, emmenée par Calvera, un homme brutal et cynique, sème la terreur en rançonnant périodiquement les habitants d'un village mexicain et en dévastant leurs cultures. Ces derniers, ne sachant plus à quel saint se vouer, finissent par envisager la solution de la dernière chance : engager une troupe de mercenaires pour les libérer enfin de ce fléau. Le chef, Chris, un as de la gâchette, va organiser leur défense. Dans un tourbillon de poussière et de coups de feu,  John Sturges  revisite le chef-d'oeuvre d'Akira Kurosawa " Les sept samouraïs " et l'adapte aux circonstances relatives à la vie américaine, si bien que de l'intrigue originale ne reste que l'ossature, soit une lutte inégale et désespérée où des mercenaires mettent leur courage au service d'une cause qui n'est pas la leur.


James Coburn, Robert Vaughn, Steve McQueen, Yul Brynner, Horst Buchholz, Charles Bronson et Brad Dexter. Carlotta Films


Les règles du western n'en sont pas moins respectées, alternant les plans relatifs à la calme tranquillité du labeur paysan et aux soudaines et brusques explosions de violence. Beauté des paysages, détails de la vie quotidienne, bravoure des combattants, faciès de ces héros qui composent, chacun selon son style, un casting exceptionnel et photogénique ; oui, rien n'est laissé au hasard pour concocter une recette savoureuse qui, malgré son succès en salles, ne sera gratifiée d'aucun Oscar. Reste que  Les sept Mercenaires  est considéré de nos jours comme un film culte que l'on revoie toujours avec un égal plaisir. D'autant que la musique d'Elmer Bernstein contribue à l'imprimer dans la mémoire et à lui donner une ampleur supplémentaire.

Impassibles, taciturnes, tout en ayant chacun une personnalités différente, ces sept mercenaires tirent le film vers une sorte d'épure du western qui, quant à lui, opte pour l'unité de lieu et ne retient sur la pellicule que les temps forts de l'action. Le récit est donc rapide, très circonscrit, et bénéficie des paysages magnifiques de la sierra mexicaine, en même temps que d'une interprétation  exceptionnelle. Au prix d'une rivalité qui fut grande sur le plateau, chacun des acteurs tire son épingle du jeu et il est vrai que de voir défiler Yul Brynner en ange exterminateur, Steve McQueeen et son désarmant sourire de beau gosse en intrépide justicier, James Coburn redoutable et impavide manieur d'armes en solitaire taciturne, Charles Bronson en généreux défenseur des causes perdues, Horst  Buchholz en chien fou, Brad Dexter en arriviste est un régal pour le public. On peut même dire que nous avons en prime du scénario un défilé de   "gueules " impressionnant.

Mais pour autant, le film est-il à la hauteur de l'oeuvre qui l'a inspiré, soit Les sept samouraïs ?  Je n'irai pas jusque là, même si le film américain a des qualités bien à lui, c'est-à-dire des figures de personnages peut-être mieux travaillées, telle que celle de Calvera, affermie par la composition d'Eli Wallach.

" Je pense - disait Walter Newman, co-scénariste avec William Roberts - que le film de John Sturges est mieux distribué que celui de Kurosawa. Dans le film de Kurosawa, on ne se souvient que de Mifune, du chef des samouraïs et du spécialiste du sabre. Les quarante bandits forment un ensemble anonyme. Nous avons au contraire typé chacun des sept mercenaires - leur donnant un passé - et créant le rôle du chef des bandits, en étant persuadés qu'un bandit soigneusement défini est beaucoup plus convaincant que quarante ou même cent personnages sans visages".

Walter Newman a sans doute raison sur ce point, mais l'ensemble de l'oeuvre n'a pas la finesse de l'originale japonaise, loin de là, tout en étant un ouvrage de qualité, très plaisant à regarder. Mais il y a des faiblesses : les scènes sentimentales, particulièrement celle entre Chico et Petra est presque ridicule, de même que les enfants en plein combat venant entourer Charles Bronson pour lui avouer leur reconnaissance est totalement irréaliste. Au final néanmoins, comme dans le film de Kurosawa, les véritables vainqueurs seront les villageois. Le vieux chef du village a raison de dire que les fermiers ont gagné puisqu'ils demeurent sur leurs terres, traversent les temps, chaque génération succédant à la précédente, silhouettes immémoriales penchées sur le soc de la charrue. Quant aux mercenaires, errants éternels, ils n'auront été là qu'occasionnellement,  comme ils seront ailleurs demain... sans port, ni attache, seulement engagés pour un coup de sabre ou de revolver.


Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr Warner Bros. Corbis Sygma Buena Vista Pictures


N'oublions pas non plus que ce long métrage se situe à la charnière entre le western de la grande époque et le western spaghetti et met déjà sur la table les ingrédients que des Leone et Solima sauront cuisiner avec gourmandise et humour.  D'où cet élan de vitalité qui imprime l'oeuvre de Sturges, faisant revenir à la surface de la pellicule les fantômes du temps passé comme pour leur offrir une dernière farandole, sans omettre d'entrebâiller quelques fenêtres sur le futur et de recomposer en un seul cliché toute la mythologie du western.

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN 
 

 

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Charles Bronson, Robert Vaughn, Brad Dexter, Yul Brynner, Horst Buchholz, James Coburn et Steve McQueen. Mirisch Company

 

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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 10:01

Collection Christophe L.

 

 

 

                                                              VIDEO

 


Inspiré d'une histoire vraie,  Le vieux fusil  de  Robert Enrico  peut se résumer en quelques lignes : en 1944, pour mettre à l'abri des bombardements possibles sa femme et sa fille, un médecin, Julien Dandieu, les fait conduire toutes deux dans une ancienne citadelle qu'il possède à la campagne, au-dessus d'un petit bourg. Lorsqu'il se rend sur les lieux peu de temps après, il découvre avec horreur qu'elles ont été sauvagement massacrées, ainsi que les habitants du village, par une troupe d'officiers et soldats allemande qui a réquisitionné son domaine. Cet homme, jusqu'alors tranquille et bienveillant, n'aura désormais plus de cesse que de frapper un ennemi qui ne respecte pas les lois élémentaires de la guerre - épargner les civils et principalement les femmes et les enfants. Le film est à tous égards bouleversant. On y voit comment un homme, foncièrement bon, meurtri par le malheur le plus incohérent, le plus violent et intolérable qui soit, va se faire le justicier de ces innocentes victimes, en sorte que de tels crimes ne restent pas impunis, posant à l'homme d'aujourd'hui les questions suivantes : une cause juste doit-elle rester sans défense, un crime sans châtiment, et le mal s'installer dans une civilisation comme un fait quotidien, quand on sait que la pusillanimité  prépare le lit des tyrans et que les traités faibles ré-animent toujours les conflits forts ?

 

Ce film sobre et déchirant est presque entièrement tourné dans les décombres de ce vieux château dominant un village, village qui évoque Oradour-sur-Glane et les atrocités perpétrées par l'occupant allemand à la fin de la Secondre Guerre mondiale. Film dur et d'une incroyable violence, il met en lumière la vengeance de cet homme que l'amour fou qu'il portait à sa femme et à son enfant et aux justes causes va transformer en un tueur que l'on suit pas à pas dans sa traque inexorable des soldats et officiers allemands réfugiés dans les vieilles pierres de sa demeure familiale. Passent entre ces moments d'attente, où il cherche le meilleur angle pour les surprendre et les abattre, des images merveilleuses du bonheur passé, cette vie tranquille et sans nuage qu'il partageait avec les siens, évocation d'un monde qui semble à jamais disparu. Le souffle court, le visage figé par le chagrin et la haine, Philippe Noiret est saisissant de justesse et nous entraîne dans un suspense presque insoutenable de réalisme, où tous ses gestes sont comme saisis sur le vif dans une reconstitution magistrale. Robert Enrico, qui a peu produit par la suite, a su trouver pour cet opus le ton, le style, l'atmosphère oppressante qui convenaient le mieux. Cette transposition est une réussite totale et ce vieux fusil, qui n'a pas pris une ride, nous saisit toujours d'effroi et d'émotion comme il le fit lors des César en 1976, où il fut l'objet d'un véritable triomphe.   


Romy Schneider et Philippe Noiret. Collection Christophe L.

 

C'est donc une oeuvre remarquable à plus d'un titre ; tout d'abord par cette tension qui va crescendo et où la loi du talion est respectée à la lettre, le héros malgré lui parvenant, avec des procédés, certes peu catholiques, à exterminer la troupe d'allemands qui a investi son château et, ce, dans un décor qui ajoute encore à une ambiance lugubre et glauque. En effet, les dédales des souterrains, la pierre sombre composent un cadre idéalement dantesque, tandis que la musique lancinante ponctue de son phrasé douloureux un paysage rural subitement plongé au coeur d'un drame humain sans précédent. Il l'est aussi et surtout par la composition que chaque acteur fait de son personnage, à commencer par Philippe Noiret, immergé dans le sien jusqu'à ce souffle haletant qui fait contrepoint à la musique et exprime une souffrance à la limite du supportable, où tout devient permis, et où cette quête hallucinée de vengeance le plonge dans une névrose dont il est à la fois l'artisan et la victime. C'est sans doute l'un de ses plus grands rôles.

 

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Auprès de lui, Romy Schneider représente le bonheur perdu, la grâce sacrifiée et il est vrai qu'elle campe cette jeune femme pleinement épanouie entre son mari et sa petite fille avec une délicate féminité - rappelons-nous la scène où coiffée d'un chapeau à voilette, elle soulève gracieusement celle-ci pour poser ses lèvres sur les bords de sa coupe de champagne - il y a là l'image d'une jeunesse dans sa plénitude, son innocence, sa fraîcheur, à la fois effacée et inoubliable, chantée et détruite, qui élève le film à une hauteur mythique, exprimant en quelques prises de vues, d'une remarquable efficacité, la synthèse même de l'inacceptable. Rien que pour ces moments d'anthologie, le film mérite de figurer dans nos vidéothèques.


Le vieux fusil reçut le César du Meilleur film en 1976 des mains de Jean Gabin.

 

4-e-toiles

 

Afin de prendre connaissance des articles que j'ai consacrés aux deux acteurs, cliquer sur leurs titres :

 

PHILIPPE NOIRET - PORTRAIT        ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT



Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :



LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS


Romy Schneider. Collection Christophe L.

 

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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 09:09
THE READER de STEPHEN DALDRY

 TFM Distribution        

 

Il ne faut jamais dire ou écrire " Fontaine je ne boirai pas de ton eau" au risque de se contredire, car il y a peu de jours, je vous confiais qu'avec la saison estivale, il ne fallait pas compter que j'entre dans une salle obscure, préférant de beaucoup les spectacles de la nature. Eh bien ! en une dizaine de jours, et malgré que le calendrier nous certifie que nous sommes bien en été, je suis entrée deux fois dans une de ces salles pour assister à la projection du dernier Woody Allen et hier après-midi - afin d'oublier le spectacle de la nature par temps de chien -pour voir "The Reader" de  Stephen Daldry, réalisateur heureux de  "Billy Elliot" ( 1999 ) et de "The Hours"  (2001) . Et je n'ai pas été déçue. Ce film américain/allemand est également anglais puisque son réalisateur appartient à cette nation. C'est un bon exemple de ce que peut produire le 7e Art quand des talents venus d'horizons différents s'unissent pour le meilleur.

 

 

David Kross et Kate Winslet. SND

 

L'histoire se passe en Allemagne de l'Ouest au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Michaël Berg, lycéen de 16 ans, est pris soudain, alors qu'il rentre chez lui, de fièvre et de vomissements. Comme il pleut, il s'abrite sous un porche et là une femme, qui habite ce quartier populaire et cet immeuble modeste, lui vient en aide et le réconforte. Il ne l'oubliera pas, et, à la fin de sa convalescence, décide d'aller lui porter un bouquet en guise de remerciement. Cette femme, d'une vingtaine d'années son aînée, s'appelle Hanna Schmitz et travaille comme contrôleuse de tramway. Le jeune garçon va vivre auprès de son initiatrice une romance passionnée qui durera ce que durent les roses : un été. Après les étreintes et les séances de lecture qu'Hanna se plaît à lui réclamer et que bien volontiers il lui consacre, rapportant de la bibliothèque des oeuvres aussi différentes que l'Odyssée d'Homère ou La dame au petit chien de Tchékov, la jeune femme disparaît sans laisser d'adresse. Quelques années plus tard, alors qu'il étudie le droit, Michaël assiste, avec son maître de conférence et d'autres étudiants, au procès d'anciennes gardiennes de camps de concentration nazis. Et, parmi elles, figure Hanna.
 

Cette révélation va le détruire en le privant de repères et d'idéal. A-t-il pu aimer un monstre, c'est-à-dire une personne si dénuée de conscience et de coeur qu'elle pouvait exécuter sans sourciller les ordres les plus abjects, ou bien a-t-il étreint un être sans consistance, sans conscience, sans humanité ? Ce procès, au fur et à mesure de son déroulement, se révèle d'autant plus pénible qu'Hanna concentre sur elle l'antipathie du Tribunal et accepte comme une fatalité d'être chargée de toutes les fautes par ses collègues. Quand on lui demande si c'est elle qui a rédigé un certain rapport accablant, elle répond d'abord par la négative, puis, lorsqu'on la prie de bien vouloir écrire pour vérifier l'identité des deux graphismes, elle se rétracte et dit oui. Ce oui est la clé du secret le plus enfoui d'Hanna. Davantage encore que la honte d'avoir participé de près ou de loin aux crimes nazis, la sienne est personnelle, mais tout aussi nocive, la cloîtrant dans l'ignorance : oui Hanna ne sait ni lire, ni écrire, elle est analphabète. Comme les poupées russes, ses secrets s'emboîtent les uns dans les autres. Peut-on en déduire que l'ignorance conduit aux pires égarements et vous disculpe de toute responsabilité, que quelque chose d'inhumain se dégrade à n'être pas utilisé dans un projet d'évolution culturelle ? Ce serait trop simple ! Car ceux qui donnaient les ordres, ceux qui avaient édifié cet abominable projet de sélection des races n'étaient pas des illettrés mais des hommes cultivés, des pères de famille respectables, des personnages considérés dans la haute société germanique. Alors ?

 


Kate Winslet. SND


Qu'auriez-vous fait à ma place ? - questionne Hanna à l'avocat général qui la charge. Obéir à son patron, c'est tout ce que savait faire cette pauvre fille. Parce que l'emploie qu'elle exerçait lui permettait de s'assumer matériellement et qu'il ne l'obligeait pas à révéler la honte qui la minait : son inculture. Pourquoi n'avez-vous pas déverrouillé la porte de l'église quand celle-ci a pris feu après l'impact de la foudre, alors que vous saviez que 300 femmes, que vous conduisiez dans un autre camp, s'y trouvaient enfermées ? - hurle le magistrat. La réponse d'Hanna laisse sans voix, tant il est vrai - comme le dit le professeur à son élève Michaël - qu'aucune société ne s'est fondée sur la moralité. J'étais chargée de les garder -bredouillera l'accusée. Et si j'avais ouvert la porte, elles se seraient enfuies. Réponse logique à un ordre qui, en l'occurrence, ne l'était pas.

 

David Kross et Kate Winslet. SND


 

Après les scènes de la romance quelque peu languissantes du début, le film prend de la densité à partir du procès d'Hanna et le face à face qui s'instaure entre les représentants de l'ordre et du droit et ces femmes qui, dans des conditions tragiques, n'ont pas manifesté le moindre sentiment de compassion et que la notion de bien et de mal ne parait pas interpeller. Hanna, comme les autres, semble détachée de toute attraction possible entre ces deux pôles, pour la seule raison qu'elle ne se situe nulle part d'une quelconque perspective morale. Et ce " nulle part" est terrifiant. Où est donc passée sa part irrévocable d'humanité ? Car aussi révoltant que cela soit, une part d'humain reste présent  dans l'inhumain. Hanna, au-delà du bien et du mal, reste une femme qui a  aimé, pleuré, souffert, craint, dissimulé. Désormais Michaël va tout tenter pour restaurer loin d'elle, avec ou malgré elle, cette part d'humanité perdue. Grâce à la lecture, qui avait été leur loisir favori du temps de leur liaison heureuse, il va trouver un exutoire à leur solitude, à leur enfermement respectif, à leur claustration intérieure et amorcer ainsi une fragile et hypothétique rédemption. Rédemption pour l'Allemagne qui essaie de se reconstruire et dont Michaël, devenu avocat, doit assumer sa part de responsabilité ; rédemption également pour Hanna qui, en écoutant les cassettes d'enregistrement qu'il lui adresse en prison, apprend à lire et, par voie de conséquence, à se construire.

 

Je ne dévoilerai pas la fin qui réserve quelques grands moments de cinéma, sans être totalement exempt d'emphase émotionnelle, afin de laisser à chaque spectateur la liberté de formuler ses propres interrogations. Bien entendu si le film soulève bon nombre de questions, il ne les résout pas et ne propose pas de solution. Et comment le pourrait-il ? Si bien que l'on sort de la projection plus embarrassé ou troublé que réellement ému. A la suite du roman de Bernhard Schlink " Le lecteur ", le cinéaste nous invite à une remise en question des faits, non pour les excuser ou les restreindre, mais en les portant à notre connaissance sous un autre éclairage. Est-ce que les victimes de cette horrible tragédie ne sont pas, en définitive, les bourreaux ? Car si les victimes ont porté la douleur jusqu'à l'incandescence, les bourreaux ont plongé l'ignominie jusqu'en ses abîmes les plus sombres.


Admirablement interprétée par Kate Winslet, Hanna Schmitz nous glace et nous touche par son inconscience et le poids de son inculture qui en font la proie de tous les égarements ; elle est tout simplement formidable et a bien mérité l'Oscar qui lui fût attribué pour ce rôle avec, face à elle, tour à tour,  David Kross  dans celui de Michaël adolescent, vivant sa passion avec une ferveur touchante, et  Ralph Fiennes  en Michaël adulte, tout en détresse poignante. Un film qui va peser lourd dans le bilan cinématographique 2009.

 

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THE READER de STEPHEN DALDRY
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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 09:02

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Film à grand spectacle, Spartacus demeure aujourd'hui encore un modèle du péplum à l'américaine, même s'il n'est assurément pas le meilleur film de son cinéaste, loin de là.

L'argument : en 70 après Jésus-Christ, l'esclave Spartacus, devenu gladiateur, est épargné par un de ses compagnons d'infortune dans un combat à mort. Ce répit va lui permettre de prendre la fuite et, après avoir brisé ses chaînes, d'encourager les autres esclaves à l'imiter et à gagner, même au prix du pire danger, leur liberté. Rapidement à la tête d'une colossale armée, Spartacus entend rejoindre le port de Brides, au sud du pays, et d'embarquer à bord d'un navire cilicien. Mais l'Empire romain ne l'entend pas de cette oreille et lance ses légions à la poursuite des esclaves révoltés...

Alors que la vogue du péplum envahit les Etats-Unis depuis le triomphe de Ben-Hur (1959), l'acteur-producteur Kirk Douglas profite de l'occasion pour porter à l'écran l'histoire de ce héros, d'après le roman éponyme d'Howard Fast. L'aventure du révolté, romancée à la sauce américaine de l'époque, est adaptée par le scénariste Douglas Trumbo, pourtant mis sur la liste noire pour cause de communisme. Son implication dans le script étonne moins lorsque l'on sait que les marxistes ont souvent pris la figure de Spartacus comme symbole de la première révolte du prolétariat contre la classe dirigeante. Cette simplification historique se retrouve dans le métrage final, en très large partie hagiographique puisque le vrai Spartacus n'hésita pas à faire tuer des centaines de soldats romains sans s'embarrasser du moindre scrupule. Contrairement au film, il est mort au combat et n'a vraisemblablement pas connu d'histoire d'amour romantique. Ces libertés prises avec la grande histoire n'entament pas  les nombreuses qualités d'une oeuvre pourtant désavouée par tous ses participants.


Le tournage n'en  fut pas moins chaotique à la suite du départ du réalisateur Anthony Mann pour différend artistique avec Kirk Douglas. On lui doit d'ailleurs deux des scènes que je considère parmi les meilleures, soit la séquence dans les mines et l'entraînement des gladiateurs. Anthony Mann sera bientôt remplacé par le jeune Stanley Kubrick avec lequel l'acteur producteur avait tourné, en 1957,  Les sentiers de la gloire.  Ce premier film  de Kubrick sera aussi son dernier en tant que simple exécutant car, n'ayant pas atteint le but souhaité, ce dernier se verra amputé d'un bon quart d'heure à cause d'une violence excessive (quelques plans gore réintégrés dans la version définitive) et surtout à cause d'une scène à l'homoérotisme prononcé. Malgré une production chahutée, Spartacus est aujourd'hui considéré, à juste titre, comme un modèle du péplum à l'américaine. Mêlant adroitement romance, action et message humaniste, cette plongée dans l'histoire romaine bénéficie de dialogues savoureux et de prestations d'acteurs époustouflantes : Laurence Olivier formidable en tyran, Charles Laughton jubilatoire dans le registre de l'ironie cinglante, tandis que Peter Ustinov excelle en traître veule et arriviste, ce qui lui a valu de remporter l'Oscar du meilleur second rôle. Enfin, le couple formé par Kirk Douglas et la délicieuse Jean Simmons réussit sans peine à arracher des larmes aux spectateurs, notamment lors de la scène ultime à la beauté tragique et touchante.


Malgré des qualités indéniables, on peut regretter que Kubrick ne soit pas parvenu à imposer sa vision personnelle. Habitué à transcender les genres qu'il a abordés, il se contente ici d'aligner les figures imposées sans en modifier ni la forme, ni le fond. Même sa réalisation, d'ordinaire si reconnaissable, se désagrège, engluée dans la norme hollywoodienne traditionnelle. Ce manque d'investissement explique sans nul doute le fait que ce maître du 7e Art refusait de considérer Spartacus comme faisant partie intégrante de son oeuvre, bien que le film ne soit en rien déshonorant.

 

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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 10:59

Ad Vitam         VIDEO


Divorce à l'italienne  de  Pietro Germi  date de 1961 et fut le premier film à recevoir l'appellation qui devint, à la suite de quelques chefs-d'oeuvre, un label de qualité de  "comédie italienne", genre qui devait faire fureur de 1960 à 1970. L'histoire est simple et somme toute cocasse : un noble sicilien, le comte Ferdinando Cefalu, souhaiterait se séparer de sa femme pour cause de mésentente, afin de convoler avec sa jeune cousine Angela, mais le divorce étant alors illégal en Italie, l'idée lui vient de pousser sa femme légitime dans les bras d'un autre, de tuer ensuite l'importun amant et de ne récolter, en définitive, pour crime dicté par la passion et l'honneur, qu'une peine légère et ensuite pour être libre d'épouser sa belle, qui sera encore assez jeune pour lui assurer une heureuse vieillesse. Ce cynisme désinvolte sera donc l'occasion d'une comédie hilarante, satire matinée d'humour noir, où l'extraordinaire comédien qu'était Marcello Mastroianni fait merveille, ajoutant à sa mauvaise foi cette faculté qu'il avait d'être un brin Jean de la lune et avec le mélange subtil, qu'il cultivait avec talent, d'élégance aristocratique et d'autodérision.


Marcello Mastroianni et Stefania Sandrelli. Ad Vitam


Toute l'intrigue repose sur le passage à l'acte de ce petit noble appauvri d'un village sicilien et revisite, de façon originale, clichés et préjugés autour du mariage, afin de les mieux tourner en ridicule, nous rappelant cette belle époque d'un cinéma italien florissant et jubilatoire.
C'est une excellente idée que l'été 2009 nous propose la rediffusion d'un certain nombre de ces comédies drôles et frivoles, dont l'alchimie avec la belle saison ne peut manquer de séduire un large public, tant on est assuré de se distraire et où la farce n'est ni outrée, ni grossière, mais agréablement pimentée et burlesque, pointant du doigt les constantes hypocrisies du genre humain. Laissez-vous tenter par cette reprise. Vous rirez de bon coeur : les acteurs sont merveilleux, Marcello irrésistible, Stefania Sandrelli délicieuse et la Sicile époustouflante de beauté. 

 

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LES ACTEURS DU CINEMA ITALIEN      LES ACTRICES DU CINEMA ITALIEN    

 

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Marcello Mastroianni. Ad Vitam



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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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