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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 09:42
Coup de foudre à Notting Hill de Roger Michell

"Coup de foudre à Notting Hill" (  1999 ) se présente comme un habile brassage de style entre "Quatre mariages et un enterrement" et "Pretty Woman". Du premier, il reprend le producteur, le scénariste, le directeur de la photographie, l'acteur principal Hugh Grant, l'humour très british pratiquant l'autodérision et le fait de mettre en avant toute une série de personnages secondaires dont on nous présente les traits de caractère les plus marqués. Du second, il s’approprie l'actrice principale, Julia Roberts, et la trame de l'histoire, sorte de conte de fée pour grandes personnes où un couple improbable se forme, constitué de deux personnes situées à l'opposé l'une de l'autre sur l'axe de l'échelle sociale. Mélangeant rires et émotions, ce film à l’eau de rose n’a d’autre ambition que d’être  un divertissement léger et sans prétention, susceptible de satisfaire la plupart de ceux qui avaient apprécié les deux films précédents et, en effet, le succès n’a pas manqué d’être au rendez-vous, attirant autant de spectateurs en France qu'un James Bond de la haute époque.



L’un des éléments de ce succès est d'avoir été tourné au sein même d'un des quartiers les plus pittoresques de Londres, le réalisateur Roger Michell restituant parfaitement l'atmosphère si particulière de la capitale britannique et plus précisément le quartier de Notting Hill. Cela ressort d'autant plus que dans le monde d'aujourd'hui la plupart des villes d'Europe se fondent dans un moule de plus en plus stéréotypé concernant leur ambiance, leurs boutiques et les spectacles qu'elles proposent. Le film se cristallise, par ailleurs, sur l’évolution irrésistible des amours de William Thacker ( Hugh Grant ) et d’Anna Scott ( Julia Roberts ), contrariée par la célébrité de l'actrice, célébrité qui l’expose en permanence à être la cible des paparazzi. Le scénario est à la fois une satire de la presse à scandale et une charmante bluette où l'on se demande, sans vraiment s'inquiéter pour eux, comment les deux tourtereaux vont parvenir à vaincre les forces qui les éloignent continûment l'un de l'autre. La peinture aigre-douce et la mise en avant de nombreux personnages secondaires est typique du style du scénariste Richard Curtis. Chaque figure a ses côtés attachants et irritants, à l'image de Spike (Rhys Ifans), le colocataire de William, doté d'un humour plus que douteux. La sœur de William, Honey (Emma Chambers) est une godiche empruntée à souhait, tandis que la personne la plus sensée de l’entourage, Bella (Gina McKee) est clouée dans un fauteuil roulant, mais sait faire preuve d'une vraie joie de vivre. Si l'on ajoute à l'entourage de William, Martin, son employé à la librairie (James Dreyfus), et Bernie, un agent de change gaffeur (Hugh Bonneville), on obtient une joyeuse bande de citoyens ordinaires avec leur vie de tous les jours, leurs travers, leurs émotions et leurs rêves. Tous souhaitent le bonheur de William et ont immédiatement adopté Anna qui force la sympathie par son charme et sa simplicité.


 

Mais le mérite principal de l’opus revient indiscutablement à la présence de deux acteurs qui rivalisent de charme : la délicieuse Julia Roberts qui est alors au faîte de sa grâce et à Hugh Grant, véritablement irrésistible en Roméo de quartier. Devenue culte, cette comédie romantique, aussi convenue qu’elle soit, leur doit l’essentiel de sa séduction.

 

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Coup de foudre à Notting Hill de Roger Michell
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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 09:56
Pas de printemps pour Marnie de Alfred Hitchcock

Mark Rutland, un riche homme d’affaires, s’aperçoit que sa secrétaire-comptable lui dérobe de l’argent. Intrigué par son comportement et attiré par sa fascinante beauté, il  découvre peu à peu son trouble passé et lui donne le choix entre le mariage ou la dénonciation à la police.

 

 

En ce début des années 60, Alfred Hitchcock, passionné pour le roman de Winston Graham Marnieengage trois scénaristes successifs pour arriver à l’adapter au cinéma et va proposer le rôle- titre à la princesse de Monaco qui accepte dans un premier temps. Lorsque Grace Kelly finit par y renoncer pour de multiples raisons, Hitchcock offre le rôle à Tippi Hedren qu’il a déjà fait tourner dans « Les Oiseaux ». Et, contre toute attente, il choisit de lui donner pour partenaire Sean Connery, alors connu pour son interprétation de  « L’agent secret 007 ». Malgré l’aspect improbable du duo, le couple fonctionne particulièrement bien et propose une interprétation bien plus moderne que prévu initialement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hitchcock reprend ici la formule expérimentée  dans « Psychose »: il débute son film comme une classique histoire de vol afin de captiver le spectateur, avant de faire glisser son œuvre vers tout autre chose un véritable drame psychologique où l’on assiste à la renaissance d’une femme détruite par un traumatisme vécu durant sa petite enfance, plongeant son opus dans un répertoire proprement freudien. D’une grande modernité par l’audace des thèmes abordés (la frigidité, le viol et la puissance destructrice de la libido et du refoulé), ce long métrage bénéficie d’un jeu d’acteurs impeccable, d’une musique percutante de Bernard Herrmann et d’une réalisation subtile et convaincante. Non dépourvu de fulgurances et de lyrisme (les séquences de l’orage ou encore la chute de cheval), ce chant d’amour entre un homme ordinaire et une femme blessée fut néanmoins un échec commercial à l’époque à cause de son caractère inattendu. Aujourd’hui,  « Pas de printemps pour Marnie » compte parmi les films importants de Hitchcock qui, le premier, osait aborder un thème nouveau dans le 7e Art, celui de la psychanalyse. Un bijou du suspense et une intrigue haletante, parfaitement maîtrisée, servie par des acteurs totalement engagés dans leurs rôles respectifs.

 

 

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Pas de printemps pour Marnie de Alfred Hitchcock
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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 09:56
La Veuve de Saint-Pierre de Patrice Leconte

 

Le réalisateur de « Ridicule » filme une histoire d'amour fou et dénonce la peine de mort, le tout dans les glaces de Saint-Pierre-et-Miquelon au milieu du XIXe siècle. 

 


Dans l'embrasure de la fenêtre,  une femme en robe noire a l'oeil perdu dans le vide. C'est Juliette Binoche. Une veuve qui donne toute son incandescence à cet opus. Après « Une fille sur le pont »,  où Daniel Auteuil, lanceur de couteaux, avait le coup de foudre pour Vanessa Paradis, Patrice Leconte continue dans la veine d'un romantisme en costume, au risque de faire ricaner un peu plus cette partie de la critique qu'imprudemment il avait accusée de tous les maux... Mais en confirmant son éclectisme, lui qui, parti de la grosse comédie « Les vécés étaient fermés de l'intérieur » a tout aussi bien mis en scène « Les Bronzés » qu'une adaptation dépouillée  de Simenon « Monsieur Hire » et un éblouissant film à costumes sur l'hypocrisie de la cour versaillaise  « Ridicule », assume son goût de la diversité avec « La veuve de saint-Pierre », une histoire captivante sur fond de meurtre, de guillotine et de lutte contre une société sclérosée qui ne vit que pour les apparences. Juliette Binoche prouve une fois de plus l’étendue de son jeu à la fois subtil et fiévreux.

 

Cette passion nous est contée avec le recul nécessaire grâce aux interprètes et aux images et le souci d’une mise en scène dépouillée qui nous introduit de plein pied dans un univers  austère et clos.  En flash-back, voici l'histoire tragique d'une femme amoureuse et emplie de bons sentiment qui est  persuadée que chacun peut avoir une deuxième chance et qui, pour mettre sa vie en harmonie avec ses convictions, précipitera l'homme qu'elle aime vers le déshonneur et la mort...


Juliette Binoche est  l’épouse très amoureuse du capitaine chef militaire de « l'île à morue »  ( Saint-Pierre et Miquelon ), interprété par Daniel Auteuil. Nous sommes en 1850, la petite société des notables  se révèle conservatrice, rigide et cancanière, aussi  regarde-t-elle  avec méfiance ce jeune couple qui, souvent, chevauche sur la lande un étalon noir. Mais un soir de brume épaisse, un marin, pris de boisson, poignarde un habitant. Condamné à mort, il doit être guillotiné. L'île ne possédant ni bourreau, ni guillotine (aussi appelée « la Veuve »), il faut attendre d’en faire venir une. L'assassin, qui a une bonne tête, est confié  alors à la garde du capitaine, dont la femme, que les îliens nomme "madame La", entreprend de réhabiliter. Persuadée qu'aucun homme n'est fondamentalement méchant, elle l'utilise pour ses menus travaux, notamment de jardinage, le sort de son cachot, lui fait traverser l'île afin qu’il l’aide dans ses oeuvres de bienfaisance et commence même à lui apprendre à lire. L'homme, doux et gentil, devient très populaire. Quand arrivent sur l'île une « veuve » trouvée en Martinique et un bourreau débutant, le capitaine est au pied du mur : écoutera-t-il son devoir ou sa femme ?

 

Cette histoire est inspirée d'un fait divers réel. Belle preuve d'amour que celle donnée par l'officier à l'oeil sombre qui reste, en toutes occasions, droit dans ses bottes. Belles images aussi  que celles tournées sur place dans un froid polaire, un décor de glace. Belle idée, que celle de ce combat d'avant-garde contre la peine de mort. Binoche, à qui le deuil sied, nous séduit par son jeu très intériorisé et sa grande élégance morale et Daniel Auteuil dans son rôle d’homme amoureux qui cédera aux idéaux de son épouse, au mépris de son propre statut. Convaincant également  Emir Kusturica  qui prête sa silhouette de géant massif et son sourire tendre au personnage de Neel, marin meurtrier et condamné, que la protection de Madame La ne parviendra pas à sauver...

 

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La Veuve de Saint-Pierre de Patrice Leconte
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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 11:26
Les couples immortels du 7e Art

La vie privée des stars enflamme l’imagination du public, surtout si l’écran propose un écrin privilégié à leurs amours, réelles ou supposées.

 

Ce n’est qu’une image ! Celle d’un homme et d’une femme dansant à l’unisson. La minute d’avant, la discussion n’aboutissait pas et là, soudain, alors que la musique s’élève et qu’il attrape sa main, la magie opère. L’amour, le partage, la joyeuse harmonie de la vie à deux éclaboussent l’écran. Fred Astaire et Ginger Rogers, partenaires de dix comédies musicales ont, mieux que quiconque, personnifié cette perfection amoureuse. Il suffit de voir « Carioca », « La grande farandole » ou « Le danseur du dessus » pour se convaincre de la subtilité de leur entente. Leur romance à l’écran – toujours discrète, faite d’effleurements et de baisers sur la main – ne se poursuivait pas au dehors, ne se déclinait pas dans la vie courante et pourtant ! Ginger et Fred sont, dans l’esprit des spectateurs du monde entier, l’image du couple par excellence.

 

Sources : Laurent Delmas

Les couples immortels du 7e Art

Entre Spencer Tracy et Katharine Hepburn, réunis dans « La femme de l’année » en 1942, le coup de foudre est immédiat. Elle était anguleuse, excentrique, aventureuse et rousse. Lorsqu’ils se croisèrent, Katharine vit aussitôt le regard désapprobateur de Spencer sur ses éternels pantalons d’homme. Elle lança aussitôt du haut de ses semelles compensées : « Monsieur Tracy, vous êtes plutôt petit ! » Joseph Mankiewicz, le producteur du film, qui assistait à la scène, répliqua : « N’ayez crainte, il vous mettra à sa taille ! » Ils avaient en commun un bon mètre quatre-vingt. Suivirent vingt-sept années d’une vie à deux et huit autres films. L’alchimie entre eux culmine dans « Madame porte la culotte » en 1949. Leur histoire ne fut jamais la proie des feuilles à scandales – il avait sept ans de plus qu’elle et était marié. Comme si la très puritaine Amérique ne pouvait s’offusquer devant tant d’amour vécu avec la force de l’évidence.

Les couples immortels du 7e Art

 

Lorsque Clark Gable épouse Carole Lombard en 1939, ils n’avaient tourné qu’un film ensemble « Un mauvais garçon » en 1932. Il était en train de s’immortaliser en Rhett Butler dans « Autant en emporte le vent », elle était la blonde la plus sophistiquée et la plus drôle de Hollywood. Leur couple fut idolâtré par les foules pendant les trois années de leur union. Elle mourut dans le crash d’un avion alors qu’elle participait à l’effort de guerre, le 16 janvier 1942. Leur vie ressemblait à une comédie romantique, la tragédie authentique acheva de lui donner son lustre glamour.

Les couples immortels du 7e Art
Les couples immortels du 7e Art

 

La rencontre du dernier couple mythique de Hollywood a lieu en 1945. Elle avait vingt ans et lui vingt-cinq … de plus. Dès que Humphrey Bogart enserre la taille de Lauren Bacall dans « Le port de l’angoisse », c’est le grand frisson. Suivront un mariage, dès la fin du tournage, et douze années de vie commune stoppées par la mort de Bogart en 1957. L’amour qui flotte entre eux dans chaque plan des quatre films, qu’ils tournèrent ensemble, est palpable. Il arrive que l’art et la vie soient indissociables.

 

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 11:28
Boulevard du crépuscule de Billy Wilder
Boulevard du crépuscule de Billy Wilder

Billy Wilder nous convie à visiter les coulisses du vieil Hollywood et nous livre, par la même occasion, un chef d’œuvre savamment équilibré et d’une grande liberté de ton pour l’époque. A cela s’ajoute une interprétation de tout premier ordre. L’histoire est celle de Norma Desmond, grande actrice du muet, qui vit recluse dans sa luxueuse villa de Beverly Hills en compagnie de Max von Meyerling, son majordome, qui fut aussi son metteur en scène et mari. Joe Gillis, un scénariste sans le sou, pénètre par hasard dans la propriété et Norma lui propose de travailler au scénario du film qui marquera son retour à l’écran. Joe accepte, s’installe chez elle, à la fois fasciné et effrayé par ses extravagances et son délire, et devient bientôt son amant...

 


Fidèles compères depuis leurs débuts vers 1942, les scénaristes Charles Brackett et Billy Wilder ont collaboré de façon complémentaire durant les années 40 (le premier intervient comme producteur tandis que le second réalise), signant bon nombre de chefs d’œuvre comme « Assurance sur la mort » (1944) ou « La scandaleuse de Berlin » (1948). Leur  dernière création  constitue l’apogée de leur style, faisant de « Sunset Boulevard », en 1950, l’œuvre la plus marquante sur un Hollywood déclinant et sans aucun doute l’un des meilleurs films de Billy Wilder.

 



Cet opus crépusculaire, à la fois tragique, âpre et caustique, conte avec  subtilité et réalisme la disparition progressive d’un monde balayé par la modernité. Dès les premiers plans, le cinéaste impose son style grâce à des décors gothiques qui semblent d’un autre âge et l’intrusion de la voix off d’un personnage déjà mort. Cette voix d’outre-tombe nous accompagnera tout au long de ce voyage au pays des figures de cire d’un cinéma muet à jamais enseveli. Ainsi entrons-nous dans le monde des  vieilles gloires hollywoodiennes oubliées du grand public qui se murent dans le silence comme dans un caveau. Pour donner vie à ce monde pétrifié, Billy Wilder a eu le coup de génie de demander la participation de vraies stars déchues du cinéma muet. En premier lieu, la volcanique Gloria Swanson qui n’avait tourné qu’un seul film entre 1934 et 1950 et  pouvait ainsi retranscrire à merveille les crises morales de cette vedette oubliée. Non seulement l’actrice n’hésite pas à s’enlaidir et à accentuer les stigmates de la vieillesse, mais elle ose aussi se moquer d’elle-même et  de son propre jeu maniéré et daté. Cet exercice de style, qui tient à la fois de la confession intime et de l’autodérision, touche le spectateur par son incontestable authenticité et sa bouleversante humanité. Les cinéphiles sont également comblés lorsqu’ils entendent  Erich von Stroheim évoquer son passé de cinéaste et ses heures de gloire anciennes.
 



En mettant à nu le tragique désarroi de ces anciennes stars,  Billy Wilder s’en prend à la fois à la vanité d’un monde entièrement basé sur les apparences et règle ses comptes avec un système cruel qui broie les individus au nom de la sacro-sainte rentabilité. Sans jamais faire appel à l’artillerie lourde, sa mise en scène est exemplaire par sa constante fluidité et ses plans-séquences très élaborés servis par un narratif précis et fort bien construit. On ne peut être qu’admiratif devant ce bijou intemporel, sublime par son efficacité, universel par la profondeur de sa réflexion  et l’empreinte que laisse chaque individu malgré l’inexorable passage du temps.

 

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 09:57
Eperdument de Pierre Godeau

L’adaptation du roman de Florent Gonçalves inspiré d’une histoire vraie, Défense d’aimer, évoque la passion répréhensible entre un directeur de prison et une détenue. Les deux acteurs vedettes, Guillaume Gallienne et Adèle Exarchopoulos s’imposent par leur naturel et leur charisme évident.

 

Couple de cinéma improbable, l’un et l’autre s’aiment à l’écran. Ces deux acteurs, issus de milieux diamétralement opposés, incarnent les protagonistes d’un drame amoureux dans l’enceinte d’une prison. En effet, l’auteur du livre, publié en 2012, s’était laissé séduire, alors qu’il dirigeait un établissement pénitencier pour femmes à Versailles, par une jeune délinquante qui avait été l’un des rouages de la tragédie antisémite qui avait ébranlé la France en 2006 et où elle avait joué le rôle de l’appât du gang dénommé « le gang des barbares » qui opéra à la mise à mort d’Ilam Halimi, torturé et exécuté pour la simple raison qu’il était juif.


De ce meurtre abominable, il n’est nullement question dans le film, si bien que le spectateur n’a aucun à priori particulier envers la jeune prisonnière dont on ignore l’objet de la réclusion. Pierre Godeau, déjà auteur du film « Juliette », se polarise essentiellement sur le couple qui se forme inopinément entre les murs de la prison. Un coup de foudre, à priori peu probable, de la part d’un homme qui semble professionnellement irréprochable, marié, père d’une adorable fillette et visiblement équilibré. Néanmoins, cet homme va sombrer corps et âme dans une liaison qui le détruira inexorablement. Par chance, la prison, qui n’est pas un tribunal, ne nous oblige pas à formuler un jugement sur la jeune femme en question, dont on peut comprendre qu’elle s’accroche à cet amour comme à une bouée de sauvetage, puisqu’elle ne dispose que de l’atout de son insolente jeunesse et de son audace pour tenter de séduire et de survivre. Quant au directeur de la prison, il nous surprend davantage par sa vulnérabilité, vulnérabilité qui le met dès le départ en position de faiblesse, si bien que ce film a cette originalité que  la victime n’est pas celle que l’on croit. L’autodestruction à laquelle il se livre apparaît bientôt irréversible ; c’est à une descente aux enfers librement consentie et engendrée par une passion charnelle sans lendemain qu’il s’abandonne.

 

Cependant, la complexité des rapports, telle qu’elle nous est livrée, reste de surface et il faut l’interprétation d’une intensité indiscutable des deux acteurs pour conférer un peu de vraisemblance à cette relation, d’autant que la mise en scène reste conventionnelle, peu convaincante et maladroite, les scènes d’intimité étant dénuées de toute saveur et minées par un réalisme de salle de garde.

 

Certes Pierre Godeau tente une métaphore sur l’enfermement, sur l’emprisonnement mental de ses personnages qui détruit jusqu’à leur instinct de survie, mais sans parvenir à nous émouvoir et à gagner notre adhésion. Demeure l’ambiguïté sur les relations et sur la manipulation des uns et des autres, sur l’étrange esprit de destruction qui est en chacun de nous, sur la rédemption toujours possible au-delà des regards et de l’irrationalité des actes. La dernière scène, sans accorder de réponse, laisse percer une espérance. Malgré quelques moments bienvenus, principalement ceux entre la mère de l’incarcérée et sa fille, et une interprétation irréprochable, « Eperdument » se confine dans le domaine de la télé-réalité, loin de certaines réalisations autrement convaincantes sur des drames carcéraux.

 

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Eperdument de Pierre Godeau
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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 10:31

 dicaprio02.jpg  Un petit côté James Dean

 

                                             

L'acteur doit son prénom à Léonard de Vinci, car sa mère le sentit bouger en elle pour la première fois alors qu'elle admirait une toile du peintre dans un musée italien. Le voilà donc intégré au monde artistique avant même d'avoir vu le jour à Hollywood ( autre clin d'oeil du destin )  le 11 novembre 1974 d'un père italien, réalisateur de bandes dessinées, et d'une mère bavaroise, secrétaire juridique. Ses parents divorceront un an après sa naissance et c'est sa mère Irmelin qui l'élèvera très librement à Los Angelès. Comme il n'aime pas l'école et qu'on ne lui impose rien, il suit des cours de comédie et court les castings où son visage expressif ne laisse pas indifférent, si bien qu'il se fait bientôt engager pour tenir un petit rôle dans une série télévisée  "Quoi de neuf docteur ?"  de Neal Marlens en 1991. Mais c'est le cinéma qui  le captive, aussi s'arrange-t-il pour y faire ses premiers pas dans un film d'horreur "Critters 3", mais qu'importe ! l'essentiel n'est-il pas d'être présent ? Et présent, il sait l'être ! Dès 1993, il tient un rôle plus important, celui d'un beau-fils maltraité au côté de Robert de Niro dans "Blessures secrètes", entrant ainsi de plein pied dans l'étroite circonférence des grosses pointures. Plus rien ne va désormais freiner son ascension qui sera, ni plus ni moins, stupéfiante. Le doit-il à son mélange de héros angélique et de gamin peu dupe ? Peut-être ! Toujours est-il qu'en 1995, il s'illustre dans plusieurs films dont "Rimbaud/Verlaine", tenant à merveille le rôle du poète révolté, puis dans "Basketball Diaries", adaptation du livre autobiographique du poète et musicien Jim Carrol, où il joue un jeune toxicomane, enchaîne avec un western "Mort ou vif" auprès de Sharon Stone et s'illustre enfin face à Meryl Streep, Diane Keaton et de nouveau Robert de Niro dans "Simples secrets". Mais c'est avec "Romeo+ Juliette"  de Baz Luhrmann qu'il accède à un statut de premier plan, avant d'atteindre la notoriété mondiale auprès de Kate Winslet dans "Titanic"  de James Cameron.

 

 

Depuis lors, sa carrière se maintient sur les cimes, grâce à des rôles difficiles où il ne craint ni de se vieillir, ni de s'enlaidir, entrant de force dans les personnages les plus inattendus, soit devant la caméra de Martin Scorsese avec lequel il tournera  à la suite les uns des autres "Gangs of New-York" ( 2002 ), "Aviator" ( 2005 ) et  "Les Infiltrés"  (2006), donnant la réplique à Daniel Day Lewis, Cameron Diaz, Matt Damon ou Jack Nicholson, ou celle de Steven Spielberg dans  "Arrête-toi si tu peux".  Puis il retrouve Kate Winslet en 2008, dix ans après "Titanic", dans "Les noces rebelles" de Sam Mendes et tourne la même année "Mensonges d'état" de Ridley Scott, film d'espionnage qui se déroule au Moyen-Orient. Sa collaboration avec Scorsese reprend pour un quatrième opus en 2010 "Shutter Island", adaptation d'un roman de Dennis Lehane où il s'impose comme un acteur très complet, et il a de nouveau crevé l'écran avec son interprétation de Edgar Hoover dans le film de Clint Eastwood "E. Edgar", metteur en scène avec lequel il travaillait pour la première fois. 

 

 

Quant à ses projets, ils sont toujours nombreux. Il a été et avec quelle subtilité le héros d'un remake en 3D du célèbre roman de Scott Fitzgerald "Gatsby le magnifique", puis il a tourné avec Tarantino dans un western sur fond d'esclavagisme et a racheté à Tom Cruise  les droits d'adaptation du roman " Le diable dans la ville blanche"  d'Erik Larson. Très engagé en faveur du développement durable, l'acteur entend vivre selon certains critères qui lui tiennent à coeur  au sujet de la défense de l'environnement, ainsi a-t-il fait poser des panneaux solaires sur sa résidence et roule-t-il de préférence avec des voitures écologiques. Ambitieux et exigeant, DiCaprio sait incarner les esprits les plus rebelles, traçant un parcours original qui se refuse à tout embrigadement et se place incontestablement comme l'un des plus grands acteurs de sa génération.

 

Aujourd'hui tout va pour le mieux dans sa carrière. Il est à l'affiche du "The Revenant" où son personnage est confronté à de terribles souffrances après avoir été abandonné pour mort au fin fond d'une forêt. L'Oscar est d'ailleurs en ligne de mire après le Golden Globes du meilleur acteur qui vient de lui être décerné pour ce rôle de composition dans une épique quête de survie et de vengeance où sa performance est si impressionnante que l'on ne voit pas comment la statuette pourrait lui échapper. Et si "Le Revenant" l'a mis à nouveau sous le feu des projecteurs, un nouveau film se profile déjà et fait beaucoup parler de lui. En effet, on vient de lui proposer de jouer le rôle de Lénine, mais certains anciens leaders du parti communiste russe ne son pas du tout d'accord pour qu'un américain interprète ce personnage historique.  Nous verrons bien si ce projet aboutira ou pas. DiCaprio se plaît, par ailleurs, à souligner combien il aime être immergé en pleine nature et dans des lieux sauvages. Il souhaite vraiment trouver davantage de films qui aient un message écologique à transmettre. Mais ce qui l'intéresse par dessus tout, ce sont les oeuvres qui le rapprochent de la condition humaine. Léonardo cherche en permanence à savoir ce que sont les hommes...

 

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leonardo-dicaprio.jpg

 

 

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 10:58
Chocolat de Roschdy Zem

Après "Mauvaise foi", "Omar m'a tuer" et "Bodybuilder", Roschdy Zem passe à nouveau derrière la caméra pour retracer avec brio l'histoire oubliée d'un artiste de la Belle Epoque. Il s'agit d'un homme noir exploité dans un cirque de province français à la fin du XIXe siècle, comme l'ont été des nains et même d'anciennes cocottes, nombre de ceux qui ne répondaient pas aux critères de l'époque. C'est alors qu'un certain George Footit va discerner  en lui des talents et un potentiel scénique et former avec celui qui deviendra Chocolat un fabuleux duo de clowns.

 

Tout en rendant ainsi hommage au premier artiste noir de la scène française, ce film nous conte  l'histoire d'une amitié forte entre deux hommes. Rien d'étonnant à ce que le tandem soit la valeur sûre de cet opus : ces deux personnages ne sont-ils pas interprétés par Omar Sy et James Thierrée, le petit-fils de Charlie Chaplin ! Avec eux, on passe du burlesque à la tragédie en un clin d'oeil. Derrière le combat personnel de Chocolat, c'est une lutte contre les innombrables blocages d'une société qui a du mal à s'émanciper de ses principes et juge l'étranger à l'aune de ses seules valeurs, qui sont évoqués, ce qui donne lieu à des scènes émouvantes, notamment dans la prison et au théâtre. 

 

L'esthétique du film est, par ailleurs, particulièrement soignée avec une élégante reconstitution du Paris du début du siècle dernier. On se sent complètement immergé dans cette Belle Epoque avec des détails pittoresques, une mise en scène raffinée et une histoire drôle et touchante. Quant aux acteurs, ils sont irréprochables, avec un Omar Sy au top.

 

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Chocolat de Roschdy Zem
Chocolat de Roschdy Zem
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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 11:38
Robert Redford - portrait
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Robert Redford est né le 18 août 1936 à Santa Monica dans une famille modeste, son père, après avoir été laitier, avait décroché un poste de comptable. Passionné de peinture, il entre à l’Université du Colorado et, à l’âge de 19 ans, embarque pour un voyage en France et en Italie avec ses pinceaux, rêvant déjà de voir  ses toiles accrochées au Musée d’Orsay. Mais nenni, ce n’est pas sa voie et il bifurque bientôt en entrant à l’«American Academy dramatics arts» où il débute une carrière professionnelle au théâtre dans les années  50. Puis, il est choisi pour jouer dans des séries télévisées où il est vite remarqué, si bien qu’il passe sans difficulté de la petite lucarne au grand écran grâce, en partie, à son physique avantageux et sa gueule de beau gosse. On connait ses films emblématiques « Butch Cassidy et le Kid », « Les Hommes du Président », « L’Arnaque » qui lui méritera l’Oscar du Meilleur acteur en 1979, « Gatsby le magnifique », « Out of Africa » et « L’homme qui murmure à l’oreille des chevaux ». Avec de tels rôles, il devient une icône du cinéma hollywoodien, un acteur qui aura pratiquement incarné à lui seul toutes les Amériques : la corrompue, la sportive, la romantique, la puritaine, l’écologiste, Amérique fatalement rebelle et assurément séduisante. C’est en 1985 qu’il partage avec Meryl Streep la vedette du film aux 7 Oscars de Sydney Pollack « Out of Africa », ce dernier l’ayant dirigé à sept reprises et, entre autres, dans « Jeremiah Johnson », « Les 3 jours du Condor », « Nos plus belles années ».

 

 

Sa carrière cinématographique commence réellement avec  « La poursuite impitoyable » d’Arthur Penn en 1966 qui le révèle définitivement au public. Dès lors, il ne quittera plus la pellicule et abordera, avec un certain succès, une carrière de réalisateur amoureux des grands espaces, doté d'une vocation d'écologiste affirmée  avec « Des gens comme les autres » en 1980. Il décrochera, par ailleurs, un Golden Globe en tant que réalisateur pour « Quiz Show » en 1995.

 

 

Fondateur du Festival de Sundance, il se plaît aujourd’hui à donner leur chance à de jeunes cinéastes. Personnellement il aspire à un 7e Art de plus en plus indépendant et innovateur. D'autre part, et depuis un bon moment, il a passé la main à Brad Pitt, côté belle gueule, mais n’a pas réussi  le virage de Eastwood en tant que réalisateur. Son dernier film « All is Lost » en 2013  le voit interpréter, seul face à la caméra, un marin perdu en mer et luttant contre les éléments déchaînés. Ce qui prouve que les risques ne lui ont jamais fait peur…

 

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 11:26
Ettore Scola ou la nostalgie de l'histoire

1931 - 2016

 

Ettore Scola, l'un des plus grands cinéastes italien de l'après guerre, vient de mourir à Rome à l'âge de 84 ans " son coeur s'est arrêté de battre de fatigue " - ont annoncé son épouse et sa fille à l'Italie qui perd avec lui l'une des figures emblématiques du 7e Art.

 

 

Ettore Scola, après des études de droit, se consacre tout d’abord au journalisme et à la radio avant de devenir gagman pour des films de l’acteur Toto. En 1952, il débute dans l’élaboration de scénarii et devient très vite l’associé de Ruggero Maccari, un des scénaristes les plus réputés en matière de comédies. Pendant une dizaine d’années Scola va écrire une cinquantaine de films et collaborer notamment avec Dino Risi à L’homme aux cent visages (1960), La marche sur Rome (1962), Le Fanfaron (1962), Les Monstres (1963), Il gaucho (1964), Moi la femme (1971) et également, avec Antonio Pietrangeli, aux films suivants : Les joyeux fantômes (1961), Annonces matrimoniales (1964), Le cocu magnifique  et L’amour tel qu’il est (1965).  En 1964, grâce à Vittorio Gassman, il réalise son premier long métrage Parlons femme, où il entend bien imposer d’ores et déjà son style  en s’efforçant de poser un regard critique sur la société italienne sans se réduire à un simple spectacle humoristique. Ce seront Cent millions ont disparu en 1965, Belfagor le Magnifique en 1966,  Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami disparu en Afrique ? en 1968.

 

 

En 1969, Le fouineur  indique plus nettement encore que Scola ne craint pas de porter le bistouri dans les plaies de la société tout en conservant un sens très sûr du divertissement. Avec Drame de la jalousie en 1970, il pose clairement la question des rapports entre les sentiments et l’idéologie. Pour cet opus, son acteur principal Marcello Mastroianni recevra le grand prix d’interprétation au Festival de Cannes. Suit l’expérience ascétique de Trevico-Torino en 1973 sur l’émigration intérieure entre le Sud et le Nord de l’Italie, puis Nous nous sommes tant aimés en 1974, l’oeuvre qui l’imposera définitivement dans le club fermé des grands réalisateurs. Chronique amère de l’histoire de l’Italie de l’immédiat après-guerre à l’époque actuelle, le film examine sans complaisance le devenir de la société italienne. Scola travaille désormais dans la perspective constante d’un va-et-vient entre passé et présent, alternant les œuvres inscrites dans la contemporanéité comme Affreux, sales et méchants en 1976, Les Nouveaux monstres en 1978, La Terrasse en 1979 Une journée particulière en 1977, Passion d’amour en 1981, La nuit de Varennes en 1982 et Le bal en 1983. Gagné par une certaine nostalgie inhérente au passage du temps, Scola s’intéresse également au problème des relations générationnelles, problème omniprésent dans La famille (1987), qui survole quatre-vingt années de l'existence d’une famille bourgeoise, thème de nouveau présent dans Splendor (1989), évocation attendrie d’une salle de cinéma condamnée à être démolie – et encore dans Quelle heure est-il, sorte de remake de Une journée particulière, au cours de laquelle un père et son fils tentent désespérément de lier une relation durable. En effet, très ancré à gauche, Scola est avant tout un cinéaste soucieux de communiquer avec le public et de partager avec lui ses convictions. Il tente toujours de concilier un discours critique sur la société transalpine avec les nécessités du divertissement, qualités que l’on retrouve dans ses œuvres plus récentes comme Le voyage du capitaine  Fracasse (1990) d’après Théophile Gautier, Le roman d’un jeune homme pauvre (1995), un drame de la pauvreté où Alberto Sordi campe un vieux beau d’anthologie, Le dîner (1998) fresque sociologique pleine d’un humour récurrent et de sarcasme pour décrire une soirée dans un restaurant romain, Concurrence déloyale (2001) est, elle aussi, une comédie corrosive sur les lois antijuives votées en Italie en 1938 et Gente di Romana (2003), un documentaire romancé sur les diverses facettes sociales et culturelles de la capitale italienne d’aujourd’hui. Cette oeuvre importante porte dans son ensemble et sa diversité le sceau d'une joyeuse amertume, d'une défiance à l'égard des hommes si vite abusés et une passion pour leur histoire et les grandes causes à défendre sans exaltation fébrile, davantage avec le regard d'un homme sans illusion.

 

 

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LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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