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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 10:09

Studio Canal                      


Après Orgueil et Préjugés,  Reviens-moi,  le dernier opus d'un jeune cinéaste de 35 ans, présenté en ouverture à la Mostra de Venise, s'inspire d'une oeuvre littéraire - ce qui est de plus en plus courant dans le cinéma actuel - et est interprété par une Keira Knightley  lumineuse, déjà la vedette de la précédente réalisation, ce qui fait que le cinéaste, la connaissant bien, a su tirer le meilleur d'elle-même. Cette fois, Joe Wright a porté son choix sur Atonement ( en français expiation, titre que le film aurait dû conserver ) de Ian MacEwan, oeuvre introspective romanesque et romantique qui se déroule dans l'Angleterre encore puritaine de l'entre-deux-guerres et explore la conscience humaine autour de deux thèmes : la culpabilité et l'expiation. 


Tout se joue en une journée torride au coeur d'une propriété victorienne où Brionny, qui veut se consacrer à la littérature, épie sa soeur aînée Cecilia qui vit auprès de Robbie, le fils de la cuisinière, une passion amoureuse. Un geste équivoque, mal interprété par cette fillette de 13 ans, sera à l'origine d'un drame familial qui, en brisant leur vie, entraînera les principaux personnages vers un destin tragique. Ainsi est-on plongé dans un théâtre des apparences qui conduit le film à être le révélateur des interprétations diverses et complexes des protagonistes. La caméra ( principalement dans la première moitié du film ) s'attarde à nous livrer la vision personnelle de chacun d'eux par un recours un peu excessif aux flash-back, afin de nous prouver que chacun ne voit jamais de l'existence que ce qu'il veut bien en voir. La subjectivité est ici un prisme qui modifie en permanence la nature des choses.

 

                     Keira Knightley. Studio Canal


Film d'une grande intensité romanesque, Reviens-moi met en scène trois personnages dont l'un d'eux ne nécessitera pas moins de trois actrices pour l'incarner dans trois périodes différentes de sa vie : à 13 ans, lorsque tout va basculer, Brionny a les traits de la jeune Saoirse Ronan d'une maturité et d'une présence extraodinaires ; ensuite ceux de la délicieuse Keira Knightley qui a travaillé le rôle de façon à rendre la métamorphose aussi crédible que possible, reprenant des attitudes, des expressions de la jeune Saoirse ; enfin, au crépuscule de sa vie, ils seront ceux très poignants de Vanessa Redgrave. Ce film est donc essentiellement féminin, bien que la guerre de 39/45 soit présente, guerre à laquelle le jardinier Robbie Turner ( James McAvoy ) participera malgré lui, seul personnage aimable et victime sacrifiée aux perfides stratagèmes d'une enfant exaltée et fabulatrice. 

 

                    Keira Knightley. Studio Canal  James McAvoy. Studio Canal


A l'intimité feutrée et manquant de dynamisme de la première moitié du film,  succède, comme un chapitre très différent, une seconde moitié traitée de manière à ouvrir l'écran sur un monde en plein conflit mondial, si bien qu'après le huit-clos du château victorien, nous plongeons en plein coeur de la drôle de guerre et assistons à l'embarquement de troupes alliées à Dunkerque, ce qui a obligé le réalisateur à faire appel à deux mille figurants, démesure inattendue dans un film qui s'amorçait sur un registre tout autre :  l'analyse des états d'âme. Esthétiquement, la mise en scène est parfaite et compense certains défauts inhérents à des scènes trop languissantes vers le milieu du film, ce qui autorise le cinéaste à renouer avec un rythme plus rapide et à redonner une densité complexe et énigmatique à cette oeuvre qui joue sur les variations  sentimentales de la nature humaine. A recommander aux amateurs de romanesque.

3-e-toiles


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Reviens-moi-19.jpg

 

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28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 12:22

                          Valeria Bruni Tedeschi. Wild Bunch Distribution


                                                                     BANDE ANNONCE

 


Pour ce second long métrage en tant que réalisatrice, Valeria Bruni Tedeschi a atteint son objectif de nous sensibiliser, avec un mélange de fantaisie et de compassion, aux sentiments qui peuvent tout à coup bouleverser l'existence d'une femme de 40 ans qui prend conscience qu'elle a passé le plus clair de son temps dans l'illusion, car jouer est un leurre ; il y a donc soudain face au jeu, le JE du soi qui  réapparaît et remet tout en cause. Contrairement à Rimbaud qui affirmait que Je est un autre, Valéria Bruni Tedeschi opte pour la thèse opposée : l'autre s'est emparé du Je au point de le mutiler, étant donné que l'acteur est sans cesse contraint de se quitter pour être l'autre.

 

                      Valeria Bruni Tedeschi et Louis Garrel. Wild Bunch Distribution


Et d'ailleurs, que sait-on des actrices, ces femmes un brin exhibitionnistes dont le métier est d'impressionner la pellicule, même si celles d'aujourd'hui s'efforcent de plus en plus de ressembler à Madame-tout-le-monde ? Par ailleurs, le succès est-il incompatible avec le bonheur ? Faut-il avoir tout connu pour être une actrice tout terrain et est-ce un atout supplémentaire que de cacher dans sa besace quelques vieilles névroses qui vous aideront à élargir l'éventail de vos émotions ? Ces interrogations sont posées dans Actrices de Valeria Bruni Tedeschi qui sait d'autant mieux ce dont elle parle, qu'elle est passée par la case actrice - ce qu'elle est toujours, même dans ses propres films - avant de prendre pied dans celle de réalisatrice. Sorte de Woody Allen à la française, elle nous brosse le portrait d'une comédienne de talent en manque de maternité avec une réelle justesse d'observation, une angoisse pleine d'allégresse et un sens inné de la loufoquerie ; en quelque sorte une folie douce qui n'en est pas moins empreinte de la gravité que l'on peut circonscrire par ces quelques mots : assez jouer, soyons.

 

Ouvrant subitement les yeux sur les sacrifices qu'elle n'a cessé de consentir pour devenir une star, Marcelline ( en hommage à Marcello Mastroïanni ) s'aperçoit qu'elle n'a pas de vie personnelle, pas de mari, pas d'enfant, alors que se profile l'échéance de sa quarantième année. Serait-ce trop tard ? La panique se saisit d'elle devant cette existence qui lui semble gâchée, alors qu'elle amorce les répétitions d'une pièce de Tourgueniev " Un mois à la campagne " dans le rôle de Natalia Petrovna. Est-elle cette héroïne d'un passé déjà aboli ou une femme encore jeune qui a laissé filer le temps sans rien bâtir par elle-même et pour elle-même ? Tourné presque en totalité au théâtre des Amandiers, afin de rendre plus oppressant et réel un sentiment d'enfermement et de claustration, ce long métrage est une réussite qui ne cède à aucun moment au pathos. Préservé de ce danger par l'intelligence, la drôlerie, l'auto-dérision, cette tragi-comédie pleine d'ironie et d'impertinence, roborative au possible, se révèle être un formidable coup de dé et coup de fouet. On la regarde avec jubilation tellement elle touche juste et raconte vrai. A ne pas manquer.


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                Valeria Golino et Valeria Bruni Tedeschi. Wild Bunch Distribution

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21 décembre 2007 5 21 /12 /décembre /2007 11:04

                      Buena Vista International

                                                               BANDE ANNONCE

                                                                   

Gone, Baby, Gone comme Mystic River de Clint Eastwood est une adaptation d'un roman  de Dennis Lehane. Il y a donc des points de convergence entre ces deux films : la ville de Boston, les disparitions d'enfants, la pédophilie. Mais la comparaison s'arrête là. Le film de Ben Affleck,  présenté le 5 septembre lors du Festival du film américain de Deauville en première mondiale, ne possède pas les mêmes qualités que celui d'Eastwood : mal construit, confus, il n'en finit pas de finir et se perd dans les méandres d'un récit lent et embrouillé qui ne parvient pas à émouvoir, alors même qu'il traite d'un sujet aussi sensible. Ce premier long métrage d'un acteur tenté par la mise en scène - mais n'est pas metteur en scène qui veut - a manqué en partie sa cible. Peut-être parce que le projet était trop ambitieux et qu'il aurait été préférable, pour un coup d'essai, de choisir un scénario plus simple, moins complexe à traiter.

L'histoire se résume ainsi : une petite fille de 5 ans vient de disparaître dans un quartier chaud de Boston où sévissent drogue, violence et pédophilie, un milieu où misère, racisme, désoeuvrement ouvrent en permanence les vannes à tous les débordements. Le décor est planté et il est sinistre. La police a été alertée depuis trois jours mais aucune piste ne semble devoir aboutir. C'est alors que la tante de l'enfant contacte un jeune homme qui fait office, à l'occasion, de détective privé, afin qu'il cherche une nouvelle issue, non seulement parce qu'il a grandi dans ce quartier, mais parce qu'il connait beaucoup de monde et pourra agir avec davantage de discrétion. Il sera d'ailleurs le seul à passer outre aux apparences simplistes de la situation. Tout au long du thriller, on le verra se positionner face aux questions morales qui se posent à lui, se livrant à une réflexion personnelle qui me semble être l'atout majeur du film. Celui-ci s'ouvre d'ailleurs sur les paroles qu'il prononce, donnant ainsi le ton et le sens de l'oeuvre : J'ai demandé au prêtre de ma paroisse comment comprendre les injustices de la vie. Il m'a répondu : vous êtes des agneaux parmi des loups. Alors pour résister, soyez rusés comme des renards et innocents comme des colombes.

Cependant, lorsqu'il découvre auprès d'un pédophile notoire un enfant mort, cet homme, non violent d'habitude, va, sous le choc, abattre le responsable d'une balle dans la tête. Les sentiments ne sont pas forcément de bons conseillers... Avait-il le droit de faire justice lui-même ? Cette question brûlante honore le film ...d'autant que le jeune homme éprouve des remords. Il n'avait pas à jouer le justicier seul. Par la suite, un autre problème se posera à lui après que l'on ait retrouvé la petite fille. Doit-on la rendre à sa mère infantile et délinquante ou la laisser à ses kidnappeurs qui l'élèveront avec attention et amour ?  Malheureusement, la conclusion qui clôt le film reste trop évasive à mon goût. C'est à ce moment là qu'il aurait pu décoller et ouvrir un débat de qualité ou, du moins, mieux analyser le drame intime du personnage.


                     Morgan Freeman, Casey Affleck et Michelle Monaghan. Buena Vista International Ed Harris. Buena Vista International 


Il est certain que Patrick Kenzie, ce jeune détective, aime les gens et qu'il est empli de compassion à leur égard. N'est-ce pas la raison qui l'incite à défendre les droits de la mère à garder sa petite fille, bien qu'il la sache indigne de ce rôle et dans l'incapacité d'assumer ses responsabilités ? D'ailleurs l'enfant a été enlevée alors que celle-ci était en train de sniffer de la drogue dans un misérable bar. Dans un premier temps, il semble même que l'enfant n'ait servi que de monnaie d'échange pour se procurer le stupéfiant... Je ne dévoilerai pas les divers rebondissements d'une intrigue longue à se conclure mais qui a toutefois le mérite de rendre avec réalisme  l'ambiance de ce quartier ouvrier de Boston. Le devons-nous au choix de Ben Affleck d'avoir recruté ses figurants parmi les habitants ? Peut-être ! Mais si le réalisme est au rendez-vous, la lisibilité de l'intrigue reste son point faible. On ne parvient pas à entrer pleinement dans cette action brouillonne et dans cette oeuvre insuffisamment charpentée et rigoureuse. Par contre, il faut reconnaître au jeune acteur Casey Affleck, le frère du réalisateur, d'avoir insuflé à son personnage une vraie chaleur humaine et posé sur ces âmes perdues un regard bienveillant. Il illumine la pellicule de sa présence et nul doute que s'ouvre devant lui une brillante carrière.

 

3-e-toiles

 

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                       Casey Affleck. Buena Vista International

 



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19 décembre 2007 3 19 /12 /décembre /2007 10:10

130-331.jpg    1929 - 1993

                                        


Il y eut d'abord un minois, puis une silhouette, enfin une présence, qui, depuis Vacances romaines, habitait l'écran et allait peu à peu s'emparer de l'imaginaire de plusieurs générations de cinéphiles. Une femme que nous avons aimée non pour ce qu'elle représentait mais pour ce qu'elle était et qui ,en vingt ans de carrière et vingt films, marquera  la mémoire collective d'un souvenir étonnement prégnant. Audrey Hepburn était notre éternelle jeune fille, un être d'une grâce juvénile qui ployait, certes, mais ne rompait pas. Tous ceux qui l'ont approchée le confirme : elle était très professionnelle, très précise, forte dans sa vie et son travail et infiniment perfectionniste.

 

Audrey Kathleen Hepburn-Ruston était née le 4 mai 1929 à Bruxelles d'une riche baronne hollandaise Ella Van Heemstra et d'un rentier irlandais qui vont très vite divorcer. Elle sera mise en pension en Angleterre et ne verra plus son père qui n'usa jamais de son droit de visite. Cet abandon affecte profondément la sensibilité de la petite fille. Elle a dix ans lorsque la guerre se déclare et que sa mère, pensant la Hollande plus sûre, la fait rentrer d'Angleterre à Arnhem où elle va beaucoup souffrir des privations endurées par la population sous l'occupation allemande. Sa seule consolation sera la danse à laquelle elle se consacre avec passion, envisageant une carrière de ballerine. Les biens de sa mère ayant été confisqués par les Allemands, la baronne et sa fille se voient dans l'obligation d'accepter d'être prises en charge par l'aïeul, le père d'Ella qui les héberge dans sa propriété. Audrey saura se rendre utile et user de son droit de résistance en portant des messages fourrés dans des chausettes ou des chaussures.



Dès 44, elle participe également  à la subsistance matérielle de sa famille en donnant des leçons privées de danse aux élèves les plus jeunes de son école. Après un hiver 44-45 terriblement dur, la Hollande est libérée pour les 16 ans d'Audrey, mais la jeune fille ne pèse alors que 45 kilos pour 1m71, souffre d'asthme, d'une jaunisse, d'anémie et d'autres maladies dues à la sous-alimentation. Sa santé en restera marquée pour le restant de ses jours. Elle continue toutefois la danse et commence à poser pour quelques photos de mode. C'est alors qu'elle auditionne pour une comédie musicale High Button Shoes où elle n'aura qu'une ligne de texte, mais cela suffit pour qu'elle soit remarquée et retenue pour participer à une pièce de théâtre et que son visage commence à être connu. Afin de s'améliorer, elle travaille, en plus de la danse, le chant et la diction. En 1951, elle obtient un rôle important dans The Secret People, puis dans Nous irons à Monte-Carlo. C'est à cette occasion qu'elle rencontre l'écrivain Colette  qui voit en elle sa Gigi idéale. Elle interprétera le rôle à New-York avec succès et, à la suite de ces représentations, signera un contrat avec la Paramount pour être la princesse de Vacances romaines auprès de Grégory Peck. Sa carrière est lancée et le succès ne se démentira plus.

 


             Les Acacias  Collection Christophe L. Paramount Pictures 


 

Le look d'Audrey devient une folie et sa coiffure sera copiée par des millions de femmes. Elle impose, en effet, une beauté radicalement autre que celles des stars habituelles d'Hollywood : si loin de la beauté sensuelle de Marilyn ou de Jane Russel, de celle glacée et lointaine de Greta Garbo ou encore de la cérébrale Katherine Hepburn. En 1953, elle tourne Sabrina de Billy Wilder et débute sa longue collaboration avec le couturier Hubert de Givenchy qui, dorénavant, l'habillera dans la plupart de  ses films. L'année suivante, après avoir interprété l'Ondine de Giraudoux sur scène, elle épouse l'acteur Mel Ferrer de douze ans son aîné et déjà père de quatre enfants. Ils tourneront ensemble Guerre et Paix de King Vidor ( 1955 ), puis Audrey enchaîne avec Drôle de frimousse ( 1956 ) au côté de Fred Astaire. En 1957, Mel Ferrer et elle travaillent pour le téléfilm "Mayerling" qui sera un échec, si bien que l'actrice s'engage pour  Au risque de se perdre qu'elle part tourner au Congo. Les prises de vue seront pénibles et fatigantes, mais le film n'obtiendra pas moins de huit Oscars, dont celui d'Audrey au titre de meilleure actrice. C'est certainement l'une de ses prestations les plus marquantes.

 

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En 1960, après une grossesse difficile, elle donne naissance à son premier enfant Sean Ferrer baptisé à Lucerne par le même pasteur qui avait marié Audrey et Mel. Aussitôt après, l'actrice est à New-York pour Diamants sur canapé de Blake Edwards qui lui vaudra d'être de nouveau nommée aux Oscars, mais cette fois sans l'obtenir. En 1962, Audrey tourne Charade  de Stanley Donen avec pour partenaire Cary Grant,  film qui sera sa plus grande réussite au box-office. Succédera My Fair Lady ( 1964 ) de George Cukor et  Seule dans la nuit  ( 1967 ), produit par son mari Mel Ferrer, avec lequel l'entente n'est plus si cordiale. 

Audrey va épouser le docteur Andréa Dotti qu'elle a rencontré lors d'une croisière. Le couple s'installe à Rome et Audrey aura le bonheur d'avoir un second fils Luca, né le 8 février 70. Après s'être retirée un moment des studios, l'actrice finit par sortir de sa retraite pour La rose et la flèche  ( 1976 ) auprès de Sean Connery.  Divorcée d'avec Dotti, elle s'éloigne peu à peu du cinéma et consacre beaucoup de son temps à l'Unicef pour lequel elle est nommée ambassadrice, visitant les endroits les plus démunis de par le monde. De ce travail, elle dira : " On m'a donné le privilège de parler pour les enfants qui ne peuvent pas parler eux-mêmes, et ma tâche est facile car les enfants n'ont aucun ennemi politique. Sauver un enfant est une bénédiction ; en sauver un million est une occasion donnée de Dieu".

Sa dernière apparition à l'écran aura lieu en 1989 dans un film de Steven Spielberg  : Pour toujours, où elle tient le rôle d'un ange.

En 1992, opérée d'un cancer du colon, elle souhaite retourner dans sa maison  "La paisible" où elle a vécu les plus beaux moments de sa vie familiale avec ses enfants et sa mère. Elle s'y éteint paisiblement le 20 janvier 1993, quatre mois avant son 64e anniversaire. Depuis lors, son élégance et sa grâce nous manquent.

 

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AUDREY HEPBURN - PORTRAIT
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Published by Armelle BARGUILLET - dans ACTEURS DU 7e ART
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18 décembre 2007 2 18 /12 /décembre /2007 10:54

                    


                                                                     VIDEO

 

Rio Bravo est sans doute le film le plus connu de Howard Hawks, au point que cette oeuvre bénéficie d'un statut quasi mythique, celui du dernier western classique où le réalisateur s'est plu à approfondir les sujets qui lui étaient les plus chers ( comme le fit également John Ford en son temps ) : humour,  rebondissements de l'intrigue et attention particulière consacrée aux traits de caractère de chacun des personnages.
Pour raconter une fois encore l'histoire d'un petit groupe aux prises avec un ennemi plus fort en nombre, scénario qui reprend en l'inversant celui de Le train sifflera trois fois, Howard Hawks a choisi de promouvoir un thème fédérateur, celui de l'avènement d'un ordre politique défini comme juste, parce qu'il prend en charge l'émancipation des faibles. Nous sommes donc loin des premiers westerns dont l'ambition n'était autre que de chanter les louanges de l'Etat Américain et de l'instituer dans la plénitude d'une épopée grandiose qui s'apparentait à la légende. Si bien que les 141 minutes de ce long métrage seront utilisées au mieux par un cinéaste qui sait user de toutes les ressources de son art.

Joe Burdette, homme autoritaire et coléreux abat un homme dans un saloon et est arrêté par le shérif Chance ( John Wayne ) qui va se battre pour empêcher que le frère de Joe ne parvienne à le libérer, grâce à sa puissante influence sur la région. Combat pour le droit, pour la morale, que le shérif entend mener au prix des risques que lui et les siens vont encourir. C'est donc a un noble affrontement auquel nous sommes conviés et, à travers lui, à la réhabilitation de Dude ( Dean Martin ), l'adjoint du shérif qui a sombré dans l'alcoolisme à la suite d'une déception amoureuse. Au final, ceux qui gagnent ne seront ni les plus forts, ni les meilleurs, mais des hommes capables de se remettre en cause et d'évoluer. Et il est vrai que nous n'assistons pas à un combat classique avec d'un côté les puissants, de l'autre les faibles, mais entre ceux qui ont à coeur de s'améliorer en vue du bien commun et ceux qui n'entendent servir que leurs intérêts et ne modifier en rien leurs sinistres habitudes. Cela est particulièrement vrai pour Dude qui est tombé si bas qu'il n'est plus qu'une épave humaine mais parviendra à se relever, grâce à son engagement pour une juste cause. Hawks a réellement mis l'accent sur l'aspect psychologique des personnages et ramassé son action en trois journées, n'utilisant guère les paysages extérieurs mais en faisant de Rio Bravo un quasi huit-clos. De même qu'il se plait à nous dépeindre des êtres sans volonté, redonnant vie aux perdants.

 

                     Corbis Sygma  Editions Montparnasse  Corbis Sygma

                       Dean Martin                      John Wayne                    Howard Hawks

L'apport de Jules Furthman comme scénariste donne à l'intrigue une incontestable vigueur. Alors qu'à prime abord les personnages pourraient apparaître comme appartenant à la convention westerniennen : le valeureux shérif, l'adjoint alcoolique, le jeune cow-boy plein de fougue, la femme de mauvaise vie au grand coeur -et que le décor est, pour sa part, tout aussi conventionnel : une ville provinciale ( Old Tucson en Arizona ) avec ses saloons, sa place, son hôtel, sa prison, sa grande-rue - autant d'éléments vus à de multiples reprises - Hawks saura les trascender superbement et de manière exemplaire, renouvelant le style du western et lui apportant une dimension originale et personnelle. Ainsi les rapports qui s'établissent entre Chance et Colorado ( Ricky Nelson ), le jeune cow-boy décidé à venger la mort de son patron et qui offre ses services au shérif,  ne sont pas les mêmes que ceux de John Wayne et de Montgomery Clift dans La rivière rouge ( lire ma critique en cliquant  ICI ), pas plus que Feathers, sublimement interprétée par la belle Angie Dickinson dont c'était là le premier grand rôle, ne rappelle les héroïnes précédentes de Hawks :Louise Brooks, Lauren Bacall,  Joanne Dru, car elle possède son individualité propre. On verra également dans ce film que les rapports homme/femme s'équilibrent et Feathers prendra dans certaines occasions le dessus sur Chance, particulièrement lors d'un dialogue éblouissant où elle impose sa volonté face à son partenaire sans doute déstabilisé par son amour pour elle.
" J'ai eu l'idée de Rio Bravo - dira Hawks - parce que je n'aimais pas un film intitulé High Noon ( Le train sifflera trois fois - lire ma critique en cliquant  ICI ). Pour moi un bon shérif ne se mettait pas à courir la ville, comme un poulet dont on a coupé la tête en demandant de l'aide ; et pour couronner le tout, c'est finalement sa femme quaker qui devait le sauver. Ce n'est pas comme ça que je vois un bon shérif de western. Un bon shérif se retournerait en demandant : " Est-ce que vous êtes à la hauteur ? Est-ce que vous êtes suffisamment à la hauteur pour prendre le meilleur sur les hommes ? " Le type répondrait probablement que non et le shérif ajouterait : " Eh bien, en plus, il me faudrait vous prendre en charge ".

Howard Hawks s'inspirera lui-même de Rio Bravo en réalisant par la suite El Dorado et Rio Lobo. Dean Martin fait ici l'une de ses prestations les plus fameuses, John Wayne est égal à lui-même dans le rôle du patriarche qui représente l'honneur et la force et les seconds rôles sont tous excellents. Un film qui fut salué, à sa sortie, par une critique unanime comme un chef-d'oeuvre. Et le demeure.

 

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15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 18:44

                   Bac Films  Yeong-ae Lee. Metropolitan FilmExport

 

C'est lors du Festival du film asiatique de Deauville en mars dernier que j'ai fait la connaissance du cinéaste Sud-Coréen Park Chan-wook, déjà bien connu des festivaliers pour avoir participé à l'édition 2001 et y avoir remporté le grand Prix avec Joint Security Area. L'année suivante, il entamait avec Sympathy for Mr Vengeance, une trilogie consacrée à la violence. Old Boy, le deuxième volet obtint le Grand Prix du Festival de Cannes 2004 et le troisième,  Lady Vengeance,  le Lion d'Avenir et le Prix de l'Innovation au Festival de Venise 2005. C'est dire que Park Chan-wook est d'ores et déjà un maître dans l'univers si vivant et prolifique du cinéma asiatique et que l'hommage, qui lui était rendu le 30 mars à Deauville, lors de la présentation, après Berlin, de son film I'm a cyborg, But That's ok , était amplement mérité, bien que le cinéaste le trouve prématuré. Regardé aujourd'hui comme une des figures marquantes du cinéma asiatique, ce Coréen ne craint pas d'être considéré à la fois comme un homme engagé et un provocateur, car cet enfant du Pays du Matin Calme ne cesse, à travers ses films, d'éveiller des sentiments vifs et autant d'éloges enflammées que de critiques acerbes.

          

             

Son premier coup de foudre cinématographique lui fut inspiré par Vertigo d'Alfred Hitchcock. L'oeuvre tragique du maître du suspense lui procura des frissons en faisant écho à son besoin de réponses fraîches aux questions existentielles - dira-t-il. A l'époque, cet étudiant sérieux se destinait à une carrière de critique d'art, mais c'est finalement la littérature et la philosophie qui lui ouvriront la voie de la réflexion sur le sens de la vie et de la condition humaine. Ses initiateurs auront noms : Sophocle, Shakespeare, Kafka, Balzac, Zola, Stendhal et Vonnegut et, dans le 7e Art, après Hitchcock, Roman Polanski. Elève d'une université catholique, il reçoit un enseignement qui l'incline tout naturellement à s'interroger sur l'existence divine. En outre, il est très tôt marqué par la division de la Corée et des drames qui s'ensuivent.

Sa fougue, ce feu intérieur, qui fait de lui un réalisateur impétueux et révolté contre la perte grandissante des valeurs essentielles, lui vaut des échecs cuisants et des débuts pour le moins difficiles et chaotiques. Certains auraient pu se décourager, pas lui. Ce mur d'incompréhension est une émulation supplémentaire qui l'incite à poursuivre une oeuvre personnelle, surprenante et d'une incontestable exigence. Alors que beaucoup ne lui prêtent qu'un univers ténébreux et brutal, d'autres commencent à percevoir, au fur et à mesure de ses réalisations, un message porteur d'un humanisme authentique, nourri par un amour désespéré de l'être. Park Chan-wook va tout au long de sa filmographie dénoncer le caractère pernicieux de l'argent qui pourrit l'homme jusqu'aux tréfonds de l'âme et suscite violences, affrontements, jalousies, malaises sociaux, déséquilibres psychiques. Avec le vertigineux Old Boy, il hausse encore le ton et se focalise sur la quête vengeresse d'un héros, vengeance qui finit par se retourner contre lui. Le triptyque, qui se poursuit sur une vision plutôt pessimiste de la rédemption, s'achèvera sur une leçon d'existence d'une sincérité consolante.

                      


Avec son dernier film Je suis un cyborg, Park Chan-wook s'écarte de la réalité et change de régistre pour explorer le surréel, projet qui lui tenait à coeur depuis longtemps. "C'est un monde qui m'intéressait, j'ai donc essayé de mettre en place un environnement qui soit plus proche du conte, du mythe - nous dit-il. Internée dans un hôpital psychiatrique, Young -goon est persuadée d'être un cyborg et refuse de s'alimenter. Mais une garçon va s'éprendre d'elle et tout tenter pour la ramener à la réalité. "Même si le film souligne à quel point la technologie prime dans notre société, il ne s'agit pas d'une critique de ma part" - poursuit le cinéaste. Le personnage de Young-goon est à la recherche d'une raison d'être. Car il y a cette question récurrente qui se pose sans cesse et hante le cinéaste : Pourquoi sommes-nous sur la terre ? C'est une question qui est à l'origine de beaucoup d'oeuvres d'art, celle qui a mis l'homme sur le chemin de la pensée." Je voulais soumettre cette question au public de la manière la plus directe possible" - ajoute Park Chan-wook. "Elle ne se pose pas dans les films commerciaux, on l'évite même, mais, cette fois, je voulais inciter le public à y réfléchir. Je me suis souvent demandé pourquoi la violence m'intéressait, alors que je ne suis pas violent moi-même. Mais cette violence coïncide avec une ambiance politique violente et angoissante. Pour l'avoir subie, elle s'est gravée en moi et c'est la seule piste que je vois pour expliquer la place qu'elle tient dans mes films. Je ne voulais pas non plus montrer les médecins qui soignent Young-goon comme des bourreaux, ni reprendre la tradition cinématographique de l'asile comme une institution fermée dans laquelle les patients sont torturés. Simplement ils se heurtent à des limites".

 

Comme dans ses films précédents, et bien qu'il considère celui-ci comme une comédie, Park Chan-wook nous fait assister à la lente reconquête de soi de son personnage principal Young-goon, interprétée par Soo-jung Lim, aux prises avec une société où chacun est inévitablement surveillé, brimé. L'héroïne rêve d'être une machine pour échapper à sa condition humaine vouée à subir le rouleau compresseur de l'uniformité. Mais l'amour guette, car seul l'amour peut nous sauver du doute et du désespoir. Acceptant de débrancher les curieuses antennes qui lui assurent une vie artificielle, la jeune femme va reprendre goût à la vie et s'alimenter à nouveau. Film étrange, d'une originalité plus que déroutante, il ne peut laisser personne indifférent, même s'il en exaspère beaucoup. Il y a là des fulgurances, une approche très personnelle d'une vie qui peut si vite basculer dans le virtuel et une incontestable quête d'espérance. Park Chan-wook nous montre à quel point le cinéma asiatique a des messages à nous proposer, cela par la voie d'une écriture revisitée, renouvelée, inhabituelle, mais pas toujours lisible...Loin des polars angoissants de ses films précédents, Je suis un cyborg se construits sur la métaphore de la différence et, vers la fin, adopte un rythme plus humain et apaisé avec ce qu'il faut de douceur et de mélancolie, tant cet opus plonge dans les arcanes de la compassion et de l'amour. Film troublant, inclassable, il n'en est pas moins bourré de trouvailles et d'innovations et assure un dépaysement qui, certes, déplaira à de nombreux spectateurs. Mais on ne peut refuser à ce cinéaste une marginalité géniale.



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15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 10:40

Affiche. Pascal Chantier / TFM         


 

Existe-t-il des baisers sans conséquences pourrait être le titre de ce film d' Emmanuel Mouret  révélé par la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, auteur de  Laissons Lucie faire,   Vénus et Fleur  et  Changement d'adresse  et qui, à travers cette oeuvre pleine de charme, nous propose une série d'interrogations avec une élégance et une fluidité qui ne sont pas sans évoquer le style d'un autre grand metteur en scène, dont il se recommande d'ailleurs :  Eric Rohmer.

 


Cela commence à Nantes par une rencontre entre Emilie ( charmante Julie Gayet ) et Gabriel ( Michaël Cohen ) qui passent une soirée ensemble, se plaisent et aimeraient tant se quitter sur un baiser, mais...  y renoncent pour des raisons qui leur sont personnelles, persuadés, qu'on le veuille ou non,  qu'un baiser vous engage.


 

                      Julie Gayet et Michaël Cohen. Pascal Chantier / TFM


 

A partir de là, l'histoire peut commencer. Ce baiser qu'ils se sont interdit, où les mènera-t-il, car il n'est pas sans conséquence non plus de l'avoir désiré ? Nous sommes à n'en pas douter dans une comédie qui n'est pas en adéquation totale avec notre société actuelle, comédie décalée, pleine d'un charme désuet, délicate et en demi-teinte qui évoque volontiers On ne badine pas avec l'amour, d'autant que cette variation bien tempérée sur les sentiments amoureux est servie par des dialogues élégants, concoctés par un cinéaste de la parole et du beau langage. Alors un film à contre-courant ? Sans doute, mais en nous proposant une réflexion sur le conflit passion et raison, parole et acte, vertu et plaisir, Emmanuel Mouret n'oublie pas de renouveler le thème et d'y apporter la contradiction en imbriquant un sujet dans un autre et en donnant vie et actualité à un second récit qui vient s'enchâsser subtilement dans le  premier et nous raconte les amours de Judith ( l'excellente Virginie Ledoyen ) et de Nicolas interprété par Emmanuel Mouret, lui-même, avec autant de cocasserie et de maladresse que de charme et d'artifice. Cette stratégie en miroir prolonge et amplifie le propos et les dilemmes et situations qui s'y rapportent, donnant lieu à un surprenant épilogue que je me garderai bien de vous révéler.




                    Frédérique Bel et Emmanuel Mouret. Pascal Chantier / TFM

 

 

Ainsi s'établit une métaphore très plaisante dans un style qui mêle habilement finesse et drôlerie, burlesque et romantisme, et où l'art prend toute sa place comme pour mieux nous convaincre que les exaltations de la chair peuvent aussi s'ériger en jeux de l'esprit. Admirablement servi par des acteurs qui se déclinent entre pragmatisme, ingénuité et machiavélisme, ce long métrage, parfaitement maîtrisé, nous offre un spectacle enchanteur, un met délicat mais pimenté, qui est l'une des plus grandes réussites de l'année. Marivaudage sensible et subtil, il se clôt par l'un des plus beaux baisers du cinéma. A ne pas manquer.

 

4-e-toiles

 

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                   Julie Gayet et Michaël Cohen. Pascal Chantier / TFM

 

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13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 09:41

Buena Vista International            


Auteur d'un film admirable  La marche de l'empereur, Luc Jacquet revient au cinéma avec un long métrage dont l'inspiration est antérieure au précédent, car tiré d'un souvenir d'enfance, quand il demeurait avec sa famille sur le plateau du Jura et se plaisait à vagabonder dans la nature et à y faire d'extraordinaires découvertes. Ces souvenirs l'ont si fort imprégné qu'il décida de commencer des études de biologie avant de changer son fusil d'épaule et de se consacrer à une activité plus esthétisante : le documentaire. Pour autant, il ne se considère pas comme un écologue qui serait venu à la nature par une fibre sensorielle, atavique ou affective. Je ne pense pas avoir de message à transmettre - s'empresse-t-il de dire - mais il reconnaît éprouver une empathie spontanée pour tout ce qui concerne l'environnement. Avant d'expliquer une situation - poursuit-il - d'ériger des lois ou de se montrer pédagogue, il faut aimer, en vertu d'un principe élémentaire : on protège en priorité ce qui nous touche. Et c'est bien ce qui nous charme dans ce film :  le regard d'enfant émerveillé que le réalisateur pose en permanence sur cette nature : une forêt des Abruzes qui ressemble furieusement à celle dans laquelle il a grandi. Au final - avoue-t-il - je me suis retrouvé dans l'Ain que je connais par coeur.  Et puis, ne nous y trompons pas : si l'auteur a choisi pour héroïne une petite fille, elle n'est guère différente de l'enfant qu'il était lui-même à cet âge. Il n'a fait que transposer en prêtant à la fillette ses yeux, ses émerveillements, ses découvertes, ses émotions devant un monde que l'homme semble incapable d'apprivoiser.  Nous appartenons à une société supra-rationnelle qui veut tout comprendre, tout expliquer. Or si le savoir permet d'éliminer l'obscurantisme et les délires, il ne doit pas empêcher l'imagination et l'émerveillement - précise-t-il en des termes qui ne sont autres que ceux d'une profession de foi.

 

 

                  Bertille Noël-Bruneau. Eric Caro / Bonne Pioche      Eric Caro / Bonne Pioche


 

Pour élaborer son scénario et cette histoire de renard, Luc Jacquet n'a eu qu'à se remémorer, d'autant que le renard a une portée symbolique et que le metteur en scène a été un fervent lecteur d'Antoine de Saint-Exupéry et de son Petit Prince ; ainsi s'est précisé ce rapport si idéalement poétique entre l'animal et l'enfant. Esope le mettait déjà en scène dans ses fables et, en 1150, il était pour Pierre Nivard, la projection du vulgum pecus dont on ne voulait pas dire le nom. N'oublions pas que le renard ne se contente pas d'être rusé, mais qu'il a du tempérament, de la suite dans les idées et un fichu sale caractère. C'est donc une star en puissance ...


Le tournage n'a pas demandé moins de 122 jours sur trois périodes avec pour objectif de mêler l'exigence qualitative de la fiction à la souplesse et au pragmatisme du documentaire. La direction d'acteurs était également nouvelle pour Jacquet et il reconnait volontiers que les débuts ne furent pas faciles. L'adorable petite Bertille Noël-Bruneau, qui fait beaucoup penser, par sa rousseur, à la fillette qui donnait la réplique à Michel Serrault dans  Le Papillon, étant une enfant réservée, il a fallu la conquérir et la rassurer. Par la suite, tout s'est passé au mieux, car elle s'est laissée emporter par l'histoire. Mais cette histoire, quelle est-elle ?


                      Bertille Noël-Bruneau. Eric Caro / Bonne Pioche

 

Celle d'une enfant qui préfère les randonnées aux consoles de jeux et surprend un jour une renarde qu'elle va apprivoiser et qui deviendra, au fil du temps, son amie secrète. Il lui faudra bien sûr déployer beaucoup de patience et endurer pas mal de déboires avant d'arriver à transformer cette petite bête sauvage en un animal de compagnie. De superbes prises de vue nous font assister à cette lente et irrésistible conquête et  nous prennent à témoin des espoirs, des victoires, mais aussi des peurs de la petite fille, tout en nous plongeant dans un univers animalier qui ressemble à un conte de Noël. Mais c'est justement là que le bât blesse et que réside la faiblesse du film. Ni tout à fait un documentaire puisqu'on sait que la renarde est apprivoisée ( je crois que six renardes ont été utilisées à tour de rôle ), ni tout à fait un conte, l'angle choisi par l'auteur étant trop anthropomorphique pour convaincre, il se trouve ainsi condamné à n'être ni l'un, ni l'autre et en pâtit malgré tout. Il y a bien entendu des scènes délicieuses comme la poursuite de la renarde par un lynx, des instants de découvertes authentiques dans la forêt crépusculaire, où le monde animal prend pour l'homme, si éloigné de lui, un caractère effrayant, mais l'ensemble du film déçoit par une vision un peu trop simpliste des choses. D'où une émotion parfois évacuée par des longueurs, alors qu'elle était  présente en permanence dans La marche de l'empereur. Je pense que l'auteur n'a pas assez travaillé et fouillé son scénario, si bien que le résultat a un goût de déjà vu. Néanmoins, tel qu'il est, avec ses temps forts et ses faiblesses, ce film plaira aux enfants petits et grands et les sensibilisera à la nature, ce qui est positif. S'il n'emporte pas ma totale adhésion, reconnaissons à l'objet d'être bien empaqueté et d'offrir de la nature une vision ravissante. Et ce duo enfant et renard a tout de même une saveur exquise.

 

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                    Eric Caro / Bonne Pioche  Eric Caro / Bonne Pioche

 

 

 

 

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12 décembre 2007 3 12 /12 /décembre /2007 09:46

                        Natalie Wood et James Dean. Warner Bros. 

 

                                                                      VIDEO MEMOIRE

Le 29 novembre 2011, cela fera trente ans que Natalie Wood a été retrouvée noyée près de l'île de Catalina dans la baie de Los Angeles, alors qu'elle faisait une croisière avec son mari Robert Wagner à bord de leur yacht. La cause de sa mort est restée mystérieuse et le shérif du comté a décidé de rouvrir l'affaire à la suite de nouvelles informations importantes. Elle avait 43 ans. A suivre...

 

Fille d'immigrés russes, Natalia Nikolaevna Zakherenko, nom qui se changera en celui de  Natalie Wood pour les besoins du cinéma, est née le 20 juillet 1938 à San Francisco. Remarquée en son plus jeune âge par le réalisateur Irving Pichel, elle tient un premier rôle  dans  Demain viendra toujours( 1946 ), où elle donne la réplique au grand Orson Welles avec une précoce assurance, devenant ainsi l'une des stars enfants de Hollywood. Passé l'âge ingrat de la puberté qui la voit se consacrer à la danse, elle reprend le chemin des studios et s'affirme très vite comme l'actrice fétiche de toute une génération avec des films cultes comme La fureur de vivre( 1955 ) au côté de James Dean, puis Les collines brûlantesde Stuart Heisler en 1956 et The searchersde John Ford la même année. En 1958 avec La fureur d'aimer, Natalie Wood aborde des rôles plus matures, ce qui déçoit le public américain qui semble la préférer dans des personnages plus légers, alors que son tempérament la porte volontiers vers la tragédie. Malgré deux prestations magnifiques dans West Side Storyde Robert Wise ( 1960 ) où elle est une Maria bouleversante et dans La fièvre dans le sangd'Elia Kazan où elle joue face à Warren Beatty une adolescente perturbée et hyper-sensible, elle est la mal aimée des américains et a le tort de défrayer trop régulièrement la presse à scandales par ses incartades amoureuses et ses caprices d'enfant gâtée.

 

 

                       Natalie Wood et Richard Beymer. Carlotta Films

 

Si elle se révèle assez mal à l'aise dans la comédie à cause d'une émotivité mal contrôlée et une certaine fébrilité, elle conjugue une grande beauté et une ferveur rare dans les personnages pathétiques qu'elle fait vivre avec intensité, étant elle-même une femme inquiète et tourmentée. Par la suite, elle refuse plusieurs rôles afin de se consacrer à sa famille et met sa carrière entre parenthèses. C'est en 1966 que Robert Redford lui offre une nouvelle chance avec Propriété interdite adaptée d'une pièce de Tennessee Williams, où elle assume son rôle avec force et conviction. Mais déjà rien ne va plus. Sa vie personnelle est perturbée par aventures, divorces, remariage. Malgré un retour sur les écrans en 1969 avec Bob et Carole et Ted et Alice de Paul Mazursky, le succès n'est pas au rendez-vous et Natalie Wood ne va plus faire dorénavant que de courtes apparitions sur les écrans de télévision. Cette carrière en dents de scie prend fin brutalement le 29 novembre 1981. On la retrouve noyée cette nuit-là près d'une île californienne, à deux kilomètres du yacht sur lequel elle avait passé la soirée en compagnie de Robert Wagner, épousé à deux reprises. Accident, suicide ? Les conditions de sa mort restent floues et ajoutent au mystère d'une femme et actrice souvent incomprise.

                     Natalie-Wood.jpg


Pour prendre connaissance des critiques de films où apparaît Natalie Wood, dont La prisonnière du désert et West Side Story, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 11:00

       Collection Christophe L.

                                

Martin Scorsese l'affirmait "The Searchers" ( le titre original ) est le plus grand film de l'histoire américaine. Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon ont fait mieux : ils l'ont choisi pour illustrer la couverture de leurs " 50 ans de cinéma ". Et cette image est celle si belle où l'on voit John Wayne de dos s'éloigner dans le désert, homme seul face à son destin. Tout est dit ou posé dans ce plan typiquement fordien : l'émotion, la grandeur, l'interrogation. En effet, cette oeuvre occupe une place à part dans la filmographie de ce grand maître du western. Pour une fois le héros incarné par John Wayne - l'acteur d'élection du metteur en scène avec lequel il a tourné à 24 reprises - n'est plus le représentant des vertus de la nation américaine, mais un homme qui doute, un être ordinaire, courageux certes, mais partagé et complexe qui pose la question de l'exclusion et des différentes formes de haine ; c'est dire que cette réalisation va beaucoup plus loin que le western traditionnel.


Les plans de ce film, comme celui qui le clôt, sont particulièrement fouillés pour donner sens sans avoir recours à trop de bavardage et de dialogues : l'image est maîtresse comme il se doit dans le 7e Art, toujours éloquente, souvent lyrique, jamais gratuite. "La prisonnière du désert" se situe dans la lignée des films expressionnistes, tant par le jeu des acteurs que par l'emploi des contrastes, que ce soit ceux des situations ou des personnages, de l'ombre et de la lumière, que le metteur en scène utilise avec virtuosité, tantôt ombre protectrice de la grotte, tantôt lumière intense du désert.

 

 

                        Jeffrey Hunter. Warner Bros.


Ce film décrit de façon poignante le trajet d'un héros de tragédie quasi shakespearien aigri par la guerre de Sécession et dont les valeurs personnelles se trouvent soudain en désaccord avec celles de la société en train de se construire. Ethan est encore pénétré de la division entre Nord et Sud qui le pousse à se mettre en dehors des lois et de la société, à exclure et à s'exclure. S'ajoute à cela la division entre blancs et indiens et leur haine partagée.Ce n'est ni plus, ni moins, que le heurt de deux mondes, l'ancien et le nouveau, conflit toujours d'actualité. Si bien que pour s'intégrer, le héros, revenu de ses assurances en l'ordre immuable des choses, n'a plus à offrir que les signes dérisoires de sa gloire passée : son sabre pour son  neveu, une médaille pour sa nièce Debbie et des pièces yankee pour payer sa pension.



On peut dire, par ailleurs, que "La prisonnière du désert" débute là où la plupart des films de Ford s'achèvent. Comment ?  Par une constatation d'échec, obligeant le personnage principal à tout remettre en question, et sa vie et lui-même. Pour cette raison, il est peut-être le plus beau, le plus grand film de son auteur car, sorti en 1956, il annonce déjà les remises en cause politiques des années 60 et 70 et, pour cette raison, n'a rien perdu de sa modernité. Film visionnaire dont l'impact tient à cette force concentrée des images-chocs chargées de nostalgie et de la mélancolie d'un monde dépassé qui n'a pas encore réussi à établir sa relation avec celui qui s'ébauche. C'est l'entre deux-mondes et son poids d'anxiété.



L'histoire est la suivante : Ethan ( John Wayne ) s'en revient au pays après avoir participé à la guerre de Sécession dans le camp sudiste et à celle du Mexique probablement dans le camp de Maximilien, pour découvrir avec horreur que sa famille a été assassinée, le ranch réduit en cendres et ses nièces enlevées. En compagnie de son neveu Martin ( Jeffrey Hunter ) et de Brad Jorgensen ( Harry Carey Jr ), le fiancé de sa nièce Lucie, il s'élance sur les traces des ravisseurs, une tribu Comanche, qui a pour chef le cruel et fier Scar ( Henry Brandon ). Bientôt ils retrouvent le corps de Lucie qui a été violée puis tuée. Bouleversé, Brad attaque des Indiens et se fait tuer à son tour, tandis que Ethan et Martin poursuivent leurs recherches, parcourant des centaines de kilomètres. Les années passent sans succès jusqu'au jour où les deux compagnons réussissent à atteindre le camp du chef Scar et y découvrent Debbie ( Natalie Wood ) devenue une vraie indienne. La première réaction d'Ethan est de la tuer, car elle a déshonorée sa famille en devenant la compagne du chef Comanche, mais le camp  est attaqué par un régiment de cavalerie et Ethan en profite pour tuer Scar, le scalpant, alors même qu'il reproche cette tradition sauvage aux Indiens. A la suite de cet événement, revenu à de meilleurs sentiments, il prend tendrement Debbie dans ses bras et la raccompagne auprès des Jorgensen, avant de repartir seul...

 

 

la-prisonniere-du-desert-1956-2684-1950230259.jpg Natalie Wood

 

Dès la première image - comme je le notais au début de l'article - celle d'une porte qui s'ouvre sur le désert - le film est en place. Le cadre est et sera exclusivement celui de Monument Valley si cher à Ford et, l'époque, les années qui suivirent la guerre de Sécession. Plus que jamais, John Wayne y personnifie un héros ambivalent au visage buriné, qui porte sur ses traits les stigmates de multiples aventures. Saison après saison, refusant d'écouter les conseils qu'on lui prodigue, Ethan poursuit inlassablement la recherche de Debbie, mission sacrée pour laquelle il est prêt à tout sacrifier, car il lui semble qu'il tient là l'ultime cause qui mérite un engagement. Ceux qui ont reproché aux westerns ses héros manichéens découvrent avec "La prisonnière du désert" des personnages passionnés mais également faillibles, épris d'idéal mais déçus, avant que l'écran ne se referme sur le dernier paysage de Monument Valley vers lequel le héros fatigué s'avance au-devant de sa solitude. Fasciné par le personnage qu'il avait eu à interpréter, John Wayne appellera l'un de ses fils Ethan, soulignant l'importance qu'avait eu pour lui ce film inoubliable de John Ford.

 

 
5-etoiles  

 

Pour prendre connaissance du portrait de John Wayne, cliquer  ICI


Pour celui de Natalie Wood, cliquer  LA

 

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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