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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 10:49
Tess de Roman Polanski

 Dans l’Angleterre du XIXe siècle, un paysan du Dorset, John Durbeyfield (John Collin), découvre par hasard qu’il est le dernier descendant d’une grande famille d’aristocrates qui remonte à Guillaume le Conquérant. Motivé par le profit qu’il pourrait tirer de cette noblesse ensevelie à jamais sous ses dalles de pierre, Durbeyfield envoie sa fille aînée, Tess (Nastassja Kinski) se réclamer de cette parenté chez la riche famille des d’Urberville qui a acheté le nom et les titres. Le jeune Alec d’Urberville (Leigh Lawson), charmé par la beauté de cette adolescente qui dit être sa cousine, accepte de l’employer et met tout en œuvre pour la séduire. Tess finit par céder aux avances d’Alec et, enceinte, retourne chez ses parents où elle donne naissance à un enfant qui meurt peu de temps après. 

 


Fuyant la pauvreté des siens et la honte qui l'accable, elle quitte son village et trouve un emploi dans une ferme laitière où personne ne connaît son malheur. Elle y rencontre son véritable amour : un fils de pasteur nommé Angel Clare (Peter Firth). Ce dernier, croyant que Tess est une jeune paysanne innocente, tombe éperdument amoureux d’elle et, malgré l’abîme financier qui les sépare, la demande en mariage. Mais, lorsque celle-ci lui avoue qu’elle a été victime d’un viol et a eu un enfant, il la quitte pour partir au Brésil, ne pouvant supporter que sa jeune femme ne soit pas la vierge pure qu’il imaginait. Abandonnée, Tess se verra dans l’obligation de céder aux propositions d’Alec qui la sauve de la misère ainsi que sa mère et ses frères et sœurs mais ne lui offre qu’une existence de luxure et de compromis. Cela, jusqu’au moment où Angel, repenti, revienne et tente de se faire pardonner. Mais il est…trop tard.

 

 

La restauration numérique récente rend ses couleurs d’origine à ce film splendide, l’un des plus beaux de Roman Polanski, dont les images ne cessent d’évoquer les peintures ombrées de Turner et dont l’histoire reste fidèle au roman victorien de Thomas Hardy " Tess d'Urberville". Cette oeuvre classique de la seconde partie du XIXe siècle se situe dans la lignée d’une « Madame Bovary » ou d’une « Anna Karénine » par la complexité de destins hors normes et le romantisme qui les habite et parce que le personnage de Tess illustre la fragilité des femmes pauvres en un temps où aucune loi n’était sensée les protéger.

 

 

Ce film est dédié à Sharon Tate, la première épouse de Roman Polanski, assassinée sauvagement par la secte de Charles Manson en 1969, qui avait suggéré à son mari de lire le roman de Thomas Hardy et d’en faire une adaptation cinématographique. Cet opus est par conséquent un hommage à cette jeune femme. L’incrustation « To Sharon » défile à l’écran alors que danse un cortège de jeunes filles aux sons d’un orchestre campagnard, évoquant le charme émouvant de ces jeunes filles en fleurs. La musique de Philippe Sarde, parfaitement adaptée à l’histoire, ajoute une note de mélancolie à la beauté sublime de la mise en scène et des paysages de la vieille Angleterre, bien que le film ait été tourné en grande partie en Normandie. Celui-ci ne reçut pas moins de 3 César dont celui de la Meilleure actrice pour la toute jeune Nastassja Kinski, alors âgée de 17 ans, de 3 Oscar dont celui du Meilleur film et de 2 Golden Globe, c’est dire l’enthousiasme qu’il suscita à sa sortie en salles pour la simple raison que l’histoire, la mise en scène, l’interprétation sont admirables. Une mention particulière pour Nastassja Kinski qui, malgré son jeune âge, sut donner, avec une gravité touchante, visage et corps à cette jeune fille naïve mais infiniment courageuse qui assumera son destin avec une dignité bouleversante et une sorte de pulsion sacrificielle. Elle est Tess dans sa beauté et sa résignation héroïque. La scène où elle mange une fraise offerte par son soi-disant cousin et celle où elle essaie de siffler pour charmer les poules de la châtelaine dégagent une sensualité profonde et une grâce inouïe.

 

 

« J’ai toujours voulu tourner une grande histoire d’amour » - confiera le cinéaste. Et il ajoute : « Ce qui m’attirait également dans ce roman, c’était le thème de la fatalité. Belle physiquement autant que spirituellement, l’héroïne a tout pour être heureuse. Pourtant le climat social dans lequel elle vit et les pressions inexorables, qui s’exercent sur elle, l’enferment dans une chaîne de circonstances et la conduisent à un destin tragique. »

 

 

Roman Polanski a magistralement adapté ce roman au 7e Art et a su en faire une œuvre d'évocation picturale d'une rare perfection, où les personnages se meuvent dans une Angleterre reconstituée avec ses ombres et ses lumières, sa grandeur et ses misères, ses ténèbres aussi, et la fraîcheur perdue d’une jeunesse oubliée. Splendide.

 

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Tess de Roman Polanski
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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 11:14
Arletty, la voix des faubourgs

Elle était gavroche et insolente, aujourd’hui elle figure comme une des légendes du 7e Art français pour avoir tenu la vedette dans quelques-uns de nos plus grands chefs-d’œuvre : « Hôtel du Nord », « Les visiteurs du soir », « L’assassin habite au 21 » et surtout « Les enfants du paradis ». Si au-delà des aléas de sa vie et de sa carrière, elle parvint à marquer les esprits, c’est parce qu’elle a eu – comme Henri Jeanson, son dialoguiste préféré – le sens de la répartie et la verve des filles du faubourg qui apprennent la vie sur le tas et ont l’élégance de ne jamais renier leurs origines. « La vie m’a détachée du peloton, mais je n’oublie pas que je viens de ce peloton » - disait-elle avec cet instinct indéfectible de la liberté de ton et d’expression qui la caractérisait.

 

Pour incarner une population, ou plutôt un peuple, rien ne vaut d’en avoir traversé les strates sociales et d’avoir évolué du plus bas au plus haut sans se renier, de conserver envers et contre tout cet esprit français que l’actrice brandissait comme un drapeau et qui lui collait à la peau. Frondeuse et volontiers anarchiste, Arletty était née Léonie Bathiat le 15 mai 1898 à Courbevoie : Courbevoie, patrie des blanchisseuses-repasseuses, repasseuses à l’argot savoureux, souligne-t-elle dans ses souvenirs. Sa mère est d’ailleurs blanchisseuse et son père ajusteur, puis chef d’équipe, chez l’ancêtre de la RATP. Son premier amoureux, baptisé « Ciel », tombera au champ d’honneur le 15 août 1914 et, désespérée, elle écrira : « C’est décidé, je ne me marierai jamais ; je n’aurai pas d’enfant. Ni veuve de guerre, ni mère de soldat ». Deux ans plus tard, son père décède, écrasé par un tramway. Il lui faut désormais travailler. Très belle, elle devient mannequin chez Poiret jusqu’à ce que, lassée de jouer les belles de jour, elle démissionne, d’autant que l’un de ses admirateurs lui a remis une lettre de recommandation à l’adresse des directeurs de théâtre. Passant devant celui des Capucines, elle entre, chante un refrain, est embauchée d’emblée et prend le nom de scène d’Arletty dans une revue parfaitement idiote, soulignera-t-elle, toujours lucide. Mais dans la salle, il y a des personnalités prestigieuses : Colette et Willy, Anna de Noailles, Boni de Castellane, Robert de Flers qui la remarquent, aussi va-t-elle multiplier les rôles avec un succès croissant car elle est intelligente et a l’art de capter l’attention par son physique, sa voix et sa gouaille. Elle débute ainsi en 1930 et tourne dans 25 premiers films dont « Pension Mimosas » de Feyder, « Faisons un rêve », « Désiré » et « Les perles de la couronne » de Guitry. En 1938, Marcel Carné lui offre sa chance  en lui proposant le rôle de Mme Raymonde, la prostituée au verbe haut de « Hôtel du Nord ». Son duo avec Louis Jouvet et la célèbre réplique « atmosphère » emportent l’adhésion du public. Dès lors, elle accède à la tête d’affiche dans « Fric-Frac », « Le jour se lève » de Carné/Prévert où elle forme un couple mythique avec Jean Gabin. Elle devient même l’actrice la mieux payée du cinéma français et déplace des foules dans les salles obscures.

 

Mais l’occupation sera son chant du cygne. Après avoir tourné « Madame Sans-Gêne », « Les visiteurs du soir » et « Les enfants du paradis » où elle prête sa silhouette  à l’inoubliable Garance, elle commet l’erreur fatale de tomber amoureuse d’un officier allemand et ne s’en cache pas, s’affichant à son bras dans les endroits où il ferait bon ne pas être vue. A un indiscret qui lui demande si elle est gaulliste, elle répond tout à trac : « Non gauloise ». Enceinte de son bel officier, elle se fait avorter mais ne reniera jamais cette romance douloureuse qui sera certainement son plus grand amour. En août 1944, son nom figure sur la liste des condamnés à mort diffusée par la BBC. Elle refuse cependant de fuir en Allemagne et se fait arrêter. A un enquêteur qui lui demande comment elle se sent, elle rétorque : « Pas très résistante ». Après un an d’assignation à résidence et deux ans de procédure, elle s’en sort avec un blâme mais sa carrière en subira fatalement les conséquences. Heureusement elle revient au théâtre dès 1949 dans « Un tramway nommé désir » et jouera par la suite du Achard, du Tennessee Williams, du Félicien Marceau, du Cocteau, jusqu’à ce qu’une terrible épreuve la frappe : elle perd la vue. Garance est désormais plongée dans le noir et ne connaitra plus de 1966 à 1992, année de sa mort, que les séances de lecture et les promenades au bras de ses amis ou de sa dame de compagnie, toujours digne et pleine d’esprit car Arletty s’en tiendra à cette ironie et cette pudeur naturelle qui masquent la douleur et, ce, jusqu’à ses fins dernières.

 

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Arletty, la voix des faubourgs
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15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 09:48
Mélanie Laurent, une vie devant et derrière la caméra

Mélanie Laurent est une actrice et une réalisatrice qui m’intéresse depuis ses débuts. Elle dégage quelque chose de positif et de déterminé malgré sa fragilité apparente et sa grâce naturelle. De son regard profond et interrogatif, elle contemple le monde avec autant d’intérêt que d’incertitude. Elle me plaît. Sous ses traits délicats, finement ciselés, se cache une personnalité authentique et forte, force qu’elle a prouvée en passant très vite derrière la caméra afin d’être plus créative encore que devant et de réaliser des films qu’elle écrit elle-même selon sa sensibilité et ses convictions. Car des convictions, elle en a et entend les partager.

 

Mélanie Laurent est née à Paris en 1983 d’une mère professeur de danse et d’un père comédien spécialisé dans le doublage et a suivi sa scolarité à Vincennes au lycée Hector Berlioz. C’est Gérard Depardieu qui la remarquera alors qu’elle accompagne une amie sur le tournage d’ « Astérix et Obélix contre César » et lui fait jouer un petit rôle dans « Un pont entre deux rives » face à Carole Bouquet et Charles Berling. Ce seront ensuite « Embrassez qui vous voudrez » de Michel Blanc, puis le téléfilm « Jean Moulin, une affaire française » réalisé par Pierre Aknine.

 

Mais c’est dans « Le concert » de Radu Mihaileanu  qu’elle est vraiment consacrée en tant qu’actrice dans le très beau rôle de la violoniste qu’elle tient avec infiniment de sensibilité. En 2010 commence sa carrière de chanteuse et en 2011 elle est nommée maîtresse de cérémonie au Festival de Cannes. La même année sort son premier long métrage comme réalisatrice « Les adoptés » - ( voir ma critique en cliquant  ICI ) où elle fait déjà preuve d’une étonnante maturité. Ses engagements pour l’écologie vont suivre et elle ne tarde pas à rejoindre la campagne Fish Fight contre les rejets de poissons en mer. En 2013, elle s’éloigne des grandes productions cinématographiques pour le cinéma d’auteur où vont ses préférences et réalise son second long métrage « Respire » - ( lire mon article en cliquent  LA ) où sa maitrise s’affirme avec brio autant comme scénariste que comme directrice d’acteurs. En 2015, elle est à l’affiche de « By the sea », écrit et réalisé par Angelina Joly et d’ « Eternité » de Tran Anh Hung où elle donne la réplique à Bérénice Béjo et Audrey Tautou. Enfin, toujours la même année, elle participe avec Cyril Dion au documentaire qui dépassera le million d’entrées en France : « Demain » et sera primé au Festival de Cannes comme meilleur documentaire. Ce film se compose de cinq volets thématiques et propose des solutions concrètes aux innombrables problèmes que nous rencontrons sur le plan social et environnemental, avec des exemples positifs dans dix pays qui tentent, à titre expérimental, des solutions appropriées. Un film qui confirme les engagements de cette jeune femme exigeante et attentive aux difficultés récurrentes de notre temps.

 

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 12:10
Retour chez ma mère d'Eric Lavaine

 A 40 ans, Stéphanie, divorcée, au chômage, est contrainte de retourner vivre chez sa mère. Elle est accueillie les bras ouverts : à elle les joies de l’appartement surchauffé, de Francis Cabrel en boucle, des parties de scrabble endiablées et des précieux conseils maternels sur la façon de se tenir à table et de mener sa vie… Chacune va devoir faire preuve, vis-à-vis de l’autre, d’une infinie patience, car mère et fille ont goûté depuis longtemps à leur indépendance et cette cohabitation va mettre les nerfs de chacune à rude épreuve.  Et lorsque le reste de la fratrie débarque pour un dîner, règlements de compte et secrets de famille vont se déchaîner de la façon la plus jubilatoire. Mais il est des explosions salutaires. Bienvenue dans un univers à haut risque : la famille !

 

Le titre, à lui seul, résume l’histoire : Stéphanie (Alexandra Lamy), architecte, a fait couler son entreprise en vendant ses services à un client véreux  présenté par une amie sans scrupule. Séparée de l’homme qui lui a donné un fils, étranglée financièrement, en froid avec son frère et sa sœur, la jeune femme n’a d’autre choix que de retourner vivre chez  maman, ce qui ne l’emballe qu’à moitié. Sa mère, c’est  Jacqueline (Josiane Balasko), une sympathique sexagénaire qui ne connaît rien aux nouvelles technologies, écoute Francis Cabrel à longueur de journée et joue au scrabble par téléphone avec ses amies. Ce tête-à-tête ne va pas manquer de piquant et susciter des scènes inattendues et très drôles car chacune de ces deux femmes a, des situations qui se présentent, une lecture totalement opposée.

 

Les précédents films d'Eric Lavaine n’avaient pas totalement gagné l’adhésion du public, aussi celui-ci, bien écrit, bien réalisé, est-il une agréable bonne surprise. En effet, cette comédie à quiproquos se situe plutôt sur le registre de la finesse et traite des incompréhensions familiales avec doigté et un savant dosage d’humour et d’émotion, sans trop en faire néanmoins. Et puis les deux actrices sont formidables, très justes dans leur interprétation de mère et de fille. Elles portent le film avec une décontraction et un naturel bluffant. Sans prétendre apporter rien de nouveau au genre, « Retour chez ma mère » est un plaisant divertissement tissé de formules et de situations qui sonnent justes et nous assure une heure trente de scènes de la vie ordinaire dénuées de toute vulgarité. 

 

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Retour chez ma mère d'Eric Lavaine
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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 13:39

 

 

MOUCHETTE de ROBERT  BRESSON

 

CE QUI NOUS LIE de CEDRIC KLAPISCH

 

UN LONG  DIMANCHE DE FIANCAILLES de JEAN-PIERRE JEUNET

 

MAL DE PIERRES de NICOLE GARCIA

 

LA PHILO VAGABONDE de YOHAN LAFFORT

 

JUSTE LA FIN DU MONDE de XAVIER DOLAN
 

LE FILS DE JEAN de PHILIPPE LIORET

 

CEZANNE ET MOI de DANIELE THOMPSON

 

LE SEPTIEME JURE de GEORGES LAUTNER

 

RETOUR CHEZ MA MERE d'ERIC LAVAINE

 

EPERDUMENT de PIERRE  GODEAU

 

CHOCOLAT de ROSCHDY ZEM

 

L'HERMINE de CHRISTIAN VINCENT

 

UN TAXI POUR TOBROUK de DENYS de la PATELLIERE

 

PREMIERS CRUS de JEROME LE MAIRE
 

MARGUERITE de XAVIER GIANNOLI

 

TROIS SOUVENIRS DE MA JEUNESSE d'ARNAUD DUPLESCHIN

 

LE JOUR SE LEVE de MARCEL CARNE

 

UN HOMME IDEAL de YANN GOZLAN

 

LE DERNIER LOUP de JEAN-JACQUES ANNAUD

 

LA BETE HUMAINE de JEAN RENOIR

 

QUAI DES BRUMES de MARCEL CARNE

 

LES SOUVENIRS de JEAN-PAUL ROUVE

 

LA FAMILLE BELIER de ERIC LARTIGAU
 

RESPIRE de MELANIE LAURENT
 

ELLE L'ADORE de JEANNE HERRY
 

BON RETABLISSEMENT de JEAN BECKER
 

GEMMA BOVERY d'ANNE FONTAINE

 

LA DELICATESSE de STEPHANE & DAVID FOENKINOS

 

BORSALINO de JACQUES DERAY

 

ON A FAILLI ETRE AMIES de ANNE LE NY

 

PAS SON GENRE de LUCAS BELVAUX

 

DANS LA COUR de PIERRE SALVADORI

 

QU'EST-CE QU'ON A FAIT AU BON DIEU ? de PHILIPPE de CHAUVERON

 

SALAUD,ON T'AIME de CLAUDE LELOUCH 
 

LA GRANDE ILLUSION de JEAN RENOIR 

 

PRET A TOUT de NICOLAS CUCHE 

 

SUZANNE de KATELL QUILLEVERE 

 

YVES SAINT LAURENT de JALIL LESPERT 

 

LA VENUS A LA FOURRURE de ROMAN POLANSKI 

 

LES GARCONS ET GUILLAUME A TABLE ! de GUILLAUME GALLIENNE 

 

9 MOIS FERME d'ALBERT DUPONTEL 

 

QUAI d'ORSAY de BERTRAND TAVERNIER 

 

SUR LE CHEMIN DE L'ECOLE DE PASCAL PLISSON

 

LE SAMOURAI de JEAN-PIERRE MELVILLE 

 

JEUNE ET JOLIE de FRANCOIS OZON 

 

POUR UNE FEMME de DIANE KURYS 

 

LES BEAUX JOURS de MARION VERNOUX 

 

AMITIES SINCERES 

 

ALCESTE A BICYCLETTE de PHILIPPE LE GUAY 

 

VOUS N'AVEZ ENCORE RIEN VU d'ALAIN RESNAIS 

 

DANS LA MAISON de FRANCOIS OZON 

 

LES SAVEURS DU PALAIS de Chistian VINCENT 

 

BOWLING de MARIE-CASTILLE MENTION-SCHAAR   

 

JULES ET JIM de FRANCOIS TRUFFAUT   

 

DE ROUILLE ET D'OS de JACQUES AUDIARD 

 

LES ADIEUX A LA REINE de BENOIT JACQUOT 

 

GARDE A VUE de CLAUDE MILLER 

 

MINCE ALORS ! de CHARLOTTE de TURCHKEIM 

 

LES ADOPTES de MELANIE LAURENT   

 

LA SOURCE des FEMMES de Radu MIHAILEANU 

 

INTOUCHABLES de ERIC TOLEDANO          

 

POLISSE de MAIWENN   

 

THE ARTIST de MICHEL HAZANAVICIUS  

                          

LA GUERRE EST DECLAREE de VALERIE DONZELLI      
     

LES FEMMES DU 6e ETAGE de PHILIPPE LE GUAY      

 

MA PART DU GATEAU de CEDRIC KLAPISCH         

 

LES EMOTIFS ANONYMES de JEAN-PIERRE AMERIS 

 

A BOUT PORTANT de FRED CAVAYE         POTICHE de FRANCOIS OZON     


LA PRINCESSE de MONTPENSIER de BERTRAND TAVERNIER    

 

ELLE S'APPELAIT SARAH de GILLES PAQUET-BRENNER      

 

DES HOMMES ET DES DIEUX de XAVIER BEAUVOIS

 

LA TETE EN FRICHE de JEAN BECKER 



LES DIMANCHES de VILLE d'AVRAY de SERGE BOURGUIGNON    
 


OCEANS de JACQUES PERRIN et JACQUES CLUZAUD     

 

LE GENOU DE CLAIRE d'ERIC ROHMER 

 

HADEWIJCH de BRUNO DUMONT OU LE 7e ART EN QUETE DE SACRE 



LES HERBES FOLLES d' ALAIN RESNAIS         

 

UN PROPHETE de JACQUES AUDIARD 



COMMENT J'AI TUE MON PERE d'ANNE FONTAINE      

 

LE VIEUX FUSIL de ROBERT ENRICO 



JE L'AIMAIS de ZABOU BREITMAN          

 

COCO AVANT CHANEL d'ANNE FONTAINE 



VILLA AMALIA de BENOIT JACQUOT       

      
COUP DE TORCHON de BERTRAND TAVERNIER 



LA JOURNEE DE LA JUPE de JEAN-LOUP LILIENFELD         

 

LA MARCHE DE L'EMPEREUR de LUC JACQUET 



LE BEAU SERGE de CHABROL OU LE MANIFESTE DE LA NOUVELLE VAGUE 



LA REGLE DU JEU de JEAN RENOIR          

 

L'HISTOIRE d'ADELE H de FRANCOIS TRUFFAUT 



LE CRIME EST NOTRE AFFAIRE de PASCAL THOMAS   

 

MON PETIT DOIGT M'A DIT de PASCAL THOMAS      

 

TABARLY de PIERRE MARCEL 



PLEIN SOLEIL de RENE CLEMENT         

 

QUE LA BETE MEURE de CLAUDE CHABROL 



LA NUIT AMERICAINE de FRANCOIS TRUFFAUT               

 

PEAU D'ANE de JACQUES DEMY 



PIERROT LE FOU de JEAN-LUC GODARD           

 

LA PISCINE de JACQUES DERAY 



UN BAISER S'IL VOUS PLAIT d'EMMANUEL MOURET              

 

LE RENARD ET L'ENFANT DE LUC JACQUET 



LES AMOURS d'ASTREE ET DE CELADON d'ERIC ROHMER        

 

L'HEURE ZERO de PASCAL THOMAS 



SANS MOI d'OLIVIER PANCHOT       CEUX QUI RESTENT d'ANNE LE NY          

 

LA FILLE COUPEE EN DEUX de CLAUDE CHABROL        

 

SMOKING/NO SMOKING d'ALAIN RESNAIS 



MA SAISON PREFEREE d'ANDRE TECHINE         INDOCHINE de REGIS WARGNIER 



VAN GOGH de MAURICE PIALAT          

 

TOUS LES MATINS DU MONDE d'ALAIN CORNEAU 



MORTELLE RANDONNEE de CLAUDE MILLER            

 

DIALOGUE AVEC MON JARDINIER de JEAN BECKER 



LADY CHATTERLEY de PASCALE FERRAN       

 

LA BELLE NOISEUSE de JACQUES RIVETTE 



LE NOM DE LA ROSE de JEAN-JACQUES ANNAUD  

 

MON ONCLE de JACQUES TATI       

 

LE GRAND BLEU de LUC BESSON 



LES NUITS DE LA PLEINE LUNE d'ERIC ROHMER         

 

DIVA de JEAN-JACQUES BEINEIX 



LES BRONZES de PATRICE LECONTE         

 

LA VEUVE DE SAINT-PIERRE de PATRICE LECONTE

 

INDIA SONG de MARGUERITE DURAS 



UNE HISTOIRE SIMPLE de CLAUDE SAUTET          LES CHOSES DE LA VIE de SAUTET 

 

NELLY ET Mr ARNAUD de CLAUDE SAUTET

 

UN COEUR EN HIVER de CLAUDE SAUTET

 

LES DOIGTS DANS LA TETE de JACQUES DOILLON 



NE TOUCHEZ PAS LA HACHE de JACQUES RIVETTE          

 

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 10:11
CAFE SOCIETY de WOODY ALLEN
CAFE SOCIETY de WOODY ALLEN

 

Avec ce nouveau film, qui ouvre le Festival de Cannes 2016, Woody Allen nous prouve, si besoin était, qu’il n’a perdu ni l’inspiration, ni l’élégance, ni l’humour, ni la nostalgie qui ont baigné la quasi-totalité de son œuvre. Une fois encore, le cinéaste traite avec légèreté des choses graves et le charme puissant qui traverse sa filmographie ne cesse de l'enluminer avec bonheur. Est-ce la raison qui fait dire à certains grincheux qu'il réalise toujours le même film ? Mais tout grand artiste, qu’il soit écrivain, musicien ou peintre, ne fait jamais que creuser en permanence le même sillon. Ainsi est-il facile de trouver des points communs avec certaines de ses oeuvres précédentes : "Radio Days", "Manhattan", "Celebrity" ou "Stardust Memories", clins d’œil habiles adressés au passé. Et comment envisager l'avenir sans convoquer le passé ? Woody le sait mieux que personne.


 

New York, dans les années 30. Coincé entre des parents conflictuels, un frère gangster et la bijouterie familiale, Bobby Dorfman a le sentiment d’étouffer. Il décide donc de tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil, puissant agent de stars, accepte de l’engager comme coursier. À Hollywood, Bobby ( excellent Jessie Eisenberg ) ne tarde pas à tomber amoureux de la jeune et ravissante secrètaire de son oncle ( Kristen Stewart ). Malheureusement, la belle n’est pas libre et il doit se contenter de son amitié. Jusqu’au jour où elle débarque chez lui pour lui annoncer que son petit ami vient de rompre. Soudain, l’horizon s’éclaire pour Bobby et l’amour semble à portée de … coeur. Mais de nouvelles difficultés vont subvenir pour contrarier ses espérances et décider de sa vie…autrement.
 

 

Outre les années 30, décennie sacrée pour le réalisateur, et le jazz New-Orléans dont on sait combien il l'apprécie, Woody reprend  nombre de ses thèmes favoris : le juif new-yorkais, la sculpturale et tendre californienne, la délicieuse atmosphère d’un passé révolu. Chacun des personnages est conscient qu’il ne laissera pas de trace dans ce beau monde clinquant, aussi s’en remet-il à ses rêves qui expriment sans doute le meilleur de lui-même. "Dreams are dreams" se répète Bobby comme pour mieux s’en convaincre. N’est-ce pas Woody lui-même qui, méditant sur sa fin prochaine, est conscient que la poésie de l’inaccessible est ce qu’il y a en nous de plus persistant et de plus vrai. Soulignons à ce propos combien la photographie de Vittorio Storaro est pour beaucoup dans la réussite de « Café Society », oeuvre d'un magicien de l'image. Chaque plan est une merveille, d’une richesse époustouflante en matière de lumière, de couleur et de contraste. Et la même poésie se dégage de chaque scène, comme si les protagonistes baignaient dans un univers fantasmagorique. Et je n'oublierai pas la musique jazzy merveilleuse et les acteurs : la formidable prestation de Jessie Eisenberg toute en nuance et en finesse, la grâce délicate de la très jolie et charismatique Kristen Stewart qui illumine la pellicule, et les silhouettes hautes en couleur des personnages secondaires qui parcourent le film et lui confèrent sa réalité tangible, dont Ben, le beau-frère de Bobby, ce mauvais garçon qui a la gâchette facile et tue sans atermoiement, l'autre beau-frère qui se sent en permanence responsable de son prochain, enfin le père qui bougonne constamment contre le silence de Dieu - (mais pas de réponse, c'est déjà une réponse). Pour toutes ces raisons, et pour bien d’autres encore, « Café Society » ne peut être réduit à un simple prolongement de l’œuvre de Woody Allen, mais bien à une forme de renaissance, conduite de main de maître  par un expert du 7e Art et un homme aux nostalgies d’une incontestable poésie. Cela, pour notre plus grand bonheur. Courez voir ce petit bijou. Vous ne serez pas déçu.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN où figurent bon nombre des films de Woody, cliquer  ICI

 

Et pour prendre connaissance de l'article consacré à ce réalisateur, cliquer sur son titre 

 

"Woody Allen, un génie touche à tout"

 

 

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CAFE SOCIETY de WOODY ALLEN
Jessie Eisenberg, Kristen Stewart et Woody Allen
Jessie Eisenberg, Kristen Stewart et Woody Allen

Jessie Eisenberg, Kristen Stewart et Woody Allen

l'actrice Blake Lively avec Jessie Eisenberg et Steve Carrel
l'actrice Blake Lively avec Jessie Eisenberg et Steve Carrel

l'actrice Blake Lively avec Jessie Eisenberg et Steve Carrel

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 08:57
La liste de Schindler de Steven Spielberg

«La liste de Shindler»  est l’histoire authentique d’Oskar Schindler, homme d’affaire autrichien, qui profita, dans un premier temps, de la guerre et de la main-d’œuvre juive à bon marché pour en tirer profit. Mais prenant conscience du génocide qui se préparait et de la barbarie nazie, il va changer son fusil d’épaule et mettre tout en œuvre pour sauver le maximum de personnes ( plus de mille ) condamnées à l’extermination dans le camp de Treblinka.

 

 

A partir de cette bouleversante histoire, Steven Spielberg a bâti un film inoubliable, le plus beau sans doute sur la shoah, son chef-d’œuvre, film qui ne reçut pas moins de 12 nominations aux Oscars dont celui du Meilleur film et du Meilleur réalisateur et qui nous pétrifie d’émotion tellement il touche juste et profond... Conscient de réaliser le film de sa vie, Spielberg oublie l’insouciance de son cinéma habituel (Jurassic Park par exemple) pour livrer un constat implacable sur l’une des périodes les plus noires de l’humanité. A travers le destin d’Oskar Schindler, Spielberg filme le travail souterrain d’un homme touché par la bienfaisance au milieu de la cruauté et de la brutalité absolues de l’Allemagne nazie, en évitant judicieusement les pièges du pathos. Servi par un noir et blanc brumeux, presque fantomatique, tout en contraste, qui convient particulièrement à la dramaturgie du sujet, le réalisateur a opté pour un narratif quasi documentaire qui sait  doser une violence à la fois latente et insoutenable. Oui, Spielberg cesse d’improviser avec sa caméra, comme il se plaît si souvent à le faire, et ne retient, en l’occurrence, que la grammaire cinématographique qu’il maîtrise à la perfection. A cette (rare) occasion, il laisse les événements  parler d’eux-mêmes, se contentant d’une rigoureuse mise en images, cela avec une austérité dont on ne peut que le féliciter. Il en résulte un témoignage d’un réalisme poignant, servi par une musique belle et des acteurs remarquables de vérité et de tempérance. Saluons au passage la performance de Liam Neeson en tout point admirable. Un film à voir et revoir car il est une leçon d’humanité face à la barbarie, barbarie qui est, hélas !, toujours d'actualité. Une palpitante lumière au plus profond des ténèbres.

 

 

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 10:39
The Lady in the Van de Nicholas Hytner

A l'heure où l'autofiction fait florès dans le roman français, un auteur anglais Alan Bennett se posait la question de dissocier l’auteur de son double. L'expérience qu'il a vécue est si originale qu'elle serait la matière idéale d'un livre. L'écrivain en fera une pièce de théâtre dans laquelle a joué Maggie Smith en 1999 et la même actrice est sollicitée par Nicolas Hytner pour interpréter à l'écran  cette Miss Shepherd, une femme clochardisée acariâtre et sale. L’histoire est bien réelle, comique et touchante, celle de la relation qui va progressivement s’établir entre l’écrivain solitaire et cette femme, qui a élu domicile à la suite d’une mystérieuse tragédie dans une camionnette, qu’elle gare définitivement aux abords du domicile de l’écrivain et dramaturge qui va devenir, par la force  des choses, son protecteur et son confident. Ainsi, ils vont vivre ensemble une amitié paradoxale et cocasse, non dénuée de pittoresque et d’humour. Car, entre le dramaturge égocentrique interprété par  Alex Jennings et la vielle dame irascible, excentrique et un brin follette, admirablement campée par Maggie Smith, les échanges relèvent parfois de  la commedia dell'arte.

 

 

Je suis allée voir le film pour elle bien sûr, cette actrice de 60 ans de scène et d’écran qui est sans doute ce que l’on fait de mieux en Grande-Bretagne, une comédienne rouée et incontournable dont on se souvient à quel niveau elle a hissé son rôle de comtesse douairière de Grantham dans l’excellente série « Dowton Abbey », parvenant au niveau ultime de la célébrité tant elle y est irrésistible… Oui, pour rien au monde je ne voulais rater cette nouvelle prestation. Maggie est évidemment parfaite et porte sur ses épaules le film qui manque souvent de souffle et de conviction et qu’elle sur-joue parfois pour lui donner plus de relief et de crédibilité. Oui, sa verve évite au récit l’écueil de la morosité que l’écrivain homosexuel dépressif a trop tendance à côtoyer et qui  prive l’opus du dynamisme auquel je m’attendais. Entre le dramaturge et cette vieille dame isolée, qui se ferait arracher le cœur plutôt que de céder au sentimentalisme, la relation en dents de scie a tout de même une touchante résonance. Mais on aurait aimé plus d’inventivité, plus de finesse, plus de saveur. 

 

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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 09:42
Coup de foudre à Notting Hill de Roger Michell

"Coup de foudre à Notting Hill" (  1999 ) se présente comme un habile brassage de style entre "Quatre mariages et un enterrement" et "Pretty Woman". Du premier, il reprend le producteur, le scénariste, le directeur de la photographie, l'acteur principal Hugh Grant, l'humour très british pratiquant l'autodérision et le fait de mettre en avant toute une série de personnages secondaires dont on nous présente les traits de caractère les plus marqués. Du second, il s’approprie l'actrice principale, Julia Roberts, et la trame de l'histoire, sorte de conte de fée pour grandes personnes où un couple improbable se forme, constitué de deux personnes situées à l'opposé l'une de l'autre sur l'axe de l'échelle sociale. Mélangeant rires et émotions, ce film à l’eau de rose n’a d’autre ambition que d’être  un divertissement léger et sans prétention, susceptible de satisfaire la plupart de ceux qui avaient apprécié les deux films précédents et, en effet, le succès n’a pas manqué d’être au rendez-vous, attirant autant de spectateurs en France qu'un James Bond de la haute époque.



L’un des éléments de ce succès est d'avoir été tourné au sein même d'un des quartiers les plus pittoresques de Londres, le réalisateur Roger Michell restituant parfaitement l'atmosphère si particulière de la capitale britannique et plus précisément le quartier de Notting Hill. Cela ressort d'autant plus que dans le monde d'aujourd'hui la plupart des villes d'Europe se fondent dans un moule de plus en plus stéréotypé concernant leur ambiance, leurs boutiques et les spectacles qu'elles proposent. Le film se cristallise, par ailleurs, sur l’évolution irrésistible des amours de William Thacker ( Hugh Grant ) et d’Anna Scott ( Julia Roberts ), contrariée par la célébrité de l'actrice, célébrité qui l’expose en permanence à être la cible des paparazzi. Le scénario est à la fois une satire de la presse à scandale et une charmante bluette où l'on se demande, sans vraiment s'inquiéter pour eux, comment les deux tourtereaux vont parvenir à vaincre les forces qui les éloignent continûment l'un de l'autre. La peinture aigre-douce et la mise en avant de nombreux personnages secondaires est typique du style du scénariste Richard Curtis. Chaque figure a ses côtés attachants et irritants, à l'image de Spike (Rhys Ifans), le colocataire de William, doté d'un humour plus que douteux. La sœur de William, Honey (Emma Chambers) est une godiche empruntée à souhait, tandis que la personne la plus sensée de l’entourage, Bella (Gina McKee) est clouée dans un fauteuil roulant, mais sait faire preuve d'une vraie joie de vivre. Si l'on ajoute à l'entourage de William, Martin, son employé à la librairie (James Dreyfus), et Bernie, un agent de change gaffeur (Hugh Bonneville), on obtient une joyeuse bande de citoyens ordinaires avec leur vie de tous les jours, leurs travers, leurs émotions et leurs rêves. Tous souhaitent le bonheur de William et ont immédiatement adopté Anna qui force la sympathie par son charme et sa simplicité.


 

Mais le mérite principal de l’opus revient indiscutablement à la présence de deux acteurs qui rivalisent de charme : la délicieuse Julia Roberts qui est alors au faîte de sa grâce et à Hugh Grant, véritablement irrésistible en Roméo de quartier. Devenue culte, cette comédie romantique, aussi convenue qu’elle soit, leur doit l’essentiel de sa séduction.

 

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Coup de foudre à Notting Hill de Roger Michell
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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 09:56
Pas de printemps pour Marnie de Alfred Hitchcock

Mark Rutland, un riche homme d’affaires, s’aperçoit que sa secrétaire-comptable lui dérobe de l’argent. Intrigué par son comportement et attiré par sa fascinante beauté, il  découvre peu à peu son trouble passé et lui donne le choix entre le mariage ou la dénonciation à la police.

 

 

En ce début des années 60, Alfred Hitchcock, passionné pour le roman de Winston Graham Marnieengage trois scénaristes successifs pour arriver à l’adapter au cinéma et va proposer le rôle- titre à la princesse de Monaco qui accepte dans un premier temps. Lorsque Grace Kelly finit par y renoncer pour de multiples raisons, Hitchcock offre le rôle à Tippi Hedren qu’il a déjà fait tourner dans « Les Oiseaux ». Et, contre toute attente, il choisit de lui donner pour partenaire Sean Connery, alors connu pour son interprétation de  « L’agent secret 007 ». Malgré l’aspect improbable du duo, le couple fonctionne particulièrement bien et propose une interprétation bien plus moderne que prévu initialement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hitchcock reprend ici la formule expérimentée  dans « Psychose »: il débute son film comme une classique histoire de vol afin de captiver le spectateur, avant de faire glisser son œuvre vers tout autre chose un véritable drame psychologique où l’on assiste à la renaissance d’une femme détruite par un traumatisme vécu durant sa petite enfance, plongeant son opus dans un répertoire proprement freudien. D’une grande modernité par l’audace des thèmes abordés (la frigidité, le viol et la puissance destructrice de la libido et du refoulé), ce long métrage bénéficie d’un jeu d’acteurs impeccable, d’une musique percutante de Bernard Herrmann et d’une réalisation subtile et convaincante. Non dépourvu de fulgurances et de lyrisme (les séquences de l’orage ou encore la chute de cheval), ce chant d’amour entre un homme ordinaire et une femme blessée fut néanmoins un échec commercial à l’époque à cause de son caractère inattendu. Aujourd’hui,  « Pas de printemps pour Marnie » compte parmi les films importants de Hitchcock qui, le premier, osait aborder un thème nouveau dans le 7e Art, celui de la psychanalyse. Un bijou du suspense et une intrigue haletante, parfaitement maîtrisée, servie par des acteurs totalement engagés dans leurs rôles respectifs.

 

 

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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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