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22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 10:37

 le-dernier-des-gants.jpg                                     


Précédé d'une réputation de justicier infaillible, John Bernard Books ( John Wayne ) arrive à Carson City dans le Nevada. Tandis que plusieurs de ses ennemis entendent lui faire payer une dette ancienne, Books profite de l'occasion d'être dans cette ville pour consulter son ami le docteur Hostelder ( James Stewart ) au sujet de sa santé. Celui-ci ne lui cache pas qu'il est atteint d'un cancer en phase terminale qui ne lui laisse plus que quelques semaines de sursis. Se refusant au désespoir et, afin de rester fidèle à sa réputation, le vieux cow-boy entend bien mourir debout, les bottes aux pieds et le colt à la main. Chose facile puisqu'il lui suffit de provoquer ses adversaires pour qu'ils organisent aussitôt un guet-apens, au cours duquel le barman de l'auberge l'abattra dans le dos, mais sera tué par Gillon, le fils de la logeuse, qui vouait à Books un véritable culte. Ainsi sera-t-il mort comme il le souhaitait, laissant à la postérité l'image d'un héros valeureux.


                                      Editions Montparnasse  Action Cinémas / Théâtre du Temple


Film ultime de John Wayne, Le dernier des géants  ( 1976 ) de Don Siegel  met fin à ma série consacrée aux westerns. Je l'ai choisi parce qu'il a marqué la disparition d'un genre qui contribua à illustrer de façon brillante l'une des périodes les plus productives de Hollywood, celle que l'on a toujours considérée comme son âge d'or.
Les premiers plans sont un montage de quelques-uns des longs métrages de Wayne, une manière de conter en images la carrière tumultueuse de John Bernard Books qui débarquait à Carson City le 22 janvier 1901, le jour même du décès de la reine Victoria. Avec la mort de cette souveraine se tournait une page romanesque d'un temps révolu, comme ce dernier rôle de Wayne témoignait de la disparition du Far West, tel qu'on l'envisageait à l'époque, alors que Carson City portait déjà les marques du modernisme à l'américaine, dont on sait l'influence qu'il aura sur le reste du monde. Une Amérique qui venait de découvrir du pétrole au Texas, assistait à l'assassinat de McKinley et à l'arrivée au pouvoir de Théodore Roosevelt.

Le genre cinématographique qui s'achève avec ce film prend, pour toutes ces raisons, les allures d'une célébration, hommage rendu au vieux géant ( en même temps l'acteur et le héros légendaire ) qui symbolise et illustre à l'écran, par sa seule présence, la formidable odyssée de la conquête de l'Ouest. Ainsi que Books, qu'il incarne, Wayne,  miné par le cancer, savait sa mort proche et disparaîtra d'ailleurs moins de trois ans plus tard. Les concordances entre la personnalité de Books et celle de son interprète sont frappantes. Aux côtés de Wayne, James Stewart - âgé de 68 ans - n'est plus le compagnon confident de L'homme qui tua Liberty Valance, mais le médecin messager de la mort. Richard Boone, Lauren Bacall, Harry Morgan et John Carradine portent eux aussi, à divers degrés, les stigmates du passé. Ce film a donc été conçu à la manière d'un adieu : l'adieu du cinéma au western traditionnel et l'adieu de John Wayne au cinéma. 

 

Warner Bros.


Symboliquement les années 70 se concluent avec la mise en production de La porte du paradis, une saga westernienne qui ne sera distribuée qu'en 1980. Onze ans après l'oeuvre de Cimino,  Danse avec les loups, réalisé et interprété par Kevin Costner, réussira à obtenir un grand succès populaire et recevra l'Oscar du meilleur film. On a eu raison de souligner le courage de l'acteur-metteur en scène qui, pour son premier film en tant que cinéaste, a osé tourner un westren d'une durée inhabituelle ( presque quatre heures ), dont la plupart des dialogues sont en lakota, la langue des Sioux.
" Je n'ai pas cherché - a-t-il déclaré - à manipuler vos sentiments, à réinventer le passé ou à régler mes comptes avec l'Histoire. J'ai simplement voulu regarder, de façon romantique, une période épouvantable de l'histoire de mon pays, quand l'expansion à tout prix, au nom du progrès, nous apporta finalement très peu, mais nous coûta beaucoup. Ce film est ma lettre d'amour au passé".
Entre le regard de John Wayne et celui de Kevin Costner, deux visions opposées et respectables de la naissance des Etats-Unis.

 

Pour lire les articles consacrés aux grands maîtres du western et à John Wayne, cliquer sur leurs titres :
LES GRANDS MAITRES DU WESTERN           JOHN WAYNE
  

      

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN, dont la plupart des westerns, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN  

 

 

 

 

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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 18:29

              

La reprise du film  La flèche brisée est une heureuse initiative. Pour deux raisons : tout d'abord parce que c'est un beau film, ensuite parce qu'il vient à point nommé nous rappeler les valeurs de sagesse et de modération dont notre monde a le plus urgent besoin. Cette histoire pourrait évoquer et illustrer n'importe lequel des conflits qui sévissent actuellement sur notre planète. Voyez plutôt :

En 1870, dans l'Arizona, la guerre fait rage entre Blancs et Indiens. Tom Jefford ( James Stewart ) apprend patiemment le chiricahua avant de partir en mission auprès du chef Cochise ( Jeff Chandler ), avec l'objectif  de lui soumettre des propositions de paix. Devenu son hôte, il s'éprend de la belle indienne Sonseeahray ( Debra Paget ) et l'épouse, selon les coutumes en vigueur chez les Apaches. De retour à Tucson, Tom fait part à la population des entretiens qu'il a eus avec Cochise et les assure que, désormais, les courriers seront autorisés à traverser son territoire. Peu après, Tom emmène avec lui le général Howard ( Basil Ruysdael ), nommé le Père-la-Bible, qui professe avec conviction que tous les hommes sont frères sans distinction de couleurs. De son côté, Cochise brise une flèche afin de sceller avec les Blancs un accord de paix durable. Mais Géronimo ( Jay Silverheels ), un rebelle, se refuse à pactiser et entend poursuivre le combat. Chez les Blancs, certains ne désarment pas davantage. Slade ( Will Geer ), un impénitent raciste, tend une embuscade à Cochise, au cours de laquelle Sonseeahray trouve la mort. Fou de douleur, Tom veut la venger et c'est alors que Cochise intervient en lui rappelant que pour un meurtre, on n'a pas le droit d'entraîner à nouveau deux peuples dans la guerre. Tom s'éloignera le coeur lourd mais riche de souvenirs.

             


C'est d'ailleurs une phrase du même style prononcée par Cochise " Peut-être un jour me tueras-tu. Peut-être un jour te tuerai-je. Mais nous ne nous mépriserons jamais - qui symbolise le mieux l'esprit avec lequel Delmer Daves a tourné son film. Celui-ci marque une date déterminante, comme le souhaitait son auteur, dans le renouvellement complet des données du genre. La flèche brisée est un western adulte, un western vrai - se plaisait-il à dire. La plus grande partie de l'action se déroule dans le camp de Cochise, le chef apache de la tribu des Chiricahuas. D'où le souci du metteur en scène de décrire avec le plus grand réalisme et le plus grand respect les moeurs indiennes. Jusqu'alors ces populations étaient volontiers caricaturées et considérées comme les ennemis à abattre, ceux qui empêchaient les Blancs de s'installer sur des terres qu'eux-mêmes ne savaient pas exploiter. Daves va changer la donne et sera le premier à montrer les Indiens comme des gens respectables et non plus comme des sauvages. A travers le personnage de Cochise, il nous propose la vision d'un indien qui a le sens de l'honneur, une dignité naturelle et les espoirs simples de tous les êtres humains. Si bien que ce long métrage jouera un rôle considérable dans la manière dont Hollywood envisagera à l'avenir sa représentation du peuple indien.

                


Ce film sera, avec La porte du diable d'Anthony Mann sorti la même année ( 1950 ), l'élément qui contribuera activement à poser avec justesse la question des rapports entre Blancs et Indiens et à réhabiliter ces derniers dans l'inconscient collectif. Delmer Daves se veut néanmoins plus optimiste qu'Anthony Mann, foncièrement désespéré, qui filme l'anéantissement et la mort de son héros comme le symbole d'une race condamnée de toute éternité à disparaître.
Par ailleurs, il est remarquable que le réalisateur ait su renoncer à tout manichéisme, puisque l'on trouve dans les deux camps des âmes droites et honnêtes, d'autres fourbes et belliqueuses. En-dehors de Cochise et Tom Jefford qui rêvent de vivre dans un monde pacifié, il y a aussi Howard, ce général chrétien, qui démontre clairement que l'armée n'était pas composée que d'assoiffés de sang. La générosité du propos de Daves ne fait pas de doute et on ne peut qu'adhérer à son humanisme et à son intégrité morale qui lui permettent d'aborder avec autant de respect que de déférence le douloureux problème indien.

   

            


Ce film a su alterner les scènes d'affrontement et celles très délicates de l'amour qu'éprouvent l'un pour l'autre Tom et Sonseeahray. L'image des jeunes mariés partant le soir de leur nuit de noces sur des chevaux blancs est inoubliable. De même que le sont les relations entre Tom et Cochise. Le fait que Delmer Daves ait lui-même vécu au milieu des Indiens, appris leurs usages, leur manière de vivre et se soit initié à leur langue, procure à ce film son authenticité. C'est certainement l'un des grands souvenirs de James Stewart que d'être entré dans le noble personnage de Tom Jefford qu'il incarne admirablement, face à des acteurs de premier plan, comme Jeff Chandler, magnifique Cochise, sans oublier Debra Paget, belle et touchante Sonseeahray.
Rappelons-nous, avant de conclure, du dernier conseil que Cochise adresse à son ami Tom. Il mériterait d'être entendu de toutes les nations, tant la voix porte loin et haut : - Ecoute mon frère. Il faut accepter que les militaires respectent la paix. Géronimo ne valait pas mieux que ces Blancs. Je porte le fardeau de leur traîtise, porte celui de cette morte. Cochise est fidèle à son peuple. Personne ici ne rompra la paix, pas même toi -

C'est sur ces paroles que s'achève un film qui compte parmi les plus sensibles et les plus remarquables de la filmographie westernienne . Aujourd'hui, comme hier, nous avons encore toutes les bonnes raisons de le méditer.

 

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Pour lire les articles consacrés aux grands maîtres du western et à James Stewart, cliquer sur leurs titres : 
 

LES GRANDS MAITRES DU WESTERN         JAMES STEWART - PORTRAIT

  

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16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 20:31

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Li Ahh et Li Ohm grandissent sans mère auprès de leur père Sui, qui répare les mannequins des magasins et est à tel point dévoré par son travail qu'il en délaisse ses fils. Ceux-ci sont livrés à eux-mêmes ; l'aîné de 9 ans prenant soin du plus jeune. Ils vont à l'école mais, ensuite, errent dans les rues et les terrains vagues où, un jour, ils recueillent un chiot abandonné. Le plus jeune, ne voulant pas s'en séparer, le cache dans son cartable et l'emmène avec lui à l'école. Mais la maîtresse s'en aperçoit et en parle au directeur, qui convoque le père. Ce dernier prend alors le chiot et va le déposer dans une décharge publique mais, devant le chagrin que cela provoque chez ses enfants, et surtout chez le plus petit, il est saisi de compassion et réalise à quel point il les aime...

Ce film un peu trop lent à mon goût - mais cela est le fait de beaucoup de films asiatiques, qui n'ont certes pas le débit des films américains - ne manque pas de charme, à cause de la tendresse qu'il dégage, de sa fraîcheur, de sa drôlerie et du jeu merveilleux des deux enfants confondants de naturel et de spontanéité. Comme les deux films d'hier après-midi dont je vous ai parlé dans l'article précédent, il est également le premier long métrage du cinéaste malaisien Liew Seng Tat, né en 1979 à Jinjang, qui vient d'être couronné, il a tout juste une semaine, par le Festival du film de Fribourg et  sera présent, le mois prochain, à Vancouver pour représenter ce jeune cinéma malaisien.


Selon ses propres dires, l'auteur a lui-même grandi dans un milieu familial harmonieux, plein d'amour et de rires, d'où cette vision assez idyllique de l'enfance et ce portrait de deux gamins surpris dans leurs jeux insouciants. Fait avec peu de moyens, un scénario réduit à sa plus simple expression, ce long métrage a été tourné la caméra sur l'épaule et nous rappelle ce que fut dans les années 60 la Nouvelle Vague française, suscitant un sentiment identique, celui d'assister à une tranche de vie saisie sur le vif et qui séduit d'autant mieux que l'oeil, qui se trouve derrière la caméra, est empli d'indulgence et que ce monde de l'enfance reste à jamais un univers privilégié. Une jolie réalisation qui est comme une bouffée d'air frais.

 

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LIEW_Seng-Tat_2007_Flower-in-the-Pocket.jpg

 


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16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 11:18

             VIDEO

                                                         
                                                            
Dans la petite ville de Takua Pa, au sud de la Thaïlande, Ton, un jeune architecte, a été chargé de surveiller les travaux de reconstruction d'une chaîne hôtelière, au bord de la plage récemment ravagée par le tsunami. Dès son arrivée de Bangkok, il choisit, dans l'arrière-pays, un hôtel modeste, tenu par une jeune femme discrète, au charme délicat. Peu à peu, elle et lui vont tisser  des liens de tendresse et vivre un amour empreint de pudeur et de retenue. Mais cela ne va pas être du goût de tout le monde, et du frère de Na en particulier, un voyou paresseux, père d'un jeune enfant dont la jeune femme s'occupe avec dévouement. Pour faire cesser cette liaison, on comprend vite qu'il est prêt à tout et, en effet, les provocations se succèdent. D'ailleurs celui-ci met en garde sa soeur, alors que, dans le même temps, il encourage  Ton à la protéger car, contrairement à lui, elle est un coeur pur. Cela jusqu'au dénouement, où l'on verra que pour la garder auprès de lui, il n'hésitera nullement à employer les moyens les plus radicaux...

                         Anchalee Saisoontorn. Memento Films

Avec sobriété, le réalisateur
Aditya Assarat, dont c'est le premier long métrage, a choisi de traiter le tsunami, qui a frappé les côtes thaïlandaises et provoqué un profond traumatisme parmi la population, à travers le destin de deux êtres attachants, âmes blessées dont l'histoire d'amour ne peut manquer de nous émouvoir, d'autant que le film nous peint cette liaison avec sensibilité et procède par petites touches, en une suite de plans au ralenti, à l'égal du sentiment qui éclôt entre  Na et Ton. Le cinéaste  a très bien rendu l'ambiance, s'attardant sur les maisons désertées, les objets de la vie quotidienne abandonnés là comme les épaves d'un autre temps, d'un autre monde, références à la solitude qui étreint les survivants. Ode touchante, avec quelques images superbes de cette région prise entre mer et montagne, tant appréciée des touristes autrefois, et soudain délaissée, mise à l'écart de la marche offensive du monde. Si bien qu'on se sent, tout au long du film, un peu hors du temps, au coeur d'une rêverie mélancolique exprimée sans faute de goût, sans excès, avec élégance et fluidité, par un jeune cinéaste qui réussit là un ouvrage grave, empli d'une poésie simple et quotidienne et mérite que l'on suive avec attention la suite de ses réalisations.

Prix du Jury du 10e Festival du Film Asiatique de Deauville

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 

 

 

                       Anchalee Saisoontorn. Memento Films

 

                       Memento Films

 

 

 

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15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 13:08

              

 

                                             

Quel est le dénominateur commun entre ces quatre affiches : le jeune et brillant metteur en scène Jia Zhang-ke, né en mai 1970 à Fanyang, au nord de la Chine. A dix-huit ans, il entre à l'école des Beaux Arts de Taiyuan  pour y étudier la peinture  et développe, en même temps, un intérêt pour la fiction, ce qui le conduit à écrire et publier un premier roman, avant d'être admis à l'Académie du film de Pékin. Deux ans plus tard, il fonde le Youth Experimental Film Group, première structure de production indépendante en Chine. Dès 2000, Jia Zhang-ke obtient la reconnaissance de la critique et du public avec son second film  Platform ;  ensuite Plaisirs inconnus est présenté en compétition au Festival de Cannes et, en 2004, The world l'est au Festival de Venise, tandis que son auteur reçoit l'Ordre des Arts et des Lettres du gouvernement français. Still Life, son cinquième long métrage, remportera le Lion d'Or du Festival de Venise en 2006. Ainsi, en quelques années, Jia Zhang-ke est-il devenu l'une des figures emblématiques de la "sixième génération" de cinéastes chinois. C'est la raison pour laquelle le Festival de Deauville avait à coeur de rendre un hommage particulier - avec la projection de l'intégrale de son oeuvre - à ce jeune réalisateur et scénariste qui a su, en une décennie, s'imposer de façon magistrale sur la scène internationale cinématographique. En montant sur scène, Jia Zhang-ke a tenu à souligner que c'était derrière sa caméra qu'il avait le plus de courage pour témoigner d'un monde en difficulté et défendre ses idées personnelles, considérant la création comme le seul lieu de véritable indépendance. D'ailleurs le documentaire, qui fut projeté ensuite, Useless ( 2007 ), illustre parfaitement cette profession de foi en nous proposant l'interview d'une styliste surdouée qui a choisi de se consacrer à un  prêt-à-porter de luxe ( le luxe étant par excellence le propre de la haute couture, aussi bien que de toute forme d'art ) et de promouvoir une mode ( durable et non jetable comme le prêt-à-porter industriel ) qui mêle passé et présent, au point qu'elle enterre certains vêtements durant quelques mois, afin qu'ils s'imprègnent de l'histoire du monde et portent sur eux l'empreinte du temps. Intéressant cet intérêt que les artistes chinois et asiatiques, en général, vouent à la mémoire, eux qui ont été marqués par une idéologie qui entendait faire table rase du passé et effacer, autant que faire se peut, la généalogie des peuples.
Cet hommage précédait celui qui fut dédié un peu plus tard à un autre grand cinéaste chinois ( la journée de vendredi était consacrée à la Chine ) Jiang Wen, mais auquel je n'ai pu assister, étant appelée par d'autres obligations, aussi je ne veux pas tarder davantage à vous parler d'un film que j'ai beaucoup apprécié et qui fait partie des longs métrages en compétition : le très beau The Red Awn ( les moissons pourpres ), premier long métrage de Cai Shangjun.

 

                       

Ce film nous conte de façon sobre, avec une succession de plans d'une rare économie, l'histoire d'un homme qui, ayant quitté sa femme et son fils pour tenter de trouver du travail à la ville, est resté cinq ans éloigné de chez lui, au point que son fils, ulcéré qu'il ne soit pas revenu au pays lors du décès de sa mère, l'a déclaré mort aux autorités régionales. Le film commence au moment où le père regagne son domicile et trouve son fils dans un état de telle hostilité qu'ils vont se battre et que le jeune homme sera un instant tenté de le tuer. Afin d'amorcer un geste de réconciliation, le père va lui proposer de se joindre à lui pour les moissons, car, sachant conduire une moissonneuse, il a été immédiatement embauché. Ce dernier refuse d'abord, puis finit par rejoindre son père. La suite sera une longue méditation sur les conflits entre générations, le recours aux valeurs du passé, la rivalité ville/campagne, la ville étant représentée comme le lieu où se perdent les individualités, où sévit l'esprit de masse, où l'être est conditionné et tenté par les plaisirs faciles ; alors que la campagne est celui où l'homme retrouve sa dignité d'être, où se jouent la renaissance de l'humain et la réhabilitation des traditions séculaires qui ont fondé les civilisations. On sait combien l'idéologie communiste a sacrifié le monde paysan parce que, d'instinct, il s'opposait au collectivisme, ayant, par nature, l'esprit d'indépendance et d'individualité. Cet opus est donc un chant grave dédié à la terre nourricière, à un labeur ancestral rythmé par l'horloge des saisons, un poème puissant, sans aucune fioriture, sur la quête de l'essentiel, la lutte intérieure qui est peut-être de toutes la plus difficile. En effet, le combat le plus rude n'est-il pas celui qu'on livre à soi-même ?  Le père a connu, pour sa part,  les atermoiements, les faiblesses, les lâchetés, les errements et sait que son fils les expérimentera à son tour. C'est pourquoi il est progressivement gagné par la confiance et la sérénité, il sait que le temps fera son oeuvre, il suffit d'avoir la longue patience de la terre. La dernière image est celle du fils revenu au domicile paternel pour substituer les économies du vieil hommes, sans que celui-ci ne bronche, et alors qu'il repart vers la ville, il arrache en passant quelques épis de blé et, soudain, comme frappé d'une révélation, se met à courir vers les champs qui ondoient sous le soleil...

  
Le cinéaste, en présentant son film, a dit : quand je me suis mis à tourner, c'était avec l'espoir que la morale et le sens des responsabilités avaient encore... une force ? Ce film en a une indéniablement et nous révèle un metteur en scène avec lequel il faudra compter à l'avenir. Ce coup d'essai étant un coup de maître.

 

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15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 10:03
Le bon, la brute et le truand de Sergio Leone

Alors que la guerre de Sécession fait rage aux Etats-Unis, trois hommes, absolument indifférents aux hostilités, consacrent toute leur énergie et toutes leurs balles de revolver à rechercher un trésor caché  par l’armée nordiste, opus qui clôt le cycle de ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui la "trilogie des dollars". Il est vrai qu’en un  court laps de temps, Leone a pulvérisé les codes du genre avec son style innovant dont la grammaire baroque se décline à partir d’un attirail de règles immuables : plans-séquences étirés en longueur, immenses silences, utilisation du grand angle, zooms arrière et travellings à profusion, le tout soutenu par une musique lancinante, celle d’Ennio Morricone. C’est la révolution. D’autant que les histoires de Leone (et, ne l’oublions pas, de son co-scénariste Sergio Donati) ne ressemblent à rien de ce qu’on a vu jusque-là. Cette révolution du western à la Leone marque l’arrivée tonitruante d’un nouveau genre avec le même personnage populaire du pistolero auquel le réalisateur donne le visage impassible de  Clint Eastwood. De même que ses deux comparses, Eli Wallach et Lee Van Cleef, qui contribuent grandement à la démythification volontaire de l’histoire traditionnelle de l’Ouest. Les moyens qu'utilisent le cinéaste lui permettent une ampleur spatiale et une dimension narrative peu communes, même lorsque les duels et les affrontements se développent comme de purs jeux formels.

 


Personnages atypiques,  le bon, la brute et le truand, improbable trio d’affreux, dans un monde impitoyable, immoral, cruel et rempli d’un humour sardonique, sortent leur pétoire pour un oui ou un non, faisant fi de tous les sentiments, même de l’amitié. Jusqu’au dénouement final, fantastique duel à trois dans un cimetière, scène d’anthologie qui marquera la fin de la collaboration entre Clint Eastwood et Sergio Leone. Le comédien craignait de se laisser enfermer dans un archétype mais, plus tard, devenu réalisateur à son tour, il rendra hommage au western spaghetti et de manière appuyée, puisqu’il incarnera à nouveau dans "L’homme des hautes plaines" cet individu sans nom qu’il fut à trois reprises pour Leone.

Il n'en reste pas moins que cet opus est un pur chef-d'oeuvre, interprété par des acteurs fabuleux, opéra baroque s'il en est qui défie les lois habituelles du western made in Hollywood. Inoubliable.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA EUROPEEN, cliquer  ICI


Et pour prendre connaissance de l'article que j'ai consacré à Sergio Leone, cliquer sur son titre :
 

SERGIO LEONE ou le cinéma comme opéra baroque

 

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Le bon, la brute et le truand de Sergio Leone
Le bon, la brute et le truand de Sergio Leone
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14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 12:19

      

                                               

Quel est le dénominateur commun des 3 affiches ci-dessus, me demanderez-vous ? La musique !  Oui celle d'un prestigieux compositeur auquel Deauville rendait hommage le soir du 13 mars 2008, devant un parterre réceptif aux tonalités sensibles et délicates de Joe Hisaishi, qui fut longuement applaudi en présence de l'ambassadeur du Japon, du maire de la ville et de Lionel Chouchan le président du Festival. Cet hommage, lors de cette soirée consacrée au Japon, nous a permis de mieux connaître l'auteur de tant de mélodies inoubliables, dont celles des films illustrés par les affiches. Mais il y en a beaucoup d'autres qui ont contribué à asseoir la réputation internationale de ce musicien hors pair, qui débuta sa carrière en jouant et produisant des oeuvres contemporaines lors de plusieurs concerts. En 1982, il livrait  information, son premier album solo. Depuis sont sortis Piano Stories, My lost City, Chijo No Rakuen, Works I, Shoot the Violist et d'autres encore dans lesquels il affirme un style unique, affranchi des barrières séparant les genres musicaux. En 2006, il a reçu le Prix de la Meilleure Musique décerné par la Los Angeles Film Association pour Le Château ambulant de Hayao Miyazaki. En tant que chef d'orchestre, Joe Hisaishi est devenu le premier directeur musical du New Japan Phil World Dream Orchestra, organisé par le New Japan Philharmonic. Il a composé récemment la musique des derniers longs métrages de Jiang Wen ( Le soleil se lève aussi ) et de Hayao Miyazaki (Ponyo on the Cliff ).

 

              

Et quel est le point commun entre ces quatre nouvelles affiches ? L'acteur Kôji Yakusho auquel Deauville rendait également hommage. Un hommage mérité pour une belle carrière qui a fait de lui l'acteur le plus célèbre du Japon, une véritable icône nationale. D'autant que sa renommée a depuis longtemps dépassé les frontières de son pays et qu'il est devenu, au fil des années, une star internationale. Né le 1er janvier 1956 à Nagasaki, Kôji Yakusho débuta sa carrière de comédien en 1983 en interprétant un seigneur de guerre féodal dans Tokugawa leyasu, série télévisée qui remporta un vif succès. En 1988, il obtient son premier rôle titre dans le long métrage Another Way de Kosaku Yamashita et l'année suivante l'équivalent du César japonais. Le voilà lancé et, désormais, le succès ne se démentira plus. Je ne puis nommer ici tous les films auxquels il a prêté son talent et sa présence, mais les cinéphiles du monde entier connaissent son visage et sa façon très concentrée d'aborder les rôles les plus divers. Sachez qu'il sera prochainement sur les écrans dans Silk de François Girard, Paco and the Magical Book de Tetsuya Nakashima et Tokio Sonata de Kiyoshi Kurosawa.

                       Koji Yakusho. Metropolitan FilmExport


Ces deux hommages rendus, les lumières se sont éteintes pour laisser place à la projection du troisième film en compétition : Funuke Show Some Love, You Losers ! de Yoshida Daihachi de nationalité japonaise, né en octobre 1963 à Kagoshima. Oeuvre décevante qui raconte l'histoire de Sumika, une jeune fille égocentrique et arrogante qui se croit destinée à une carrière d'actrice et terrorise, par son caractère violent, sa famille auprès de laquelle les obsèques de ses parents, écrasés par un camion, l'ont ramenée. Le village, où ils demeurent, est perdu dans la montagne et Sumika s'y ennuie ferme, essayant de se constituer une cagnotte en se prostituant, afin de retourner au plus vite à Tokyo, ville des mirages. Sa soeur semble contrecarrer ses projets en dévoilant la vie de la famille  dans des mangas d'une cruauté implacable et si réalistes et puissantes qu'elle obtient le premier prix d'un concours et est invitée à se rendre à Tokyo pour y débuter sa profession de dessinatrice. Ce film tragico-comique, à l'instar de cette famille japonaise conflictuelle, sombre tour à tour dans le pathétique et le grotesque, et, par ailleurs, se révèle être inutilement décousu, excessif et théâtral. Constitué de scènes au rythme saccadé qui ne s'emboîtent pas harmonieusement les unes dans les autres, il nous laisse sur un sentiment partagé entre l'agacement et la lassitude. Deux heures, c'était bien long Monsieur Daihachi pour nous livrer cet opus aux ramifications complexes et embrouillées, qui nous donne la désagréable impression que vous n'aviez pas grand chose à nous dire. Quant aux acteurs, malgré leur bonne volonté, ils ne parviennent pas à sauver le film.


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LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 

 

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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 17:54

                                                   
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Grosse déception que le film Beautiful, qui était projeté cet après-midi en présence de son auteur, premier long métrage de ce réalisateur coréen du nom de Juhn Jaihong, né le 29 juillet 1977 à Séoul. La déception vient surtout du scénario qui raconte l'histoire d'une femme très belle que tout le monde admire et envie. Elle est évidemment la proie des regards masculins et se fait draguer en permanence. Jusqu'au jour où elle ouvre par mégarde sa porte à un homme qui s'est annoncé comme venant relever les compteurs et qui, en définitive, la suivait depuis longtemps, lui laissant sur son portable des messages enflammés. Cet homme va la violer mais se rendre peu de temps après à la police. En guise d'excuse, il avoue à Eunyoug, en présence des policiers, que ce n'est pas elle qui est la victime mais lui. Il  prétend avoir été violé par sa beauté. Le commissaire n'est pas loin d'opiner dans ce sens. Après tout cette jeune femme élégante, sexy, coquette, ne fait-elle pas tout pour rendre la gente masculine enragée.
A partir de ce constat, Eunyoug va se culpabiliser et, cédant à la peur, faire en sorte de se détruire à petit feu. D'abord en se gavant de nourriture, ensuite en s'en privant, mettant sa santé en péril, si bien que nous assistons à une descente aux Enfers extrêmement pénible. Il faut reconnaître à l'actrice Cha Soo-yeon de jouer avec beaucoup de conviction et de réalisme le rôle de cette beauté déjantée qui va lentement se perdre, se consumer jusqu'au désastre final.


Tout cela est très long et finalement très ennuyeux, d'autant que le cinéaste ne fait passer aucun message. C'est le spectacle d'une destruction irrémédiable dans un monde qui ne semble préoccupé que de sexe.  C'est surtout  la démonstration affligeante d'un 7e Art sombrant dans le cinéma réalité et la création  remplacée par une simple transcription des faits. Espérons que ce metteur en scène de 31 ans sera mieux inspiré la prochaine fois.


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7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 10:48

                       Robert Redford. Warner Bros.

 

 

 

Se voulant l'antithèse des premiers westerns, ceux magnifiquement illustrés par John Ford ou Fred Zinnemann  qui relataient l'épopée de la conquête de l'ouest magnifiée par la grandeur des héros, films qui liaient le tragique au romanesque et s'accompagnaient de chevauchées et de poursuites, de règlements de comptes et de batailles,  Jeremiah Johnson  ( 1972 )  de Sydney Pollack  va nous conter la vie d'un homme qui, dégoûté par le monde civilisé, gagne les montagnes Rocheuses pour y mener la vie rude et dangereuse des trappeurs et se lie d'amitié avec la tribu indienne des Têtes-Plates. C'est ainsi que ce long métrage ferme le cercle ouvert par La ruée vers l'Ouest ( 1931 ) ou La charge fantastique( 1941 ), en nous proposant un destin absolument contraire à celui des pionniers d'antan : un homme qui tourne le dos à cette civilisation pour revenir à la vie primitive, au coeur d'une nature encore sauvage. Cependant Pollack n'a pas suivi à la lettre la philosophie d'un Jean-Jacques Rousseau  et a eu le mérite de nous montrer que les antagonismes, qui subsistent au coeur de cet univers, sont aussi violents et sanglants qu'ailleurs. Cet univers, en effet, n'a rien d'angélique et les instincts de l'homme n'y sont pas à l'abri de la cruauté et de l'esprit de vengeance, hélas !  - aussi verrons-nous dans le film des Indiens tuer un enfant et une femme qui vivaient avec Johnson pour le punir d'avoir traversé leur cimetière.

 

 

Pour réaliser ce film, Pollack fit appel à Robert Redford qui avait déjà été son interprète en 1966 dans Propriété interdite. Les deux hommes décidèrent alors de ne reculer devant aucune difficulté pour assurer au film une réelle authenticité. C'est pourquoi ils exigèrent de la Warner Bros de tourner dans l'Utah à presque 4000m d'altitude, dans des conditions qui furent particulièrement pénibles. La Warner Bros finit par accepter, à condition que le budget ne soit pas dépassé.

 

                                      Metropolitan FilmExport    Universal Pictures


 

" Ce qui m'a surtout intéressé " - déclarait Pollack - " c'est le personnage du montagnard qui quitte sa civilisation pour aller sur la montagne ( les Rocheuses ont un pouvoir particulièrement attractif ), afin de se créer une vie selon ses désirs. Mais une fois à l'intérieur de ce bloc montagneux qui promet les rêves les plus fous, il se rend compte que la vie y est dure, que la nature a aussi ses lois, tout comme les Indiens. Il m'intéressait donc d'avoir ce personnage pour bien faire sentir que la fuite n'est pas un moyen, qu'une société sans loi n'est pas possible. Ainsi nous avons décidé avec Redford de respecter le plus possible cette authenticité ".

 


Et il est vrai que ce film s'attache à rendre avec précision les spectacles de la nature, la vie des animaux, la survie et l'existence quotidienne en ces terres isolées, existence rythmée par le passage des saisons. Jeremiah Johnson doit s'y acclimater et rien n'est aussi simple que prévu. Devenu chasseur habile, grâce aux conseils de Griffe d'Ours, il est amené à recueillir un jeune garçon nommé Caleb, dont la mère est folle, et à sauver le trappeur Del Gue, enterré vivant par les Indiens. Reconnu par les Têtes-Plates comme un guerrier valeureux, on lui attribue aussitôt la responsabilité de la mort des Pieds-Noirs tués, en réalité, par Del Gue. Aussi, pour les reconquérir et obtenir à nouveau leur confiance, Jeremiah se voit-il dans l'obligation d'épouser Swan, la fille du chef indien.



C'est alors qu'un groupe de militaires lui demande de leur servir de guide pour tenter de retrouver des pionniers bloqués par les neiges, mais, afin de gagner du temps, ceux-ci vont avoir la maladresse et l'imprudence de traverser le cimetière sacré des Crows, qui considéreront cela comme une profanation. Si bien qu'ils vont venger cet outrage en tuant le jeune Caleb et Swan, la femme de Jeremiah. Révolté par un tel acte de barbarie gratuit, celui-ci prend son fusil et abat tous les Crows qu'il rencontre. Puis, lassé de ces tueries, il part pour le Canada et croise en chemin le chef des Crows qu'il saluera et qui lui rendra son salut.

 


Initialement, il était prévu que Jeremiah meure gelé comme si la montagne, après lui avoir volé ses rêves, lui volait sa vie, mais le cinéaste décida d'opter pour un final plus optimiste en le laissant en vie et en indiquant, avec l'échange des saluts, que les hommes des hautes terres finissent toujours par se comprendre, car il y a entre eux comme un pacte secret gagné de haute lutte par leur âpre apprentissage de l'adversité.

 

 Pour lire l'article consacré à Sydney Pollack, cliquer sur son titre :  

 

SYDNEY POLLACK

 

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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 10:13

                         Kerry Washington. Lakeshore Entertainment 

                                                      

 

Présenté le dernier jour du Festival du film américain de Deauville en septembre 2007, The dead girl de Karen Moncrieff, qui a obtenu le Grand Prix, ne m'a pas pleinement convaincue. Destins croisés de cinq femmes qui, à la suite d'une découverte macabre - le corps assassiné d'une jeune femme - vont être mis en perspective et nous être contés en parallèle comme des fragments autonomes. Toutes ces femmes sont des victimes : l'une ( Toni Collette ) est tyrannisée par sa mère infirme, une autre cherche en vain à faire le deuil d'une soeur, une troisième ( Mary Beth Hurt ) s'aperçoit que son mari est un serial killer et s'efforce de cacher les preuves de ses crimes, enfin la mère de la jeune fille morte tentera de comprendre comment ce malheur a pu se produire. Enfin, il y a l'histoire de cette "dead girl " nommé Krista, interprétée par Brittany Murphy qui, tel un diamant noir, reflète les sombres lumières de ces existences éclatées : ayant fui les avances d'un beau-père, elle va se trouver prise dans un réseau de prostitution, se droguer et s'enliser dans la déchéance. La mort, elle la croisera alors qu'elle portait à son enfant, qu'elle avait placé dans une famille d'accueil, un petit cadeau d'anniversaire...

 


                      Brittany Murphy. Lakeshore Entertainment  Rose Byrne et James Franco. Lakeshore Entertainment


 


Tout cela est tragique et, pas un instant, on ne sort de cette malédiction qui semble peser sur ces êtres marqués par la fatalité Ce film ténébreux et funèbre nous décrit, avec un sens aigu de la narration et en assumant avec maîtrise la peinture de ces cinq portraits, les images d'une douleur quotidienne qui ne laisse aucun détail au hasard, pas même les plus insoutenables. L'enjeu de la cinéaste n'est nullement d'enquêter sur le meurtre de la jeune femme, mais sur les conséquences que cette mort aura sur les quatre autres personnages, l'ombre portée par la découverte de son cadavre. Néanmoins, Karen Moncrieff ne parvient pas à prendre suffisamment de hauteur, trop prisonnière de son narratif, pour inciter à une réflexion plus profonde sur le sens de ces vies, sur le pourquoi de la violence à laquelle ces femmes sont confrontées.

 

 

                       Toni Collette. Lakeshore Entertainment  


 

De ces existences malmenées, il est certain que celle de la mère de la victime est la plus émouvante, incarnée par une Marcia Gay Harden qui s'est pleinement investie dans son rôle. Mais il reste que la fin est décevante, bâclée, que cet infini malheur ne parvient pas à déboucher sur une consolation quelconque, ne s'ouvre pas sur une dimension plus large, moins dévastée, propre à laisser entrevoir une renaissance possible ; film ravageur s'il en est, habité par une douleur aveugle, dont on sort dans un état de stupeur. Cependant, on ne peut nier qu'un talent se profile avec force à travers un film coup de poing et que se révèle, dans cet océan de larmes, un tempérament de metteur en scène.

 

 

 Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

 

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                      Marcia Gay Harden. Lakeshore Entertainment

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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